Chapitre six.

 
 
Chapitre six.

 
 
 
Louis Tomlinson
 
                Il m'énerve. Je n'arrive plus à me décoller de lui. À me décoller de ses lèvres, de son corps, de ce lit. Je vais être en retard, putain. Mon père va me tuer. Je tente une dernière fois de me séparer de Styles, en posant une main sur sa poitrine, mais ce con comprend mon geste et intensifie son baiser. Mon Dieu. Il me fait perdre la tête. Je n'ai pas dormi de la nuit. Il va finir par me faire craquer.

— Reste, répète-t-il, pour au moins la dixième fois.
— Peux pas, je souffle contre ses lèvres.
— Dis à ton père que t'es malade.

Je rigole en me détachant à regret de sa bouche merveilleuse. Impossible. Il ne me croirait pas une seule seconde. Un dimanche matin. Il penserait juste que j'étais en soirée hier et que j'ai eu envie de rester dormir... Ce qui est bien moins grave que la réalité, d'ailleurs.

— Non, je déclare, pris d'une toute nouvelle conviction, Stop !

Styles retombe sur le matelas en soupirant. Il a des cernes énormes sous les yeux, mais il à l'air bien, heureux, je ne suis même pas sûr de l'avoir déjà vu comme ça. Il a les joues rougies et sa respiration est saccadée. Ses lèvres sont gonflées et je suppose qu'il a autant mal à la mâchoire que moi, parce que, merde, on s'est embrassés pendant des heures sans s'arrêter. Je glisse ma main le long de son torse nu pendant qu'il ferme les yeux, camouflant un bâillement dans son poing. Sa peau est parsemée de suçons. Mon Dieu. On dirait que je l'ai bouffé. Mais je souris parce que je sais que la mienne n'est pas dans un meilleur état. Je n'ai encore jamais passé une nuit pareille. Je veux dire, aussi intense, aussi tendre et aussi... Inattendue, je crois.

— Tu vas continuer à me regarder comme ça pendant encore combien de temps ? M'interroge Styles, Tu m'écrases.

Merde, je réalise que je suis assis à califourchon sur son bassin. Mon regard se porte sur le radio réveil à côté du lit et je pousse un cri surexcité en me relevant brusquement.

— PUTAIN ! MAIS ÇA FAIT 10 MINUTES QUE JE...

Je me prends les pieds dans un vêtement par terre et m'écroule sur la moquette. Styles rit.

— FAIT CHIER BORDEL !

Je sors précipitamment de la chambre et me dirige directement vers la salle de bains. J'entre dans la douche sans préambule et allume le jet d'eau... Froid, pour me réveiller. Heureusement que j'étais déjà nu sinon je crois que je n'aurais même pas pensé à enlever mon vêtement. Bref. L'eau gelée me remet rapidement les idées en place. J'attrape mon savon et me lave si rapidement que c'en est presque ridicule. Je repasse sous l'eau pour ôter la mousse puis m'enroule dans une serviette. Je sors de la salle de bains, les pieds encore mouillés et glissant sur le parquet. Mes fringues, putain ! Elles sont où ? Dans ma chambre, je suis con. Ou d'autre ?
Bien sûr, comme je l'ai craint, Styles est allongé dans mon lit, toujours nu et toujours aussi tentant. Pourquoi il me complique autant la vie ? Merde. Je donnerais tout pour rester traîner au lit avec lui, regarder la télé et manger des cochonneries. Je me dirige vers mon placard avant de m'arrêter, blasé par mes propres pensées. Des cochonneries ?! Sérieusement ?! Voila que je parle comme ma mère, maintenant.

— J'ai de quoi manger quand tu ne seras pas là, au moins ? M'interroge Styles.
— Euh, non, commande.
— Super, grince-t-il.
— Oh ça va, tu ne vas pas te plaindre non plus !

Il grogne puis se recouche dans le lit et j'ai bien envie de l'assommer. Quel toupet. Râler alors qu'il va passer la journée à glander et... Toupet ?! Oh bref, il est temps que je ferme ma gueule.

— J'y vais !
— Tu n'es toujours pas habillé, Tomlinson.

C'est vrai. C'est pour ça que je suis là, à la base. J'attrape un boxer, des chaussettes, un jean noir dans mon placard et un tee-shirt blanc. Mon père va encore gueuler car je ne suis pas venu en costume, mais tant pis. On est dimanche aujourd'hui. La plupart des employés ne sont pas à l'entreprise, de toute façon. Je m'habille rapidement sous le regard presque endormi de Styles.

— Ok, maintenant, j'y vais. N'ouvre à personne surtout !
— Oui, maman. Pas aux inconnus. Je sais.

Qu'il est con. Ça me donne envie de l'embrasser. Je me dirige vers le lit et happe ses lèvres avant de sortir en courant de l'appartement.
Je rejoins ma voiture et je crois que le sourire niais que j'affiche ne se détache pas de mon visage de toute la matinée. Même pas quand mon père m'engueule parce que je suis en retard et habillé comme un ado dépravé. Même pas quand il m'apporte une tonne de dossiers à traiter. Même pas quand il fait une crise de toux monstrueuse et que je suis obligé de l'emmener à l'hôpital. Même pas quand je m'installe derrière son bureau pour m'occuper de ce qu'il était en train de faire. Même pas quand Isaac débarque soudainement dans la pièce et me sort sa réplique habituelle :

— Pause déjeuner !
— Ouais j'arrive, j'ai bientôt fini.
— J'ai appris pour ton père, s'enquit mon cousin en s'adossant contre la porte, Ça va ?
— Oui c'est une crise, comme d'habitude. Il va rester toute la journée à l'hôpital, mais il sera là ce soir, pour vérifier que j'ai bien bossé.

Je repose les dossiers sur le bureau et ferme ma fenêtre internet avant de me relever pour rejoindre Isaac.

— On va où ?
— Je ne sais pas. Comme tu...
— McDo ? Je propose.
— T'es sérieux Louis ? Je croyais qu'on ne devait pas te voir manger dans un fast-food.
— On s'en branle, je soupire en m'emparant de ma veste en jean sur le fauteuil, On y va ?
— Mais mec c'est quoi ce sourire de débile sur ton visage ? M'interroge Isaac en me barrant le passage.

Et, avant même que j'ai le temps de répondre à sa question, il s'exclame, ahuri :

— T'as enfin baisé !
— Que... Quoi ?
— Arrête ! Ne me mens pas ! T'as baisé toute la nuit, Louis. Ton visage transpire le sexe.

Je me décompose. Parce que je crois que je viens de me prendre la plus grosse claque de toute ma vie. Putain, j'ai baisé avec Harry Styles. J'ai-baisé-Harry-fucking-Styles. MERDE. Mais qu'est-ce qu'il m'a pris ? Mais qu'est-ce qu'il nous a pris ? Sur le coup, ça me paraissait futile. Mais là, dit comme ça, je me sens perdre pied. Je repense à ses mains sur mon corps et à la façon dont j'ai aimé ça. Je n'arrive même pas à regretter... Juste à paniquer, en fait, ce qui est déjà beaucoup à supporter pour mon pauvre corps qui sort d'une nuit blanche.

— Euh ça va ? S'enquit mon cousin d'un air inquiet, J'ai été trop loin ? Désolé, je ne voulais pas être... Lourd.
— Non, je bafouille, On va bouffer ou quoi ?
— Qu'est-ce qui se passe Louis Tomlinson ?

Ok. Il vient d'utiliser mon nom en entier. Ça sent la conversation que je ne vais pas supporter.

— Tu peux tout me dire, tu sais, continue-t-il alors qu'on se dirige vers l'ascenseur de l'immeuble.

Tout excepté ça, bien entendu.

— Ça va, je réponds, Ne prends pas cet air dramatique, sérieux.
— T'as baisé hier ?
— Ouais.
— Pourquoi tu ne veux pas en parler ? S'enquit mon cousin alors qu'on s'engouffre dans la cage d'ascenseur.
— Tu sais comment ça marche. Je ne vais pas m'éterniser. On n'est pas des gonzesses non plus.
— Oh, tu peux au moins me dire si c'était un bon coup !

