Chapitre neuf.

 
 
Chapitre neuf.




Harry Styles
 
                Je sors de ma chambre d'un pas lent. J'ai la tête qui tourne et le c½ur lourd, comme à chaque fois que je me réveille depuis déjà deux semaines. Azoff  n'est jamais revenu me parler. Il ne m'a envoyé aucun message et n'est jamais repassé me prendre à la sortie du lycée, comme tous les soirs. Je n'existe plus pour lui et je ne peux pas vraiment lui ôter ce cadeau. Alors je me tais, moi aussi. Je ne fais rien et je continue de vivre sans lui. 
Heureusement que j'ai fait des réserves de coke. Je ne sais pas encore comment je ferai quand j'aurai fini, mais, pour l'instant, je préfère ne pas y penser. J'enfonce mes mains dans les poches de mon jogging et descends les escaliers.
Perrie, Niall et Liam sont tous les trois dans la cuisine en train de prendre leur petit-déjeuner. On est dimanche matin et je sais qu'on est seuls dans cette immense baraque. Notre gouvernante ne travaille pas aujourd'hui. Mon père, Bobby et Gemma doivent être au travail. Maura en train de colmater quelque part dans un bar de la capitale. Et moi, je reste planté devant mes cousins, comme un con. Parce que je ne sais pas ce que je fous ici et que je n'ai aucune foutue idée d'où je pourrais bien être d'autre.
Je vois Perrie relever son regard vers moi. Ses yeux sont sombres et il n'y a plus la brillance amusée qu'on y lisait autrefois. Elle m'en veut. J'ignore pourquoi. Mais elle m'en veut. Elle prend son bol de lait, le repose dans l'évier et quitte la cuisine comme si elle ne pouvait pas supporter d'être dans la même pièce que moi trois secondes de plus.
Je ne dis rien et je la laisse partir avant de m'affaler sur une chaise de la cuisine. Mon geste à l'air de réveiller Liam de ses pensées et il relève son visage vers moi pour m'interroger d'un air intrigué:
 
— Qu'est-ce qui se passe avec elle ?
— Crise d'adolescence, je marmonne en haussant les épaules, d'un air je-m'en-foutiste totalement détestable.
 
Je vois Niall lever les yeux au ciel. Il sait que je mens. Il connaît sa petite s½ur et Perrie n'est pas du genre à se comporter comme une gamine capricieuse. Il sait qu'elle a de bonnes raisons de m'en vouloir. Mais s'il savait lesquelles, il aurait dix milles bonnes raisons de lui en vouloir à son tour. Je préfère qu'il pense que je suis juste un con plutôt que de briser l'image de la seule personne qu'il apprécie encore. De toute façon, pour moi, c'est trop tard.
 
— Et toi, ça va ? J'interroge Liam.
 
Mon cousin relève son regard vers moi, à la limite de l'étonnement. Je sais qu'Liam ne parle pas beaucoup de ses sentiments, mais il faudrait être aveugle pour ne pas voir que ça fait une semaine qu'il tire la gueule.
 
— Ouais ça va, répond-il brièvement en croquant dans un morceau de pain, Je n'ai rien de-
— C'est à cause de Jade, le coupe Niall. 
 
Liam le fusille du regard et je sens mon c½ur se pincer. Je savais qu'ils étaient proches tous les deux, mais pas au point que mon meilleur pote se confie à Niall plutôt qu'à moi. Je fais genre de rien et je continue de les écouter :
 
— Ferme ta gueule, Niall. Ce n'est pas ça.
— Arrête. Tu crèves de jalousie.
— N'importe quoi...
— Liam. Tu voies rouge depuis que tu sais qu'elle a un copain.
 
Oh. Alors c'est ça, le problème ? Jade a un mec ? Il faut dire que c'était sûr que ça allait arriver, ce genre de truc. Liam n'avait rien de plus à lui offrir que des coups d'un soir, je comprends qu'elle ait décidé de le lâcher. À seize ans, on rêve d'autre chose que d'un mec incapable d'assumer ses sentiments.
 
— Elle baise qui elle veut, réplique-t-il sèchement, Je m'en fiche.
— Donc vous continuez de baiser même si elle a un mec ? Je l'interroge. 
— Non, répond Niall à sa place, C'est bien ça, son problème.
 
