Chapitre neuf.

 
 
 
Chapitre neuf.






Louis Tomlinson
 
                Mes mains glissent dans les poches de mon jean. Un tic nerveux déforme mes lèvres en un rictus crispé. Mon pied tape frénétiquement sur le trottoir. On est devant le « KOKO ». L'enseigne rouge clignote dans la nuit. Les gens sont impatients de découvrir le lieu. Ils tiennent leur carton d'invitation dans leurs mains, froissant le fameux ticket d'entrée à ce qu'on annonce être la « meilleure soirée de l'année ». Et moi, je suis là, sans effort et sans conviction. J'ai enfilé un slim noir et ma veste en jean. Mes cousins m'ont traîné ici. J'ai accepté. Pas pour leur faire plaisir, mais parce qu'une infime partie de moi suppose que les Styles y seront aussi.
On finit par entrer dans la boîte. Tout est « trop ». Trop bruyant. Trop lumineux. Trop rempli. Trop bling-bling. Tout à fait le genre de Stan qui, d'ailleurs, a l'air au summum de l'extase.
 
— Putain, arrête de tirer cette gueule Louis ! S'exclame-t-il en me tapant sur l'épaule, «T'amuser», tu connais ?
— Je ne suis pas motivé.
— Ça fait deux semaines que tu ne fais plus de soirée avec nous. T'as quoi ? Tes règles ?
 
Je n'ai même pas envie de lui répondre et je vois Isaac l'attraper par le bras pour l'emmener avec lui au bar. Ce qui convient à Stan, qui le suit sans broncher. Je remercierai Isaac plus tard pour m'avoir débarrassé de ce boulet.
Je me retourne vers son grand frère. Aiden est en train de jeter un regard circulaire à la pièce, un air peu rassuré sur le visage.
 
— Je ne le sens pas.
— De quoi ? La soirée ? Je l'interroge.
— Les Styles, il crache, sèchement.
— La boîte est assez grande pour s'éviter.
— Comme si ça allait suffire, soupire Aiden, On aurait dû attendre le week-end prochain pour y aller.
— Et leur laisser le privilège d'être vus à la soirée d'ouverture ? Jamais.
 
Je m'étonne moi-même de parler comme Stan. Il faut croire que je lui ressemble plus que ce que je veux croire.
 
— Ouais, je sais, murmure Aiden, Mais quand même... Il y a Stan. Et Liam. Peut-être même Jade. Tu sais aussi bien que moi que ça va mal finir.
 
En effet, je le sais. Je ne sais pas pourquoi j'ai accepté d'envoyer mon clan à l'abattoir. Juste pour voir Styles une demi-seconde parmi une foule de jeunes dégoulinant de sueur. Une demi-seconde. Putain. Je ne vais pas bien dans ma tête.
 
— On surveille Stan, je réponds, Ça va aller.
 
Aiden lève les yeux au ciel en pouffant de rire. Parce qu'on sait tous les deux que c'est des conneries et que personne ne contrôle Stan. Rien que lui ne se contrôle pas lui-même.
 
— Bref, je reprends, Où est Zayn ? Lui aussi faut le surveiller.
— Il vient plus tard avec ses potes du lycée.
— Comment ils vont faire pour entrer ?
— Fausse carte d'identité.
 
Je hoche la tête puis reporte mon attention sur la piste de danse. Je le cherche des yeux. Mais aucun Styles à l'horizon. Ça ne m'étonne même pas. Comme d'habitude, ils vont arriver deux heures après tout le monde pour qu'on les remarque. Comme s'ils étaient tous tellement géniaux et occupés qu'ils avaient autre chose à foutre que d'arriver à l'heure à la soirée la plus enviée de Londres.
Je retiens un rire amer. Je les déteste tous, enfin j'essaie.
 
— On va boire ? Enchaîne Aiden.
 
Je décline d'un geste de la tête. Pas question que je touche à ça ce soir. Ma gueule de bois de la dernière fois m'a servi de leçon. Pour au moins une semaine, tout au plus.
 
— Moi j'y vais, en tout cas, renchérit-il.
 
Il me laisse là. Je le vois s'éloigner dans la foule et observe les danseurs, sur la piste. Je ne sais pas combien de temps je reste ainsi. Cinq minutes ? Dix ? Vingt ? Je ne sais plus, mais je finis par réaliser que je dois vraiment passer pour un bouffon sans ami alors je finis par me réveiller. Tant pis pour mon abstention d'alcool. Je ne peux définitivement pas passer une soirée en boîte sobre.
Je m'apprête à rejoindre mon cousin au bar lorsque je m'arrête brusquement pour éviter de percuter la personne qui vient de me couper la route. Et c'est mon souffle qui se coupe à l'instant où je croise son regard.
C'est indescriptible. La haine que je ressens quand je la vois. C'est comme du poison qui coule dans mes veines. Mon sang se glace et Gemma me toise de bas en haut. Mon nom écorche ses lèvres tartinées de rouge.
 
— Tomlinson.
— Styles, je renchéris, Quel déplaisir.
— Au moins ma présence te provoque un sentiment. Pas comme la tienne qui m'est totalement indifférente.
— L'indifférence, je murmure en un sourire, C'est ce qui est triste, chez toi. Tu ne ressens que ça. C'est pour cela que tu es aussi vide.
— Qu'est-ce que tu en sais, au juste ?
— Ça se voit. Dans tes yeux.
 
Gemma me toise d'un regard froid, l'air de ne rien ressentir, comme d'habitude. Faut croire que son c½ur de glace est finalement parvenu à geler son âme.
 
— Y a rien, je reprends, Dans tes yeux, y a tellement rien.
— Parce que tu crois qu'il y a quoi dans les tiens ? M'interroge-t-elle sèchement, A part la trouille de finir comme ton père ?
— L'envie de ne pas finir comme toi ? Je propose, Parce que toi, tu es déjà comme eux. T'es exactement ce qu'ils veulent qu'on soit. Tu parais forte, mais ce n'est qu'une carapace. En dessous, il n'y a rien. Sans ton nom et ta banque, t'es personne, Gemma.
 
