Chapitre dix.

 
 
Chapitre dix.
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Louis Tomlinson
 
— T'obéis ! J'explose.
 
Stan entre dans le taxi, claquant violemment la portière derrière lui. Je soupire. Cette soirée me saoule. Il y a quelques minutes, je prenais un pied intersidéral avec mon mec... Mon ex... Bref. Et là, je me retrouve à devoir fuir les flics d'une boîte de merde.
Je regarde l'entrée, exaspéré. Je n'en reviens pas que Zayn ait osé faire ça. Qu'il ait osé me souffler le prénom de Perrie avant de partir en courant.
Gemma me rejoint, essoufflée et paniquée.
 
— Le premier taxi est parti.
— J'ai vu.
— Il vous en manque ?
— Zayn, je réponds.
— Mais... Je l'ai vu dehors il y a deux minutes.
 
Bien sûr. Parce qu'il faut qu'il me foute dans la merde, ce con, en plus de partir comme un débile jouer aux héros. Comment je vais expliquer à l'autre folle qu'il est parti chercher sa cousine, moi ?
Heureusement, je n'ai pas besoin de répondre car on aperçoit Liam, Perrie et Zayn sortir, tous les trois, en courant. Ils sont plutôt loin et les premières voitures de police se garent déjà sur le trottoir.
 
— TAXI ! Leur hurle Gemma lorsqu'une voiture leur passe devant.
 
Ils sautent dans le véhicule et moi, je me retourne vers le notre. Gemma me passe devant en criant un « bouge ton cul » peu distingué et s'installe sur la banquette arrière, au milieu. Je la suis, m'installe à sa droite, et referme la portière brusquement.
 
— Roulez, déclare brièvement Stan.
— Où ? Demande le chauffeur.
— On s'en fout, appuyez sur la pédale, putain ! Explose Gemma.
 
Je lui lance un regard en biais. Je crois qu'elle n'a pas encore capté.
Finalement, elle se retourne vers moi. M'observe en silence. Se retourne vers Aiden à moitié avachi sur elle et toujours à demi-mort, puis termine sur Stan installé à l'avant. Elle soupire longuement et son visage tombe entre ses deux mains d'un air désespéré. J'entends un « génial » se frayer un chemin jusqu'à ses lèvres pincées lorsqu'elle réalise qu'elle est seule dans une voiture Tomlinson.
 
— Zayn est avec qui ? Interroge Stan à l'avant.
— Liam et Perrie.
 
Dans le rétroviseur de la voiture, je vois une lueur de rage éclairer ses pupilles.
 
— Il ne le touchera pas, intervient Gemma, Je lui ai interdit.
— Il lui a déjà cassé le bras, je lance, cynique.
— Toujours plus rapide que de le lui brûler avec une cigarette, renchérit-elle.
 
Même si je déteste quand elle le fait, elle me fait fermer ma gueule.
 
— Qu'est-ce que tu fous dans cette bagnole, de toute façon ? Beugle Stan, se retournant vers nous, Arrêtez-vous, enchaîne-t-il ensuite à l'attention du chauffeur, On la laisse là.
— Va te faire foutre.
— Et toi va crever sur le trottoir, tu pollues mon air !
 
La voiture s'arrête sur le bord du trottoir et je gueule au chauffeur :
 
— Mais continuez ! On ne s'arrête pas maintenant !
— On dégage Gemma ! Explose Stan, On ne reste pas avec elle, putain !
— Oh ça va, ne fais pas chier Stan, je rétorque, On s'est supportés toute la soirée, on peut quand même...
— Pardon ?! M'interrompt-il, choqué, Mais qu'est-ce que t'en sais, au juste ? On ne t'a même pas vu, toi ! Et je te signale qu'elle a niqué tous mes plans culs !
— Oh, détends-toi, soupire Gemma, Tu ne resteras pas puceau toute ta vie.
— PUTAIN ! Explose Stan de nouveau en frappant la portière à côté de lui, Arrêtez-vous ! Répète-t-il au chauffeur.
— NON ! Je beugle, Pas le temps !
— Mais tu fais chier, Louis !
— Oh, mais fermez-la, grince Aiden maintenant avachi contre la vitre.
— Et puis que quelqu'un me passe un portable ! S'énerve Gemma.
— Tu veux mon poing dans la gueule à la place ? Réplique Stan.
— Tomlinson, soupire-t-elle en se retournant vers moi, Ton portable.
 
Je la regarde, déconcerté.
 
— Quoi ?
— Ton portable, répète-t-elle.
— Mais prends le tien ! Je m'énerve.
— Tu crois que j'ai eu le temps de passer au vestiaire ? Siffle-t-elle comme si j'étais une putain de gonzesse et que ça aurait dû me traverser l'esprit, Allez putain, faut que j'appelle mon frère.
 
Je crois que mon sang quitte littéralement mon visage. Son frère. « Boucle d'or ». Pas moyen.
 
— Plus de batterie, je murmure, l'air le moins crédible au monde.
— Quelqu'un d'utile dans cette famille ? Interroge-t-elle.
 
Bien sûr, Stan ne prend même pas la peine de lui répondre et Aiden gémit lorsque la voiture prend un virage difficile.
Mon portable vibre dans ma poche. Merde. Je suis sûr que c'est Styles, mais je suis censé ne plus avoir de batterie. Putain. J'ai tellement envie de lui répondre. Ça sonne une deuxième fois. Une troisième. Bordel. Je me retourne vers la vitre, je regarde le paysage de Londres défiler sous mes yeux. Je ne sais même pas où on va. Ça vibre une quatrième fois dans ma poche. Je vais craquer. Je veux savoir ce qu'il m'écrit. Ça me bouffe littéralement.
Une sonnerie de portable retentit soudainement dans la bagnole et Stan répond de suite :
 
— Zayn ?
 
Je me réveille. Je ne comprends pas leur conversation car Stan se contente de murmurer des « ouais » et « hum » exaspérés. Puis il raccroche et reste silencieux. Putain. Qu'il est con. Toujours à vouloir qu'on le supplie. Tout ça pour avoir l'impression d'être quelqu'un d'important.
 
— Il a dit quoi, abruti ? Explose Gemma, m'ôtant l'épine du pied car j'aurais détesté soudoyer cet abruti.
— Toi, je ne te parle pas.
— Tu as plus mature, encore ? Ironise-t-elle.
 
Je croise le regard de Stan dans le rétroviseur. Je crois que le mien le dissuade de me faire chier plus longtemps.
 
