Chapitre six. Partie 2.

 
Chapitre six. Partie 2.


Harry
 
         J'ouvre les paumières à demi et une nausée me prend immédiatement. Ça me donne juste envie de me rendormir. Sauf que les rayons du soleil qui tape sur les murs me brûlent les yeux. Je fais un effort supplémentaire pour ouvrir de nouveau mes paupières et aperçois une tête blonde penchée sur moi.
 
_Hey, je murmure, la voix cassée, Salut.
_Est ce que tu te fous littéralement de ma gueule ? 
_C'est toi qui a commencé.
_Et tu m'as volé la vedette ! Explose Perrie.
 
On rit tous les deux même si on sait pertinemment qu'on en a aucunement le droit. Je crois que ça a toujours été comme ça dans la famille. On lance des blagues pour essayer d'éviter les vrais sujets, style nos deux suicides dans la même soirée.
 
_Pourquoi tu nous as fait ça, Haz ?
 
Et sa voix se brise aussitôt sur la question.
 
_Pourquoi tu nous as fait ça, toi ? Je lui retourne, immédiatement.
_Je venais d'apprendre la mort de Zayn. J'ai pété un plomb. Je n'ai pas réfléchi.
 
Elle me regarde de ses grands yeux clairs et remplis de larmes. Je sais qu'elle attend une réponse de ma part.
 
_Et moi je venais de te retrouver à demi-morte dans ta chambre, je finis par lâcher.
 
Ma cousine se tait, s'asseyant au bord de mon lit, et elle empêche les larmes de couler le long de ses joues. Elle s'en veut. Je le sais parce que je m'en veux aussi. D'avoir été aussi lâche. Pourtant je suis incapable de l'expliquer. Mon geste. Je me suis juste senti submergé, tellement submergé que je n'aurais pas survécu, dans tous les cas. Alors je préférais le contrôler, le moment où tout ça allait me faire sombrer.
 
_Où sont les autres ? Je demande.
_Les heures de visites n'ont pas encore commencées, ils ne devraient pas tarder.
_Tu es où toi ?
_Dans la chambre d'à côté.
 
Je souris même si ça me fait mal au c½ur. Qu'elle soit ici. Que je le sois aussi. Qu'on ait osé faire subir ça à nos familles. Depuis mon réveil, hier soir, je n'ai pu voir que mes parents et Gemma. Mes parents pleuraient.
Pas Gemma. Je ne l'ai jamais vue pleurer, de toute façon. Mais son regard était tellement froid. J'ai su tout de suite qu'elle avait compris. Ça se lisait partout sur son corps. Ouais, c'est ça. Son corps était la déception incarnée. Un regard éteint, des cernes énormes, des épaules lâches, une peau blanche, un sourire désabusé. Alors, dès que mes parents sont partis et qu'on s'est retrouvés que tous les deux, elle et moi, je savais que je n'avais plus rien à cacher.
 
 
*
 
 
_Tu lui as parlé ?
_Oui, elle répond, glaciale.
_Je suis désolé.
_Moi aussi je suis désolée Harry. Je suis désolée pour toi, désolée que tu sois cette lâcheté monumentale. Je suis désolée pour toi que la seule solution que tu aies trouvée c'est de te jeter d'un pont, comme si t'étais tout seul au monde. Je suis probablement désolée de ne pas avoir été assez bien pour t'en empêcher. Je suis désolée d'avoir cru que tu valais mieux que ça. Je suis désolée d'avoir pensé que tu me faisais confiance. Je suis désolée que parmi tout le courage que tu n'as pas, la seule fois où tu as été capable d'agir c'était pour trahir ta propre famille. Et, encore, même ça tu ne l'as jamais assumé.
 
Et sincèrement, qu'est-ce qu'on peut répondre à ça ?
 
_Tu m'as abandonnée, reprend Gemma froidement, Après tout ce que j'ai fait pour toi... Pour toi et ce putain de mec, tu m'as abandonnée. Mais qu'est ce qu'il s'est passé dans ta tête à ce moment-là, hein ?
 
J'entends la colère dans sa voix. Je vois la haine dans son regard. Je ressens la peine dans tout son corps.
 
_Putain, Harry, qu'est ce qu'il y avait dans ta tête ? Comment t'as pu te jeter dans le vide comme ça ? Après Liam, après Perrie... Mais y avait quoi putain dans ta tête ?!
 
Là, elle s'est carrément mise à hurler. Et moi à pleurer, parce que... Merde- quoi. Pourquoi j'ai fait ça ?
 
