Chapitre trois.

 
 
Louis
 
 
         Je reste devant la porte comme un con. Je ne sais pas ce que je suis en train de faire. Je sens - non - je sais, que c'est une mauvaise idée. Mais j'ai retourné le plan dans ma tête un millier de fois et je n'y arriverai jamais tout seul. J'ai besoin de lui et je sais qu'il m'aidera.
Je frappe trois fois sur le battant de la porte. J'entends Stan me marmonner un rapide « entre » et je ne me fais pas prier. J'ouvre la porte et je viens m'installer directement sur son lit.
Lui, il est vautré sur un pouf par terre, son ordinateur sur les jambes.
 
_Qu'est ce que tu me veux ? Il m'interroge de suite, un froncement de sourcils sur le visage.
_Pourquoi je te voudrais quelque chose ?
_Tu ne viens jamais dans ma chambre.
 
Pas faux.
 
_J'ai besoin de ton aide, je me lance.
_Ça, j'avais compris. Viens en aux faits.
_Une vengeance.
_De quel type ?
 
Il me fait presque rire ce gars. Il ne cherche même pas à savoir ce qu'il se passe. Il veut juste cogner dans le tas. Et ça tombe bien parce que c'est aussi de ça dont j'ai besoin.
 
_Un passage à tabac.
_Combien ?
_Juste une personne.
_Quel âge ?
_La trentaine.
 
Stan fronce de nouveau des sourcils, enregistrant toutes les informations une à une, avant de s'exclamer hébété :
 
_Attends.. Un mec seul de trente ans.. Tu m'expliques en quoi t'as besoin d'aide ?
_Je ne sais pas qui est ce type.
_Pardon ? S'étonne-t-il.
_Je ne l'ai jamais vu. Je ne connais même pas son nom. J'ai besoin d'aide pour le retrouver, je m'explique.
_Ça, ça m'amuse moins, tu vois, finit-il par renchérir avant de se concentrer de nouveau sur son ordinateur portable, probablement pour continuer ses jeux en ligne à la con.
_J'ai besoin de toi. Je n'y arriverai pas tout seul.
_Et ton chouchou Isaac ? Lance-t-il avec ironie, Tu as perdu la laisse ?
 
Isaac. Ce n'est même pas la peine que j'essaie. Il ne m'adresse plus la parole.
 
_Vas te faire foutre, je soupire en me relevant du lit, Je me passerai de toi.
_Et mon frère, tu lui as demandé ?
_Je ne peux pas demander ça à Aïden, je rétorque.
 
Stan referme légèrement l'écran de son ordinateur, finalement intéressé.
 
_Ok qu'est ce qui se passe Louis ?
_Tu veux la version courte ou longue ?
_Courte, réplique-t-il directement, Tu crois que j'en ai quelque chose à foutre de ta vie moi.
_Mon mec s'est fait violé y a deux ans par un connard.
 
Son visage se fige à la seconde suivante. Il comprend pourquoi je n'en ai pas parlé à Aïden. Ça le toucherai de trop près. Bien-sûr, Eleanor est sa s½ur aussi et Stan a toujours été affecté par ce qu'il s'était passé. Si je n'étais pas en froid avec Isaac, je ne lui aurais jamais demandé non plus. Mais par rapport à son frère, Stan est le seul à avoir conservé un minimum de sang-froid.
 
_C'est ce mec que tu recherches, donc ?
_Oui, je confirme.
_Tu n'as pas d'autres infos ? Il m'interroge, se levant brusquement de son pouf pour se diriger vers son bureau et attraper une feuille de papier, Caractères physiques ? Boulot ? Habitudes ?
_Je sais qu'il est riche et qu'il traîne dans les bars près de Mayfair.
_Et qu'est ce que ton mec foutait à Mayfair ? Grimace mon cousin.
_Je ne sais pas moi, je feins en haussant des épaules, C'était avant qu'on se connaisse.
_Ouais. Bref. Ça va être un peu compliqué. Il est comment physiquement ?
_Je n'ai pas trop eu de détails, je murmure.
_Demande à ton copain.
_Il ne veut pas vraiment en parler et puis... Même.
_Même quoi ? Interroge Stan en se retournant vers moi.
 
Je soupire. Qu'il est con, des fois.
 
_Tu crois qu'il est sérieusement au courant de ce que je prépare ?
 
Stan esquisse un sourire avant de reposer sa feuille sur le bureau. Une vengeance secrète. Sa préférée. Puis il se retourne vers moi en croisant ses bras sur sa poitrine.
 