Je vois les muscles de la mâchoire d'Liam se crisper et il repose sa tartine à peine entamée sur la table avant de déclarer :
 
— Vous me faites chier. Je me casse.
 
Merde. Je me retrouve seul avec Niall. Je déteste ça. Je déteste ces confrontations. J'ai presque réussi à toutes les éviter depuis l'accident, mais là je suis à cours d'idée. Je viens juste de descendre pour prendre mon petit-déjeuner. Je ne vois aucune raison logique de remonter dans ma chambre maintenant.
Alors je baisse mon visage sur la table, faisant mine d'être concentré à beurrer ma tartine.
 
— Dis-moi ce qui se passe avec Perrie. 
— Rien de spécial.
— Elle est différente depuis le bal, reprend Niall imperturbable tandis que je refuse toujours de relever mon regard vers lui, Depuis que ce connard a essayé de la toucher.
 
Ma main se crispe sur le couteau et je réponds vaguement :
 
— Elle a dû avoir très peur. C'est difficile de se remettre d'une agression.
— Ne me prends pas pour un con. Elle n'est pas effrayée, elle est heureuse.
 
Je crois qu'il sait. Je crois qu'il a deviné. Parce que lui et Perrie sont tellement proches qu'il a forcément senti qu'elle était amoureuse. Mais comment pourrait-il supporter une telle trahison ? Non, c'est impossible. Il ne peut pas avoir compris. Il n'a pas bien compris. Et puis, non, je ne sais pas, tout ça est trop surréaliste.
Pourquoi je laisse passer ça ? Pourquoi je ferme ma gueule ?
Je me relève brusquement de ma chaise et les pieds grincent sur le carrelage en un bruit strident. Niall relève son regard vers moi d'un air blessé. Parce que, oui, encore une fois, je fuis la confrontation. Et je n'ai même pas d'excuses.
Je sors de la cuisine et me dirige directement vers les escaliers en essayant d'ignorer le regard brûlant dans mon dos. Je me déteste. Je me déteste. Je me déteste. Je monte les marches unes à unes et je retiens mes larmes. Putain, faut vraiment que j'arrête de pleurer à tout bout de champ, c'est ridicule.
J'arrive dans le couloir et je frappe deux coups secs à la porte de Perrie.
Elle ne répond pas et ça ne me surprend pas vraiment, alors je rentre dans sa chambre sans son accord. Elle est allongée sur son lit, son ordinateur portable posé sur son ventre et elle réagit à peine lorsque je me plante devant elle.
 
— Arrête de voir ce type, je déclare sèchement.
— Arrête de voir Azoff , me réplique-t-elle sur le même ton.
— Je ne le vois plus.
— Et pour combien de temps ? M'interroge-t-elle avec ironie, Jusqu'à ce que tu sois à sec ?
— Il ne veut plus rien avoir à faire avec moi.
 
Ça ne répond pas vraiment à sa question, mais je ne savais pas quoi dire d'autre. Je vois un sourire amusé se dessiner sur ses lèvres et elle murmure vaguement en continuant de fixer son écran d'ordinateur :
 
— Tant mieux pour toi. À part de la drogue, je ne vois pas vraiment ce qu'il t'apportait.
 
Ça, ça fait mal. Mais je ne le montre pas et je me contente de l'interroger en retour :
 
— A part faire chier tout le monde, qu'est-ce que t'apporte le fait de baiser avec l'ennemi ?
 
Cette fois, elle relève son regard vers moi en me fusillant de ses grands yeux clairs. Elle déteste quand je parle comme ça. Quand je prétends qu'elle baise alors que, dans sa tête, elle doit juste faire l'amour et c'est magnifique et blablabla. Putain. C'est con les gens amoureux.
 
— Ne le revois plus jamais.
— Tu n'es pas en position de me donner des ordres.
— Mais vas-y ! Balance ce que tu veux ! Dis à ma mère que je me drogue, de toute façon, ça ne lui fera pas de mal d'ouvrir les yeux !
 