— Il a appelé Isaac tout à l'heure. On se retrouve à l'entrée de Hyde Park.
— Depuis quand ils prennent des décisions sans nous ? M'interroge Gemma, réellement vexée.
 
Je hausse les épaules. Je m'en fous. En fait, j'ai juste envie de regarder mon portable et je réalise que je n'ai rien à devoir à Gemma. Je le sors de ma poche et le glisse entre mes cuisses, pour l'empêcher de lire, si jamais l'envie lui prenait. Mais je crois que ça ne lui effleurerait même pas l'esprit. Elle est trop obsédée par le fait de prétendre que je suis totalement inintéressant pour elle.
 
— Donc, reprend Stan en s'adressant au chauffeur, Entrée principale de Hyde Park.
 
Le chauffeur s'exécute, hochant simplement de la tête. Hyde Park est le plus grand parc de Londres. Il se situe exactement entre nos deux quartiers. Au sud-ouest, Kensington et Knightsbridge, et à l'est, Mayfair. Un coin de verdure entre deux enfers.
La voiture dévie sa route et je me concentre sur mon téléphone.
 
 
 SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup 
3h15. Ma seur es ac toi ?
3h15. Vs êtes pa parti ss el ???!
3h15. T'a compri ski cé passé ?
3h17. Zayn a appelé Isaac. RDV Hyde Pk. Ptn, si vs êtes parti ss Gemma je te tue. 
 
 SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
3h19. Elle est avec nous.
3h19. T'as vraiment l'air d'un ado pré-pubère quand t'écris en abrégé comme ça.
 
 SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup 
3h20. J'avais l'air d'un ado pré-pubère quand je t'ai fait jouir dans ton froc tout à l'heure ?
 
 SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
3h20. Froc ?
3h20. Sérieusement ? 
 
 SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup 
3h20. Ouais, détourne le sujet... 
 
 SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
3h20. Parce que tu veux vraiment partir sur ça ?
3h20. Des sextos alors que tu viens de me jeter comme une merde ? Une seconde fois ?
 
 SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup 
3h20. Je ne t'ai pas jeté comme une merde.
 
 
Je ne réponds pas et range le portable dans ma poche. Je ne trouve rien à lui dire, de toute façon, et je n'ai pas envie de débattre, ce soir. Il n'a pas le courage de rester avec moi. C'est écrit noir sur blanc. Pas besoin de s'attarder sur le sujet.
On reste silencieux, tous les quatre, enfin hormis Aiden qui gémit de temps en temps et Gemma qui se plaint toutes les trente secondes que s'il lui vomit dessus, elle tape un scandale. Personne ne l'écoute. Moi, je repense à Styles et à ce qu'on vient de vivre dans les toilettes. Mon jean et mon boxer me gênent. Je me sens sale. Pas de ce qu'on a fait, mais de ce qui a suivi. Son départ. Cette seconde qu'il m'a demandé et que j'ai été incapable de lui donner.
Stan non plus, ne l'écoute pas. Je pense qu'il rumine sa haine. Il rumine le couple de Zayn et Perrie, je le vois rien qu'aux rides qui se dessinent sur son front.
La voiture se gare devant l'entrée principale, au sud-est du parc. La voiture des Styles est déjà arrivée. Niall est de nouveau dans son fauteuil, Edward à ses côtés, tandis que Boucle d'or fume sa cigarette, à l'écart.
Stan donne sa carte bancaire et paie pour tout le monde. Moi, je me précipite dehors. Parce que j'ai besoin d'air. On est au début du mois de juin, le vent est frais, le ciel dégagé. L'entrée du parc est éclairée, ça pourrait être joli si je m'y attardais, mais, la première chose que je fais, est de rejoindre Isaac.
 
— Ça va ? Je l'interroge, de suite.
— Ouais... Ouais, et toi ? T'étais où, putain ?
— Euh, je bafoue, Je traînais dans la boîte.
 
Gemma rejoint son frère, presque en courant, pour s'assurer qu'il va bien. Je capte soudainement pourquoi il se comporte comme un tel gamin, s'il est couvé comme ça, c'est totalement ridicule.
 
— Il manque le taxi de Zayn, reprend Isaac, le visage grave.
— Ne t'inquiète pas, il va arriver.
— Il est avec Liam et Perrie, grince-t-il, Ils vont l'avoir jeté en chemin.
— Je ne pense pas.
 
Le taxi finit par tourner la rue et se gare devant nous. Liam en sort le premier, visiblement furieux, Zayn et Perrie à sa suite.
 
— Putain ! Explose le premier, Je me suis retenu tout le trajet de ne pas lui exploser sa gueule alors, bordel, on se barre d'ici !
— Oui, déclare son grand frère en le rejoignant, Gemma ?
 
Elle se retourne, son frère aussi. Je croise le regard de Styles. Une seconde. Celle qu'il me manque pour le retenir à moi.
 
— Nous aussi, on y va, je murmure en me retournant vers mon clan.
 
Stan est le premier à rejoindre le côté ouest. Je crois qu'il a prévu de rentrer à pied. Ça me va aussi. J'ai besoin d'oxygène. Je veux le rejoindre, mais Niall me coupe brutalement la route avec son fauteuil. Il ne l'a pas fait exprès. Il a un léger sursaut de surprise, en même temps que moi. Nos regards se croisent. Pas parce qu'on l'avait prévu, mais par automatisme. Ses yeux bleus me percutent. Je ne sais pas ce qui se passe. Je ne sais pas pourquoi. Les seuls mots qui sortent de mes lèvres. Je ne les contrôle pas moi-même.
 
— Je suis désolé.
 
Tout s'arrête de vivre, d'un seul coup. Plus un seul bruit. Plus un seul coup de vent. Plus une seule voiture. Je sens tous les regards braqués vers nous. Mais je suis incapable de me détourner de son regard à lui. Il est troublé. Il est même complètement paumé et moi, je répète, comme si j'avais attendu ça toute ma vie :
 
— Je suis désolé... Putain, je suis tellement désolé. Je sais que... C'est inutile. Et trop tard. Et impardonnable. Mais... Tu ne méritais pas ça.
 
L'air est lourd. La tension palpable. Je suis vraiment en train de faire ça ? Qu'est-ce qui me prend, putain ?
 
— Eleanor non plus, finit par murmurer Niall, Eleanor non plus, ne méritait pas ça.
— Oui, je confirme, à voix basse.
 