_Et qu'est ce que tu prépares au juste ?
_Je te l'ai dis, je réponds, sans comprendre d'où vient son ton ironique, Un passage à tabac.
_T'es adorable Louis, pouffe-t-il.
_Quoi ? Je m'emporte, vexé.
_Si tu crois que je vais me contenter de frapper un violeur.
 
Ok. Je retire ce que je disais à propos d'Aïden. Son frère est pire. Mille fois pire. Et il l'a toujours été. Je suis vraiment trop con.
 
_Non Stan, je soupire, Attends, tu ne peux pas-
 
La sonnerie de mon téléphone me coupe en plein milieu de la phrase. Je le sors de ma poche pour couper la communication mais quand je vois « Boucle d'Or » affiché sur l'écran, je ne peux pas m'en empêcher.
 
_Je reviens dans cinq secondes, je déclare brièvement en sortant de la pièce.
 
Je décroche le téléphone et m'enfonce dans le couloir, jusqu'à ma chambre.
 
_Allo ?
_Est ce que tu peux dire à ton connard de cousin de garder sa bite tranquille ?
_Pardon ?! Je m'offusque.
_T'as très bien compris Tomlinson. Et tu peux lui dire aussi que si il touche de nouveau à Perrie sans se foutre un putain de préservatif, je la lui coupe.
_Oh.. Quoi ? De quoi tu parles ?
_Je suis à l'hôpital, enchaîne Styles de plus en plus furieux, Franchement, il est sérieux ? Baiser sans préservatif ? Vous êtes débiles dans ta famille ou comment ça se passe ?
_Oh tu vas te détendre ! Je m'emporte à mon tour, Ils sont deux dans cette histoire je te signale !
_C'est lui le mec ! Il est responsable. Alors tu vas lui dire de se calmer, sérieux, parce que moi-
_Et moi je connais quelqu'un d'autre de ta famille qui n'a pas utilisé de préservatif, je le coupe, Et pour le coup elle, elle n'était pas consentante. Alors ta morale à la con tu te la gardes.
 
Et je raccroche. Je sais que c'est bas ce que je viens de lui dire. Lui rappeler cette histoire alors que ça n'a strictement rien à voir. Et, moi aussi, je suis furieux contre Zayn, bien-sûr. Il est con, c'est clair. Mais je ne sais pas, ça m'a soûlé d'entendre quelqu'un insulter ma famille, même lui, enfin.. Surtout lui, en faite. Même si je sais qu'il a raison, dans le fond, je n'en reviens pas que mon cousin ait fait quelque chose d'aussi stupide. Qu'il est con, putain, avec une Styles en plus ! Mais il cherche quoi à la fin ? Se mettre tout le monde à dos ? Quel abruti. 
Je me dirige directement vers ma chambre, laissant mon portable tomber sur le lit. J'attrape la boite de préservatif sur ma table de chevet puis je rejoins celle de mon cousin. Sans frapper, j'entrouvre la porte et lui balance la boite en carton à la gueule.
 
_J'espère que tu sais au moins comment on les utilise, je crache avant de claquer la porte brusquement.
 
Le bruit résonne dans le couloir et dans tout mon être. Je suis tellement énervé. Contre tout. Contre Zayn. Contre Harry. Contre moi.
J'entends Stan m'appeler dans le couloir donc je rejoins sa chambre, sans vraiment réfléchir à ce que je viens de faire. Je m'arrête dans l'entrebâillement de la porte, m'adossant au bois.
 
_J'en suis.
_De quoi ? Je demande, complètement à côté de la plaque.
_Ta vengeance, il murmure, hébété que j'ai déjà oublié ce que je viens de lui demandé, J'en suis.
_Oh.. Merci. Mais ne fais rien de stupide. Ce type ne le mérite pas.
_Mérite pas ?
_Que tu aies des problèmes.
_Des problèmes, j'en ai des tas, réplique mon cousin, Ce n'est pas lui qui va me faire peur.
_Qu'est ce que tu veux faire ? J'interroge.
_Du repérage, pour le moment.
_Où ça ? A Mayfair ? Tu sais qu'on ne peut pas y aller.
 
Stan se met à sourire. Parce qu'il n'en a rien à foutre, lui, de ce qui est interdit ou non.
 
_Je gère Louis. Ne t'inquiètes pas.
_Je suis avec toi. Je ne t'ai pas demandé de gérer ça tout seul.
_Tu croules de boulot avec ton vieux à l'hôpital et t'as un mec. Je te jure que j'ai le temps pour ça.
_Mais si-
_Si je le trouve, me coupe-t-il, Je viens te voir et on trouve un plan ensemble. Pour l'instant, je gère le repérage. Essaie de collecter des infos auprès de ton mec quand même, ça aidera.
_Je le ferai, je lui assure, Merci.
_De rien. La famille c'est fait pour ça.
 
