Chapitre trois.

 
 
 
Chapitre trois.



Louis Tomlinson

 
— Je t'en supplie ! 
— C'est non, laisse tomber.
 
Zayn soupire et relâche mon bras. Il me fait la gueule, je le sais. Je l'entends taper contre le mur du couloir et je crois qu'il se fait mal à la main car il camoufle un cri dans son poing. Je me retourne vers lui et il m'assassine du regard.
 
— Cette tête de caniche désespéré ne me fera pas changer d'avis Zayn.
— Mais pourquoi ? Explose-t-il en venant se raccrocher à mon bras, Pourquoi tu ne veux pas ?
— Trop dangereux.
— Mais vous y allez tous ! Je suis toujours exclu.
— Parce que tu es trop jeune.
— J'ai dix-sept ans ! S'exclame-t-il en resserrant son étreinte sur mon bras, comme pour me prouver qu'il n'est plus un gamin, À mon âge, tu faisais déjà des trucs comme ça !
— Non, on n'a jamais fait quelque chose d'aussi risqué... Donc, c'est mort, tu ne viens pas.
 
Je l'entends grogner et m'insulter, mais je ne relève pas. Je comprends qu'il soit en colère et qu'il en ait marre d'être exclu de notre groupe. Il nous voit sortir avec les cousins, traîner dans des clubs, boire et fumer, sans que nos parents ne disent rien.
 
— Tu n'étais pas comme ça avant.
 
Je me retourne vers lui et je remarque désormais qu'il a les yeux rougis. Passée la colère, il est désormais submergé par la tristesse. Et je le comprends parce qu'il a raison. Je n'étais pas comme ça avant. En fait, on s'entendait même très bien. Au fond, on a que trois ans de différence tous les deux, c'est presque rien, c'est même moins que moi et Aiden qui a vingt-cinq ans. Alors, il ne comprend pas pourquoi je l'exclus. Enfin, je lui ai expliqué des millions de fois que je voulais seulement le protéger, que si les Styles s'en étaient pris à Eleanor – une gamine de quatorze ans qui n'avait jamais rien demandé – ils étaient tout à fait capables de s'en prendre à lui. Je le connais Zayn, c'est un impulsif. Il se ferait griller dès le départ et je n'ose même pas imaginer le sort que lui réserveraient les Styles. Alors, c'est toujours non, même si je sais qu'il me déteste comme jamais à cet instant.
 
— Je vais le dire à nos parents.
 
La menace, classique.
 
— Si tu le fais, je raconterai à Patricia comment tu as perdu ta virginité avec une de ses couguars de copine.
 
Il ferme sa gueule. Et, là, je vois vraiment qu'il essaie de se retenir de me frapper. Je sais que ça ne se fait pas ce que je viens de lui dire. Il m'avait fait confiance le soir où il m'a raconté cette histoire et je viens de la lui balancer à la gueule d'une manière totalement dégueulasse. Mais tant pis, il ne peut pas venir, je ne prendrai pas ce risque.
 
— T'es qu'un putain d'enfoiré Tomlinson.
 
Je me raidis parce que je n'ai pas l'habitude de l'entendre utiliser notre nom de famille comme ça, comme si c'était une insulte. 
 
— De toute façon, je ne vois pas pourquoi tu viens m'en parler à moi. Tu sais très bien qu'Isaac ne sera pas d'accord.
— Justement, j'espérais que tu puisses le convaincre pour que je puisse vous accompagner.
 
Il délire complètement là. Convaincre Isaac de mettre son frère en danger, il a vu la vierge.
 
— Il ne voudra jamais Zayn et tu le sais aussi bien que moi.
— Mais ce n'est même pas mon vrai frère !
 
