Chapitre six.

 
 

 
Chapitre six.

 
 
Louis
 
 
            Je tire une taffe sur le joint coincé entre mes lèvres. La beu s'infiltre partout en moi. Je me sens détendu comme jamais. Je me sens libre et heureux. Deux sentiments que je n'avais pas ressenti depuis bien longtemps. J'étale mes jambes sur la table basse. L'air frais du matin fouette mon torse nu. Je suis installé sur le balcon de l'hôtel, avec vue sur la méditerranée. Le soleil commence timidement à se lever donc le ciel a cette couleur orangée exceptionnelle. C'est une ½uvre d'art devant mes yeux.
Je tire une nouvelle taffe. On est bientôt à sec, avec Harry. Toute cette merde qui nous fait planer depuis trois jours. Ce n'est pas qu'on en a tant besoin que ça parce qu'on plane assez quand on est tous les deux mais c'est pour... Je ne sais pas, en réalité. Pour se donner un genre, peut-être. Pour rendre encore plus cliché le fait qu'on a fugué tous les deux pour se planquer dans un hôtel pourri à Barcelone. Pour emmerder le monde, probablement. Et puis je préfère le voir fumer cette herbe que de reprendre de la coke.
Je termine le joint, l'écrasant sur le sol carrelé de la terrasse, et me relève pour m'étirer. Mes muscles endoloris par la nuit qu'on a passé. Je regarde le paysage devant moi et je n'arrive pas à m'empêcher de penser à Londres. Je n'imagine même pas quel bordel ça doit être, là-bas. Chez les Tomlinson déjà, parce que j'ai complètement laissé tomber la société et que mon père n'est clairement pas en état de s'en occuper. Et chez les Styles, aussi, parce que leur fil prodigue – mais drogué – a disparu de la circulation sans donner de nouvelles. Il n'est toujours pas majeur, d'ailleurs, et ça me fait me demander si je ne risque pas la prison, moi, de l'avoir emmené dans un autre pays. Trop tard pour se poser la question, soit-dit en passant. 
Je retourne dans la chambre d'hôtel. Y a un bordel monstre sur le sol. Des fringues, des capotes, de la bouffe, de l'alcool, des restes de beu. Un putain de cliché. Mais je ne me sens pas débauché. Je me sens juste foutrement heureux.
J'enjambe le tas de fringue par terre et la pizza de la vieille qu'on n'a pas fini. Le grand lit deux places trônent dans le fond de la pièce. Harry dort toujours, nu, et tout son corps est recouvert d'une fine couche de sueur. Normal. On dirait qu'il fait quarante degrés dans cette pièce. C'est pour ça que je suis sorti dehors. J'étouffais, littéralement. L'hôtel qu'on a choisi a eu un problème avec la clim hier soir. C'est sûr que ça ne serait pas arrivé si j'avais pris un hôtel dont j'ai l'habitude, genre un cinq étoiles, mais je n'avais pas envie de me faire repérer. Je ne peux pas payer avec ma carte de crédit, à défaut que mes parents me retrouvent en jetant un coup d'½il à mes comptes, alors on vit avec presque rien. J'ai retrouvé une ancienne de mes cartes sur laquelle il restait un peu d'argent. Pour l'instant, ça nous suffit.
Je m'allonge à côté de lui, dans le lit. Le mouvement le réveille légèrement. Il grogne et passe une main le long de son torse, un air dégoutté sur le visage lorsque la sueur lui reste entre les doigts.
 
_Fé trop'chaud.
_Je sais, je murmure en déposant un baiser sur ses lèvres pour le réveiller davantage, Viens on va à la mer.
_J'dors.
_Une douche froide ? Je propose.
_J'dors, il râle, se retournant sur le ventre pour que je le laisse tranquille.
_Allez, t'es chiant.
_Mais il est genre six heures ! Ferme là.
_Toi aussi, bonne journée, mon amour, j'ironise.
 
Un rire secoue ses épaules. Puis il soupire et vient nicher sa tête dans mon cou, encerclant ma taille avec ses bras, comme si il ne faisait pas assez putain de chaud.
 
_Tu veux nous faire crever là en faite ? J'interroge.
_Tu peux te taire plus de cinq minutes ou c'est trop te demander ?
_Oh ça va, je soupire.
_T'as fumé ?
_Comment tu sais ?
_T'es chiant quand t'as fumé, il répond, se serrant encore un peu plus contre moi, Tu parles tout le temps.
_T'es de bon matin à ce que je vois, je commente, Et je te signale que-
 
Je m'arrête au milieu de ma phrase parce que ce con vient littéralement de me monter dessus.
 
_Mais qu'est ce que tu fous Styles ?!
_J'essaie de t'écraser.
_Pourquoi ? J'hallucine.
_Pour que tu la fermes, bon sang !
 
Son visage retombe dans mon cou. Il est énervé mais il prend quand même le temps de déposer un baiser sur ma peau. Ma main descend le long de sa colonne vertébrale, jusqu'à la courbe de ses fesses. Et il frissonne contre moi. Et même si on crève encore plus de chaud dans cette position, je me sens vraiment bien. Vraiment trop bien. Alors je me dis que je lui dois bien cinq minutes de silence, le temps qu'il se réveille tranquillement. Je me contente de lui caresser le dos, traçant des cercles sur sa peau chaude de la nuit. Son corps se fait de plus en plus lourd contre le mien. Et je comprends qu'il s'est de nouveau endormi. Je pourrais le réveiller pour avoir eu l'audace de s'endormir littéralement sur moi, mais – niaisement – je trouve ça adorable.
Je le laisse dormir plus longtemps. En faite, je crois que je finis même par me rendormir. J'arrive à le faire basculer sur le côté pour respirer de nouveau mais ne me dégage pas quand il m'attrape fermement entre ses bras. Je crois que je plane. Avec la beu que je viens de fumer, cette chaleur insupportable et son odeur, je me sens complètement partir.
Alors, au moment où c'est lui qui se réveille et qui commence à m'embrasser partout sur la poitrine, je me met à grogner.
 