 
 
 
Chapitre dix.
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Harry Styles
 
                J'ai le c½ur qui va exploser. Il brûle. Il se consume. Tomlinson vient de s'excuser. Il vient vraiment de s'excuser. Je suis tellement paumé, perdu, ravagé. Il y a une seconde de silence. Une seconde où personne ne sait quoi dire, où personne ne sait quoi faire. Parce que ça ravage tout le monde, son excuse. Comme s'il venait enfin de crier haut et fort à quel point tout ça est tellement con. Cette haine. Cette vengeance. Ce conflit. En une phrase, il a tout fait écrouler. Ce pour quoi on se bat, ce en quoi on croit, ce pourquoi on se justifie. En une phrase, il a fait exploser notre monde. En une phrase, il m'a donné envie d'y croire. Une seconde de silence. La seconde que je lui ai demandée. Il me la donne, comme ça, sans même y avoir réfléchi.
 
— On s'en va, déclare Gemma froidement.
 
Tout retombe. Elle a tout brisé. Parce qu'elle ne le supporte pas. Ce changement d'ambiance. Pour elle, il n'y a que la haine qui est logique entre nous, pas autre chose.
Elle m'attrape par le bras et commence à se diriger vers notre quartier. Edward fait rouler le fauteuil de Niall. Liam s'accapare de Perrie. Et je réalise qu'il manque quelqu'un dans l'équation.
 
— Mais... Elle est où Jade, en fait ?
 
Perrie pousse un cri strident, un mélange de surprise et de honte pour avoir oublié l'existence de sa meilleure amie, tandis qu'Liam se referme aussitôt.
On entend Stan pouffer dans notre dos :
 
— Bien joué les Styles, heureusement que vous y teniez, à cette gamine.
— Va te faire foutre putain de...
 
Liam s'approche de lui, les poings serrés. Bien sûr, à quoi je m'attendais ? Simplement parce que Tomlinson s'est excusé, ça aurait changé le cours de l'humanité. Connerie d'espoir.
 
— ...Je vais te tuer.
— Liam ! Gueule Gemma, Laisse-le.
— J'ai pas besoin de toi pour me défendre, siffle Stan.
— Je ne te défends pas, rétorque ma s½ur, On a juste autre chose à foutre.
— Juste un coup, quémande Liam.
— Non ! On va chercher Jade. Bouge !
 
Bien sûr, ça le refroidit aussitôt. Parce que c'est quand même sa meuf et qu'il l'a oubliée dans une boîte en pleine baston générale.
Gemma se retourne vers Edward, elle lui dit de partir avec moi, Niall et Perrie. Quant à elle, elle retourne faire un tour de la boîte avec Liam. Perrie proteste parce qu'elle veut les accompagner, mais, face au regard de ma s½ur, elle n'insiste pas trop.
Les Tomlinson sont déjà loin lorsque les taxis qu'on a appelés arrivent. Gemma et Liam entrent dans le premier et nous quittent sur un bref geste de la main. Moi, je monte à l'avant du deuxième, tandis que Edward pose Niall à l'arrière avant d'aller ranger son fauteuil, Perrie s'installe à côté de son frère.
La voiture démarre, en silence. Je crois que personne n'a envie de parler. Cette soirée était bien trop étrange pour qu'on mette des mots dessus, de toute façon. Je connais bien ce genre d'événements, ceux dont on ne reparlera plus jamais, prétendant qu'ils n'ont pas existé, jusqu'à ce qu'on y croit vraiment. Comme l'anniversaire de Perrie, en fait. Comme tout ce qui concerne les Tomlinson, en réalité.
On arrive devant notre maison, une dizaine de minutes plus tard. Je paye le chauffeur et grimpe directement dans ma chambre, sans m'attarder davantage avec Edward, Perrie et Niall. Tant pis. Je suis trop épuisé, vidé, blasé. Je sors mon portable de ma poche et vérifie pour la millième fois que Tomlinson ne m'a pas envoyé un message. Mais rien. Je me laisse tomber sur mon lit, m'allongeant de tout mon long. J'ôte mes chaussures d'un coup de talon.
« Tu m'as jeté comme une merde ».
Ce n'est pas vrai. La première fois, oui, je lui accorde, mais pas ce soir. Je déboutonne mon jean et le fais glisser le long de mes jambes sans même prendre la peine de me relever.
« Tu m'as jeté comme une merde ».
Peut-être bien que si ? Oh, je ne sais plus. Je me souviens juste que Gemma m'a appelé et que moi, j'ai juste paniqué, comme d'habitude.
« Tu m'as jeté comme une merde ».
Alors, ouais, je crois bien que je l'ai encore jeté comme une merde. Je me saoule. Je me relève légèrement du lit pour retirer ma chemise et mon tee-shirt. Je me rallonge, en boxer. Je ne trouve pas le sommeil. J'entends des bruits dans le couloir. Sûrement les autres qui vont se coucher.
Je regarde mon réveil. Bientôt quatre heures du matin.
J'attends. Sans trop savoir quoi. Tout est silencieux dans la maison. Je n'ai absolument pas sommeil. Je repense à Tomlinson qui s'excuse, je repense au regard de Niall, je repense à ses mots, à la soirée en entier, à nous, aux toilettes, à la fellation monstrueuse qu'il m'a donné. Et merde.
Quatre heures vingt.
J'en ai marre. Je tourne dans mon lit. Ça n'a pas de sens. Rien n'a de sens. Pourquoi est-ce que je suis parti ? Pourquoi est-ce que je l'ai laissé ?
Quatre heures trente.
Je me déteste. Je suis vraiment trop con.
Quatre heures quarante.
Un bruit de porte me réveille de mon supplice et j'entends la voix de Gemma résonner dans la cuisine. Je me relève en un bond, trop heureux d'avoir trouvé une raison de ne pas dormir.
Je saute sur mes jambes et enfile un vieux short de sport qui traîne par terre, avant de renfiler le tee-shirt que je portais dans la boîte. Puis je sors de ma chambre et rejoins Liam et ma s½ur, dans la cuisine.
 
— Hey, ça va ?
— Tu ne dors pas ? M'interroge-t-elle de suite.
— Je viens de me réveiller, je mens.
— Oh, désolée.
— Pas grave, vous avez trouvé Jade ?
— Ouais... Longue histoire, marmonne Liam, la tête avachie entre ses deux mains.
— Raconte.
— Pas maintenant Harry, on va se coucher, rétorque ma s½ur.
 
