Chapitre un.

 
 

 
Chapitre un.

 
 
Louis Tomlinson
 
                Je repose ma fourchette dans mon assiette, observant la nourriture sans grandes convictions. Je n'ai pas faim et l'ambiance à table me coupe l'appétit. On est dimanche soir. Comme toutes les semaines, on partage notre traditionnel repas de famille dans la joie et la bonne humeur. Bien que, aujourd'hui, je n'ai pas envie de faire d'efforts.
Mon père se tient au bout de la table. Il ne m'adresse pas un seul regard, ni même une seule parole. Tout ça parce que je l'ai planté il y a trois jours à ce foutu rendez-vous d'affaires. J'ai prétexté un léger malaise. Bien sûr, il n'a pas gobé un seul putain de mot de ce que j'ai pu lui dire. Je me suis excusé et il a simplement répondu : « Je n'ai pas besoin d'excuses, mais d'un fils compétent. Peux-tu seulement t'excuser d'être toi ? ». Quel connard. Je n'ai rien trouvé à lui rétorquer. Je ne comprends même pas pourquoi je m'apprête à gâcher ma vie pour répondre à ses attentes.
Bref, j'apporte la fourchette à mes lèvres pour avaler la nourriture. Autant me débarrasser au plus vite de ce repas. Mon regard continue de divaguer sur la grande table. En face de moi, Eleanor mastique son morceau de viande d'un air absent. Enfin, son air habituel, en fait. Je détourne rapidement les yeux et observe ma s½ur assise à côté d'elle. L'image est presque pire. Ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu sourire, ma petite Lottie. Mes parents prétendent qu'elle est en crise d'adolescence. Moi, j'ai bien envie de leur rappeler qu'elle a assisté au viol de sa cousine, mais ce n'est pas vraiment le genre de ma famille. De dire les choses telles qu'elles sont, j'entends. Parce que c'est bien plus simple de prétendre qu'elles ne sont pas arrivées. Et puis, elle a un psychologue. Il paraît que ça lui suffit.
Je me retourne ensuite vers Isaac qui m'adresse un sourire timide. Il sait probablement à quoi je pense et, d'ailleurs, ça ne doit pas être difficile à comprendre vu la gueule que je tire.
Zayn, assis à côté de moi, continue de manger sa nourriture avec appétit. L'air de prétendre que tout va bien. Putain, quel égoïste celui-là. Le monde pourrait s'arrêter de tourner qu'il tournerait tout seul, juste pour nous prouver que personne n'aura jamais aucun impact sur sa vie. Et puis je suis sûr qu'il voit encore cette fille. Perrie Styles.
Je déglutis lentement la nourriture que j'ai dans la bouche et n'arrive même pas à en apprécier le goût. Ma mère a dû passer des heures dans la cuisine à nous préparer ce repas.
Tiens, parlons-en d'elle.  Jay Tomlinson. La quarantaine. Chrétienne. Bien sous tous rapports. Chargée de la communication de la boite. Elle sourit. Elle mange en souriant et je la regarde pendant un instant. Je n'ai aucune pensée qui me vient à l'esprit, ça me fait presque peur, comme si je regardais une parfaite inconnue. C'est l'impression que ça me fait, des fois, quand je la regarde. Depuis le viol d'Eleanor, elle ne veut plus rien entendre à propos des Styles. Pas un mot. Alors elle fait comme s'ils n'existaient plus et je me dis souvent qu'elle a réussi. On dirait qu'elle plane dans un autre monde. Dans un monde où tout va bien, un monde où on est une famille heureuse et riche. Un monde où on a tout ce qu'il faut pour être heureux. Un monde où on a envie de l'être.
 
 — Où est Stan ?
 
Je relève mon regard vers Dan, mon oncle. Sans le réaliser, il vient de relancer la conversation et tout le monde semble se réveiller autour de la table.
 
— Chez sa meuf, répond Aiden avec la bouche encore pleine de nourriture.
 
Première nouvelle. Je me demande bien qui pourrait supporter un tel type.
 
— Tu lui diras que ce n'est pas correct de louper un repas de famille, ajoute mon père en reposant son verre d'eau sur la table.
— Est-ce plus correct de prétendre qu'on en est une ?
 
J'aurais pu lâcher ma fourchette de stupeur si seulement je n'étais pas aussi scotché. Ces mots pourraient tellement sortir de mes lèvres que je me demande pendant une seconde si ce n'est pas moi qui aie dit ça, finalement. Mais non. Eleanor se tient toujours droite sur sa chaise. Tout le monde la regarde d'un air ahuri, mais elle s'en fiche. Elle prend une autre bouchée de gratin dans sa fourchette et la porte à ses lèvres.
 
