Chapitre cinq. Partie 1.

 

Harry
 
 
           Je marche. Un pied devant l'autre. Le droit, le gauche, le droit, le gauche. Ma vision est brouillée. Mes jambes lourdes. Mon c½ur, je n'en parle même pas. Il est muet. Muselé. Piétiné. Je revois tout. Je revis tout. D'une force et d'une douleur incroyable. Je me revois courir dans Hyde Park, m'arrêter au bout de l'allée, j'étais bien, presque insouciant. Je me revois sortir mon portable, lire le message de Louis, apprendre la mort de Zayn. Et mes jambes qui repartent à vive allure.
 
La maison. Perrie. Seule.
 
Je revois tout. Je revis tout. Mes larmes coulent sur mes joues.
 
La porte d'entrée. Elle claque. Les escaliers. Je saute les marches, quatre à quatre. Une autre, encore une autre, une dernière.
 
J'essuie les larmes sur mes joues, je me dirige vers le pont. Mais je la revois encore. Cette scène, elle ne s'arrête jamais.
 
Perrie ! Perrie ! Ma voix qui tremble. Ma main sur la poignée. La porte qui s'ouvre.
 
_STOP ! Je hurle, STOP !
 
J'en peux plus. De cette image. De cette scène qui tourne en boucle. Je veux que ça s'arrête. Je veux que tout ça s'arrête.
 
J'ouvre la porte de sa chambre. Perrie ? Perrie ? Elle est sur le sol.
 
Non. Stop. Je ne peux pas. Je ne veux pas. J'avance plus vite, mes pas deviennent des foulées, mes foulées une course. Une course contre le temps. Je veux partir. Je veux oublier. Je veux revenir en arrière.
 
Elle est sur le sol, allongée, inconsciente. Du sang coule de son nez, de la bave de sa bouche, de la poudre blanche étalée comme l'arme du crime.
 
La mienne. Ma poudre. Stop. Je cours, dans la nuit. Et la scène se répète encore, encore, encore.
 
Je crie, tombe au sol, appelle à l'aide. Papa ! Maman ! Gemma ! Personne ne me répond.
 
Je cours, je ne m'arrête plus, les larmes brouillent ma vue.
 
Je t'en prie, Perrie, réveille-toi, ne me laisse pas, pas toi, je t'en prie. Je me relève en tremblant, mon portable dans ma poche, l'appel des secours.
 
Je revis la scène, l'attente au téléphone, l'ambulancier qui essaie de me rassurer, de rester à côté d'elle.
 
« On arrive, on est en route, on arrive, ne paniquez pas. »
 
Je m'arrête, essoufflé, au pont de Westminster, l'appel dans ma tête, tout dans ma tête. Encore, encore. Je n'en peux plus. Je monte sur la rambarde. Je suis assis dans le vide. Je ferme les yeux. La scène continue.
 
 
*
 
 
_Perrie ! Je hurle, comme si j'espérais vraiment la réveiller, Perrie, je t'en prie !
_Calmez-vous, me coupe la voix de l'ambulancier au téléphone, On arrive. Calmez-vous.
_Elle meurt ! J'explose.
_On fait notre possible, monsieur, votre détresse ne l'aidera pas, ni elle, ni vous, ni nous. Je ne le répéterai qu'une fois : calmez-vous.
 
Doucement, je tente de reprendre ma respiration. Mais elle est là, par terre, et je n'ose même pas la toucher. Gemma. Il faut que j'appelle Gemma.
 
_Je peux passer un appel ? Je demande.
_J'ai besoin de rester avec vous jusqu'à l'arrivée des secours.
_Avec un autre téléphone, j'insiste.
_Très bien mais restez au bout du fil.
 
Je sors de la chambre, tremblant, trébuchant partout. Putain ! Je gronde. Je me précipite dans le salon, attrape le téléphone et compose le numéro de ma s½ur.
 
_Allo ?
_Gem ! Je hurle, Gem' viens !
_Quoi ? Harry ? Harry ! Qu'est ce qui se passe ? Je ne comprends rien !
_C'est.. C'est Per-rie, je chiale, la voix entre coupée de sanglots, Vi-ens.
_T'as appelé les secours ?
_Ou-i, m- mais vi-ens.
_Bien sûr, j'arrive tout de suite.
 