J'ai envie de lui répondre que, non, la famille ce n'est pas fait pour se venger. Mais je ne le fais pas. Parce que pour la notre, c'est le cas, tristement.
Stan referme la porte de sa chambre et moi je retourne dans la mienne. Enfin, mon ancienne chambre. J'y dors de temps en temps par nostalgie. Surtout en ce moment vu que mon père est toujours à l'hôpital, ça fait plaisir à ma mère quand je passe quelques soirées ici. C'est ce que j'ai prévu pour ce soir. De toute façon, je n'avais pas prévu de voir Styles. Et puis, vu notre dernière conversation téléphonique, je ne pense pas que nos plans vont changer.
Je devrais probablement m'excuser d'ailleurs. J'ai été un peu violent. Je glisse la main dans mon pantalon mais je trouve la poche vide. Je réalise avoir laissé tomber mon téléphone sur le lit tout à l'heure alors je me dirige vers ma chambre.
La porte est déjà ouverte. Normale. Zayn est assis sur mon lit, mon portable dans les mains. Il sursaute en me voyant entrer. 
 
_Mais qu'est ce que tu fouilles dans mes affaires ?! J'explose furax en parcourant la pièce, lui attrapant le téléphone des mains.
 
Je ne prends même pas la peine de regarder ce qu'il était en train de lire. Vu la tête qu'il tire, je m'en fais une petite idée.
 
_Tu dois te foutre de ma gueule, murmure mon cousin que je n'avais jamais vu aussi blême. 
_Casse toi de ma chambre.
_T'es pas sérieux Louis ? Tu m'as pas fais ça ?
_De quoi tu parles ? Et puis non, ne réponds pas, casse toi je t'ai dis !
_Boucle d'Or, il murmure et je sens mon c½ur exploser dans ma poitrine, Boucle d'Or, répète-t-il avant d'exploser de rire.
 
Un rire nerveux. Un rire au bord des larmes.
 
_Zayn, je me reprends, essayant de garder mon calme, Qu'est ce que tu crois savoir ?
_Je ne sais pas, il répond en me foudroyant du regard, Dis moi ce que je dois savoir.
_C'est toi qui débarque dans ma chambre comme ça et qui-
_Est ce que tu joues avec lui ? Me coupe-t-il sèchement.
_Quoi ?
_Est ce que tu joues avec lui ? Il répète.
 
Je reste sans voix, scotché. Parce que, sincèrement, ça ne m'avait jamais effleuré l'esprit. Jamais. Alors que ça aurait été si simple. Si facile. Si efficace. Si brutale. Tout se bouscule d'un seul coup dans mon esprit. Je ne me souviens même plus à quel moment il m'a embarqué avec lui dans toute cette connerie. 
 
_Il a dix-sept ans, crache Zayn, Mon âge... Comment tu peux être aussi cruel ? Tout ça pour quoi ? Pour être plus fort qu'eux ? T'es juste minable.
_Je ne joue pas avec lui, je murmure.
_Alors tu fais quoi avec ce type ?
_J'en sais rien, je bafoue, Tu fais quoi avec Perrie toi ?
_Je l'aime, répond-t-il de suite, Je l'aime à en crever. Je l'aime au point de tout faire pour arrêter ce conflit de merde et passer le reste de ma vie avec elle.
_Mais-
_Quoi ? Me coupe-t-il, Tu allais me dire « moi aussi » ? Ne rêve pas Louis, tu n'aimeras jamais quelqu'un à ce point. Jamais tant que tu seras perdu dans ta haine et ta ranc½ur. T'es faux. T'es juste quelqu'un de faux.
_Non, je l'arrête sèchement, Arrête de faire comme si tu me connaissais.
_Pourquoi tu m'as empêché d'être avec Perrie ? Pourquoi t'as fais tout ça pour faire la même chose que moi à côté ? Pourquoi t'es comme ça ?
_Je ne sais pas, j'en sais rien.
_T'assume rien. T'assume pas tes sentiments. T'assume pas de dire à ton père que t'en a rien à faire de l'entreprise. T'assume pas de dire aux gars que t'en veux plus de ce conflit.
_Et t'assume quoi toi ? Je m'emporte, Je te signale que ton couple n'est pas plus officiel que le mien. Tu parles beaucoup Zayn, mais tu n'agis pas non plus ! Alors ferme ta gueule !
 