_Fais trop chaud Lou. On s'en va ?
_Dors. T'y penseras plus.
_J'ai mal à la tête. On va se baigner ?
_Dors encore.
_Allez, il susurre contre mon oreille, On pourra se baigner nu. Y aura personne.
_Y aura toujours ces foutus français, je commente, Sont partout ceux là.
 
Je l'entends retomber lourdement contre le matelas. Preuve que j'ai bien raison.
 
_T'as tout fumé ?
_Ouais, presque.
_Sérieux ? Il s'exclame, énervé.
_On en rachètera tout à l'heure.
 
Il acquiesce mais moi je sens mon c½ur se pincer. A la base, on en avait juste acheté pour déconner le premier soir où on était arrivés. On avait mal dormi dans l'avion. On venait de trouver cet hôtel tout pourri. On a acheté au premier type qu'on a croisé dans la rue. Puis on a recommencé. Une fois. Deux fois. Trois fois. On est allés visiter les églises de Barcelone complètement défoncés juste pour emmerder le monde. On s'est même embrassés à l'intérieur. Genre. Un vrai baiser. C'était délicieusement excitant même si on s'est fait hurler dessus en catalan. Et là. Je ne sais pas. Ça ne me fait plus marrer ce matin. Ça ne me fait plus marrer parce qu'il y a deux heures j'étais prêt à lui sauter dessus et lui faire l'amour dans tous les recoins de Barcelone et que, maintenant, je suis une pauvre loque en sueur.
 
_En faite, je reprends en me retournant vers lui, T'es sûr que tu veux en racheter ?
_Bah ouais. Si y en a plus. Faut en racheter.
_Je veux dire.. On peut s'en passer quoi.
_T'es gonflé de dire ça ! C'est toi qui a fini le paquet !
_C'est juste.. Je murmure, venant coller mes lèvres à son épaule nu, Ça me soûle d'être défoncé. On en a pas besoin pour s'éclater.
 
Je ne sais pas ce qu'il arrive à lire dans mon regard mais moi je vois ce qu'il y a dans le sien. Comme si je le revivais en même temps que lui. Ce moment où Kendall s'est écroulée au sol. Et je sais ce qu'il pense. Qu'il soulageait son besoin de coke par de la beu. Sauf qu'il réalise maintenant que c'est la même connerie, la même addiction. Et qu'il ne peut plus laisser ça arriver.
 
_D'accord, souffle-t-il avant de m'embrasser chaudement, Ok, on arrête. Je m'en fous.
_Toujours prêt à te baigner ? Je demande.
_Pour l'instant, j'ai une autre idée en tête.
 
Et j'aurais pu lui demander de préciser sa pensée si je n'avais pas senti son entre-jambe se frotter à la mienne. Alors la fatigue, la chaleur, la beu, j'ai vite tout oublié pour plaquer mes lèvres contre les siennes.  
 
 
 
GEMMA
 
 
Chapitre six.
  
 
 
                 Le coup a retenti dans toute la pièce. Peut-être même dans le monde entier. Comme si la terre s'était arrêtée de tourner pendant une demi-seconde, juste le temps qu'il aura fallu à mon père pour me foutre une claque monumentale. C'est l'impression que ça donne quand on vit ce genre de moment. Une absence. Un blanc. Un vide.
Il fait froid d'un coup malgré la chaleur de l'été, pourtant, ça bout à l'intérieur de moi. Tout le monde reste silencieux. Toute la famille, ils nous fixent, les yeux exorbités. Aucune protestation. Aucun commentaire. Ils nous entourent. Moi et mon père. A se fusiller du regard comme si on allait s'affronter en duel. C'est peut-être ça, d'ailleurs, qui nous attend. Un duel. Pas avec les armes mais avec les mots. Parce que chez les Styles, on sait les utiliser.
 
_Ne me regarde pas comme ça, tu la méritée.
 
La baffe ? La raison ? Je viens d'avouer que c'était moi qui avait aidé Harry à s'enfuir cette nuit là. Il y a trois jours. Aucune nouvelles de lui depuis ça. Silence radio.
 
_Tu es irresponsable, crache Des en me toisant d'un regard mauvais, Complètement irresponsable.
_Je t'avais dis de ne pas l'envoyer en désintoxe ! Il a flippé ! C'est tout !
_C'est tout ?! Ton frère a disparu depuis trois jours et c'est tout ?! Tu te fous de moi ?
_Il n'a pas disparu, je rectifie, Il est avec son copain.
_Et si son copain c'est un camé comme l'autre ordure hein ?! Il beugle, se retenant probablement de ne pas m'en foutre une autre, Et si tu l'as juste envoyé à la mort ? Se foutre une aiguille dans le bras pendant qu'on est là comme des cons à ne pas savoir où il est ?
 
Ma mère explose en larmes derrière moi. Je ne sais pas quoi répondre. Pour une raison totalement incohérente, j'ai ce sentiment que ce L ne lui fera pas de mal. Et qu'il est peut-être plus en sécurité avec lui que dans ce monde complètement tordu.
 
_Je suis sûre qu'il va bien, je renchéris.
_T'es sûre de quoi ? T'es sûre de rien ma pauvre fille ! J'appelle les flics !
_NON ! J'explose, Laisse les flics en dehors de ça !
_Ton frère est malade Gemma, me crache mon père à la figure, Malade. Tu comprends ça ? Il se drogue. Il a besoin d'être soigné... Enfin merde !
 
Des passe une main dans ses cheveux en soupirant, quelques mèches bouclées retombant sur son front.
 
_Je n'aurais jamais dû t'écouter, finit-il par lâcher, le ton amer.
_Quoi ?
_J'aurais dû appeler les flics dès le début.
_Non ! Je m'exclame de nouveau, Je t'ai dis que je gérais ! Il va revenir. J'en suis sûre.
_Tu gères ? Il répète d'un air blasé en reportant son regard tout autour de lui.
 
