Chapitre sept.

 
Info : le chapitre sept se déroule la même journée que l'extra deux qui concerne Zayn et Perrie, bonne lecture ! 
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Chapitre sept.

 
 
Louis Tomlinson
 
                Le vibreur de mon téléphone résonne contre le bois de ma table de nuit et je me réveille en sursaut. Saleté de réveil. Je me précipite sur l'objet pour l'éteindre et, par réflexe, je me retourne vers Styles. Il est toujours endormi. Rien ne le réveille, de toute façon. Je souris doucement en voyant ses lèvres vibrer par le souffle irrégulier qui sort de sa poitrine. Je crois qu'il rêve. Il a toujours ce visage sérieux et les sourcils froncés quand il rêve. Je le sais parce que ça fait une semaine qu'il dort ici, tous les soirs. Ça peut paraître étrange que ses parents l'aient autorisé à découcher en semaine, surtout à quelques semaines de l'examen de fin d'année qui déterminera son entrée à l'université. Je pense qu'ils s'en veulent par rapport à Azoff . De ne rien avoir vu. De l'avoir invité chez eux si souvent. De le lui avoir imposé la nuit où il lui a tapé dessus. Alors, ils l'autorisent à dormir chez son copain.
... Son copain ?
Je ne sais pas si je le suis. On n'en a jamais parlé. Je pourrais même me demander si on est exclusifs l'un pour l'autre, mais vu qu'il passe toutes ses nuits ici, je ne me pose pas vraiment la question.
Il murmure quelque chose entre ses lèvres et se retourne sur le ventre, s'affalant de tout son long contre mon matelas. Il soupire d'aise. On dirait que cette position lui convient parfaitement. Je souris, encore, comme un idiot.
J'ai reçu un nouveau message de Gemma, mercredi dernier. Ça m'a fait rire, d'ailleurs. Elle me demandait juste de veiller à ce qu'il aille bien en cours car il est « hors de question qu'il redouble sa dernière année de lycée ». Je ne l'ai pas dit à Styles. Je crois qu'il aurait été énervé de savoir que sa s½ur me demande ça à moi.
On n'a jamais vraiment recouché ensemble depuis la première nuit qu'il a passé ici. On passe nos soirées à discuter ou mater des films. Bien sûr, on s'embrasse pendant presque une heure avant de s'endormir mais, à part quelques rares nuits blanches, on n'a jamais été plus loin. Je crois qu'il faut qu'on y aille doucement. Qu'on arrête de rendre ça si important parce que ça va finir par le devenir. Alors, on ralentit les choses. Y a certains soirs où on prétend juste être deux potes qui se retrouvent après leur interminable journée. On joue à la console dans mon salon et on boit de la bière. Ça dure jusqu'à ce qu'un de nous deux sorte de la douche torse nu et les cheveux mouillés et, là, on oublie toutes nos résolutions et on se saute dessus. Généralement, ouais, on se saute dessus. Parce qu'on n'arrive pas encore à le contrôler complètement. Le désir qu'on ressent l'un pour l'autre, je veux dire.
Styles ronronne contre l'oreiller et ça me fait un peu mal de le tirer de son sommeil, mais je n'ai pas vraiment le choix. On est vendredi aujourd'hui. Il a cours et moi, une réunion importante qui m'attend.
Je me penche vers lui et embrasse sa joue avant de murmurer à son oreille : « Debout, Boucle d'or ». Il sourit quand je l'embrasse encore, un peu plus près des lèvres, mais fronce des sourcils au moment où je répète qu'il doit sortir du lit. Il attrape la couverture et la remonte jusqu'à son visage pour se cacher en-dessous.
 
— Non, souffle-t-il.
— Styles, arrête de faire le gamin.
— Je dors.
— T'as cours.
 
Il pouffe de rire avant de répliquer de sa voix rauque du réveil :
 
— Chut. On dirait mon père.
— Ton père te réveille comme ça ? Je chuchote en glissant ma main le long de son torse nu.
 
Styles se retourne complètement pour s'allonger sur le dos, me laissant un total accès à ce que je m'apprêtais à faire. Ma main caresse sa peau chaude de la nuit et je m'arrête à son nombril, titillant cet endroit là avec mes doigts, tandis que j'embrasse son épaule doucement à plusieurs reprises.
 
— Descends plus, murmure-t-il, les yeux encore fermés et les joues rougies.
— Non, je souffle, On n'a pas le temps.
— S'il te plaît.
— On doit être partis dans une demi-heure.
— S'il te plaît, répète-t-il en se tortillant sous moi, Ça fait trop longtemps, Tomlinson.
 
Je le sais. Oui, putain, je le sais. Parce que j'en ai autant envie que lui. Mais on ne sortira jamais de ce lit si je commence à le toucher.
 
— Non, je murmure plus catégorique, Debout !
 
Un son plaintif s'échappe de ses lèvres tandis que je me relève du lit en un bond. Je soulève la couverture et remarque qu'il bande. Seigneur. Il me faut une douche froide. Je saute du matelas pour atterrir brutalement sur le sol de ma chambre. Je vais ouvrir les volets électroniques tandis que Styles se cache sous ma couverture en grommelant.
 
— Sérieux, Styles, lève-toi ! J'ai été en retard presque toute la semaine à cause de toi !
— Qu'est-ce que t'en a à foutre ? Il me rétorque, Ton père n'est même pas là.
 
On s'arrête tous les deux. Ouais, il n'est pas là. Il est dans un putain d'hôpital.
 
— Désolé, reprend Styles en se retournant vers moi, sa tête sortant de l'épaisse couette en plume, Je ne voulais pas dire ça. Excuse-moi.
— C'est bon, je souffle, Lève-toi, c'est tout.
 
Mon regard bifurque vers la fenêtre. Il pleut à torrents dehors. Une averse du printemps. Ça ne donne clairement pas envie de sortir d'ici.
 
— Je vais à la douche, j'informe Styles avant de sortir de la chambre, T'as intérêt à être levé quand je reviens sinon je te laisse ici toute la journée.
— Oui, me répond-il vaguement, si bien que je doute qu'il ait compris ce que je viens de lui dire.
 