 — Pardon ? Bégaye sa mère.
— Ça fait trois jours que Stan découche pour dormir chez sa copine. Il était peut-être temps de s'en rendre compte, répond-elle tout naturellement.
 
Putain, je me retiens de ne pas lui sauter dessus pour l'embrasser. Ça faisait tellement longtemps que je ne l'avais pas vue comme ça. Je l'adore cette fille. J'adore l'assurance avec laquelle elle parle et j'adore l'incompréhension que je lis dans le regard de nos parents.
 
— Eleanor, chérie, reprend Dan, Tu vas bien ?
 
Ah, mon Dieu, j'ai envie de l'étrangler. Pourquoi il lui pose cette question ? J'ai l'impression que c'est formulé d'une manière à lui faire dire qu'elle ne va pas bien et que, dès qu'un putain de mot sort de ses lèvres, il ne peut être que déformé par tout ce qu'elle a vécu. Comme si son traumatisme devait régler chacune de ses pensées jusqu'à la fin de sa vie. Alors que là, elle dit juste la vérité. Mais, dans ma famille, il n'y a jamais personne pour l'écouter.
 
— Pourquoi elle irait mal ? J'interroge mon oncle, Elle a juste remarqué que son frère était absent depuis quelques temps. Elle te dit que tu aurais pu en faire de même. C'est ton fils après tout.
— Louis ne te mêle pas de ça.
 
Mon père qui intervient, bien sûr.
 
— Tiens, tu me reparles toi ?
— Change de ton tout de suite, me coupe-t-il froidement.
 
Je vois Isaac m'observer d'un air inquiet, conscient que ça va péter d'une minute à l'autre, alors que le regard de ma mère se voile derrière sa question tremblante :
 
— Je vais chercher le dessert peut-être ?
— On s'en fout de ton dessert maman ! Tu ne peux pas nous foutre quelque chose dans la bouche à chaque fois qu'on a envie de l'ouvrir !
 
Elle se tasse dans son siège et le regard de mon père me brûle littéralement. Je crois que sa femme est la seule personne qu'il arrive encore à aimer, alors il ne supporte pas quand on lui crie dessus. Comme si Jay était une pauvre petite chose trop fragile. Ça me fait doucement rigoler. Tout est trop fragile dans cette famille. Faut toujours tout prendre avec des pincettes, faire attention à ce qu'on dit, à ce qu'on fait, à ce qu'on pense. Il ne faut jamais rien bousculer, rien changer, rien perturber. Comme si on était tous enveloppés d'une couche de polystyrène pour éviter qu'on ne se brise. Ce qu'ils ne réalisent pas, c'est que tout est déjà brisé à l'intérieur de la protection. Que les morceaux cassés se recassent entre eux parce que plus personne ne veut les laisser sortir de leur emballage trop serré. Que cette surprotection est ridicule et qu'on se fait encore plus de mal à l'intérieur. Qu'on étouffe. Que j'étouffe. J'ai envie de leur dire, de tout sortir, mais ce repas deviendrait un tel chaos que je préfère me taire.
Je me retourne vers Isaac et il me sourit, l'air de me dire qu'on pourra en parler plus tard. Alors j'abandonne, comme ça, parce que je suis aussi lâche que toutes les personnes autour de cette table.
 
— Désolé maman. Tu as raison, il vaut peut-être mieux passer au dessert maintenant.
— Bien, me répond Mark comme si j'avais donné la bonne réponse.
— J'y vais de suite. C'est une tarte à la pomme... Pour mes petites princesses !
 
Ma mère presse gentiment l'épaule de Félicité, en passant derrière elle. Je regarde ma petite s½ur d'un air absent. La pauvre, elle mange en silence depuis tout à l'heure et ne doit rien comprendre à ce qui se passe. Tant mieux pour elle. Je préfère voir l'innocence dans ses yeux que la peine que je lis dans ceux de Lottie.
 
— Je sais déjà que ça va être excellent Jay, déclare Isaac en observant ma mère rejoindre la cuisine.
 
Il essaie de détendre l'atmosphère. C'est bien le seul qui a encore le courage de le faire. Je lui souris discrètement puis bifurque mon regard vers Eleanor. Son visage est caché par ses longues boucles brunes, mais je crois que je n'ai pas besoin de voir ses yeux pour comprendre qu'elle est déçue. C'est vrai que c'est toujours pareil, qu'on ne va jamais au bout de nos pensées. Et moi aussi, ça me rend malade.
 