Et il le fait. Il la ferme. Parce que j'ai raison, merde, et que j'en ai marre que tout le monde me juge. Il n'est pas mieux que moi. Même son frère n'est pas au courant.
 
_Stan sait, murmure mon cousin, ses yeux plantés dans les miens.
_Parce que je lui ai dis, je nuance.
_Non. Parce qu'il me l'a demandé et que je lui ai dis la vérité.
_Quand ? J'interroge.
_Après la soirée au KOKO. Quand j'y suis retourné pour récupérer Perrie. Il a compris.
_Qu'est ce qu'il a dit ?
_Qu'il ne me laisserait pas faire ça.
_Et qu'est ce que tu lui as répondu ? Je demande.
_D'aller se faire foutre.
 
Et je rigole. Putain, ouais, qu'il aille se faire foutre. Ce n'est pas son cul après tout.
 
_Il t'a foutu un poing ?
_Il était à deux doigts de le faire, pouffe Zayn à son tour, Puis il a menacé de le dire à Isaac.
_Il l'a fait ?
_Non, répond-t-il après un instant de réflexion, Je crois qu'il réfléchit encore à un moyen de nous séparer.
_Ce mec est fou.
_Il est juste malheureux, rétorque mon cousin, Malheureux au point de trouver n'importe quelle occupation pour ne plus y penser.
 
Je m'arrête, repensant à ce que je lui ai demandé de faire pour moi, repensant à la facilité avec laquelle il a accepté. Et je me sens mal. De l'utiliser ainsi, je veux dire.
 
_Stan ne me fait pas peur Louis, reprend Zayn, Contrairement à ce que tu as l'air de penser.
_Alors qu'est ce qui te fait peur ?
.
Il reste silencieux, comme si il hésitait à répondre. Son regard se baisse vers le sol puis il finit par murmurer, tout bas, comme si il ne voulait pas que je l'entende : 
.
_Mon frère... Et toi.
 
Je ne sais pas quoi lui répondre. 
 
_Tu sais, il reprend, Dans ce putain de conflit, y a deux types de personnes. Stan et Aïden, les impulsifs, les violents, les tourmentés. Puis toi et Isaac, les rationnels, les raisonnés, les stratèges.
 
Il rit, mal à l'aise, puis continue :
 
_Faut être cons pour croire que Stan et Aïden sont les plus dangereux dans cette histoire. Je sais qu'ils agissent sans réfléchir mais... ça les rend humain, d'un côté. Ils sont bouffés par ce qui est arrivé à leur s½ur. Ils sont paumés, ils souffrent, ils culpabilisent, ils cherchent un moyen de se racheter. Mais toi... Mais Isaac... Vous vous agissez en toute connaissance de cause. Vous savez ce que vous faites. Vous savez pourquoi vous le faites. Les plans contre les Styles, c'est vous qui les avez créé, depuis toujours. Pas Stan. Pas Aïden. Et c'est ça, qui vous rend tellement plus cruels.
_Arrêtes. 
_Mais quoi Louis ? Ce n'est pas vrai peut-être ? Je veux dire... C'est toi et Isaac qui avez décidé de lui cramer le bras avec une cigarette. Comment est ce que tu peux me regarder dans les yeux et me dire que tu l'aimes maintenant ? 
_ça ne s'est pas passé comme ça, je nuance.
_Bien-sûr que si, Louis. Tu savais très bien ce que tu faisais cette nuit là. Tu savais très bien qui tu visais en choisissant de t'en prendre à Harry. C'est Gemma. ça a toujours été elle. C'est elle qui a ordonné qu'on vous tabasse au bal. Pas lui. Et tu le savais très bien. Mais tu n'as pensé qu'à ta vengeance. Tu t'es dis que ça servirait d'exemple.. Les gars comme toi n'aiment pas les gens, ils s'en servent. 
.
J'ai le c½ur qui m'est remontée à la gorge. Et je pleure du sang. Parce que je le déteste de m'avoir dit tout ça.
 