Je rentre dans ma salle de bains et ôte mon seul vêtement, un short de sport bleu marine, avant de m'enfoncer dans la cabine en verre. Je voulais prendre une douche froide, mais, finalement, le temps maussade m'en dissuade. J'allume le jet d'eau chaude et profite de ce moment de relaxation. Le jet brûlant détend mes muscles et je fais mousser mon savon sur ma peau nue. L'odeur envahit la pièce. Un mélange chimique de plantes exotiques. Genre, gel douche d'homme pour le sport. Styles déteste ça. Lui, il utilise toujours le savon de sa s½ur. Je ne sais pas. Il dit qu'il aime bien. Ça sent la vanille et le lait de coco. Ça me fait rire qu'il l'assume autant.
Je me savonne le torse en rêvassant jusqu'à ce que la porte en verre s'ouvre sur Styles. Il pénètre dans la douche, comme ça, sans rien dire, et c'est la première fois qu'il fait ça. Qu'on fait ça. Être ensemble dans la douche. Sauf que ça ne paraît pas bizarre. Je me demande même pourquoi il ne m'avait jamais rejoint avant.
Il a des cernes énormes sous les yeux et l'air encore endormi car ils sont petits et s'ouvrent difficilement à cause de la lumière de la salle de bains. Son corps est parsemé de suçons de toutes les couleurs. Jaunes pour ceux qui sont en train de disparaître. Des roses qui datent d'il y a quelques jours. Et les tout nouveaux de hier soir, les rouges foncés, qui tirent presque au violet. Dieu, qu'il est beau.
Styles se glisse dans mes bras. Il tremble de froid parce qu'il vient juste de sortir du lit et je sais qu'il recherche seulement de la chaleur. Je fais un léger pas en arrière pour que le jet d'eau chaude coule sur son corps. Sauf qu'il reste dans mes bras.
 
— Sérieux ? Je murmure, Je dois te doucher ?
— Je n'aime pas l'odeur de ton savon, murmure-t-il, la tête calée contre mon épaule.
— Désolé, mais je n'ai pas de trucs de meuf, ici.
 
Il râle, mais, comme j'ai un peu raison, il finit par répondre :
 
— Ça sent meilleur.
 
Il embrasse ma nuque doucement et ajoute :
 
— Et ton savon enlève ta vraie odeur.
— Alors quoi ? Je ne me lave pas ?
 
Styles finit par se relever de mon épaule. Il titube légèrement devant moi parce que je crois qu'il n'est pas tout à fait réveillé, je pose mes mains sur ses hanches pour le stabiliser. Je caresse sa peau mouillée doucement avec mes pouces.
 
— Laisse-moi faire, il murmure.
 
Je le fais. Je me laisse complètement faire quand il passe ses deux mains sur mon corps pour enlever la mousse. Ses doigts sont comme de la soie. Il me touche doucement, comme s'il avait peur de m'abîmer, ou comme s'il apprenait chaque ligne de mon corps par c½ur. Je me sens bouleversé. Bouleversé par la douceur qu'il met dans ses gestes. Bouleversé par l'attention qu'il y a dans son regard. On dirait qu'il explose de tendresse. Comme s'il n'avait jamais réussi à en donner avant, comme s'il avait besoin de tout ressortir maintenant, parce que quelqu'un est enfin prêt à la recevoir. Et là, je lui donne la possibilité de l'exprimer. Il me touche comme il ne l'avait jamais fait. On me touche comme on ne me l'avait jamais fait. Ses doigts sont comme un courant électrique. Chaque parcelle de ma peau est sensible à l'endroit qu'il trace. Styles s'amuse plus longtemps sur mes suçons. Il sourit à certains d'entre eux, l'air de se souvenir du moment où il les a fait. Je commence à bander, mais ça ne l'intéresse pas. Je crois qu'il se venge de ce que je viens de lui faire plus tôt. Mais c'est la plus douce des vengeances. C'est tellement bon. Je pourrais rester des heures sous la douche, simplement à le regarder me toucher comme si j'étais la huitième merveilles du monde.
Mais, très vite, trop vite, la réalité me rattrape.
 
— On doit y aller, je murmure, la voix pas très stable parce que je réalise que je me retenais réellement de pleurer de plaisir.
— Hum, répond Styles, qui n'en a strictement rien à foutre.
 
Ses doigts glissent jusqu'à mon aine. La seule partie de mon corps qu'il n'avait pas encore osé toucher.
 
— Non, je souffle alors que mon corps entier lui hurle l'inverse, On va être en retard.
 
La main de Styles recouvre mon sexe et un gémissement s'échappe de mes lèvres. Il relève son regard vers moi. Ses iris verts se plantent dans les miennes. L'eau continue de couler sur son corps, dans ses cheveux et il m'interroge du regard. Il m'interroge sincèrement du regard. Parce que j'ai dit « non » et je crois que ça l'a vexé. Je hoche de la tête lentement pour l'inciter à continuer. Ça ne dure que quelques minutes parce que j'étais déjà trop excité pour supporter quoi que ce soit. Il aspire mes gémissements en m'embrassant fermement. Je suis bloqué entre la paroi de la douche et son corps. Je jouis sur lui après un énième mouvement de va-et-vient. J'halète, complètement. Dévasté et tellement soulagé. C'est vrai que ça faisait longtemps. Trop longtemps.
Styles sourit puis nous ramène sous le jet d'eau pour laver le sperme sur son corps. Je suis encore trop atone pour comprendre quoi que ce soit donc il finit par me laver aussi. Doucement et en m'embrassant tout le long de la mâchoire. Puis il finit par couper l'eau et on sort tous les deux de la cabine. Il y a de la buée partout et on ne voit presque rien. Styles prend la serviette en coton posée sur le lavabo et il nous en recouvre tous les deux. Il profite de notre proximité pour m'embrasser de nouveau dans le cou tandis que ses mains frictionnent mon dos fermement.
Et, putain, j'aimerais avoir la force de bouger pour l'essuyer, pour le serrer dans mes bras, pour l'embrasser, pour lui rendre le plaisir qu'il m'a donné, mais je n'y arrive pas. Ce n'est pas seulement le contrecoup de l'orgasme. C'est juste... Ça vient de m'éclater à la gueule. « Ne pas rendre ça important ». Tu parles. C'est trop tard. Tellement, tellement, tellement trop tard.
 
— Sérieux, murmure Styles, Je dois t'habiller ?
 
Je fais non de la tête doucement et me sépare de lui. Il faut que je me reprenne. Il faut vraiment que je me reprenne. Je passe une main dans ses cheveux bouclés qui gouttent devant ses yeux. Il sourit parce que je sors enfin de mon état de béatitude.
 