— Hum, regardez ce qui sort du four ! Reprend joyeusement ma mère en débarquant avec son plat chaud dans les mains.
 
Et voilà, tout est reparti. Le masque, la comédie, les sourires de faux culs et la famille sur jouée. Je suis fatigué de tout ça. Fatigué de prétendre des choses qui ne le sont pas et fatigué d'ignorer celles qui le sont. Ces choses qui sont devenues importantes pour moi et qui me sont interdites.
 
Ces choses stupides.
 
Cette chose stupide. 
 
 

 
 
 
 
  SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
22h10. Tu fais quoi ce soir ?
 
  SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup
22h13. Heaven avec une pote.
 
✉  SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
22h15. Je passerai vite fait. 

 
 
 


Chapitre un.



Harry Styles
 
         Je fulmine, intérieurement. Pire, je bous de rage. J'ai envie de tuer tout le monde. Kendall, à côté de moi, qui s'aligne les shots de vodka depuis tout à l'heure, son abruti de copain au bord de l'overdose et Tomlinson avec sa pute pour la nuit. Quel connard. Il m'envoie un message pour me dire qu'il va venir me voir au club et passe sa soirée avec un pauvre type sorti de nulle part. Il essaie de faire quoi, au juste ? Me provoquer ? Me rendre jaloux ? Je ne lui ai jamais demandé de venir. Je ne sais même pas ce qu'il fout ici.
Et je ne sais pas non plus pourquoi ça me met autant en colère. On est au Heaven, un bar gay dans le quartier de Westminster, donc une zone libre. On a tous les deux le droit d'y être et, pourtant, j'ai l'impression qu'un de nous est de trop. L'atmosphère est lourde et j'ai envie de tout fracasser.
Tomlinson continue de danser avec le type. Non, ils sont presque en train de baiser sur la piste de danse et ça me sort littéralement de mes gonds. Il est en manque ?
Et puis, je suis sûr qu'il le fait exprès. Il me rappelle sans cesse que je ne suis qu'un gamin de lycéen. Et là, il se tape un vieux. Je ne sais pas, on dirait que ce type a au moins quarante ans. Je ne tiens vraiment plus en place. J'ai envie de tout péter.


— Putain, tu n'es pas drôle, ce soir.


Je me retourne vers Kendall. La fille est complètement défoncée. Je ne sais même pas comment elle a capté que j'étais encore là, vu le silence dédaigneux que je lui réserve depuis déjà une heure.


— Azoff  te vend toujours ta came ? Je demande.
— Bah oui... Pas toi ?


Putain, elle est complètement à côté de la plaque.


— Je sais que tu ne regardes que toi, trésor, mais tu aurais quand même pu remarquer que je ne vois plus Azoff .
— Depuis quand ? S'exclame-t-elle, ouvrant ses grands yeux de biche.
— Depuis ta soirée... Genre, il y a trois semaines.
— Putain je suis aussi défoncée que ça ? M'interroge-t-elle d'un air inquiet.


Son petit-ami répond à ma place puisqu'il se contente d'un rire rauque et cette conne se joint à lui. Ok. Je laisse tomber cette soirée. Ce n'est pas en traînant avec des abrutis que je vais prouver à Tomlinson que je ne suis pas un gamin. D'ailleurs, il est où ce con ?
Je me retourne brusquement vers la piste de danse, mais ils n'y sont plus. J'ai une sale impression de déjà-vu. Putain, mais où ils sont partis ?
Je me relève de mon sofa et traverse la piste. Je regarde partout. Je vois des mecs se galocher devant mes yeux et ça me donne envie de vomir. Les baisers, ça m'éc½ure. Au cinéma, ça a toujours l'air magnifique et romantique. Dans la réalité, c'est juste dégueulasse et baveux. Et puis, même, je n'aime pas ça. Les gens mettent trop de promesses dans leur baiser. Et les trucs avec les promesses, ça me fait peur, c'est plus fort que moi. Je ne veux même pas en entendre parler.
C'était plutôt cool parce que Azoff  était de mon avis. D'accord, je le laissais m'embrasser quelques fois parce que, lui, il aimait bien, mais il savait que ça ne voulait rien dire pour moi. Il savait que ça ne voulait pas dire « Je serai toujours là demain », ni même « Je serai toujours là dans une heure ». Bref, je suis en train de m'égarer en repensant à lui. Il ne veut plus rien avoir à faire avec moi et il ne peut que mieux s'en porter. Et, le plus important maintenant, c'est que j'ai vraiment autre chose à foutre.
Je bouscule quelques danseurs en essayant de me frayer un chemin. Putain. Mais où ils sont ? Il ne l'a quand même pas emmené chez lui pour le baiser ? Il ne va pas...
Je m'arrête. Ils sont juste devant mes yeux, au bar. Le mec plus vieux est accoudé sur le comptoir tandis que Tomlinson est installé sur un des tabourets. Une jambe sur le sol et l'autre reposant sur l'appuie-pied. Ce sale type est en train de glisser ses doigts le long de sa cuisse.
Je ne sais pas pourquoi, mais ça me rend fou. Totalement fou. Et, quand je suis énervé, j'agis à l'instinct. Alors, sans réfléchir davantage au pourquoi du comment, je traverse les derniers mètres qui me séparent d'eux et me plante devant Tomlinson.