_Je t'adore Louis. Tu es mon cousin, ma famille, reprend Zayn, Mais tu ne réalises pas... Toute la haine qu'il y a autour de toi. Tu ne penses qu'en terme de clans. On m'avait cassé le bras. Il fallait que tu casses quelqu'un de là-bas. Alors que je t'ai demandé de ne pas te venger putain ! Tu ne m'as pas écouté. Parce qu'au fond, ce n'était pas moi qu'on avait touché mais ta saleté de fierté. Tu croyais nous venger mais tu t'es vengé tout seul, parce que tu t'es mis dans la tête que le clan, c'était toi. Alors il arrivera quoi le jour où ils frapperont une nouvelle fois ? Tu choisiras de venger qui ? Pas ton petit bouclé, j'imagine. Alors Liam peut-être ? Perrie ? Parce que tu sais que ça arrivera, n'est ce pas ? Tu sais qu'à un moment ça va repartir en couilles. Qu'est ce que tu feras à ce moment là ? 
_J'en sais rien. 
_Moi je le sais, rétorque-t-il sèchement, Tu te vengeras. Parce que c'est dans ton sang, c'est dans tes veines. La vengeance. Tu ne pourras pas rester impuissant. 
.
Le pire c'est qu'il a raison. J'en serais incapable. Je ne laisserai personne salir le nom de ma famille. Et surtout pas un Styles. 
.
_Tu me demandais à quel point je l'aime. Moi, je l'aime au point de pardonner à toute sa famille. Je l'aime au point de vouloir oublier tout ce qu'il s'est passé. Tu n'aimeras jamais à ce point là, Louis. 
_Ce n'est pas si simple... Après tout ce qu'il s'est passé. 
_Tu ne peux pas aimer quelqu'un si tu veux détruire tout ce qui fait son monde. 
_Il n'a rien à y faire dedans, de toute façon
_Mais c'est le sien ! Explose-t-il. 
.
Je reste silencieux. J'ai mal à la gorge et à la tête. Zayn pousse un soupire. J'avale ma salive, j'évite son regard. Et, alors qu'il s'apprête à sortir de ma chambre, je murmure du bout des lèvres :
.
_Je m'en fiche de son monde. Ce n'est pas dans le sien que je vis quand je suis avec lui, mais dans celui qu'on s'est créé. Et celui là il vaut le coup.
_Le coup de détruire son monde et le tien ? Il m'interroge.
.
Je suis bloqué. Incapable de répondre. Parce que lui comme moi on sait que je n'aurais jamais ce putain de courage là. Alors il rit, l'air de dire qu'il le savait. Et la porte de ma chambre claque brutalement derrière lui. 
.
.
.

Chapitre trois.

 
 
 
 
✉ SMS de « Kendall la biatch » à « Harry tête de gland »
15h10. T'es en retard. Tu fais chier.
 
✉ SMS de « Harry tête de gland » à « Kendall la biatch »
15h12. J'suis dans le metro. J'arriv.
 
✉ SMS de « Kendall la biatch » à « Harry tête de gland »
15h12. C'est quoi ton excuse encore ?
 
✉ SMS de « Harry tête de gland » à « Kendall la biatch »
15h12. Dépistage MST pour Perrie. Ça te va ça comme excuse ?
 
✉ SMS de « Kendall la biatch » à « Harry tête de gland »
15h14. J'aime bien perdre l'occasion de fermer ma gueule.
 
 
 
 
Chapitre trois.

 
 
 
Harry
 
 
           Un sourire effleure mes traits tandis que je range mon portable dans le fond de ma poche. Cette conne aura réussi à me faire rire alors que j'ai l'impression d'être au bout de ma vie depuis ma discussion avec ma cousine. J'ai mal à la tête et au ventre. Je ressasse tout dans mon esprit. Comme si chaque élément essayait de se remettre en place. Pourquoi il a fait ça à ce moment là. Pourquoi il a dit ça. Pourquoi il a agit comme ça. Sauf que ça ne se remet pas en place. Y a rien qui colle. Personne ne serait capable de provoquer une telle vengeance. Il y a tellement de choses qu'il ne peut pas avoir inventé. On ment avec les mots, pas avec son corps. Et puis, il a-
MERDE. Je me relève en un bond de mon siège et me rue sur les portes du métro qui s'apprêtent à se refermer. J'atterris sur le quai brutalement. Putain, j'ai failli louper l'arrêt. Kendall m'aurait vraiment tué si je l'avais fais attendre dix minutes de plus. Dans le genre princesse, elle ne fait pas mieux celle-là.
Je remonte l'escalator tout en repartant dans mes pensées. Je n'ai pas appelé Tomlinson depuis ce midi. 
Les rayons du soleil du début d'été me réchauffent et je relève mon visage vers la rue. Je marche le long de Regent Street, la route qui sépare le quartier de Mayfair de celui de Soho. C'est ici qu'on a rendez-vous avec ma meilleure amie, entre la cent-quarante-cinquième et la cent-quarante-septième. A la boutique Karl Lagerfeld. Sa préférée dans tout Londres. Elle a insisté pour que je vienne avec elle choisir sa robe d'anniversaire qu'elle fête demain soir dans une boite privatisée. J'ai accepté, conscient de remplir parfaitement le cliché du meilleur ami gay.
Et puis, c'est plutôt bien tombé qu'elle soit accro à cette marque là parce que la plupart des boutiques de luxes sont à Knightsbridge, là où je ne pourrais jamais l'accompagner.
Quand j'arrive au bâtiment, je la vois trépigner sur le trottoir. Elle me fait rire avec son chapeau et ses lunettes de soleil qu'elle porte toujours sur le bout du nez. Elle regarde sa montre et soupire. Je me plante devant elle.
 
