Chapitre trois.


 
Chapitre trois.

 
 
Harry Styles
 
PUTAIN MAIS C'EST QUOI CE BORDEL ?!


Je me réveille en sursaut, ouvrant mes paupières si vite que ça m'en fait mal au crane. 


MAIS EST-CE QUE QUELQU'UN PEUT M'EXPLIQUER... 


C'est la voix de mon père. Je me retourne en trombe dans ma chambre, le c½ur au bord de l'explosion. 


...CE QU'IL SE PASSE ICI ?? 


Tomlinson se réveille en sursaut à son tour. Les cris viennent du rez-de-chaussée. J'entends quelqu'un pleurer. C'est Perrie. Je la reconnais, de suite. Il y a plein de voix, tout d'un coup. Des voix suppliantes, suffocantes. On essaie de répondre à mon père, mais ça fait un brouhaha épouvantable entre les pleurs, les cris et les soupirs exaspérés. 


— Qu'est-ce qui... commence Tomlinson. 
— Chut, je lui intime, posant un doigt sur ses lèvres. 


Il ne dit plus rien, trop tétanisé pour réagir, et j'essaie de me concentrer sur la conversation. 


Vingt-deux ans ! Gueule mon père, Vingt-deux ans et une cervelle de cinq !
Mais je n'ai pas...
Ne me réponds pas !
Et toi, arrête de chialer, putain.
Liam, ferme ta gueule.
Mais c'est bon, elle fait chier, ce n'était pas l'amour de sa vie non plus !
Tu ne peux pas comprendre !
Ah c'est bon, tu arrives à parler ?
Ta gueule, Liam, intervient sourdement Perrie, Tu nous saoules !
Oh, mais quelqu'un m'écoute ? Explose mon père.


Tout redevient silencieux d'un seul coup et je me retourne vers Tomlinson. Il a l'air complètement anéanti, presque prêt à creuser sa tombe. Putain, quelle merde. On le savait en plus. On le savait très bien que c'était du n'importe quoi. 


— Je vais crever, murmure-t-il, d'une voix faible.
— Non. 
Mais qu'est-ce qui- AH MON DIEU ! 


Là, c'est la voix de ma mère. Et, merde, je n'en peux plus de rester là sans rien faire. Il faut que je sache ce qui se passe en bas. 


— Je reviens ! 


Je m'apprête à sauter du lit, mais Tomlinson me retient en m'attrapant par les hanches et il me repousse violemment contre le matelas. Il monte sur moi et m'interroge en tentant de chuchoter malgré l'énervement que j'entends dans sa voix : 


— T'es taré, toi. Tu ne me laisses pas ici tout seul.
— Reste dans le lit. Je vais juste voir ce qui se passe en bas.
— Et s'ils savent déjà que je suis là, hein ? Il m'interroge, Ils ont peut-être vu ma voiture dehors, ils ont peut-être... 
Mais pourquoi ? Explose ma mère en sanglot. 


Merde, je ne peux pas rester là à discuter pendant que ma famille est en train de péter un plomb dans mon salon.


— S'ils savaient, ça ferait longtemps qu'ils seraient montés. 


Je repousse doucement Tomlinson en posant mes mains sur son torse – je savourerai ce geste plus tard – et il finit par se laisser faire, retombant lourdement contre mon matelas.


— On est foutus.
— Mais non, je murmure sans trop savoir si je me crois, Je vais juste voir ce qu'il se passe.
— Et s'ils...
— Ne bouge surtout pas, je le coupe avant de sortir du lit, en trombe.


Bien sûr, je me prends les pieds dans un objet que j'ai dû laisser traîner par terre. Je grommelle en passant une main rapidement dans mes cheveux puis sors de la chambre, boitant légèrement du pied gauche. Putain de soirée de merde. 


Je n'en reviens pas que vous soyez si immatures !


Tiens, mon père est de retour dans la conversation. Je me rue dans les escaliers et descends les marches quatre à quatre avant de me tétaniser dans mon propre salon. Oh... Merde, de merde, de merde. Liam est en sang, son bras recouvert d'un tee-shirt imbibé de rouge qui dégouline sur le sol. Edward n'est pas dans un meilleur état, ses lèvres gonflées l'empêchent presque de parler tandis que mon père continue de gueuler sur lui :


— C'est toi le plus âgé ! T'es malade d'emmener ton frère dans ces conneries ? Mais ça ne t'a pas suffi ce qui est arrivé à tes cousins ? Tu veux rejoindre Greg en taule ?