— Je te promets que ce soir, je saurais te le rendre.
— Je n'en doute pas, pouffe-t-il, Mais je ne peux pas ce soir.
— Quoi ? Pourquoi ?
 
Je m'énerve. Je sais, c'est con, il ne m'appartient pas. Mais ça m'énerve qu'il passe une soirée sans moi.
 
— Relax, souffle-t-il, se dirigeant vers son uniforme qu'il avait laissé dans la salle de bains, Je passe la soirée avec ma famille.
— Un vendredi soir ? Je m'insurge.
— Ouais... Murmure-t-il en commençant à s'habiller, Gemma m'a envoyé un message cette nuit. Elle dit que je lui manque. Ça fait presque une semaine que je ne suis pas rentré, juste pour récupérer des fringues propres et mes cours, alors ils pensent tous que je leur en veux. Mais ce n'est pas de leur faute.
— Un peu quand même, j'insinue.
— Non, me coupe-t-il froidement, Ils ne savaient pas.
— Moi, je savais. Alors qu'on se voyait à peine à l'époque.
— Et t'as fait quelque chose ? Il réplique.
 
Je ferme ma gueule. Parce que, clairement, je l'ai méritée celle-là.
 
— Bref, reprend Styles en boutonnant sa chemise blanche, Gemma m'a dit qu'ils voulaient qu'on se fasse une soirée entre nous ce soir donc j'y vais. Et... Ils me manquent aussi.
— Je comprends.
— Sinon tu comptes rester nu encore longtemps ? M'interroge-t-il, Parce que là tu commences vraiment à me tenter.
— Pas moyen, je l'arrête en sortant de la salle de bains, On y va, je suis sûr qu'on est déjà en retard en plus.
 
Je me dirige vers ma chambre et enfile mon costard et ma cravate. Je n'aime pas m'habiller comme ça, mais, aujourd'hui, je n'ai pas le choix à cause de cette foutue réunion. En plus, c'est la première que je vais la faire sans mon père à mes côtés, je ne dois pas me louper. Et ne pas être en retard, bordel !
 
— STYLES ! Je hurle, On y va !
 
Je me précipite dans mon salon et il est déjà prêt, un sourire en coin. Je me précipite sur mes derbies que j'enfile sans les lacer et attrape mes clefs qui traînent sur la table basse du salon. Styles me suit sans rien dire. Il sait que je suis stressé à cause de la réunion et je me demande, maintenant, si ce n'est pas pour ça qu'il m'a fait jouir tout à l'heure, pour me détendre. Parce que le connaissant, il aurait très bien pu se venger de la façon dont je l'ai réveillé et me laisser, frustré, toute la journée.
On entre dans la voiture sans parler. On n'aime pas trop ce moment où on doit sortir de l'immeuble pour rejoindre le parking. J'ai toujours peur que quelqu'un de ma famille soit dans le coin. Surtout Isaac, qui a tendance à se ramener un peu quand il veut.
Styles allume la radio et moi, j'enfonce les clefs dans le contact. Comme tous les matins, je le dépose à une vingtaine de minutes de son lycée. Je ne peux pas faire autrement. Il est scolarisé en plein quartier ennemi et on ne peut pas prendre le risque d'être vus ensemble.
Je roule assez vite pour ne pas être en retard à mon rendez-vous et Styles regarde le paysage. Quand je m'arrête à l'endroit habituel. Il fronce des sourcils sans bouger de place.
 
— Qu'est-ce que t'attends ? Je l'interroge, Bouge ! Je suis déjà en retard.
— T'es sérieux ? Il gueule, Il pleut à mort dehors, je ne vais pas faire le trajet à pied !
— Oh tu n'es pas en sucre, je soupire.
— Mais vas-y ! Il s'énerve, Personne ne va te voir. Rapproche-moi, au moins !
— Non, je n'ai pas le temps ce matin.
— Tomlinson ! Je vais être complètement trempé !
— Fais du stop.
— PUTAIN !
 
Il détache sa ceinture et s'apprête à actionner la poignée.
 
— Hey, je le retiens, Ne fais pas la gueule pour ça.
— Il n'y a que moi qui fais des sacrifices dans cette histoire.
— Pardon ?
— Je me planque. Je mens à mes parents, à ma s½ur, à mes cousins. J'utilise leur culpabilité pour ça. Je reviens en douce pour récupérer des affaires chez moi. Je me douche avec un savon dégueulasse. Je me tape trois kilomètres à pied tous les matins.
 
Toujours à exagérer, ce type.
 
— Ça me saoule, sérieux.
— Je sais.
— Tu peux me déposer plus près ? Il me demande, plus doucement.
 
Ah, putain. Je regarde l'heure sur le cadran de ma voiture. Je suis déjà en retard. La réunion va commencer dans une demi-heure et j'aurais aimé manger un truc avant d'y aller, histoire de ne pas gargouiller comme un con devant les investisseurs.
 
— Ok, laisse tomber, soupire-t-il en ouvrant la portière, Bonne journée.
— Styles !
— Quoi ?
— Je suis désolé.
— Ouais, c'est bon.
 
Il claque la portière et je vois la pluie dégouliner partout sur ses épaules. Il est fâché. Mais, clairement, je n'ai pas le temps de m'y attarder. Je redémarre et m'en vais. Je sais qu'il va me détester, mais je saurai me faire pardonner, plus tard.
En une quinzaine de minutes, je me retrouve garé sur le parking privé de la boite. Je rejoins le bâtiment et me réfugie dans le hall, passant rapidement une main dans mes cheveux pour ôter les gouttes de pluies qui s'y sont accumulées. Isaac m'attendait dans le hall et s'empresse de me rejoindre.
 
— J'ai cru que tu allais encore être en retard.
— Non, réunion, je souffle brièvement avant de me diriger vers la cafétéria du rez-de-chaussée.
 
Isaac me suit, en costume cravate, et je me retourne brutalement vers lui :
 
— Mais qu'est-ce que tu fous là, en fait ?
— On est vendredi, je suis toujours là le vendredi.
 