Putain, ça y est. Il m'a cherché. Je me retourne brusquement vers lui et l'empoigne par le col de sa chemise en crachant à son visage :
 
— Tu redis encore la moitié de cette merde et je t'arrache les yeux !
— Lâche-moi !
— Ferme-la Zayn ! Tu veux savoir pourquoi on ne veut pas de toi dans le groupe ? Parce que j'ai un scoop pour toi, ce n'est pas une question d'âge, mais de maturité. Tu n'es qu'un gamin, Zayn. Tes caprices de diva et toutes tes merdes, on en a marre ! Isaac est le meilleur frère qu'on puisse rêver d'avoir et toi, tu l'as et tu lui craches dessus à longueur de journée. Parce que MERDE quoi- T'as de la merde dans les yeux ou t'es juste trop con pour reconnaître tout ce qu'il fait pour toi ?
 
Je vois ses yeux se baisser vers le sol et il marmonne un « ouais, je sais » à peine compréhensible. Je relâche ma poigne et mon cousin se recule instinctivement. Je ne me mets pas souvent en colère, enfin moins depuis que j'ai mon traitement, mais lorsque ça arrive, il vaut mieux ne pas être dans le coin. Il disparaît dans sa chambre et j'essaie de me calmer. Ma respiration se fait moins bruyante et je sens mes muscles se détendre peu à peu. Puis j'entends un mouvement à côté de moi et me retourne vers une jolie brunette aux sourcils froncés.
 
— Tout va bien. Ne t'inquiète pas.
— Pourquoi tu criais Louis ? 
 
Je regarde Eleanor et je sens mon c½ur se pincer. Elle a seize ans. Et, elle aussi, elle aurait pu organiser une superbe soirée d'anniversaire, mais elle en est privée à cause des Styles. Parce qu'Eleanor ne sort presque plus, parce qu'elle suit des cours à domicile et parce qu'elle n'a plus une seule amie, hormis ma s½ur.
 
— Tout va bien, je m'engueulais juste avec Zayn.
— Pourquoi tu t'engueulais ?
— Pour des conneries. Tout va bien, je t'assure.
 
Eleanor acquiesce d'un geste de la tête puis retourne s'enfermer dans sa chambre. Je n'en peux plus. Je suis fatigué de tout ça. Je sens mes jambes faiblir et je me réfugie dans la salle de bains que je referme à clef derrière moi. Je laisse mon dos descendre le long de la porte jusqu'à ce que mes fesses touchent le carrelage froid. Je n'en peux plus. Je vais craquer. Je n'en peux plus de voir de la douleur, toute la journée.
Eleanor, c'est qu'une partie du problème, c'est elle qui souffre, mais elle a entraîné tellement de monde dans sa chute. À commencer par ma s½ur, Lottie. Ça fait deux ans qu'elle ne vit presque plus. Elle se punit parce qu'elle était là le jour de l'agression, cachée derrière une poubelle pendant que sa cousine se faisait violemment agresser. Elle nous a expliqué qu'elle ne pouvait pas bouger, que ce connard de violeur avait un couteau et qu'il l'aurait tuée si elle était partie chercher de l'aide. Et on l'a crue. On n'a jamais remis sa parole en cause. Sauf qu'elle s'en veut. Qu'elle se le fait payer par tous les moyens. La dernière fois, c'était avec un ciseau planté dans sa cuisse. 
Et puis, il y a ma mère et ma tante aussi, elles sont totalement dévastées et terrifiées à l'idée de sortir de nos quartiers. Elles s'embrigadent, comme les riches indiens dans leurs castes qui refusent de voir la misère autour d'eux. Mais elles sont pires parce qu'elles refusent aussi de voir la misère qu'il y a chez elles, dans leur propre maison. Ça m'énerve. Que tout le monde fasse comme si tout allait bien. C'est aussi pour ça que j'ai pris un appartement. Pour ne plus entendre Eleanor pleurer parce qu'elle ne peut pas sortir, pour ne plus entendre mes parents crier sur Lottie parce qu'elle se fait du mal, ne plus entendre Zayn et ses caprices de diva qui n'a rien vécu. Je veux juste ne plus entendre la douleur. Je crois que c'est pour ça que j'aime autant le silence.
Je passe mes mains sur mon visage et j'empêche à tout prix mes larmes d'y couler. Putain. Je déteste être comme ça. Je déteste craquer et être aussi faible. Tout ça à cause des Styles. Je les hais d'une force que je serais incapable de décrire. Ils doivent payer. Ils doivent souffrir comme nous on souffre, c'est le juste retour des choses.
Je ne sais pas encore ce qu'on va faire ce soir, mais j'ai envie que ça fasse mal. J'ai envie que leurs yeux brillent de la même douleur que ceux d'Eleanor, ou de Lottie, ou de ma mère et ma tante. Je veux qu'ils souffrent. Je veux qu'ils payent le simple fait d'exister sur cette terre.
Mes poings se crispent et ma respiration devient de plus en plus saccadée. Et encore, mes problèmes de colère refont surface. Parfois, mes crises sont si fortes que je peux à peine respirer.
Je fais tomber ma tête sur la porte derrière moi et essaie de prendre de grandes inspirations comme les médecins m'ont montré. Je sens mon c½ur ralentir et je réalise que ça marche un peu, leur connerie. Je me détends enfin et relâche mes muscles. Je me félicite moi-même, j'y échappe de mieux en mieux ces derniers temps, alors que je ne prends presque plus mes médicaments.
Je me relève de ma position pour me diriger vers le lavabo. Mes mains passent sous l'eau froide du robinet et j'asperge mon visage pour retrouver une température normale. Des fines gouttes d'eau coulent le long de mes joues et on pourrait les confondre avec les quelques larmes que je laisse échapper à ma vigilance. J'attrape une serviette en coton à côté de moi et j'enfouis mon visage à l'intérieur. Et, lorsque j'en ressors, tout est parti. Le masque a repris sa place et plus aucune émotion ne traverse mon visage.
Je me regarde dans le miroir et apprécie ce que je vois. Tout simplement parce que je suis redevenu Louis Tomlinson et que, ce soir, les Styles sauront ce que ce nom signifie vraiment.
 