Elle raccroche. Je me retrouve seul. Putain, et j'ai laissé Perrie là-haut. Je me précipite de nouveau dans les escaliers. Je vais dans la chambre. J'entends l'ambulance arriver. Une porte qui s'ouvre, des pas dans l'escalier. Puis on me pousse brusquement, on me dit de faire de la place. Je recule, encore sous le choc, pendant que cinq ambulanciers se précipitent sur ma cousine. Y a des fils partout,des mains, des mots, des ordres qui s'entrechoquent les uns aux autres. Je ne comprends plus rien, ma vision se brouille. Je me fais petit. A l'écart. Je regarde au loin sans voir, sans vouloir voir. Ma cousine, entre la vie et la mort.
Puis j'entends la voix de Gemma qui résonne. Ma sauveuse. Elle va sauver la situation. Elle sait gérer ce genre de trucs, pas moi. Elle arrive dans la chambre. Comme d'habitude, elle ne laisse rien transparaître, comme si ça ne l'atteignait pas. Comme si c'était un problème parmi les autres, encore un, un qu'elle va régler. Elle me cherche du regard. En une seconde, elle m'a inspecté. Je n'ai rien de tranchant dans la main. Je ne vais pas me faire du mal. Elle détourne le regard pour s'occuper de Perrie. Elle pose des questions, répond avec une lucidité effrayante. Moi je me tais. Je me contente de la regarder pendant qu'elle donne des indications aux ambulanciers. Age, poids, taille, groupe sanguin. Comment elle sait ça d'abord ? Qui connaît le groupe sanguin de sa cousine ?
Les ambulanciers partent avec Perrie, ils veulent prendre Gemma dans l'ambulance.
 
_Je ne pars pas sans mon frère.
_Une seule personne, rétorque l'ambulancier.
_Je ne le laisse pas seul ici, elle lui répond, catégorique.
_Appelez quelqu'un.
_Toute ma famille est en dépression, il reste avec moi. Je suis la seule capable de le gérer. A moins que vous vouliez un autre suicide sur les bras.
 
L'ambulancier ne répond pas, si ce n'est son regard désolé qui lui dit qu'il n'aimerait pas avoir sa vie. Gemma l'ignore. Elle ignore tout, cette fille, tout ce qui pourrait la toucher, c'est comme si ça n'existait pas. Alors le mec finit par accepter et elle m'ordonne de me relever, de les suivre, de ne prévenir personne.
 
_Pour le moment, elle ajoute en attrapant ma main.
 
Parce que ça aussi elle veut le contrôler. Le suicide de Perrie. Elle dira où. Elle dira quand. Elle dira comment. Elle tentera de dire pourquoi. C'est ce qu'elle a toujours fait.
On monte dans la voiture. Les ambulanciers essaient de maintenir notre cousine en vie, du moins c'est ce que je comprends quand Gemma leur pose des questions. On arrive à l'hôpital en quelques minutes. Les médecins débarquent en courant, tout s'enchaîne rapidement. La police, les psychologues. On est emmené en salle d'attente. Gemma a son portable dans les mains. Elle hésite encore. Appeler. Prévenir. Devoir soutenir. Devoir consoler. Devoir expliquer.
Moi je m'enfonce dans mon siège, la scène dans les yeux, en boucle, encore. Je ne peux même plus pleurer. Je ne vois que ça. Que elle. Le sang, la bave, la poudre. Pourquoi elle a fait ça ? Ah oui, putain, Zayn. Est ce que je devrais en parler à Gemma ? Je repense au message de Louis. J'hésite à en envoyer un.
 
« Zayn est mort ».
 
C'est ce qu'il m'a écrit. Sans rien d'autre. Juste ça. Peut-être que ça voulait dire « Viens, je t'en supplie, j'ai besoin de toi ». J'ai envie de pleurer de rire en imaginant ma réponse.
 
« Merde. Perrie aussi ».
 
Ce n'est pas drôle, j'en ai marre. Je ferme les yeux, je ravale mes larmes. Non, non, je m'arrête. Elle n'est pas morte. Elle va s'en sortir. Ça va aller. Tout va rentrer dans l'ordre. Elle ne va pas partir, elle ne va pas me laisser.
 
