Chapitre cinq.

 
 
Chapitre cinq.

 
 

Louis Tomlinson
 
                J'ai fini par craquer. J'y suis retourné, sur le pont. Il n'était pas là. Alors, j'y suis retourné. Toutes les nuits. Jusqu'au soir où je l'ai aperçu.

 
Harry Styles
 
                Je marche en fredonnant les paroles de ma chanson. Je suis seul et je me sens bien. Ça faisait longtemps que je ne l'avais pas écoutée. J'ai les mains dans les poches et frissonne à cause du vent. On est au mois de mai, pourtant, j'ai l'impression d'être encore en plein hiver. Enfin, ce n'est pas tellement étonnant, en réalité. Il est quatre heures du matin. Je déambule dans les rues de Londres. Je viens de m'échapper de la soirée à Kendall. Je n'avais pas envie de rester. Pas envie de rentrer dormir avec Azoff . Alors, pendant qu'ils étaient tous les deux dans la cuisine en train de se faire un rail de coke, je me suis barré, comme ça, sans rien leur dire. J'ai éteint mon portable, je sais que j'aurais été harcelé toute la nuit, dans le cas contraire. Je profite de ma liberté retrouvée.
Azoff  est bizarre depuis ce baiser d'il y a deux semaines. Il me colle partout. Chaque sortie de lycée. Chaque soirée. Chaque week-end. J'étouffe. Je ne comprends même pas pourquoi je ne trouve pas la force de le rejeter. Peut-être parce qu'il m'a fait peur, la dernière fois, et que je n'ai pas envie que ça recommence. Peut-être que je suis devenu tellement une loque que je ne me sens plus capable de me défendre seul. Ou peut-être bien à cause de la coke, d'ailleurs.
C'est marrant quand j'y repense. J'ai tout ce que je veux dans la vie. Lui, il n'a rien. Hormis la seule chose que je ne peux pas avoir tout seul. Alors, on se maintient comme ça. Je lui donne du fric et ce que je suppose être de l'affection. Il me donne ma coke. C'est bancal comme relation. À notre image, je suppose. Je ne crois pas qu'on ait vraiment le droit à mieux. Pas avec nos vies. Du moins, pas avec ce qu'on a décidé d'en faire.
Je relève mon visage vers le pont de Westminster. La vue aurait pu m'apaiser, mais, à la place, je sens mon c½ur se contracter dans ma poitrine. Putain. Il est là. J'ai l'impression d'être dans un rêve. Est-il là pour moi ? Ça fait combien de temps qu'on ne s'est pas vus ? Au moins deux mois, pour sûr.
Je m'arrête avant de traverser. Tomlinson est sur l'autre rive. On est chacun de notre côté. On se tient l'un en face de l'autre, sans rien dire, en se regardant. Et je la trouve éc½urante, cette métaphore. Cette distance qui nous rappelle qu'on appartient à deux rives différentes. Et puis, il y a juste ce pont entre nous deux. Un pont qui ose prétendre qu'il est facile de les rejoindre, ces deux rives, ces deux côtés, ces deux mondes, comme si on n'avait qu'à traverser pour rendre les choses plus simples. Comme si tout se résumait à faire un pas l'un vers l'autre.
Mais, avant qu'on ne construise ce pont, est-ce qu'on leur a demandé, aux deux rives, si elles avaient envie de se rejoindre ? Est-ce qu'on leur a posé la question, à elles ? On leur a juste imposé un pont, un chemin qui les relie l'une à l'autre. Alors, les deux rives continuent de se regarder, de loin, mais elles savent désormais qu'elles ne peuvent plus exister l'une sans l'autre. Parce que ça n'a pas de sens, un pont qui ne mène nulle part.
Alors, c'est con, mais je me sens comme une de ces rives, qu'on a accrochée à une autre sans qu'elle ne le veuille. Et ce putain de pont de Westminster que j'ai toujours eu peur de sauter, maintenant, j'ai peur de le traverser.
Ma gorge se serre et j'enfonce mes mains un peu plus loin dans les poches de mon slim, sans vraiment savoir pourquoi, d'ailleurs. Pour les empêcher de trembler, peut-être.
Tomlinson est sous le réverbère et il est toujours monstrueusement beau. J'avance d'un pas. Parce qu'au plus profond de moi-même, je sais que je ne peux pas faire demi-tour, que je ne veux pas faire demi-tour. Il avance aussi. Lentement. Après un temps infini, on se retrouve enfin l'un en face de l'autre, pour de vrai. Si proche que je peux observer son visage. Ses yeux fermés à cause de la fatigue. Ses cheveux un peu plus longs qu'avant qui lui tombent sur le front. Sa veste en jean. Son slim serré. Ses lèvres tremblantes à cause du froid. Lui. Tout simplement.

— Pas un temps à sauter dans l'eau, hein ?

Je me réveille soudainement de ma torpeur. Il vient de m'adresser la parole.

— Pas non plus un temps pour traîner dehors, je rétorque, Qu'est-ce que tu fais ici ?
— J'avais besoin de prendre l'air. Et toi ?
— Je fuis.

Il sourit et je me surprends à être aussi sincère. En fait, ça fait du bien. Merde. J'en peux plus de porter tout ça, de vivre tout ça. Ne jamais mettre de mots dessus. Me promener en pleine nuit sur un foutu pont parce que je suis incapable d'ordonner mes pensées. Je ne veux plus les garder pour moi. Plus les ressentir. Plus les vivre. Alors, sans lui laisser le temps d'échapper à ce qui va suivre, les mots sortent de mes lèvres. Précipitamment. Sans cohérence. Juste parce que j'en ai besoin. Terriblement besoin. Et tant pis pour les conséquences.

— Je n'y arrive pas, Tomlinson, je n'y arrive plus. Tu... Toi, t'es... Je ne sais pas, merde. Je t'ai dit que tu rendais ma vie réelle et, maintenant que t'es parti, tu l'as rendue fausse. Tout est faux autour de moi, tout ce que je pense, tout ce que je dis, tout ce que je fais, tout est faux. Et j'en ai marre de prétendre que tout ça ne m'atteint pas parce que si, putain, ça m'atteint tellement. Ne plus te voir. Ne plus recevoir tes messages. Pourtant, tu n'existais pas avant. Je n'avais pas besoin de toi dans ma vie. Tu n'étais rien pour moi. Juste un pauvre type que je détestais. Tu n'étais RIEN, bordel ! En quelques mois, t'es devenu une saleté de quelque chose. Sans raison en plus, je veux dire, ce n'est pas comme si on se connaissait vraiment, nous deux. On s'est vus quoi, dix fois maximum ? Et, je sais qu'on n'a pas le droit, d'accord ? Que ce n'est pas bien et qu'on est morts si quelqu'un le découvre. Mais tu n'avais pas le droit non plus de débarquer dans ma vie, de devenir ce quelque chose et de repartir l'air de rien. Ça non plus, ce n'est pas bien. Tu n'as pas le droit de faire ça ! Personne n'a le droit de chambouler la vie des gens et de les laisser comme ça après. T'aurais au moins pu avoir le cran de disparaître.
— Mais je n'ai rien fait, bégaye-t-il, complètement pris au dépourvu.
— Tu étais dans ma tête, je le coupe, Tu ne l'as jamais quittée. Pourquoi t'es jamais parti de là ?
— C'est vraiment à moi que tu poses la question ?
— Je n'en sais rien, je ne sais plus, je soupire.

Je me recule et réalise soudainement la portée de mes mots. J'ai envie de me tuer. De me jeter du pont, maintenant. Putain. Je peux avoir l'air encore plus désespéré ou quoi ? Que je suis con, mon Dieu. Une vraie guimauve. Il ne m'a rien demandé, en plus. Si ça trouve, il passait juste par là, peut-être même qu'il m'avait déjà oublié.

— Styles ? Me coupe-t-il dans mes pensées.
— Hein ?
— Il y a un truc qu'on n'a jamais fini tous les deux.
— Parce qu'on a commencé un truc ? Je l'interroge, sans comprendre.
— Notre nuit ensemble, murmure-t-il, soudainement intimidé, On ne l'a pas finie.