Elle dépose un baiser sur ma joue et sort de la cuisine. Je m'attends à ce qu'Liam en fasse de même, mais, comme il ne bouge pas, j'en conclus qu'il a envie de parler. Et c'est plutôt rare.
Je m'installe en face de lui :
 
— Qu'est-ce qu'il s'est passé ? J'interroge.
— Jade s'était fait embarquer par les flics.
— Sérieux ?! Mais elle n'a rien à voir avec la bagarre !
— Ouais, mais elle était mineure. On a filé au commissariat avec Gemma, mais ils avaient déjà appelé ses parents.
— Elle est sortie, du coup ? Je m'assure.
— Ouais.
— Alors pourquoi tu tires cette gueule ?
 
Liam relève son regard vers moi. Il a les yeux rouges, gonflés, comme s'il avait pleuré.
 
— J'ai oublié ma copine dans une putain de boîte de nuit, mec, crache-t-il, la voix étranglée, Elle ne veut même plus que je lui adresse la parole.
— Ça peut arriver à tout le monde, je tente.
— Non, ça n'arrive pas ! S'emporte Liam, Putain, ça n'arrive pas ! Jade a raison.
— Raison à propos de quoi ?
— De nous, notre famille. On se fera toujours passer les uns avant les autres. Avant nos potes, avant notre couple, avant notre vie, putain. Et j'en ai marre.
— Ce n'est pas de ta faute, c'était juste...
— Si, putain, c'était de ma faute ! Il me coupe, brusquement, Tu ne comprends pas. Je veux dire... Je l'ai vraiment oubliée. Genre, complètement. Quand il y a eu cette bagarre avec les Tomlinson. Je ne pensais qu'à sauver notre clan. Je ne l'ai pas introduite dedans. Parce que nous, c'est juste nous. Il n'y aura jamais vraiment quelqu'un d'autre. Et moi, j'étouffe dans ce nous. Mon cerveau étouffe. J'ai couru dans la boîte pour récupérer Perrie et j'ai oublié ma copine. Perrie aussi l'a oubliée. Parce que, la vérité, c'est qu'on est obnubilés par nous-mêmes. C'est de notre faute. Ça me fatigue.
 
Je suis fatigué également.
 
— Toi aussi Harry, reprend-il, T'as quitté ton mec. Tu ne me feras pas croire que notre famille n'a rien à voir là-dedans.
 
Non, clairement, je ne lui ferai pas croire le contraire. Alors, je ne commente pas.
 
— Récupère-le. Bordel, récupère-le. Ne soit pas si con.
— C'est trop tard.
— Tu en es sûr ?
 
Non ? Non, je n'en suis pas sûr. Je me relève, brusquement.
 
— Tu vas où ? M'interroge Liam, perplexe.
— Le récupérer.
— QUOI ?! Mais il est cinq heures du matin, je ne parlais pas pour tout de suite !
— Si, je rétorque, Tout de suite.
— Mais...
 
Je n'entends pas la suite. J'ai déjà rejoins le hall d'entrée. Je retrouve de vieilles baskets et enfonce mes pieds nus à l'intérieur. C'est désagréable, mais également le dernier de mes soucis. Il fait frais dehors, mais j'ai la flemme de remonter maintenant me chercher un pull. J'attrape simplement un bonnet et l'enfonce sur ma tête.
Je sors de la maison. Ça n'a aucun sens. Ma tenue, l'heure qu'il est, cette situation. Tant pis. Je me dépêche de partir avant qu'Liam n'ait l'idée de prévenir Gemma de mon départ.
Je cours jusqu'à la bouche de métro. Les premiers de la journée devraient commencer à partir. J'ai froid et je tremble, mais tant pis, l'excitation me tient en place. Encore une fois, je réalise que je fais un truc stupide. Que je n'ai pas prévu Tomlinson de ma visite, que je n'ai pas mon portable, ni même les clefs de chez moi ou des papiers d'identité, mais je m'en fous.
Le métro arrive après une dizaine de minutes et je grimpe dedans. Je descends à son arrêt. J'ai l'impression de connaître le trajet par c½ur. Que je pourrais même le faire les yeux bandés.
J'arrive devant l'immeuble. Le code. Le regard noir du vigile. Les ascenseurs. Le quatrième étage. Sa porte. C'est un automatisme. Je frappe.
Le battant s'ouvre sur Tomlinson. Les traits fatigués, un vieux jogging et un pull de sport sur le dos, une moue adorable sur le visage. Jusqu'à ce qu'il m'aperçoive et que ses yeux s'ouvrent si brusquement que je crois le voir convulser devant moi. Il se jette dans le couloir, referme la porte derrière lui d'un coup sec, et me pousse littéralement jusqu'à l'ascenseur.
 
— PUTAIN, TOUS MES COUSINS SONT LÀ, STYLES !
 
C'est un cri, mêlé à un chuchotement et une voix paniquée. Je suis éberlué. Là ? Genre, là ? Chez lui ? Je crois que j'aurais pu m'évanouir si Tomlinson ne continuait pas à me pousser. Il appuie sur le bouton de l'ascenseur et, par chance, celui-ci n'était pas encore redescendu donc les portes s'ouvrent automatiquement. Je m'attends à ce qu'il me jette dedans et me renvoie d'où je viens, mais il saute avec moi à l'intérieur. Ses lèvres se plaquent sur les miennes alors que mon dos percute la paroi d'acier. C'est le baiser qui a le moins de sens au monde. J'agrippe ses hanches et le colle à moi. Nos dents s'entrechoquent, nos salives se mélangent, notre respiration s'accélère. Je suffoque, littéralement, dans son baiser. D'un geste de la main, il bloque l'appareil. Je ne savais même pas qu'on pouvait faire ça. Je pensais que ça n'existait que dans les films. Son corps s'enfonce dans le mien. C'est tellement érotique et désespéré, que je ne sais pas quel sentiment me fait le plus d'effet, le désir ou la peine. Sa langue rencontre la mienne. Ses lèvres sont oppressantes. Je gémis, contre lui, contre ses baisers, son corps, ses caresses. Ce mec me fait un effet de fou, je suis sûr qu'il n'en a même pas conscience. Il coince une de ses cuisses dans mon entrejambe. Ça me fait suffoquer. Je m'accroche à son cou, pour me maintenir en place. Ses mains glissent le long de mes côtes et j'ai l'impression que ma peau me brûle à l'endroit où il l'a touché. J'ai tellement envie de lui que Dieu me renierait s'il entrait dans ma tête. Les lèvres de Tomlinson finissent par quitter les miennes pour rejoindre mon oreille. Il chuchote chaudement contre ma peau :
 
— Qu'est-ce que tu fous là, bordel ?
— Je voulais te voir, je réponds simplement, m'agrippant encore plus fermement au tissu de son pull pour qu'il reste collé à mon corps.
 