Les portes se referment et j'observe mon reflet dans le miroir. Je sens encore ses lèvres sur les miennes, ses mains dans mes cheveux, son bassin frotter contre le mien. Mon Dieu. J'aurais dû rester dans ce putain de lit.

— Oui, je déclare alors que l'ascenseur arrive au rez-de-chaussée, Le meilleur.

Isaac se met à faire des bruits de tambour ou je ne sais pas quoi en gueulant que, « merde, ça doit être un putain de bon coup parce que tu n'es pas du genre à faire des compliments ». Je sors de l'entreprise sans lui répondre tandis qu'il me harcèle pour savoir son nom, son âge, sa profession et tout un tas de trucs dont on n'a rien à battre.

— Dis, tu ne veux pas laisser tomber ? Je soupire en pénétrant dans le McDo, à l'autre bout de la rue.
— Allez, ne fais pas le mystérieux Louis ! C'est qui ?
— Tu ne connais pas.
— Qu'est-ce que t'en sais ?
— Je le sais. C'est tout.
— Non, tu ne sais rien du tout. J'ai des amis gays, moi aussi. Depuis que je côtoie ta communauté, je...
— Ma communauté, je répète, ahuri, On dirait que tu parles d'une secte.
— Ouais, enfin bref, peut-être je connais.
— Tu prends un menu Big Mac ?
— Louis...
— Ou Royal Bacon, pour changer ?
— Dis-moi qui c'est.
— Tu crois qu'il y a vraiment des gens qui viennent au McDo pour acheter une salade ?

Isaac lève les yeux au ciel et ça me fait sourire parce que je sais que ce geste signifie qu'il abandonne toute idée d'en savoir plus. Alors, il plante les mains dans les poches de son jean et finit par rétorquer :

— En vrai, je me suis toujours posé la question, moi aussi. Et des fruits à croquer, genre... Sérieux?

Je pouffe de rire tandis qu'on se dirige vers les caisses. Comme d'habitude, le fast-food est bondé. Mais j'aime ça, pour une fois. Me sentir un parmi tant d'autres. Mon portable vibre dans ma poche pendant qu'Isaac essaie de m'expliquer pourquoi il préfère les potatoes aux frites alors que, clairement, je n'en ai rien à battre, ça reste des patates. Je sors mon téléphone et vois le nom de mon père affiché sur l'écran. Je pousse un léger soupir et mon cousin s'empresse de regarder derrière mon épaule.

— Oh, murmure-t-il.
— Tu crois, genre, il a posé des caméras partout et il sait que je suis ici ? Je l'interroge d'un air résigné.
— T'es parano mec. Décroche, tu verras bien ce qu'il te veut.

Ouais. Je reste sceptique. Je finis par accepter l'appel et me dirige vers la sortie en faisant un signe à Isaac de commander sans moi. Avec mon père, ça peut durer deux minutes comme ça peut durer trois heures trente. Et vu qu'il doit se faire chier à l'hôpital, j'ai peur que la deuxième option ne soit à l'ordre du jour.

— Allô ?
— Louis. C'est moi. Est-ce que tu peux te libérer ?
— Je suis en pause déjeuner avec Isaac, je réponds brièvement, Qu'est-ce qui se passe ?
— J'ai besoin que tu viennes me chercher à l'hôpital.
— Ton chauffeur ne peut pas le faire ?
— Je préfère qu'Arthur reste en dehors de ça.

Vu qu'Arthur fait un peu partie de la famille depuis mes cinq ans, je sens que quelque chose ne va pas du tout.

— Euh... Qu'est-ce qui se passe ?
— J'ai besoin que tu me ramènes à la maison. Je dois faire ma valise.
— Valise ? Je répète le c½ur serré, comme si je ne connaissais pas déjà la suite.
— Je dois retourner à l'hôpital. J'ai réservé la chambre déjà. Je ne veux pas que ta mère assiste encore à ça. Fais-le pour moi, s'il te plaît.
— Oui, je murmure, Bien sûr. Mais c'est... Grave ?
— Ils veulent me garder. On ne va pas en parler au téléphone. Tu peux venir?
— J'arrive dans un quart d'heure.

Je raccroche avant de rentrer dans le fast-food pour prévenir Isaac que je m'en vais. Il commence à râler mais, à la vue de mon visage inquiet, il finit par poser un baiser au sommet de mon crâne en me disant de partir. Et, ouais, le geste était étrange, mais je n'ai pas vraiment le temps de m'y attarder.
Je rejoins rapidement le parking de l'entreprise pour retrouver ma voiture et conduis jusqu'à l'hôpital. Ce n'est pas la première fois que mon père doit y rester quelques jours. Je dirais même qu'il s'agit au moins de la millième fois depuis mes quinze ans. Mais, je ne sais pas, dans sa voix, il y avait quelque chose de différent, cette fois-ci.
Je rumine mes pensées jusqu'à ce que j'arrête la voiture sur le parking de l'hôpital. Mon père m'y attendait déjà. Il me rejoint rapidement et s'installe côté passager sans parler. Il n'a pas l'air différent de d'habitude.

— Conduis jusqu'à la maison. Je fais ma valise et tu me ramènes ici, après. On dira tout ça à ta mère ce soir, quand je serai déjà installé, ordonne-t-il, calmement.

Non, il n'est vraiment pas différent de d'habitude. Je fais tourner le moteur et on roule jusqu'à chez nous. Mon père ne me parle toujours pas. Même pas pour me demander comment s'est passé le boulot ce matin. Ne pouvant plus me retenir, je finis par lâcher, les mains crispées sur le volant :

— Qu'est-ce qu'ils ont dit ?
— Qui ?
— Les médecins, je précise, évitant de croiser son regard.
— Ils veulent que je sois présent à l'hôpital pour... Gérer la souffrance.
— Hum, je réponds, vaguement, n'ayant aucune putain d'idée de ce que ça veut dire.

Mon père se retourne vers la vitre pour observer le paysage, considérant probablement que la conversation est close, je reprends rapidement avant qu'il ne se referme complètement :

— Tu y restes combien de temps ?

Il ne me répond pas alors je continue :

— Ils ne t'ont pas dit ?
— Louis...

Quoi ? Pourquoi il prononce mon nom comme ça ?

— Combien de temps ? Je répète, durement.
— Arrête.
— Quoi ? Je m'énerve, J'ai le droit de savoir quand tu vas rentrer !
— Arrête, répète-t-il simplement.
— Non, toi, arrête ! Arrête de faire comme si tu allais mourir demain !
— Ça arrivera.
— Pas demain, je rétorque, sèchement, Pas demain, putain.
— Louis.
— ARRÊTE ! Je hurle, Arrête de dire mon nom comme ça ! Comme si c'était la dernière fois que tu le disais ! Arrête.
— D'accord, murmure-t-il, pour me calmer, probablement, parce que c'est quand même moi qui tiens le volant et que c'est aujourd'hui qu'on va crever si je continue mes conneries, D'accord. On rentre à la maison, d'accord.