Pas faux.
Je me dirige vers le comptoir et achète une brioche et un café alors que je sens le regard accusateur d'Isaac dans mon dos. Il sait que je suis complètement ailleurs. Bien sûr qu'il est là, le vendredi. C'est la seule journée où il n'a pas cours. Alors, il vient me filer un coup de main dans l'entreprise.
On forme plutôt une belle équipe. J'ai l'expérience, depuis que je travaille avec mon père et lui a la théorie que lui enseigne son école de commerce à trente mille livres l'année. Ça me rassure qu'il soit là, ça me rassure de savoir qu'il sera probablement co-PDG avec moi et qu'on vivra cet enfer ensemble. Ça me rassure qu'il m'accompagne à cette putain de réunion. Je réalise que je n'ai pas été très cool avec lui, depuis ce matin.
 
— Excuse-moi, je murmure en attrapant le café que me tend la serveuse, Je ne suis pas bien réveillé.
— Je vois ça. C'est la réunion qui te stresse ?
— Ouais, un peu, je lui avoue.
— Ne t'inquiète pas Louis, tu n'es pas tout seul.
 
Je lui rends son sourire et on va s'installer à une table de la cafétéria. On a encore dix minutes devant nous et j'ai besoin de relaxation.
 
— On fait un truc ce soir ? Je propose.
— Tiens ! S'étonne-t-il, Toi qui m'as jeté toute la semaine.
— J'étais crevé. Et puis là, c'est le week-end.
— Boîte ? Il propose.
 
Je rechigne d'un geste de la tête. C'est con, mais j'ai ce sentiment que je n'ai pas le droit d'y aller. Plus maintenant. Parce qu'on sait tous ce que « aller en boite » veut dire chez les Tomlinson et que, de ce côté-là, je suis plutôt comblé.
 
— Tu veux faire quoi alors ? Me demande Isaac.
 
Mon portable vibre dans la poche de mon smoking et je le sors pour lire le message que je viens de recevoir. Une photo de Styles apparaît sur l'écran. Il est complètement mouillé, les cheveux aplatis sur la tête et sa veste d'uniforme trempée. Il me fait un doigt d'honneur, ce con. Je pouffe de rire en me mordant la lèvre. Putain qu'il est canon. Même avec cette gueule.
 
— Merci de partager, ironise Isaac.
— Non, ce n'est rien, je rétorque avant de prendre une photo de mon café.
— Du coup, tu veux faire quoi, ce soir ?
 
Je lui envoie la photo de mon petit-déjeuner posé devant moi, accompagné d'un message : "Juste le temps de manger, bonne journée ;) ".
 
— Pardon ?
— Tu veux faire quoi, ce soir ? Répète-t-il, exaspéré.
— Euh, je ne sais pas, on peut regarder un match de foot chez moi.
— Je ne pense pas qu'il y ait une équipe intéressante à voir.
 
 
SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup
8h41. T'es trop un connard en vrai.
 
 
— Bon Louis, tu ne veux pas lâcher ton portable !
 
 
SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
8h41. Désolé babe xx
 
 
— Louis !
— Quoi ?
— Mais je te parle, putain !
— Oui bah quoi ?
— Putain, il grince, Je te dis qu'il n'y a pas de match ce soir.
— Et alors ?
— Mais...
 
 
SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup
8h41. Tu crois qu'un surnom à la con va laisser passer le fait qu'une putain de brioche passe avant moi ?
 
SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
8h41. Une brioche aux pépites de chocolat.
 
SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup
8h41. Va te faire foutre !
 
 
— Oh vas-y, t'es chiant !
 
Le bruit de chaise grinçant contre le parquet me fait quitter les yeux de mon écran de téléphone. Isaac vient de se lever, l'air furieux, et je repose mon portable sur la table.
 
— Hey, excuse-moi. Je suis...
— C'est qui ? Me coupe-t-il.
— Un pote.
— Ton plan cul ?
— Si tu veux.
— Et bien, je te laisse avec lui, il a l'air de mieux savoir te détendre que moi.
— T'es jaloux ? Je pouffe.
— Ta gueule !
 
Je me retiens d'exploser de rire et observe mon cousin quitter la cafétéria. On est tous possessifs dans cette famille, je crois que c'est presque devenu maladif.
J'attrape mon portable que je range dans la poche de mon smoking avant de sortir à mon tour. Je cours un peu pour le rattraper et me plante devant lui alors qu'il attend devant l'ascenseur.
 
— Ok, je déclare, On reprend. Tu vas bien ?
— C'est bon Louis, lâche-moi.
— Quoi ? Qu'est-ce que t'as ?
— Pourquoi tu ne veux pas me le présenter ? M'interroge-t-il en se retournant vers moi, On ne se cache jamais rien d'habitude.
— Ça fait juste une semaine, je rétorque.
— Alors c'est officiel ?
— De quoi tu parles ?
— Genre... C'est ton copain ou quoi ?
— Non. Oui. Je ne sais pas !
 
Les portes de l'ascenseur s'ouvrent et on s'engouffre tous les deux à l'intérieur. J'appuie sur le bouton du deuxième étage et Isaac enchaîne:
 
— Vendredi prochain, il y a la soirée d'ouverture du KOKO.
— KOKO ?
— La nouvelle boite. Tout le monde y va.
— Hum, je murmure vaguement, faisant semblant de ne pas l'apprendre à l'instant.
— Viens avec ton copain.
— Hors de question, je le coupe.
 
L'ascenseur arrive à destination, mais mon cousin me retient alors que je m'apprête à en sortir :
 
— C'est quoi l'arnaque Louis ? C'est un mec de l'entreprise ? Notre jardinier ? Une meuf ? Une de mes ex ?
— Mais non ! Je soupire en rejoignant le hall, Qu'est-ce que tu racontes ?
— Pourquoi tu es aussi mystérieux ?
— Ça ne fait qu'une semaine, merde ! Je répète, exaspéré.
— Sauf que dans tes yeux, on dirait que ça fait des années.
— Oh, casse-toi avec tes phrases à la con.
— Tu aurais vu ta tête quand tu as reçu son message, tout à l'heure.
 
Je me dirige vers mon bureau pour récupérer mes dossiers pour la réunion. Je sens Isaac sur mes pas. Je ne lui réponds pas donc il ne relance pas la conversation. Je sais qu'il a abandonné. Mon cousin n'est pas du genre insistant et il a compris que je n'avais pas envie d'en parler.
Je récupère tous mes papiers et on rejoint directement la salle de réunion, sans parler, ni même se regarder. Les investisseurs ne sont pas encore arrivés, mais on prépare la salle avec les autres employés de la banque. Je commence à stresser et je réalise soudainement que je n'ai même pas répondu à Styles. Je sors mon téléphone de ma poche et remarque qu'il m'a envoyé un autre message entre temps.
 