_Putain, elle répète, ravalant ses larmes que sa fierté l'oblige à ne pas verser, Pourquoi je n'étais pas là moi ? Pourquoi je n'étais pas dans ta tête à ce moment-là ? Pourquoi ça ne t'a pas retenu ?
 
J'essaie de me souvenir. J'essaie de retracer ce qu'il s'est passé cette nuit-là.
 
_Comment t'as pu me laisser ?
_Je ne sais pas, Gem', je me décide finalement à répondre, Je ne sais plus.
_Tu voulais mourir ? Elle me demande, d'une sincérité effroyable.
_Je voulais oublier.
_Oublier quoi ?
_Que j'avais mal.
 
Ses yeux se voilent et sa mâchoire se crispe.
 
_On a tous mal, Harry.
_Toi moins que les autres, je rétorque, Je ne suis pas aussi fort que toi.
 
Je crois que ça l'énerve, comme réponse. Qu'est ce que j'y peux ? C'est ce qu'elle a montré toute sa vie, ce qu'elle a essayé de prouver, du moins. Qu'elle est forte et que rien ne l'atteindra jamais. Moi je ne peux pas faire ça. Elle l'a gardé pour elle son courage. Ses larmes, elle les a ravalées toute seule. Elle n'a pas empêché les miennes de couler, elle n'a pas essayé de le faire. Et je sais que c'est injuste de l'accuser. Mais je crois que ce sentiment a toujours été là, dans le fond, cette jalousie que je ressens pour elle. Cette jalousie parce qu'elle est tellement puissante que je me sens minable à côté. Je crois que je lui en veux, d'être comme ça, d'être une Styles plus que ma s½ur.
 
Et, comme si elle lisait dans mes pensées, elle murmure :
 
_Il fallait que l'un de nous deux le soit. Papa aurait préféré que ce soit toi, cependant.
_Non, je l'arrête, Tu es parfaite pour ce rôle.
 
Elle sourit en répétant :
 
_Rôle.
_Quoi ?
_Un rôle, ça se joue Harry, ça se surjoue même.
 
J'ignore ce que je pourrais lui répondre. C'est vrai qu'elle n'est pas née avec ça. Elle est née Gemma et on lui a appris à jouer la Styles. Peut-être que si j'étais né le premier, j'aurais été à sa place. J'aurais été comme Louis. Résigné à jouer un rôle toute ma vie, comme si on m'avait condamné à être le personnage d'une pièce de théâtre. Et j'en ai marre. De jouer, de surjouer, de dramatiser. J'ai envie d'être honnête.
 
_Je suis amoureux de Louis.
_Je sais.
_Et il est amoureux de moi.
_Je sais.
_Si je te demandais de l'appeler, tu le ferais ?
_Jamais.
_Je l'aime vraiment, j'insiste.
_Moi aussi je t'aime vraiment, elle rage, Et ça ne t'a pas empêché de sauter.
_Alors tu te venges ? T'as pas de réponses à me donner alors tu te venges ? Parce que c'est tout ce que tu sais faire ?
 
Elle me fusille du regard et crache un « bonne nuit » du bout des lèvres, sortant de la pièce en claquant la porte derrière elle. Ça me fait mal. Ce bruit de porte qui résonne à l'intérieur de moi. Ce bruit qui me ramène à la réalité. Ce bruit qui hurle que ça n'arrivera pas. Moi et lui. Jamais.
Je reste allongé dans mon lit. Je regarde le plafond. Je n'ai pas de téléphone portable. Je n'ai aucune affaire dans cette chambre. Je ne pourrais pas me relever d'ailleurs. J'ai trop d'aiguilles plantées dans le bras.
D'ailleurs, les voilà. Les infirmières. Elles me disent : « Tu es content ? De t'être réveillé ? » et j'ai tellement envie de répondre « non » que ça me fait pleurer. Ça me fait pleurer d'avoir aussi peu envie de vivre, pleurer d'être en vie. Elles me disent de me reposer. Je crois qu'elles me donnent des calmants car je tombe dans le sommeil quelques minutes plus tard.
 
 
Un sursaut. Je me réveille en sursaut à cause d'une sonnerie. C'est le téléphone de l'hôpital, posé à côté de mon lit, je ne savais même pas qu'il y avait un numéro attribué pour ma chambre. Je décroche, la voix encore ensommeillée.
 
_Allô ?
_C'est Gem'.
_Il est quelle heure ? Je bafoue, confus.
_Je suis à Knightsbridge.
 
Je crois avoir mal entendu et me relève dans mon lit.
 