Le reste du trajet se passe dans le silence le plus complet. De toute façon, je crois que je serais incapable de parler tant la boule que j'ai dans la gorge m'empêche presque de respirer.
Je me gare devant la maison et mon père me dit qu'il a besoin d'une vingtaine de minutes. Je le laisse partir en premier puis finis par sortir de la voiture, à mon tour. Je rentre dans ma maison. Depuis que j'ai mon appartement à Kensington, je ne mets plus si souvent les pieds ici. Je me dirige vers mon ancienne chambre. J'ouvre la porte doucement et me glisse dans la pièce avec un brin de nostalgie. Je vois mon lit, me rappelant soudainement que je n'ai pas dormi la nuit dernière, ni même les précédentes, et que je donnerais tout ce que j'ai pour quelques minutes allongé sous la couette. Je me glisse à l'intérieur en remontant la couverture jusqu'à mon menton. Et, brutalement, sans prévenir personne, mes larmes dévalent mes joues. Je me pince les lèvres pour faire le moins de bruit possible. Je ne sais pas pourquoi j'ai prétendu que ça ne m'atteignait pas, pendant toutes ces années, pourquoi je raconte à tout le monde que je m'en fous. Il va mourir. Mon père. Je ne crois pas avoir déjà passé une seule journée sans lui. Et oui, la plupart du temps, c'était pour le travail mais... Quand même. C'est mon père et je ne veux pas le voir disparaître de ma vie. Je ne veux plus. Je m'en veux tellement de l'avoir voulu. Mon c½ur se compresse et je commence à suffoquer. Putain de crise de merde. Respire, Louis, bordel. Il va mourir. Il ne sera plus jamais là. Respire, concentre-toi, respire ! Mourir. Mourir. Mourir. Louis ! Sois fort. Il a besoin de toi. Il m'a dit adieu.
Je camoufle mon visage dans l'oreiller. Les larmes trempent le tissu mais, sans trop savoir comment, ça me détend. L'air n'entre plus dans mes poumons et la douleur canalise celle que je ressentais. Lentement, je finis par me calmer. Je souffle un grand coup avant de libérer mon visage à l'air libre. L'oxygène s'infiltre dans mes poumons et c'est presque désagréable. Ce besoin de vivre que d'autres n'ont plus.

— Louis ? J'entends du rez-de-chaussée.
— J'arrive !

Je me relève rapidement, essuyant mes joues et mes yeux encore humides. Je passe une main dans mes cheveux pour me redonner une consistance puis inspire un grand coup avant de rejoindre mon père. Sa valise est prête. À ses pieds. Je m'apprête à la prendre pour la monter dans la voiture, mais il repousse mon bras et glisse sa main dans la hanse.

— Je ne suis pas infirme, je t'en prie.
— Juste vieux, je lui réponds avant de m'emparer de sa valise.

Ma remarque le fait sourire sans grande conviction puis on quitte la maison. Je range son sac dans le coffre et m'installe de nouveau derrière le volant tandis que mon père prend place côté passager.

— Donc... Hôpital ?

Je me demande à l'instant pourquoi je demande ça, parce que oui, on est au courant.

— Oui, murmure-t-il, calmement.
— Tu sais, ce n'est pas la première fois.
— Pardon ?
— Que les médecins te disent que tu dois rester à l'hôpital. Ils disent que tu n'en sortiras pas, mais la dernière fois tu y es resté deux mois et après il y a eu une amélioration.
— La dernière fois, répète-t-il, simplement.

Ça m'énerve qu'il ne se donne même pas la peine de faire une phrase entière. Ça m'énerve encore plus qu'il insiste sur le mot « dernière ».

— Je suis désolé, Louis.
— Ne t'inquiète pas, je souffle, J'ai bien avancé les dossiers ce matin. Je ne finirai pas trop tard.
— Pas ça.

Je me retourne vers lui, intrigué.

— Je suis désolé si j'ai été trop dur avec toi.
— Papa, arrête.
— Tu as besoin de l'entendre.
— Absolument pas.
— Alors, j'ai besoin de le dire.

Je soupire. Comment je suis censé supporter tout ça ? Cet adieu qu'il est en train de me faire ?

— S'il-te-plait, je murmure d'une voix étranglée, Pas maintenant.
— Quand ?
— Plus tard.

Il ne répond plus et se retourne vers la vitre. Je me sens soulagé. Du moins, pendant cinq minutes, car mon père qui n'a jamais été quelqu'un de très consensuel reprend très vite et sans mon accord :

— Tu as des capacités exceptionnelles, Louis. Tu es tellement doué pour ton âge. J'ai totalement confiance en toi.
— Ce n'est pas ce que tu as toujours dit.
— Je sais. Je voulais juste que tu réalises la responsabilité que tu allais devoir porter. Je sais maintenant que tu as la tête sur les épaules.

Je ne réponds pas, la gorge serrée et le c½ur en sang.

— Je peux partir l'esprit tranquille, reprend-il, Merci.

J'étouffe un rire entre mes lèvres tandis que mes mains serrent le volant si fort que mes jointures blanchissent.

— Qu'est-ce qu'il y a ? Interroge mon père.
— Tu pars et moi, je suis condamné à rester. Est-ce que je dois te remercier pour ça ?
— Louis...
— Je n'y arriverai pas, papa.

Il reste silencieux. Parce que c'est la première fois que j'ose enfin lui dire.

— Je n'y arriverai pas sans toi. Jamais.

Je ne sais même pas où je trouve la force de sortir tout ça.

— Tu le feras.
— Non, je bafouille entre mes lèvres tremblantes et le semblant de dignité que j'essaie de conserver, Non, putain. Je suis trop jeune. Je n'y arriverai pas. J'ai trop peur. Je vais tout foirer. Je vais ruiner la famille. J'ai vingt ans merde, papa, je ne peux pas !
— Louis. Arrête de paniquer, essaie de me calmer mon père.
— Je ne peux pas, je répète, Je ne peux pas, je te dis.
— Je sais, murmure mon père, Je sais que tu es trop jeune.
— Mais alors tu...
— Tu pensais vraiment que j'allais te laisser devenir PDG du jour au lendemain ? Me coupe-t-il.

J'arrête la voiture au feu rouge et je me retourne vers lui, ahuri :

— Que... Quoi ?
— A ma mort, tu seras nommé responsable de la boite, mais tu ne pourras pas prendre de décisions sans le conseil d'administration qui dispose d'un droit de veto. Tu travailleras avec eux, comme on le fait déjà en ce moment, et c'est seulement à tes vingt-cinq ans que tu pourras disposer des parts principales de la banque... Louis, le feu est vert... Mais seulement si le conseil d'administration juge que tu as les capacités pour remplir pleinement ton rôle de PDG. Dans le cas contraire, ils reprendront une décision lorsque tu auras trente ans... Louis, le feu, bordel !

Des coups de klaxon retentissent derrière moi et je sors de ma torpeur. J'appuie sur la pédale de l'accélérateur. La voiture démarre et on se dirige vers l'hôpital, en silence, le temps que je digère l'information.

— Pourquoi tu ne m'as pas dit ça avant ?
— Je ne voulais pas que tu te reposes sur le conseil d'administration. Le stress est la meilleure motivation pour se dépasser. Et tu t'es dépassé, Louis.

Mon Dieu. Je le déteste de nouveau. Je le déteste de m'avoir fait vivre toute mon adolescence avec l'anxiété de reprendre la boîte. Je le déteste d'avoir autant raison. Si j'avais su que je disposais d'encore cinq ans pour devenir PDG, je n'aurais jamais travaillé comme je l'ai fait. Je ne lui aurais jamais prouvé que j'étais capable de le faire. Il serait mort sans le savoir. Mon père est trop égoïste pour se faire subir ça.
Je ne lui réponds pas et on arrive finalement à l'hôpital, un quart d'heure plus tard. En silence, je me gare sur le parking et on sort de la voiture. Mon père se dépêche pour récupérer sa valise qu'il veut à tout prix porter seul alors je me contente de plonger mes mains dans les poches de mon slim et de le suivre. Il connaît l'emplacement de sa chambre. Il a réservé la même que la dernière fois. Je le regarde s'installer en sortant des banalités de temps en temps pour ne pas qu'il ait l'impression d'être seul... Même si c'est bien la seule expression que je lis sur son visage : la solitude.

— On ne devrait pas l'appeler ? Je lance finalement, Maman.
— Oui tu as raison, soupire-t-il d'un air fatigué, Ça va encore lui faire un coup de me savoir ici.
— Je lui dis de venir avec les cousins ? On peut passer la soirée avec toi.
— Oui. Ce serait une bonne idée.
— Je m'en occupe.