 
SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup
8h46. Rate ta réunion.
 
SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
8h58. Rate ton A-level.
 
SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup
8h58. Rate ta vie.
 
SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
8h58. Avec toi ? Ce serait un plaisir. 
 
                                                                          ▲


Chapitre sept.

 
 Harry Styles
 
                Je regarde le jeu de Monopoly d'un air dépité. Je suis en train d'halluciner. Quand Gemma m'a proposé de passer la soirée en famille, je pensais qu'on irait boire un verre en ville avec les cousins, mais ça fait une heure qu'on est plantés devant ce jeu à la con. Je ne sais pas ce qui leur a pris, à tous. Parce qu'ils ont l'air heureux, c'est ça qui est grave. On est vendredi soir et on joue à un jeu de société dans le salon. Perrie et Liam sont les seuls à avoir réussi à s'échapper de la soirée. Perrie ayant rendez-vous avec leur précieux Pâris, il était hors de question de gâcher ça. Liam, quant à lui, est simplement en train de baiser avec Jade, mais ça, personne ne le sait puisque tout le monde le croit en train d'étudier chez un gars de sa classe. Un vendredi soir. Connerie monumentale.
 
— Harry, à toi, lance ma s½ur en me jetant les dés.
 
Je regarde son jeu et le mien. Elle a tout gagné et le plateau est rempli de sa couleur rouge. Moi, en noir, je fais tâche dans une famille de banquiers. Aucun doute que le destin ait joué un rôle dans la place de nos naissances.
Je lance les dés et déplace mon pion, sans grande conviction. Comme d'habitude, je dois de l'argent à Gemma parce que je viens d'atterrir sur une de ses « prises ». Je lui donne l'argent et elle me fait cadeau de deux billets parce que je fais trop pitié, selon elle. J'ai bien envie de lui répondre que jouer au Monopoly fait pitié en soi, mais je garde ma remarque pour moi. Pour une fois qu'elle a l'air de penser à autre chose qu'aux Tomlinson.
 
— En fait ! S'exclame Edward, Vous avez vu que la soirée d'ouverture du KOKO est avancée à vendredi prochain ?
— Je sais. J'ai reçu les cartons d'invitation tout à l'heure, lui répond Gemma.
 
Bien sûr. On est invités à la soirée d'ouverture.
 
— J'en ai pour tout le monde, reprend-elle, Niall... Tu viendras ?
— Je ne pense pas.
— Allez, insiste Edward.
— Je ne peux même pas danser.
— Tu peux boire, renchérit-il, Et mater les meufs, surtout. Tu crois que je danse en boîte, moi ?
— Et toi, Harry ? M'interroge Gemma, Tu te ramènes, hein ?
— Je ne sais pas.
— Tu déconnes ?
 
Je reconnais que ce n'est pas mon genre de manquer des soirées, surtout des soirées comme celles-ci, mais la façon dont Gemma et Edward me regardent me saoule déjà. Leur yeux ont l'air de dire : «putain, tu ne comprends même pas ce que tu loupes» et j'aimerais qu'ils lisent dans les miens que j'ai bien mieux à faire que cette soirée.
Voir Tomlinson, entre autres.
Je sais que mes parents n'accepteront pas que je découche une deuxième semaine, donc je dois attendre le week-end prochain pour le revoir. Hors de question que je perde mon temps dans une soirée à la con.
 
— T'es sérieux ? Reprend Edward face à mon silence, Il y aura tout le monde !
— T'as prévu quoi d'autre, de toute façon ? Enchaîne Gemma.
 
Ils froncent tous les deux des sourcils, l'air de ne pas vouloir me lâcher. Seul Niall ne réagit pas. Parce que je pense qu'il n'en a strictement rien à foutre de ce que je vais faire de mon vendredi soir.
 
— Rien, je murmure, J'ai juste dit que je ne savais pas si je venais.
— Tu sais que ton copain a le droit de venir, reprend ma s½ur.
 
Elle a ce sourire sur son visage. Un sourire fier et amusé. Avec Gemma, on a toujours été très proches, mais on ne se confie jamais sur nos vies sexuelles. Je sais que sa remarque n'ira pas plus loin, donc je ne commente pas et les autres reprennent le jeu, l'air de rien. Je me fais encore chier pendant une vingtaine de minutes, jusqu'à ce que je perde définitivement et m'enfonce dans le canapé en observant les autres continuer la partie.
Gemma est aux anges parce qu'elle gagne. Cette fille est une compétitive acharnée. Edward s'énerve parce qu'il déteste perdre. Et Niall joue sans grande conviction. Je crois que le jeu ne lui plaît pas, mais il apprécie simplement le fait qu'on passe une soirée avec lui. C'est vrai qu'il ne nous accompagne jamais dans les bars ou les boîtes, donc il est souvent tout seul ici. Ou avec Perrie qui ne le lâche jamais, excepté les soirs où elle retrouve cet abruti de Pâris ou ses copines.
Le téléphone de Gemma sonne sur la table du salon et ma s½ur s'empresse de décrocher. Elle s'éloigne du salon et, à son froncement de sourcils, je devine que quelque chose ne va pas. Sans grande surprise, elle revient quelques secondes plus tard dans le salon, sa veste sous le bras.
 
— Edward, j'ai besoin de toi et de ta voiture.
— Vous allez où ? Je m'empresse de demander.
— Pâris vient d'appeler. Perrie s'est barrée sans le prévenir de leur rendez-vous. Il dit qu'un mec louche est apparu.
 
Zayn Tomlinson, dans toute sa splendeur, je suppose.
 
— On va la récupérer.
— Où ça ? Je demande, me relevant pour lui faire face.
— Je ne sais pas, quelque part.
— On est à Londres, c'est immense.
— En enlevant les quartiers Tomlinson, ça ira plus vite, répond Edward.
 
Et Dieu, ce que j'ai envie de rire.
 
— Je viens avec vous, je déclare.
— Non, m'arrête Gemma d'un ton catégorique, Tu restes là.
— Pardon ? Je n'ai pas deux ans !
— Ça n'a rien à voir, soupire-t-elle en enfilant sa veste.
— Alors, pourquoi je ne viens pas ?
 