.
.
Chapitre trois.
 
Harry Styles
 
 
       Je pousse un soupir, regardant tout autour de moi. Je ne sais même pas pourquoi je suis venu ici. Enfin si, je sais, parce que je n'ai pas vraiment eu le choix. Perrie a insisté pour que je vienne l'aider à décorer la salle de réception. Ce que j'ignore, par contre, c'est la raison pour laquelle j'ai accepté.
— Harry, tu penses que j'accroche le cadre photo à l'entrée ou au niveau du buffet ?
— Et toi, tu penses que j'en ai quelque chose à foutre ?
 
Elle lève les yeux au ciel, telle une incomprise et part avec son cadre sous le bras pour demander un avis plus pertinent que le mien. Je m'affale sur une chaise derrière moi et observe les employés en train de s'agiter dans la salle de réception. Ma famille a loué un château à quelques minutes de Londres pour les seize ans de Perrie. C'est un rituel chez nous. Le passage à l'âge adulte, bien que je n'ai pas particulièrement l'impression que ce soit l'âge de la maturité. Mais on aime bien faire les choses rapidement chez les Styles.
Je regarde une employée de l'hôtel aux cheveux frisés répandre des plumes blanches sur le sol. Perrie a insisté pour avoir un anniversaire de princesse. Je me dis que ça lui correspond bien, d'enjoliver la réalité. On se croirait dans un conte de fée et ça me retourne le c½ur. Tout est blanc, tout est doux, tout est beau. Et c'est bien trop pur pour nous ressembler.
Je rumine mes pensées noires et à quel point je préférerais échapper à cette soirée lorsque la voix de ma mère m'interpelle au loin :
 
— Dis Harry, quitte à être inutile, tu ne veux pas remplacer la plante verte dans l'entrée ?
 
Je me retourne vers elle, un sourire sarcastique sur les lèvres. Anne se tient en face de moi, une main sur la hanche, et me fixe de ses grands yeux marron. Je l'aime, ma mère, mais elle me fait de la peine. Écrasée dans cette trop grande famille, écrasée dans cette stupide guerre des gangs, écrasée tout court. Parce qu'on ne lui demande jamais son avis, à elle.
Je me relève de ma chaise et la rejoins en traînant des pieds.
 