Oh merde. Ça me fait un coup, brutalement.

— Euh, je bafouille, Tu veux... Genre... Retourner chez moi ?!
— Mon appartement est vide.

Merde. Je ne tiens presque plus sur mes jambes là. Putain, reste naturel Harry, reste naturel, bordel !

— Ouais, je réponds avec le moins d'enthousiasme que je trouve, Pourquoi pas.
— Tu viens alors ?

Je hausse des épaules. L'air de dire que ça m'indiffère totalement. Ce qui est complètement con vu ce que je viens de lui dire.

— Ma voiture n'est pas loin.

Mon Dieu. J'ai le c½ur qui bat à fond. Est-ce qu'on va vraiment le faire ? Ne pas parler des raisons pour lesquelles on ne doit plus se voir ? Prétendre qu'on est juste deux potes qui vont dormir ensemble ? Et genre... Est-ce qu'il veut vraiment dormir ? Plein de questions se bousculent dans ma tête et j'ai envie de trébucher à chacune d'entre elles. Mais je me retiens parce que je me suis déjà assez ridiculisé devant lui. J'essaie de me montrer le plus indifférent possible, j'essaie de cacher l'orchestre symphonique qui se joue à l'intérieur de moi.
On arrive à sa voiture. Je monte dedans, prétendant que c'est naturel et que je ne suis pas en train de faire la chose la plus stupide de toute ma vie. Il démarre. Il roule vite. Je crois que, lui aussi, est pressé de rentrer chez lui et d'éteindre la lumière. Pour que tout ceci ne soit plus aussi réel.
En dix minutes, on est stationnés devant son immeuble. On rejoint rapidement son immeuble. C'est marrant, mais j'ai l'impression de me souvenir de tout. Du vigile à l'allure peu affectueuse. De l'ascenseur. De son étage. De son appartement. Pourtant, je n'étais pas en très bon état quand j'y suis allé la première fois.
Tomlinson se dirige vers sa cuisine en retirant sa veste en jean qu'il balance sur le dossier de son canapé.

— Tu veux manger ?
— Non merci.
— T'as pris de la coke, ce soir ?
— Euh... Ouais.
— Tu ne me refais pas une crise ?

Bordel. J'en ai marre de passer pour un demeuré avec lui. Et puis, il n'a rien à me dire. Il pue l'alcool à des kilomètres.

— Non, c'est bon, je vais bien.
— Hum, commente-t-il.

Puis il se dirige vers sa salle de bains. Me laissant seul comme un con au milieu de son appartement. Mais qu'est-ce que je fais ici, au juste ? Je m'assois sur le canapé en soupirant. Mes mains sur mes cuisses. J'ai encore le temps de partir, au fond. Je n'en ai juste pas du tout envie.
Tomlinson réapparaît dans le salon quelques minutes plus tard avec des vêtements sous le bras. Il me les balance et je les réceptionne un peu maladroitement.

— Pourquoi ? J'interroge en observant le short de sport en tissu et le débardeur blanc qu'il vient de me lancer.
— Pyjama.
— Je peux dormir en caleçon.

Il s'arrête un instant avant de murmurer d'une voix clairement pas négociable:

— Hors de question.

J'observe les vêtements avant de remarquer que, lui aussi, s'est changé. Il porte un short noir plutôt court et qui laisse apparaître le haut de ses cuisses musclés. En haut, un tee-shirt gris légèrement abîmé et détendu, flotte sur son torse. Il passe une main dans ses cheveux qu'il ébouriffe au dessus de sa tête et part se chercher un médicament dans sa cuisine. Moi, je l'observe faire, sans bouger. Je l'observe mettre l'aspirine dans un verre d'eau. Je l'observe le faire tourner avec sa main pour bien mélanger la poudre à l'eau. Je l'observe le porter à ses lèvres. Avaler avec une grimace. Un peu d'eau coule à la commissure de ses lèvres et... Oh merde. Stop. Je suis au bord de l'érection, moi. Je me relève précipitamment puis me dirige presque en courant vers la salle de bains. Je referme la porte derrière moi avant de m'affaler sur le sol, le c½ur battant à fond dans ma poitrine. Mais qu'est-ce qu'il m'arrive, bordel ?
Je reste là, une dizaine de minutes. Assis sur le sol et le regard dans le vide. Je crois que je suis encore défoncé. Peut-être que tout ça est un pur délire sorti de mon imagination ? Peut-être que je dors ? Peut-être que je suis en réalité dans le lit de Azoff  ? Oh merde.
J'entends frapper contre la porte. On me murmure que c'est bien réel.

— Styles ? Interroge Tomlinson, Ne me dis pas que tu fais une overdose là-dedans parce que je te tue de mes propres mains si tu te loupes encore.

Ouais. Gros retour à la réalité.

— Non, je rétorque en me relevant, Je me change, c'est tout.
— Je vais me coucher, je suis crevé.
— Ok.

La lumière s'éteint derrière la porte et je me sens encore plus mal. Et si j'allais dormir dans la baignoire, plutôt ? Mon Dieu. Je le déteste de me foutre aussi mal à l'aise. Il ne pourrait pas m'aider ? Me dire de le rejoindre dans sa chambre, par exemple ? Enfin, ne pas me laisser comme ça à prendre la décision tout seul. En plus, je suis défoncé, je ne peux vraiment pas être cohérent cette nuit.
Bref. Je retire tous mes vêtements et enfile ceux qu'il m'a prêtés. Le short est un peu petit pour moi, mais il tient sur mes hanches et pas de soucis avec le débardeur. Bien. Première étape franchie.
Je me dirige vers le lavabo et asperge mon visage d'eau froide. Je repasse une main dans mes cheveux bouclés et, geste glamour, je me sens les aisselles. Ouais. Il faut bien que je vérifie que je ne pue pas la transpiration quand même. Avec toutes les émotions qu'il me provoque, l'autre con.
Je ramasse mes affaires par terre et les fous en boule dans un coin de la pièce, avant de réaliser que je ne trouve plus aucune raison de rester enfermé ici. Ah putain. Je le déteste. Mais pourquoi je suis venu chez lui ?
Je finis par sortir de la salle de bains. J'éteins la lumière. L'appartement est plongé dans l'obscurité, mais j'arrive quand même à apercevoir les objets car la lumière de la lune passe à travers les stores. Je me dirige d'abord vers le salon, pour vérifier qu'il ne m'a pas fait de lit sur le canapé. Rien du tout. J'avale ma salive avant d'essayer de me ressaisir. J'ai l'impression d'être ce genre de filles dans les films pour adolescents qui s'apprête à passer leur première fois et stresse avant de rejoindre le lit conjugal. Non, mais n'importe quoi. Je suis vraiment en train de péter un plomb. Je suis sûr que Tomlinson ne se pose pas autant de questions. Il m'a simplement vu errer sur le bord de route. Il a eu pitié. Il m'a proposé de dormir chez lui. Basta.
D'un pas décidé, je me dirige vers la chambre. Il est sous les couvertures. Il ne se retourne pas lorsque je m'allonge à mon tour, de l'autre côté du lit. Je glisse sous les draps et me recouvre. Tomlinson ne parle pas. Il ne bouge pas. J'ose à peine respirer. Mon Dieu. La situation est trop étrange. Il faut que je dise quelque chose. Il faut absolument que je dise quelque chose. N'importe quoi.

— Tomlinson ?
— Hum.
— Tu peux me refaire des bisous sur le ventre ?

Je m'arrête, offusqué par ma propre question. Quel abruti. Le silence est tellement pesant que j'entends ma dignité claquer la porte derrière elle. Mon Dieu, mais pourquoi est-ce que j'ai dit ça ? Je remonte le drap sur mon corps en feintant ne pas remarquer son regard interloqué dans mon dos. J'ai envie de mourir de honte. Et si je faisais semblant de dormir, genre, maintenant ? Il pourrait toujours m'en reparler demain matin et je n'aurais qu'à lui dire qu'il a rêvé.