Dans un même mouvement, Tomlinson plonge dans ma nuque pour m'embrasser du bout des lèvres.
 
— Je n'en peux plus de tes ascenseurs émotionnels, grince-t-il contre ma peau froide, Je n'en peux plus. Tu vas finir par me rendre fou.
— C'est réciproque.
— Styles, je suis sérieux, reprend-il en relevant son visage vers moi, ancrant nos prunelles l'une à l'autre, Tu sais ce que j'ai fait à ton cousin. Je ne peux pas le réparer. Alors, décide une bonne fois pour toute si tu l'acceptes ou non, mais arrête d'être comme ça. Je ne le supporte plus.
 
Je ne sais pas quoi répondre alors je l'embrasse. Mais il n'est pas con et me repousse doucement.
 
— Choisis, Styles, putain. On risque tellement gros. Faut au moins que tu acceptes dans quoi tu t'engages.
— On est obligés d'en parler ici ? Je demande.
— Qu'est-ce que tu veux ? Pourquoi tu es venu jusqu'ici ?
— Je veux passer la nuit avec toi.
 
C'est sincère. J'en ai marre des non-dits. J'ai envie qu'il le sache, que j'ai besoin de lui.
 
— La nuit, il répète, ironique.
— On n'a rien d'autre.
— Je sais.
 
Tomlinson appuie de nouveau sur le bouton de l'ascenseur. On redescend. Littéralement et métaphoriquement, je crois.
 
— Je suppose que je dois rentrer chez moi, je murmure, lorsque les portes s'ouvrent sur le hall.
— Je n'en ai pas envie.
 
Je me retourne, une lueur d'espoir dans les yeux, mais il ajoute :
 
— Mes cousins sont dans l'appartement.
— Je peux t'embrasser avant de partir ?
 
Il hésite une seconde, mais finit par m'attraper par les hanches. Il m'embrasse. Doucement. Comme si ce n'était pas un foutu dernier baiser. Putain. J'étais censé le récupérer. Qu'est-ce que je fous, bordel ?
 
— Vire tes cousins, je déclare sèchement lorsqu'il se retire de mon étreinte.
— Pardon ?
— Vire tes cousins, je répète, sûr de moi, Vire-les. On pourra passer la nuit à s'embrasser. Parce que, ouais, la nuit. Je ne peux rien te donner d'autre. Je ne peux pas te promettre qu'un jour on pourra se tenir la main dans la rue, qu'on ira au cinéma ensemble ou au restaurant. Mais on s'en fout, non ? C'est des trucs de couples, ça. On n'en est pas un. On n'en sera jamais un. On le sait tous les deux. Alors nous, ce qu'on a, c'est juste la nuit... Mais, putain, si tu savais à quel point ce n'est pas une nuit pour moi. Quand je suis avec toi, c'est juste... Je ne sais pas. La nuit, c'est pour se foutre la tête à l'envers ou pour dormir. Toi, tu me fais les deux en même temps. Je ne dors pas, genre, je suis juste... Trop bien. Genre, vraiment, vraiment, trop bien. Et je sais que tu le ressens aussi. Alors, merde, on s'en fout du reste. Avec des nuits comme les nôtres, les journées valent à peine le coup d'être vécues, non ?
 
Tomlinson reste muet, comme une tombe. C'est la deuxième fois que je lui sors un discours de ce genre, un peu niais et moisi, parce que c'est loin d'être ma spécialité. Il se tait et moi, je n'ai plus aucun mot pour le convaincre. Je me contente de le regarder. J'ai à peine exprimé ma pensée, parce qu'elle est trop floue dans mon esprit pour être formulée correctement, mais j'espère qu'il arrive au moins à comprendre ce qu'il y a dans mon regard.
Il finit par hocher de la tête, reculant d'un pas.
 
— Je vais virer mes cousins. Je viens te chercher quand c'est libre.
 
Je me retiens littéralement de ne pas sauter de joie, de ne pas pleurer, crier, l'embrasser. Harry fucking Styles vient de retenir Louis fucking Tomlinson.
Il entre dans l'ascenseur, remonte à son étage, et moi, je me dirige vers le fond du hall. Le vigile me regarde d'un air suspect. Je ne peux pas lui en vouloir. La première fois qu'il m'a vu, il me portait sur son épaule alors que j'agonisais lentement.
Je m'assois à même le sol. Le carrelage est froid et le tissu de mon short trop fin. Je m'en fiche. J'attends. Cinq minutes jusqu'à ce que j'entende la voix de Stan gueuler dans tout le hall que c'est un scandale, surtout avec son frère dans cet état.
Je tente un discret coup d'½il. Zayn ne parle pas, il aide Aiden à marcher. Stan est tout devant, hurlant à qui veut bien l'entendre que son cousin n'est qu'un « sale connard d'égocentrique de merde ». Isaac tente plus ou moins de le défendre, prétextant qu'il travaille demain matin, qu'il a besoin de repos, et que, de toute façon, l'appartement est trop petit pour tous les accueillir. Stan n'écoute pas, continuant de gueuler, jusqu'à ce que le vigile lui dise clairement de fermer sa gueule. Puis ils sortent tous les quatre de l'immeuble.
Je n'attends même pas le signal de Tomlinson et rejoins de suite les ascenseurs. J'appuie sur le bouton. Un mélange d'impatience et d'un « Je ne sais pas ce que je fais » qui me broie l'estomac.
Les portes s'ouvrent. Il m'attendait devant. Ou, alors, il venait me chercher. Je ne sais pas. Je me jette sur ses lèvres, encore. On s'embrasse. C'est désordonné. On s'emmêle les pieds. Tomlinson essaie de nous ramener jusqu'à son appartement, mais on se cogne dans tous les murs. Je ne sais même plus si on part du bon côté. Lui non plus, parce qu'il finit par se décoller de mes lèvres pour voir où on va. Il pouffe de rire et me prend par la main pour me tirer jusqu'à chez lui. La porte se referme. Lui ou moi. Je n'en sais rien. Ses lèvres retrouvent les miennes, instinctivement. Mon bonnet se perd en chemin. Il sourit dans son baiser. Moi aussi, je crois, parce que j'ai mal à la mâchoire. Il traverse l'appartement, ses mains partout sur moi, avant qu'il ne s'arrête brusquement pour déclarer :
 
— Fais gaffe, Aiden a vomi par terre.
 