Gemma me fusille du regard, sans prendre la peine de répondre, et finit par sortir du salon, sans un mot. Edward la suit et je reste muet, quelque instants. Mais qu'est-ce qui lui prend ?
Furieux, je la rejoins dans le hall et me plante devant la porte pour les empêcher de sortir.
 
— Pourquoi je ne viens pas ? Je répète.
 
Ma s½ur soupire d'un air las avant de se retourner discrètement vers le salon qu'elle vient de quitter. Puis elle se retourne vers moi et chuchote doucement :
 
— On ne laisse pas Niall tout seul.
 
Je reste le souffle court. Je n'y avais même pas pensé. Rester seul avec Niall.
 
— Non, je murmure tremblant, Non, non, non.
— Tu peux le faire, Harry.
— Edward peut rester là. Je viens avec toi, je propose, paniqué.
— Non, on prend sa voiture, ne sois pas stupide.
 
Stupide ? Ouais, peut-être. Et lâche. Et con. Et je m'en fous.
 
— S'il te plait, Gemma, ne me fais pas ça. Je ne peux pas.
— Je lui ai promis qu'on passerait la soirée avec lui, reprend-elle sèchement, Et je tiens mes promesses.
— Alors toi, reste.
— Ne sois pas ridicule. Je dois retrouver Perrie avant qu'un Tomlinson ne tombe sur elle avant nous.
 
Oh mon Dieu, mais ils sont tous cons, c'est effroyable.
 
— Je ne peux pas, je murmure.
— On revient dans deux heures, maximum, rétorque Gemma, Je suis sûre que Perrie est dans un bar avec ses amis. On sera de retour bientôt. Faites une autre partie.
— Tu me parles encore sérieusement de ton putain de Monopoly ? Je m'emporte, Je n'en ai rien à foutre de ton jeu !
— Harry. Tu as dix-sept ans. Alors, prends sur toi.
— Mais je...
— Et arrête de faire ton gamin. Pense à lui, à ce qu'il peut ressentir. Nous aussi, on n'aime pas le voir comme ça, mais on l'a accepté. On est avec lui. On est une famille, bordel. Arrête pour une fois d'être aussi égoïste.
 
J'ai l'impression que mon c½ur va exploser. Littéralement. Je souffre trop pour supporter une seconde de plus l'existence. Tout ce que j'ai toujours pensé de moi, tout ce qui me fait mal, elle vient de me le balancer à la figure, comme ça. Ses yeux pensent tellement ces mots. Je n'arrive même plus à la regarder. Je ne supporte pas que ma s½ur ait une telle image de moi. Edward ne dit rien et ils sortent tous les deux de la maison. La porte claque, mais ça ne sera jamais aussi violent que la gifle que je viens de me prendre. Je suis complètement atone. Si bien que je fais simplement ce qu'elle me dit. Je retourne dans le salon, comme un zombi, et m'assois sur le canapé.
Niall a les yeux rougis. Bien sûr, il a tout entendu.
Et moi, je reste là, sans rien dire, la gorge trop nouée pour essayer de paraître normal. Je ne le suis pas et je ne l'ai jamais été, normal. Quelqu'un de normal saurait parler à son cousin. Quelqu'un de normal aurait un minimum de compassion, de pitié, d'amour. Moi, j'ai l'impression de ne rien avoir. D'avoir tout caché si profondément que je suis incapable de retrouver tous ses sentiments.
J'avale ma salive doucement et entends la voix étranglée de Niall :
 
— Pars, si tu veux.
 
Je ne réponds même pas. Je ne le regarde même pas. Je baisse la tête, tordant mes doigts dans tous les sens.
 
— Pars, répète-t-il durement.
— Oui, je finis par murmurer, Je suis un peu fatigué, de toute façon.
 
Putain, même ce mensonge a du mal à passer mes lèvres tant il est pathétique. Je me lève, évite son regard qui me brûle le dos. Et je le laisse là. Je ne l'aide même pas à remonter dans sa chambre.
 
— Harry ? M'arrête-t-il.
 
Je me stoppe, à l'entrée du salon, sans me retourner.
 
— Regarde-moi, murmure-t-il.
 
Je ne bouge pas. C'est à peine si je respire.
 
— Juste une fois... Regarde-moi.
 
Mon souffle est de plus en plus douloureux. Tout est de plus en plus douloureux. J'aimerais dire à mon corps de se mouvoir, mais j'en suis incapable.
 
— MAIS REGARDE-MOI ! Explose t-il brusquement, Je ne suis pas un monstre ! Je suis juste handicapé ! Ce n'est pas contagieux, MERDE HARRY !
 
Putain, c'est la première fois que je l'entends s'énerver comme ça. Que je l'entends me crier dessus. C'est peut-être même la première fois que je l'entends dire le mot « handicapé ». Je me retourne enfin vers lui, relevant mes yeux pour intercepter son regard. Je suis incapable d'arrêter les larmes qui coulent soudainement sur mes joues. Je vois les siennes, ses larmes. Non, putain, c'est trop dur. Je ne peux pas. Je ne peux pas supporter ça.
Je me retourne de nouveau pour quitter la pièce.
 
— Reste-là ! Beugle t-il, furieux.
 
Je crois qu'il pleure encore plus parce qu'il réalise que, si je partais en courant, il n'aurait aucun moyen de m'arrêter. Je ne peux pas lui faire cet affront. Je reste dos à lui et je l'écoute, même si je rêverais de m'enfuir le plus loin possible de sa douleur.
 
— Harry ? M'appelle-t-il.
 
Je me retourne vers lui, pour le regarder. Parce que je ne supporterais pas ma lâcheté une seconde de plus.
 
— Harry, répète-t-il, plus calmement, Il faut que tu saches... Que je ne t'en veux pas, putain. Alors arrête de te punir parce que tu me punis aussi en faisant ça.
 
Je sens mes jambes trembler et il continue, ce con, sans réaliser que ses mots me détruisent de l'intérieur peu à peu :
 
— Je sais qu'on devait passer la soirée ensemble, ce soir-là. Toi et moi. Et tu m'as lâché pour rejoindre ce mec que tu venais tout juste de rencontrer. On devait aller au match de foot et t'as refilé ma place à Azoff . Alors, moi, je me suis incrusté à la soirée de mon frère. Je sais que tu penses que c'est de ta faute.
 