— Avec un sourire, s'il te plaît.
 
Je tire sur les muscles de mon visage jusqu'à le déformer et elle pouffe de rire en m'assénant d'un coup à l'épaule.
 
— Mais qu'est-ce que j'ai fait au monde pour avoir un fils aussi stupide ?
— J'apprends du maître.
— Ce n'est certainement pas moi qui t'ai donné cette éducation.
— Parce que tu m'as donné une éducation ?
 
De nouveau, elle me frappe à l'épaule et je pouffe de rire.
 
— Où est Azoff  ?
 
Je vois ses yeux pétiller quand elle me pose la question et je laisse les miens rouler d'une manière exagérée.
 
— Quoi ? Interroge-t-elle innocemment, Tu as le droit de ramener ton petit-copain ici. Ça ne me dérange pas, tu sais.
— Azoff  n'est pas mon copain, mais mon plan cul.
 
Ma mère s'offusque, mais elle fait semblant. Elle sait bien comment fonctionne le monde d'aujourd'hui. Elle sait que l'amour est une vaste connerie à laquelle plus personne ne croit. Elle sait qu'il n'y a que le cul qui retient les gens et que c'est déjà pas mal, d'avoir quelqu'un capable de me retenir. Alors Azoff , elle l'a plus ou moins accepté comme moi, je l'ai accepté dans ma vie. Comme une parenthèse.
Elle et mon père ont bien réagi à mon homosexualité. Ce jour-là, j'aurais pu leur annoncer qu'il pleuvait demain qu'ils auraient tiré la même gueule. Ça peut paraître étonnant que mon orientation sexuelle ne pose pas de problème dans une famille où la lignée et les liens du sang sont aussi importants, mais ce n'est pas le cas. Principalement parce que l'honneur des Styles, c'est Gemma. Une des conditions pour épouser la fille parfaite sera de prendre notre nom de famille. Et, franchement, je ne connais personne qui pourrait refuser vu notre renommée... À part un Tomlinson, bien sûr, mais la question ne se pose même pas. Mes parents ont mis tout leur espoir en Gemma donc le cadet peut bien baiser qui il veut, quand il veut, ce n'est pas ça qui les empêche de dormir le soir.
 
— Tata ! Se met soudainement à hurler Perrie en traversant la salle de réception en courant, Le fleuriste a oublié la moitié des roses ! Il y a eu une erreur sur le bon de commande !
 
Les yeux de ma mère s'ouvrent d'un air paniqué et je les regarde toutes les deux totalement hébété. J'hallucine, elles sont capables de s'arracher les cheveux pour de pauvres fleurs dont personne n'a rien à foutre.
 
— Harry ! S'exclame ma mère en se retournant brutalement vers moi.
 
Et là, je me dis que si j'avais été intelligent, j'aurais déguerpi avant qu'elle ne se souvienne de mon existence.
 
— S'il te plaît chéri, est-ce que tu veux bien aller acheter les roses qui manquent ?
— Il en faut combien ?
— A peu près deux cents, me répond Perrie.
— Quoi ? Mais vous êtes malades ! Qu'est-ce que vous allez foutre de tout ça ?
— C'est de la décoration, se défend-elle.
— Oui... Pas un parterre de fleurs.
 
Ma mère fronce des sourcils, l'air de me dire de la fermer, et je soupire d'un air las :
 
— Mais aucun fleuriste n'aura deux cents roses pour ce soir.
— C'est pour ça qu'il faut que tu fasses tous les fleuristes de la ville, achètes-en le plus possible à chaque endroit.
— Vous vous foutez de ma gueule ?
— Harry ! Insiste Perrie en m'attrapant le bras avec désespoir, Ce sont mes fleurs préférées !
— Des roses blanches ? Mais tu sors de quel conte de fées ?
— S'il te plaît, fais ça pour ta cousine adorée.
 