Il s'arrête sur ma mère en larmes.
 
_Tu gères ça Gemma ?
 
Il se retourne vers Niall, dans son fauteuil roulant, les mains accrochées au cuir noir des accoudoirs.
 
_Tu gères ça aussi je suppose ?
 
Puis il se tourne vers Liam et Edward, silencieux, qui se contentent de me fixer.
 
_Et tu les gères eux aussi hein ? Tu gères tout le monde, c'est ça ? C'est vrai que j'avais oublié à quel point tu es forte. T'es une magicienne, en faite. On tient tous debout grâce à toi. Alors ? Il interroge en se retournant vers toute la famille, Bah alors ! Vous attendez quoi pour la remercier ? On a tous l'air tellement heureux, après tout.
 
Forcément, c'est dur à entendre de la bouche de son père. Ça l'est encore plus quand ça vient de l'homme pour lequel on a gâché sa vie. Mais le plus insupportable dans tout ça, c'est le silence des autres. De tous mes cousins qui me regardent avec l'air de penser comme lui.
 
_Qu'est ce que tu essaies de me reprocher là au juste ? Je l'interroge, hébétée.
_Je ne sais pas, soupire-t-il d'un haussement d'épaules, Tu racontes à tout le monde que tu gères cette famille. Je.. Je cherche encore.
_Donc tu me reproches de mal faire le rôle que tu es censé avoir ? Je rétorque, Parce que c'est toi. Le chef de famille. Papa.
 
Bien-sûr, ça ne sonnait pas comme une preuve d'amour. Ça sonnait comme une insulte. Comme pour lui rappeler qu'il ne l'a jamais vraiment été.
 
_J'étais censée faire quoi au juste hein ? Je reprends, Quand t'étais pas là ?
 
Il explose de rire. Un rire gras. Qui fait rebondir son ventre opulent de nouveau riche.
 
_Mais je ne t'ai pas demandé de faire tout ça Gemma ! Ce rôle ! Tu te l'ais octroyée toute seule !
_Tu déconnes j'espère ? Je m'offusque, Tu veux que je porte toute la banque !
_La banque ? Il répète en riant, Oui, la banque Gemma. Une entreprise. Des affaires. De l'argent. Je ne t'ai jamais demandé de faire la guerre avec l'autre moitié de Londres ! Ça, non. Je ne te l'ai jamais demandé.
 
J'ai la remarque amer. J'avale ma salive, la boule au ventre, tandis qu'il continue :
 
_Toi et tes histoires de vengeance ! Tu rends tout le monde fou ! A commencer par ton propre frère ! Mais qu'est ce que tu crois gérer au juste ? La seule chose que tu gères, c'est ta stupide vengeance contre les Tomlinson. C'est ça qui relie tout le monde à toi. En t'en es fière en plus ?! T'es fière de gérer ta famille avec ça ? Il m'interroge, d'un air éc½uré, Le mot « famille » n'a aucun sens dans ta bouche. Il n'y a de famille que quand il y a vengeance chez toi. Et c'est tellement triste. Tellement pathétique. Tellement-
_Arrêtes Des enfin ! S'exclame ma mère en larmes, Arrêtes ! Tu ne contrôles plus tes mots !
 
Mon père se tait enfin, poussant un long soupire. Il est fatigué. Ses rides creusent ses joues. Il s'affale sur une chaise de la cuisine, dans le silence le plus total.
 
_On devrait tous aller se coucher, murmure Anne la voix étranglée, Ton père s'est fait emporter par l'inquiétude, enchaîne-t-elle à mon attention, Ne t'inquiètes pas. Ça ira mieux demain.
_Si mon fils n'est pas à la maison demain, non, réplique Des.
 
« Mon » fils. Il me fait rire.
 
_Si tu étais plus souvent là, tu aurais pu le savoir, je réplique, Qu'il avait le nez plongé dans la coke.
 
Son visage se tourne lentement vers moi.
 
_Et qu'est ce qui est pire selon toi ? Ne pas savoir ou savoir et ne rien dire ? Ne rien faire ?
 
J'ai mal au c½ur. Parce que là il vient de le toucher, de plein fouet.
 
_Tu n'es pas un modèle Gemma, reprend-t-il, Et tu ne contrôles rien d'autre que ta propre folie revancharde... Tu joues la fille exemplaire en imposant à tes cousins et ton frère d'aller voir Greg en prison chaque semaine mais ce qu'ils ne savent pas c'est qu'il y est en partie par ta faute.
 
Un hoquet s'échappe des lèvres de Niall. Les yeux d'Edward se voilent légèrement d'un liquide humide tandis que Liam détourne le regard. Et ils m'abandonnent. Tous. Je sens mes dernières forces me quitter. Et j'ai envie de m'écrouler.
 
_Enfin Des, mais qu'est ce que tu racontes ? Murmure ma mère le visage soudainement blême.
_Gemma était avec Greg avant qu'il n'aille violer cette pauvre fille.
_Et alors ?
 
C'est la voix de Niall. Faible. Saccadée. Dans le fond de la pièce. Et mon c½ur s'emballe dans ma poitrine.
 
_Et alors ? Répète Des, Je ne sais pas.. Dis-nous Gemma. Qu'est ce que tu as bien pu lui dire pour qu'il s'enfuit de cette façon ?
_Je ne lui ai jamais dis d'aller violer quelqu'un, je le coupe sèchement.
_Alors qu'est ce que tu lui as dis ? Insiste-t-il, Je te connais. Je sais que tu préparais déjà ta vengeance. Et tu as utilisé sa détresse, sa culpabilité, son-
_Non, je souffle.
_Qu'est ce que tu lui as dis ?
 
L'air est lourd dans la maison. Mon c½ur se pince. Parce que je sens ce silence dans mon dos. Un silence qui ne me soutient pas. Un silence qui m'insulte de la pire façon du monde. Un silence qui hurle à tue-tête : « Au fond, tu l'as mérité, salope ».
 