_Dix minutes, je déclare, Je n'ai que dix minutes de retard.
_C'est déjà trop, rechigne-t-elle en s'engouffrant dans la boutique, comme si elle n'avait pas pu commencer sans moi.
_Tu sais ce que tu veux ? J'interroge en la suivant.
_Que tu viennes à ma soirée.
_Je parlais de la robe, je précise.
 
Elle se retourne vers moi, offusquée, et en profite pour remonter ses lunettes de soleil sur le dessus de sa tête, retenant sa longue chevelure brune.
 
_Tu te fous de ma gueule Styles ? T'as toujours pas changé d'avis ?
_J'ai la flemme d'y aller.
_La flemme de quoi ?! On est en été. Alcool à volonté. Beaux mecs musclés. Sérieux, depuis quand t'es devenu aussi relou ?
_J'ai déjà un copain je te rappelle.
_Emmène le. Je t'ai déjà dis qu'il était invité.
 
Puis elle me plante au milieu du magasin et part à la recherche d'une robe sur les portants explosés plus loin. Une ruée de vendeurs l'interpelle. Faut dire qu'elle est connue ici. Fille d'un gros producteur de disques. Toutes les grandes marques de Londres se l'arrachent pour qu'elle porte leur fringue en soirée. C'est plus efficace qu'une publicité. Elle ne paye jamais rien. Je crois que Kendall est l'ennemi numéro un de toutes les femmes de la planète.
Je la regarde faire, un sourire amusé sur les lèvres. Elle sélectionne les robes que les vendeurs entassent dans leur bras, puis finit par se diriger vers les cabines une vingtaine de minutes plus tard.
 
_Hey Styles ! Gueule-t-elle dans toute la boutique, Je t'ai pas dis de ramener ton cul pour que tu restes planté comme un con.
_Si tu veux un esclave y en a déjà trois autour de toi, je réplique.
 
Les vendeurs me regardent sans comprendre puis finissent par s'offusquer en silence.
 
_Je veux ton avis, enchaîne Kendall, Steuplé.
 
Je soupire et finis par la rejoindre. Je m'assois sur les fauteuils en face des cabines et ma meilleure amie entre dans celle en face de moi.
 
_Pourquoi tu ne veux pas venir ? M'interroge-t-elle derrière le battant.
_Sérieux ? Je soupire, Encore ?
_T'as jamais vraiment répondu.
_Je ne sais pas, c'est compliqué.
_Azoff ne sera pas là, réplique-t-elle sèchement, Si c'est ce que le « c'est compliqué » signifie.
_Il est toujours là.
 
La porte s'ouvre en grand. Je ne pense même pas à regarder la robe car Kendall en sort brusquement pour se planter devant moi.
 
_Tu te fous vraiment de la gueule des gens Haz. Après tout ce que tu lui as fais, tu joues encore à la victime, c'est insupportable !
_Pardon ?
_Ça va, ok, il m'a tout raconté. Je sais qu'il a merdé avec toi. Qu'il a pété un plomb. Mais tu pouvais pas laisser tomber ?
_De quoi tu parles à la fin ?
_Il ne faisait rien de mal ! Continue-t-elle de gueuler, Il vendait juste sa came devant le lycée. Il t'a promis qu'il ne t'adresserait même pas la parole !
_Et je l'ai laissé, je réplique sèchement.
_Toi peut-être mais pas ta tarée de s½ur ! Explose-t-elle furieuse.
 
Je me tais et Kendall retourne s'enfermer dans sa cabine. L'espace d'une seconde, j'ai envie de lui préciser que je n'ai même pas vu ce que donnait sa robe mais je réalise que je n'en ai pas grand chose à foutre en réalité. Alors je me relève de mon fauteuil et me plante devant la porte en bois.
 