Je sors mon téléphone portable de ma poche et me dirige vers la sortie pour passer mes coups de fils, mais mon père m'arrête avant que je ne franchisse la porte :

— Louis ?
— Oui ?
— Je m'excuse pour t'avoir engueulé ce matin.
— J'étais en retard, je réponds brièvement, C'est normal.
— Je ne te demande pas pourquoi.
— Pardon ?
— Ton retard, il précise en souriant.

Je fronce les sourcils sans comprendre et mon père lâche en un éclat de rire :

— Louis ! Tu as un suçon plus gros que mon poing dans le cou ! Je suis même étonné que tu sois venu travailler, ça ne t'était pas arrivé depuis longtemps.

Je m'empourpre. De la tête au pied. Je crois que ma peau n'a jamais été aussi rouge et transpirante de ma vie.

— Relax, soupire-t-il, Tu es jeune. Tu as bien le droit de t'amuser.
— Mais... Je...
— Oh ! Qu'est-ce que tu peux être pudique ! Pouffe mon père, Aller, va appeler ta mère !

Je sors de la chambre d'hôpital en portant la main à mon cou. Je revis le moment. Je ressens les lèvres de Styles sucer ma peau. J'entends mon souffle et ma voix lui dire combien j'aime ça. Je ressens la frustration quand il s'est arrêté et le soulagement quand il a embrassé mes lèvres, à la place. Je ressens tout ça d'un coup. Je ressens tout ce que je ne devrais pas ressentir. Parce que ce n'était qu'une histoire de baise, que c'est un Styles, et que ça doit en rester là. PUTAIN. 
 
 


SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
19h13. Imprévu. Je vais rentrer tard. M'attends pas.
 
SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup
19h14. Je suis censé faire comment au juste ?
 
SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
19h14. Prend un pull à capuche dans mon placard et mets-le. Personne te reconnaîtra. Mes cousins sont avec moi de toute façon.
 
SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup
19h15. Y a un problème ?
 
SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
19h16. Pas le temps de parler.

 
 



Chapitre six.


Harry Styles
 
 
« If you're on your own in this life, the days and nights are long, when you think you've had too much of this life to hang on.. Well everybody hurts sometimes, everybody cries »
 
 
                  Je coupe ma musique, retirant les écouteurs de mes oreilles. Je pousse un long soupir, là, debout, devant ma maison et paniqué à l'idée de rentrer chez moi. Il est vingt-trois heures. Ça fait presque trois heures que je suis parti de chez Tomlinson, mais je n'ai pas trouvé le courage de franchir cette porte. Alors, j'ai juste traîné, dans Londres, avec mes fringues sales de la soirée d'hier et mes poches sous les yeux.
Je sais que je vais me faire tuer à l'instant où je vais rentrer chez moi. Je n'ai pas rallumé mon portable, depuis hier soir. Ma famille n'a eu aucune nouvelle de moi et je sais que Azoff a forcément contacté ma s½ur pour savoir où j'étais parti, après l'avoir planté à la soirée de Kendall. J'imagine déjà la crise familiale qui a dû se dérouler toute la journée. Bon dieu. J'ai tellement envie de faire demi-tour. Mais, plus j'attends, pire ce sera. Je n'ai pas vraiment envie d'abandonner ma famille juste pour avoir découché un soir.
Je pousse un dernier soupir et actionne la poignée. Je m'infiltre à l'intérieur de la maison et le silence qui y règne ne m'annonce rien de bon. J'ai à peine le temps d'avancer d'un pas que ma mère débarque soudainement dans l'entrée. Elle me claque si fort que j'ai un mouvement de recul.


— Harry ! Explose-t-elle, Tu étais où ?! On s'est fait un sang d'encre, bon sang! On t'a appelé toute la journée ! Bon sang ! Merde !
— Arrête maman ! S'exclame Gemma en débarquant à son tour.


Ma s½ur pose ses deux mains sur mes joues afin de m'inspecter de la tête au pied.


— Qu'est-ce qui s'est passé ? Ce sont les Tomlinson, encore ?
— Encore ? Blêmit ma mère.
— Non, non, je bafouille, Ce n'est rien... J'avais juste... Besoin de prendre l'air. Je te le jure.


Cette fois, le regard de Gemma se vide de toute compassion et ses mains retombent lourdement le long de son corps. Enfin, seulement quelques secondes, car elle ne tarde pas à me refiler une baffe monumentale, encore plus forte que celle de ma mère.


— Prendre l'air ? Répète-t-elle en beuglant, Mais t'es malade ! Pourquoi tu ne nous as pas prévenus ? On t'a cherché toute la journée avec les cousins et Azoff  ! TOUTE NOTRE PUTAIN DE JOURNÉE, HARRY ! Avec Edward on est même entrés dans le quartier des Tomlinson ! Explose-t-elle, de plus en plus furieuse, Des Tomlinson, bordel ! On a risqué gros pour toi et tu prenais juste l'air ?! Mais t'as été le pomper où, ton putain d'oxygène, en Chine ?!
— Je suis désolé.
— Je m'en fous de tes excuses ! Et c'est auprès de Azoff que tu devrais t'excuser ! Il était mort d'inquiétude pour toi ! Il m'a appelé hier soir en plein milieu de la nuit parce qu'il ne te trouvait plus ! Il était en larmes, merde ! Il n'a pas bouffé de la journée parce qu'il te cherchait ! T'es tellement égoïste, ça me répugne.


J'ai envie de chialer. Ouais, encore. Parce que je passe toujours pour le connard dans l'histoire. Parce qu'on est en train de me faire culpabiliser sur la plus belle nuit que j'ai passée de ma vie et que je n'ai pas envie qu'on me gâche mon souvenir. Alors, ouais, je ne suis qu'un putain d'égoïste qui veut garder son bonheur pour soi, quitte à prendre celui des autres. Et je m'en fous. Je veux juste qu'on me laisse tranquille.


— Je vais l'appeler, ce soir, je souffle, Je vais me coucher, je suis fatigué et j'ai cours demain.
— Pas besoin de l'appeler, murmure ma mère.
— Pourquoi ? Il ne veut plus me parler ?
— Non, répond Gemma à sa place, Il est dans ta chambre.
— QUOI ?
— Je lui ai proposé de dormir ici, m'explique ma mère, Il était épuisé. Il n'a pas dormi de la nuit hier et il voulait attendre ton retour dans le salon. Je lui ai proposé ton lit.
— Pourquoi t'as fait ça, putain ? Je m'emporte, Je n'ai rien à lui devoir ! Ce n'est PAS mon copain !
— Tu le baises, siffle ma s½ur, T'assumes.


J'ai la gorge serrée et l'estomac en vrac. Elles ne comprennent rien. Elles ne veulent rien comprendre. Comment peuvent-elles être aussi aveugles ? Comment ne peuvent-elles pas voir que ce qui me retient à lui, c'est mon désespoir et non mon amour ? C'est elles qui me répugnent. Elles qui veulent à tout prix se débarrasser du problème en m'enfonçant dans cette relation bancale et sans avenir. Je n'ai même plus la force de protester. Même plus la force de me battre. Alors, ouais, tant pis. Je vais monter dans ma chambre et probablement me faire baiser par un mec dont je n'ai rien à foutre. Tout me fatigue. Tout me dégoûte. Mais j'ai cette désagréable sensation de ne pas avoir le choix.
Je hoche la tête en direction de ma s½ur puis murmure un « bonne nuit » entre mes lèvres pincées par l'amertume. Elles s'éloignent pour me laisser rejoindre l'étage et je monte chaque marche avec le c½ur plus lourd que la précédente. En chemin, je croise Liam qui descend les escaliers. Il me toise d'un regard noir et me bouscule à l'épaule avant de continuer son chemin.
J'ai envie de rire. J'ai envie de rire, pleurer, hurler et m'enfuir. Je les déteste. Je m'enfonce dans le couloir plongé dans l'obscurité. Je passe devant la chambre de Perrie et je l'entends parler toute seule donc je suppose qu'elle est encore sur Skype avec son abruti de copain qui porte un nom de capitale. Je les déteste tous.
J'actionne la poignée de ma chambre et pénètre dans la pièce. Il fait noir. Azoff  est en train de dormir sur mon lit. Je prie intérieurement pour qu'il ne se réveille pas. Mon Dieu. Faites qu'il ne se réveille pas. Je n'ai pas la force d'avoir cette conversation. Je n'ai pas la force d'accepter ses caresses, ses baisers. Pas la force d'effacer la nuit précédente par celle-ci. Pas encore.
J'ôte tous mes vêtements afin de me retrouver en caleçon et me glisse à l'intérieur du lit. Je m'enfonce dans les couvertures en faisant le moins de bruit possible, pour ne pas le réveiller. C'est à peine si je respire. Je me mets sur le dos et regarde mon plafond. La respiration de Azoff  est calme à côté de moi, comme s'il n'avait pas dormi depuis deux semaines. Je m'en veux un peu, au fond. De lui faire subir tout ça. C'est vrai que ce n'est pas de sa faute, s'il est tombé amoureux de moi. Mais ce n'est pas non plus de la mienne si le sentiment n'est pas réciproque. Ou alors si, peut-être justement ? Peut-être que je ne fais pas d'efforts ? Peut-être que je refuse de voir à quel point il tient à moi ? A quel point il m'a sorti de la merde, quelques fois ? A quel point il m'a souvent empêché d'en faire ? A quel point il m'aime et à quel point j'ai de la chance de recevoir cet amour ? Parce que je ne suis pas certain d'en mériter autant.
Je le sens bouger à côté de moi et sa jambe effleure la mienne. Je me crispe complètement. Oh non, merde. Sa respiration s'arrête totalement. Fait chier.
 