Je me tais, halluciné par ce que je viens d'oser de dire. Perrie se referme à son tour. Elle réalise l'absurdité de la situation, elle réalise qu'elle est en train de me faire du chantage sur mon addiction pour se taper un Tomlinson et, surtout, elle réalise qu'on ne s'écoute pas. Qu'on ne s'écoute plus dans cette famille. Comme un dialogue de sourds en permanence. Comme si chacun ne voyait pas plus loin que son petit malheur personnel. Tu parles d'une famille. Je crois qu'on n'a en commun que notre patronyme. Rien de plus. Rien de moins. Et tout ça m'éc½ure.
 
— Putain Harry, mais tu ne comprends rien ! Explose Perrie, C'est pour toi que je dis ça ! J'en ai rien à foutre que tes parents l'apprennent ! Tout le monde le sait déjà, putain ! Moi, Liam, Niall, ta s½ur, Edward, ça ne te suffit pas ? T'as besoin que la ville entière soit au courant que t'as un problème pour que tu te décides enfin à le régler ? T'es pathétique.
— Je t'emmerde.
— Quelle répartie, ironise-t-elle en levant les yeux au ciel, Putain, tu n'es même pas foutu de tenir une soirée sans prendre ta merde.
— Et toi, pourquoi tu t'es barré avec ce type ? Je m'emporte à mon tour, Tu n'avais pas le droit !
— Je serais restée si t'avais été réglo. Mais t'étais qu'une merde, Harry. Un pantin désarticulé... Et, ouais, j'ai eu honte de toi. Je me suis barrée.
— Honte ? Je répète avec dégoût, Honte ?! Mais t'es sérieuse là ? C'est toi qui devrais avoir honte ! C'est toi qui baise le cousin du type qui a foutu ton frère en fauteuil !
 
Je vois la couleur de ses yeux disparaître derrière ses larmes et je continue, trop énervé pour me souvenir que je déteste la voir pleurer :
 
— Tu peux penser ce que tu veux, Perrie. Que je ne suis qu'une merde pathétique qui mérite juste de crever d'une overdose. Mais la seule personne à qui je manque de respect, c'est à moi. Alors que toi, tu manques de respect à toute ta famille. À ton frère en fauteuil roulant, à celui en taule, à Gemma qui s'acharne pour faire tenir cette famille debout, à Edward et Liam qui font tout pour te protéger. Je ne sais même pas comment tu arrives à te regarder dans une glace. T'es la honte de cette famille.
— Pour ce que vaut notre famille.
 
Je me tais. Profondément blessé. Parce que même si je le pense, je n'oserais jamais le dire à voix haute. Elle n'a pas le droit de dire ça. Elle n'a pas le droit de me regarder dans les yeux après tout ce que je viens de lui dire. Elle devrait juste s'excuser et arrêter de voir le gorille. Elle devrait juste m'écouter et...
 
— Tu ne parles plus à Niall, me coupe Perrie dans mes pensées, Tu ne fais plus attention aux problèmes d'Liam et tu ne te rends même pas compte que ta s½ur est en train de devenir complètement folle. Alors, ne me parle pas de respect dans cette famille, il n'y en a jamais eu.
 
Je la déteste. Je la déteste elle et ses grands yeux brillants, comme si elle avait tout vécu, tout compris. Elle est juste tombée amoureuse d'un abruti et elle croit m'apprendre la vie. Connerie. Personne n'a le droit de me donner des leçons de morale et surtout pas elle.
 
— Je suis plus forte que ce que tu penses Harry. Et je n'ai pas besoin de ta protection ou celle de notre famille. Zayn ne me fera jamais de mal.
— Ne prononce pas son nom devant moi.
 
Elle sourit. Mon Dieu, j'ai envie de la tuer.
Je continue d'une voix dure :
 
— C'est un Tomlinson.
— Je le sais.
— C'est interdit.
— Les règles sont faites pour être brisées.
 
Je me tais, mais, à cet instant, je la hais. Je la hais au point de vouloir lui cracher à la figure. Je la hais parce que je ne vois aucune peur dans son regard, comme si elle savait pertinemment ce qu'elle faisait alors que moi, je suis terrifié. Terrifié et paumé.
  