— Faut qu'on parle, je déclare brusquement. 


Il ouvre des yeux ronds en me regardant. Je sais, c'est la première fois que je lui parle dans un lieu public. Mais là, j'en ai tellement rien à faire. De toute façon, je ne connais personne ici, à part Kendall et son copain, mais ils sont trop défoncés pour réaliser quoi que ce soit. Et lui, je sais qu'il est venu seul. Pas d'Isaac. Pas d'Aiden. Pas de Stan. Alors merde, pas besoin de me regarder comme si je venais de commettre un crime impardonnable.


— Qu'est-ce qu'elle a la bouclette ?


Je me retourne brusquement vers l'autre type tandis que Tomlinson pouffe de rire avant de rectifier :


— « Boucle d'or » lui va mieux.
— Pas faux. Mais il est l'heure d'aller au lit, maintenant, mon garçon.


Putain, j'hallucine. Ils sont vraiment en train de se foutre de ma gueule ? Et ils pensent que je vais laisser passer ça ? On ne me traite pas de gamin. Personne ne me traite de gamin. Pas après toutes les merdes que j'ai vécues.
Je ne prends même pas la peine de répondre à l'autre connard et attrape le bras d'Tomlinson. Je le tire brusquement pour le faire se lever de sa chaise et l'emmène avec moi. Bien sûr, l'autre crétin est en train de gueuler dans le fond. Je sens que Tomlinson me suit alors je ne me retourne pas. D'ailleurs, je suis même étonné qu'il soit aussi docile. Il est probablement juste curieux. Moi aussi. Je ne sais même pas ce que je suis en train de foutre et j'aimerais bien demander une explication à mon cerveau. Mais là, je sens bien que c'est une autre partie de mon anatomie qui est en train d'agir à ma place.
Je l'embarque avec moi dans les toilettes pour homme et prends la première porte ouverte que je trouve. Je nous enferme à l'intérieur et je l'entends grommeler lorsque je le pousse contre la paroi dégueulasse. 
        
 
 
— Qu'est-ce que tu fous Rosen-bach ???


Je viens de poser ma main sur son entrejambe. Juste comme ça, sans réfléchir. Je sens une bosse sous mes doigts et mets plus de deux secondes à réaliser la portée de mon geste.
 
— Dégage ta main de là. Je ne fais pas dans la pédophilie.
 
Putain, qu'il m'énerve. Je relâche un peu mes doigts pour mieux étendre ma main et le sens gémir à contrec½ur. Les muscles de son corps sont totalement contractés et je vois bien qu'il résiste à l'envie de se frotter contre ma main. Mon Dieu, il doit vraiment être en manque.
 
— Styles, enlève ça tout de suite.
— T'aimes pas ça ? Je murmure, en la faisant doucement frotter le long de son jean.
 
Je sens son sexe gonfler sous mes doigts donc je sais que ma question est rhétorique, mais je ne peux pas m'en empêcher.
 
— Styles. T'es qu'un gamin, putain, arrête ça.
 
J'exerce une pression un peu plus forte tandis que son pénis continue de se durcir à mon toucher. Je sens que son jean devient de plus en plus encombrant.
 
 — Un gamin te ferait cet effet ?
— Arrête tes putains de conneries.
— Je n'ai pas l'impression que tu veuilles que j'arrête.
 
Il se mord les lèvres et il a les joues rouges. Son être entier me supplie de ne pas arrêter, mais il me regarde et lâche, sèchement :
 
 — J'ai une main pour ça, merci.
 
Putain, quel enfoiré. Je relève mon regard vers lui et on se percute brutalement, violemment même. Je crois qu'on hésite entre s'étrangler ou se jeter dessus. Il a un air provocant et un sourire crispé aux lèvres. Et il est tellement beau que la suite n'a pas plus de sens.
 