_Je ne savais pas, je murmure, faiblement, Je ne savais pas qu'il allait faire ça.
_Et tu pensais qu'il allait faire quoi hein ? Hurle mon père brusquement, Je vous ai entendu cette nuit là ! Quand tu lui as dis que les Tomlinson devaient payer ! C'est toi qui lui a donné l'idée de s'attaquer à quelqu'un d'innocent ! Comme ils l'avaient fait avec Niall ! 
 
Un cri s'échappe des lèvres de Perrie. J'essaie de capter son regard mais, à son mouvement de recul, je comprends que je l'ai perdu elle aussi.
 
_Je ne savais pas, je répète, Je disais ça sans réfléchir, je bafoue, Sur le coup de la colère. Je ne pensais pas qu'il- Je-
 
Je m'emmêle dans mon explication, dans ma tête, dans ma vie.
 
_Je n'ai rien dis pendant tout ce temps, continue mon père, Pour te protéger. Mais tout ça va beaucoup trop loin. Les gens continuent de payer pour ta folie, ta vengeance, tes erreurs. Greg, Niall, et maintenant ton propre frère. Quand est ce que tu t'arrêteras ? Quand t'auras brisé tellement de gens autour de toi que la seule personne contre laquelle tu pourras te retourner sera toi-même ?
 
Ce n'est pas un coup de couteau qui s'enfonce dans mon c½ur mais une scie. Elle me coupe en deux, littéralement. Je pourrais suffoquer mais je me sens juste complètement vidée. Et, ouais, la claque ce n'était rien. Rien comparé à ses mots.
Ce n'est pas le duel qu'il a gagné, ni la bataille, c'est la guerre. Toute entière.  
 
 

Chapitre six.


Harry


            Le soleil s'échoue sur ma peau nue. Je pourrais dire que je suis bien à cet instant. Que j'entends les vagues s'échouer sur la plage. Que je me repose au bruit du vent dans les dunes. Que je sens les rayons du soleil me réchauffer le corps. Mais ce serait des conneries. Parce que, comme des cons, on a choisi une des villes les plus touristiques en plein mois juillet. Alors c'est clair que ce n'était pas une de nos meilleures idées. Y a des gamins qui braillent partout, les voitures en fond sonore, et on est tous collés les uns aux autres. Si bien que dès qu'un touriste slalome entre nos serviettes, il se reçoit nos regards meurtriers parce qu'il a foutu du putain de sable dessus. Et, bien-sûr, aucun d'entre nous ne se soucie du fait qu'on fait exactement la même chose lorsqu'on essaie de rejoindre la mer. Bref.
 
_On fait quoi ce soir ? J'interroge Louis en bifurquant mon visage dans sa direction.
_Je ne sais pas, répond-t-il, les yeux clos, On verra.
 
Ouais, on verra. Ça fait trois jours qu'on verra. Mais on ne voit rien du tout. Y a pas une seule seconde où on s'est demandés ce qu'on foutait là, comme ça, alors que nos familles sont probablement en train de péter un plomb. J'ai éteins mon portable. Ils n'ont aucun moyen de me joindre. Et je sais déjà qu'ils me détestent pour ça.
 
_Qu'est ce qu'il y a ? Murmure Tomlinson en se retournant vers moi, les yeux à demi-ouverts maintenant.
_Rien, je réponds, J'ai chaud. Je vais me baigner.
_Je te rejoins après.
 
Je me relève de ma serviette, j'essaie d'enlever les grains de sable collés à ma peau à cause de la crème solaire, puis rejoins le bord de mer. Mes orteils glissent dans l'eau de la Méditerranée. J'observe les gamins jouer dans l'eau. Les familles. Et ça me fait penser à l'époque innocente où la mienne était comme ça. Tous ces étés où on allait ensemble à Brighton. Les parents d'Edward et Liam étaient encore là à cette époque. Maura n'était pas dépressive. Son fils jouait au foot avec nous sur la plage. Gemma et Perrie bronzaient sur le sable. Leurs pères les observant du coin de l'½il lorsque des garçons s'approchaient trop près d'eux. Et on avait encore le droit de se qualifier de famille normale. Bien-sûr, on détestait déjà les Tomlinson. Mais on les ignorait, tout simplement. On n'allait pas s'abaisser à avoir peur d'eux. Maintenant, on flippe dès qu'on entend ce nom de famille. Et je réalise peu à peu le bordel que ça va être, quand tout le monde va savoir pour Louis et moi. Parce que je ne suis pas con, je sais que ça arrivera.
 
_Hey ! Me coupe soudainement une voix dans mes pensées, Harry !
 
Je sursaute, légèrement, me retournant vers l'inconnu. Un visage bronzé, des cheveux châtains, légèrement blondis par le soleil, et un sourire ravageur. Et ça me fait tilte, d'un seul coup.
 
_DAVID ! Je m'exclame en me jetant dans ses bras, Mais qu'est ce que tu fais ici ?!
 
Il explose de rire, répondant à mon accolade chaleureusement.
 
_Je me doutais bien que c'était toi ! Avec ta touffe de cheveux bouclés, on ne peut pas te louper !
 
David était un de mes meilleurs potes au collège. Ses parents ont déménagé à Manchester il y a quatre ans et on s'est rapidement perdus de vu depuis ça.
 
_Waouh, je reprends, Barcelone quoi ! On se retrouve à Barcelone !
_Oui c'est dingue ! T'es en vacance ? T'es avec qui ?
_Un pote.
 
Je ressens un frisson dans tout mon corps. Je ne comprends même pas pourquoi je viens de mentir. Je veux dire, c'est sortit tout seul, en plus.
 
_Et toi ? Je demande pour changer de sujet.
_Ma copine et ses cousins, faut que je te les présente ! Il est où ton pote ?
_Sur la plage.
 
David comprend que je n'ai pas envie de m'attarder sur le sujet alors il fronce légèrement des sourcils puis enchaîne :
 
_Hum, ok. Tu allais te baigner ?
_Ouais.
_Alors on y va ? Il propose, On a des choses à se raconter depuis tout ce temps !
 
