Chapitre sept.

 
 
 
Louis
 
 
         J'ai les yeux fixés sur mon écran de téléphone. Mon dos est calé dans le dossier du canapé. Le journal télévisé annonce une à une les catastrophes du monde, catastrophes qui n'ont aucunement impact sur la mienne.
Je soupire. Je suis sorti du boulot à vingt heures, j'ai acheté un plat de nouilles chinoises qui refroidit sur la table basse, et allumé la télévision pour ne pas avoir l'impression d'être le seul être vivant dans mon appartement. Connerie d'illusion. J'attrape la télécommande et éteins le poste. Mon regard se porte de nouveau vers l'écran de mon téléphone. Il est toujours silencieux et ça me rend malade. Je ne veux pas brusquer Harry, depuis ce qu'il m'a dit à l'hôpital, j'ai bien compris qu'il avait besoin de temps pour réfléchir à tout ça. « Ça », ce mot me dégoûte, comme si un seul mot du vocabulaire pouvait traduire ne serait-ce qu'une fraction de ce qu'on a vécu tous les deux. Et je frissonne rien qu'à avoir cette pensée au passé.
J'entends une clef tourner dans la serrure de la porte, des pas qui se traînent puis un corps las qui vient s'enfoncer dans le canapé, juste à côté de moi.
 
_Ça va ? Je demande.
_Non, me répond très honnêtement Isaac, Patricia est dévastée.
_Comment ça s'est passé ?
 
Et je m'en veux de poser la question. Parce que j'aurais dû être là, j'aurais dû être avec lui. A la place, je suis resté enfermé dans mon bureau toute la journée, à remplir des papiers et compter des chiffres.
 
_Dur, il murmure, Je ne m'étais pas assez... Préparé.
_Personne n'est jamais préparé à voir ça.
 
Il acquiesce en retenant ses larmes. Le corps de Zayn est arrivé ce matin à la morgue. Il avait été retenu en Argentine pour l'autopsie. L'enquête a conclu un suicide puis le corps a été ramené à Londres pour être identifié par la famille.
 
_Je n'y croyais pas Louis, il souffle, la voix cassée, Je ne croyais pas qu'il était mort. Comme un con, je me disais que c'était peut-être un SDF qui lui avait volé ses papiers. Comme dans les films.
 
Moi aussi, je le croyais. Moi aussi, j'avais encore de l'espoir. Jusqu'à ce qu'il m'appelle ce midi pour me dire que c'était bien lui, que c'était Zayn allongé sur la table de la morgue. C'était le numéro 24.
 
_On n'est pas dans un film, hein ? Il rit jaune, Il est mort et ça n'a pas changé le monde. Ça a juste dévasté nos vies.
_Les légistes ont confirmé la façon dont il est mort ?
_Oui. Médicaments.
_Il a beaucoup souffert ?
_Au point de se tuer, il répond.
 
Et je me sens con parce que ce n'était pas le sens de ma question. Je voulais savoir s'il n'avait pas trop souffert au moment de sa mort. En fait, ça a encore moins de sens. C'est dans sa vie qu'il souffrait, la mort était sa délivrance.
 
_Il nous a laissé deux lettres.
 
Je me retourne vers lui. Cette fois, il n'a plus la force de retenir ses larmes.
 
_Il y a une lettre adressée à toute la famille.
_Et l'autre ? Je demande, tout en devinant déjà la réponse.
_Perrie.
_Tu vas la lui donner ?
_Je ne sais pas, il souffle, la nuque calée contre le dossier du canapé.
_Pourquoi pas ?
_C'est à cause d'eux, tout ça.
_C'est à cause de nous, je rectifie, Eux n'ont rien fait d'autre que de s'aimer.
_Et ça n'a pas suffi, il me coupe, se retournant vers moi, Ça ne suffit jamais vraiment, faut croire ?
 
Putain. Qu'est-ce que je peux répondre à ça ? Ouais, faut croire que ça ne suffit pas. Que ça ne suffit pas à Harry, en tout cas.
 
_Qu'est-ce qu'il a dit ? Je demande, Dans la lettre.
_C'est assez confus. L'encre est effacée à certains endroits... Il s'excuse d'avoir fait ça mais il dit qu'il ne voyait pas d'autres solutions. Que la seule liberté encore possible était celle de mourir. Il dit que je ne dois pas m'en vouloir, ni moi, ni tous les autres. Que de toute façon, il n'aurait jamais survécu au fait d'avoir tué quelqu'un. Il a écrit qu'il n'avait pas le droit de vivre. Qu'il n'en avait pas envie.
 
Au fur et à mesure qu'il répète les mots qu'il a dû lire et relire mille fois, il pleure.
 
_Il a dit qu'il nous aimait tous, très fort. Que de vivre sans nous n'avait aucun sens. Qu'il serait plus heureux dans la mort que dans la vie. Et que ça aussi, il avait envie de nous le dire, il avait envie qu'on le croit. Il ne voulait pas qu'on s'inquiète pour lui en permanence. Il voulait qu'on soit heureux, qu'on se sente bien, qu'on continue notre vie, et qu'on arriverait à l'être si on ne s'inquiétait plus pour lui.
 