Edward baisse la tête tandis que j'entends Liam renifler bruyamment derrière lui. Il esquisse une grimace. Putain, je ne sais pas ce qui est arrivé à son bras, mais ça ne doit pas faire du bien.
Je me retourne ensuite vers ma mère dont le visage est couvert de larmes, l'air de réaliser encore une fois dans quelle famille de tarée elle est tombée. Elle ne m'a pas encore vu. Elle se contente de tenir Perrie dans ses bras. Elle pleure, elle aussi. Pas de tristesse, mais de colère. Je connais ce regard et cette respiration bruyante. Dans le fond de la pièce, je remarque qu'elle a ramené ses copines et je comprends d'où venait tous ses piaillements, tout à l'heure. Jade est effondrée sur le sol et ses deux autres amies tentent de la réconforter à coup de caresses dans les cheveux et de mots murmurés à l'oreille. Mais je ne vois pas comment elles comptent apaiser la situation vu l'ambiance qui règne ici, un mélange de haine, de déception et de colère.


— Et il n'y a pas que toi ! Explose mon père en se retournant vers les autres. 


Et, là, il me voit enfin. Sauf qu'il n'a pas le temps de s'attarder sur ma présence car il continue à gueuler dans toute la maison :


— Qu'est-ce qu'ils diraient vos parents s'ils vous voyaient dans cet état, hein ? C'est moi qui ai votre garde ! Je ne vous ai jamais fliqués parce que je vous pensais plus intelligents que ça.
— C'est les Tomlinson qui ont commencé, murmure Liam timidement. 
Oh putain, le con. Il ne faut jamais répondre à mon père. Jamais. Jamais. Jamais. 
— Les Tomlinson ? Répète-t-il sèchement, se rapprochant de mon cousin, Les Tomlinson, tu dis ? Et moi, je lui tape dessus à Mark Tomlinson ? Je lui pète les dents et je lui casse le bras tous les quatre matins ? Réponds Liam ! Je fais ça, moi ?
— ... Non.
— Alors pourquoi vous le faites ?! On vous a dit d'arrêter ces conneries ! Pourquoi vous croyez qu'on les a fait ces quartiers délimités ? Pour déconner ? Pour passer le temps ? Vous pensez que ça m'amuse, moi, de ne pas pouvoir traverser Londres comme j'en ai envie ? Vous croyez que j'ai que ça à foutre de me trouver des excuses dès que je dois avoir des rendez-vous d'affaire à Knightsbridge ? C'est pour vous qu'on a fait ça, parce que vous n'êtes pas capable de vous contrôler ! Vous êtes des animaux, ma parole !
— Mais il sortait avec Jade pour nous provoquer et... 


Ladite Jade explose en sanglot et je commence à comprendre ce qu'il s'est passé. Putain, quelle merde. 


— Qui ? Quoi ? Interroge mon père, Oh et puis non, ne réponds pas. Je m'en fous. Je ne veux même pas savoir parce que ça aurait l'impression de justifier ce que vous avez fait ce soir et rien ne le justifiera. Vous vous êtes mis en danger vous et votre cousine ! Votre cousine ! Répète-t-il en désignant Perrie, toujours en larmes dans les bras de ma mère. 


Mais pourquoi elle chiale elle, au fait ? 


— Votre cousine et ses copines ! Enchaîne mon père que je n'ai jamais entendu parler autant, Elles qui n'ont rien à voir là dedans ! Mais quand est-ce que vous allez ouvrir les yeux ? Quand est-ce que vous allez réaliser le mal que vous faites autour de vous ?
— Ils ont... se tente d'intervenir de nouveau Edward.
— Je sais ce qu'ils ont fait ! S'emporte mon père, Je le sais ! Je le vois tous les jours ! Je m'en occupe tous les jours ! Moi non plus, je n'aime pas le voir dans ce fauteuil. Mais est-ce que c'est pour ça que je vais aller saboter la voiture des Tomlinson ? Pour me venger ? Pour finir comme Greg et croupir en prison ? Ça suffit la vengeance. Je ne veux plus perdre l'un d'entre vous. Je vous le redis une dernière fois. VOUS LAISSEZ TOMBER. 


La pression retombe brusquement et je vois Liam relever son visage vers moi. Il se retient de pleurer. 


— L'ignorance est la pire des vengeances, reprend mon père en passant ses deux mains sur son visage fatigué et creusé par les rides, Prétendez qu'ils ne sont rien et ils le deviendront. Montrez-leur leur véritable nature. 


Je n'ose même pas ouvrir la bouche. Pourtant, j'ai des milliers de questions à leur poser. Ça se bouscule tellement dans ma tête que j'en ai presque le tournis. 