Elle ne répond pas, les lèvres pincées, et poursuit son chemin. Je reste un instant hébété, dans la même position. Putain. C'est la première fois que ça m'arrive. Laisser Gemma Styles sans voix, sans réponse, sans répartie. Toucher Gemma Styles, en plein dans le c½ur. Lui rappeler que, finalement, elle en a un. Un c½ur caché et oublié bien loin quelque part. Un c½ur encore capable de lui prouver à quel point elle est pathétique.
J'enfonce mes mains dans les poches de mon slim et rejoins mon cousin au bar. Il est en train de s'enfiler un shot et, vu le nombre de verres à côté de lui, je suppose qu'il est déjà complètement ivre. Génial.
Je m'adosse au bar après avoir commandé un verre de Whisky et observe Aiden dont les yeux disent merde à l'autre. Non, mais comment il a fait pour être aussi mal en une demi-heure ?
 
— T'es sérieux mec ? Il est à peine minuit.
— Louis Tomlinson oserait vraiment me faire la morale ?
 
Je ferme ma gueule. Je l'ai bien cherché. Moi, l'alcoolique de service qui se prétend mieux que tout le monde. Mon verre arrive et je trempe mes lèvres dans le liquide. Putain. Comme ça fait du bien. L'alcool chaud descend le long de mon ½sophage. Ça apaise la douleur, le stress. Ouais, c'est con, mais je suis stressé. De savoir Styles quelque part ici et de ne pas avoir le droit de le toucher.
Mon verre se termine encore plus vite que je ne l'aurais pensé et j'en commande un deuxième. Aiden est parti s'échouer sur la piste de danse. Je le regarde un sourire amusé sur les lèvres tandis que j'entends une voix s'esclaffer à côté de moi :
 
— Ce n'est pas sympa de se foutre de sa gueule Louis. Il est juste bourré.
 
Je me retourne vers Zayn qui prend place à côté de moi au bar.
 
— Je te pensais plus critique vis-à-vis de l'alcool.
— Ce n'est pas parce que je n'en bois pas que je blâme ceux qui le font. Ils ont généralement leurs raisons.
— Quelle raison tu donnerais à Aiden, hormis le fait qu'il veuille juste baiser et qu'il est trop timide pour draguer une meuf en étant sobre ?
— Ça, murmure Zayn, C'est une bonne raison.
— Le sexe ?
— L'amour.
 
Je lève les yeux au ciel d'un air exaspéré. Mon Dieu. Qu'il est devenu niais, celui-là.
 
— Perrie est là, ce soir, enchaîne Zayn comme si la transition n'était pas éc½urante.
— Stan aussi, je renchéris, Tu ferais mieux de ne pas l'approcher.
— Je sais. Mais elle est venue avec Jade.
 
Je soupire. Ils me font tous chier avec leurs histoires de cul.
 
— C'est son problème. N'interviens pas.
 
Zayn ne répond pas et je vois son regard se porter vers le fond de la salle, à une table VIP. Je les vois tous. Gemma qui vient de commander une bouteille de champagne. Edward qui est avachi sur un des fauteuils rouges. Liam qui se tient debout devant son frère, Jade et Perrie à ses côtés. Puis, je m'arrête, hébété. Il y a Niall. Il est dans son fauteuil roulant, installé autour de la table avec les autres. Je suis choqué. Choqué qu'ils l'aient emmené avec eux en sachant très bien qu'on y serait aussi. Putain. Il y a tous les Styles au complet. Tous, excepté lui. Est-ce que c'est parce qu'il refuse de me voir qu'il n'est pas venu ? Je déteste cette idée. Bordel. Je voulais juste le voir, moi. Juste une seconde. De quel droit il m'enlève ça ? Je le déteste tellement à cet instant.
 
— Et ils ont emmené Niall, murmure Zayn.
— Je viens de voir ça, je commente à mon tour en me retournant vers mon cousin, C'est con.
— Pourquoi ? Il a encore le droit de vivre. À moins que tu souhaites lui enlever ça aussi ?
 
Je relève mon regard vers Zayn. Il y avait une pointe de sarcasme dans sa voix. Comme s'il me reprochait quelque chose. Et, oui, clairement, il me reproche quelque chose. Je le vois dans la noirceur de ses yeux.
 
— Alors quoi ? Je l'interroge sèchement, Tu es de leur côté maintenant ? Tu changes de clan ?
— Je n'ai jamais été dans votre clan.
— Arrête tes conneries.
— Mais c'est vrai, putain ! Tu ne voulais jamais de moi d'habitude, tu disais que j'étais trop jeune. Mais maintenant ça t'arrange bien que j'en fasse partie, juste pour m'interdire de voir Perrie.
— Parce que t'as pas le droit ! J'explose, T'as putain de pas le droit Zayn, c'est comme ça, imprime-le, bordel ! On ne fait pas toujours ce qu'on veut dans la vie !
— Si, j'en fais ce que j'en veux, justement. Et je ne vais pas m'arrêter de vivre à cause de TOI !
— De moi ?!
— Oui, tout est à cause de toi, grince-t-il, A cause de ce que t'as fait à son frère ! Tout est parti de toi, Louis. Ce conflit insensé. Tu l'as provoqué. Avant, on se détestait, mais on pouvait se supporter, on n'avait pas toutes ces histoires de quartiers délimités et ces conneries de règlements de comptes. T'as tout foutu en l'air. T'as envenimé la haine. Et le pire, c'est que tu continues de le faire. Parce qu'il n'y a que ça qui arrive à remplacer ta culpabilité. Mais tu te voiles complètement la face si tu crois sincèrement qu'un jour tu oublieras ce que tu lui as fait.
 
Je reste sans voix, la gorge nouée. J'ai besoin d'un autre verre.
 
— Toi aussi... Imprime-le, déclare Zayn avant de me quitter pour rejoindre ses potes sur la piste de danse.
 
Je m'assois sur le tabouret du bar. Je le sais, je le sens. C'est reparti. Je vais commander un verre, un deuxième, un troisième et je ne les compterai plus. C'est ainsi que ça va se passer, ainsi que je supporterai cette soirée.
La musique électro résonne à fond derrière moi et ça me donne envie de vomir. Je déteste cet endroit. Mon verre est posé devant moi et je ne le touche pas. Parce que je sais que, une fois que je l'aurai avalé, je serai incapable de m'arrêter. Je doute encore. Je ne suis pas certain que ce soit la soirée adéquate pour se laisser aller.
Pas avec Niall, Liam, Jade, Stan, Aiden, Gemma, Edward, Zayn et Perrie dans une même boîte, dans un même monde.
Alors, je reste devant mon verre, comme un con. Je pèse le pour et le contre. Est-ce que je dois enfin endosser le rôle du chef de clan et les protéger ? Est-ce que je dois les abandonner et juste me sentir partir, juste fuir, comme d'habitude ?
Je continue de réfléchir pendant ce qui me semble des heures jusqu'à ce qu'une voix rauque me sorte de mes pensées :
 
— PUTAIN ! Explose Stan en me rejoignant.
— Quoi ?
— Je vais la tuer ! Continue-t-il, l'air de ne même pas réaliser que je suis à côté de lui, Je jure devant Dieu que je vais la tuer !
— Laisse Jade tranquille.
— Vie de ma mère, elle est morte.
— Stan, tu m'écoutes ?
— Vodka-Red Bull, il commande au bar, lorsque le serveur s'approche de lui, Je te jure, je vais la dégommer.
— Mais tu parles à qui si tu ne captes même pas que je suis là ?
— Elle va moins rigoler cette pute, déclare-t-il simplement en attrapant son verre sur le comptoir.
 