 
 
 
Louis Tomlinson

 
                Je repose mon verre de Whisky sur la table tout en lançant un coup d'½il à mon père. On est tous les deux au Doll House, un club privé réservé à l'élite londonienne. On est installés en face de trois riches hommes d'affaires aux crânes dégarnis. Des russes qui désirent acquérir des parts de notre capital. On leur a donné rendez-vous ici pour faire genre. On est habillés en smoking de marque pour faire genre. On fume leurs cigares pour faire genre. Et tout ici fait genre. Genre je me prends pour ce que je ne suis pas : un gentleman. Genre je te prends pour ce que tu es : une merde.
Je passe ma langue sur mes dents pour savourer encore une fois le goût de whisky imbibé dans mes gencives. Je pourrais autant reprendre un verre, mais ça n'entre pas dans le protocole. Ça ferait pochtron. Pas que je ne le sois pas, mais surtout que je ne dois pas le montrer. Je ne dois rien montrer. À part que cet entretien m'intéresse, ce qui est, évidemment, loin d'être le cas.
Peu importe. Je fronce légèrement les sourcils puis je sors deux, trois phrases bien placées parce que je vois bien que mon père me fait de l'½il pour m'être absenté cinq minutes de la conversation.
Ils repartent de plus belle sur un nouveau sujet et, lorsque j'entends Mark répondre, je me permets de repartir dans mes pensées.
Mon regard s'attarde sur la pièce dans laquelle on se trouve. Le bar est de style victorien. Toute en finesse et en grossièreté en même temps. La plupart des hommes sont en costards-cravates et les femmes en tailleur. Ils font tous genre.
Parfois, je rêverais juste de me lever de cette chaise, de leur balancer mon verre à la gueule et de leur hurler de se réveiller. De leur hurler qu'ils confondent tout. Qu'ils confondent réussir et écraser. Qu'ils confondent travailler et s'acharner. Qu'ils confondent aimer et posséder. Je voudrais leur dire tout ça, mais les mots restent coincés dans ma gorge. Je les ravale. Un par un. Par une gorgée de Whisky. Par trop de gorgées de Whisky.
Mon regard s'arrête soudainement sur une silhouette familière et mon sang ne fait plus qu'un tour dans mes veines. Comme si sa seule direction à présent l'amenait à mon cerveau. Parce que je le sens bouillir de l'intérieur. Je sens ma peau me brûler et mes muscles se contracter sous la colère.
Gemma Styles.
Elle vient d'entrer dans le bar. Elle porte une jupe tailleur, taille haute et un chemisier glissé à l'intérieur couvre sa peau blanche. Ses longues cheveux châtains clairs sont remontés en un chignon serré, mais quelques mèches bouclées s'y échappent pour encadrer son visage de garce. Elle sourit, dévoile une blanche et parfaite dentition. Elle est accompagnée d'un homme en costard d'une quarantaine d'années. Un associé de leur banque, probablement. La plupart des rendez-vous ici sont professionnels et puis, même, je ne pense pas qu'elle se tape quelqu'un d'aussi vieux.
J'avale ma salive avec gêne, lorsque je la vois s'installer avec cet homme à quelques tables de nous. Bien sûr, elle ne m'a pas encore vu. Par contre, son entrée a été remarquée et je sens mon père se crisper à mes côtés.
Je me retourne vers lui et il pose légèrement sa main devant sa bouche pour me murmurer ses quelques mots :
 
— Débarrasse-nous de cette pute.
 
J'acquiesce de la tête puis prétexte un besoin d'aller aux toilettes aux trois hommes d'affaires qui sont loin de s'imaginer ce qui se passe. Et, quand bien même, je ne suis pas sûr qu'ils en aient quelque chose à foutre.
Je me relève de ma chaise et rejoins sa table. Cette fois, elle m'a vu, j'aperçois son sourire se tendre vers le bas. Je passe devant leur table et en profite pour tapoter le bois avec mes doigts. Je ne me retourne pas vers eux, mais je sens du mouvement derrière moi et je sais qu'elle me suit. Je continue de m'éloigner, Gemma Styles sur mes pas, jusqu'à ce que je me retourne brusquement pour lui faire face.
 
— Dégage d'ici.
— C'est une zone libre, réplique-t-elle.
— J'y étais avant donc tu pars. C'est la règle.
 