— Je vais m'occuper d'Liam, reprend finalement Edward, Le soigner, l'emmener à l'hôpital.
— Mais bien sûr, rétorque mon père, une pointe d'ironie dans la voix, C'est moi qui vous emmène tous les deux à l'hôpital. Allez dans la voiture, tout de suite.


Les deux frères ne rechignent pas davantage et ils quittent la pièce pour rejoindre la sortie avant que je ne les interrompe, la voix tremblante : 


— Où est Gemma ? 


Mon père sort brusquement de sa colère, l'air de se souvenir qu'il a aussi une fille. 


— Elle n'était pas avec nous, me rassure de suite Edward, Elle va bien, ne t'inquiète pas.
— Bien sûr qu'elle va bien, rétorque Desmond Styles, Son cerveau fait le double du tien. 


Puis ils sortent tous les trois de la maison. L'air est tellement lourd que j'arrive à peine à respirer, comme si je pouvais juste suffoquer. Je me retourne vers ma mère qui me sourit entre ses larmes, contente de me savoir à l'abri dans mon lit et à des années lumières de s'imaginer avec qui je le partage. Je déglutis péniblement. Quelle putain de mauvaise idée. Mais pourquoi est-ce que je lui ai dit de venir ? Je ne pense vraiment pas aux conséquences de mes actes. 


— Allez les filles, murmure ma mère doucement en embrassant le front de ma cousine, Tout est fini maintenant. On va vous mettre un matelas dans la chambre de Perrie. 


Le matelas gonflable. Il est dans ma chambre à moi. Dans mon placard. 


— J'y vais ! Je m'exclame un peu trop brusquement, ce qui me vaut quelques froncements de sourcils, Je l'apporte dans la chambre ! Ne bougez pas ! 


Je remonte les escaliers en courant, priant pour que personne ne me suive. Arrivé dans le couloir, je me rue dans ma chambre et ouvre la porte brusquement. Quel con. Je vois Tomlinson sursauter si fort que je crains lui avoir fait frôler la crise cardiaque. 


— Mais t'es malade ! Siffle-t-il, énervé et posant la main sur son c½ur, Tu veux me tuer avant l'heure ou quoi ? 


Mais je n'ai pas le temps de lui répondre car je sais que Perrie va bientôt débarquer si je ne lui apporte pas ce qu'elle veut tout de suite. Je me dirige vers mon placard et sors une grosse boite en carton qui comporte le matelas gonflable deux places qu'on a acheté il y a des millions d'années et dont on ne se sert jamais. Comme si on faisait du camping dans cette famille de bourgeois. 


— Mais qu'est-ce que tu fous ? M'interroge Tomlinson.
— Deux secondes ! Je m'exclame avant de sortir de la pièce, mon carton sous le bras.


Je tente de refermer la porte mais, comme un con, je lâche la boîte et elle s'écrase sur mon pied. Je camoufle un cri dans mon poing tandis que je me retrouve nez à nez avec Perrie. 


— Toujours aussi doué.
— Je t'emmerde.
— Pourtant tu devrais être clean, insinue-t-elle.
— Si tu n'étais pas déjà en train de chialer, je te jure que je te le ferais regretter.
— Je tremble de peur.
— Qu'est-ce qu'il s'est passé ? 


Son visage s'assombrit soudainement et elle baisse les yeux vers le sol. 


— Qu'est-ce qu'il s'est passé, ce soir ? Je répète.
— Le copain de Jade était en fait un Tomlinson. Liam et Edward ont pété un câble, ils se sont jetés sur lui. Puis la routine, bagarre. 
— Quel Tomlinson ?
— Stan. 


Génial. Le pire d'entre tous. 


— Comment va Jade ? Je tente, Il lui a fait...
— Mal ? Me coupe-t-elle, Comment tu prendrais le fait de te faire manipuler par vengeance ? Elle lui a donné sa virginité et ce bâtard l'a utilisée pour atteindre ma famille. Je suis la pire meilleure amie du monde. Alors, oui, elle va mal et, oui, je vais mal. 


Sa virginité ? Ok, elle plane à dix mille là. Si elle savait le nombre de fois où Jade s'est envoyée en l'air avec Liam, ce n'est pas moi qu'elle jaugerait avec ce regard dédaigneux. Mais ce n'est pas le moment de sortir un truc pareil. Alors, à la place, je tente de la réconforter. 


— Ce n'est pas de ta faute.
— Ouais... Ce n'est jamais de notre faute, c'est bien connu. 