— Moi aussi. J'ai une main pour ça.
 
J'enlève la boucle de sa ceinture sous son regard perplexe. Sans lui laisser le temps de m'interrompre, je glisse ma main à l'intérieur du vêtement desserré au niveau de la taille alors qu'il étouffe un juron entre ses lèvres. Mes doigts frôlent le tissu de son boxer et je masse doucement son sexe tandis qu'il est incapable de retenir plus longtemps ses gémissements de plaisir. Mon Dieu, je commence à être excité, moi aussi. Ma main finit par s'immiscer sous le tissu parce que je n'arrive plus à me retenir, je n'arrive plus à me contrôler, je me demande même pourquoi j'ai fait ça, à la base. Un frisson me parcoure en même temps que je sens son corps secoué par un spasme. Je ne pensais pas que ça me ferait autant d'effet, tout à coup, de toucher son sexe. C'est clair que ce n'est pas le premier mais... Il grommelle quelque chose que je ne comprends pas et m'arrête un instant, effleurant son gland avec mon pouce. Mais qu'est-ce que je suis en train de putain de foutre ? C'est Tomlinson. Bordel de merde. Louis Tomlinson.
 
— Continue, souffle-t-il, ondulant du bassin contre ma main, Putain t'arrête pas maintenant.
— Je croyais que tu voulais...
— Continue, me coupe t-il en se mordant la lèvres inférieure, S'il-te-plait. 
 
Je souris doucement tout en reprenant mes caresses. Je ne sais pas vraiment ce que j'essaie de lui prouver à cet instant précis. Que je ne suis pas un gamin ? Qu'il éprouve plus de désir pour moi que pour l'autre tache au bar ? 
 
— Hmm, putain, grince-t-il entre ses dents, tandis que j'accélère mes mouvements de va-et-vient. 
 
Tomlinson ouvre la bouche pour ajouter quelque chose puis se ravise. Il se contente de me regarder avec ses yeux bleus qui me font chavirer. Son regard se pose sur mes lèvres légèrement entrouvertes par l'excitation et il avance doucement vers moi. Non.
Je me crispe et arrête mes caresses, ce qui le fait réagir aussitôt : 
 
— Quoi ?
— Ne m'embrasse pas.
— Tu me branles et je ne peux pas t'embrasser ? M'interroge-t-il, hébété, T'as un problème d'échelle dans l'intimité, mon gars.
— Ne m'embrasse pas, je répète, Ou alors j'arrête tout.
— Tu joues à quoi là ? Pretty Woman ?
— Va te faire foutre.
— Je ne suis pas ton client, Styles, déclare-t-il en m'attrapant le menton pour me faire relever le visage vers lui, Et moi, j'embrasse les mecs que je baise.
— Sauf que tu ne me baises pas, Tomlinson. 
 
Pour lui faire comprendre que c'est moi qui contrôle la situation, je reprends mes mouvements de va-et-vient sur son sexe, encore dur. Je crois qu'il veut protester mais, très vite, le désir reprend le dessus et les seuls sons qui sortent de ses lèvres sont des gémissements de plaisir. Je le sens se gonfler encore et encore sous mes doigts et finis par perdre la raison, moi aussi. Ce mec me rend totalement fou. Ses bruits me rendent fou. Ses yeux brillants de désir me rendent fou. Son souffle chaud sur ma peau me rend fou. Son sexe entre mes doigts me rend fou. Tout son être me rend fou.
Alors, j'ôte ma main de son boxer et un son plaintif sort de ses lèvres. Je m'en fous. Il n'est pas tout seul à vouloir prendre son pied, merde. Je viens me coller à son bassin. Je sens son érection contre ma cuisse. Et la mienne me fait tellement mal que je plonge mon visage dans sa nuque pour m'empêcher de parler. Parce que, là, je pourrais clairement le supplier de me caresser. J'inspire son parfum et la légère odeur de sueur qui émane de sa peau brûlante. Lentement, je sens nos deux bassins se rapprocher peu à peu, se frotter l'un contre l'autre. Malgré nos deux pantalons, je suis envahi d'un désir féroce. J'en oublie presque où on est. Ces chiottes glauques et qui puent la mort. Je mordille son cou tandis que son souffle rauque se répand partout sur mon corps. Il me rend fou. Je ne sais pas comment il fait. Mais il me rend putain de fou.
Tomlinson pose soudainement ses mains sur mes fesses, de manière à coller encore un peu plus nos bassins et il écarte doucement les cuisses. Le con. Je me love à l'intérieur comme si la place avait été faite pour moi et on continue à se donner du plaisir. Mon sexe est pressé contre le sien, si fort que c'en est douloureusement bon. 
 