_Qu'est ce qui s'est passé ? Je murmure, tout en redoutant plus fort que tout la réponse.
_A ton avis.
 
Je ne réponds pas et la porte s'ouvre doucement. Kendall est en sous-vêtement dans la cabine. Elle s'affale contre le mur derrière elle et j'entre à mon tour dans le petit habitacle.
 
_Elle ne m'a rien dit, je souffle, Dis moi.
_Ils l'ont tabassé.
_Qui ils ?
_J'en sais rien. Les toutous de ta s½ur. Il me semble qu'Edward y était aussi.
 
C'est atroce. Atroce parce que ça ne me surprend même pas. Atroce parce que je ne m'étais même pas posé la question de ce qui lui arriverait. Atroce parce que je n'arrive même pas à en être choqué. Comme si la seule réponse qui avait toujours existé était la violence.
 
_Il va mal, reprend Kendall, Il est vraiment dans la merde.
_Il ne veut pas de notre fric, je renchéris, On a déjà essayé.
_Parce qu'il est trop fier pour ça.
_Il est surtout trop con pour accepter qu'il a besoin d'aide... Ce n'est pas de notre faute Kendall.
 
Elle relève son regard vers moi, ses yeux sont embués de larmes, et je sens mon c½ur se serrer dans ma poitrine.
 
_Qu'est ce qui nous est arrivés ? Soupire-t-elle, On était tellement bien tous les trois.
_On étais tous complètement cokés, je nuance.
_Et qu'est ce que ça change ? On l'est encore tous aujourd'hui. On l'est juste séparément.
 
Je me sens mal à l'aise. Je détourne le regard d'un air gêné et observe la robe bleue nuit qui pend sur son cintre.
 
_Celle-ci est magnifique.
_Je m'en bats les couilles de cette soirée.
 
Kendall Jenner qui se fout d'une soirée. On aura tout vu.
 
_Je suis désolé, je murmure en me retournant vers elle, De t'avoir laissé tomber.
_Dis moi.
_Dire quoi ?
_Dis moi, répète-t-elle simplement, Tu as quelque chose à dire. Alors dis le moi.
 
Et, sans vraiment le contrôler, je le dis.
 
_Je suis tombé amoureux.
_Je le sais, murmure-t-elle en souriant, Mais la question est : De qui ?
_Louis Tomlinson.
 
Elle n'a aucune réaction. Précisément aucune. Ni surprise, ni colère, ni joie. Alors je referme discrètement la porte de la cabine derrière nous. Peut-être pour nous laisser plus d'intimité.
 
_Un mec ? Finit-elle par m'interroger avec un haussement de sourcils.
_Bah oui un mec, je suis gay.
_Mais pourquoi tu me l'as caché alors ?! S'exclame-t-elle choquée.
_Pardon ? J'hallucine.
_Je pensais que tu te faisais une meuf ! Explose-t-elle, Et que c'était pour ça que tu me la cachais !
_Mais pourquoi je t'aurais caché que je sortais avec une meuf ?
_Mais parce que si tu venais à changer de bord j'espère bien que ce serait pour moi ! Me révèle-t-elle comme si c'était d'une évidence absolue.
_Quoi ?! J'explose de rire.
_Oui, pouffe-t-elle à son tour, J'étais persuadée que tu t'étais entichée d'une pouffiasse.
_N'importe quoi. Et puis merde, y a rien qui te choque ? Louis Tomlinson.
_Et bien quoi ?
 
Je soupire en levant les yeux au ciel. Je sais qu'elle me provoque. Elle m'a assez côtoyé pour savoir ce que signifie ce nom de famille. Alors je décide d'ignorer sa question et je continue :
 
_Et c'est le bordel en ce moment. Perrie est au courant depuis ce matin et elle veut le dire à Gemma et-
_Haz, me coupe-t-elle, On s'en fout.
_Quoi ?
_On s'en fout du cul que tu te tapes. Je m'en fous. La ville s'en fout. Le monde entier s'en fout.
_Pas Gemma.
_Ouais mais ce que tu refuses de comprendre c'est que, Gemma, c'est loin d'être un génie.
_Arrêtes.. Tu ne peux pas-
_Comprendre ? M'interrompt-elle, Mais le truc c'est que personne ne comprend Haz. Pas même vous.. Personne ne comprend pourquoi vous vous détestez autant. Parce que y a rien à comprendre. Y a que vous qui rendez ça important. Mais merde, ouvre les yeux.. Votre conflit est ridicule ! Totalement ridicule ! Comme si vous étiez tous si précieux qu'on ne peut rien vous dire, rien vous faire. Mais il est temps que ta famille descende du piédestal sur lequel elle croit être installée.
 