Isaac continue de pleurer. Et moi, je ne sais pas quoi dire. Les mots pour le réconforter restent coincés dans ma gorge. Probablement parce qu'il n'y en a pas un seul capable de le faire.
 
_Il a dit qu'il voulait qu'on sache qu'il était plus heureux maintenant. Que des fois, la vie des gens s'arrêtent comme ça, sans qu'on l'ait voulu, sans qu'on l'ait préparé. Il voulait qu'on sache que lui, il l'a voulu. Qu'il a fait ce qu'il avait à faire.
_C'était courageux.
_Non, il me coupe, Non, c'était lâche.
_Isaac.
_Je sais ce que c'est d'être lâche Louis, il me coupe sèchement, Être lâche, c'est de laisser partir son frère. C'est de voir le bateau s'éloigner sur la rive et de ne pas le rattraper. C'est de l'envoyer à la mort et de rester immobile. Être lâche, c'est abandonner. C'est ce que j'ai fait cette nuit-là, quand je l'ai laissé partir. Et c'est ce qu'il a fait lui aussi. Il a abandonné. Moi. Toi. Toute la famille.
 
Isaac se tait, le regard dans le vide, puis il continue, la voix tremblante :
 
_Il a été lâche... Et on l'a tous été, Louis. Quand il y a eu ce coup de feu, on est tous partis en courant. On s'est volatilisés. Disparus. Lâches et trouillards à la fois. Ça doit être de famille.
 
Et il y a toute la peine du monde dans sa conclusion.
 
_Tu te fais du mal, je souffle.
_Parce que c'est la vérité. Je l'ai abandonné. Et lui, il avait personne à abandonner, alors il a abandonné tout court. Je ne peux pas lui en vouloir.
_Et tu ne peux pas t'en vouloir.
 
Il sourit, l'air de me dire d'aller me faire foutre.
 
_Tu ne t'en veux pas, toi ? Il lâche, amer.
_Bien sûr que si.
_Alors ferme-la, steuplé.
 
Je me tasse dans le canapé. Je n'ai pas envie de le contredire parce que je suis fatigué de me mentir. Oui, je m'en veux. Je m'en veux d'avoir créé ce conflit. Je m'en veux d'avoir blessé Niall. Je m'en veux de n'avoir jamais écouté Zayn. Je m'en veux d'avoir fui à la mort de Liam. Je m'en veux de ne pas savoir comment retenir Harry à moi.
 
_Quand aura lieu l'enterrement ? J'interroge.
_Dans deux jours.
 
Mon c½ur se serre dans ma poitrine. Encore un. Un de trop.
Isaac s'empare de la télécommande. Il rallume la télévision et zappe plusieurs chaînes avant de s'arrêter sur une vieille rediffusion d'un James Bond. On regarde le film en silence. C'est vrai que c'est agréable, un film. On sait d'avance que ça va bien finir. On sait que le héros ne va pas mourir. Ou alors, s'il meurt, il aura une belle mort. Une mort héroïque. Une mort qui sert à quelque chose. Une mort qui ½uvre au bien-être de l'humanité. Pas une mort comme celle de Zayn. Pas une mort comme celle de Liam.
La porte de l'appartement s'ouvre brusquement de nouveau. Mais, cette fois, les pas lourds d'Isaac sont remplacés par des pas de course.
 
_Eleanor est là ? S'exclame Aïden en débarquant dans le salon.
_Quoi ? Pourquoi ? Se réveille Isaac.
_Elle est là ou pas ? Insiste Stan, à la suite de son frère.
_Non, je réponds.
 
Je vois Aïden blanchir encore un peu plus tandis que tout le corps de Stan se crispe et qu'il lâche un sec :
 
_Putain.
_Qu'est ce qui se passe ? Demande Isaac aussitôt en se relevant du canapé.
_Elle a disparu, soupire Aïden, Depuis cet après-midi.
_Pourquoi vous nous l'avez pas dit plus tôt ? Je m'énerve.
_On ne savait pas, me répond froidement Stan, Elle a dit qu'elle allait chez une copine mais quand on a appelé Isa pour savoir pourquoi El' ne rentrait pas à la maison, on a appris qu'elles ne s'étaient pas vues.
_Qu'est-ce qu'il s'est passé ? S'intrigue Isaac.
_Elle est partie juste après ton coup de fil, lui répond Aïden, A propos de Zayn. Elle disait qu'elle voulait se changer les idées.
_Elle avait peut-être juste besoin d'être un peu seule ? Je suggère, avec une pointe d'inquiétude dans la voix trahissant ma propre question.
_Il est presque minuit, rétorque Stan.
_On va la chercher, ne vous inquiétez pas, enchaîne Isaac, On fait deux voitures.
 
Et je déteste ce sentiment de familiarité. Ce sentiment que ça revient toujours, la fuite des gens.
 
_Et Lottie ? Je demande brusquement, Elle est à la maison ?
 
Stan me fusille du regard, probablement furieux que je pense à ma s½ur avant la sienne, mais c'est plus fort que moi.
 