— Laisse-moi t'embrasser, Styles, murmure-t-il à mon oreille.
— Non, je déclare, catégorique.
— J'ai envie de tes lèvres. 
 
Il passe distraitement un doigt sur ma lèvre inférieure. Je le mordille gentiment et il sourit avant d'ajouter, sûr de lui : 
 
— Je t'embrasserai. Un jour.
— Dans tes rêves, peut-être.
— Déjà fait. 
 
Je veux m'offusquer, mais un petit cri plaintif s'échappe de mes lèvres quand il me fait basculer contre le mur, échangeant nos positions. Il attrape mes poignets et les place au dessus de mon corps, de manière à ce que je sois totalement vulnérable face à lui. Il presse un peu plus son bassin contre le mien, comme si c'était possiblement supportable, et susurre lentement :
 
— Maintenant, c'est moi qui contrôle... Donc on peut le faire à ma manière ?
— Tu ne m'embrasseras pas Tomlinson. Jamais.
— Pourquoi ?
— Parce que. 
 
Il me regarde longuement, essaie de lire une explication dans mon regard, puis finit par lâcher mes poignets. 
 
— D'accord. 
 
D'accord ?! Genre, il n'insiste pas ?! Je n'ai jamais connu un mec qui n'avait pas insisté pour m'embrasser. D'ailleurs, la plupart parvienne à leur fin quand je suis assez excité pour ne plus avoir la force de protester. Alors là, j'avoue, je suis un peu déstabilisé. Presque déçu, je crois. 
 
— Tu me perturbes, Boucle d'or, reprend Tomlinson en collant son front contre le mien, Ma vie n'a plus aucun sens depuis que je t'ai rencontré.
— En a-t-elle seulement eu un ? Je l'interroge. 
 
Il ne répond pas et je vois une lueur de tristesse traverser ses yeux. Sans trop savoir pourquoi, ça me fait mal. Je le serre dans mes bras. Mon sexe frotte encore un peu plus contre son bassin et je suis excité comme un fou, mais il n'y a pas que ça. Il y a plus. Il y a une chaleur qui émane de tout son être et qui me transporte.
Tomlinson glisse de nouveau ses mains sur mes fesses puis s'arrête au niveau de mes cuisses. Presque trop lentement, il les remonte de manière à ce que je sois dans ses bras. J'ai le dos collé contre la paroi des chiottes et j'enroule mes jambes autour de ses hanches. Nos bassins sont collés d'une façon insupportable. Je me mets à trembler sur l'instant. Parce que j'ai trop chaud, trop envie, trop peur et trop de sentiments en même temps. Mes bras viennent chercher son dos et je le serre encore plus fort contre moi. Je suis complètement écrasé contre la paroi, mais j'y suis bien.
Je descends ma main le long de sa colonne vertébrale, elle glisse entre ses omoplates et continue sa course jusqu'à l'élastique de son boxer. Il frissonne à chacune de mes caresses puis plante son visage dans ma nuque, embrasse ma peau du bout des lèvres et je ferme les yeux. Je ferme les yeux pour mieux profiter et arrêter de penser que je ne suis qu'un putain de con pour apprécier ça.
Tomlinson continue de m'embrasser, partout dans le cou et, mon Dieu, je ne devrais pas aimer autant ses lèvres. Je repense à cette histoire de pont. À l'endroit où on s'est rencontrés, la première fois. La fois où il m'a demandé si j'allais sauter. J'ai dit non. Quelle connerie. Bien sûr que j'ai sauté. Il m'a accompagné.
Tomlinson relève doucement son visage vers le mien. Ses lèvres viennent effleurer ma mâchoire puis elles remontent, lentement et douloureusement, vers l'endroit interdit.
Je rectifie. On n'a pas sauté. On s'est jetés dans le vide. Et j'ai peur du moment où on va s'écraser.
 
— Arrête, je murmure alors que le souffle me manque.
— Je ne t'embrasse pas, me taquine-t-il en faisant courir ses lèvres tout au long des miennes. 
 