 
— Harry ?! Il beugle en se relevant d'un seul coup, montant sur moi pour s'assurer que je suis bien réel, PUTAIN !
— Oui je sais, je...


Pas le temps de finir ma phrase. Il plaque ses lèvres contre les miennes, brutalement et salement. Je repense à la douceur de Tomlinson. Je repense à combien j'aimais ça et combien je ne le supporte plus, maintenant. J'essaie de me dégager de son emprise alors qu'il tente d'enfoncer sa langue dans ma bouche, si bien qu'il se met à me baver sur la joue. Tout est si grotesque. Ça n'a aucun sens.


— Arrête, je murmure.
— Je suis désolé, reprend-il en venant caresser mes joues, Désolé, putain, j'ai eu tellement peur.
— Pourquoi tu t'excuses ? Je bégaye, sans comprendre.
— Je suis désolé, répète-t-il simplement, Je sais que je t'ai abandonné pendant la soirée. Je ne voulais pas... Mais, je, tu sais, je devais vendre et...


Oh putain. Rien à voir. Tout me saoule.


— Mais non, je murmure, Je sais ça.
— Alors pourquoi t'es parti, mon c½ur ?


Mais casse-toi avec tes surnoms à la con. Il me donne envie de vomir à devenir aussi niais, d'un seul coup. Putain, t'es Azoff mec ! Un putain de dealer de drogue, ressaisis-toi ! Tu me fais pitié !


— Rien, je réponds, J'étais juste fatigué.
— Mais, où est-ce que t'as dormi ?
— Chez un pote.
— T'as pas de pote. Pourquoi tu ne répondais pas à mes appels ?
— Plus de batterie, je tente.


Je crois que, lui aussi, il a la flemme d'avoir cette conversation. Je crois qu'il veut autre chose car il ne se défend même pas. Il se contente de plonger ses lèvres dans mon cou. Je ne fais rien. Je me sens oppressé. J'ai envie de vomir. Je me sens sale. Je me sens violé. Parce que je ne veux pas. Pour une fois, j'ai conscience que je ne le veux pas. Je reste figé. Je réagis à aucun baiser, aucune caresse, je n'ai même pas de réaction quand il plonge sa main dans mon boxer. Et là, ça le réveille.


— Hey ? Murmure-t-il, doucement, Tu ne veux pas ?
— Non.
— D'accord, souffle Azoff, déposant un baiser sur mon front, Tu aurais dû me le dire.


J'ai la gorge serrée et je n'arrive pas à répondre. Il soulève la couverture pour nous recouvrir tous les deux et je vois son visage disparaître derrière une grimace. Et... Trop tard. Je n'ai pas eu le temps de réagir. Il vient de plaquer son avant-bras sur ma trachée pour m'empêcher de respirer.


— Tu te fous de ma gueule, putain ?! C'est quoi toutes ces marques sur ton corps ?!


J'essaie de me débattre, mais sa pression sur mon cou est trop forte et mon c½ur s'accélère dangereusement. Non, non, non.


— T'as baisé ?! Il beugle, ivre de rage, Pendant que je me défonçais à te chercher partout, tu baisais ! Espèce d'enculé !


Je donne un violent coup de bassin pour le pousser parce qu'il est toujours assis sur mon torse et ça le fait encore plus péter un plomb.


— Et tu ne veux pas, hein ? Tu ne veux pas me baiser parce que t'as baisé un autre connard ?!


Je commence à tousser, à m'étouffer, et mes larmes ruissellent sur mes joues tremblantes.


— T'es un crevard, Harry.


Il me relâche, enfin. Je prends une bouffée d'oxygène qu'il me retire à la seconde où ses lèvres se posent violemment sur les miennes. Non. Surtout pas ça. Il attrape mes poignets et les place au dessus de mon corps pour m'empêcher de bouger. Je chiale, encore plus. Il n'y a pas une seconde de ma vie qui ne devient pas pire que la précédente. Je n'en peux plus de tout ça. Je chiale comme un gosse. Je ne me défends même pas. Je me contente de chialer en attendant que ça se termine. Je me retiens de vomir quand le corps de Azoff  se plaque contre le mien. Quand sa langue s'enfonce dans ma bouche. Quand son bassin se frotte contre mon torse avec rage. Et il bande, ce con. Il est dégueulasse. Je pleure encore plus fort et il finit par relever son visage vers moi pour me regarder. Je lis de la rage dans ses yeux, mais aussi de la culpabilité, de la peur et de la peine.


— Je te dégoûte à ce point ? Il m'interroge tremblant, T'en chiales ?
— Je ne veux pas, Azoff .
— Pourquoi tu voulais avec lui ?
— Parce qu'il était différent.
— Différent en quoi, putain ? Je ferais tout pour toi, moi.
— Excepté me foutre la paix.


Oh, putain. Je n'aurais peut-être pas dû le provoquer. Un éclat de rage passe à travers ses pupilles et il se relève légèrement pour observer mon corps. C'est vrai que ma peau est parsemée de suçons et j'aurais dû y penser avant de me coucher en caleçon. Parce que c'est un putain d'affront que je viens de lui faire et que je n'avais pas envie de le blesser autant.


— Je suis désolé, je murmure.
— C'est qui ? Ce type ?
— Je ne te le dirai pas.
— J'ai le droit de savoir qui baise aussi bien, gronde-t-il.
— Si tu veux savoir, on n'a pas vraiment baisé.


Je crois que c'est encore pire. Parce qu'il vient de comprendre que j'ai donné à ce type ce que je lui ai toujours refusé.


— T'es un putain d'enculé, tu le sais ça ?


Il tient toujours mes poignets au dessus de mon corps.
 
— Je te déteste tellement.
— Lâche-moi.
— Tu crois qu'il n'y a que lui qui a le droit de te marquer ?
— Qu'est-ce que tu racontes ?
— Moi aussi, je peux laisser ma marque.


Il enfonce violemment son poing dans mon estomac. Un hoquet s'échappe de mes lèvres. Il m'a coupé la respiration. Une de ses mains tient toujours mes deux poignets ensemble et l'autre continue de me frapper exactement au même endroit.


— GEMMAAA ! Je m'étouffe.