Je vois les lèvres de cette salope se relever en un doux sourire qui me sort littéralement de mes gongs. Mais j'essaie de ne pas le laisser transparaître et elle me répond finalement :
 
— Il n'y a plus de règles, Tomlinson.
— Tu dis ça par rapport à ce qu'on a fait à ton frère ?
 
Cette fois, elle ne sourit plus. J'enchaîne donc :
 
— C'est vous qui avez commencé avec Zayn.
— Zayn voulait violer Perrie.
 
Je n'ai jamais cru le fils Styles quand il prétendait qu'ils s'aimaient, mais je ne la crois pas, elle non plus. Je ne sais pas ce qui se passe entre ces deux abrutis, mais ce n'est certainement pas un viol raté qui a donné envie à Perrie de revoir mon cousin.
Je chasse cette pensée de ma tête. Je ne veux même pas savoir ce qu'il s'est passé entre eux. Mais entendre l'autre garce prétendre que Zayn est un violeur me met hors de moi.
 
— Jusqu'à preuve du contraire, le seul détraqué sexuel dans cette histoire vient de ta famille.
 
Elle ne me répond pas et finit par jeter un coup d'½il derrière elle. Probablement pour s'assurer que son rencard l'attend toujours à sa table.
 
— Qu'est-ce que tu me veux Tomlinson ? Je ne bougerai pas d'ici et tu le sais très bien. De quoi tu voulais me parler ?
— Je sais que tu as prévu de te venger pour ce qu'on a fait à ton frère.
— Le torturer, précise-t-elle.
— Il n'a pas besoin de moi pour se torturer.
 
Elle ne répond pas tout de suite, puis finit par m'interroger, un air amusé sur sa sale face : 
 
— Tu flippes ? Tu as peur de notre vengeance ?
— Je ne veux pas qu'elle tombe sur quelqu'un d'autre que...
— Toi ? Me coupe-t-elle, Ne t'inquiète pas pour ça. C'était déjà prévu.
 
Je reste un instant déconcerté, devant elle. C'est la première fois qu'une vengeance est tournée contre moi, je veux dire, directement. Parce que d'habitude, on passe par l'entourage. Pas nous deux. Jamais. Aucun Tomlinson n'oserait s'attaquer à Gemma Styles tout comme aucun Styles n'oserait s'attaquer à Louis Tomlinson. Sauf elle, bien sûr, parce qu'elle n'a peur de rien. Cette fille est un bloc de glace. Je crois qu'il n'y a rien à l'intérieur. Je crois que le froid et l'indifférence ont gelé son âme.
 
— Je ne sais pas ce que tu as prévu de me faire, mais sache que...
— Je n'ai rien prévu Louis, m'interrompt-elle avec un sourire victorieux sur le visage, Je n'ai pas besoin de faire quoi que ce soit. Et c'est ça, le plus jouissif, dans ta destruction.
— Qu'est-ce que tu racontes ?
— Je sais que ton père va crever et que tu vas bientôt être promu PDG. Et, par la même occasion, tu vas tirer un trait sur ta vie. Tes cousins, tes plans culs, tes soirées. Tu vas devoir bosser comme un acharné jusqu'à ta mort.
 
J'avale ma salive parce que je la déteste d'avoir autant raison et cette garce continue en se rapprochant doucement de moi :
 
— C'est la fin de ta jeunesse Louis, avant même que tu ne l'aies vraiment vécue. Et, pour moi, c'est la souffrance la plus cruelle qui puisse t'être infligée. Alors... Bonne chance avec ça.
 