Je sens son souffle me brûler la peau. Il garde une distance insoutenable entre nos deux bouches entrouvertes par le désir. Il me provoque clairement et je suis incapable de résister. Incapable de le supplier de m'embrasser, incapable de le repousser et d'arrêter ce délire. C'est comme si j'étais un pantin entre ses mains. Comme s'il pouvait faire ce qu'il voulait de moi. Et. Non. Merde. Ce n'était pas ça, mon plan. C'était à moi de le provoquer, à moi de lui prouver que je n'étais pas un gamin et que je pouvais lui faire tourner la tête. Pas l'inverse.
Alors, avec toute la force et le courage que je me trouve, je pose mes deux mains sur sa poitrine et le repousse brusquement. Mes jambes retombent lourdement sur le sol et je tiens à peine debout tant le désir me consume. Mais, par chance, il est trop abasourdi par mon geste pour réaliser quoi que ce soit. Je profite donc de son égarement pour m'éloigner de son corps et déclare sèchement sous ses yeux ébahis : 
 
— Je ne passe jamais en second choix Tomlinson. Si tu veux baiser, retourne voir l'autre clochard au bar. 
 
Je sors des toilettes, sans me retourner vers lui. En fait, je cours presque pour lui échapper parce que je ne suis pas sûr d'avoir la force d'arrêter ça. Je sens que je suis vraiment à deux doigts de faire marche arrière et de recommencer là où on s'est arrêtés. Mais non. Je ne peux pas. Je ne suis pas faible. Je ne suis pas son jouet. Je ne suis le jouet de personne et surtout pas celui d'un Tomlinson. Et je... 
 
— Putain, Harry, tu étais où ? M'interroge Kendall, m'attrapant sauvagement le bras. 
 
Je me retourne vers elle brusquement et je vois son regard se poser sur mon entrejambe. Elle ouvre grand les yeux puis s'exclame ahurie : 
 
— T'es sérieux, mec ?! C'est complètement dégueulasse.
— Pas plus que ce que tu es capable de faire pour avoir ta coke, je déclare sèchement en secouant mon bras pour qu'elle le lâche.
— Et toi, tu ne viens pas de baiser pour avoir ta came peut-être ?
— Ça, c'est une autre sorte de came, tu peux me croire.
— Je veux bien te croire vu l'effet que ça te fait. 
 
Cette conne se permet encore de baisser son regard vers mon jean trop étroit et je lui donne un coup à l'épaule. 
 
— Dégage.
— Va te faire foutre, Harry. Et arrête ce regard dédaigneux, tu ne vaux pas mieux que moi.
 
Comme si je n'étais pas déjà au courant. Mais cette conne continue :
 
— La seule façon que tu aies trouvé pour retenir les mecs c'est ton fric et ta bite... Comme tu as fait avec Azoff  pendant toutes ces années. Alors, ne me regarde pas comme si j'étais la dernière salope de cette ville. Tu me fais pitié.
— Ferme ta...
— Ma gueule ? Me coupe-t-elle, Je ferme ma gueule, c'est ça ? Tu veux que je te dise, j'en ai marre de fermer ma gueule et de jouer à la bonne copine innocente. Bien sûr que j'ai remarqué que vous ne vous parliez plus tous les deux... Et ça me fait chier. Vous étiez mes meilleurs potes. Je ne sais pas quelle pute tu viens de te faire dans ces chiottes pourries, mais tu la laisses tomber et tu vas t'excuser auprès de Azoff  si t'as un minimum de cervelle. 
 
Elle s'arrête puis finit par lâcher les mots en trop : 
 
— Il t'aime. Je ne sais pas comment il fait, mais il t'aime. Alors arrête de tout gâcher.
 
Dommage. C'est ma spécialité depuis dix-sept ans.
Je tourne des talons sans répondre et je me casse. Quitte à ne plus avoir d'amis du tout, autant faire ça bien. 
 
 
 
 


  SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
03h26. Ne recommence jamais ça.
 
  SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup
03h27. Le plaisir a été partagé :)

 
 
 
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Et voila enfiiiin le début de l'acte 2 ! 
Désolée pour tout ce retard,
je suis en Erasmus donc ce n'est pas si évident que ça de trouver du temps pour écrire. 
Mais, ne vous inquiétez pas, la suite est déjà en cours :) 
J'attends vos avis avec impatience ! 
Bisous 
 
 

 
 
 

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Comments :

  • RunningUp

    26/07/2016

    pizzafeatluke wrote: "CE FUT BEAU, QUE DIS-JE, CE FUT HÉROÏQUE!
    E N F I N!
    je suis absolument RAVIE, que dis-je, COMBLÉE, depuis le temps que j'attendais ça! ce chapitre est merveilleux, ca se frotte dans les toilettes, j'aime Kendall Jenner, tout ça tout ça
    z.
    "

    chouette ♥ ♥ ♥

  • pizzafeatluke

    13/07/2016

    CE FUT BEAU, QUE DIS-JE, CE FUT HÉROÏQUE!
    E N F I N!
    je suis absolument RAVIE, que dis-je, COMBLÉE, depuis le temps que j'attendais ça! ce chapitre est merveilleux, ca se frotte dans les toilettes, j'aime Kendall Jenner, tout ça tout ça
    z.