Je reste sans voix face à elle. Parce que je sais que, dans le fond, elle a raison. Y a que nous pour croire que le conflit Styles – Tomlinson touche toute la ville, avec nos quartiers délimités, nos lycées respectifs, nos bandes d'amis. Ça n'existe que dans nos yeux, tout ça. Le monde s'en fout de ce qu'on est en train de se faire subir. Il continue de tourner. Les londoniens foulent de leurs pieds les quartiers Tomlinson puis ceux des Styles sans voir aucune différence. Bien-sûr. Elle n'existe que dans notre tête, cette différence. On se bouffe littéralement pour rien, pour des conneries. Et je m'en fous de son nom, je m'en fous de sa famille.
 
_Je vais venir à ta soirée, je déclare brusquement, Et mon mec va venir avec moi.
_T'es sérieux ?
_Ouais, je murmure, songeant que Tomlinson n'acceptera jamais un truc pareil, Ouais je suis sérieux.
_Tu ne me fais pas un faux plan ?
_Non. Je te promets qu'on viendra. Tous les deux. 

.
.
.
✉ SMS de « Grand méchant loup » à « Boucle d'Or »
19h10. Désolé pour l'appel de tout à l'heure. J'ai été con.
 
✉ SMS de « Boucle d'Or » à « Grand méchant loup »
19h12. Tu veux te faire pardonner ? xx
 
✉ SMS de « Grand méchant loup » à « Boucle d'Or »
19h12. Tout ce que tu veux. xx
 
✉ SMS de « Boucle d'Or » à « Grand méchant loup »
19h13. Viens avec moi à la soirée de Kendall demain soir.
 
✉ SMS de « Grand méchant loup » à « Boucle d'Or »
19h14. D'accord.   
 
 

 


____________________

Me voila de retour ! 
J'espère que ce chapitre vous aura plu, 
Pour m'excuser de cette longue absence, je publie le chapitre 4 à la suite ! 
Si vous pouvez prendre le temps de commenter quand même ce chapitre, 
ça me ferait plaisir d'avoir votre avis !
Surtout qu'il y a le personnage de Kendall qui est un peu plus développée ici  :)
Bonne lecture pour le chapitre 4
xx 




Tags : #RunUpfic - #Acte3

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Comments :

  • Visiteur

    31/08/2017

    Ah ah kendall jla voit plus trop comme une pute droguee ahaha

  • Visiteur

    02/04/2017

    Pourquoi je sens venir la merde --....

  • SachaTchbn

    11/02/2017

    Oh mon dieu qu'est ce que j'aime Zayn et Kendall. Ce sont les plus sain d'esprits

  • PrettyLittleBlog-3

    09/11/2016

    Il faudra que tu pense a arrêter de faire du yoyo avec mon c½ur! Je suis a bout de souffle là!

  • Tona-wairua-larry

    04/08/2016

    OUI OUI OUI qu'ils se rebellent un peu les cocos

  • RunningUp

    26/01/2016

    Mend wrote: "Hiiiii,

    Comme ça m'avait manqué tes chapitres. T'écris tellement bien que j'en remettrais moi même ma vie en question. La partie de Louis avec Zayn elle est trop dure ! Brisage de coeur. Mais je suis sûre que ça ira... Enfin j'espère. Louis et Harry c'est une évidence alors..
    Et hip hip hip, houra? Vive Kendall et son petit discours.

    Bisous, x
    "

    wow quel compliment ! merci c'est mignon ♥

  • Mend

    20/01/2016

    Hiiiii,

    Comme ça m'avait manqué tes chapitres. T'écris tellement bien que j'en remettrais moi même ma vie en question. La partie de Louis avec Zayn elle est trop dure ! Brisage de coeur. Mais je suis sûre que ça ira... Enfin j'espère. Louis et Harry c'est une évidence alors..
    Et hip hip hip, houra? Vive Kendall et son petit discours.

    Bisous, x

  • Lisbethine

    16/08/2015

    J'espère que tu le pourras un jour ;D

  • RunningUp

    16/08/2015

    Lisbethine wrote: "Non malheureusement 😖. Mais oui c'est complètement ouf 😱😱. Je suis trop contente pour toi 😱"

    Oui je trouve ça géniale ! j'aimerais trop aller sur ce pont pour de vrai :D

  • Lisbethine

    16/08/2015

    Non malheureusement 😖. Mais oui c'est complètement ouf 😱😱. Je suis trop contente pour toi 😱

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