J'acquiesce et on s'engouffre rapidement dans l'eau. On nage, pour s'éloigner du bord et des gamins qui jouent. David commence à me raconter sa vie depuis son déménagement. Je l'écoute et j'ai envie de pleurer. Parce que, là, brutalement, je réalise que le fait que j'ai disparu de sa vie l'a probablement sauvé. Faut pas se mentir, si il était resté à Londres, il ferait parti de ce conflit débile lui aussi. Alors, j'ai une boule dans la gorge lorsqu'il pose sa question fatidique :
 
_Et toi alors ? Raconte moi tout !
 
Et, là, je ne vois même pas ce que je peux répondre, alors j'évite brièvement la question :
 
_Bah ça va, rien de plus.
_Non raconte moi ! Insiste David, La famille ? Gemma ? Niall ? Liam ? Comment ils vont ?
_Mal, je réponds, instinctivement, parce que y a des vérités qui sont inutiles à cacher.
_Oh, murmure-t-il penaud, Comment ça ?
_Euh.. Niall a eu un accident il y a deux ans. Il est en fauteuil roulant désormais. Liam part à la fin de l'été s'installer en Chine car ses parents bossent là-bas dans une filiale de notre banque. Et Gemma elle... Non, en faite Gemma ça va.
 
Bien-sûr, son sourire joyeux a disparu de son visage. Et, ouais, faut croire que c'est ce qui arrive quand on nous côtoie, on en perd son sourire. Et ça fait mal au c½ur une constatation comme celle-là.
 
_Je suis désolé, murmure-t-il finalement, Je.. Je n'aurais jamais pensé que.. Enfin, que ta vie soit ainsi.
 
Je me crispe, inconsciemment. Parce que je réalise qu'elle aurait pu être autrement si on n'avait pas tous été aussi cons.
 
_On retourne sur la plage ? J'abrège.
 
Il hoche positivement de la tête et on nage jusqu'au rivage. Arrivés sur le sable, David se retourne vers moi, gêné :
 
_Si tu as besoin de parler Haz, je suis là.
_Non, ça va aller, je-
_Hey ! Me coupe Tomlinson en débarquant soudainement à côté de nous, Hola ! Enchaîne-t-il à l'attention de David.
_Il est anglais, je rétorque.
_Oh, murmure Louis surprit, Salut.
 
Il lui tend sa main. David l'attrape. La serrant chaleureusement tandis qu'il sort ses mots meurtriers :
 
_Tu es le pote d'Harry, c'est ça ?
 
Le visage de Louis se crispe au moment où il retire sa main mais il finit par répondre :
 
_Ouais. Et toi tu es ?
_David. Harry et moi on était au collège ensemble.
_Je vois, murmure-t-il en se retournant vers moi, le regard noir.
_On vient juste de se croiser sur la plage, j'enchaîne, tentant de paraître naturel et décontracté, C'est fou ! Après toutes ces années !
_Ouais, c'est fou, commente Tomlinson d'un ton qui laisse clairement sous entendre qu'il ne trouve rien de fou là dedans.
_Je devrais peut-être retourner voir les autres, enchaîne David, Vous êtes là jusqu'à combien de temps ?
_On part ce soir, rétorque Louis avant même le temps que je n'ai eu le temps de sortir un mot.
 
Ah bon ?
 
_Oh, dommage, murmure David déçu, Haz.. On se retrouve sur facebook ?
_Ouais, j'approuve d'un geste de la tête, C'était un plaisir de tomber sur toi.
_Tu m'étonnes, grince Louis entre ses dents.
 
Mais je suis le seul à l'entendre.
 
_Moi aussi, réplique David en m'accolant de nouveau, J'espère qu'on se reverra.
 
Puis il se retourne vers Tomlinson, commençant sa phrase d'un air gêné :
 
_Content de t'avoir rencontré..
_Louis, il précise, Louis Tomlinson.
 
L'expression de David se trouble l'espace d'une seconde avant qu'il ne répète, probablement aussi hébété que moi :
 
_Tomlinson ?
_Ouais, confirme Louis tout naturellement.
_Mais.. Beuge David en se retournant vers moi, Ce n'est pas la famille que-
_Oui c'est nous, le coupe-t-il de nouveau.
 
Bien-sûr, David ne trouve rien de plus à répondre. Alors il se contente de nous saluer une dernière fois et s'éloigne sur la plage.
Et moi je me retourne vers Louis, choqué :
 
_Mais qu'est ce que tu viens de lui dire ??
_Mon nom, il répond, d'un air indifférent.
_T'es malade ! Il connaît Liam ! Il pourrait lui dire qu'on est ensemble ! Je m'emporte, T'es taré ou quoi ?
_Et alors ? Il lui dirait juste qu'on est potes.
 
Je m'arrête. Je savais bien que ça l'avait vexé.
 
_J'ai dis ça sans réfléchir, je murmure.
_C'est ça le pire.
_Louis.
 
Mais il s'éloigne, s'enfonçant dans la Méditerranée.
 
_Louis ! Je répète, le rejoignant dans la mer, Attends moi !
_C'est bon Haz, je vais juste me baigner.
_Je viens avec toi.
_Va plutôt rejoindre ton pote.
_Il est hétéro mec, détends toi !
 
L'information a l'air de le soulager. Parce qu'il s'arrête et se retourne vers moi. J'arrive à sa hauteur, posant mes mains contre ses hanches.
 
_Tu pensais vraiment que je lui ai menti pour pouvoir me le taper ?
_Alors pourquoi tu as menti ? M'interroge-t-il sèchement.
 
Et la réponse qui me vient me fait aussi mal à lui qu'à moi.
 
_Parce que c'est ce qu'on fait tout le temps. Mentir.
 
Son visage se baisse vers la mer et je le tire à moi pour le serrer dans mes bras. Il se laisse faire, son visage tombant dans le creux de mon cou.
 