Je le pense ? Non, ça l'est. C'est de ma faute. Si je n'avais pas annulé au dernier moment, il ne serait pas dans ce foutu fauteuil et la culpabilité ne me boufferait pas les entrailles depuis plus de deux ans.
Mes jambes se décident finalement à lâcher et je tombe à genoux devant lui. Il est assis dans son fauteuil et, dans cette position, je comprends ce qu'il ressent depuis déjà trop d'années. Cette impression d'être en dessous, ce sentiment de faiblesse, et ce regard qu'on nous porte d'en haut. De là-haut, cet endroit qu'il ne peut plus rejoindre. C'est insupportable, insoutenable.
Mes sanglots redoublent et je laisse ma tête tomber sur ses genoux. Je sens ses mains attraper mes cheveux bouclés et il murmure, la voix étranglée, lui aussi :
 
— Je ne t'en veux pas.
— Je suis tellement désolé.
 
Mon Dieu. C'est la première fois que je le dis. Ça ne me soulage même pas, c'est presque pire.
 
— Ce n'est pas de ta faute, murmure Niall, C'est la faute de Louis Tomlinson.
 
Son nom. Il l'a écorché. Il m'a fait entendre à quel point la haine qu'il lui destine est violente et insurmontable. Alors, je pleure encore plus. Parce que c'est pour ça que je suis désolé. Désolé de ne pas haïr ce type comme je le devrais. Désolé de ne pas me rappeler sa douleur quand je suis avec lui. Désolé d'oublier. Désolé de pardonner. Désolé d'entretenir cette relation vouée à l'échec.
Non, vouée à rien du tout. Elle ne devrait même pas exister. Elle n'a aucun avenir, aucun destin, rien. C'est juste rien.
 
— Je suis désolé, je répète, inconsolable, Je suis tellement, tellement, tellement désolé.
 
Il ne répond pas. Il se contente de pleurer. Moi aussi. Parce que ça n'a pas vraiment de sens, de toute façon, alors qu'est-ce qu'on pourrait dire ? C'est trop tard. Le mal est fait. Je continue de le faire.
Je finis par me relever doucement et murmure en séchant mes larmes:
 
— Il y a quelque chose que je dois faire.
— D'accord.
— Tu as besoin d'aide pour monter dans ta chambre ?
— Non, je sais me débrouiller.
 
Je hoche de la tête et murmure un « Bonne nuit » étranglé. Puis, je sors du salon et rejoins enfin ma chambre. Je fais ce que j'aurais dû faire depuis le début.
 
 
SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup
0h13. On s'arrête là.
 
 
Les larmes dévalent mes joues.
 
 
SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
0h13. ??
0h14. Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
 
SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup
0h15. Rien, justement. Il n'y a rien entre nous et il n'y aura jamais rien. Ça ne sert à rien de se revoir.
 
SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
0h32. Donc, en gros, tu voulais juste que je te baise pour avoir une raison de quitter ton camé de copain.
 
 
Putain, c'que ça me fait mal. J'ai l'impression qu'on me déchire le c½ur. Mais hors de question que je me laisse faire.
 
 
SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup
0h34. Déjà tu ne m'as pas baisé et tu ne me baiseras jamais Tomlinson.
 
SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
0h40. T'sais quoi ? T'as raison. Autant que je prenne mon pied avec un vrai mec et pas un gamin traumatisé par le sexe.
 
 
Non, il ne déchire pas mon c½ur. Il le broie, il le piétine. Et je sais que c'est de ma faute. Je sais que c'est moi qui ai commencé, mais je ne comprends pas pourquoi il veut me faire autant de mal. Alors, j'essuie les larmes de rage qui coulent sur mes joues. Quel pauvre con.
 
 
SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup
0h41. Profites-en alors parce que quand ton père va crever, les seules personnes que tu pourras enculer, ce seront tes putains de clients.
0h42. Adieu.
 
 
J'ai tellement mal, putain. J'ai envie de mourir. Je me couche dans mon lit en cachant mon téléphone sous l'oreiller. Je ne sais pas combien de temps je reste à pleurer comme un con, mais je sais que quand j'entends des coups résonner contre ma porte, je ne pense même pas à essuyer mes joues. Gemma entre dans ma chambre doucement et s'exclame ahurie en me voyant :
 
— Harry, tu pleures ? Qu'est-ce qui se passe ?
 
Elle se précipite jusqu'à mon lit, s'assoit sur le bord, et enchaîne d'un air paniqué :
 
— C'est à cause de ce que je t'ai dit ? Mon Dieu, je suis désolée ! Je ne voulais pas.
— Non, je murmure, la voix étranglée, Ce n'est pas toi.
— C'est...
— Rien, je la coupe, Je ne veux pas en parler. Vous avez retrouvé Perrie?
— Non, justement.
— Justement ? Je répète, sans comprendre.
— C'est pour ça que je viens te voir. Elle ne répond pas à mes appels. Tu peux essayer, toi ?
— Pourquoi elle répondrait au mien ? Je m'étonne.
— Parce qu'elle t'adore. T'es aveugle ou quoi ?
 
Manifestement, oui.
 
— S'il te plaît, reprend Gemma, Je vois bien que tu es.... Mal. Mais je m'inquiète vraiment. J'ai juste besoin de savoir où elle est.
 
J'acquiesce d'un geste de la tête avant d'essuyer les dernières larmes sur mes joues. Je prends mon téléphone sous mon oreiller et remarque que j'ai reçu deux messages de Tomlinson. Je ne les regarde pas et vais directement dans mon répertoire pour appeler Perrie. Les sonneries retentissent et j'entends finalement sa voix à l'autre bout :
 
— Harry ?
— Perrie ? Je m'étonne.
 
Parce que je ne pensais pas qu'elle me répondrait.
 
— Oui, tu es avec Gemma? Comprend-elle de suite.
— Affirmatif.
 
Ma s½ur fronce des sourcils. Elle se rapproche pour écouter ce que je dis, mais je me recule doucement. Gemma est vexée, mais s'éloigne un peu.
 
— Demande-lui où elle est, chuchote ma s½ur.
— Tu es où ?
— En sécurité.
— Avec qui ?
— Tu le sais.
 
Oui, je le sais.
 
— Gemma veut que tu rentres à la maison, j'enchaîne, Donne-moi l'adresse.
— S'il te plaît, Harry.
— Ce n'est pas moi qui demande.
— J'ai simplement décroché pour que vous ne vous inquiétiez pas. Mais je ne rentre pas.
 