_Tu le saurais si tu étais plus souvent là-bas.
_Oui elle est à la maison, finit par me répondre Aïden, Mais elle n'arrive pas à contacter Eleanor.
_On va la retrouver, insiste Isaac, Appelle Harry, il enchaîne en se retournant vers moi.
_Quoi ?
_Appelle Harry, il répète en enfilant son blouson, Il fera les quartiers Styles.
_Mais... Je murmure, troublé, Je ne sais pas s'il peut-
_Tu nous as pas fait chier avec ce type pour qu'il ne soit pas utile une seule putain de fois ! Me coupe Stan, Appelle-le, bordel !
 
Je baisse la tête. Je n'ai pas envie de leur annoncer maintenant qu'on n'est plus ensemble. Pas alors que, pour la première fois de leur vie, ils ont besoin de lui. Mais je m'en veux aussi d'imposer ça à Harry. Alors qu'il essaie de se reconstruire depuis son suicide, je ne veux pas lui rappeler que des deux côtés, ça part en couilles.
 
_Louis, m'appelle Isaac, On doit la récupérer.
 
Je ne sais pas comment il fait pour me ramener à la réalité à chaque fois, pour me rappeler où est ma place, juste avec sa voix et son calme habituels.
 
_Oui, je répond immédiatement, Je l'appelle.
 
 
  ▲
 
Harry
 
 
            Je m'allonge sur mon lit après avoir laissé tomber un pull dans ma valise ouverte. Je ferme les yeux, fatigué par les médicaments que je dois prendre tous les jours. Je retourne dans le centre de désintoxication dans deux jours. Faut dire que ma tentative de suicide n'a rassuré personne sur mon état mental. Mes parents m'ont demandé mon avis, cette fois-ci. J'ai accepté de partir. Je ne suis pas sûr qu'on m'aurait laissé quitter l'hôpital dans le cas contraire. De toute façon, il n'y a rien qui me retient vraiment à Londres. Je leur ai juste demandé d'attendre un peu. J'ai besoin de temps avec ma famille, besoin de temps pour accepter que je vais passer une année entière enfermé entre quatre murs. La dernière fois, j'ai à peine tenu une semaine.
Des coups retentissent contre la porte de ma chambre et la tête de ma s½ur apparaît dans l'entrebâillement.
 
_Hey, je peux entrer ?
_Ouais.
 
Gemma pénètre dans la pièce, se faufilant entre les vêtements étalés sur le sol. Elle a l'air fatigué. De grandes cernes creusent ses joues et elle a attaché ses cheveux en un semblant de chignon au-dessus de sa tête. Ce qui ne lui ressemble pas, clairement. Elle qui a passé sa vie aussi soignée à l'intérieur qu'à l'extérieur. Pas de cheveux qui dépassent. Pas de sentiments inutiles. Pas de plis sur son chemisier en soie. Pas de larmes sur ses joues. Pas de collants effilés. Pas de sympathie pour autrui.
 
_Tu n'as toujours pas défait ta valise ? Elle demande, d'un froncement de sourcils.
_Je la fais, je rectifie.
_Les parents ne t'emmènent pas là-bas avant samedi.
 
Je le sais. Je crois que j'ai juste envie de m'en débarrasser au plus vite. Ce n'est pas comme si j'avais beaucoup à emmener avec moi, de toute façon. Juste beaucoup à laisser derrière.
 
_T'es si pressé de partir ? Ajoute Gemma en rigolant.
 
Je souris en coin. Je ne connais pas la réponse. Peut-être, après tout. Peut-être que j'en ai juste marre de cette vie là.
 
_Comment tu vas faire ?
 
Je me retourne vers ma s½ur. Ce n'est pas son genre de me poser dix milles questions à la suite.
 
_A propos ? Je feins.
_Tu sais très bien de qui je parle.
_Et qu'est-ce que tu veux savoir au juste ?
_Je ne sais pas, elle hausse des épaules, Ce que vous avez prévu pour la suite.
_Pas grand-chose, je marmonne.
_Mais vous allez rester ensemble ?
 
Ça non plus, je n'en ai aucune idée.
 
_Peut-être pas.
_Je ne comprends pas, murmure Gemma en venant s'asseoir sur mon lit, Qu'est-ce qu'il s'est passé quand il est venu te voir à l'hôpital ?
_Rien de spécial.
_Harry, elle soupire, blasée.
 
Je souris et me relève de ma position allongée pour lui faire face. Je n'arrive pas à croire que tout ceci soit réellement en train de se passer. Que ma s½ur veuille sérieusement que je lui raconte mes histoires avec Louis Tomlinson.
 
_Ton beau-frère te manque ? Je ris.
_Pitié, elle grimace, Ne l'appelle pas comme ça, « petit-ami » a déjà du mal à passer.
_Ce n'est plus vraiment mon petit-ami, je lui confie.
_Tu veux en parler ?
 
En parler. De quoi ? Des raisons pour lesquelles on ne peut pas être ensemble ? De ma peine ? De ma dépression ? Du fait que je reste bloqué sur la mort de Liam ? Que je me sois jeté d'un pont ?
Non, j'en ai marre de parler. J'en ai marre de penser. Je veux juste tout oublier.
 
_Pas vraiment, je murmure.
_D'accord.
 