Il donne un billet de cent livres au barman sans même attendre qu'on lui rende sa monnaie et disparaît à travers la foule. Je me retourne vers mon verre et pousse un soupir. Ce mec est un bordel à lui tout seul.
Décision prise. J'endosse le rôle du chef de clan. Celui que j'aurais dû avoir dès qu'on a franchi les portes de la boite. Celui que j'aurais dû avoir dès l'instant où les Styles sont apparus ici.
Je me relève du tabouret rapidement puis me fraye un chemin dans la foule, cherchant Stan des yeux. Ou Jade. Parce que je sens qu'il ne va pas être loin.
Je finis par le repérer. Il est avec une blonde pulpeuse, comme d'habitude. Sauf que lorsque j'arrive à leur hauteur, la poupée Barbie lui fout une claque monumentale et je m'arrête hébété, devant eux. La fille disparaît et Stan se retourne vers moi. La colère déformant tous les traits de son visage.
 
— Quoi encore ? Je soupire.
— Je vais tuer les Styles.
— Tu ne veux pas laisser tomber, juste une nuit ?
— C'est eux qui ont commencé.
— Quoi ?! Je m'emporte, Qu'est-ce qu'ils ont fait, encore ?
— C'est...
— Hey les mecs ! Nous coupe brutalement Zayn en nous empoignant tous les deux par le bras, Besoin d'aide ! Urgent !
 
On le suit, sans broncher. Parce que Zayn n'est clairement pas le genre de gamin à demander de l'aide pour rien. Il a l'air inquiet. Notre cousin s'arrête soudainement devant une banquette rouge et je prends deux secondes à réaliser que l'homme ivre mort devant mes yeux est Aiden.
 
— Oh putain, je souffle en me retournant vers son frère, Manquait plus que ça.
 
Je sais pourtant que je suis plutôt mal placé pour ce genre de commentaire.
 
— Où est Isaac ? J'interroge Zayn.
— Aucune idée, j'ai juste trouvé Aiden comme ça.
 
Stan est blême. Il s'avance doucement vers son frère et lui murmure quelque chose que je ne comprends pas. De toute façon, la musique est bien trop forte et, vu l'état d'Aiden, je ne suis pas sûr qu'il comprenne non plus.
 
— Qu'est-ce qu'on fait ? Soupire Zayn.
— On le ramène à la maison.
— J'appelle un taxi ? Propose-t-il.
— Ouais... Je murmure, Et on rentre tous avec lui.
— Quoi ? Explose Stan, Hors de question ! Les Styles vont penser qu'on fuit !
— On s'en fout de ce que vont penser les Styles, je le coupe, Alors ferme ta gueule, pour une fois.
— Je t'emmerde.
— Va te faire enculer, Stan.
— Je te laisse cette spécialité.
— Oh, les mecs ! Nous coupe Zayn, On a plus urgent là !
 
J'acquiesce avant de me retourner vers notre cousin. Je n'avais jamais vu Aiden dans un état aussi lamentable. Disons, un état qui ressemblait au mien, il y a quelques jours.
 
— Bon, je me reprends, Vous pouvez rester avec lui ? Moi, je vais chercher du papier et un peu d'eau dans les toilettes pour le nettoyer. Il s'est gerbé dessus.
— Ok, pas de problème, répond Zayn.
 
Je quitte mes cousins en soupirant, puis me fraye un chemin jusqu'aux toilettes pour homme. Je me dirige directement vers les cabines pour prendre du papier à l'intérieur, mais, sans grande surprise, il n'y en a plus. Je ressors furieux de la cabine et, alors que je m'attends à croiser mon propre reflet dans le miroir au dessus des lavabos, je tombe sur deux prunelles vertes qui me fixent avec intensité.
Je m'arrête littéralement de respirer. Putain. Il est venu. Il est là. À quelques mètres de moi.
Je continue de le fixer à travers le miroir. Je ne décroche pas son regard. Alors, clairement, on doit avoir l'air con, mais je m'en fous. J'ai l'impression que tout le reste a disparu. La musique trop forte, les gens qui te poussent, qui crient, qui gueulent, qui s'embrassent, qui baisent, qui sniffent leur merde et qui ressortent le nez plein de poudre. Il n'y a plus que nous. Je ne vois plus que lui et ses prunelles vertes. Gemma me tuerait, si elle me voyait le regarder comme ça.
J'aimerais que ça ne s'arrête jamais. Qu'on continue de se regarder à travers ce miroir, comme s'il n'y avait personne autour de nous. Mais Styles est le premier à lâcher prise. Il a l'air gêné de nous savoir si près l'un de l'autre. Il coupe le robinet et s'apprête à sortir des toilettes. Hors de question. Je ne peux pas. C'était trop court. J'ai besoin de plus. J'ai besoin de lui.
Je me mets en travers de son chemin. Il s'arrête juste avant de me percuter, ayant un mouvement de recul à mon égard. On se regarde, encore. Mon Dieu. Comme j'aime ça. Quand il me regarde comme si j'étais le centre de son univers. Il pourra me dire ce qu'il voudra, mais ses yeux ne me mentiront pas. Je pose ma main sur sa hanche, sans parler et toujours sans respirer, et je le fais reculer jusqu'aux toilettes derrière nous. Je referme la porte sans trop savoir ce que je suis en train de foutre et nous enferme à clef à l'intérieur.
Je me retourne vers lui. Il a l'air hébété. Hébété de ma réaction. Et je le comprends vu les derniers messages que je lui ai envoyés. 
.
 
— Je...


Ma voix est tremblante, absolument pas assurée.