_J'aimerais qu'un jour on ait plus besoin de mentir, murmure Louis.
 
Je sens mon c½ur se serrer dans ma poitrine. Parce qu'on sait tous les deux que quand ce jour arrivera, on ne sera plus ensemble.  



AZOFF 

Chapitre six.


 
               Les pompes défoncées, le jean troué, un tee-shirt usé. Je regarde mon reflet dans le miroir cassé de l'entrée. Enfin... entrée, salon, cuisine, salle de bain et chambre à coucher. Ce n'est pas comme si j'avais le luxe de m'offrir un appartement avec plusieurs pièces. Je soupire, tirant une taffe sur ma cigarette. Je tousse, probablement à cause des deux paquets que je me suis enfilé hier soir, puis m'écroule sur le matelas posé à même le sol. Matt m'a interdit d'aller voir Kendall à l'hôpital. Depuis j'erre chez moi comme un zombie.
J'ai toujours su que je faisais quelque chose de mal, de vendre toutes ces merdes à des gens qu'ils le sont déjà bien assez comme ça. Mais je n'ai jamais pu m'arrêter. Après tout, la décision ne m'appartient pas, ne m'appartient plus, je suis endetté jusqu'au cou. Aucune formation. Pas de diplôme. Un casier judiciaire. Je n'ai aucun autre moyen de m'en sortir, à moins de me braquer un flingue sur la tempe, ce qui serait un triste moyen de s'en sortir. Et, ouais, je réalise que j'ai plutôt raté ma vie lorsque la seule façon de la rendre meilleure est de l'arrêter tout simplement.
Je ne termine pas ma cigarette. Je l'écrase sur le bois du parquet. Je n'ai plus la force de rien, ni même de fumer. Alors je pourrais toujours me faire un rail de coke mais je bosse ce soir et, si je ne vends pas assez, je suis certain de ne pas me réveiller avec tous mes membres demain matin. Et j'y tiens encore, je veux dire, à ma gueule. Je tiens à ma gueule plus qu'à ma vie. Parce que c'est ça qui m'aide à vivre pour le moment. Pas que je me prostitue mais un peu quand même. Disons que j'ai pris l'habitude de coucher avec mes meilleurs clients.
Mon c½ur se contracte dans ma poitrine. Mes meilleurs clients. Je retiens un rire amer. Une est à l'hosto et l'autre qui ne m'adresse plus la parole à cause de sa tarée de famille.
Je me relève légèrement de mon matelas. Une bouteille de bière à peine terminée traîne sur le sol. Je l'attrape et porte le goulot à mes lèvres. Le liquide chaude s'écoule jusqu'à mes lèvres et une grimace m'échappe. C'est dégueulasse.
Un coup résonne brusquement contre ma porte et je sursaute. Je n'ai pas l'habitude qu'on vienne ici. D'habitude, c'est moi qui me déplace dans les quartiers riches de Londres.
Alors je fais mine de rien mais les coups continuent avec insistance. Je râle puis me relève en titubant, une gueule de bois encore tenace de la vieille. J'ouvre la porte et reste un instant déconcerté devant la jeune femme blonde et en larmes postée devant moi.
 
_Gemma ? Je réalise soudainement.
 
Et, ouais, ça fait bizarre de la voir ainsi. En larmes, décoiffée, fatiguée, et loin de sa classe habituelle.
 
_Qu'est ce que tu fais là ? Je me reprends.
_Je vais te tuer.
 
Ok. Je la reconnais bien là.
 
_Mon passage à tabac n'a pas suffit la dernière fois ? Je soupire d'un air las, n'arrivant même plus à m'offusquer de sa complète paranoïa, Je n'y suis pas retourné dans ce putain de lycée, fous moi la paix !
 
Je m'apprête à claquer la porte mais elle glisse son pied entre l'entrebâillement.
 
_Harry s'est barré, grince-t-elle entre ses dents.
_Et alors ? J'interroge, Tu vois bien que ce n'est pas avec moi.
_Non, il est avec son mec.
 
C'est violent, putain. Ça pète le c½ur une information comme celle-là. Quand on a gâché sa vie pour un type qui ne voulait pas de ce genre de relation.
Pris par surprise, ma force m'échappe et Gemma en profite pour pousser la porte, entrant dans l'appartement.
 
_Qu'est ce que tu viens me faire chier si il est avec son mec ? Je l'interroge alors qu'elle regarde dans la pièce, un air dégoutté sur le visage, Et fais pas cette tronche steuplé parce que t'as pas une meilleure gueule je te signale.
_Vas te faire foutre.
_Casse toi d'ici ! Je m'emporte, Je ne vois même pas ce que tu fais encore ici vu que-
_TOUT EST DE TA FAUTE ! Explose-t-elle subitement, réduisant la distance qui nous sépare, TOI ! PUTAIN !
_Mais de quoi tu parles ?!
 
Gemma m'attrape par le col de mon tee-shirt, me poussant contre le mur. Un verre tangue et se brise sur le sol. Et, dans ses yeux, je ne lis que de la fureur. Non, de la folie. Cette fille est complètement folle.
 
_T'as commencé à lui vendre ses merdes ! Tout est différent depuis ça ! T'aurais pas dû ! T'avais pas le droit ! Elle crie dans toute la pièce, les larmes dévastant ses joues, T'avais pas le droit putain ! Qui te donne le droit de gâcher la vie des gens ?!
 
J'ai envie de rire. Vomir. Non, rire. Putain. Je suis choqué. Cette meuf est aveugle. Stupide et aveugle. Comme si la drogue était la cause de tout ça. C'est juste la putain de conséquence de tout ce qu'elle a produit, créé, voulu. Comment elle ose m'accuser après ce qu'elle a fait ?
 