Elle prend sa petite voix mielleuse et me fait les yeux doux. Ah putain. Elle m'énerve. Je craque à chaque fois.
 
— Ok, j'y vais.
 
Ma mère et Perrie se tapent dans la main d'un air victorieux et je me dirige vers la sortie de la salle. D'un côté, ça va me faire prendre l'air et je ne servais vraiment à rien, planté comme un con au milieu de tout ce bordel.
 
— Appelle Paul ! Me crie ma mère, Il te conduira.
— Pas la peine.
 
Je sors de la pièce sans donner plus d'explications. De toute façon, elle sait très bien qui je vais appeler. Je marche un peu dans le jardin à l'entrée du château et je me décide à fumer une cigarette avant de partir à la recherche de ces putains de fleurs. Je coince la clope entre mes lèvres et l'allume avec mon briquet avant de ranger celui-ci dans la poche de mon slim.
J'en profite pour récupérer mon portable à l'intérieur et enfonce la touche numéro un. Les sonneries retentissent et j'entends sa voix ensommeillée. Le con, il dormait encore.
 
— Allô ?
— J'ai une faveur à te demander.
— Je te déteste déjà.
— Je n'ai pas fini.
— Ouais, mais ne commence pas, merci.
 
Je tire une taffe sur ma cigarette et je reprends même s'il m'a clairement fait comprendre que ça ne l'intéressait pas.
 
— Je dois acheter deux cents roses pour l'anniversaire de Perrie. Faut que je me tape tous les fleuristes du coin.
— Genre ? Te les taper vraiment ?
— Tu peux arrêter deux secondes dans ta vie d'être con ?
— Non.
— Bref, tu m'emmènes ?
— Tu n'as pas un putain de chauffeur pour ce genre de truc ?
— Si, il s'appelle Azoff , je te le présenterai un jour.
— Putain, tu saoules là, j'ai autre chose à foutre.
 
Je connais ce ton et je sens que je vais avoir du mal à gagner. Alors, j'aurais préféré ne pas utiliser cette méthode mais... Tant pis.
 
— Je te récompenserai ce soir si tu m'aides.
— Quel genre de récompense ?
— Comme si t'avais pas déjà deviné.
 
Je l'entends grommeler derrière le combiné et je souris, amusé. Ce mec ne pense vraiment qu'avec sa bite.
 
— J'arrive.
 
Il raccroche et je range mon téléphone dans ma poche tout en terminant ma clope. Ça fait longtemps que le tabac ne me détend plus, mais je continue de fumer, plus par principe qu'autre chose. Et puis, je sais que ce soir je ne pourrai pas toucher à ma came donc autant m'habituer à la cigarette et son effet pathétique.
Je relève mon visage vers le ciel. On est au mois de février. Le ciel est grisâtre et dégueulasse, à l'image de la soirée qui m'attend.
 
— Tu fais quoi planté là ?
 
Je me retourne vers Edward, le frère d'Liam, qui vient de s'arrêter devant moi, un carton rempli de photographies dans les mains.
 
— Je vais acheter des fleurs.
— Flagrant.
— Tu fais quoi avec tout ça ?
— C'est ta mère qui m'a demandé de les sortir du grenier. Elle veut recouvrir un mur avec ces vieilles photos.
 