_Qu- Quoi ?
_Je suis devant chez lui.
_Pourquoi ? Je demande, bêtement.
_Pour que tu puisses lui parler.
_Pourquoi ? Je répète, totalement hébété.
_Je te l'ai déjà dit Haz... Moi aussi je t'aime vraiment.
 
Je reste cloué dans mon lit, comme si elle m'avait ôté mes propres mots avec les siens. J'entends son poing frapper à la porte. J'ai du mal à y croire. Je tiens le téléphone dans ma poigne. Mon c½ur bat si fort, aussi fort que les coups qu'elle donne contre le battant. Je serre le téléphone dans ma main, tellement fort que j'en ai mal aux doigts.
 
Et, soudain, la délivrance :
 
_Harry ?
 
Sa voix tremble, comme s'il avait peur que je ne lui réponde pas, comme s'il n'y croyait pas vraiment.
 
_C'est moi.
 
*
 
 
_Tu vas bien ? Me demande Perrie.
_J'ai la nausée.
_C'est normal, au réveil.
 
Et ça me tue qu'à seize ans, elle sache de quoi elle parle.
 
_Tu veux que j'aille chercher des infirmières ?
_Non ça va, je murmure en me relevant du lit, Tu as le droit d'être ici ?
_Pas vraiment. Je suis sortie de ma chambre en douce. Je voulais être la première à te voir.
 
Je lui rends son sourire avant de lui casser tout ses espoirs :
 
_Tu n'es pas la première. Mes parents et Gemma sont venus hier soir.
_Qu'est ce qu'ils t'ont dit ?
_Pas grand chose, ils pleuraient surtout, et moi j'étais encore dans les vapes.
_Ils pleuraient ? Elle répète surprise, Même Gemma ?
_Non pas Gemma.
 
Et je crois que ça lui fait du bien de se dire que certaines choses ne changeront jamais, que certaines choses resteront ce qu'elles ont toujours été. Alors je repense à son histoire de rôle, à Gemma, et je me dis qu'un comédien n'existe pas sans son public. Alors si on n'y croyait pas autant, à sa mise en scène, ça ferait peut-être longtemps qu'elle serait descendue de la scène.
 
_Et toi ça va ? Je lui demande finalement, Quand est-ce que tu sors d'ici ?
_Aujourd'hui, en fin de journée.
_Quel sort ils te réservent ?
 
Elle hausse des épaules.
 
_J'en sais rien. Je crois que je m'en fiche. De tout.
_Je suis désolé, je murmure.
 
Je vois ses yeux se voiler de larmes et je me dis que moi, je n'aurais pas eu le courage de survivre à ça. Si on m'avait vraiment enlevé Louis. Vivre sans lui à mes côtés aurait été douloureux, vivre sans lui dans le monde aurait été insoutenable. Alors je réalise à cet instant à quel point j'ai été cruel de lui faire subir ça.
 
_Il faut que j'essaie de contacter Isaac, elle continue, Je veux savoir. J'ai besoin de comprendre.
_Hum, j'approuve.
_Tu pourras m'aider ?
_Bien sûr.
 
Je la vois attraper le bord de son pyjama, ses mains se tordant sous le tissu, puis elle continue :
 
_Louis était à l'hôpital pendant tout ce temps. Gemma et Edward lui ont interdit de mettre les pieds dans ta chambre. Mais faut que tu saches qu'il était là, dans le couloir.
 
J'avale ma salive et une nausée encore plus forte me prend.
 
_Je n'étais pas d'accord avec eux, elle murmure plus bas, Je me disais que tu te réveillerai peut-être, si tu entendais sa voix.
_Je n'ai rien entendu du tout, je la rassure, J'ai eu l'impression de dormir tout du long.
_Mais je n'ai pas eu le courage de leur dire, elle me coupe, comme si elle avait besoin de confesser son crime, Je voyais Louis tous les jours, si malheureux, comme moi je l'étais. Et je n'ai rien fait pour lui. Je suis désolée.
_Ne le sois pas.
 
Elle s'apprête à ajouter quelque chose mais la porte s'ouvre soudainement sur Gemma qui débarque dans la pièce, la démarche assurée, comme à son habitude.
 
_Perrie ! S'exclame-t-elle, Les infirmières te cherchent partout !
_Je voulais voir Harry.
 
Elle n'ajoute rien, parce que dans le fond, elle s'en fiche éperdument que les infirmières fassent tout l'hôpital.
 
_Bien dormi ? Elle ajoute à mon attention.
_Oui... Merci.
 