— T'es sérieux ? Genre, t'as deux ans.

Trop tard. Je sens le rouge me monter aux joues. J'ai tellement honte. Je m'enfonce dans le matelas en remontant encore un peu plus le drap sur moi. Là, tout de suite, je voudrais m'assommer pour ne plus sentir le regard de Tomlinson dans mon dos. Je ferme les yeux et m'arrête presque de respirer, comme si je voulais absolument disparaître. Mais je sens une main se poser sur mon ventre et me retourner. Je suis sur le dos et préfère garder les yeux clos car je sens qu'il passe au-dessus de moi. Je n'ai pas envie de croiser son regard moqueur. Je m'attends à une blague, à une remarque salace, mais rien. Rien hormis sa main qui vient relever mon tee-shirt et ses lèvres qui se posent sur mon nombril. Je frissonne instantanément, comme si je venais de me faire électrocuter. Sauf que la sensation est bien trop bonne pour que ce soit le cas. Ses lèvres se pressent sur mon abdomen, effleurent ma peau et j'ai l'impression d'être pris de spasmes. Il remonte doucement jusqu'à ma poitrine, embrasse chaque recoin de peau et j'ai envie de pleurer tellement j'aime ça. Ses lèvres passent mon téton gauche et il l'embrasse avec tellement de douceur que mes yeux convulsent et mon dos se cambre. Et ça y est. J'ai déjà une érection.
Putain, comment il arrive à me faire ça aussi rapidement ? J'ai honte, tout d'un coup. On dirait un gamin en chaleur qu'on n'a jamais touché de sa vie. Mon Dieu, je voudrais mourir, mais cet abruti continue de presser ses lèvres sur ma peau. Il passe à mon deuxième téton et je me retiens de toutes mes forces de ne pas faire de bruit. Je ne sais même pas s'il se rend compte de l'effet qu'il me fait. Ses lèvres redescendent jusqu'à mon nombril, ses baisers se font plus intenses et la pression qu'il exerce sur mon corps me rend fou. Je veux plus. Je veux plus au point de me mordre la lèvre inférieure à m'en faire saigner. Mais je ne peux pas m'abaisser à le lui demander. Mon dos se cambre violemment lorsque ses lèvres effleurent de nouveau mon nombril. Et... bordel, il descend tout doucement. Je me sens gêné. C'est con, putain. En un réflexe débile, je pose ma main sur mon érection comme si je pensais sincèrement que ça allait la cacher. Connerie. Louis retire ma main brusquement et continue ses baisers. Il laisse échapper sa langue de temps en temps, je crois devenir fou. Il embrasse mes hanches, mordille la peau et je n'en peux plus. Il finit par embrasser mon érection, par dessus le tissu de mon short. Pas gentiment, non. Il presse ses lèvres et, là, je ne peux plus rien retenir. Un son plaintif s'échappe de mes lèvres tandis que je rêve d'arracher le vêtement qui sépare ses lèvres de ma peau. Il continue d'embrasser mon sexe, exerçant une légère pression qui m'envoie au paradis. Puis, Tomlinson finit par se relever et se met face à moi, un sourire fier sur le visage.

— A toi maintenant.
— Quoi moi ?
— A toi de faire quelque chose que je te demande.
— Dis-moi.

Il prend son temps. Je le vois se mordiller la joue puis il sourit, d'un air amusé.

— Embrasse-moi.
— Où ça ?

Ma question à l'air de l'étonner, au début. Puis il doit réaliser que ce n'est pas plus étrange qu'être un fétichiste du ventre donc il me répond naturellement:

— Sur les lèvres.

Je me crispe. Non, pas ça, jamais. Il le sait très bien, en plus, que je ne veux pas. On peut traîner ensemble dans des bars. On peut se chauffer pour rigoler. On peut s'envoyer des SMS. On peut se barrer à la plage en plein milieu de la nuit. On peut dormir à moitiés nus dans le même lit. Mais on ne peut pas s'embrasser. C'est trop important, ça signifie trop de chose. Il ne peut pas me demander de faire ça. Il n'a pas le droit.

— Ok, murmure-t-il, Laisse tomber.

Il se recouche, dos à moi. Le silence est encore plus gênant que tout à l'heure. Je suis essoufflé par ce qu'il vient de me faire et me sens con de lui avoir refusé sa demande. J'essaie de reprendre une respiration normale et mes yeux s'ancrent à son plafond. Il ne dit plus rien et moi non plus. Putain, je déteste cette situation. Tout était tellement bien. Pourquoi il a fallu qu'il me demande ça?

— Je n'aime pas embrasser, je m'explique.
— Pourquoi ? Interroge Tomlinson, sans pour autant bouger de sa position.
— Je ne sais pas, je murmure, Je n'aime pas, je crois, c'est tout.

Je marque une pause parce qu'il vient de se retourner vers moi pour me regarder et je continue, totalement absorbé par son visage :

— Franchement, je ne sais pas... Je ne trouve pas ça si... Enfin, genre... Non, je ne sais pas.
— Pourquoi tu regardes mes lèvres comme ça, alors ?
— J'essaie d'imaginer.
— Arrête d'imaginer.

Tomlinson se relève légèrement du lit et passe sa main gauche sous ma nuque. Le geste que j'attendais le plus au monde se pose sur mes lèvres. C'est chaud et humide à la fois. Doux et violent en même temps. Naturel et tellement insensé. Je suis aspiré, transporté, dévasté. J'ouvre ma bouche, presque avec désespoir. Il y glisse sa langue d'une tendresse à crever alors que nos lèvres se pressent l'une contre l'autre. Putain, comme c'est bon, comme je suis con d'avoir voulu refuser ça. Je lui en veux un peu aussi. Parce qu'il pourrait me le faire détester, ce baiser. Il pourrait me faire ressentir comme tous les autres, du dégoût et de l'ennui. Mais non. Pas lui. Lui, il ne fait jamais comme les autres. Il me fait apprécier ça, à dix milles lieux au-dessus de la Terre. Il m'embrasse comme si je le méritais. Ses lèvres sont douces contre les miennes. Je ne sais même pas comment il parvient à m'embrasser aussi calmement, comme s'il avait fait ce genre de trucs toute sa vie. Moi, j'ai envie de lui sauter dessus, de le toucher partout, de m'enfoncer dans son corps, m'allonger contre lui, le toucher -Bon Dieu- le toucher. Toutes ses pensées se bousculent dans ma tête, se bousculent les unes contre les autres à me rendre fou. Et je ne comprends pas ce qu'il fait. Pourquoi il est aussi doux ? Pourquoi il est aussi parfait ? Pourquoi tout ça est aussi bon? Pourquoi je crèverais pour que ça ne s'arrête jamais ?
Les mains de Tomlinson attrapent mes hanches et, en un geste brusque, il me colle à lui. On s'enfonce tous les deux contre le matelas. Lui en-dessous. Moi au-dessus. Torse contre torse. Bassin contre bassin. Mon érection repart de plus belle et il la sent car il sourit contre mes lèvres qu'il continue d'embrasser de la plus belle façon du monde. Il passe une main dans ma nuque et profite de ma gêne pour me retourner. Je suis en-dessous de lui maintenant et ça n'arrange pas ma situation. Putain, mais j'ai vraiment l'air d'un gamin pré-pubère. Ai-je déjà eu une telle érection pour un simple baiser ? Sans le contrôler, je referme mes jambes, j'en passe une par dessus l'autre pour calmer mon désir ardent. Je me tortille sous lui pour que mon bassin ne touche plus le sien.

— Putain, grommelle Tomlinson en s'écartant de mes lèvres, Tu pourrais arrêter tes conneries ?