Elle pose sa main sur mon épaule et tout son être me répugne au point que je me mets à trembler. Mais je ne peux rien dire. Je ne peux rien répondre parce que, merde, elle a raison. Elle a tellement raison que je sens mes yeux se remplir de larmes. PUTAIN. Je ne peux plus. Je ne veux plus. Elle a raison. Je ne veux pas finir comme mon père. Je ne veux pas traîner dans ce genre de bars le dimanche soir. Je ne veux pas de cette vie. Je ne veux rien de tout ça. De ce fric. De ce patronyme. De cette haine ridicule. Je veux m'enfuir. Je veux partir d'ici.
Gemma est retournée à sa table et je la vois s'installer en s'excusant poliment à son interlocuteur.
Mon c½ur bat dans ma poitrine à une vitesse folle. Et si je ne retournais pas à l'intérieur ? Et si je séchais cette putain de réunion ? Et si je me contentais de partir ? Comme je l'ai toujours rêvé.
Putain. Je suis à deux doigts de faire la plus grosse connerie de ma vie. Je suis à deux doigts de tout planter. De tout foutre en l'air. De tout casser. Juste pour le plaisir. Juste pour la beauté du geste.
Et puis, non, finalement. Je ne peux pas tout quitter comme ça. C'est trop facile, c'est trop lâche. Je ne suis pas ce genre de type. Je ne suis pas si pathétique. J'avance d'un pas pour rejoindre mon père, mais je m'arrête presque instantanément.
Et si c'était l'inverse ? Et si le vrai courage était de trouver la force de faire ce que je voulais vraiment ? Et si la vraie lâcheté était de retourner m'asseoir avec ces types dont je me fiche éperdument ? Retourner à cette vie dont je ne veux pas ?
Je ne sais plus quoi faire. Je reste debout, les pieds plantés dans le sol et l'esprit à l'abandon. Je vois Gemma se redresser légèrement sur sa chaise et, dans ses yeux, je crois que je vois de la peur. Je crois qu'elle a peur de me voir partir. Elle a peur que je l'abandonne toute seule dans cette vie qu'elle ne veut pas non plus. Elle a peur de m'avoir ouvert les yeux sur quelque chose qui l'effraie peut-être plus que moi. Elle a peur de mon choix. J'ai peur de mon choix.
Qu'est-ce que je fais ? Qu'est-ce que je dois faire ? Mon corps entier se met à trembler et mes pieds restent cloués au sol. Je ne sais pas ce que je veux faire de mon existence. Je ne sais pas si je veux reprendre la société. Je ne sais pas si je veux construire la même vie que mon père. Je ne sais pas. La seule chose que je sais, maintenant, c'est que je ne veux pas être là.
Je tourne des talons. Enfin, mes jambes se meuvent et je sors du bar, comme ça, comme si c'était facile. Puis je me mets à courir, sans vraiment réfléchir. Putain. Je l'ai fait. Je suis parti. Je suis vraiment parti. Et je m'en fous. Mes foulées s'allongent, mes cheveux sont secoués par le vent glacé de Londres et je crois que ce sont des larmes de joies qui coulent sur mes joues.
Je suis parti. Je suis parti. Je suis parti.
Je cours, je cours toujours plus vite, sans avoir l'impression d'aller quelque part, mais en sachant que je m'éloigne de ce que je ne veux pas. Et c'est déjà pas mal.
J'ai envie de hurler au monde que je suis libre même si je sais que c'est seulement pour une nuit. Je sais que demain, tout redeviendra comme avant. Mais j'ai cette nuit, juste pour moi, juste une nuit. Je veux en faire ce que je veux.
Alors, je sors mon portable de ma poche et je fais le premier truc qui me vient à l'esprit. 

 
 
 

 
 SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
23h31. Cap ou pas cap ?
 
 SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup
23h31. De quoi ?
 
✉  SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
23h31. Franchir la colline. Comme dans ta chanson.
 
✉  SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup
23h32. Comment ?
 
✉  SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
23h33. Fuis avec moi, cette nuit.
 
✉  SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup
23h41. On se retrouve au pont ?
 
✉  SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
23h41. Oui. Dans 20 minutes. 

 





 
 
 
 
Chapitre neuf.

 
 
 
_____________________
 
*Franchir la colline est une des traductions possibles pour "Running Up That Hill", 
la chanson préférée d'Harry pour celles qui auraient loupé la vidéo donnée dans un chapitre précédent.
J'espère que ce chapitre-ci vous aura plus.
Le prochain clôturera l'acte 1. 
Hâte de lire vos avis :)
 
 
 

Tags : #RunUpfic - #Acte1

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Comments :

  • RunningUp

    06/11/2016

    resteavecmoific wrote: "LE SLKJDFHGKLJSBNKJFNBVKFNB de la fin.