Et je crois qu'elle comprend ce à quoi je fais réellement allusion. Elle sourit d'un air gêné tandis que mes parents entrent dans la pièce, puis Edward poussant le fauteuil de Niall. Ils viennent tous m'embrasser. Même si la situation est glauque, même si je suis allongé dans un lit d'hôpital, j'arrive à me sentir heureux. Parce que ça faisait bien trop longtemps qu'on n'avait pas été tous ensemble dans une même pièce. On parle de tout et de rien. Enfin, surtout de rien, en fait. Parce qu'on n'est toujours pas capable de parler de tout. De la mort des gens, des suicides ratés, des Tomlinson, ça non, personne n'en parle. A la place, on plaisante, on joue notre rôle. Tout le monde est à sa place. Pendant l'espace de quelques secondes, on essaie de l'être.
Personne ne me reproche rien alors que je sais qu'ils me détestent, de leur avoir fait encore plus de mal alors qu'ils souffraient déjà. Je les comprends. Je m'en voudrais à leur place. Alors moi non plus, je ne dis rien. Je regarde Gemma et Perrie, tour à tour. Comme d'habitude, c'est un peu elles qui tiennent toute la conversation. Comme avant, et ça fait du bien, même si c'est faux. Au final, on s'y sent bien dans son rôle. On l'a travaillé toutes ses années. On s'en est fait un moule. On y est chez soi.
 
_Bon, petit déjeuner à la cafétéria de l'hôpital ? Lance Gemma en rangeant son téléphone dans la poche de son jean, Je meurs de faim moi !
 
Je me redresse sur mon lit. Mon c½ur compressé soudainement dans ma poitrine. Elle ne va pas faire ça ?
 
_Bah, s'exclame ma mère surprise, Et ton frère alors ? Il ne peut même pas sortir de son lit.
_Oh ça va, réplique ma s½ur, Il peut nous attendre un peu. Il vient juste de se réveiller de toute façon, et les infirmières vont bien lui apporter à manger.
_Oui ! Je m'empresse de répliquer.
 
Peut-être avec un peu trop d'enthousiasme, cependant, car ma mère fronce des sourcils, vexée.
 
_Enfin, je reprends, Je ne veux pas que vous mourriez de faim pour moi.
_Moi j'aurais surtout besoin d'un grand café, réplique mon père, Je n'ai pas beaucoup dormi ces derniers jours.
 
Et le regard de reproche m'était bien adressé. Je l'encaisse en silence.
 
_Oui allez ! Approuve ma mère en se relevant du bord du lit, Allons manger un petit bout rapidement. A tout de suite mon chéri.
 
Mes parents sont les premiers à sortir de la chambre, suivis par Niall qui raconte à tout le monde ce qu'il a envie de manger alors qu'on est dans un putain d'hôpital et qu'il aura le droit à une banane comme tout le monde. Alors Edward lui dit de se la fermer et ils quittent la pièce. Puis Perrie marmonne un truc comme quoi elle ferait mieux d'aller s'expliquer auprès des infirmières même si, dans le fond, je crois qu'elle a très bien compris ce qu'il se passait. La porte de la chambre se referme et Gemma se retourne vers moi. Et je lis dans ses yeux qu'elle a bien compris ce qu'il y avait dans les miens depuis mon réveil.
 
_Il est là ? Je demande immédiatement.
_Au bout du couloir.
 
Mon c½ur palpite encore plus fort dans ma poitrine et mes mains se crispent sur le drap.
 
_Je les occupe pendant vingt minutes, enchaîne Gemma, J'ai mon portable avec moi. Je l'informerai cinq minutes avant qu'on remonte et il disparaît. Les autres ne sont pas prêt à supporter ça.
_D'accord, j'acquiesce, parce que je dirais « oui » à n'importe quoi tant que je peux le voir dans la seconde qui suit.
_Je compte sur toi Harry. Ne me déçois pas encore.
_Jamais, je lui assure.
 
Elle hoche de la tête, glissant ses mains dans les poches arrières de son jean. Elle a l'air d'hésiter. Ça la rend humaine, d'un côté, et je préfère voir ma s½ur comme ça. Gemma sait toujours ce qu'elle fait. Là, non. Là, elle a peur. Là, elle pèse le pour et le contre. Là, elle s'interroge sur son rôle. La grande s½ur ou la chef de clan. La sécurité ou la liberté.
 
_Si tu savais à quel point je l'aime, je murmure.
_Alors pourquoi tu as sauté ? Elle demande.
 
Et ça fait mal. Parce que Louis me le demandera aussi et que je n'aurais toujours aucune réponse à lui donner.
 