_Tu fais pitié Gemma, je grince entre mes dents.
_Ta gueule ! T'avais pas le droit d'en vendre ! Il avait quinze ans !
_Je n'étais même pas là la première fois où il en a pris, je commente, blasé, parce qu'elle ne sait clairement pas de quoi elle parle.
_Mais t'as continué !
_Fallait mieux que ce soit moi qu'un putain de dealer de merde.
_Tu es un putain de dealer de merde ! Explose-t-elle.
 
Je sens mon c½ur se serrer et mon sang battre dans mes veines à une allure folle. Je sais que je suis une merde, que je n'ai pas d'avenir et que j'ai tout foiré. Mais Harry. C'est le seul mec pour lequel j'ai bien agis. Alors oui, j'ai dérapé. Mais elle ne sait pas. Elle ne sait pas tout ce que j'ai fais avant. Et, là, tout de suite, je ne vois même plus qui j'essaie de protéger. Alors il est temps que j'ouvre ma gueule.
J'attrape ses poignets qui tiennent encore mon tee-shirt et les lui tord légèrement pour qu'elle lâche prise. Un cri s'échappe de ses lèvres, plus par surprise que par douleur, et je la repousse pour qu'elle s'éloigne. Elle tangue légèrement, se stabilisant contre la table de la cuisine.
 
_Tu peux me traiter de tous les noms mais si Harry est encore en vie aujourd'hui ce n'est pas grâce à toi.
 
Elle rit, passant ses deux mains dans sa longue chevelure blonde qui retombe de part et d'autre de son visage, et crache sèchement :
 
_Pauvre tâche. Il ne t'a jamais aimé. Met toi ça dans le crâne sale-
_Moi je l'ai aimé, je la coupe.
 
Et je crois que ça la déstabilise que je lui avoue ça comme ça.
 
_Je l'ai aimé, je reprends, Je l'ai aimé si fort.. Tu ne sais rien.
_Dis moi, me provoque-t-elle, Dis moi à quel point tu l'aimais si fort que t'étais près à le forcer à baiser avec toi.
 
Un rire amer s'échappe de mes lèvres. Quelle conne.
 
_Je ne l'ai jamais baisé. En faite, je n'ai jamais eu le droit de le toucher. Je me suis laissé baiser pendant deux ans sans jamais avoir eu le droit de le toucher. Littéralement baisé, dans tous les sens du terme.
_Je m'en fous de votre position au lit.
_Mais putain ! J'explose, Pourquoi t'es aussi aveugle ? Pourquoi tu ne poses jamais les bonnes questions ?
_Quelles questions ?
_Mais pourquoi je ne pouvais pas le toucher à ton avis ? Pourquoi il se drogue ? Pourquoi il pète un plomb ? Pourquoi il fait des cauchemars ? Pourquoi il fait des crises d'angoisses ?
 
Mes questions résonnent dans la pièce, s'entrechoquent les unes aux autres, mais restent sans réponses parce que cette conne ne veut rien comprendre. Alors, j'explose, enfin :
 
_Parce qu'il s'est fait violé Gemma ! Violé par un pervers ! Parce qu'il était défoncé ! Parce qu'il venait d'apprendre que Niall ne marcherait plus jamais de sa vie ! Et alors ? C'est moi qui l'ai provoqué ça peut-être ? Votre conflit ? Niall dans son fauteuil ? C'est à cause de moi tout ça ? Bah ouais... Ouais regarde moi comme ça. Ça fait mal hein ? Oui je sais ça fait mal. Moi aussi ça m'a rendu fou quand il me l'a avoué... Tu sais. Notre histoire elle est loin d'être magnifique, à Harry et moi. Quand on a commencé à traîner ensemble, il ne savait pas que j'étais un dealer. On s'est rencontrés sur un site de rencontre gay. Lui, parce qu'il voulait essayer. Moi, parce que je voulais des clients. Je débutais tout juste. Et on s'est bien entendus. J'attendais le bon moment pour lui vendre ma came. Je ne voulais pas le brusquer. Parce que je l'aimais bien dans le fond, même si j'avais besoin de thunes. Puis il m'a invité un soir à un match de foot. On y est allés tous les deux. C'était le soir où Niall a eu son accident. Je ne l'ai pas revu pendant deux mois après ça. Et il ne m'a jamais recontacté. Tu sais comment je l'ai retrouvé ? A moitié mort dans les toilettes du Heaven, un soir, comme ça, par hasard, j'avais presque failli l'oublier. Je l'ai pris avec moi cette nuit là et il m'a tout raconté. Il m'a dit qu'il se droguait tous les week-end. Il était complètement mort. Il ne voulait plus arrêter. Alors c'est moi qui est repris le relais. J'ai été lui chercher toutes les meilleures drogues que je pouvais pour pas qu'il crève comme un con avec toutes ces merdes du quartier. Je me suis endetté pour lui. J'ai...
 
Je m'arrête. Parce que, clairement, la suite ne l'intéresse pas. Elle s'en fout de ma vie. Des personnes avec qui j'ai dû bosser pour avoir de la bonne came, de ce que j'ai dû faire parfois pour les rembourser, des coups que je me suis pris quand j'ai perdu le lycée des Styles comme point de vente. Elle ne sait pas. Elle s'en fout. Elle a juste beugé sur la première phrase. Et merde, putain.
 
_Je suis désolé de te l'avoir dit comme ça. C'est ton frère. Il ne voulait pas que tu le saches parce qu'il pense que c'est de sa faute et qu'il l'avait mérité. Mais tu devais le savoir. Tu aurais dû le savoir.
 
Elle ne répond pas, figée dans une horreur presque palpable.
 
_Maintenant si tu veux bien me laisser, j'ai du travail pour ce soir.
 
Gemma hoche de la tête pour acquiescer, docilement, ce qui ne lui ressemble pas. Et je sens que je viens de détruire quelque chose à l'intérieur. Je sens que je viens de toucher quelque chose que je n'aurais pas dû. Que je viens d'embarquer toute la famille dans une spirale infernale dont personne ne veut. Mais je n'arrive pas vraiment à m'en vouloir. Parce que si ils m'ont fait couler. Ils couleront avec moi.  