— On devrait parler, je reprends.
— De quoi ? Souffle-t-il, sèchement, Tu veux savoir si mon camé de copain en a bientôt fini avec moi ?


Mon c½ur se resserre. Ce mec est un tel con qu'il serait capable de se remettre avec lui juste pour me faire chier. J'angoisse clairement à cette idée.


— Il t'a retouché ?
— Ça ne te regarde pas.
— T'es défoncé ?
— Ça ne te regarde pas.


Bordel, je vais le tuer.


— Tomlinson, reprend-il, Pourquoi tu nous as enfermés dans les toilettes ?


J'essaie de réfléchir à une réponse cohérente, mais Styles continue :


— Parce qu'il ne faudrait pas que ça devienne une habitude.


Cette voix. Ce ton. Ces mots. Bordel. Je fonds. Je repense au moment où je les lui avais dits. Quand il m'avait embrassé, la deuxième nuit qu'il avait passé chez moi. Et là, il est devant moi, les joues rouges et la poitrine gonflée à cause de sa respiration saccadée. Et il fait référence à ça. Comme si je pouvais concrètement le supporter.
Styles porte un slim, comme d'habitude, légèrement mouillé car il a essuyé ses mains dessus, et un tee-shirt gris sous une chemise à carreaux remontée sur ses avants bras musclés. Et j'ai, concrètement, j'avais vu quelqu'un d'aussi séduisant de toute ma vie.


— Je pourrais m'y habituer, je murmure.


Un sourire effleure ses traits. Un putain de sourire.
« Personne ne retient mon frère ».
Les mots de Gemma reviennent à mon esprit et les miens restent coincés dans le fond de ma gorge. Je pourrais m'évanouir sur-le-champ car ma respiration est encore bloquée dans ma poitrine.
« Personne ne retient mon frère ».
Qu'est-ce que je dois faire ? Qu'est-ce que je dois dire ? Est-ce qu'il existe un seul mot sur cette terre capable de traduire à quel point je veux le retenir ? Et à quel point c'est putain de difficile.
« Personne ne retient mon frère ».
Alors quoi ? Je le laisse s'échapper ? Je le laisse croire que je m'en fiche s'il retourne avec son camé de copain ? Ce n'est pas le cas. C'est même à l'opposé exact de ce que je veux.
« Personne ne retient mon frère ».
Je lui saute dessus, littéralement. Parce que si je n'ai pas les mots, mes gestes parleront à ma place. Mes lèvres s'écrasent contre sa bouche en un son désespéré et ses mains à lui agrippent mes hanches. Nos corps se percutent. J'ai envie de chialer tellement j'aime ça, tellement il aime ça autant que moi. Parce que, merde, il est totalement réceptif à mon baiser désordonné. Je nous sens cogner contre les parois des toilettes. Nos pieds s'emmêlent. La poignée s'enfonce dans mon dos. Je m'en fous. Je m'en fous du bordel qu'on est en train de faire. Je m'en fous de tout casser.


— Respire, abruti, halète Styles contre mes lèvres.


Je percute pourquoi je suis au bord de l'évanouissement, je n'ai toujours pas respiré.


— Respire, répète Styles qui ne m'en laisse pourtant pas le temps parce qu'il colle de nouveau nos bouches ensemble.


Puis, il descend ses lèvres dans mon cou et l'oxygène entre brutalement dans mes poumons. Bordel. Tous mes sens reviennent d'un seul coup. Je ressens tout encore plus fort qu'avant. Ses mains qui me touchent. Ses lèvres qui embrassent ma nuque. Et le bruit, putain. Le bruit qu'on fait. On halète, on gémit, on soupire, on est en train de se taper partout, comme s'il n'y avait pas assez de place pour tout ce qu'on a envie de se faire. Je le serre dans mes bras, si fort que je dois lui briser les côtes. C'est lui. Je pourrais me rendre ridicule pour lui. Il m'a tellement manqué. C'était presque insensé. Styles continue de m'embrasser dans le cou. J'entends des rires d'homme derrière la porte. Des voix. Des coups contre le battant. Et une voix plus distincte que les autres.


— Eh oh, je peux passer après ? Vous avez l'air de prendre votre pied ! Moi aussi je veux être sucé comme ça.


J'ai bien envie de répondre à ce type d'aller se faire enculer bien loin d'ici parce que jamais il ne touchera mon mec. MON mec. Bordel. Merde. Putain. J'attrape son visage de mes mains pour qu'il relève la tête.


— Je veux que personne d'autre que moi te touche, je déclare, Ça me rend malade.
— Je n'étais pas intéressé par la proposition, si c'est ça qui t'inquiétais, me taquine Styles en murmurant contre mes lèvres.
— Embrasse-moi, je supplie.


Il le fait. Rapidement parce qu'il murmure après :


— Tu ne respirais plus tout à l'heure. Je devais te lâcher.
— Ne le fais plus. Plus jamais.


Je ne sais pas de quoi je parle, en réalité. Je l'embrasse, encore. Et c'est reparti. Le concert. L'orchestre. La symphonie. On se tape de nouveau contre les parois. J'entends des gens gueuler que c'est totalement dégueulasse, mais j'aimerais tellement qu'ils voient à quel point l'effet qu'il me fait n'a rien de dégueulasse. Au contraire, bordel, c'est tellement plus beau que ce qu'ils ont. Ils n'auront jamais ça, eux, même pas une infime partie de ce qu'on est en train de vivre. Parce que ça ne se partage pas, quelque chose d'aussi fort.


— J'ai... J'halète, contre ses lèvres, Je... Les SMS.
— Tais-toi.


Mais non, je n'ai pas envie de me taire. J'ai envie qu'il sache. Que je ne les pensais pas. Que j'avais juste mal.


— Ce n'était pas vrai.


C'est la seule chose qu'il me laisse dire car ses lèvres repartent à la recherche des miennes. Ça devient plus doux. Nos langues se rencontrent et je soupire sous son toucher. Ses mains sont sous mon tee-shirt, ses doigts caressent ma peau lentement. Il est tellement tendre. Il ne m'avait encore jamais embrassé ainsi. Alors, peut-être que moi aussi, je lui ai manqué, finalement.
Ses lèvres viennent embrasser ma peau juste en dessous de l'oreille et je n'arrive pas à empêcher mes propres mots :


— J'ai tellement envie de toi.


Je sens que ma phrase résonne dans tout son corps. Il tremble soudainement et colle son entrejambe au mien. Il est déjà tellement dur que j'oublie à nouveau de respirer.