Gemma passe ses mains sur ses cuisses. Elle souffle et a l'air stressé tout à coup. Je vois son regard se poser un peu partout dans la pièce et ce suspens devient insoutenable.
 
_Qu'est-ce qu'il y a ? J'interroge, sceptique.
_Il y a quelque chose dont on n'a jamais vraiment reparlé.
 
Oui, à peu près toutes les merdes qui nous sont arrivées, j'ai envie de lui répondre.
 
_De ta première fois, elle continue, Du viol.
 
La bombe est lâchée et mon souffle se coupe littéralement dans ma poitrine. Putain. Non. Pas maintenant. Je ne réponds pas et sens le regard de Gemma sur moi. Mon sang se glace dans mes veines. Je ne pensais pas qu'elle avait oublié, bien sûr. Personne n'oublierait un truc pareil et sûrement pas elle. Je pensais juste qu'elle aurait eu l'intelligence de garder ça pour elle et de ne jamais l'évoquer. A quoi ça sert, franchement, de ressortir ça maintenant ?
 
_Tu vas devoir en parler pendant la thérapie, tu le sais ? Elle m'interroge.
 
Alors c'est pour ça qu'elle me dit ça ? Au cas où je l'aurais oublié ?
 
_Harry, tu peux me répondre, s'il te plaît.
_Pour te dire quoi ? Je lâche.
 
Cette fois, je relève mon regard vers elle et j'arrive difficilement à me détacher du sien.
 
_Quelque chose, elle répond, déconcertée, Je ne sais pas, n'importe quoi. Tu ne peux pas être indifférent.
_Peut être que je le suis, je rétorque.
_C'est impossible.
_Je ne suis pas comme toi. Moi, je passe à autre chose.
 
Elle soutient mon regard et j'ai du mal à garder ma contenance. Je dirais même que c'est impossible de mentir à de tels yeux. Parce que j'y lis tout à la fois. La déception parce que je continue de nier l'évidence, la désapprobation parce qu'elle me considère probablement comme un lâche, et enfin, cette lueur, celle qui n'a jamais vraiment disparue : la rage.
 
_Tu as besoin d'une vengeance de plus ? Je demande, amer.
_Tu ne peux pas te laisser faire.
_Il y a prescription.
_Il n'y en aura jamais pour ce qu'il t'a fait, elle rétorque, sèchement.
 
Et je la reconnais bien là. L'héroïne de l'histoire, qui se battra jusqu'à la mort, même si tout le monde est déjà à terre.
 
_Laisse tomber, je souffle, Je ne veux pas de vengeance.
_Harry.
_Je n'ai pas besoin de vengeance, je rectifie, Sujet clos.
_Non, elle me coupe, Pas pour moi.
 
Putain. Elle aura réussi à m'énerver après tout ce qu'il m'est déjà arrivé.
 
_Gemma, je grince, J'ai dit non. Pas de vengeance.
_Il t'a violé.
_Je me suis drogué. Je l'ai allumé. Je l'avais cherché.
_Je t'interdis de dire ça.
_Je suis désolé si ça ne te plaît pas de l'entendre, mais c'est vraiment ce qu'il s'est passé... Et puis qui te l'a dit, d'abord ? Louis ?
 
Elle a l'air surprise mais ne me répond pas, balayant la pièce du regard. Oh et puis je m'en fiche, après tout.
 
_Laisse tomber, je répète.
_C'est Azoff qui me l'a dit, elle crache alors que je n'attendais plus spécialement de réponse, et encore moins celle-là, Putain Haz. Tu l'as dit à Azoff et pas à moi !
_Parce que je savais que tu allais vouloir te venger !
_C'est légitime ! Elle explose.
_Non ça ne l'est pas ! Arrête !
_Il t'a fait du mal !
_C'est du passé ! Je rétorque furieux, C'est fini.
_Comment ça pourrait l'être alors que tu laisses à ce connard la liberté de vivre sa vie comme si de rien n'était ?!
 
Je me tais. Je sais que je n'aurais jamais le dernier mot avec elle.
 
_Et alors ? Je soupire, C'est quoi ton plan ? Le tuer ? Lui couper les couilles ?
_Le détruire.
_Ça ne veut rien dire, je réagis, Rien dire du tout.
 
Un silence gênant s'installe dans ma chambre. Et je suis fatigué de tout ça, fatigué des problèmes, fatigué des vengeances, fatigué des menaces qu'on lance dans l'air et des promesses que personne ne tient. Je voudrais juste qu'on me foute la paix.
 
_Gemma, je souffle, Je ne supporte plus les règlements de comptes.
_Et je ne supporte pas qu'on te fasse du mal.
_Mais il m'en a fait, je la coupe, Et c'est trop tard. Comme c'est trop tard pour les jambes de Niall, trop tard pour ramener Liam à la vie. Trop tard, putain, tu le comprends ça ou quoi ?
 
Elle ne me répond pas. Parce qu'elle va craquer et que, de toutes ses forces, elle se retient de le faire.
 