    Perrie est agaçante et même comme ça, Harry continue de la couvrir. Peut-être que c'est un moyen de préserver Niall mais c'est vraiment triste pour lui puisqu'il ne fait que s'éloigner des autres en pensant qu'il les protège mais il oublie qu'il a besoin d'être protégé aussi et c'est pire parce qu'il a besoin d'être protégé de lui-même. Ça rend vraiment stupide l'amour parce qu'au lieu d'enfoncer son cousin comme elle le fait, elle devrait s'alarmer de le voir sombrer. Leur famille est complètement explosé, c'est pire encore qu'au début et il ne manquerait plus que Liam meurt pour que ce soit la fin des haricots lol.

    Louis m'a enfin écouté, bravo xD C'est bien de s'enfuir quand t'as pas envie. Ça fout un peu les autres dans la merde, c'est vrai MAIS il faut savoir être égoïste. Mais pourquoi est-ce qu'il propose à Harry de le suivre alors ? C'est un peu étrange étant donné qu'ils ne se supportent pas. On dirait qu'il veut s'assurer d'avoir plus miséreux que lui sous les yeux histoire de se rassurer, c'est très moche. Il y a une sorte de lien étrange entre eux, pour l'instant il est indéfinissable mais je suis impatiente de voir ce que ça va donner par la suite !

    Par contre si Gemma pense que Louis a kidnapper Harry (ou que les Tomlinson pensent qu'Harry a kidnapper Louis) mdr, ça va être moche. Ils vont revenir (s'ils reviennent un jour) comme ce pauvre type qui revient avec ses pizzas dans l'appartement en flamme M D R

    Sur ce, je vais lire la suite !! ❤
    "

    Oui tu as raison, la relation larry est un peu mystérieuse dans cet acte, on ne comprend pas trop pourquoi ils continuent de se fréquenter alors que ça se ressent qu'ils se détestent. Justement je crois ils ont une attirance l'un pour l'autre sans vouloir se l'expliquer ni le comprendre, du coup ils se voient même si à chaque fois ça tourne mal ahah, je te laisse découvrir la suite pour voir comment tout ça va évoluer ;)

  • resteavecmoific

    02/11/2016

    LE SLKJDFHGKLJSBNKJFNBVKFNB de la fin.

    Perrie est agaçante et même comme ça, Harry continue de la couvrir. Peut-être que c'est un moyen de préserver Niall mais c'est vraiment triste pour lui puisqu'il ne fait que s'éloigner des autres en pensant qu'il les protège mais il oublie qu'il a besoin d'être protégé aussi et c'est pire parce qu'il a besoin d'être protégé de lui-même. Ça rend vraiment stupide l'amour parce qu'au lieu d'enfoncer son cousin comme elle le fait, elle devrait s'alarmer de le voir sombrer. Leur famille est complètement explosé, c'est pire encore qu'au début et il ne manquerait plus que Liam meurt pour que ce soit la fin des haricots lol.

    Louis m'a enfin écouté, bravo xD C'est bien de s'enfuir quand t'as pas envie. Ça fout un peu les autres dans la merde, c'est vrai MAIS il faut savoir être égoïste. Mais pourquoi est-ce qu'il propose à Harry de le suivre alors ? C'est un peu étrange étant donné qu'ils ne se supportent pas. On dirait qu'il veut s'assurer d'avoir plus miséreux que lui sous les yeux histoire de se rassurer, c'est très moche. Il y a une sorte de lien étrange entre eux, pour l'instant il est indéfinissable mais je suis impatiente de voir ce que ça va donner par la suite !

    Par contre si Gemma pense que Louis a kidnapper Harry (ou que les Tomlinson pensent qu'Harry a kidnapper Louis) mdr, ça va être moche. Ils vont revenir (s'ils reviennent un jour) comme ce pauvre type qui revient avec ses pizzas dans l'appartement en flamme M D R

    Sur ce, je vais lire la suite !! ❤

  • RunningUp

    27/07/2016

    pizzafeatluke wrote: "c'est. trop. bien.
    au fond, ça m'étonne pas que Perrie ait dit ses quatre vérités a Harry. et franchement, les personnages de Harry comme de Louis me déchirent le coeur. ils sont prisonniers, prisonniers de cette guerre des camps, de leurs noms, de leur vie, de leurs névroses. c'est... en fait, en lisant, c'est tellement bien écrit que moi même j'ai ressenti leur sensation d'oppression.
    good job :p
    z.
    "