Et, comme ça, il pose ses deux mains à l'intérieur de mes cuisses et les écarte un maximum afin de se loger à l'intérieur. Je crois mourir de plaisir. Il est tellement chaud sur moi qu'un soupir s'échappe de mes lèvres. Et lui, il les embrasse sans me laisser le temps de reprendre mon souffle. Il ondule du bassin contre mes hanches et mes doigts s'accrochent à son dos. Je la sens aussi, son érection. Alors, je nous trouve à égalité et je me laisse enfin aller. Je passe mes jambes derrière les siennes sans trop savoir où nous mènera cette position, mais c'est comme ça, j'ai besoin de le sentir partout sur moi. J'ai besoin de sa chaleur et -mon Dieu- comme j'ai besoin de ses lèvres.

— Embrasse-moi encore.

Je vois sa bouche s'entrouvrir légèrement et je pense qu'il voulait dire un truc du style: « Ah bah, tu vois, t'en fais des histoires pour rien, petit con » sauf que le temps nous manque à tous les deux et qu'il s'empresse de rejoindre nos lèvres de nouveau. C'est toujours aussi doux. Quoi qu'un tout petit peu plus brutal, plus sauvage, plus... Érotique, clairement. Parce que, là, on ne peut plus ignorer nos deux sexes qui se frottent l'un contre l'autre malgré nos shorts. Comme au bar, mais en mieux. Parce qu'il n'y a que nous. Moi et lui. Mon envie de le toucher est tellement puissante que je laisse enfin ma main se glisser à l'intérieur de son short. Un gémissement de plaisir s'échappe de ses lèvres au moment où j'effleure sa dureté et je le vois fermer les yeux en tremblant. Je suis fier d'avoir réussi à lui faire perdre son self-control, même pour quelques secondes.
Tomlinson approche ses lèvres de mon oreille et il murmure haletant :

— Est-ce que qu'on peut...
— Hum ?
— Est-ce qu'on peut faire l'amour ?

Je trouve ça touchant qu'il me pose la question. Parce que, concrètement, il faudrait être stupide pour ne pas comprendre que mon être lui supplie de me faire l'amour. J'embrasse sa mâchoire en murmurant des millions de « oui ». Je presse mes lèvres sur chaque parcelle de peau que je trouve, jusqu'à ce qu'il m'en prive au moment où il retire son tee-shirt. Alors, j'en profite pour retirer le mien aussi et nos deux torses nus se rencontrent. On est déjà collés l'un à l'autre à cause de la sueur et j'adore ça. Tomlinson m'embrasse dans la nuque, il mordille ma peau, tout en continuant d'onduler contre mon bassin. Puis, il remonte une de ses mains dans mes cheveux, parcoure mes boucles brunes, avant de dégager celles qui me tombent sur le front. Enfin, il me fait basculer sur lui avant de murmurer :

— Tu te souviens ? Notre « incompatibilité ».
— Oh.

Je me laisse retomber contre son torse et je ne sais pas quoi lui répondre de plus.

— Tu n'aimes pas ça ? M'interroge-t-il, Prendre ?

Je suis allongé sur lui, mais je n'ose pas le regarder dans les yeux. Avec mon doigt, je trace des arabesques sur sa peau.

— Ce n'est pas grave, continue-t-il, glissant sa main le long de mon dos, Fais-le toi. Ce n'est pas grave. Je m'en fous de ne pas dominer. Je disais ça pour t'embêter.
— Non, ce n'est pas ça, c'est juste... Enfin, rien... Ce n'est pas important.

Je me mets à cafouiller. Et puis, pourquoi on a cette discussion, déjà ? On ne faisait pas quelque chose de beaucoup plus intéressant, il y a quelques secondes ?

— Qu'est-ce qu'il y a ?
— On est obligés d'en parler maintenant ?

Ma question est cassante et je le sens se raidir. Alors, il attrape mes épaules et me fait tourner sur le côté. Je tombe sur le matelas et Tomlinson passe au-dessus de moi. Il plonge ses putains d'yeux bleus dans les miens et pose ses mains de part et d'autre de mon visage.

— Raconte.
— Ce n'est pas le moment.
— Si c'est en rapport avec ce qu'on s'apprête à faire alors si, avant, c'est le moment.

Je pose mes mains sur sa poitrine et le repousse, assez violemment, je le reconnais. Mais il commence à m'énerver avec ses questions alors je lâche sèchement en me relevant du lit :

— T'es relou là. Je me casse.
— Dans tes rêves, réplique-t-il en se plantant devant moi.
— Mais fous-moi la paix ! T'es pas mon psy !
— Je m'en fous de ton psy ! Se met-il à crier à son tour, La seule chose qui me préoccupe c'est qu'il y a un truc que tu ne veux pas me dire et qui vient de gâcher ce moment que j'attends depuis des semaines !
— C'est toi qui viens de le gâcher, je te rappelle.
— Styles.

Je pousse un soupir, mais je vois qu'il insiste et ça me fait chier. En réalité, ça ne me fait pas chier de lui raconter, ça me fait juste chier parce que, sans le vouloir, cette histoire a pris des proportions énormes et il va encore croire que je fais des caprices pour rien. Alors, je réponds brièvement avant que je ne m'enfonce encore plus :

— J'ai perdu ma virginité dans les toilettes d'un bar à quinze ans avec un mec de trente.
— Et tu le voulais bien ?
— Non... Enfin, si. Non, je ne me suis pas fait violer.

Il fronce des sourcils. Il ne comprend pas. D'ailleurs, moi non plus.

— Oh je ne sais plus, j'ajoute finalement, C'était la première fois que je prenais de la coke et je n'avais pas les idées claires. Le fait est qu'il m'a baisé... Juste... Salement, tu vois. Et ça m'a fait tellement mal. C'était... Horrible. Et, voilà putain, ça me saoule, pourquoi tu voulais que je te raconte ça ? J'en ai marre de passer pour un gamin avec toi.
— Je ne vois pas pourquoi je te prendrais pour un gamin.
— Oh, mais parce que... « La pauvre petite chose traumatisée de sa première fois ». C'est cliché.
— T'es un cliché tout entier, Styles. Et c'est... Complètement perturbant.

Je ne sais même pas si ça me soulage. « Perturbant », ce n'est pas très sympa comme adjectif, non ? Ça fait un peu le mec bizarre qu'on préfère ne pas approcher. Celui qui va péter un plomb un beau jour et se ramener avec une arme dans son lycée pour tout faire péter.

— Styles ? reprend-il, ce qui me sort brutalement de mes pensées.
— Quoi ?
— On fait ce que tu as envie de faire.

Ce que j'ai envie de faire ? Le bouffer, oui. Putain, il est tellement adorable, ce mec. Ça me tue un peu plus chaque fois. Pourquoi est-ce qu'il ne se comporte pas comme un connard ? Pourquoi est-ce qu'il ne me vire pas de chez lui ?

— Qu'est-ce que tu as envie de faire ? M'interroge-t-il.

Je l'ai bien vu, son mouvement de rapprochement discret, comme s'il avait peur de me brusquer. Voila, maintenant, il me prend pour un traumatisé du sexe, génial.

— Je ne sais pas, je réponds d'un haussement d'épaules, Je pourrais peut-être partir. C'est ce que font les gens quand ils ne baisent pas, non ? Ils repartent chez eux ?
— Ou je pourrais peut-être t'embrasser ? Propose-t-il d'un air faussement innocent, Tu pourrais peut-être rester dormir ? Parce qu'on s'en branle nous, des gens, de ce qu'ils font ou de ce qu'ils ne font pas. Non ?
— Je ne sais pas, je répète, Ouais... Peut-être. Mais genre, enfin, ça ne te fait pas chier qu'on ne baise pas ? Je veux dire, je ne voulais pas tout gâcher.
— T'es de la vielle école ou quoi ?
— Pourquoi tu dis ça ? Je me vexe.
— Il n'y a pas qu'une façon de baiser, Styles, sérieux !
— Ouais les préliminaires tout ça, je connais, je réponds vaguement, Enfin ce n'est pas vraiment baiser, quand même.
— Tu paries ? Il m'interroge d'un haussement de sourcils.