_Arrête de courir après toutes ces vengeances, ces règlements de comptes... Libère-toi.
_C'est facile de dire ça quand on se casse, elle crache, T'en as parlé à Louis ? De ton départ ?
_On ne parlait pas de moi, là.
_Tu fuis.
_Je survis, je rectifie.
_En laissant les coupables derrière toi, elle rit, Bravo.
_Ferme-la, je soupire, à bout de nerfs.
 
Brusquement, Gemma se relève du lit et me prend par le bras, me forçant à me tenir debout devant elle.
 
_Alors libère-toi Harry, elle me provoque, Libère-toi avant de partir.
_Qu'est-ce que tu veux ?
_Dis-moi qui est ce type.
 
Je reste déconcerté devant elle. Je la déteste. Elle qui comprend tout. Elle qui sait tout.
 
_Je ne sais pas, je tente, quand même.
_Tu le sais Harry, je le vois dans tes yeux.
 
Ta gueule, putain.
 
_Mayfair est petit, elle enchaîne, Les clubs privés encore plus. Tu sais forcément qui il est. Tu sais qui est cet homme.
_Laisse-moi.
_Je le détruirai Harry, elle me coupe, peu importe qui il est. Peu importe son âge. Peu importe son statut. Peu importe sa réputation. Je le détruirai... Mais avec ton aide, ça ira plus vite.
_Je te l'ai dit, je souffle, Je l'ai provoqué. Je ne lui ai même pas dit d'arrêter.
_Tu étais drogué. C'est du viol.
_Il ne le savait peut-être pas.
_Conneries, elle crache, Dis-moi qui c'est, putain !
 
Je ne sais pas ce qu'elle croit. Peut-être qu'elle pense que je le protège. Ce n'est pas le cas. Je déteste ce type et si je pouvais décider de le faire crever, là, tout de suite, je le ferais. Je ne le protège pas. Je me protège moi. Parce que j'ai honte, en fait. Honte d'avoir été pathétique au point de me faire prendre comme une merde derrière une boite à quinze ans. J'ai honte et je ne veux pas qu'elle ait honte de moi à son tour. Je ne veux pas lui donner son nom parce que ça rendra la scène encore plus réelle, pour moi, comme pour elle. Et j'ai bien trop honte pour ça.
 
_Harry, je ne te jugerai jamais, elle murmure, parce qu'elle sait toujours lire dans mes putain de pensées.
_Pourquoi ? Je demande, Pourquoi tu veux ressortir cette histoire ?
_Te libérer. C'est toi qui l'as dit.
_Et ta libération à toi ?
_Pas important, elle assure, d'un coup de tête négatif.
 
Je me rallonge sur mon lit, les yeux rivés au plafond. Je sais pourquoi elle veut son nom. Je sais que sa drogue à elle, c'est la revanche. Elle contre le monde, comme d'habitude.
Alors le nom m'échappe. Peut-être parce que ça faisait bien trop longtemps que je le gardais pour moi. Ou peut-être même parce que, au fond, elle a raison. Peut-être bien qu'un coup en vaut un autre. Qu'une victime ne paye pas pour son coupable. Qu'un coupable ne s'en sort pas sans une victime. Qu'il y a certaines choses qu'on ne laisse pas passer, des choses qui ne veulent pas passer.
 
_Garrett Jackson.
 
Je ne l'ai dit qu'une fois mais j'ai l'impression que ça résonne partout entre les murs.
 
_Le PDG de J&You, elle souffle, choquée, On est en affaire avec lui.
_Je sais, je réponds, sans détacher mon regard du plafond, parce que je ne veux pas croiser le sien plein de condescendance.
 
Le silence pèse lourd dans ma chambre. J'imagine déjà son cerveau bouillonner de rage. Et je me dis que ce bâtard l'a probablement mérité.
 
_Tu as déjà un plan en tête ? Je demande, sans pour autant avoir envie de le savoir.
_Laisse-moi la nuit pour y réfléchir.
_C'est un gros contrat, je murmure.
 
Je sens son regard braqué sur moi, mais je continue de fixer mon plafond.
 
_C'est pour ça que tu n'en as jamais parlé ?!
 
Je hausse des épaules. Je n'y avais jamais vraiment réfléchi avant. A la raison, je veux dire.
 
_C'est toi qui l'avais décroché, ce contrat, je réponds.
_T'es pas sérieux ?
 
Je ne sais pas. Je ne sais plus. La seconde où c'est arrivé, je m'étais dis que je ne lui en parlerai jamais et c'est ce que j'ai essayé de faire pendant toutes ces années. J'imagine qu'on a juste des moyens plus ou moins efficaces pour se protéger l'un l'autre.
 
_Harry, elle reprend, Je vais faire tomber ce pauvre type tellement bas que cet hiver il dormira dans un carton sur les trottoirs de Londres. Je peux te l'assurer.
 
Je m'apprête à répondre mais mon téléphone se met à vibrer sur mon lit. Je m'en empare et mon c½ur se resserre lorsque je lis le nom sur l'écran. Je ne pensais pas qu'il me rappellerait après ce que je lui ai dis à l'hôpital.
 