Puis elle tourne les talons après avoir récupéré le matelas gonflable et rejoint sa chambre. Bien sûr, je l'entends gueuler parce que j'y ai foutu un bordel monstre, mais je crois qu'elle ne trouve même pas le courage de ressortir de la pièce pour m'engueuler. Tant mieux, je m'en passerais bien. Je m'apprête à retourner dans la mienne lorsque j'entends soudainement du bruit dans la pièce d'à côté. Comme si on tapait dans le mur. Je me dirige vers la chambre de Niall et l'ouvre doucement.


— Oh ! S'exclame-t-il en m'apercevant, Qu'est-ce qui se passe en bas ?! Ça fait trois heures que je vous appelle, mais personne ne répond !
— Désolé, on n'avait pas entendu.
— Qu'est-ce qui se passe, putain ?
— Une bagarre.
— Une bagarre ? Répète-t-il, d'un air affolé, Avec les Tomlinson, c'est ça ? Qu'est-ce qui s'est passé, putain ? Où est Perrie ? Ils ont touché à Perrie ? Et Liam ? Et... 


Je le vois s'agiter dans son lit. Non, je le vois s'agiter dans son corps qui l'emprisonne. Je le vois bouger avec affolement, exaspéré qu'une partie ne suive pas, exaspéré que cette partie le rende si impuissant.


— Perrie va bien, je le calme, de suite, Elle est dans sa chambre. Liam est blessé au bras et Edward à la lèvre. Mon père les emmène à l'hôpital, tout va bien.
— Tout va bien ? Il répète, d'un air éc½uré, Pitié, j'espère que tu ne te crois pas quand tu le dis.
— Pas beaucoup, non. Mais il n'y a plus rien à faire maintenant, rendors-toi. 


Il soupire, exaspéré. Je sais qu'il déteste quand je lui parle comme ça, comme si c'était un gamin de deux ans. C'est pour ça que, la plupart du temps, j'évite de lui parler tout simplement. 


— Je vais me coucher, bonne nuit, je murmure avant de refermer la porte de sa chambre. 


Je soupire un bon coup avant de me ressaisir. J'ai encore un autre problème sur le dos et pas des moindres en plus. 
 
 
 

Louis Tomlinson


 
                Putain. Putain. Putain. Je ne veux pas que ça recommence. Je n'en avais plus. C'était fini. Je ne veux pas que ça recommence. Non. Putain. Je pose la main sur mon c½ur et essaie de respirer. Comment il faut faire, déjà ? Je ne me souviens plus de ce qu'on dit les médecins. Respirer vite ? Non. C'est con ça, je suis déjà en train de me vider de mon air. Respirer lentement, alors ? Mais je ne peux pas. C'est impossible. Mon c½ur bat trop fort. Je ne la contrôle pas, ma respiration. Et elle me fait mal. J'ai l'impression que l'air doit entrer dans mes poumons le plus vite possible. Je continue de haleter, mais l'oxygène n'entre toujours pas. Il reste coincé dans ma gorge et me fait encore plus mal. Putain de merde.
La porte s'ouvre soudainement sur le fils Styles. Il la referme rapidement pour que personne ne me voie car je suis quand même planté en plein milieu de sa chambre.
 
— Ok, commence-t-il, On va attendre que tout le monde dorme et après... Bah, qu'est-ce qui t'arrive ? 
 
Je continue de suffoquer en essayant de faire le moins de bruit possible. Donc je lui accorde que j'ai grave l'air con, là, tout de suite. 
 
— Oh putain ! S'exclame Styles en se plantant devant moi, Qu'est-ce que tu me fais, là ?
— Pa-a--ni--que.
— Quoi ? Toi aussi, t'en fais ? Putain, on a de sérieux problèmes, nous deux. 
 
Je ne peux pas lui donner tort, mais j'en ai un peu rien à foutre de son commentaire pour le moment. Il a l'air de le réaliser lui aussi car il m'attrape soudainement par les épaules, plantant ses yeux dans les miens. 
 
— Tout va bien. Personne n'a rien vu. Personne ne sait. Dans une demi-heure, ils seront tous couchés et on sortira ensemble de ma chambre. Je te raccompagne jusqu'à ta voiture. Tout-va-bien.
 
C'est facile à dire ça, c'est juste, trop douloureux. 
 
— Calme-toi.
 
Merde. Il vient de poser sa main sur mon c½ur. Quoi ? Il pense qu'il a des pouvoirs magiques et qu'il va réussir à le faire ralentir juste avec ce contact ? Il est con, ce mec.
 
— Calme-toi, répète-t-il, Tout va bien.
— Mes cousins, je finis par haleter, Qu'est-ce qu'ils ont ?
 