 
*
 
 
Je suis assis sur le pont et je revois tout, chaque seconde, chaque minute. Gemma a fini par appeler toute la famille. Je me suis enfui avant qu'ils n'arrivent. Je ne pouvais pas. Les voir pleurer. Hurler vengeance. Se demander pourquoi alors que je suis le seul à savoir pourquoi. Et ça aurait été trop dur de mentir maintenant. J'ai profité de l'inattention générale pour m'enfuir à toutes jambes de l'hôpital, courir jusqu'au pont. C'est lâche, je sais, ça ne leur changera pas. Ils ont l'habitude. Et puis je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas voir entrer ce médecin en blouse blanche nous annoncer que ma cousine de seize ans a succombé à une overdose. Je les voyais déjà tous. Se retourner vers moi, chercher le coupable. La drogue. Elle était à qui cette drogue ? A toi Harry ? Hein, à toi ?
Qu'est ce que j'aurais répondu ? Elle me l'a volé ?
Tu parles. Ils vont avoir besoin d'un coupable. C'est moi le coupable. Le coupable idéal.
D'ailleurs, ouais, je suis coupable. Cette poudre elle était à moi. Sa détresse, j'aurais dû la comprendre avant, j'aurais dû essayer de la faire parler avant, de l'écouter du moins. Moi je me suis contenté de l'ignorer. Comme si la mort de Liam avait mis fin à tout ça, comme si elle était censée ne plus l'aimer, ne plus y penser, l'avoir oublié. J'aurais dû savoir que c'était impossible. J'aurais dû savoir qu'elle ne s'était jamais arrêtée de l'aimer. J'étais bien placé pour le savoir, putain.
Je baisse mes yeux vers la Tamise, vers les vagues à la surface, je suis plongé dans l'obscurité du fleuve. Bordel. Comment la situation a pu nous échapper à ce point. Liam, Zayn, Perrie. J'ai le c½ur compressé dans ma poitrine. Je fais un bilan. Mon meilleur ami est mort. Ma cousine a pris ma drogue pour en finir avec sa vie. Mon copain m'a quitté. Je fais le bilan encore une fois. Je me le répète comme si je n'y croyais pas vraiment, comme si c'était impossible que tout cela arrive dans une même vie, dans un même mois, dans un même c½ur.
Je ne ravale plus mes larmes, je les laisse couler. Mon meilleur ami est mort. Ma cousine a pris ma drogue pou en finir avec sa vie. Mon copain m'a quitté. C'est une liste que je pourrais compléter. Je me drogue. Mon dealer est probablement mort quelque part par ma faute. Je ne parle plus à Niall par manque de courage. J'ai laissé ma s½ur s'occuper de toute la famille en fuyant de l'hôpital. Mes parents vont probablement m'obliger à faire mes études aux États-Unis. Ils vont penser que changer de continent me fera « prendre l'air ».
Je ris en imaginant cette expression dans la bouche de mon père. « Prendre l'air ». Ce qu'ils ne comprennent pas c'est que je m'en fous de leur air moi, à n'importe quel coin du monde je m'en fous. Sans Liam, sans Perrie, sans Louis, je ne peux même pas respirer. Ce sont eux, mon oxygène. Et la vie me les retire un à un. J'étouffe lentement. Comme une noyade qui s'étale sur plusieurs mois. L'eau qui s'engouffre dans mes poumons doucement, moi qui perds pied peu à peu.
« Ou tu coules ou tu restes à flot ».
Je souris. Je ne restais pas à flot, en fait. Je me noyais, depuis le début. J'avais le nez à la surface de l'eau mais je coulais, je m'enfonçais, je sombrais.
Je sors mon portable de ma poche, j'ai ma musique dans la tête et mes doigts sur le clavier.
 
✉ SMS de « Boucle d'Or » à « Louis »
23h41. If I only could...
 
Si seulement je pouvais...
 
Si seulement je pouvais quoi ? Vivre ? Survivre ? Je repose le téléphone. Je n'attends pas particulièrement de réponse. Je ne sais même pas pourquoi je lui ai écrit. Je ne sais même pas pourquoi je pense à lui. Il m'a quitté. Lui qui m'avait dit qu'on avait inventé l'espoir juste en s'aimant, apparemment il n'a pas réussi à m'aimer assez pour se croire.
Je relève mon regard vers la roue de Londres. Ça fait des mois que je viens ici. Des mois que je m'assois sur la rambarde pendant la nuit. Je repense à notre première rencontre.
 
« _Alors qu'est ce que tu fous assis là-dessus ?
_J'oublie. »
 
J'oublie. Je regarde tout autour de moi. Je vois la roue, je vois la Tamise, je vois les lumières qui font briller le ciel de Londres. C'est la même image qu'avant mais c'est différent. C'est différent parce que ça ne me touche pas, ça ne me soulage pas, ça ne m'apaise pas. C'était mon endroit. C'était là-bas que j'étais Harry sans Styles. Et ce soir, je réalise que ça aussi, je l'ai perdu. Que Styles suivra toujours Harry. Que Harry n'existera jamais sans Styles.
Et ce soir, je réalise que même perché là-haut, je n'oublie plus.
 
Alors j'ai sauté.   
 .
.
<< I'd make a deal with god, and I'd get him to swap our places. >>
.
.
 
Chapitre cinq. Partie 1.
 
 
 
"Harry ? Harry, c'est Gemma à l'appareil. Perrie va s'en sortir, ok ? Les médecins lui ont fait un lavage d'estomac. Elle va s'en sortir. Je te promets que c'est vrai. Ne fais pas de conneries. Harry, je te jure, ne fais pas de conneries. "  
 
 
____________________
 
J'imagine que vous pensez toutes à me tuer désormais, 
Encore une fois je vais vous ressortir mon bon vieux 
"C'est comme ça que j'ai toujours imaginé l'histoire".
Mais elle n'est pas finie, bien entendu.
Je n'en dirais pas plus ce soir :)
J'espère que ça vous a plu, bisous à toutes ! 