_Parce que si tu savais à quel point il t'aime, lui, elle continue, T'aurais jamais osé sauter.
 
Elle me laisse comme ça. Elle quitte la pièce et moi je regarde la porte d'un air interdit. J'attends. J'attends et je prends peur. Hier soir, il était heureux de m'entendre, on a parlé presque toute la nuit. Mais aujourd'hui ? Est ce qu'il me pardonnera ? Est ce qu'il en sera capable ?
Et je vois la poignée s'affaisser.
 
 
La porte s'ouvre et Louis entre dans la pièce. Une bouffée d'oxygène m'envahit. Son visage, ses cheveux, ses yeux, ses lèvres. Je pose mon regard partout où je peux, comme pour le graver pour toujours dans ma mémoire. Je n'avais pas réalisé avant de le voir à quel point ça avait été douloureux de le quitter. Douloureux de ne plus jamais le revoir.
Louis s'approche du lit, ses yeux posés sur moi, comme s'il avait encore peur que je m'évapore. Il avance tout doucement alors que nos iris se lient l'un à l'autre. J'aurais tellement de choses à lui dire, tellement de choses à me faire pardonner, tellement de choses à-
Ses lèvres s'écrasent sur les miennes. Elles ont le goût du bonheur. Le goût de la délivrance. J'attrape son visage entre mes mains. Il entrouvre les lèvres, les miennes suivent le mouvement, et sa langue me fait frissonner de partout. Une bouffée de chaleur m'aspire brusquement. J'ai l'impression de me réveiller vraiment. Du coma, j'entends. Comme si j'avais été atone pendant tout ce temps, comme si j'avais été là sans l'être vraiment, comme si j'avais été vivant sans être en vie. Ses lèvres, elles me réveillent, comme dans les contes de fées à la con, quand le prince charmant sort la princesse de sa malédiction. Il me fait le même effet, là, tout de suite. Je sors d'un réveil de cent ans, je me réveille d'une pomme empoisonnée, je retrouve ma voix. Et je l'aime. Sa bouche contre la mienne. Mes mains dans ses cheveux. Je l'aime.
 
_Louis, je murmure la gorge serrée, Je suis désolé.
_Est ce que t'as une putain d'idée d'à quel point j'ai eu mal ? Il m'interroge, mais ses lèvres frôlent toujours les miennes.
_Je ne sais pas ce qui m'a pris, je bafoue, embrassant encore ses lèvres parce que j'ai trop peur qu'il parte.
_Je te déteste, putain.
 
Il embrasse mes lèvres, presque brutalement.
 
_Je te déteste Styles, il rage contre mes lèvres, Pourquoi tu t'es fais ça ?
 
Je suis choqué par sa question. Parce que c'est la première fois qu'elle est formulée dans ce sens-là. Dans ses lèvres, ce n'est pas « pourquoi je lui ai fait ça ? » mais « pourquoi je me suis fait ça ? ». Encore maintenant, il est capable de m'aimer au point de me faire passer avant lui. Au point de penser à moi avant de penser à lui.
 
_J'ai... J'ai retrouvé Perrie, je commence, Elle avait pris ma drogue. Elle était couchée sur le sol de sa chambre. J'ai cru qu'elle était morte. J'ai repensé à... Tu sais. Et puis, on s'était quittés, j'ai fait comme si j'étais d'accord avec ça mais ce n'était pas le cas. J'avais mal, de tout ça.
 
Je m'arrête pour le regarder. Mais je vois qu'il m'écoute. Il m'écoute vraiment avec attention parce qu'il a envie de comprendre.
 
_Dis-le Harry, il murmure doucement.
 
La vérité est coincée dans ma gorge. Je refuse de la faire sortir. Ça fait mal à l'intérieur mais j'ai peur de l'entendre à l'extérieur.
 
_Ne te braque pas, pas avec moi.
 
Mes doigts viennent chercher le drap. Je sens mes mains qui commencent à trembler et j'aimerais les enfouir quelque part. Sauf que Louis les attrape pour les tenir dans les siennes. Et sa chaleur me rassure.
 
_Tu dois laisser sortir ça Harry, c'est en train de te dévorer de l'intérieur.
_Arrête.
_Tu t'es jeté d'un pont, il rétorque, Alors parle-moi, c'est tout ce que je te demande.
_C'est trop dur.
_Mais je suis là, je le serai toujours.
 
C'est dans ma gorge. C'est là. Tout proche. Au bout de mes lèvres. C'est là et ça finit par sortir.
 