Son front se plisse et une grimace effleure ses traits. Putain, ça y est. Il a capté. Il a capté que je ne stresse pas pour moi et le putain d'endroit où je me trouve, mais pour mes cousins qui se sont manifestement fait tabasser. Et si Zayn était avec eux ? Et Isaac ? Et si Stan avait encore fait une connerie ? Et Aiden était-il là pour les protéger ? Moi, je ne sais pas ce qu'il s'est passé. J'ai juste entendu crier. Je sais que Liam et Edward ont été envoyés à l'hôpital... Je n'ose même pas imaginer dans quel état sont mes cousins. Putain, j'espère que Zayn n'y était pas. 
 
— Il n'y était pas.
 
Quoi ? Maintenant, il lit dans mes pensées, lui ? Mais comment j'ai pu laisser ça arriver ?
 
— Qu'est-ce que t'en sais ? Ils te l'ont dit ?
— Il y avait Perrie à la soirée, murmure-t-il, Elle ne l'aurait pas laissé se faire tabasser. J'en suis sûr. Et, alors, ils auraient compris. Crois-moi, ils y seraient depuis longtemps à l'hôpital. Je suis sûr qu'il n'était pas là. Fais-moi confiance.
— Et les autres ? Je l'interroge, un peu plus apaisé, Qu'est-ce qu'on t'a dit ?
— Stan sortait avec Jade, la meilleure amie de Perrie, c'est tout ce que j'ai compris, mais je pense qu'il n'était pas seul.
— Isaac ? Aiden ?
— Je ne sais pas Tomlinson. Je n'y étais pas non plus.
— Pourquoi tu n'as pas demandé ? Je m'emporte tout en chuchotant en même temps, Ce n'est pas compliqué !
— Pourquoi je demanderais ? Ce n'est pas censé me préoccuper ce qui leur est arrivé !
 
Putain. Le pire, c'est qu'il n'a pas tort. Qu'est-ce que ça peut lui foutre, en réalité, qu'on ait pété les dents à Isaac ? Au fond, pour lui, c'est juste le mec qui lui a brûlé le bras avec une cigarette. Qu'est-ce qu'il en a foutre du sort de Stan ? C'est le mec qui a pointé un flingue sur sa mère. Et qu'est-ce qu'il en a foutre d'Aiden ? De Zayn ? De Eleanor? De Lottie ? Ou même de moi, putain ? Moi. Je suis le mec qui a foutu son cousin en fauteuil. Je suis le mec qui a pour seul objectif de détruire la carrière de sa s½ur. Je suis le mec qui contrôle tout ça, qui décide tout ça, qui veut tout ça. Ce conflit, c'est d'abord le leader qui le créé. Ce sont moi et Gemma, les responsables.
Alors, oui, qu'est-ce qu'il en a à foutre ?
 
— Je veux partir, maintenant, je murmure, Je m'en fous qu'on me voit. Je veux partir.
— Je sais que tu veux les retrouver, me coupe Styles, la main toujours posée sur mon c½ur, Je le comprends mais, s'il-te-plaît, attends encore un peu.
— Pour faire quoi, putain ?!
— Chut ! Gronde-t-il sévèrement, On va t'entendre.
— Je m'en fous, Styles, putain, tu ne comprends pas. Je n'en ai rien à foutre, là. Rien du tout. Je veux partir maintenant. MAINTENANT.
— Mais ferme-là bordel !
 
Brusquement, il pose sa main sur ma bouche pour m'empêcher de parler davantage et me pousse contre le mur de sa chambre. Je suis complètement bloqué contre lui. Je sais que je pourrais largement me débattre sauf que, là, je suis plutôt concentré à respirer. Ce con m'en empêche avec sa putain de main. Je commence à ouvrir les yeux de panique et il murmure sèchement :
 
— Respire par le nez.
 
Mais qu'il aille se faire foutre.
 
— Doucement. Respire doucement par le nez.
 
Je tente un léger coup d'épaule et cet abruti ne trouve pas une meilleure idée que de venir se coller totalement à moi pour m'empêcher de bouger davantage. Il n'y a plus une seule partie de mon corps qui n'est pas en contact avec le sien. On est collés des pieds à la tête et on serait déjà en train de s'embrasser s'il n'y avait pas la main de Styles sur ma bouche. Ça à presque l'air de l'emmerder, cette main. En tout cas, moi, elle m'emmerde.
 
— Respire, répète-t-il, les mots à moitié étouffés car ses lèvres effleurent le dos de sa main.
 
Son front se pose sur le mien. Ses yeux s'ancrent à mes pupilles. Et nos deux torses se rencontrent à chacune de nos respirations. Enfin, c'est surtout le mien, d'ailleurs, qui se soulève brusquement et le percute à chaque fois.
 