 


Louis Tomlinson
 
                Il est beau à en crever. Je crois que la constatation me fait mal aux yeux, au corps et au c½ur. Je n'arrive plus à me détacher de son regard. Parce que, pour la première fois depuis longtemps, j'ai l'impression qu'il n'a rien à cacher. Moi non plus, je n'ai rien à cacher. J'en ai marre de prétendre qu'il me laisse indifférent. Il n'y a pas une seule infime partie de lui qui me rend indifférent. Je crois que tout m'attire chez lui, même les mauvais côtés. Sa dépression, ses crises d'angoisse, son arrogance, son dédain, sa faiblesse, ses peurs, sa mégalomanie. Et son corps, je n'en parle même pas.
Je m'approche doucement de lui et dépose mes lèvres sur les siennes. Il se laisse faire. Il ne doit pas détester ça autant qu'il le prétend, finalement. J'entrouvre mes lèvres pour partir à la recherche de sa langue. Nos doigts se lient ensemble. Notre respiration s'harmonise l'une à l'autre. Tout est trop bon et trop parfait à la fois. Je n'ai plus envie de penser. Juste d'agir.

— Viens, je souffle en m'écartant légèrement de ses lèvres.

J'aime le son plaintif qui sort des siennes lorsqu'elles se séparent.

— Je ne sais pas si...
— Arrête, je le coupe, passant une main dans sa nuque pour l'attirer un peu plus à moi.
— Arrête quoi ? De parler ?
— De penser, je réplique en l'embrassant furtivement sur les lèvres, Mais je t'autorise à me dire tout ce qui te passe par l'esprit.
— Tu es sûr de toi ? Argue-t-il en se laissant mener vers mon lit, Tu sais que c'est Bagdad dans ma tête.

On s'affale tous les deux sur le matelas. Enfin, on « s'affale » parce que je l'ai tiré à moi violemment. Parce que je n'en peux plus d'attendre et que j'ai besoin de le coller à mon corps. J'attrape la couette à nos pieds et nous recouvre tous les deux. Même si je n'ai plus envie de mentir, le besoin est toujours là, le besoin de se cacher, de disparaître. Juste pour cette nuit. Juste pour notre nuit.

— Je veux entendre tes pensées, je murmure en me collant à lui, Je veux tout entendre. T'es un putain de mystère, Styles.
— Et toi, tu me fais un putain d'effet, réplique-t-il, Alors pour la discussion, on repassera, je t'en prie.
— Tu as raison. On a autre chose de plus important à faire.
— Comme quoi ? Me taquine-t-il en susurrant contre mes lèvres.
— Te faire découvrir le sexe sans pénétration, par exemple. Je peux te faire l'amour toute la nuit dans ces conditions.
— Sauf que ce n'est pas du sexe, précise-t-il brièvement, Juste des petites... Gâteries ? Propose-t-il ensuite, d'un air narquois.

Je souris en l'embrassant. Qu'est-ce qu'il peut être con, parfois. Mais je crois surtout qu'il me provoque. Il me pousse à lui donner tort et, au final, c'est lui qui en profite. Ce mec est un manipulateur né. Mais je m'en fous un peu, en réalité. Parce que j'ai tellement envie de son corps que j'en profite à ma manière aussi.

— Soit, je murmure doucement contre ses lèvres. 
 
 
Puis je les embrasse, chastement. Pour l'énerver, je crois. Il grommelle contre ma bouche et je glisse mes lèvres le long de sa mâchoire, parcellant sa peau de légers baisers humides, pour finir dans son cou. Je commence à suçoter la peau tandis qu'il se raidit contre ma cuisse. Après avoir laissé ma marque, je continue mes baisers le long de ses clavicules alors que je l'entends souffler contre mon cou.


— Tomlinson, je crois que tu confonds « plaisir » et « torture », là.
— Et toi, tu confonds « patience » et « précipitation », je réplique en lui happant les lèvres pour le faire taire.


Je continue mes baisers dans son cou. Je descends lentement. Sa poitrine. Ses tétons que je mordille légèrement tandis qu'il m'insulte d'une voix étouffée. L'intérieur de son bras. Son biceps. Son coude. Ces cicatrices. Les miennes, en quelque sorte. Je les embrasse avec douceur, comme pour réparer mon erreur. Il frissonne. Puis son abdomen. Cette peau lisse et blanche qui me rend fou. Son nombril. Ses hanches. Je descends de nouveau. Son sexe gonflé et tendu sous le tissu de son short. Je déteste faire ça, à la base. Sucer. Je n'ai jamais vraiment compris le principe de donner du plaisir à quelqu'un sans en recevoir. Mais, avec Styles, ça fait longtemps que j'ai arrêté d'essayer de comprendre. Comprendre pourquoi j'en ai autant envie alors que ça ne m'a jamais effleuré l'esprit avec les autres.
J'attrape l'élastique de son short et retire le vêtement tout doucement. Son sexe dur se libère finalement contre son ventre et je l'observe avec un mélange d'émerveillement et de désir.
Styles grommelle quelque chose que je ne comprends pas et je vois ses mains attraper les draps pour les serrer dans ses poings. Je trouve ça adorable. Sans trop savoir pourquoi.
Mais je n'en ai pas encore fini avec lui. Je lui retire son short complètement puis me replace entre ses jambes. J'embrasse l'intérieur de sa cuisse droite, tout en remontant doucement vers son aine. Mais, à l'instant où j'arrive à son sexe, je repars sur le côté gauche pour effectuer le même rituel.


— Putain Tomlinson, grogne-t-il, Tu veux me faire jouir avant de m'avoir touché ? C'est ça ta définition de la baise sans pénétration ? Parce que, franchement, c'est juste...


Je viens de poser mes lèvres sur son gland et sens sur ma langue du liquide pré-séminal. Je suis accueilli par un coup de hanche vers l'avant et j'enfonce son sexe dans ma bouche en réaction. Je me surprends réellement à adorer ça. La sensation de sa peau sur mes lèvres, son sexe gonflé contre mon palais et les râles de plaisir qui s'échappe de sa gorge. Je commence à le sucer, faisant des mouvements de va-et-vient.
Je sens ses mains se perdre dans mes cheveux et il tire sur quelques mèches en soupirant. Mes mains à moi viennent agripper ses hanches comme pour accompagner le mouvement de son bassin. Mon Dieu, je pourrais jouir moi-même juste en le sentant faire ça. Se raidir de plus en plus. Pousser de plus en plus. Soupirer de plus en plus. Et merde.
Je m'éloigne de son sexe en un ploc humide. Je suis tellement excité que je suis incapable de terminer le travail. Pas dans ces conditions.
Styles continue d'haleter, malgré la perte, et je sens qu'il va bientôt venir alors j'en profite. Je baisse brusquement mon short et mon érection se libère. Je me colle à son corps, posant mes lèvres sur les siennes avec le même désespoir de mon sexe se frottant au sien.
Il enroule son bras dans le bas de mon dos, accentuant nos frottements l'un contre l'autre, alors qu'on continue de s'embrasser comme si plus rien n'avait de sens. C'est tellement fort que je n'ai aucun mot qui me vient. Je me sens juste submergé par tout ça. Par ce désir. Cette envie. Ce besoin.


— Je vais jouir, halète Styles entre deux baisers, Touche-moi... Touche-moi.


Ce sont presque des supplications à mon oreille. Je descends ma main le long de son corps et englobe son sexe avec ma paume. J'ai à peine le temps de la mouvoir que je le sens trembler à mon contact alors que du liquide chaud finit par se répandre sur mes doigts. Des larmes s'échappent des yeux de Styles tandis que je l'entends soupirer des « putain, putain, putain ».
J'entreprends de me branler moi-même parce que, là, je n'ai plus le putain de cran de l'entendre frémir comme ça. Ma main est collante de son sperme, mais cela rend les mouvements de va-et-vient plus rapides et efficaces. Je me caresse en l'observant descendre de son orgasme parce que, merde quoi, c'est peut-être la chose la plus excitante que je n'ai jamais vue de ma vie. Du moins, jusqu'à ce que Styles se rende compte de ce que je suis en train de faire, sans lui.
Il retire ma main brusquement et me fait tomber sur le matelas. Je n'ai même pas le temps de réaliser ce qu'il se passe qu'il englobe mon sexe avec ses lèvres. Il suce doucement mon muscle tendu au maximum et je crois que les dernières pensées cohérentes dans mon esprit s'évaporent complètement. Je suis seulement capable de gémir et de glisser mes mains dans ses boucles brunes. Et puis, je deviens si proche de la jouissance que je ne sais même pas où je trouve la force de murmurer :


— Retire-toi, je vais... je vais... Styles ! Retire-toi ! Putain. Là, je vais vraiment. Je. Oh. Putain.