Mon cri le sort soudainement de sa rage et il se relève brutalement du lit en titubant. Les yeux exorbités par l'horreur de son geste. Il tremble. Et moi, je continue de chialer. Gemma débarque dans la chambre. Elle reporte son regard de moi à Azoff . Elle voit mon estomac rougi par les coups. Elle voit Azoff  reculer du lit d'un air apeuré. Elle s'avance vers lui. Son poing s'abat contre sa joue. Il s'écroule au sol et elle le frappe de toutes ses forces avec son pied. Il hurle. Je chiale encore plus. En caleçon, dans mon lit. Je me sens pathétique. J'ai honte. J'ai tellement honte. Azoff  hurle qu'il est désolé, qu'il ne voulait pas, mais ma s½ur continue :


— Plus jamais tu touches mon frère, sale crevard. Plus jamais tu l'approches. Tu disparais de sa vie. Tu ne reviens jamais. Va crever dans ta banlieue de merde.


Forcément, les cris réveillent toute la maison. Liam est le premier à entrer dans la chambre. Je vois dans son regard qu'il met cinq secondes à comprendre le sens de cette scène. Il s'élance vers moi d'un air paniqué.


— Harry, tu vas bien ?
— Je... Je bégaye encore sous le choc, Je...
— Ton cou, il murmure, blême, Ton estomac... Putain, qu'est-ce qu'il t'a fait ?
— Je... Je dois y aller.
— Quoi ? Il s'exclame, ahuri.


Je me relève brutalement du lit. Parce que je sais ce que je veux et que j'ai envie de l'avoir, maintenant. J'enfile mes vêtements sur le sol sous le regard interloqué d'Liam et de Perrie qui vient de débarquer, à son tour. Liam pose sa main sur mon épaule et je le repousse.


— Ça va, je prétends, Faut juste que je sorte d'ici.
— Non ! Tu ne peux pas partir maintenant.


Je n'écoute pas la suite et sors en courant de la chambre. Je crois que Gemma m'appelle, mais je continue. Je dévale les escaliers. Je croise mes parents qui viennent de sortir de leur chambre. Ils ont les yeux exorbités. J'entends ma mère dans mon dos :


— Mon Dieu, qu'est-ce qui se passe là-haut, chéri ?


J'attrape mes chaussures à l'entrée et murmure un « désolé » avant de sortir de la maison. Je ne prends même pas le temps de les enfiler. Je cours nu-pied dans ma rue, les chaussures dans les mains. Je veux sortir d'ici. Je veux retrouver Tomlinson. Je veux ses bras. Je veux sa douceur. Je veux sa sécurité. Je le veux. J'ai besoin de lui. J'en ai marre d'avoir peur.
Je continue de courir et mes pieds s'éraflent contre le béton froid de la rue. J'ai mal. Je m'arrête, essoufflé. J'enfile rapidement mes baskets. Puis je me remets à courir. Je ne m'arrête plus. Je ne sais même pas où je trouve la force. Je me dirige vers le quartier Tomlinson. C'est risqué. Je le sais. Mais je m'en fous. Je cours jusqu'à la bouche de métro. J'aurais peut-être la chance d'avoir le dernier. Et, ouais, pour une fois, j'en ai.
Le métro est encore ouvert et j'entre à l'intérieur. Je ne m'assois pas. Je reste debout. Je crois que les gens me regardent avec peine parce que je suis toujours en train de chialer. Merde. J'essuie mes joues rapidement. Le métro démarre. Les stations défilent. J'arrive à la sienne. Je reste devant les portes. J'hésite à sortir. Je me dis que je serais peut-être aussi bien à rester dans ce métro toute la nuit, avec les clochards et les jeunes bourrés. La sonnerie de fermeture des portes retentit et je saute sur le quai. Trop tard. Je ne vais pas me défiler maintenant.
Je remonte à la surface. J'ai remis le pull de Tomlinson et fais glisser la capuche sur ma tête pour cacher mes boucles brunes. Je retrouve rapidement son immeuble. Je me plante devant les portes et souris. Il y a encore ce gardien. Il ne m'aime pas, je crois. Il me toise d'un regard noir, l'air de dire que je n'ai rien à foutre ici. Ce con ne sait même pas à quel point il a raison.
Je tape le code de l'immeuble. Tomlinson me l'a écrit ce matin sur un bout de papier au cas où. Je rentre dans le hall et me dirige directement vers les ascenseurs. Quatrième étage.
Je suis devant sa porte. Je frappe. Timidement, au début, mais rien ne se passe alors je frappe trois coups plus forts sur la porte avant de réaliser qu'il y a une sonnette juste à côté, comme dans tous les appartements, en fait.
Je m'apprête à appuyer sur le bouton, mais la porte s'ouvre sur Tomlinson. Il porte encore son tee-shirt gris détendu au niveau du cou et qui laisse apparaître ses clavicules. En bas, il ne porte que son boxer dont un bout de son tee-shirt est coincé dans l'élastique. Je viens de le réveiller. Je le vois à ses traits fatigués et ses cheveux en bataille sur sa tête. Il pose ses yeux sur moi et je vois la surprise se dessiner sur tous les traits de son visage :


— Mais qu'est-ce que tu fous là ?! T'es malade !
— Je...
— T'es taré ou quoi ?! Il me coupe, Imagine qu'Isaac ou un autre de mes cousins soit à l'appartement ! Putain, Styles, tu me saoules à faire des trucs aussi inconscients !
— Je peux dormir ici ?
— Quoi ?... Oh, ok.


Il soupire. Il ne s'est pas offusqué bien longtemps, mais je crois que c'est parce qu'il est vraiment crevé. Il ouvre sa porte pour me laisser entrer et enchaîne :


— Fais ce que tu veux, je retourne me coucher, j'ai trop mal à la tête.
— Tu m'étonnes, j'ironise en m'arrêtant devant la cuisine.


Il suit mon regard et s'arrête un instant sur les deux bouteilles de vins vides qui sont posées sur le sol.


— Il y avait les gars, tente-t-il de se défendre, sans trop de conviction.


Je fais semblant de le croire. Parce que j'en ai marre des problèmes. Parce que je ne veux plus les voir. Plus les entendre. Juste les ignorer. Chacun son truc pour s'en sortir.


— Je peux prendre une douche ? Je demande.
— Fais ce que tu veux.


Je me dirige vers sa salle de bains tandis qu'il va rejoindre son lit en traînant des pieds. Il a l'air vraiment mal, mais je ne crois pas qu'il ait envie d'en parler. Je rentre directement sous la douche et fais couler un jet d'eau chaude sur mon corps. Le coup que j'ai reçu à l'estomac commence à se transformer en hématome. J'ai mal dès que je glisse ma main dessus. Je me contente de reposer mes muscles endoloris sous le jet. Je reste une dizaine de minutes puis me décide finalement à sortir de là. J'attrape une serviette qui repose sur un portant, probablement celle de Tomlinson, et me sèche. Je retrouve rapidement les vêtements que j'ai laissé traîner en partant. Le short et le tee-shirt de sport. Je les enfile puis sors de la salle de bains.
Mon c½ur loupe un battement alors que l'héritier se tient juste en face de la porte, attendant ma sortie.


— Putain ! Tu m'as fais peur ! Je croyais que tu étais couché.
— Soulève ton tee-shirt.
— Franchement, je ne suis pas d'humeur pour ça ce soir.
— Soulève ton tee-shirt, Styles.


Je ne suis pas con. Je sais bien qu'il a compris.


— Arrête, je souffle, C'est bon.
— Soulève-le.


Je soupire puis obéis. Son regard se voile à l'instant où il pose ses yeux sur l'hématome. Pourtant, il s'y attendait. Enfin, je suis presque sûr qu'il s'y attendait.


— Ce n'est rien.
— Ouais, je sais, tu l'as mérité, crache Tomlinson avec amertume, Je les connais tes conneries. Va dormir sur le canapé.
— Quoi ?
— Il y a quelque chose que tu n'as pas compris ? Il m'interroge en feintant l'innocence, Dormir. Canapé. Je ne peux pas être plus clair.