_Louis ? Je décroche aussitôt.
_Hey, je suis désolé de t'appeler comme ça. Je... Enfin, tu vas te dire qu'on a vraiment des problèmes dans ma famille et tu dois en avoir marre de me venir en aide.
_Qu'est-ce qui se passe ? Je m'intrigue, tentant d'avoir une voix normale même si au son de la sienne j'ai juste envie de m'effondrer en sanglots.
_Eleanor a disparu, il lâche, On a ... Enfin, le corps de Zayn est arrivé ce matin à Londres. Je crois qu'Eleanor avait l'espoir que ça ne soit pas lui. Elle est partie dans l'après-midi et n'est toujours pas revenue.
_Tu veux que je fasse un tour dans les quartiers Styles ? Je comprends.
 
Et ça me fait mal qu'ils existent encore, ces putain de quartiers, qu'ils existeront toujours même.
 
_Oui, il répond, la gorge nouée, Si ça te ne dérange pas.
_Non, je peux le faire.
_Merci.
 
Un silence s'installe et je sens le regard de Gemma sur moi.
 
_Euh, reprend Louis, Il faudrait peut-être qu'on se voit, pour parler ?
 
Un nouveau silence. J'imagine qu'il s'attend à ce que je lui réponde. Mais je n'y arrive pas. Je n'arrive pas à lui dire que je pars. Je n'en sais rien. Je suis trop paumé. Entre lui et Gemma. Je me sens paumé. Je ne sais plus ce que je dois faire, ce que je dois dire. J'ai peur de blesser. J'ai peur de faire du mal. Je ne pourrais jamais lui dire que je pars de nouveau. Jamais.
 
_Je vais faire un tour du quartier, ok ? Je reprends, Je te tiens au courant.
_Merci Harry. Et pour notre discussion ?
 
Notre discussion ou notre rupture ? Putain, je suis injuste. Je suis injuste envers Liam et envers lui. Je suis incapable de prendre une décision. Incapable même de le voir en face avant de disparaître de cette ville.
 
_Je te tiens au courant aussi, je réponds brièvement, juste avant de raccrocher.
 
Je laisse mon téléphone tomber sur le matelas et Gemma me demande immédiatement :
 
_Qu'est-ce qu'il voulait ?
_Eleanor a disparu. Je vais voir si elle est dans le quartier, je réponds en me relevant, attrapant mon pull posé dans la valise.
 
Je l'enfile sous son regard incrédule.
 
_Pourquoi tu vas la chercher ? Vous n'êtes même plus ensemble.
_Louis et Eleanor sont deux personnes distinctes, Gemma.
 
Et ça me tue parce que, ça, j'ai l'impression qu'elle ne le comprendra jamais. Pour elle, il n'y a pas de personnes, pas de prénoms, juste un nom de famille qui englobe tout le monde. Juste les Tomlinson contre les Styles. Ça me tue parce que si on avait tous compris plus tôt que ça n'avait aucun sens, tout ça ne se serait probablement jamais produit.
 
_Il est tard, elle rétorque.
_C'est pour ça que je vais les aider, je déclare en sortant de ma chambre, Je crois qu'il y a eu assez de blessés comme ça.
 
Elle ne répond pas. Pour une fois, elle ne peut pas me contredire.
 
 
Eleanor

Chapitre sept.
 
 
 Sia - Alive      
 
 
        La lune éclaire le sol. Je fais glisser des cailloux sous la semelle de mes baskets, observant les fines pellicules de poussières s'envoler. Je relève mon regard vers le ciel étoilé. Je me demande s'il les voit aussi, entre ces murs de bétons et de barbelés. Un coup de vent me fait frisonner et je réalise que ça doit faire plusieurs heures que je suis assise ici, par terre, à ne rien faire, à laisser mes pensées courir partout autour de moi, à laisser mes actions bien enfermées autre part.
J'ai été incapable de le faire. Incapable d'entrer. Incapable même de parler aux gardes. Comme une gamine apeurée, je suis restée devant les grilles de la prison. Et quand quelqu'un m'a enfin demandé ce que je faisais ici, je suis allée me réfugier sur le parking. Quel courage Eleanor. Quel courage ma pauvre fille.
Je frisonne de nouveau et glisse mes mains dans les poches de ma veste. Je suis sûre que mes frères me cherchent partout. Ils vont me tuer quand je vais revenir, encore plus s'ils apprennent où j'étais pendant tout ce temps. Pas question que je leur dise, d'ailleurs. Il va falloir que je trouve un alibi, et un qui tienne la route, parce que Stan et Aïden ne sont pas du genre à se faire avoir. Et puis, je ne sais même pas comment rentrer chez moi. Je n'ai ni mon portable, ni argent. Et vu l'heure qu'il est, le métro doit être fermé depuis longtemps.
Alors je pars à la recherche d'une bonne idée, le regard de nouveau planté sur les cailloux devant moi, jusqu'à ce qu'une paire de bottes apparaissent sous mes yeux.
Je relève mon regard vers la personne et beug littéralement pendant une demi-seconde. J'ai déjà vu ce regard. Déjà vu cette allure. Je retiens un haut le c½ur alors qu'une haine féroce m'envahit.
 
_Eleanor ? Elle demande.
 
Comme si elle ne m'avait pas déjà vue, au tribunal. Cette connasse de Gemma Styles.
 