 
Chapitre six.




Le correspondant que vous essayez de joindre n'est pas disponible pour le moment.
Veuillez laisser un message après le bip sonore.



BIP




_Haz ? .. Haz ? C'est moi, c'est Gem'. Je t'en prie... Décroche.. Me laisse pas... Harry... Steuplé.. J'ai.. J'ai besoin de toi à la maison. Si tu savais, j'ai tellement besoin de toi. Tu me manques. Je suis.. Je suis tellement désolée. J'ai rien vu. J'ai rien su. Je m'en veux. Je m'en veux si fort... Alors, je t'en prie, ne m'en veux pas toi aussi. ça ferait trop d'un coup à supporter... Écoute moi, juste cette fois. Rentre à la maison. Rentre pas pour eux. Rentre pour moi. Juste pour moi. T'as pas le droit de partir. T'as pas le droit de me laisser... Si tu veux fuir, prends moi avec toi. 



____________________
.
Voici la suite !
J'espère que ça vous a plu et je vais essayer de me mettre
rapidement à l'écriture du chapitre sept ! :) 

Derniers jours du mois de février ! Vous pouvez encore voter pour Running Up ici : 
Merci à toutes celles qui ont été votées, mention spéciale à celles qui y sont allées tous les jours,
pleins de c½urs sur vous ♥ ♥ ♥ 

Bisous à tous xx




 

Tags : #RunUpfic - #Acte3

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Comments :

  • RunningUp

    16/10/2015

    Chloé wrote: "Je nimaginais pas Azoff comme ça. Il est carrément baisable ce mec ! (désolé du terme)"

    oh oui il l'est, god ♥

  • Chloé

    14/10/2015

    Je nimaginais pas Azoff comme ça. Il est carrément baisable ce mec ! (désolé du terme)

  • RunningUp

    03/08/2015

    obrxen--24 wrote: "Azoff je sait pas pourquoi mais je l'adore trop ce mec même quand il se comporte en con :) sinon j'ai pitié de Gemma, ont avait tous l'impression qu'elle est un monstre sand senti ment mais elle se soucis réellement de Harry et c'est trop mignon."

    moi aussi j'aime trop azoff et gemma ! ils sont détestables mais c'est ce qui fait leur charme un peu, non ? :p

  • obrxen--24

    03/08/2015

    Azoff je sait pas pourquoi mais je l'adore trop ce mec même quand il se comporte en con :) sinon j'ai pitié de Gemma, ont avait tous l'impression qu'elle est un monstre sand senti ment mais elle se soucis réellement de Harry et c'est trop mignon.

  • RunningUp

    10/06/2015

    OS-5SOS wrote: "Oh Gemma... Je l'aime trop cette meuf"

    oui moi aussi c'est mon perso préféré après le larry, avec stan aussi ! :)

  • OS-5SOS

    07/06/2015

    Oh Gemma... Je l'aime trop cette meuf

  • RunningUp

    15/03/2015

    leprechaune wrote: "A oui et j oublié les Style on très bien vu que la relation qu entretien Harry avec son petit ami est très bien pour lui et le pousse vers le haut alors peut être que au départ ils vont tous tout faire pour les séparés mais on peut pas nier l évidence Harry est heureux avec Louis je pense que les Tomlinson vont poser plus problème et peut être ue avec la révélation Larry on va avoir la révélation Zerry et du coup gros bazar général mais il faut se rendre a l évidence l amour est plus fort que la haine ils faut qu ils pense a Romeo et Juliette s ils veulent pas en arriver la
    bref je par d en des supposition surement absurde j attend de voir la suite

    par contre pour l enterrement je suis sérieuse 😃
    "

    ah oui, c'est marrant que tu penses que les Tomlinson vont poser plus de problème car en réalité c'est quand même eux qui savent en majorité pour le larry (isaac, zayn) et même le zerrie (stan) alors que du côté styles il n'y a que Perrie qui est un peu au courant de ce qui se passe !
    enfin bref , je vous laisse découvrir la suite de toute façon xx

  • RunningUp

    15/03/2015

    leprechaune wrote: "Alors voila moi j'adore ta fiction elle est trop cool

    concernant le chapitre je trouve que Dess a bien raison de balancer tout ca a Gemma ca lui fait ouvrir les yeux meme si lui aussi est en tort je pense qu elle avait besoin d entendre ca et peut être que ca aidera Gemma dans la compréhension de la relation Larry
    comme beaucoup Azof c pas mon pote il avait pas a balancer ca comme ca surtout que du coup elle va être encore plus sur Harry mais comme Louis a beaucoup aide Harry avec ca peut être qu elle va être un peu moins méchante en fin j espère

    j appréhende beaucoup le moment de la révélation meme si je pense que Larry peut nous étonner de comment ils vont gérer peut être que Harry va encore paniquer et fuir mais je pense que Louis va encore allez le chercher comme il le fait tj parce que ils ont besoin de l autre pour vivre enfin c ce que j espère non parce que depuis le début ils envoient se faire f....... Tous les scenario alors peut être qu ils vont pouvoir gérer ca ensemble en tout cas si ton histoire fini mal tu es invite a mon enterrement parce que je suis une jeune fille fragile

    voila hâte de lire la suite soit pas trop cruel 😊
    "

    merci pour ton commentaire ! c'est vrai que des a été dur (et injuste) avec sa fille mais d'un côté ça montre un côté de gemma plus humain parce qu'on réalise qu'elle est quand même sensible à tout ça et qu'elle ne s'en amuse pas tant que ça du conflit.
    en tout cas merci encore pour ton petit message, ça fait plaisir !

  • RunningUp

    15/03/2015

    fleeordie wrote: "Moi il me fait de la peine ce azoff quand même.."

    oui moi aussi ! quelqu'un qui le comprend, chouette :3

  • RunningUp

    15/03/2015

    Visiteur wrote: "Quand est-ce que l on pourra lire la suite ? ❤"

    ce soir je vais essayer :)

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