Le montage à la fin de l'article est de @_nouisalmighty. Ces montages pour #RunUpfic sont juste fabuleux, je posterai les autres dans les prochains articles à venir. Encore merci à elle ! 

 
 
 

Tags : #RunUpfic - #Acte4

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Comments :

  • HFxckYou

    30/06/2018

    bordel

  • SachaTchbn

    12/02/2017

    Non cest pas possible. Cet acte, il est trop dur, trop violent, trop destructeur. C'est pas possible. Autant de malheur. Cest qu'une fiction mais ca paraît tellement réel.

  • RunningUp

    05/10/2016

    madxlarry wrote: "Harry n'est pas mort hein ? Dis moi qu'il ne l'est pas...il ne peut pas l'être. C'est trop triste. C'est horrible mais alors pourquoi je viens de penser "non, il est mort sans avoir fait l'amour à Louis" en pleurant. Je suis bizarre mais je viens de réaliser ça

    "

    continue ♥

  • madxlarry

    04/10/2016

    Harry n'est pas mort hein ? Dis moi qu'il ne l'est pas...il ne peut pas l'être. C'est trop triste. C'est horrible mais alors pourquoi je viens de penser "non, il est mort sans avoir fait l'amour à Louis" en pleurant. Je suis bizarre mais je viens de réaliser ça

  • RunningUp

    08/11/2015

    Visiteuse wrote: "Omg. Omg. Omg. Comment on est sensés survivre à ta fiction ?
    Les larmes ne suffisent plus pour définir à quel point c'est triste.
    Aaaah... Mais il va rester quoi à la fin ? Il va rester qui ?
    Je suis absolument pas en état d'écrire un commentaire correct putain.
    C'est trop horrible non, je peux pas...
    Tu me tue. La vérité c'est ça. À chaque chapitre tu me tue un peu plus. Tu as enfoncé un couteau dans mon coeur et tu l'enfonce un peu plus profondément à chaque chapitre.
    Et le pire dans tout ça, c'est que je suis accro.
    Je vais aller lire la suite. J'espère que j'en ressortirais vivante, parce qu'avec toi, on ne sait jamais.
    Bisous ❤
    "

    ton dernier commentaire mais pas le dernier chapitre posté donc j'espère que tu en es ressorti vivante ? :)
    c'est un peu plus joyeux normalement, enfin mieux que les chapitres précédents disons, ce qui est déjà pas mal ahah !
    donc comme d'habitude, je me mets à tes pieds pour te remercier, tous tes commentaires m'ont vraiment fait plaisir et je m'excuse encore mille fois pour avoir pris autant de temps à te répondre, merci merci merci ♥
    Je t'embrasse et j'ai hate d'avoir de tes nouvelles ! xx

  • Visiteuse

    19/10/2015

    Omg. Omg. Omg. Comment on est sensés survivre à ta fiction ?
    Les larmes ne suffisent plus pour définir à quel point c'est triste.
    Aaaah... Mais il va rester quoi à la fin ? Il va rester qui ?
    Je suis absolument pas en état d'écrire un commentaire correct putain.
    C'est trop horrible non, je peux pas...
    Tu me tue. La vérité c'est ça. À chaque chapitre tu me tue un peu plus. Tu as enfoncé un couteau dans mon coeur et tu l'enfonce un peu plus profondément à chaque chapitre.
    Et le pire dans tout ça, c'est que je suis accro.
    Je vais aller lire la suite. J'espère que j'en ressortirais vivante, parce qu'avec toi, on ne sait jamais.
    Bisous ❤

  • RunningUp

    16/10/2015

    Visiteur wrote: "Sois il a vraiment sauter et la je vais t'ouvrirez le crâne avec un couteau a beurre et manger ton cerveau soit c'est métaphorique et la... Je te laisse en vie. ( je me faut peur des fois )"

    bon je suis sauvée, j'imagine que tu as lu la suite depuis ;)
    merci pour ton commentaire (meme si c'est une odieuse menace ahaha)

  • RunningUp

    16/10/2015

    daisygurlx wrote: "Merde. Mon coeur à louper un battement."

    ahah désolée pour ça ! :) j'espère que la suite va te plaire ♥

  • daisygurlx

    10/10/2015

    Merde. Mon coeur à louper un battement.

  • Visiteur

    20/09/2015

    Sois il a vraiment sauter et la je vais t'ouvrirez le crâne avec un couteau a beurre et manger ton cerveau soit c'est métaphorique et la... Je te laisse en vie. ( je me faut peur des fois )

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