— Respire.
 
Je finis par faire ce qu'il me demande parce que ça m'énerve d'être bloqué, comme ça, de ne pas pouvoir bouger. Donc j'aligne ma respiration à la sienne, mes yeux dans les siens et je sens mon souffle devenir de moins en moins saccadé, de moins en moins douloureux, de moins en moins mortel. Au bout de quelques minutes, je crois même avoir repris une respiration normale. Je sens Styles se détacher de moi peu à peu et il finit par lâcher sa main, libérant mes lèvres.
 
— Tu vas mieux ? S'assure-t-il.
— Oui.
 
Il regarde derrière lui, l'air concentré sur ce qui se passe à l'intérieur de la maison.
 
— Les filles sont allées se coucher et je pense que ma mère est dans sa chambre, reprend-il, Elle doit appeler Gemma. Il faut qu'on parte avant qu'elle n'arrive. Je connais ma s½ur et ça va être une véritable tempête quand elle va débarquer.
— T'es sûr qu'elle n'est pas déjà en chemin ? Je l'interroge.
— Non, je suis sûr qu'elle va passer à l'hôpital avant de venir ici. Pour voir les dégâts.
— Elle s'occupe vraiment de vous, hein ?
— Elle ne s'occupe pas, elle contrôle, rectifie-t-il avec un pointe d'amertume dans la voix.
 
Je ne trouve pas vraiment ce que je peux répondre à ça parce que c'est un peu ce que j'ai l'impression de faire aussi, avec mon clan.
 
— On y va, déclare Styles, sans me laisser le temps de me préparer.
 
Heureusement, j'avais enfilé mes baskets et ma veste pendant qu'il était en bas avec sa famille. On sort tous les deux de la chambre. Il a raison. Je suis coincé ici alors autant faire ça rapidement. Plus on attend, plus le risque que quelqu'un me découvre est important. On se dirige dans le couloir, sans allumer la lumière bien sûr, et moi, je me concentre sur le fils Styles. Je suis ses pas sans réfléchir. Il pourrait sauter de l'escalier que je ferais pareil tellement je suis concentré à reproduire les mêmes gestes.
On arrive aux marches et il se retourne vers moi. On se regarde, comme ça, comme si on se préparait à se dire adieu car on sait que c'est l'étape la plus difficile. Puis, d'un commun accord silencieux, on commence à descendre tous les deux. Les marches grincent et c'est insupportable. Mais on continue à descendre. Si on s'arrête toutes les cinq minutes et que quelqu'un l'entend, c'est là que ça deviendra suspect.
On arrive finalement en bas. Je sais que je ne suis pas encore tiré d'affaires, mais je me sens déjà mieux. Au moins, on s'est éloignés de la chambre de ses cousins.
Flash dans les yeux. Je me fige instantanément. Styles aussi. PUTAIN. La lumière vient de s'allumer et, nous, on est en plein milieu du salon. Tétanisés. Apeurés. À la limite de la perte de connaissance.
Et elle arrive. Une femme, je ne sais pas qui. Et, mon Dieu, ce qu'elle fait peur. Elle est squelettique, de longs cheveux blonds qui paraissent tout cassés, comme de la paille. La femme porte un vieux jogging trop large pour elle et des cernes énormes creuses ses joues déjà dévastées par la vieillesse.
 
— Hey tata, tente Styles dans un murmure.
 
Je me fige. Non, je suis déjà figé depuis dix secondes. Je suis une statue. Je ne respire même plus, je crois. Et ladite « tata » se plante devant moi. Elle m'observe de long en large. Ses yeux se plantent dans les miens et j'ai tout bonnement l'impression d'avoir une morte-vivante face à moi. C'est étrange. Comme si elle ne me voyait pas vraiment. Elle passe toutefois une main sur ma joue doucement puis se retourne vers Styles. Elle effectue le même geste avec son neveu, toujours dans le silence le plus total.
 
— Bonne nuit mon chéri, murmure-t-elle finalement, Bonne nuit Azoff , ajoute-t-elle dans ma direction.
 
Non. Merde. Sérieusement ? Elle ne sait pas qui je suis ? Elle me prend pour son camé de copain ?
 
— Bonne nuit tata, lui répond son neveu, l'air de rien.
 
Je sais que c'est la bonne méthode à adopter pour se sortir de ce merdier, mais je suis trop tétanisé pour faire comme lui. Je suis vexé aussi, je crois. Elle me prend pour Azoff  ? Ça veut dire que ce mec est déjà venu dormir ici ?
 