_Mon frère te cherche partout, m'informe-t-elle, venant s'asseoir à côté de moi.
_Le tien ? Je m'étonne, sincèrement.
_Louis l'a appelé.
_Hum, je commente.
 
Un silence s'installe et je me demande à partir de quel moment elle va appeler son frère pour lui dire que c'est elle qui m'a trouvée. Parce que j'imagine qu'une Styles comme elle ne loupe jamais une occasion de montrer à quel point elle est meilleure que tout le monde.
 
_Tu ne me demandes pas comment je t'ai retrouvée ? Elle m'interroge.
 
Bah tiens.
 
_Je ne te ferai pas ce plaisir.
 
Je crois qu'elle sourit et son dos se cale contre le mur derrière nous.
 
_Tu comptes rester là ? Je finis par lui demander, même si je n'avais pas prévu d'engager la conversation.
_Et toi tu comptais vraiment aller parler à Greg ?
 
Parler. Je retiens un rire amer. Je lui aurais balancé toute ma haine en plein visage. J'en ai marre de souffrir seule, marre d'accepter, marre de ne rien dire. Zayn est mort. Et tout est parti de lui, de Greg. Il devait le savoir. Il devait souffrir comme on souffre tous. Il n'a pas le droit d'être heureux, même enfermé entre quatre murs. Parce que lui, il est protégé du monde extérieur et que ça me rend folle.
 
_Tu sais qu'il faut des permissions pour entrer en prison, reprend-t-elle, Demander une autorisation aux autorités carcérales, n'est-ce pas ?
 
Ta gueule.
 
_Tes parents ne te l'auraient jamais donnée, continue-t-elle, Tes tarés de frères non plus. Et moi, je protégerai ma famille jusqu'à la mort.
_Alors c'est ça que t'es venu faire ? Je lui demande, me retournant vers elle, Me mettre en garde ?
_Peut-être bien, elle répond d'un haussement d'épaules.
 
Je la toise de bas en haut. Elle est le modèle de la fille parfaite. De la fille qui a réussi. De la fille que personne n'ose écraser. La vérité, pour moi, c'est juste qu'elle se croit montée tellement haut qu'elle n'a plus aucune considération pour ce qui se passe à ses pieds.
 
_Tu veux vraiment voir Greg ? Elle reprend la conversation.
 
Mais qu'est ce que ça peut lui foutre ? Tout ça pour savoir si elle peut m'en empêcher. Elle est Gemma Styles, bien sûr qu'elle le peut.
 
_Pourquoi tu veux le voir ? Elle insiste.
_Et toi, pourquoi t'es venu me chercher ?
 
Et merde. Je ne voulais pas poser la question. Ça me brûlait juste trop les lèvres pour ne pas que ça m'échappe à un moment donné.
 
_Je ne sais pas, elle répond.
_La culpabilité ? Je ris, amer.
 
On se retourne toutes les deux l'une vers l'autre et, lorsque nos regards se croisent, je retiens une envie de vomir. Parce que je revois la scène. Je la revois au tribunal essayer de défendre son taré de cousin.
 
_Tu fais pitié, je lâche très sincèrement, Tu me fais vraiment pitié.
_J'ai juste défendu mon clan, elle rétorque, Louis en a fait de même pendant le procès de Niall. Je comprends ta colère, cependant.
 
Mais je doute au fond de moi qu'elle ressente de la compassion pour quelqu'un d'autre qu'elle-même.
 
_C'est cruel ce que je vais te dire mais il faut que tu te relèves, elle enchaîne, C'était un coup dur mais ta vie n'est pas finie.
 
Je ne vois pas vraiment où elle veut en venir. Si elle cherche à me consoler, à se redonner bonne conscience, ou simplement à me faire croire qu'elle en a quelque chose à foutre de tout ça.
 
_Qu'est-ce que tu racontes ? Je soupire.
_Mon cousin est mort, et j'ai fait beaucoup d'erreurs. Mais j'ai appris à me relever.
_A te relever ? Je répète, Mais à te relever de quoi au juste ? Tu n'as jamais fait partie des dommages collatéraux toi. Ce n'est pas toi qu'on essaie de mettre à terre. Ce n'est pas contre toi qu'on se venge.
 
Elle tique en silence et moi je continue, avec la joie de pouvoir enfin me libérer.
 
_Tu sais que je les ai lues, toutes tes interviews dans les journaux, « Gemma Styles, la jeune femme puissante à la tête d'une des plus grosses boites du pays » ... Tu fais rêver beaucoup de gens avec tes espoirs d'égalité entre les sexes, tes beaux discours et ton parcours exemplaire. Mais t'es qui, toi ? T'es comme Louis. T'es une marionnette dans les mains de ton père. Tu joues à la femme qui a réussi dans la vie alors qu'on t'a tout donné à la naissance. Alors ouais, tu te bats. Tu te bats à faire croire que tout ça t'appartient. Tu te bats pour croire que tu l'as mérité. Mais une marionnette, ça se casse. Ça se casse si elle ne suit plus les fils qui la contrôlent. Et toi, t'es prête à tout pour rester dans le chemin qu'on t'a tracé, au point d'en excuser un violeur. Et tu t'estimes encore au-dessus de tout le monde ?
 