Je grimace, mais je n'en ai clairement rien à foutre. Je pourrais m'étaler dans du vomi que je n'en aurais toujours rien à foutre, tant que nos lèvres sont réunies. Enfin, j'évite quand même la flaque parce que ce serait dégueulasse d'en mettre partout dans les draps.
On arrive dans sa chambre. On tombe sur le lit sans arrêter de s'embrasser. C'est tellement bon de savoir qu'il n'y a pas de fin. Enfin, pas tout de suite. Que ses lèvres ne sont rien qu'à moi. Qu'il n'embrasse que moi. Je suis au-dessus de lui, je glisse mes mains sous son pull. Elles sont froides et il frissonne. Je repense à ce qu'il m'a dit dans les toilettes.
« Pas ici... Juste, pas ici».
Maintenant, on est dans son lit, tous les deux. Rien que l'idée, me fait grogner contre son cou. Mes mains descendent jusqu'à l'élastique de son jogging.
 
— Styles, putain, m'arrête-t-il brusquement, Je t'ai déjà dit que je ne le pensais pas.
— De quoi ?
— Tu sais de quoi je parle.
 
Mes mains quittent sa peau. Je me relève légèrement pour lui faire face. Il est toujours allongé, le souffle court et la respiration saccadée. Ses cheveux lui tombent sur le front. Je dégage quelques mèches lentement, murmurant du bout des lèvres :
 
— C'est bon, Tomlinson, tu as raison, de toute façon.
— Non ! Réplique-t-il, Non, je ne le pensais pas, merde, arrête.
 
Je ne réponds pas donc il continue, ses coudes venant relever légèrement son corps :
 
— Je ne pense pas que tu sois un gamin traumatisé par le sexe.
— On peut le faire, je lui assure.
— On a le temps.
— Arrête tes conneries, je soupire, Tu ne vas pas te contenter de petites branlettes.
— Me contenter ? Répète-t-il, choqué, T'es sérieux là ? Mais tu crois quoi, bordel ? J'ai joui juste en te regardant, putain. Comment tu peux croire que tu ne me contentes pas ?
 
Je hausse les épaules. Je n'en sais rien. Je sais juste qu'un mec a besoin de cul et qu'il n'est pas plus différent qu'un autre.
 
— Oh et puis merde ! Explose-t-il, Ça n'a pas de sens, cette discussion ! Pourquoi toi, tu ne me le ferais pas, après tout ?
— Quoi ? Je demande, craignant de comprendre.
— Dominer, je veux bien, merde, je suis juste...
— Tu l'as déjà fait ? Je le coupe, Être dominé ?
— Non, mais pas grave. Je veux bien essayer... Avec toi.
— Hors de question, je déclare.
— Quoi ?!
— Je vais te faire mal.
— Mais je ne suis pas une brindille ! S'énerve-t-il, Tu ne vas pas me faire mal. Et puis, merde, je vais survivre.
— Non, pas moyen.
— T'es pas sérieux ? M'interroge Tomlinson, hésitant à moitié entre éclater de rire et me foutre une baigne.
— Extrêmement sérieux, je réplique.
— Non.
— Si.
— Non.
— Oh vas-y ! Je m'énerve, T'as plus con encore comme répartie ?!
— Alors explique-moi ! Tu ne vas pas me faire croire que tu n'as jamais rien fait avec ton connard de dealer !
 
Je décèle de la jalousie dans sa voix. Mon Dieu. Il n'a tellement aucune raison d'être jaloux. Ça n'a rien à voir, au contraire. Je le respecte trop pour lui faire subir ça. Je n'ai jamais fait l'amour à Azoff. Je le baisais juste, salement, comme je l'avais vécu moi. Lui, il aimait bien. Ce côté sauvage en moi, ça l'excitait. Et puis, c'est la seule chose qu'on avait car je ne l'aurais jamais laissé me toucher et il le savait. Alors, peut-être qu'il a juste appris à aimer ça, parce qu'il m'aimait assez pour le supporter. Parce que c'était mieux que rien. Bref, dans tous les cas, je ne ferais jamais ça à Tomlinson. Jamais. Pas après la façon dont il me touche. Il mérite tellement mieux. Moi, je n'en suis pas capable.
 
— Laisse tomber, je reprends, Je ne le ferai pas.
— Alors on ne baisera pas, je m'en fous.
 
Je le regarde, sans comprendre. Il ne peut pas s'en foutre. Ce n'est humainement pas possible.
 
— Je vais prendre une douche, je murmure.
— Belle transition, souffle-t-il avec ironie, retombant contre le matelas.
 
Je me relève du lit, les jambes encore tremblantes et mon érection déformant mon short. J'entre dans la salle de bains et enlève tous mes vêtements. Je me faufile dans la cabine de douche et fais couler l'eau froide sur mon corps. Je déteste ça, mais j'y trouve une bonne punition.
Je ne sais pas comment je me débrouille pour toujours tout gâcher, tout le temps, chaque heure, chaque minute, chaque seconde. On était bien, tous les deux, et j'ai encore flippé, comme d'habitude. Je réalise que je n'ai pas confiance en lui, en fait. Que j'attends tellement le moment où il se lassera de moi et de notre petit jeu que je finis par le provoquer moi-même. Je suis un véritable casse-couille. Je crée des problèmes tout le temps, même dans le cul, le seul truc qu'on aurait pu réussir.
Je tente d'attraper sa bouteille de savon. Mes yeux se plissent et mon c½ur s'arrête de battre d'un seul coup. Je tombe des nues. Je tombe de trente étages. Je tombe de l'Everest. Je m'éclate au sol.
Il y a une bouteille neuve. Au lait de coco et à la vanille. Mon savon. Il a... Il avait acheté mon savon avant que je ne lui laisse tous ses messages de merde sur son portable. Il avait... Bordel, je me sens presque défaillir. Je me retiens à la paroi en verre. Les jambes tremblantes. Je dois littéralement passer pour un demeuré. Ce n'est qu'une bouteille de savon. Concrètement, ça coûte cinq livres à tout casser. Mais, putain, ça a tellement de sens. Ça veut dire qu'il m'a écouté quand j'ai pété un scandale avec cette histoire de compromis. Ça veut dire qu'il s'attendait à ce que je reste. À ce que j'utilise une bouteille entière. Et ça dure quoi ? Un, deux, trois mois, ce genre de connerie ? Ça veut dire qu'il y croyait. Qu'il n'attendait pas une saleté de seconde ou je ne sais quelle connerie du destin pour rester avec moi. Que je suis con. Que je suis stupidement con.
Je coupe l'eau. Je n'ai même plus envie de me laver. Je sors de la cabine. Je prends une serviette et la noue brièvement autour de mes hanches. Je suis encore mouillé. Je ne prends même pas la peine de me sécher. Je cours presque jusqu'à sa chambre, laissant les gouttes d'eau tracer mon chemin.
Il est toujours allongé sur son lit, le nez dans son portable.
 