— Alors, fais-moi l'amour.


J'aurais pu suffoquer si j'avais eu de l'air dans mes poumons. À la place, je l'attrape simplement par les épaules et échange nos positions. Il se retrouve contre la paroi des toilettes et il me regarde avec tellement de désir que mon érection me brûle à travers mon jean.


— Bordel, je souffle, Ne me dis pas des choses comme ça.
— Fais-le, il répond simplement, sa lèvre inférieure se coinçant sous une rangée de dents blanches.
— Non.


Je vois le visage de Styles se contracter de frustration et je passe mes mains le long de son torse avant d'ajouter :


— Non, pas ici... Juste pas ici.
— Alors, fais quelque chose, supplie-t-il.
— Pour quoi ?
— Pour ça, grince-t-il en m'amenant à lui.


Je sens son sexe durcir encore un peu plus contre ma cuisse.


— Ouais, ouais, j'halète, à bout de souffle, Bien sûr... Je... Tout ce que tu veux.
— Toi.
— Quoi ?
— C'est toi, murmure Styles, Tout ce que je veux.


Ses yeux sont brillants de désir. Son tee-shirt relevé jusqu'à sa poitrine. Celle-ci se gonfle rapidement sous mes caresses. Ses joues sont rouges et ses lèvres gonflées.


— Tu m'as déjà.


Je tombe sur le sol. Mes genoux contre le carrelage froid et sale. Mes mains glissent le long des hanches de Styles. Son corps tremble de partout. J'ai l'impression que chaque endroit que je touche se met à trembler encore plus fort. Mes lèvres se posent sur son nombril et un souffle rauque s'échappe de ses lèvres. J'embrasse son abdomen tendrement. J'aime ça, j'ai l'impression que ça nous appartient. Ce geste. Notre geste. Je suce sa peau chaude. Il soupire de plus en plus. Je ne sais pas si je suis capable de supporter tout ça très longtemps. Je continue de caresser son ventre avec mes lèvres tandis que mes mains s'occupent de défaire la ceinture de son pantalon. Styles se tortille sous moi donc je le colle à la paroi des toilettes. Il ne bouge plus et je descends son pantalon sur ses cuisses. Son sexe est gonflé sous le tissu de son boxer. C'est la deuxième fois que je fais ça. Mes mains glissent dans l'élastique. Je titille sa peau et le fin duvet de poils à cet endroit.


— S'il-te-plaît.


Je relève ma tête vers lui. Il a les larmes aux yeux et la voix complètement cassée. Et, merde, j'avais presque oublié qu'un être humain portait ce foutu corps.


— Oui... Oui, je murmure en caressant doucement son aine, Je suis là. Je...


Je ne finis pas ma phrase, baissant son boxer jusqu'à son jean qui repose au niveau de ses genoux. Je glisse ma langue sur son membre tendu. Un hoquet de plaisir s'échappe de ses lèvres et j'englobe son sexe complètement. J'ai l'impression qu'il fond sur ma langue tellement il est gonflé et chaud. Je le suce. Prenant mon pied peut-être autant que lui. J'aimerais entendre les sons de plaisir qui sortent de ses lèvres, mais je n'arrive plus vraiment à contrôler mes sens. Je suis focalisé sur le toucher. Sur le plaisir qu'il m'apporte. Sur le plaisir que je lui apporte. Les mains de Styles agrippent soudainement mes cheveux et je sais que c'est le signal pour me dire que je dois me retirer. Mais il en est hors de question. Je veux aller jusqu'au bout, cette fois. Alors je le suce encore plus fort et il vient dans ma bouche quelques secondes plus tard.
J'ai peut-être un peu surestimé ma résistance. Je m'éloigne de lui brusquement et recrache tout dans la cuvette des toilettes. Je me retourne vers lui. Il n'a pas bougé. Je remonte son boxer et son pantalon jusqu'à ses hanches avant de me relever en titubant.
Je m'arrête devant lui. Ces cils sont collés entre eux à cause de ses larmes. Et je jouis. Comme ça. Sans prévenir. Dans mon propre boxer. Je pourrais me sentir honteux, mais la seule chose à laquelle j'arrive à penser c'est à quel point il est magnifique, surtout quand il a les yeux noyés de plaisir. C'est la deuxième fois qu'il pleure après un orgasme. Je me demande si ça lui arrive tout le temps. Je prierais pour que ça lui arrive tout le temps. C'est la plus belle image que je n'ai jamais vue.
Je glisse mes pouces sous ses yeux pour essuyer les larmes puis pose mes lèvres sur les siennes. C'est doux. Merde, je pourrais en chialer moi aussi. Il m'a tellement manqué. 
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Chapitre neuf.
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Harry Styles
 
                Il me rend fou. Complètement fou. Je ne me suis jamais senti aussi bien. Mes lèvres n'ont pas quitté les siennes depuis qu'il m'a fait jouir. Parce que c'était tellement intensément bon que je ne pouvais pas me résoudre à le laisser partir. Alors, épuisé, il s'est assis sur les toilettes après avoir rabattu la cuvette et moi, je suis monté sur ses cuisses. On n'a pas bougé depuis. Hormis nos lèvres et nos mains.
Je soupire lorsqu'il mordille tendrement ma lèvre inférieure. Ses mains chaudes glissent le long de mes hanches. Il trace des cercles sur ma peau puis finit par glisser ses lèvres dans mon cou pour me faire un suçon. Je frissonne contre lui. Immensément trop heureux pour que ce soit réel. Alors, j'oublie tout. La raison pour laquelle je l'ai quitté. La raison pour laquelle on n'a pas le droit de faire ça. J'oublie tout parce que je suis trop bien pour y penser. Tomlinson, c'est mon pont de Westminster à moi. L'extase du danger et la chute probable.
 
— Styles ? Murmure-t-il après avoir laissé sa marque dans ma nuque.
— Quoi ?
— Tu pleures toujours quand t'as un orgasme ?
 
Je m'arrête de le toucher à l'instant où il pose sa question. Parce que j'ai déjà assez honte d'avoir pleuré devant lui à deux reprises. Je ne pensais pas qu'il aurait le cran de m'en parler.
Intrigué par mon changement de comportement, Tomlinson finit par relever son visage vers moi pour me regarder. Ses yeux sont tellement putain de bleus, que je n'arrive pas à empêcher la vérité de sortir de mes lèvres :
 
— Non... Que quand c'est toi.
 