Je lâche tout. Je me laisse emporter par ses lèvres. Par tout ça. Je ferme les yeux et je le sens avaler. Lentement. Alors qu'il continue de me lécher.


— T'es tellement... Bon.
— Quoi ? Je bafouille, pas tout à fait remis de mon orgasme, T'es dégueu mec.
— Tu m'as dit que je pouvais dire tout ce qui me passait par la tête.
— Le goût de mon sperme, entre autres ? J'ironise.
— Entre autres, me confirme-t-il, se relevant pour arriver à ma hauteur.


Nos lèvres se rejoignent. Comme si c'était un putain de geste naturel qui avait toujours existé. Puis il se retire pour s'allonger à côté de moi. Styles sourit. Il s'étire de tout son long et je pourrais m'évanouir à cette vision. À ses muscles tendus et l'odeur qui émane de son corps brûlant.


— J'attends, murmure-t-il.
— Tu attends quoi ?
— Il me semble que tu m'as promis une nuit, pas une minute.


Je ne peux m'empêcher de pouffer de rire avant de plaquer mes lèvres contre les siennes. Nos deux corps se rejoignent naturellement. Une de mes jambes se glisse entre les siennes. Ma cuisse effleure son sexe encore chaud. Mes mains descendent dans son dos tandis que mes lèvres ne cessent d'embrasser les siennes. Je suis bien. Je suis tellement bien. Je ne me suis pas senti aussi moi-même depuis des années. Je caresse sa peau et j'aime la légère couche de sueur qui glisse entre mes doigts. J'inspire son odeur et me sens submerger par la fatigue, d'un seul coup. Je ralentis mes caresses. J'effleure sa peau, tout doucement, du bout des doigts, et mes lèvres ne quittent pas les siennes. Il soupire contre ma peau. On reste ainsi, de longues minutes, à seulement se caresser. Enfin moi, surtout. Je le caresse, j'embrasse sa peau, je murmure à son oreille combien j'aime ça. Mais Styles est plus timide. Ça m'étonne presque. Parce qu'au final, c'est lui qui m'a demandé de continuer, mais là, on dirait juste qu'il a peur. Il m'embrasse, bien sûr. Mais ses bras restent le long de son corps. Ses jambes se meuvent à peine contre les miennes. Je sens que ses lèvres se font moins oppressantes.


— Hey, je murmure dans son oreille, N'oublie pas, on fait ce que tu veux. Je ne te forcerai jamais. Dis-moi si tu veux qu'on s'arrête.
— Non, non. Je...
— Dis-moi.


Je m'arrête de l'embrasser et me relève légèrement pour avoir son visage en face de moi. Je veux qu'il me dise la vérité. Et, à la façon dont il me regarde, je comprends que c'est ce qu'il s'apprête à faire.


— C'est juste, murmure-t-il, Je ne comprends pas ce que tu fais.
— Ce que je fais ? Je répète, incrédule.
— M'embrasser comme ça. Me caresser comme ça. Faire tout ça.
— Qu'est-ce que tu veux dire par « ça » ?


Ses yeux se voilent légèrement. Et merde, j'aimerais comprendre.


— Je te fais mal ? Je murmure, d'une voix peu assurée.
— Mais non, souffle-t-il, visiblement exaspéré que je ne comprenne pas.
— Dis-moi Styles.
— Je n'aime pas parler de ça.
— Je ne comprends rien. Explique-moi. Qu'est-ce que tu veux dire par « ça »?


Silence.


— Styles ?
— Tendrement, finit-il par lâcher, à contrec½ur.


Là, c'est le mien qui s'arrête de battre. Tendrement. Bien-sûr que je fais ça tendrement. J'ai passé l'âge du « baiser pour baiser ». Pourtant, ce n'est pas faute d'en avoir profité pendant de longues années. Mais, je ne sais pas, ça ne m'intéresse plus maintenant. Il y a tellement de bonnes sensations à vivre avec le sexe. Ceux qui brûlent les étapes ne vivent pas la moitié de ce qu'ils pourraient vivre. Ça m'étonne à peine que Styles fasse partie de cette catégorie-là. Je n'ai pas vraiment l'impression qu'il sache profiter de quoi que ce soit. Comme un gamin pourri gâté, en fait, il attend que les choses lui tombent dans les mains, tout de suite et sans même en avoir envie.


— Tu n'aimes pas ça ? Je l'interroge, passant une main dans ses cheveux bouclés.
— Bien sûr que si, idiot.
— Alors pourquoi tu as aussi peur de te laisser aller ?
— Parce qu'on n'a pas le droit.


Je sais. Mais, bon Dieu, qu'est-ce qu'on en a à battre, au fond ?


— Tu veux que j'arrête ?
— Tu devrais arrêter.
— Tu le veux ? Je répète.


Styles reste silencieux. Sa respiration devient plus douce, plus calme, tandis que son regard se pose sur mes lèvres. J'y passe ma langue sans m'en rendre compte. Pas pour le provoquer, mais juste parce que la vue de sa bouche me fait penser que la mienne est en manque de ses baisers.


— Comment pourrais-je ne pas le vouloir ? M'interroge-t-il finalement, Personne ne m'a jamais regardé comme tu le fais. Personne ne m'a jamais embrassé comme tu le fais. Personne.
— Alors laisse-moi faire, je le coupe en l'embrassant, Et je t'en supplie... Laisse-toi faire. Laisse-toi aller. J'ai besoin que tu le veuilles aussi.
— Bien sûr que je le veux.


Cette fois, il prend l'initiative. Ses lèvres se plaquent sur les miennes plus sauvagement et son bassin vient rencontrer le mien. On est encore nus et mon érection repart à l'instant ou je le sens se mouvoir contre moi. Mes mains se glissent dans son dos. Je touche tout ce que je peux, j'embrasse tout ce que je peux. Parce que ce mec me rend fou et que j'aimerais que cette nuit ne se termine jamais.
Le corps de Styles se détend de plus en plus. Il ne se retient plus comme tout à l'heure. Il laisse ses soupirs s'échapper de ses lèvres, il laisse ses mains me toucher, me caresser. Il laisse sa bouche sucer ma peau brûlante. Dans les meilleurs moments de la nuit, il laisse sa main glisser jusqu'à mon sexe. Moi aussi. Mais on ne se fait pas jouir. On préfère rester comme ça. Juste à s'embrasser sous ma couverture. Je n'ai pas envie de réfléchir à ce que je suis en train de faire. Je n'ai plus envie de réfléchir. J'ai déjà trop pensé.
Ma main descend le long du dos de Styles. Il est en train de m'embrasser dans le cou. Mes doigts effleurent ses fesses. Sa peau est brûlante. Mon Dieu. J'ai tellement envie... Mon index glisse lentement vers son anus. Je caresse sa peau à l'orifice et il gémit doucement.


— Styles, je souffle contre sa peau, malgré ma respiration saccadée, Je... Est-ce que, est-ce que je peux...
— Oui.


C'était un « oui » hésitant. Je ne sais pas vraiment ce qu'il veut. S'il hésite. S'il a peur. S'il en a envie. Mon doigt continue de caresser sa peau à cet endroit là. Tout doucement. Il gémit encore.


— Oui, répète-t-il plus durement.