— Tu m'avais acheté du savon ?!
 
Il sursaute, n'ayant manifestement pas entendu mon arrivée.
 
— Euh... Ouais.
— Mais, genre, tu disais que c'était du savon de meuf.
— Je n'en pense pas moins.
 
Un sourire effleure ses traits. Je réalise alors que ce n'est pas une seconde qu'il me donne à cet instant, c'est l'image d'une vie entière. Parce que j'ai envie d'y croire jusqu'après ma mort.
Je le rejoins, monte sur le lit, sur lui. J'enlève son portable.
 
— Mais... Styles... Putain, tu t'es pas essuyé... T'es trempé... Mais, bordel, tu en fous partout !
 
Je le coupe d'un baiser. Je dois essayer. Essayer de changer. D'être moins parano, moins coké, moins casse-couille. Je dois essayer. De lui rendre ce qu'il me donne. La foi. Le pardon. La tendresse. Je dois essayer. Je lui dois bien ça.
Je butine ses lèvres. Sans pression. Juste une caresse tendre. Mes mains redessinent ses hanches, son torse, sa poitrine. Ma peau mouillée le fait frissonner et il me sert contre lui. J'attrape la couverture à nos pieds et nous recouvre. Il tire sur ma serviette de bain, la jette hors du lit, me fait rouler contre le matelas. Il monte sur moi, délicieusement chaud.
 
— Tu n'es pas un peu schizophrène dans ta tête ? M'interroge-t-il en riant, À changer de comportement toutes les cinq minutes.
— Je serai là demain matin Tomlinson, je murmure, même si ça ne répond absolument pas à la question, Je serai là tous les matins où tu voudras bien de moi.
— Mais...
— La nuit, c'est pour ceux qui se cachent, je le coupe, C'est sombre, c'est loin, c'est froid. Même elle, ne nous mérite pas.
 
Il glisse ses doigts dans mes cheveux, je crois que ses yeux parlent à sa place.
 
— Une nuit on fera vraiment l'amour, je reprends, Et je sais que ce sera merveilleux parce que tu n'imagines même pas tout ce que je ressens quand je suis avec toi.
 
Je crois que mon c½ur pourrait exploser. Je me mets tellement à nu pour lui. C'est le mieux que je puisse lui offrir, maintenant. Je suis allongé en dessous de lui, en totale position de faiblesse, et concrètement nu, d'ailleurs. Ça me fait peur à mourir. Mais il continue de me regarder avec tout le respect du monde dans les pupilles et j'ai l'impression d'avoir enfin pris la bonne décision.
 
— Je devrais t'acheter du savon plus souvent.
— C'est tout ce que tu trouves à me répondre, connard ? Je m'emporte.
 
Il rit. Un vrai rire contagieux. Bordel. Je suis accro à ce mec. À son sourire. Son rire. Son corps. Sa bouche. Je pose mes mains sur sa nuque et l'attire à moi. Il m'embrasse. Son torse s'enfonce dans le mien. Je suis tellement bien. Je repense à cette soirée catastrophique et où elle m'a finalement mené. Je la revivrai bien dix milles fois d'affilées juste pour ce moment.
 
— Tu ne repartiras pas ? M'interroge Tomlinson, les lèvres dans mon cou.
— Non... Pas tant que tu voudras de moi.
— C'est une promesse dangereuse, souffle-t-il, tout contre mes lèvres.
— Pourquoi ?
— Tu as une vie devant toi ?
 
Je remonte mes mains le long de ses hanches. Il frissonne.
 
— Oui, je réponds.
— Alors ça devrait aller.
 
Il se penche. Ses lèvres frôlent les miennes. J'ai juste le temps de lui confirmer, avant qu'il ne m'embrasse :
 
— Oui. Ça va aller.
 
 
 
 
 
 
 
"So am I wrong, for thinking that we could be something for real?"
 
____________________
 
Joyeuses fêtes les RunUpGirls !
Pétez-vous le bide, Noël, c'est fait pour ça :)
Dernier chapitre de l'acte deux pour l'anniversaire de Louis, 
j'y tenais particulièrement, j'espère que ça vous a plu ! 
A l'année prochaine xx


 
 
 

Tags : #RunUpfic - #Acte2

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Comments :

  • Visiteuse

    18/05/2015

    [Oui, c'est encore moi. Désolée...]
    Scène mythique de la bouteille de savon à la vanille et au lait de coco. Je crois que je ne m'en remettrai jamais.
    Ça paraît tellement insignifiant une bouteille de savon à première vue ! Mais non, toi il faut que tu détournes ça autrement, de sorte à ce que tes lecteurs crèvent à la fin du chapitre ! Et j'ai envie de dire; c'est réussi !
    Je n'ai jamais ressenti autant d'émotions à cause d'une bouteille de savon... Attends, tu te rends compte que tu me chamboules avec une bouteille de savon ??? Ça devient grave là ! Cette maîtrise des mots et de nos ressentis que tu possèdes plus que quiconque. Et j'irais même jusqu'à dire que ça devient flippant. Sérieusement, qui arrive à me mettre de tous mes états à la simple mention d'une bouteille de savon ? (à part toi, je ne vois pas...)
    D'ailleurs, j'ai tendance à penser que ta fiction pourrait être publiée et pourquoi pas adaptée en film ? Je suis optimiste, je sais ! Mais très honnêtement, j'ai crois beaucoup en tes écrits et je suis persuadée que tu as un don !
    Je suis contente parce que comme j'ai l'ultime conviction que tu vas devenir une auteure connue, je pourrais me vanter de t'avoir suivi depuis tes débuts !!!
    Quoi qu'il en soit, ne t'arrête jamais d'écrire.
    Bonne continuation ma belle, je te souhaite le meilleur !
    Bisous :*

  • RunningUp

    23/04/2015

    Visiteur wrote: "L'épisode de la bouteille de savon est sans doute mon épisode préféré dans ta fiction. C'est vrai quoi, enfin je veux dire, une bouteille de savon c'est banal. Mais pas là. Pas dans ta fiction. Ici, c'est un symbole. Elle a tellement de sens cette bouteille.
    C'est la première fois qu'une bouteille de savon me bouleverse à ce point. Et wow wow wow...
    C'est tellement beau cette métaphore. Je suis retournée de fond en comble. Et tout ça avec une bouteille de savon !
    "

    ahah ton commentaire m'a fait trop rire :D
    Et oui comme quoi chaque petit détail de la vie peut devenir important après coup ! hihi :)
    merci pour ton commentaire en tout cas, ça me fait vraiment plaisir ! bisous xx

  • Visiteur

    23/04/2015

    L'épisode de la bouteille de savon est sans doute mon épisode préféré dans ta fiction. C'est vrai quoi, enfin je veux dire, une bouteille de savon c'est banal. Mais pas là. Pas dans ta fiction. Ici, c'est un symbole. Elle a tellement de sens cette bouteille.
    C'est la première fois qu'une bouteille de savon me bouleverse à ce point. Et wow wow wow...
    C'est tellement beau cette métaphore. Je suis retournée de fond en comble. Et tout ça avec une bouteille de savon !