Les lèvres de Tomlinson s'élargissent à lui en tordre la mâchoire et je m'exclame, exaspéré, en lui donnant un léger coup à l'épaule :
 
— Arrête ton putain de sourire satisfait.
— Je suis un bon coup, c'est tout.
— Oh, tais-toi.
— Dis-le, que je suis un bon coup, insiste-t-il en reprenant ses caresses le long de mon dos, Ton corps entier le crie, alors admet-le.
— Ferme-la, je déclare avant de sceller nos lèvres ensemble.
 
Ma langue s'enfonce dans sa bouche et un hoquet de surprise s'échappe de ses lèvres. Car il n'a pas l'habitude de me voir entreprenant. D'habitude, c'est plutôt lui qui initie les baisers. Mais je ne sais pas. Depuis qu'il sait l'effet qu'il a sur moi, je ressens le besoin de lui prouver quelque chose, moi aussi. Parce que je déteste ne pas être à égalité avec lui.
Alors, je rends encore plus obscènes mes coups de bassins contre sa demi-érection et mes lèvres encore plus oppressantes. Il grommelle contre ma bouche mais, sans prendre la peine de l'écouter, je glisse ma main sur la bosse qui déforme son slim. Un son rauque s'échappe de ses lèvres tandis que je l'entends me murmurer un faible « non ». Trop tard, je défais son jean et glisse une main timide à l'intérieur de son pantalon. Il gémit tout en essayant de m'en empêcher... De m'en empêcher ?!
Je relève brutalement la tête vers lui, le souffle court et la main à demi-plongée dans son boxer.
 
— Tu ne veux pas ? Je m'étonne.
— Je... Murmure-t-il, pris au dépourvu, Ce n'est pas vraiment le lieu.
— Tu me l'as bien fait à moi. T'en avais pas grand chose à foutre à ce moment là.
— Mais... Je...
 
Je fronce des sourcils, pas certain de comprendre où il veut en venir, puis il finit par lâcher un soupir.
 
— D'accord.
— Bah vas-y, dis-le, si ça te fait chier ! Je m'insurge, clairement et totalement vexé.
— Oh t'es con, il soupire, Tu ne vois pas que je bande déjà à mort ?
— Alors quoi ? J'explose.
— Fais-le, répète-t-il, Tu comprendras.
 
Non, sincèrement, je suis très loin de comprendre où il veut en venir.
 
— Fais-le Styles, bordel.
 
Alors je glisse ma main totalement dans son boxer, caressant son pénis déjà humide. Trop humide d'ailleurs, je réalise lorsque mes doigts rencontrent un liquide collant et chaud.
 
— Non, je murmure hébété, T'as joui ?! Attends... Pendant que... Mais je ne t'ai même pas touché!
— Oh, ta gueule, soupire Tomlinson en retirant ma main de son boxer.
 
Cette fois, c'est mon sourire qui vient assombrir le sien.
 
— C'est qui le bon coup, maintenant ? Je le nargue, venant embrasser le coin de sa bouche, Hein, c'est qui ? Putain, tu ne me l'avais pas dit ça.
— Tu n'es pas un bon coup Styles, tu ne m'as pas touché.
— Alors pourquoi tu...
— J'étais juste trop excité, il me coupe.
— Parce que j'étais excitant, je rectifie.
— Si tu veux.
— Non en vrai, j'insiste, Dis-moi quand t'as...
 
Il ne répond plus et je vois bien qu'il est gêné. Je pourrais compatir, mais j'ai trop envie de savoir. Je viens embrasser ses lèvres doucement, pour lui faire comprendre que je ne me moquerai pas, et répète « dis-le-moi » à son oreille. Tomlinson glisse ses mains qui étaient toujours derrière mon dos jusqu'à mon torse. Il trace des cercles sur ma peau, juste en dessous de ma poitrine et murmure doucement :
 
— Quand tu pleurais.
 
Ses doigts remontent lentement et il arrête une de ses mains sur mon c½ur, probablement pour voir ma réaction. Ça n'a pas loupé car il bat à deux mille à l'heure.
 
— T'étais tellement beau, continue-t-il.
 
Nos yeux s'ancrent l'un à l'autre et j'ai l'impression de me noyer. J'ai l'impression que chaque seconde passée avec lui me rappelle à quel point tout ça m'est nécessaire. Presque vital.
 
— Donc d'habitude, je suis un thon ? Je l'interroge pour plaisanter, parce que l'atmosphère est beaucoup trop sérieuse pour que je puisse le supporter davantage.
 
Il rit contre mes lèvres et souffle chaudement :
 
— T'es juste bandant, putain.
— Très distingué tout ça.
 
Il s'apprête à me répondre sauf que je pose mes lèvres sur les siennes. Parce que je n'ai plus envie de parler. Simplement parce que j'ai envie de l'embrasser. Tomlinson ramène ses mains derrière mon dos, au niveau des omoplates, pour me rapprocher de lui. J'écarte mes cuisses pour me coller encore plus à son bassin. Puis ses lèvres glissent jusqu'à ma clavicule. Il m'embrasse doucement, à cet endroit là, et s'arrête complètement. Sa bouche est collée à ma peau, mais il ne bouge plus, il reste là, à respirer mon odeur. Ses mains sont toujours dans mon dos et il me serre encore plus fort contre lui. D'un coup, ça m'éclate à la gueule. On est en train de se faire un câlin. Genre. Vraiment. On est accrochés l'un à l'autre si fort que je sens mon c½ur se compresser dans ma poitrine. Mes bras s'accrochent fermement à lui et j'enfouis mon visage dans son cou à mon tour. Nos torses sont si proches que j'entends son c½ur battre à l'unisson avec le mien. Notre respiration s'harmonise l'une à l'autre. Tout est calme, d'un coup. Pourtant, on entend toujours la musique de la boîte qui résonne entre les cloisons. On entend toujours les gens gueuler les uns sur les autres. On entend toujours des coups à la porte parce qu'il n'y a plus de toilettes libres. Mais la seule chose que j'entends vraiment, c'est le battement de son c½ur.
Tomlinson pose des micro-baisers sur ma clavicule. De légers mouvements de lèvres qui me font frissonner. Je m'agrippe toujours un peu plus à son tee-shirt.
 
— Je n'ai jamais pensé les SMS que je t'ai écrits.
 
Je le serre encore plus fort contre moi. J'avais compris la première fois qu'il avait essayé de me le dire. Mais ça me fait chaud au c½ur qu'il tienne à le préciser encore.
 