Je relève ma main et porte mon index à ma bouche pour l'humidifier. Je le salive sous le regard de Styles puis repars à la recherche de son anus. Je caresse ses fesses tendrement, pour le détendre, puis j'enfonce finalement mon index à l'intérieur de lui. Il souffle doucement contre ma peau et moi, je savoure la chaleur autour de mon doigt. Je finis par le mouvoir lentement, peut-être trop lentement pour ma résistance. Mon désir est si fort à cet instant que j'ai l'impression de perdre les pédales. Je plaque mes lèvres sur celles de Styles, puis je glisse ma bouche tout le long de sa mâchoire, effleurant sa peau. Les soupirs qui s'échappent de ses lèvres sont une douce mélodie à mon oreille et je plonge dans son cou, enfonçant un deuxième doigt à l'intérieur de lui. Je sens Styles se crisper soudainement contre moi.


— Ça ne va pas ? Je demande, immédiatement.
— Arrête. Enlève-les.


Je le fais, presque brusquement tant je suis déstabilisé par l'urgence que j'entends dans sa voix.


— Merde, je t'ai fait mal ?


Je passe mon autre main sous son menton pour qu'il relève son visage vers moi et je continue :


— Je suis désolé. Je me suis laissé emporter. Excuse-moi, vraiment.
— Non, m'arrête-t-il en venant embrasser mon épaule, Non, ce n'est pas toi. C'est de ma faute. C'est juste... Ça me rappelle... Laisse tomber, ok ? Pas grave. On n'en parle plus.
— Je suis désolé, je répète, Excuse-moi.
— Arrête de dire ça, souffle-t-il avec un demi sourire, Embrasse-moi.


Je le fais, bien sûr, parce que ça ne se refuse pas. Mais il y a quelque chose en moins. Je crois qu'on est tous les deux morts de fatigue. Je crois qu'on a envie d'autre chose.


— Hey, je murmure en me détachant, difficilement, de ses lèvres, J'ai envie qu'on parle.
— De quoi ?
— De tout. De nous. De notre famille. J'ai envie... De te connaître vraiment.


Il sourit puis s'allonge plus confortablement sur le matelas, la tête calée sur mon oreiller. Nos visages sont l'un en face de l'autre et je sens son souffle se répandre sur ma peau. Ma main glisse jusqu'à sa hanche et je caresse doucement le haut de ses cuisses. Sa voix endormie murmure contre ma bouche :


— Tu as peur ? De reprendre la société ?
— Terriblement.


Ma main descend et remonte lentement le long de ses hanches. Il frissonne.


— Gemma a peur ? Je lui demande.
— Je crois, oui.
— Est-ce qu'elle a un copain ?
— Tu veux chopper ma s½ur ?


Je crois qu'il voulait dire ça d'une manière choquée, mais il est tellement fatigué qu'il finit par poser la question telle quelle, sans aucune intonation de voix. Alors, je ne prends même pas la peine de lui répondre, parce que c'est probablement la chose la plus dégoutante que je n'ai jamais entendu de toute ma vie.
Je reprends :


— Je me demandais juste si... Elle traversait ça toute seule.
— Je suis là, moi.
— Ce n'est pas pareil.
— Toi, tu le traverses tout seul ?
— Ouais. Mes cousins sont là mais... Ils ne peuvent pas comprendre.
— Parle-moi d'eux.
— Vraiment ? Je m'étonne.
— Je veux voir comment ils sont dans tes yeux. Pas dans ceux de ma famille.


Je presse un peu plus ma main contre la peau de sa hanche. Parce que, putain, j'aime tellement qu'il me dise ça.


— Isaac est comme mon meilleur ami, je murmure en enfonçant à mon tour la tête dans l'oreiller, C'est le fils de Jackson, le nouveau mari de ma tante et donc le demi-frère de Zayn et Waliyha. Il est... Génial. Toujours présent pour moi. Mon seul véritable soutien dans la famille. C'est vraiment une personne bien.
— Il m'a brûlé le bras avec une cigarette, précise Styles.


Mais, étrangement, je ne sens aucune colère dans sa voix. Comme s'il y avait déjà tellement de points des deux côtés que ça en devenait inutile de revenir dessus.


— Il devient fou quand on touche à Zayn. C'est son frère. Gemma ferait tout pour te protéger aussi.
— Je sais.


Je pose mes lèvres sur les siennes. Délicatement. Juste parce que ça m'avait manqué.


— Zayn ressemble à Perrie, je reprends, Enfin, à ce que j'ai cru comprendre. Il est têtu, stupidement amoureux et plutôt égoïste.
— Et les autres ? Il m'interroge.
— Aiden et Stan sont en colère. Je veux dire, continuellement, depuis le viol d'Eleanor. Ils croient, qu'un jour, ils auront une vraie vengeance. Une de celle assez forte pour les soulager complètement. Mais ils ne la trouvent pas. Et plus ils enchaînent les conneries, moins ils trouvent la paix.
— Eleanor ? M'interroge-t-il timidement.
— Elle souffre, mais en silence. Parce qu'elle culpabilise d'avoir mis ses frères dans cet état. Elle pense que c'est de sa faute.
— C'est stupide.


J'approuve d'un geste de la tête puis je continue, les doigts de Styles parcourant doucement la peau de mon torse :


— Mais c'est la douleur de Lottie qui est la pire. Elle a tout vu, tu sais.
— Oui, je sais.
— Elle se mutile, des fois, j'ajoute d'une voix étranglée, Je ne sais pas quoi faire pour l'aider.


Styles ne répond pas. Qu'est-ce qu'il y a à répondre, de toute façon ? Ses doigts remontent doucement jusqu'à ma poitrine et j'attrape sa main pour embrasser sa paume.


— A toi maintenant, je murmure en déposant de nouveau mes lèvres sur la peau de son poignet, Parle-moi de ta famille.
— Liam est mon meilleur ami. Il va bientôt partir en Chine avec son frère.
— Pourquoi ?
— Pour rejoindre ses parents. Ils ont une filiale de notre banque, là-bas.
— Tu ne veux pas qu'il parte ?
— Non, il souffle doucement, ses yeux se fermant presque, Non.
— Je suis désolé pour toi.


Il avale sa salive, rouvre les yeux pour se concentrer de nouveau sur la conversation, puis enchaîne en luttant contre le sommeil :


— Niall. Enfin, tu l'as entendu toi-même. Il est comme ça maintenant. Juste, malheureux. Perrie essaie de le faire sourire. C'est la seule qui y arrive dans la famille ... Et Liam aussi, un peu. Parce qu'il est parfait Liam. Il sait toujours quoi faire, il sait toujours quoi dire.
— Et Gemma ? Je demande.


Un sourire éclaire son visage.


— Je sais que tu ne l'aimes pas, Tomlinson, et je sais aussi qu'elle a des défauts. Mais, tout ça, elle le fait pour nous et rien que pour nous. Elle est tellement forte. Il n'y a aucun mot qui pourrait décrire cela.


Je me tais. Parce que, évidemment, je trouve qu'elle est tout sauf ça, cette fille. Mais je ne dis rien. Parce qu'il n'a pas envie de l'entendre. Parce qu'il n'a pas envie de me croire. J'avance mes lèvres vers son front et dépose un baiser à cet endroit. Puis ma main glisse le long de ses cotes. Arrivé à sa hanche, je le tire à moi pour le coller à mon corps et Styles s'écrase en un bruit satisfait. Mes lèvres retrouvent les siennes même si je sais qu'on ferait mieux de dormir. Il est crevé, je le sens, mais il continue de m'embrasser alors je suis incapable de m'arrêter. Nos mains repartent à la recherche de nos corps. Notre respiration s'accélère et ne devient plus qu'un bruit rauque indéfinissable. Nos peaux deviennent brûlantes de désir.
Une sonnerie stridente. Putain. Je me détache à regret de ses lèvres pour éteindre mon réveil en soupirant. Il est six heures trente. Le jour commence à se lever.


— C'est quoi ça ? Grommelle Styles en se laissant tomber sur le dos.
— Un réveil, chéri.


Je voulais me foutre de sa gueule, mais l'utilisation de ce surnom nous met tous les deux mal à l'aise donc j'enchaîne rapidement, l'air de rien :


— Je dois aller bosser.
— Un dimanche ? Il s'exclame, d'une voix étranglée par la fatigue.
— Bienvenue dans mon monde, j'ironise.