_Mais pas lui.
_Je sais, souffle Louis en serrant ma main.
_Il me manque tellement. Ça me brûle, je commence à pleurer, Je voudrais le revoir, je voudrais lui parler, je voudrais qu'il soit là, avec moi.
 
Et ça sort encore plus, mes larmes, à chaque mot, à chaque seconde où je réalise que Liam est mort et que ça sera comme ça pour toujours, pour toute la vie.
 
_Dis-le, il répète alors, la voix tremblante.
 
La vérité, elle ne vient pas à mes lèvres mais à mon esprit. Et, à cet instant, je comprends. Je comprends pourquoi j'ai sauté.
 
_Je vous déteste, Louis.
 
Délivrance.
C'était là. Depuis le début. Ça ne voulait pas sortir mais c'était là.
 
_Je vous déteste de nous l'avoir pris, je chiale, les larmes presque aussi violentes que mes mots, Il n'avait rien fait. Il était innocent. Il avait dix-huit ans. Il était mon cousin. Il était mon meilleur ami. Il est mort, putain, et toi t'es parti. Vous êtes tous partis. Vous l'avez aidé à fuir. Il l'avait tué. Il n'avait pas le droit à la liberté. Et je t'en veux tellement putain.
 
Il pleure, lui aussi. Parce qu'il fallait bien que ça sorte un jour.
 
_Je voudrais t'aimer plus fort que ça. T'aimer plus fort que ma haine. Je croyais y arriver.
_Mais tu as sauté, il complète, la voix cassée, Parce que tu n'y arrivais pas.
_Non, je confirme, Je n'y arrive pas.
 
Il acquiesce d'un geste de la tête, lâchant mes mains.
 
_Je comprends, il souffle, brisé.
_Je t'aime Louis, je murmure, Je t'aime vraiment et je t'aimerai toujours malgré tout ce que toi et ta famille avez fait. Mais c'est toujours là. Le manque. La trahison. La douleur. Je ne l'oublierai jamais.
 
Je le vois se mordre les lèvres. Parce que je lui avais déjà dit que je n'oubliais plus au téléphone mais qu'il vient seulement de comprendre la portée de mes mots.
 
_Je ne guérirai pas Louis. On ne guérit jamais de la mort de quelqu'un qu'on aime.
 
Je pleure et je repense à l'instant où j'ai sauté. Cet instant où j'ai lâché prise. Cet instant où je suis tombé à l'eau. Je n'avais pas l'impression de partir, j'avais l'impression de le rejoindre.
.
.
.
<< And tell me some things last >> 
.
.
Et dis moi que certaines choses durent
.
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____________________
.
Voici la suite, bon je ne vais pas vous faire trop de blabla, 
juste résumer quelques trucs et les choses nouvelles ! 
.
Premièrement, ça foire bien mais je suis toujours en concours sur Fyctia pour une publication papier, 
si vous voulez m'aider c'est par ici : http://www.fyctia.com/serie/3145/
Il faut liker et partager les chapitres (sachant que ça ne partage pas vraiment si vous fermez la fenêtre avant de publier mais ça compte quand même comme un vote) 
Je suis loin de gagner mais ça permet de faire connaitre la fiction aux non-LS :p 

Deuxièmement, pour celles qui auraient loupé, avec ma soeur Ana, on a commencé une nouvelle fiction :
 Deux chapitres tous les lundi soir donc vous aurez le 8 et le 9 demain ♥ 

Et enfin : NOUVELLE FICTION LARRY qui va envoyer du lourd :
Prologue et Chapitre 1 sont en ligne ! 
 

Tags : #RunUpfic - #Acte4

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Comments :

  • HFxckYou

    30/06/2018

    how did i think it would have an happy ending
    mon sourire aura tenu 30 secondes à tout casser
    je crois que je vais m'arrêter là parce que ça fait vraiment trop mal