— Moi non plus, je souffle, Je suis désolé pour ce que je t'ai dit sur ton père.
 
Le visage de Tomlinson se niche encore un peu plus dans le creux de mon cou et il embrasse ma nuque tendrement.
 
— Je ne veux pas que tu retournes avec ton dealer.
 
Il m'embrasse une deuxième fois, un peu plus haut que le précédent baiser.
 
— Je ne veux pas que tu te drogues.
 
Ses lèvres se posent juste en dessous de mon oreille.
 
— Je ne veux pas que tu me quittes encore une fois.
 
Cette fois, son visage s'arrête devant le mien et je m'éloigne à contrec½ur de son torse. Je pose mes yeux sur lui. Il a un visage sérieux, surtout quand il répète durement :
 
— Ne me quitte pas, Styles.
 
Tout me revient brutalement, trop brutalement. J'ai envie de chialer. On ne peut pas être ensemble. C'est tellement évident. Je ne comprends même pas pourquoi on résiste encore.
 
— C'est impossible, je souffle, Nous deux.
— Peut-être pas.
— Tomlinson, je soupire, Regarde où on est. Dans des chiottes. On est dans des chiottes. Putain.
 
Il ne répond pas. Il stoppe ses caresses dans mon dos car il sait que j'ai raison.
 
— Je n'aurais pas dû te quitter comme ça, je reprends, Avec ces SMS stupides. Mais... On ne peut pas continuer.
— Alors c'était quoi, tout ça ? S'emporte-t-il.
— C'était une belle façon de se dire au revoir, je murmure en l'embrassant de nouveau au coin des lèvres.
— Conneries ! Il me repousse, Ne me fais pas ça Styles !
— Sois réaliste.
— Je m'en fous d'être réaliste ! Je te veux.
— Niall est dans un fauteuil roulant par ta faute.
 
Je vois sa gorge se serrer et sens ses muscles se contracter. Je sais qu'il me déteste de lui avoir rappelé cela, mais c'est un fait, et rien ne l'effacera. Il faut qu'il le comprenne comme je l'ai compris.
 
— Qu'est-ce que je peux faire ? Finit-il par soupirer, Pour te retenir ?
— Essaie de me faire croire, une seule seconde, que nous deux, c'est possible. Juste une seule seconde.
 
Son silence est terriblement cruel.
 
— Je... Je ne sais pas, souffle-t-il, On ne peut pas savoir si on n'a pas essayé.
— Le problème c'est qu'on sait, justement. Que ça ne marchera pas. À quoi bon essayer si c'est pour se planter ?
 
Il essaie de trouver quelque chose à répondre, mais j'entends soudainement la voix de Gemma résonner dans les toilettes :
 
— HARRY ! T'ES OÙ, PUTAIN ?
 
Je ressens de suite l'urgence dans sa voix et me relève des genoux de Tomlinson en titubant. Je connais ce ton. Je sais que quelque chose de grave est en train de se passer et j'ai ma petite idée de qui l'a provoqué.
Je me retourne une dernière fois vers l'héritier et murmure :
 
— Nos deux familles ne sont pas foutues de passer une seule soirée sans s'entretuer. Qu'est-ce qu'on espérait ?
— Toi, rien, visiblement, lâche-t-il, amer.
— Ne fais pas comme si c'était de ma faute.
 
Son regard s'assombrit brutalement et il finit par se relever de la cuvette. Une main passe dans ses cheveux d'un air gêné puis il me regarde, enfin.
 
— Je sais, il répond, Tout est de ma faute à moi.
— Ce n'est pas ce que j'ai dit.
— Mais c'est ce que tu pensais. Tout est parti de l'accident de Niall. Qu'est-ce que je peux faire maintenant ? C'est trop tard.
— Je...
 
J'ai la gorge nouée. Parce que moi non plus, je n'ai pas de réponse à lui donner. Moi non plus, je ne peux pas lui promettre une seule seconde que ce sera possible. Elle n'existe pas cette seconde. Elle n'existera jamais.
 
— Je dois y aller, je me reprends finalement, Ma s½ur me cherche.
— On ne se revoit plus ?
 
Je hausse les épaules. Je n'en sais rien. Strictement rien. Je sais juste que c'est loin d'être une bonne idée.
 
— Je ne peux pas te répondre.
— Ok.
 
Je sors des toilettes sans même me retourner vers lui. Je me déteste de lui faire subir ça une deuxième fois. Je me déteste d'avoir accepté ses baisers et ses caresses pour le rejeter de nouveau. Je me déteste tout simplement.
La musique est trop forte et un énorme mouvement de foule me réveille soudainement de ma torpeur. Je regarde tout autour de moi. Une bagarre générale. Ça crie. Ça hurle. Ça cogne.
Une main puissante m'attrape soudainement le bras et un hoquet de stupeur s'échappe de mes lèvres. Stan Tomlinson.
 
— Faut se barrer d'ici. Bouge !
 
Je le suis, sans même réfléchir. C'est stupide. Insensé. Irréaliste. Pourquoi un Tomlinson m'aiderait à fuir de la boîte ?
Je me retrouve dehors en un quart de seconde. On entend déjà les voitures de police qui résonnent dans la nuit. J'ai le c½ur qui bat à cent à l'heure et je ne comprends rien à ce qui se passe.
Gemma débarque soudainement à mes côtés et m'attrape par le bras. Et, alors que je m'attends à ce qu'une insulte sorte de ses lèvres parce que Stan a osé me toucher, j'entends un bref « merci » à la place. Je la regarde avec des yeux ronds. Je suis perdu. Complètement perdu. Mais qu'est-ce qui s'est passé pendant qu'on était dans ces foutues toilettes, bordel ?
L'héritier nous rejoint à son tour. Il regarde tout autour de lui sans comprendre. Les Styles et les Tomlinson, sur le trottoir, côte à côte. Ça me brûle les yeux. Ça brûle mon âme. On a presque l'air d'être... Ensemble ?
 
— Taxis ! Hurle Stan en arrêtant plusieurs voitures qui tournent autour de la boite.
 
Puis il se retourne vers nous et enchaîne :
 
— Allez ! Dépêchez-vous, bordel !
 
Je regarde effaré tout autour de moi. Gemma m'attrape par les bras et m'emmène avec les autres. Je croise le regard de Tomlinson. Il a l'air aussi paumé que moi.
Ma s½ur ouvre la portière du taxi et me force à entrer dans la voiture, mais elle ne suit pas le mouvement, regardant derrière elle d'un air inquiet.
 