On esquisse tous les deux un sourire avant qu'Edward ne fasse tomber le carton sur le sol. On se penche au-dessus et on attrape chacun un paquet pour les regarder. Je me mets à rire parce que, putain, c'qu'on était moches à cet âge là.
Je vois des photos de moi, Liam et Niall, des dents en moins et affublés de vieux joggings de toutes les couleurs que plus personne n'oserait porter aujourd'hui. Il y a aussi beaucoup de photos de Perrie. Des photos de toutes ses comédies musicales qu'elle nous faisait chier à aller voir tous les ans. Des photos d'elle à l'équitation, une de ses nombreuses passions. Des photos d'elle dans notre jardin, toujours prête à faire des conneries.
Puis mon regard s'arrête sur une vieille image écorchée au coin. Et là, ça me brise littéralement le c½ur. Cette photo est une des plus récentes. Une qui date de l'époque où ma vie n'était pas cette merde sans nom. On voit Perrie au milieu d'un terrain de foot, entourée de ses deux frères. Niall porte la tenue de l'équipe de Chelsea. Normal, il jouait dans ce club depuis ses douze ans. La photo a été prise le jour d'une finale importante que son équipe a remporté. Il était excellent dans ce sport et s'il n'y avait pas eu ce putain d'accident, je pourrais mettre ma main à couper qu'il serait devenu professionnel. Sur la photo, il a un immense sourire. Un sourire comme il est rare d'en voir. Ça me fait mal parce que son grand frère, Greg, a exactement le même. Sauf que quelques semaines plus tard, il se retrouvait en taule et je ne crois pas qu'il sourira ainsi de si tôt.
 
— On n'est pas obligés de mettre celle-là, murmure finalement Edward.
— On n'est pas obligés de les oublier non plus.
 
Je remets mon paquet de photos dans le carton avec celle du foot bien en évidence, sur le dessus.
 
— Ce n'est pas ce que j'ai dit.
— Pas besoin de le dire, tu le fais très bien sans parole.
— Je t'emmerde Harry. Ce n'est pas moi qui ai abandonné mon meilleur pote.
 
Je me tais parce que je sais qu'il a raison et il en rajoute une couche :
 
— Parce que moi je vais le voir en taule Greg alors que toi, tu ne te donnes même pas la peine de parler à Niall.
— J'étais pas...
— Ouais, je sais, que t'étais pas là le soir de l'accident, il me coupe, Tu l'as assez répété pour qu'on le comprenne. Je sais que tu nous en veux de l'avoir embarqué avec nous. Je sais que c'est de notre faute s'il est dans ce foutu fauteuil alors, putain, prends t'en aux bonnes personnes ! Niall, il souffre déjà assez de la situation pour en plus supporter ton indifférence. T'es qu'un sale égoïste Harry... Donc, ouais, t'étais pas là le soir de l'accident et ce n'est pas de ta faute. Mais t'as jamais été là après, t'as jamais été là quand il en avait le plus besoin, alors je te le dis, ça, c'est de ta putain de faute.
 
Edward se penche vers le sol et attrape le carton plein de photos avant de me tourner le dos pour rejoindre le château, derrière nous. Je reste comme un con, planté sur le trottoir. J'ai mal à la tête et au ventre. Cette soirée de merde me saoule.
Un coup de klaxon me sort de mon état de stupéfaction après quelques minutes d'absence totale et je me retourne vers la route. Je vois Azoff  dans sa voiture, les vitres baissées alors qu'il doit faire moins quarante dehors. Putain, il a fait vite. 
 
— Bon, tu te magnes ?
 
Je me dirige vers la voiture et m'engouffre à la place du passager.
 
— On commence par où ?
— Chez toi.
 
Azoff  se retourne vers moi, l'air de ne rien comprendre à ce que je lui raconte.
 
— On ne va pas acheter des fleurs ?
— Je m'en branle de leurs fleurs. J'ai besoin de coke. On va chez toi.
 
Il fronce ses sourcils puis il finit par faire démarrer le moteur sans rien ajouter de plus. J'adore ce type. Il me connaît si bien maintenant qu'il sait quand il doit fermer sa gueule ou pas. Et là, je le remercie de ne pas sortir un mot de tout le trajet. 
 