  • pizzafeatluke

    13/07/2016

    c'est. trop. bien.
    au fond, ça m'étonne pas que Perrie ait dit ses quatre vérités a Harry. et franchement, les personnages de Harry comme de Louis me déchirent le coeur. ils sont prisonniers, prisonniers de cette guerre des camps, de leurs noms, de leur vie, de leurs névroses. c'est... en fait, en lisant, c'est tellement bien écrit que moi même j'ai ressenti leur sensation d'oppression.
    good job :p
    z.

  • RunningUp

    22/07/2015

    Visiteur wrote: "Qui chante la musique préférer d'Harry ? Parce que sur YouTube, il y a plusieurs chansons avec le même titre ahah."

    Harry écoute Running Up That Hill, de Placebo mais cette chanson est un cover de Kate Bush, qui est l'interprète originale :)

  • Visiteur

    16/07/2015

    Qui chante la musique préférer d'Harry ? Parce que sur YouTube, il y a plusieurs chansons avec le même titre ahah.

  • RunningUp

    25/03/2015

    Mend wrote: "Hiiiii,
    OMGGGGGG MAIS C'EST QUOI CETTE FIN DE CHAPITRE?!
    J'ai tellement hâte de lire la suite, Louis s'est vraiment barré, et il va rejoindre Harry! WAOUUUUUH.
    J'l'ai jamais dit avant mais j'aime bien le nom "Azoff" je trouve ça cool haha :p
    Punaise, "franchir la colline" mais oui, comme j'ai hâte de lire la suite!

    J'ai aussi vu que tu avais répondu à chacun de mes commentaires.. c'est trop gentil de ta part franchement :D, t'as vraiment l'air de quelqu'un d'adorable et j'espère que tu le sais :*
    Allez, je file au prochain chapitre !!
    xx
    "

    oh merci t'es trop mignonne ! oui je réponds toujours aux commentaires parce que j'adore en recevoir donc je trouve ça plus cool d'y répondre pour montrer que je les lis avec attention et que ça me fait vraiment plaisir ! :D

  • Mend

    23/03/2015

    Hiiiii,
    OMGGGGGG MAIS C'EST QUOI CETTE FIN DE CHAPITRE?!
    J'ai tellement hâte de lire la suite, Louis s'est vraiment barré, et il va rejoindre Harry! WAOUUUUUH.
    J'l'ai jamais dit avant mais j'aime bien le nom "Azoff" je trouve ça cool haha :p
    Punaise, "franchir la colline" mais oui, comme j'ai hâte de lire la suite!

    J'ai aussi vu que tu avais répondu à chacun de mes commentaires.. c'est trop gentil de ta part franchement :D, t'as vraiment l'air de quelqu'un d'adorable et j'espère que tu le sais :*
    Allez, je file au prochain chapitre !!
    xx

  • ThugLifeIsNotLasting

    05/03/2015

    "Les règles sont faites pour être brisées." Exactement, Perrie. Et je suis bien contente qu'elle le balance à la gueule d'Harry tiens !! J'suis pas certaine qu'il aurait accepté de s'enfuir avec Louis si elle ne lui avait pas dit ça haha ^^ Mais je suis contente :D

  • RunningUp

    16/02/2015

    sterenngelebart wrote: "Fuis avec moi, cette nuit.

    ✉ SMS de «Boucle d'or» à «Grand méchant loup».
    23h41. On se retrouve au pont ?

    ✉ SMS de «Grand méchant loup» à «Boucle d'or».
    23h41. Oui. Dans 20 minutes.


    Fuis avec moi, cette nuit.

    ✉ SMS de «Boucle d'or» à «Grand méchant loup».
    23h41. On se retrouve au pont ?

    ✉ SMS de «Grand méchant loup» à «Boucle d'or».
    23h41. Oui. Dans 20 minutes.


    Ce passage est magnifique vraiment j'adore ce chapitre ils cassent tout. Louis veut casser les règles vivre être libre
    "

    merciii ♥

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