  • Visiteuse

    21/12/2016

    Omg tu m'as littéralement retourné le coeur là !...
    D'abord la conversation entre Harry et Perrie, c'est déstabilisant au possible, cette confusion de leurs tentatives de suicides le même soir, leur amour si évident, l'impassibilité de Gemma, qui reste la figure qu'elle a l'habitude de montrer, intouchable (ou presque) en toutes circonstances, impénétrable malgré les événements tragiques qui s'enchaînent, wow, tu engendres Bagdad dans mon esprit et je ne sais même pas si tu en as conscience, de l'impact de ce que tu écris, je veux dire.
    Wow et lorsque Gemma sort à son frère : "Parce que si tu savais à quel point il t'aime, lui, elle continue, T'aurais jamais osé sauter.", j'étais sur le cul en fait, parce que si même Gemma reconnaît que Louis crève d'amour pour Harry, qui pourrait ne pas le percevoir après ça ??? Ça me parait juste insensé le fait qu'elle admette tout l'amour que Louis porte à Harry, mais putain qu'est-ce que ça soulage de l'apprendre. Et ça rend leur histoire plus forte aussi je crois, parce que Gemma déteste Louis mais est malgré tout forcée de constater qu'il aime son frère (même si elle a probablement quelques envies de meurtre au fond d'elle). C'est beau ce que tu fais. Tu ne te rends pas compte de la beauté de ce que tu produis. Et genre c'est tellement poétique, bercé par des métaphores assez symboliques et je suis même pas sûre que tu aies conscience de l'impact réel de ta fiction sur les lecteurs. C'est plutôt impressionnant je dois dire, la façon dont tu nous fais avaler tout et n'importe quoi tellement c'est beau quoi qu'il arrive. C'est pour cela en fait, que l'on te fait tous autant confiance, c'est parce que peut importe si ce que tu écris est tragiquement horrible et insoutenable à la fois, c'est aussi toujours extrêmement sublime, et l'on en redemande constamment parce que tu nous transportes ailleurs. Merci, TELLEMENT merci.
    Ensuite les retrouvailles Larry. Un soulagement comme un déchirement. Tu arrives tout le temps à nuancer tes propos et ça fait prendre conscience du paradoxe qu'est la vie. Et genre c'est bouleversant d'assister à leur amour réciproque, parce qu'au fond l'un sans l'autre ils ne sont pas grand chose, il faut le reconnaître. Et on sent qu'ils sont liés à vie, parce que même si leur histoire est très complexe, ils se retrouvent après s'être laissés, c'est magnifique putain. Tu me transportes tellement loin... Ton talent me subjugue sincèrement. D'autant plus parce que tu n'as pas conscience de ton talent justement.
    Et y'a toujours et y'aura toujours cette haine impardonnable qui coulera dans leurs veines, et les dommages collatéraux ne se comptent plus à force, mais on sent que de l'amour à la haine il n'y a vraiment qu'un pas, et vice versa. Et on réalise un peu mieux aussi pourquoi Harry a sauté de ce pont, parce qu'en effet il y a bien l'abandon de Louis et l'overdose de Perrie dans cette décision, mais aussi la mort de Liam et le manque qu'elle lui procure, parce que comme tu le rappelles si bien; "On ne guérit jamais de la mort de quelqu'un qu'on aime." Et je ne me lasserai probablement jamais de ce mélange d'amour et se haine qui règne depuis le commencement. Parce que c'est poignant. Et touchant. Et addictif, à l'image de l'histoire que tu as créée. Je suis définitivement accro. Et c'est de ta faute :)
    Bisous ♥

  • drag-medown

    09/11/2015

    Au contraire, jerefere quand ils spnt connus moi ^^

  • RunningUp

    09/11/2015

    drag-medown wrote: "Jpeux comprendre j'etais assez perturbe moi meme quand je l'ai ecrit
    Mais surtout ne le prenais pas mal car votre fiction AIB est celle que je prefere, et maintenant, je crois que personne pourra lui arriver a la cheville
    "

    ah merci ça fait vraiment plaisir ! surtout que c'est la moins connue, peut-être justement parce que c'est notre première et que généralement les gens aiment moins quand les one D sont connus !
    enfin un grand merci en tout cas :)

  • drag-medown

    08/11/2015

    Jpeux comprendre j'etais assez perturbe moi meme quand je l'ai ecrit
    Mais surtout ne le prenais pas mal car votre fiction AIB est celle que je prefere, et maintenant, je crois que personne pourra lui arriver a la cheville

  • RunningUp

    08/11/2015

    drag-medown wrote: "Sorry pour l'erreur ^^
    Et j'ai lu AIB d'ailleurs j'ai posté un tres tres log commentaire alors je sais pas si j'aurais ma force de te le reecrire ici
    "

    Oui pas de soucis :) on l'a lu mais en effet il est très long et avec ana on avait besoin d'un peu de temps pour te répondre car il nous a un peu destabilisé ! désolée du coup, ce n'est pas encore fait :)
    bisous !