 
____________________
.
.
Un avis sur ce chapitre ? 
Ça fait toujours plaisirs d'avoir le ressenti des lecteurs,
surtout au début d'une nouvelle histoire ! 
Bientôt le chapitre du bal qui va vraiment "ouvrir" l'intrigue.. 
Bisous ♥
 
 


 

Tags : #RunUpfic - #Acte1

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Comments :

  • resteavecmoific

    31/10/2016

    Ptin ils ont tous des vies de merde en fait. Pas que j'en doutais avant, mais le voir écrit c'est pas pareil. Trop de pression sur Louis, le pauvre. Et je crois que c'est le pire, quand tout le monde sait que ça va mal et que les gens font comme si tout allait bien. Bon Zayn... je ne vais pas faire de commentaire, j'le trouve con. C'est triste pour Lottie autant que pour Eleanor, ce n'est pas le même genre de fardeau mais c'est tout aussi lourd à porter. Ça brise le coeur. Mais du coup, je sens encore plus mal ce bal à la con mdr
    Même Harry il a capté que ça allait être pourri. J'ai trop aimé Anne, elle a l'air douce. C'était agréable de la voir, Perrie est un peu trop surexcitée mais je l'aime bien aussi xD
    Harry s'est fait remettre à sa place et j'ai l'impression que c'était justifié, même si c'est douloureux. Ça fait réfléchir et peut-être que s'il veut voir Niall sourire, il y mettra du sien pour l'aider plus fort que ça. Je sais pas encore si j'aime bien Azoff mais ça me saoule puissance mille la coke (levage d'oeil au ciel jusqu'à voir mon cerveau). Harry il s'est perdu en chemin, va falloir qu'il se retrouve xD
    JE SUIS IMPATIENTE DE LIRE LE BAL.

  • pizzafeatluke

    12/07/2016

    quand j'ai lu "ouvrir l'intrigue", j'ai un peu ri et je me suis dit "oh bordel de merder, ça s'annonce mal". franchement, j'ai rien à redire, le décor est bien planté, les personnages sont travaillés (mais je l'ai déjà dit), et puis l'atmosphère est troublante, ça sent la souffrance et les relents d'alcool. moi qui aime les drames humains, je suis servie.
    z.

  • Ecris-moi-dans-ton-coeur

    16/04/2016

    ont n'est vraiment plonger dans l'histoire comme si on'y était

  • RunningUp

    16/10/2015

    Visiteur wrote: "elle t vraiment bien ta fiction
    bravo vraailent !
    "

    merci à toi pour ton commentaire ! bisous xx

  • Visiteur

    19/09/2015

    elle t vraiment bien ta fiction
    bravo vraailent !

  • RunningUp

    21/03/2015

    Visiteur wrote: "hiii,
    La soirée va commencer, j'ai trop hâte de lire la suite! Je sens que je vais devenir accro à ta fiction.
    Je suis désolée mes commentaires sont bidons mais d'habitude je commente jamais haha. Alors excuses moi...
    Bon aller je file au prochain chapitre, xx
    "

    non ne t'excuse pas ! ça me fait super plaisir de lire les avis des lecteurs ! n'hésite surtout pas à en laisser au contraire :p

  • Visiteur

    20/03/2015

    hiii,
    La soirée va commencer, j'ai trop hâte de lire la suite! Je sens que je vais devenir accro à ta fiction.
    Je suis désolée mes commentaires sont bidons mais d'habitude je commente jamais haha. Alors excuses moi...
    Bon aller je file au prochain chapitre, xx

  • ThugLifeIsNotLasting

    05/03/2015

    Mon dieu, wow. Je dois dire que la discussion entre Harry et Edward, ça fait mal quand même :/ J'aime bien Jeff, et puis la mère d'Harry a l'air de bien l'aimer aussi haha ^^
    Louis pense que Niall souffre moins que sa cousine ? Mais ils se rendent compte du mal qu'ils font, ou ... ? J'sais pas, ils m'énervent parfois, même si je les aime ;)
    Aaaaah, je vois que le prochain chapitre est celui du bal ? J'ai hâte :D

  • RunningUp

    04/01/2015

    Garance wrote: "J'ai déjà lu toute l'histoire jusqu'au dernier chapitre, mais j'ai décidé de reprendre le début pour te dire mon avis sur chaque chapitre :) "

    ahah trop mignon de ta part ♥

  • Garance

    04/01/2015

    J'ai déjà lu toute l'histoire jusqu'au dernier chapitre, mais j'ai décidé de reprendre le début pour te dire mon avis sur chaque chapitre :)

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