Je ne vois plus ma soirée se terminer et je suis tellement fatigué de tout ça. Fatigué d'encaisser. Fatigué de subir la colère des autres. Je ne lui réponds pas et me dirige vers le canapé. Il ne me retient pas, mais je sens son regard dans mon dos, jusqu'à ce que j'entende soudainement un bruit de verre derrière moi. Je sursaute et m'arrête, totalement tétanisé.
Tomlinson vient de balancer son poing dans un miroir. Il saigne et les éclats de verre brillent partout autour de lui. Avant que je n'ai le temps de lui demander ce qu'il vient de foutre, il se met à hurler :


— MAIS PUTAIN STYLES, RÉAGIS !
— Pardon?
— Mais je te demanderais de me lécher les pieds, tu le ferais ? Il explose, le visage rouge de colère, Hein ? Tu le ferais ? Mais elle est où ta putain de fierté?
— Je...
— ELLE EST OÙ ?! Me coupe-t-il, alors que son poing continue de saigner, T'es un Styles, putain ! Un Styles ! Le soir où on s'est rencontrés, sur le pont, tu m'as dit que tu n'avais pas peur de nous. Mais plus je te connais et plus je réalise que tu m'as menti. T'es même pas terrifié, Styles, t'es juste abattu. Tu te laisses subir. T'as plus aucun instinct de survie. Tu te drogues, ton mec te tape dessus. Même le soir où on t'a brûlé le bras avec une cigarette, tu t'es à peine défendu !
— Vous étiez quatre et...
— ET ALORS ? Tu aurais pu essayer ! Tu aurais pu te venger !
— Je n'ai pas envie de ça.
— MAIS DÉFENDS-TOI, BORDEL !


Ses yeux sont gorgés de sang et de larmes. Je ne l'ai jamais vu comme ça.


— Arrête de me crier dessus ! Je m'emporte.
— Mais tu crois quoi ? Qu'il y aura toujours quelqu'un pour te sauver? T'as dix-sept ans ! Apprends à te débrouiller tout seul !
— Ok, je rétorque, froidement, Alors je me casse.
— NON ! Il hurle, Tu restes et t'arrêtes de fuir. Relève la tête, bordel ! RELÈVE TA PUTAIN DE TÊTE ET REGARDE-MOI DANS LES YEUX !
— Quoi ? Tu veux que je te casse la gueule ? Je m'emporte à mon tour.
— Mais tu ne serais même pas capable de le faire !
— Ne me provoque pas, je grince.
— Mais vas-y, il m'encourage, ce con, Vas-y !


Il ouvre les bras, prêt à recevoir son coup.


— J'ai mis ton cousin dans un fauteuil roulant. Je l'ai mis dans un putain de fauteuil roulant.
— Tais-toi.
— Mais frappe-moi, Styles ! Montre-moi qu'il y a quelque chose en toi d'encore vivant ! FRAPPE-MOI !


Je me remets à chialer, encore. Parce que, ouais, peut-être que je ne suis bon qu'à ça. Peut-être qu'il a raison. Je n'ai plus la force de me défendre.


— Putain, tu me fais pitié.


Tomlinson entre dans sa salle de bains. Pour se soigner, probablement. Parce qu'il est capable de le faire tout seul. Parce qu'il ne va pas aller chercher ses pansements et les ramener sagement sur le lit pour que je le soigne. Parce qu'il est réaliste et qu'il ne vit pas dans le même monde que moi. Parce qu'il sait que celui que je me suis créé est en train de s'effondrer, que je m'y accroche désespérément, et que c'est pour ça que je ne me bats plus. Parce que je préfère tomber avec mon monde, que de survivre dans le leur.
Je me dirige vers le canapé et m'y allonge. Je suis fatigué et je n'ai vraiment pas la force de trouver un autre endroit où dormir. Alors je partirai demain matin, à l'aube, et, peut-être qu'avec un peu de chance, il n'aura même pas remarqué que je suis resté pour la nuit.
Ma tête s'affale sur le cousin du canapé et je porte ma main à mon ventre. J'appuie doucement sur la peau et une grimace m'échappe. Putain, il ne s'est pas loupé. Je me demande ce que lui a fait subir Gemma après mon départ. D'ailleurs, la pauvre doit s'inquiéter. C'est la deuxième nuit que je leur refais le même coup. Mais, cette fois, ce n'est pas de ma faute. En plus, j'ai oublié mon portable dans ma chambre.
Je continue de ruminer mes pensées tandis que mes yeux s'alourdissent. Je m'apprête à m'endormir, mais je sens du mouvement à côté de moi. Je me permets de rouvrir les paupières et aperçois Tomlinson, dans la pénombre. Il vient de s'asseoir par terre, à côté du canapé, si bien que nos deux visages sont à quelques mètres l'un de l'autre. Son poing est bandé. Ses genoux remontés contre son torse. Il cale sa tête derrière le fauteuil qui est dans son dos. On se regarde, longtemps, parce qu'aucun de nous deux n'a vraiment envie de reprendre la conversation après ça.
Mes yeux parcourent son visage. Il a des cernes énormes, les yeux larmoyants, les traits fatigués. J'ai envie de dire quelque chose, mais aucun mots cohérent ne pourrait sortir de mes lèvres à cet instant. Parce que je suis totalement hypnotisé par son regard. Ses yeux. Ils sont tellement tristes. Je me sens tellement petit face à l'immensité du chagrin qu'on y lit.


— J'ai vu mon père abandonner aujourd'hui.


Ce sont les mots qui sortent de ses lèvres. Les mots qui brisent le silence de la pièce.


— Ne me fais pas ça, toi aussi.


Je hoche la tête, sans trop comprendre. Puis, finalement, j'avance ma main vers lui. Il me regarde pendant un instant puis joint la sienne à la mienne. Sa main blessée.


— Tu as mal ? Je demande.
— Oui. Et toi ?
— Oui... Mais moi je ne me suis pas infligé ça tout seul, je précise.
— Si, murmure-t-il, En quelque sorte.


Je ne réponds pas. Je me contente de caresser sa main avec mon pouce. Je le vois respirer calmement. Puis il ferme les yeux et murmure faiblement :


— Je suis épuisé.
— Après seulement une nuit blanche, je le taquine, Tu te fais vieux.
— Pas une.
— Quoi ?
— Ce n'était pas ma première nuit blanche, répond-il, Ça fait presque une semaine que je dors à peine.


Je me crispe. Involontairement.


— T'es con, pouffe-t-il.
— Je n'ai rien dit, je m'offusque.
— Tu fais cette tête... Genre, je viens de me taper la planète entière en une semaine.
— Oui bah, excuse-moi, mais je ne vois pas ce que tu peux faire d'autre pendant la nuit, je rétorque avec une pointe d'ironie dans la voix.
— J'étais au pont, il murmure, Je t'attendais.


L'abruti.


— Pourquoi tu n'es pas venu plus tôt ? Me demande-t-il.
— Azoff  me suivait partout. Je ne voulais pas qu'il voit... Notre endroit.
— Alors, maintenant, tu le partages ? Tu disais que c'était le tien.
— J'essaie de grandir, je murmure, un sourire en coin, J'apprends à partager.


Il sourit aussi, son pouce caresse la peau de ma main à son tour.


— Tu as appelé ta s½ur ? Reprend Tomlinson.
— J'ai oublié mon portable chez moi.
— Appelle-la avec le mien.
— T'es malade, je murmure, pas certain qu'il soit sérieux, Je ne vais pas faire ça.
— Elle ne connaît pas mon numéro.
— Ou j'appelle en masqué ? Je propose.
— Tu veux faire plus suspect, abruti ?


On pouffe de rire tous les deux. Puis il finit par lâcher ma main pour se relever. Il part récupérer son portable dans sa chambre tandis que je me relève du canapé. J'ai la tête qui tourne et mal au ventre au moment où les muscles de mon torse s'étirent. Tomlinson revient et me donne son portable. Je tape le numéro de Gemma puis j'attends. Elle ne met pas plus de deux secondes à répondre.