Je me laisse retomber sur mon lit en soupirant tandis que Styles remonte la couverture jusqu'à son cou, fermant les yeux.


— Euh... Tu fais quoi, là ? Je l'interroge perplexe, T'as capté qu'on devait partir ?
— J'ai capté que tu devais partir, il me répond, les yeux toujours fermés.
— Et toi, tu vas faire quoi tout seul ici ? Tu ne peux pas sortir sans moi dans un quartier Tomlinson. Il faut que je te dépose autre part en voiture.
— Hum.
— Styles ?


Il ne répond pas. Un sourire satisfait sur le visage.


— Oh sérieux ne fais pas le gamin ! Je m'exclame, On part dans une heure. Je vais faire à manger.


Je me lève du lit en faisant exprès de tirer sur la couverture, mais ce con l'a bien accrochée dans sa poigne et il reste couvert de la tête au pied. Je soupire en me dirigeant vers ma cuisine jusqu'à ce que sa voix endormie m'interrompe :


— Tu rentres à quelle heure ce soir ?
— Dix-neuf heures.
— Je peux t'attendre. Tu me ramèneras à ce moment-là.
— Quoi ? Je m'exclame, hébété, T'es taré ! Tu ne vas pas rester enfermé ici toute la journée !
— T'as la télé ?
— Bah oui.
— C'est bon.
— Mais tu n'as pas des trucs à faire ? Des parents ? Enfin, je ne sais pas, une vie quoi ?


Il ne me répond plus, toujours emmitouflé dans la couette. D'un coup, la conversation de cette nuit sur le pont me revient en mémoire. J'avance doucement vers lui et m'agenouille près du lit pour me retrouver à sa hauteur.


— Tu fuyais, je murmure, Tu fuyais qui ?
 
Aucune réponse.


— Tu ne veux pas dormir ici. Tu veux juste te cacher.


Cette fois, je n'ai pas besoin de mots de sa part car le regard qu'il me lance est assez explicite. Je ne sais même pas si j'ai envie de comprendre.


— Ok, je souffle, De toute façon, tu as mon numéro, si besoin.


Je me relève pour rejoindre ma cuisine, mais la main de Styles m'attrape soudainement le poignet.


— Tomlinson ?
— Oui ?
— Tu pars dans combien de temps ?
— Une heure, je réponds.
— T'as besoin d'une heure pour te préparer ?


Mon Dieu. J'ai envie de rire tellement il me rend fou.


— Non, je finis par lâcher en montant sur lui, Pas vraiment.


Il sourit et attrape mon visage entre ses deux mains pour m'embrasser. Je me laisse tomber contre lui, mais la couverture nous sépare et je trouve ça totalement insupportable. Alors, je tire dessus et la repousse au pied du lit. Il me regarde faire, un sourire amusé aux lèvres. Lèvres que je m'empresse d'embrasser. Je cale ma main dans sa nuque et lui vient effleurer ma joue avec la sienne.
Je crois que je ne me suis jamais senti aussi vivant que maintenant.
 
 
Chapitre cinq.

 
 
 
<< Cause your sex takes me to paradise >>
*
*
____________________
.
Hey, chapitre le plus long du monde !!!!!!!
Ahah j'espère au moins que ça vous a plu :) 
Je suis dans une période d'exams la semaine prochaine 
(et oui ça arrive aussi en Erasmus malheureusement)
Le prochain chapitre sera donc dans deux semaines logiquement
sauf si je trouve un peu de temps entre mes révisions ! 
Love xx


 

 

Tags : #RunUpfic - #Acte2

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Comments :

  • SachaTchbn

    11/02/2017

    Il y a tellement de tensions entre Louis et Harry ca en ait déconcertant. J'en oublie totalement de respirer. Cest juste wow. Tout ton histoire est juste tellement bien écrite. Je ressens tous les sentiments des personnages. Cest juste sublime. Merci

  • RunningUp

    05/10/2016

    madxlarry wrote: "Ce chapitre je l'attendais ahahahhazjzjzh j'espère juste qu'ils vont pas regretter sinon je pleure ew. Je veux pas qu'ils soient séparés à cause de leur famille, ça se voit qu'ils sont comme des aimants depuis le début. Ils sont fait pour être ensemble !
    Tu écris pire que parfaitement, Jadore
    "

    merci beaucoup !

  • madxlarry

    01/10/2016

    Ce chapitre je l'attendais ahahahhazjzjzh j'espère juste qu'ils vont pas regretter sinon je pleure ew. Je veux pas qu'ils soient séparés à cause de leur famille, ça se voit qu'ils sont comme des aimants depuis le début. Ils sont fait pour être ensemble !
    Tu écris pire que parfaitement, Jadore

  • RunningUp

    28/07/2015

    obrxen--24 wrote: "Wow!!! Ce chapitre étais parfait :0"

    merci ♥

  • RunningUp

    28/07/2015

    @Ihave5crush twitter wrote: "Putain de bordel de merde (je suis très grossière, et alors?).
    J'ai attendu que ces deux idiots passent le cap depuis tellement longtemps ! C'est mieux que tout ce que je pouvais m'imaginer. Ils sont tellement mignons. Et c'est magnifiquement bien écrit. J'adore, j'adore, j'adore. Je suis accro à cette fiction. Je suis amoureuse, tout ce que tu veux, mais eww tu m'as compris. Bravo, magnifique travail ! 😍
    "

    merci beaucoup ça me fait plaisir ♥

  • obrxen--24

    27/07/2015

    Wow!!! Ce chapitre étais parfait :0

  • @Ihave5crush twitter

    27/07/2015

    Putain de bordel de merde (je suis très grossière, et alors?).
    J'ai attendu que ces deux idiots passent le cap depuis tellement longtemps ! C'est mieux que tout ce que je pouvais m'imaginer. Ils sont tellement mignons. Et c'est magnifiquement bien écrit. J'adore, j'adore, j'adore. Je suis accro à cette fiction. Je suis amoureuse, tout ce que tu veux, mais eww tu m'as compris. Bravo, magnifique travail ! 😍

  • RunningUp

    16/04/2015

    Visiteur wrote: "Hello! J'ai commencé ta fiction cette nuit et franchement, wow! Je suis tombé amoureuse des personnages, le contexte, ton styles, tout... J'adore ressentir ça quand je lis une fiction, ressentir les émotions des perso comme si je vivais le même truc, même si ça fait mal. J'apprécie aussi la complexité de leurs sentiments et de leur vie, ça rajoute un truc, c'est absorbant. Je trouve ta façon d'écrire vraiment extra et l'histoire est originale, un remake de Roméo et Juliette des temps moderne, c'est vraiment pas commun mais je dois t'avouer que j'ai très peur que Louis et Harry (Dieu que j'adore son personnage) finissent pareil, voire pire.
    Continues comme ça et moi j'ai vraiment hâte de poursuivre ma lecture. xx
    "

    merci beaucoup pour ton message ! ça me fait vraiment plaisir ! j'espère que la suite de l'histoire va te plaire !
    je t'embrasse, merci encore xx

  • Visiteur

    15/04/2015

    Hello! J'ai commencé ta fiction cette nuit et franchement, wow! Je suis tombé amoureuse des personnages, le contexte, ton styles, tout... J'adore ressentir ça quand je lis une fiction, ressentir les émotions des perso comme si je vivais le même truc, même si ça fait mal. J'apprécie aussi la complexité de leurs sentiments et de leur vie, ça rajoute un truc, c'est absorbant. Je trouve ta façon d'écrire vraiment extra et l'histoire est originale, un remake de Roméo et Juliette des temps moderne, c'est vraiment pas commun mais je dois t'avouer que j'ai très peur que Louis et Harry (Dieu que j'adore son personnage) finissent pareil, voire pire.
    Continues comme ça et moi j'ai vraiment hâte de poursuivre ma lecture. xx

  • ThugLifeIsNotLasting

    09/03/2015

    Oh bah ça je me doute bien !! Moi aussi je mets toujours 10 ans à trouver les musiques xD

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