  • RunningUp

    28/07/2015

    @Ihave5crush twitter wrote: "OH PUTAIN DE MERDE ENFIN ILS ARRÊTENT DE PENSER À LEURS PUTAINS DE FAMILLES, À LEURS PUTAINS DE VIE TRISTES ET DÉPRIMANTES ET PUTAIN DE MERDE J'ADOOOOOOOORE 😍😍😍😍😍😍😍😍😍😍😍 "

    hihhihi merci ♥

  • @Ihave5crush twitter

    26/07/2015

    OH PUTAIN DE MERDE ENFIN ILS ARRÊTENT DE PENSER À LEURS PUTAINS DE FAMILLES, À LEURS PUTAINS DE VIE TRISTES ET DÉPRIMANTES ET PUTAIN DE MERDE J'ADOOOOOOOORE 😍😍😍😍😍😍😍😍😍😍😍

  • RunningUp

    27/03/2015

    Mend wrote: "Hiiii,
    Wow, ça fait du bien de relire la fiction! La tension dans la famille de Louis me fait trop de la peine.
    Et la boite, omg j'pensais vraiment qu'ils allaient vraiment faire quelque chose mais la réaction d'Harry omggggggg. J'suis sure qu'il va se passer un truc avec Azoff et que Louis va être jaloux. Si c'est pas le cas.... j'me tape la honte à faire des suppositions haha.

    Je viens de voir que tu es en Erasmus? t'es où exactement? (Si c'est pas trop indiscret) :D
    xx
    "

    ahah tu verras ça prochainement :p

    oui je suis en erasmus à Istanbul ! C'est vraiment géniale :D

  • Mend

    27/03/2015

    Hiiii,
    Wow, ça fait du bien de relire la fiction! La tension dans la famille de Louis me fait trop de la peine.
    Et la boite, omg j'pensais vraiment qu'ils allaient vraiment faire quelque chose mais la réaction d'Harry omggggggg. J'suis sure qu'il va se passer un truc avec Azoff et que Louis va être jaloux. Si c'est pas le cas.... j'me tape la honte à faire des suppositions haha.

    Je viens de voir que tu es en Erasmus? t'es où exactement? (Si c'est pas trop indiscret) :D
    xx

  • ThugLifeIsNotLasting

    06/03/2015

    Moi aussi je l'aime bien :D

  • RunningUp

    06/03/2015

    ThugLifeIsNotLasting wrote: "Je crois que j'aime bien Kendall :D J'aime ce qu'elle a balancé à Harry, je pense qu'il fallait que ça sorte ^^
    Est-il utile de préciser que j'ai absolument adoré la scène Larry dans les toilettes ? :D :D :D Pas seulement parce que ce sont eux et que je les ship, mais parce que je trouve que ça colle vraiment bien avec eux en tant que personnages de cette fiction. Et j'ai trop rigolé avec les sms de la fin :')
    "

    ahah merci pour Kendall ! elle n'apparait pas beaucoup dans l'histoire mais elle a toujours des remarques constructives ! :p je l'aime bien cette petite !

  • ThugLifeIsNotLasting

    05/03/2015

    Je crois que j'aime bien Kendall :D J'aime ce qu'elle a balancé à Harry, je pense qu'il fallait que ça sorte ^^
    Est-il utile de préciser que j'ai absolument adoré la scène Larry dans les toilettes ? :D :D :D Pas seulement parce que ce sont eux et que je les ship, mais parce que je trouve que ça colle vraiment bien avec eux en tant que personnages de cette fiction. Et j'ai trop rigolé avec les sms de la fin :')

  • RunningUp

    17/02/2015

    Visiteuse qui senmerde wrote: "Olalala putain d'émotions !!! Avec la musique .... mamamia ...... *_*. c'est plus que super parfait et tous ce que tu veux .... C'est le meilleure moment que j'ai jamais lu de ma vie. J'avais des sensations en bas du ventre .... rolala je m'en remet pu .... c'est le meilleure choix de musique qu'on est jamais fait .... juste Wow ... *_* ♥… je peux pu respire c'est tellement nslznfkzofn fizke Wow Wow Wow Wow ************______*************"

    ahah merci ! je suis contente que la musique t'ai autant plu !!! ♥

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