— On bouge, me coupe Styles dans mes pensées.
 
Je réalise que la femme a disparu dans la cuisine. Sauf que je suis toujours dans l'incapacité de réagir et il me prend le bras pour me forcer à le suivre. Et là, j'ai dû mal à me souvenir des événements, mais on a fini par sortir de la baraque. On a même été plus loin que ça. On a commencé à marcher dans la rue, sur le trottoir, sans parler.
Je sais qu'on est tirés d'affaire, mais il y a quelque chose qui fait que je ne me sens pas bien, que je me sens même pire que lorsque j'étais coincé dans la maison. Je sais très bien pourquoi, mais je pose quand même la question.
 
— C'était qui ?
— La mère de Greg, Niall et Perrie.
— Elle est comme ça depuis combien de temps ?
— A ton avis, murmure-t-il, avec un sourire peiné.
 
On reste silencieux. Voila pourquoi. Elle est comme ça à cause de moi, à cause de ce que j'ai fait à son fils, à cause des Tomlinson, mon clan.
 
— Je l'ai entendu, je murmure.
— Qui ça ?
— Niall, je précise, Tout à l'heure, quand ton père gueulait en bas, il hurlait, lui aussi. Il demandait ce qu'il se passait et personne ne lui répondait. Alors, il s'est énervé.
 
Je ne sais pas pourquoi je lui raconte tout ça. Peut-être parce que ça tourne en boucle dans ma tête depuis tout à l'heure et que j'avais besoin de mettre des mots sur ça. Même si je sais que ça lui fait du mal.
 
— Il a tout perdu, finit par répondre Styles, Ses jambes, son frère, sa mère, son père, moi et sa sexualité.
 
J'ai l'impression de recevoir un coup de poing dans le ventre. Pas un léger, non. Un fort qui te fait vomir à t'en tordre les tripes.
 
— Sa sexualité ? Je répète, en bégayant.
— Il est impuissant depuis l'accident.
 
Prendre les jambes d'une personne est atroce. Lui prendre son désir est au-dessus de mes forces. Je sens mon corps fléchir et m'arrête au milieu du trottoir, incapable d'avancer davantage.
 
— Je ne savais pas, je ne savais pas Styles.
— Maintenant tu sais.
— Je n'ai jamais voulu ça. Je ferais tout pour revenir en arrière si je le pouvais.
— Mais tu ne peux pas.
 
La vérité m'éclate à la gueule. Mais qu'est-ce que je croyais ? Qu'est-ce que je pensais ? A flirter avec lui comme si de rien n'était ? Bien sûr que tout est là. La vengeance, la haine, le désespoir, la culpabilité, la honte, le dédain, le mépris, la destruction. Il y a tout ça entre nous. Et ça ne me suffit pas ? Qu'est-ce qu'il peut y avoir d'autre, de toute façon ?
Je le regarde dans les yeux et je lis dans les siens qu'il est en train de penser à la même chose que moi.
 
— Je suis désolé pour Niall, je murmure, Je sais ce que ça fait.
— D'être à sa place ? S'étrangle-t-il.
— D'être à la tienne. De voir ton cousin souffrir sans rien pouvoir y faire. De fermer les yeux pour ne pas voir la douleur. Parce que tu n'as pas envie de la subir tous les jours un peu plus que celle qui te ronge déjà.
 
Il acquiesce de la tête tandis que ses yeux sont voilés d'un liquide transparent. Et putain, ce que ça me fait mal à moi aussi.
 
— Il n'aurait pas dû la violer, murmure-t-il du bout des lèvres, comme si c'était la première fois qu'il le disait, peut-être même la première fois qu'il le pensait.
— Il y a beaucoup de choses qu'on n'aurait pas dû faire.
— A commencer par notre rencontre, réplique Styles.
— Oui... À commencer par ça.
 
On se regarde droit dans les yeux, probablement pour la dernière fois, parce qu'on a assez conscience qu'il est temps d'arrêter nos conneries. Alors, je lui dis au revoir et rejoins ma voiture. 
 
 
Chapitre trois.

 
 
 
 
 
  SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup
10h45. Comment vont tes cousins ?
 
  SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
11h02. Amochés.
 
  SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup
11h03. Comme nous tous, hein ?
 
  SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
11h03. Ouais... Comme nous tous.
 
  SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup
11h05. Alors... On arrête de se voir ?
 
  SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
11h09. Oui.
11h36. Désolé.