— Gemma ! Je beugle, Qu'est-ce qu'on fout ?!
— On se barre ! Tous !
— Mais on va se mélanger !
— Pas grave.
 
Elle claque la portière alors qu'Isaac est en train de s'installer sur le siège avant. Mon c½ur s'arrête presque de battre. Parce que c'est à peu près l'image que je me fais de l'apocalypse... Mélanger nos deux familles.
.
.
(A SUIVRE...)
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.
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 ____________________
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Hey, j'espère que ça vous a plus ! 
De minis articles seront postés dans la semaine pour que vous compreniez ce qu'il s'est passé à la soirée pendant que Louis et Harry étaient dans les toilettes ! 
Love you RunUpGirls ♥ 
.
.
.
 

Tags : #RunUpfic - #Acte2

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Comments :

  • SachaTchbn

    11/02/2017

    Wtf il s'est passé quoi pendant qu'il étaient dans ces foutus toilette. Jpleure tellement ca m'inquiéte. Jmen vais lire la suite de ce pas tant pis pour le sommeil :')

  • RunningUp

    28/07/2015

    @Ihave5crush wrote: "Ok, en vrai ça fait 4 chapitres que je dis "c'est bon, je finis celui là et je vais dormir", MAIS BORDEL JE SUIS CENSÉE PARTIR DORMIR ALORS QUE LES TOMLINSON ET LES STYLES SE TIRENT D'UNE BOITE, ENSEMBLE? Ptn demain je vais être fatiguée à cause de cette fic :( "

    sorry :D

  • @Ihave5crush

    27/07/2015

    Ok, en vrai ça fait 4 chapitres que je dis "c'est bon, je finis celui là et je vais dormir", MAIS BORDEL JE SUIS CENSÉE PARTIR DORMIR ALORS QUE LES TOMLINSON ET LES STYLES SE TIRENT D'UNE BOITE, ENSEMBLE? Ptn demain je vais être fatiguée à cause de cette fic :(

  • RunningUp

    22/05/2015

    Mend wrote: "Hiiii,
    Alors attentions, je te balance tous mes passages préférés. enfin une partie, sinon j'aurai copié collé tout le chapitre haha.
    Mon c½ur se resserre. Ce mec est un tel con qu'il serait capable de se remettre avec lui juste pour me faire chier. Et j'angoisse clairement à cette idée.

    Je voulais juste le voir, moi. Juste une seconde. De quel droit il m'enlève ça ? Je le déteste tellement à cet instant.`

    _Je veux que personne d'autre que moi te touche, je déclare, Ça me rend malade.
    _Je n'étais pas intéressé par la proposition si c'est ça qui t'inquiétais, me taquine Styles en murmurant contre mes lèvres.
    _Embrasse moi, je supplie.
     Tu ne respirais plus tout à l'heure. Je devais te lâcher.
    _Le fait plus. Plus jamais.

    Ouai, ouai, j'halète, à bout de souffle, Bien-sûr.. Je.. Tout ce que tu veux.
    _Toi.
    _Quoi ?
    _C'est toi, murmure Styles, Tout ce que je veux.

    Tomlinson, c'est mon pont de Westminster à moi. L'extase du danger et la chute probable.

    J'étais juste excité, il me coupe.
    _Parce que j'étais excitant, je rectifie.

    Ne me quitte pas Styles

    VOILAAAA j'ai failli mourir, sérieux c'est MAGIQUE.

    Et puis la fin.. ils partent tous ensemble? mais WTF.

    Sinon j'espere que tu vas bien, et si t'es tjrs en exams je te souhaite bonne chance, bisous xx
    "

    ahah merci pour tous ses passages, ça m'a fait plaisir de les relire ! :)
    j'ai passé un examen mais j'en ai encore cinq qui s'étale jusqu'à début juin donc je suis loin d'avoir terminé malheureusement !
    j'espère que tu vas bien aussi :)
    bisous xx

  • Mend

    21/05/2015

    Hiiii,
    Alors attentions, je te balance tous mes passages préférés. enfin une partie, sinon j'aurai copié collé tout le chapitre haha.
    Mon c½ur se resserre. Ce mec est un tel con qu'il serait capable de se remettre avec lui juste pour me faire chier. Et j'angoisse clairement à cette idée.

    Je voulais juste le voir, moi. Juste une seconde. De quel droit il m'enlève ça ? Je le déteste tellement à cet instant.`

    _Je veux que personne d'autre que moi te touche, je déclare, Ça me rend malade.
    _Je n'étais pas intéressé par la proposition si c'est ça qui t'inquiétais, me taquine Styles en murmurant contre mes lèvres.
    _Embrasse moi, je supplie.
     Tu ne respirais plus tout à l'heure. Je devais te lâcher.
    _Le fait plus. Plus jamais.

    Ouai, ouai, j'halète, à bout de souffle, Bien-sûr.. Je.. Tout ce que tu veux.
    _Toi.
    _Quoi ?
    _C'est toi, murmure Styles, Tout ce que je veux.

    Tomlinson, c'est mon pont de Westminster à moi. L'extase du danger et la chute probable.

    J'étais juste excité, il me coupe.
    _Parce que j'étais excitant, je rectifie.

    Ne me quitte pas Styles

    VOILAAAA j'ai failli mourir, sérieux c'est MAGIQUE.

    Et puis la fin.. ils partent tous ensemble? mais WTF.

    Sinon j'espere que tu vas bien, et si t'es tjrs en exams je te souhaite bonne chance, bisous xx

  • RunningUp

    19/04/2015

    Visiteur wrote: "Ma réaction à cette fin : AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH ! (de torpeur / d'angoisse / d'excitation )"

    hihi j'espère que la suite te plaira alors :p :p
    bisous !

  • Visiteur

    19/04/2015

    Ma réaction à cette fin : AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH ! (de torpeur / d'angoisse / d'excitation )

  • ThugLifeIsNotLasting

    06/03/2015

    Et bah la voilà ta preuve Harry !! C'est l'image qu'il se fait de l'apocalypse ? Moi c'est l'image que je me fais du paradis. C'est fou, hein ? Je suis trop heureuse là tout de suite :D

  • RunningUp

    19/02/2015

    sterenngelebart wrote: "ta fiction me rend folle vraiment j'adore ce chapitre whaouh "

    merci beaucoup !!

  • sterenngelebart

    18/02/2015

    ta fiction me rend folle vraiment j'adore ce chapitre whaouh

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