  • drag-medown

    08/11/2015

    Sorry pour l'erreur ^^
    Et j'ai lu AIB d'ailleurs j'ai posté un tres tres log commentaire alors je sais pas si j'aurais ma force de te le reecrire ici

  • RunningUp

    07/11/2015

    drag-medown wrote: "Je suis tombé sur ta fiction grâce à Lau, ta soeur non ? Celle qui écrit BBOfic
    M'enfin bref
    Et putain, qu'est ce qu'elle putain de trop bien. Vous deux vous allez me tuer avec vos fictions, c'est pas possible. Je chialais parfois dans ta fiction. Elle est pas facile à lire pour quelqu'un de faible, et surotut pas pour quelqu'un qui vit dans le monde des bisounours je pense.
    Enfin pour moi, elle est belle, magnifique car il y a quelque chose derrière.
    Et parfois j'aimerai être aussi fort que les personnages de ta fiction, parce que moi, je ne survivrais même pas à la moitié de ce qu'il se passe, déjà que j'ai du mal sans le quart de ça alors bon...
    Enfin voilà, j'attend la suite avec impatience, parce que de ma journée, j'attendais deux chose, un chapitre de birthday blackout fic et lire des chaps de plus de la tienne
    Bisous
    Léa

    Et si tu veux t'inscrire à un répéertoire, en voici un: http://thestylish.skyrock.com/
    "

    coucou ! merci beaucoup pour ce commentaire ! par contre, petite correction : je ne suis pas la soeur de celle qui écrit BBOfic, par contre cette auteure est une amie de ma soeur qui écrit aussi des fics, d'ou peut etre une conclusion. J'écris run up toute seule donc, mais j'ai deux fictions en commun avec ma soeur :
    - always is bullshit
    - blackout (d'ou peut etre une autre confusion avec birthday blackout)
    voila sinon encore merci de m'avoir laissé ton avis !
    j'espère que la fin va te plaire !
    bisous ♥

  • RunningUp

    07/11/2015

    PrettySailor wrote: "Merci n'est a assez fort ! Ta fiction est vibrante , j'ai perdu mon coeur , il s'est brisé ...
    j'ai eu mal , j'ai ris , j'ai pleuré , j'ai été heureuse ... Tu as une belle plume , un imaginaire débordant et un don pour partager ce truc qui fait vivre un lecteur !

    Pourtant j'en ai lu des histoires , mais rarement j'ai autant vibré !
    Merci de m'avoir offert ce moment de pure bonheur , cet échappatoire , de m'avoir permis de penser a autre chose , de m'avoir ouvert les portes d'un nouveau monde .

    la tout de suite je te serrais fort dans mes bras , parce que même si c'est qu'une fiction , même si un jour elle prendra fin , au moins elle aura apporté du bonheur .

    ta fiction ma aussi permis d'avoir une réflexion un peu plus poussée sur moi même et sur ma vie , je suis dans une période ou j'osile entre la vrai vie d'adulte et la part de jeunesse qui subsiste malgré tout ( oui a 23 ans il serait temps!) , pas forcement ta fiction en elle même mais les musiques et les citations par ci par la ! bref , tu abat un boulot de malade pour nous sortir ta fiction mais deriere il y a aussi des lecteurs anonymes pour qui sa compte , des lecteurs a qui tu apporte un truc , une pierre a l'edifice de leur vie , meme si elle est pas bien grosse elle est importante .

    C'est pour des gens comme toi que je beni les nouvelles technologies , grâce a elle , tu peux etre lu !

    bon normalement tu as du me prendre pour une folle avec ce commentaire completement decousu qui raconte des truc un peu trop profond mais j'ai fini par le dire et j'espere ne pas t'avoir fait peur
    "

    wow, pour commencer je m'excuse de ne pas avoir répondu plus tôt mais en fait je l'ai trouvé tellement touchant ce commentaire que je me suis dis qu'il me fallait un peu de temps pour répondre :)

    donc voila un énorme merci pour ce message totalement adorable qui m'a mis les larmes aux yeux ! ♥ Tout ce que tu me dis me touche vraiment, j'ai 22 ans donc je comprends ce que tu dis sur la période de transition (d'ailleurs j'écris une autre fiction sur cet exacte thème, je ne sais pas si tu connais : blackout)

    bref voila je ne sais même pas quoi te répondre à part milles merci ! tu ne m'as pas du tout fait peur, tkt :) je suis au contraire très contente d'avoir eu tes impressions et j'espère que la fin (mon dieu) de cette fiction te plaira comme elle a su déjà le faire, apparemment :)

    pleins de bisous à toi et à bientot, j'espère xx

  • RunningUp

    02/11/2015

    vagabonde wrote: "l'acte 4 sera le dernier des actes? ou il y aura une suite? "

    Oui ce sera le dernier acte :)

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