 
 
 ____________________

Désolée, je ne peux pas vous donner la sortie du prochain chapitre,
je ne suis pas assez avancée dans l'écriture pour vous garantir une date.
J'espère en tout cas que la suite vous aura plu,
désolée si certaines d'entre-vous sont déçues car elles s'attendaient à la découverte de leur relation,
mais rassurez-vous, ils ont encore un peu de temps pour ce problème là ;)
XX
 

Tags : #RunUpfic - #Acte2

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Comments :

  • resteavecmoific

    10/11/2016

    MAIS NON PUTAIN QU'EST-CE QUE C'EST QUE CE BORDEL FLO ?????????? U_U (j'ai même pas pu m'arrêter pour laisser des commentaires MDRRRR).

    Perrie : M D R.
    Le père Styles : je l'aime trop, enfin quelqu'un qui se sert de son cerveau, ça fait plaisir !
    La famille Tomlinson : sont-ils sérieux de se voiler la face à ce point ?
    Kendall : mdr sombre conne.
    Zayn : un vrai gag, je ne l'aime vraiment pas, il a l'air trop stupide.
    Stan : je sens qu'il va tuer quelqu'un un jour celui-là, c'est vraiment trop tendu d'être aussi vicieux.
    Et Larry mais c'est l'amour *_* Ça y est, c'est trop tard, ils ne peuvent plus faire machine arrière et le simple fait de se dire que c'est interdit, ça va les rendre encore plus dingue l'un de l'autre. Mais d'un autre côté c'est tellement compliqué... comment tu veux finir heureux pour toujours quand tu sais que le mec pour qui tu tombes a foutu en l'air la vie de ton cousin ? C'est impossible de passer outre. Mais je crois que ça les dépasse.

    J'ai quand même été gêné par les premiers baisers de Louis sur le ventre d'Harry parce qu'il dormait et j'sais pas, c'était vraiment pas bien de faire ça. Peu importe l'issu, ça ressemblait à des attouchements.

    Là je suis obligée de me stopper pour aller faire à manger mais mon coeur est brisé parce qu'ils ont décidé de ne plus se voir et que c'est la chose la plus intelligente qu'ils ont décidé de faire. Les choix de raison sont toujours les plus sages. Mais comment vivre sans l'amour de sa vie ? (j'suis un peu dans l'excès mais bon, les trucs passionnés c'est toujours intense, puis j'suis une team Styles du coup, j'suis dans le drame comme Harry MDR).

    Une vraie pépite cette histoire kjghskfdjhgldkfhjg ❤ ❤

    PS : j'crois qu'à un moment y a un Rosenbach qui traine xD Dans les chiottes de la boite !!

  • RunningUp

    16/10/2015

    Visiteur wrote: "non..mais..quoi..pourquoi!!!!!!!!!!!!!????????"

    ahah je vois que tu as encore un peu de lecture devant toi encore ;)

  • Visiteur

    19/09/2015

    non..mais..quoi..pourquoi!!!!!!!!!!!!!????????

  • @Ihave5crush twitter

    26/07/2015

    NON, t'as pas le droit de les séparer. Ils sont raides dingue de l'autre de toute façon, ils tiendront pas une semaine. Ou alors ils vont se croiser sans faire exprès. Ils sont trop sex ptn dans la chambre *-* ! J'adore (jle dit trop souvent :/)

  • RunningUp

    27/03/2015

    Mend wrote: "Hiiii,
    Moi je suis bien contente qu'ils ne l'aient pas découvert, ça aurait été trop classique. Mais non ils vont pas arrêter, ils pourront pas hein? J'me rassure comme je peux haha :p
    Bisous xx
    "

    tu verras ça dans la suite :p

  • Mend

    27/03/2015

    Hiiii,
    Moi je suis bien contente qu'ils ne l'aient pas découvert, ça aurait été trop classique. Mais non ils vont pas arrêter, ils pourront pas hein? J'me rassure comme je peux haha :p
    Bisous xx

  • ThugLifeIsNotLasting

    06/03/2015

    D'accord ;)

  • RunningUp

    06/03/2015

    ThugLifeIsNotLasting wrote: "Oui haha, je me doute bien que tu vas changer :P
    Il reste combien de chapitres non publiés ? (:
    "

    ahah ça je dis pas, ça laisse plus de suspens sur ce que va etre la fin ;p

  • ThugLifeIsNotLasting

    06/03/2015

    Oui haha, je me doute bien que tu vas changer :P
    Il reste combien de chapitres non publiés ? (:

  • RunningUp

    06/03/2015

    ThugLifeIsNotLasting wrote: "Alors seulement aux questions qui ne me spoilent pas :P"

    oui bien sur ! c'était une blague pour le "roméo et juliette", ce serait trop simple si je prenais la même fin ! ahah :)

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