— Allô ? Harry ?
— Oui.
— T'es où putain ? Je suis tellement désolée. Je ne savais pas qu'il était...
— Calme-toi, je murmure, Je vais bien.
— Je suis désolée, elle répète, Je te jure qu'il ne te fera plus de mal. Il va disparaître de ta vie. Il l'a juré. Il ne reviendra jamais. Où es-tu ? Edward peut venir te chercher.
— C'est bon, je vais bien.
— T'es où ?
— Je ne rentre pas ce soir.
— Quoi ? Comment ça ? T'es où Harry ?


Je la connais, ma s½ur. Elle ne lâchera pas l'affaire. J'hésite à lui donner une fausse adresse et à m'y rendre pour rentrer à la maison. Sans faire d'histoires. Parce que je pense bien avoir explosé le quota de drames pour l'année en juste deux soirées.
Sauf que je reporte mon regard sur Tomlinson et qu'il est trop beau pour que je m'imagine une seule seconde partir d'ici sans avoir touché ses lèvres de nouveau.


— Je suis... Je murmure, mon regard ancré dans le sien, Je suis chez mon copain.
— Oh.
— Tout va bien, je continue, On se voit demain, Gemma. Merci pour ce soir. Je t'aime.
— Je t'aime aussi, Harry. Je te protégerai toujours.
— Je sais. Bonne nuit.
— Bonne nuit.


Elle raccroche alors je coupe la communication à mon tour et tends son portable à Tomlinson. Sauf qu'il est statique depuis cinq secondes. Le regard totalement vide et le corps figé.


— Détends-toi, je déclare, J'ai juste dit ça pour qu'elle se calme. Je ne vais pas te demander en mariage.


Il finit par sortir de son mutisme en se raclant la gorge et se retourne vers sa chambre, d'un air gêné.


— On va se coucher ?
— Oui, j'approuve d'un hochement de tête.


Tomlinson se dirige vers son lit et s'affale dessus en un bruit sourd. Il attrape la couverture à ses pieds et s'en recouvre tandis que je m'allonge à coté de lui. Il remonte la couette sur nos deux corps et sa tête s'enfonce dans l'oreiller. Il soupire d'aise. L'air de réaliser qu'il a quitté son lit trop longtemps. Je le regarde en souriant. Parce qu'il me fait rire. Tout est tellement étrange avec lui. On peut passer d'une dispute dramatique à quelque chose de simple et naturel en un quart de secondes. Parce qu'il est comme ça, lui. Il avance.
Je glisse ma main sur sa joue, dans le geste le plus cliché au monde, mais je le trouve cohérent à cet instant. Je m'avance vers lui et dépose mes lèvres à la commissure des siennes. Il sourit. Je l'embrasse une deuxième fois au même endroit. Sa main se relève pour glisser dans mes boucles brunes.


— Hey, Styles, susurre-t-il contre mes lèvres, Faudrait pas que ça devienne une habitude.
Ses doigts s'enroulent dans mes cheveux tendrement tandis que son souffle chaud se répand partout sur mon visage.
— Je pourrais m'y habituer, je rétorque.


Il m'attire à lui pour m'embrasser. J'ouvre ma bouche pour l'accueillir et mon corps glisse contre le sien. Il est chaud. Sa langue caresse la mienne tendrement. Sans passion parce qu'on est trop fatigués pour ça. C'est juste... Doux, lent, chaud. Tout ce dont j'avais besoin. Il joue avec mes cheveux tout en pressant sa bouche sur la mienne. Mon dieu. Qu'il est doué à ça. Je pourrais m'endormir contre ses lèvres tellement j'y suis bien. Il rend son baiser plus léger au bout de quelques secondes puis embrasse chastement mes lèvres avant de plonger vers mon cou. Il embrasse ma peau tendrement avant de s'arrêter. Il souffle durement contre moi :


— Styles ?
— Hum ?
— Ne me dis pas qu'il a essayé de t'étrangler ?


Je ne réponds pas et il remonte son visage tout doucement vers moi. Il pose son front contre le mien. Mes yeux sont ancrés dans ses iris bleus.


— C'est de ma faute ? Il demande, Il a vu les suçons sur ta peau ?
— Oui. Mais ce n'est pas de ta faute.


Il effleure nos lèvres. Doucement. Puis finit par redescendre dans mon cou. Il embrasse toute la peau rougie. Son souffle chaud glisse dans ma nuque. Puis Tomlinson embrasse ma mâchoire, remonte jusqu'à mon oreille pour me murmurer un « Bonne nuit, Boucle d'or » et rejoint nos lèvres de nouveau. Parce que c'est bon. Parce que j'en ai envie. Parce que j'aime ça. 
 


Chapitre six.
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SMS de Numéro inconnu à Mec d'Harry
11h30. Salut, c'est Gemma, la s½ur d'Harry. Je suppose que mon frère t'a dit ce qu'il s'est passé hier soir. J'ai fait en sorte que son ex ne l'approche plus. Mais si tu pouvais essayer d'être vigilant de ton côté aussi ce serait cool. Si tu le vois dans le coin, tiens-moi au courant ! Merci.
11h32. Ne lui dis pas pour ce SMS, il va encore péter un plomb ;)
 
SMS de Mec d'Harry à WTF
11h45. Je le ferai. Bonne journée. 
.
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____________________
.
Un assez long chapitre encore une fois, j'espère que vous avez aimé ! 
Moi je surkiff la chanson ahah ♥
Sinon je voulais remercier toutes les personnes qui essaient de faire partager le blog
(tous vos petits tweets me font trop plaisirs!!!).
C'est vraiment géniale de découvrir de nouveaux lecteurs et ça me motive trop à écrire ! 
xx 
 
 

Tags : #RunUpfic - #Acte2

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Comments :

  • RunningUp

    16/10/2015

    Visiteur wrote: "c'est parfait merci.
    "

    merci à toi pour le commentaire !

  • Visiteur

    19/09/2015

    c'est parfait merci.

  • RunningUp

    28/07/2015

    @Ihave5crush twitter wrote: "C'est possible de tuer Azoff virtuellement? Sérieusement, j'ai cru que j'allais exploser mon téléphone tellement il m'a énevée. J'espère jamais le recroiser sur cette fic ptn. Ou alors juste pour que Louis lui casse la gueule. Bref, sinon Louis et Harry sont trop cute ptn *-*"

    ahah moi j'adore le perso d'azoff !! :p

  • @Ihave5crush twitter

    27/07/2015

    C'est possible de tuer Azoff virtuellement? Sérieusement, j'ai cru que j'allais exploser mon téléphone tellement il m'a énevée. J'espère jamais le recroiser sur cette fic ptn. Ou alors juste pour que Louis lui casse la gueule. Bref, sinon Louis et Harry sont trop cute ptn *-*

  • DjannettePeaceNKikoolove

    04/06/2015

    De rien !
    Ah ok :)

  • RunningUp

    03/06/2015

    DjannettePeaceNKikoolove wrote: "J'aime beaucoup ce chapitre (je compte pas les fois ou je les lus et relus :) )

    Tu les prends d'ou tes gifs ??
    "

    merci !
    je prends mes gifs sur google image, tout simplement :)

  • DjannettePeaceNKikoolove

    01/06/2015

    J'aime beaucoup ce chapitre (je compte pas les fois ou je les lus et relus :) )

    Tu les prends d'ou tes gifs ??

  • RunningUp

    03/05/2015

    Mend wrote: "hiiiii,
    "Pas la force d'effacer la nuit précédente par celle-ci."
    BAM, j'suis in love, Harry est retourné chez Louis............ OUIIIIIIIII
    comme j'ai vraiment trop, t'es la meilleure!
    bisous x
    "

    ahah merci ! contente que ça te plaise ♥

  • Mend

    01/05/2015

    hiiiii,
    "Pas la force d'effacer la nuit précédente par celle-ci."
    BAM, j'suis in love, Harry est retourné chez Louis............ OUIIIIIIIII
    comme j'ai vraiment trop, t'es la meilleure!
    bisous x

  • HeLooksSoPerfect

    21/04/2015

    Hey! Non, je ne l'ai jamais lu mais je vais voir ça de ce pas!
    De rien! xx

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