Gemma me regarde d'un air inquiet. Bien sûr, c'est moi qui me retrouve au milieu de tout ça. Alors que j'ai juste envie de chialer tranquillement dans mon coin et d'oublier les Tomlinson.
 
— D'accord, je finis par murmurer, A demain.
 
Je raccroche avant que Gemma n'ait le temps de me piquer le portable des mains.
 
— A demain ? Répète-t-elle, furieuse, Tu déconnes ?! Je t'ai dit que je venais la chercher !
— Elle est juste avec Jade, arrête de la surprotéger.
— Tu ne crois pas que j'ai des raisons de la surprotéger ? S'écrie Gemma furieuse, Et si jamais elle croise un Tomlinson !
— Elle se défendra. C'est bien ce que tu veux, non ? Qu'on apprenne à se défendre tout seul ?
—Je ne veux pas vous perdre, rétorque-t-elle, Je ferais tout pour vous protéger.
— En lui imposant un mec qu'elle ne veut pas ? Je soupire.
— Quoi ?
— Ça crève les yeux qu'elle s'en fiche de Pâris. Elle a juste voulu souffler un peu en sortant avec ses potes. Laisse-la respirer.
 
Gemma passe ses mains sur son visage en soupirant. Elle a l'air épuisé. Je ne sais pas comment elle fait pour supporter cette vie. Toute la pression au boulot, ses études à l'université, protéger sa famille, continuer de sortir avec ses amis. Elle a tellement de vies, mais aucune ne la satisfait vraiment. Je me sens triste pour elle.
 
— Va dormir, je murmure, Perrie va bien, elle rentrera demain matin.
— Et toi, tu vas bien ?
 
Je repense aux messages de Tomlinson que je n'ai pas encore lus.
 
— Ça ira, je réponds.
— Quand ?
— Je ne sais pas.
 
Elle sourit d'un air triste et pose une main sur mon épaule. Elle la laisse là quelques secondes et ça me fait du bien. Puis elle finit par se lever et murmure doucement avant de sortir de la pièce :
 
— Il ne sait pas ce qu'il perd.
 
La porte se referme et j'attrape mon portable. Je lis les messages. Les larmes me dévastent de l'intérieur.
Je me noie. Je me brise. Je m'effondre.
 
 
SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
1h42. Adieu.
1h44. Et quand tu te seras remis avec ton mec parce que t'es pas foutu de survivre tout seul, dis-lui de ne pas te louper la prochaine fois, ça ira plus vite.
 
 



Chapitre sept.


"_C'est quoi quelqu'un comme toi ? 
_C'est quelqu'un capable de paralyser un gamin de quinze ans sans rien ressentir."
                                                                         - Harry & Louis

____________________

Coucou, j'espère que ce nouveau chapitre vous a plu !
J'ai gagné la battle de fiction donc merci à toutes celles qui ont voté, 
c'est super sympa de votre part et j'espère que ça va contribuer à faire
connaitre cette histoire !
Pour lire la petite "interview" c'est ICI


 
By the way : Nouveau chapitre sur Always is Bullshit pour celles qui suivent mon autre fiction ♥







Tags : #RunUpfic - #Acte2

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Comments :

  • RunningUp

    25/02/2016

    Visiteur wrote: "Je suis actuellement en larmes, le moment avec Niall et les sms entra Harry et Louis m'ont détruit...😭"

    merci et désolée ♥

  • Visiteur

    11/02/2016

    Je suis actuellement en larmes, le moment avec Niall et les sms entra Harry et Louis m'ont détruit...😭

  • RunningUp

    28/07/2015

    obrxen--24 wrote: "Omg :0 le passage avec Niall c'est vraiment trop triste ;,( j'adore Niall le pauvre!!! Sinon il se sépare et les chose horrible qu'il se lance au visage un à l'autre je déteste sa mais en même temps je comprend Harry de prendre cette décision."

    oui je sais le perso de niall est un des plus durs de l'histoire :(
    contente que ça t'ai plu quand même, bisous x

  • RunningUp

    28/07/2015

    @Ihave5crush wrote: "Je pleure comme une gamine depuis le passage avec Niall, parce que j'ai déjà eu une "confrontation" comme ça. C'est dur de se l'avouer, et je comprends Harry, un peu.
    Bref, triste ce chapitre !
    "

    oui niall me fait beaucoup de peine aussi :(

  • obrxen--24

    28/07/2015

    Omg :0 le passage avec Niall c'est vraiment trop triste ;,( j'adore Niall le pauvre!!! Sinon il se sépare et les chose horrible qu'il se lance au visage un à l'autre je déteste sa mais en même temps je comprend Harry de prendre cette décision.

  • @Ihave5crush

    27/07/2015

    Je pleure comme une gamine depuis le passage avec Niall, parce que j'ai déjà eu une "confrontation" comme ça. C'est dur de se l'avouer, et je comprends Harry, un peu.
    Bref, triste ce chapitre !

  • RunningUp

    17/05/2015

    Mend wrote: "Hiiii,
    "Sauf que dans tes yeux, on dirait que ça fait des années."
    Le putain d'ascenseur émotionnel que je viens de me prendre putain, on passe de la scène des amoureux à la rupture.... j'l'avais pas vu venir celle là bordel :O
    J'suis tristeeee, mais aller, ils vont se voir au nouveau club hein? J'ESPERE.
    Magnifique, bisous xx
    "

    ahah j'espère que la suite va te plaire, les ascenseur émotionnels c'est un peu le crédo de cette fiction :p

  • Mend

    15/05/2015

    Hiiii,
    "Sauf que dans tes yeux, on dirait que ça fait des années."
    Le putain d'ascenseur émotionnel que je viens de me prendre putain, on passe de la scène des amoureux à la rupture.... j'l'avais pas vu venir celle là bordel :O
    J'suis tristeeee, mais aller, ils vont se voir au nouveau club hein? J'ESPERE.
    Magnifique, bisous xx

  • ThugLifeIsNotLasting

    09/03/2015

    Tu m'étonnes ^^

  • RunningUp

    08/03/2015

    ThugLifeIsNotLasting wrote: "Non non non non non non non non non non non non non non non non non ...............................
    Je veux pas. Ils peuvent pas. Ils ont pas le droit. Pas comme ça. Je sais que Niall devrait passer avant tout, que Louis a détruit sa vie, mais merde, ils étaient heureux ... Pourquoi ?
    "

    Oui je crois que celui ci est un des chapitres les plus durs que j'ai eu à écrire :(

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