  • ThugLifeIsNotLasting

    06/03/2015

    Haha t'es contente j'espère, j'ai des larmes de joie qui coulent là mdrrr'
    Tout ça parce que Louis a acheté le savon d'Harry. C'est con hein, mais ce détail, c'est TOUT. Ils sont tellement beaux, tellement faits l'un pour l'autre, je sais pas, je ne peux pas les voir l'un sans l'autre, surtout que quand ça arrive, ils sont malheureux (et moi aussi par la même occasion ^^) alors là je suis HAPPY :D

  • RunningUp

    26/02/2015

    growth wrote: "Ouah! J'ai le cul scier en deux .. J'aime beaucoup ton histoire mais aussi ta façon d'écrire , je suis vraiment sous le charme et aussi impatiente de connaître la suite vraiment .. Merci beaucoup pour ce que tu écris et vite vite vite la suite !
    Bonne soirée à toi :)
    xx.
    "

    merci beaucoup pour ce commentaire ! je pense que le prochain chapitre sortira vendredi soir ! :)
    merci encore et bisous xx

  • growth

    25/02/2015

    Ouah! J'ai le cul scier en deux .. J'aime beaucoup ton histoire mais aussi ta façon d'écrire , je suis vraiment sous le charme et aussi impatiente de connaître la suite vraiment .. Merci beaucoup pour ce que tu écris et vite vite vite la suite !
    Bonne soirée à toi :)
    xx.

  • RunningUp

    20/01/2015

    manah wrote: "Alors la c'est le meilleurs chapitre de tout les temps; j'ai subi un putain de grand 8 émotionnelle. Jadoooore "

    hihi contente que ça te plaise !! :)

  • manah

    19/01/2015

    Alors la c'est le meilleurs chapitre de tout les temps; j'ai subi un putain de grand 8 émotionnelle. Jadoooore

  • RunningUp

    05/01/2015

    Elyzabeth wrote: "Hey :')
    Attention, c'est un commentaire laissé par une dépressive, insomniac, à presque 6heures du matin.
    Donc, oui, j'ai lu ta fics toute la nuit. Et je suis sensé me lever pour les cours dans une demie heure... oops ?
    T'as fiction est... magnifique. Tu as créé un monde a part.... Faut etre sérieux, ce monde est horrible (l'act1 est le plus cruel), c'est fous, cet impression qu'on a d'etre dans une piece de théatre !
    Surement le coté Roméo&Juliette !
    Voilà, tes mots m'ont accompagné pendant toute la nuit, et c'était vraiment super :')
    Je suis pas forcement le genre de fille heureuse en ce moment, et cette fics m'a... rassuré en quelque sorte sur tout ce bordel, dans ma vie.
    J'ai compris, qu'avant de me mourir, faut que je foutes ma vie en l'air. Peut-être que tu vas comprendres, ou peut-etre que tu vas me prendre pour une pauvre depressive en manque d'affection... Mais bon, j'ai 14ans, presque 15, un bordel de problème dans la vie, et c'est vrai que je me réfugie dans les histoires pour oublier. Ça marche mieux que l'alcool ou la drogue, je te le garentit, ma soeur a essayé ;)
    Et, avec toute les fictions que j'ai lu, je peux te dire que la tienne est l'une des plus magnifique et des plus tragique !!!
    Bah, c'est un com's parmit tout tes fans, je me suis jamais autant livré donc euh... j'ai un peut honte x)
    Bye Xx

    Lisa
    "

    Coucou toi,
    je t'avoue que ton commentaire m'a laissé un peu sans voix. Je suis contente que l'histoire te plaise et te transporte ainsi mais j'espère que cette histoire ne t'as pas trop bouleversée non plus. Je comprends ce que tu veux dire, même si je ne connais pas ta vie, tout le monde passe par des étapes un peu plus sombres (pour des raisons débiles des fois mais le fait est là) donc j'espère que ça ira mieux pour toi (moi j'y crois en tout cas).
    En tout cas merci de m'avoir laissé un petit message, donne moi de tes nouvelles de temps en temps !
    Bye :)

  • Elyzabeth

    05/01/2015

    Hey :')
    Attention, c'est un commentaire laissé par une dépressive, insomniac, à presque 6heures du matin.
    Donc, oui, j'ai lu ta fics toute la nuit. Et je suis sensé me lever pour les cours dans une demie heure... oops ?
    T'as fiction est... magnifique. Tu as créé un monde a part.... Faut etre sérieux, ce monde est horrible (l'act1 est le plus cruel), c'est fous, cet impression qu'on a d'etre dans une piece de théatre !
    Surement le coté Roméo&Juliette !
    Voilà, tes mots m'ont accompagné pendant toute la nuit, et c'était vraiment super :')
    Je suis pas forcement le genre de fille heureuse en ce moment, et cette fics m'a... rassuré en quelque sorte sur tout ce bordel, dans ma vie.
    J'ai compris, qu'avant de me mourir, faut que je foutes ma vie en l'air. Peut-être que tu vas comprendres, ou peut-etre que tu vas me prendre pour une pauvre depressive en manque d'affection... Mais bon, j'ai 14ans, presque 15, un bordel de problème dans la vie, et c'est vrai que je me réfugie dans les histoires pour oublier. Ça marche mieux que l'alcool ou la drogue, je te le garentit, ma soeur a essayé ;)
    Et, avec toute les fictions que j'ai lu, je peux te dire que la tienne est l'une des plus magnifique et des plus tragique !!!
    Bah, c'est un com's parmit tout tes fans, je me suis jamais autant livré donc euh... j'ai un peut honte x)
    Bye Xx

    Lisa

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