Elle ne répond pas et je m'approche un peu plus d'elle, la haine au bout des lèvres :
 
_Je me suis faite violée mais ça ne définira jamais le genre de personne que je suis. Mais toi, toi tu le protèges, et ça, ça définit l'hypocrite que tu es. Celle qui croit tenir les hommes sans se rendre compte qu'ils la manipulent tous... Alors qui te dit que je suis à terre ?
 
Gemma me toise du regard, un léger sourire aux lèvres, et ça m'énerve encore plus.
 
_N'ose plus jamais me dire de me relever, je lance, sèchement, Parce que t'es tellement plus basse que moi.
_C'est moyennement convaincant venant de la fille qui ne peut pas faire un pas dehors sans l'accord de ses frères.
_Je n'ai pas besoin d'eux pour me protéger.
_Alors prouve-le, elle lâche, Arrête d'attendre la permission des gens pour vivre ta vie.
_Je n'attends pas, je rétorque, vexée.
 
Elle me lance un regard m'indiquant qu'elle ne me croit pas une seule seconde.
 
_Tu as attendu des heures devant les portes d'une prison.
_Fous-moi la paix.
_D'une manière ou d'une autre, tu attends qu'on vienne te chercher Eleanor, elle continue, Tu dis que je suis arrivée là où j'en suis sans prêter attention aux autres. Et bien, t'as raison. Je n'ai jamais attendu personne. Si tu te retournes sur ton chemin, tu n'iras jamais là où tu veux aller. Les gens, on ne les emmène pas avec soi, on reste avec eux, derrière. Marionnette ou pas, je n'emmêle pas mes fils à ceux des autres.
 
Et c'est triste parce que ça à l'air de lui convenir, tout ça, sa solitude. Ça lui convient que personne ne vienne la chercher. Tout ça pour se prouver à elle-même qu'elle peut se débrouiller toute seule.
 
_Est-ce que je peux avoir ton portable ? Je lui demande, Je n'ai pas pris le mien.
_Pour faire quoi ?
_Pour prévenir mes frères.
 
Elle hausse un sourcil.
 
_Je ne veux pas finir comme toi, je reprends, Je préfère être retrouvée avant qu'on ne pense que je ne vaux plus le coup d'être cherchée.
_C'est ce que tu penses de moi ?
_Ton frère s'est jeté d'un pont. Je pense que ça résume plutôt bien la considération qu'il te porte.
 
Elle encaisse le coup en silence. Je sais que c'est violent et qu'elle prétend ne pas être atteinte. Mais c'est ce qui arrive, quand on refuse de se retourner sur son chemin, on ne voit plus ceux qui s'en écartent, on ne voient plus ceux qui s'en échappent, par tous les moyens. Alors est-ce que c'est de ma faute, à moi, s'il a fallu que son frère tente de se tuer pour la faire se retourner en arrière ?
 
_Je veux appeler mes frères.
_Ils t'emprisonnent, murmure-t-elle, comme pour s'en convaincre, Les gens s'emprisonnent.
_Ils m'aiment. Les gens s'aiment.
_Pas toujours.
_Pas quand tu leur échappes, je lui accorde, Et moi je ne veux pas échapper aux gens.
 
Et je n'ai surtout rien à lui prouver, ni à elle, ni à personne. Le souffle du vent dans les feuilles des arbres vient répondre à son silence. Styles regarde tout autour d'elle avant de plonger la main dans son sac à main. Elle sort son portable et me le tend sans rien ajouter de plus.
 
_Merci, je murmure.
 
 
 
 
 
✉ SMS de « WTF » à « L »
01h23. Tu savais pour le viol d'Harry ?
 
✉ SMS de « L » à « WTF »
01h25. Oui il m'en a parlé.
01h25. Pourquoi ?
01h26. Il va bien ?
01h27. Gemma ??
 
✉ SMS de « WTF » à « L »
01h27. T'as rien fait ?
 
✉ SMS de « L » à « WTF »
01h27. On a commencé à chercher le type avec Stan mais c'est devenu plus compliqué après la mort de Liam, je n'ai pas eu le temps.
01h29. Pourquoi tu me demandes ça ?
01h30. Tu sais qui c'est ?
 
✉ SMS de « WTF » à « L »
01h30. Oui.
 
✉ SMS de « L » à « WTF »
01h30. Tu comptes me le dire ?
 
✉ SMS de « WTF » à « L »
01h30. Je le devrais ? Après tout ce que tu m'as caché.
 
✉ SMS de « L » à « WTF »
01h30. On veut la même chose Gemma.
 
 
 
Louis
 
 
          Je regarde mon portable, les yeux rivés sur l'écran à m'en brûler la rétine. C'est à peine si je cligne des paupières. Parce que j'ai cette conversation avec Harry qui me revient en mémoire, quand il m'a tout expliqué. J'entends ses mots de nouveau, je vois son corps couvert de griffures. Et ça revient. Cette haine au fond de moi, la panique et les bouffées de chaleur qui m'ont envahit à ce moment là. Je revois tout, je ressens tout. La détresse d'Harry. La haine d'Harry. La honte d'Harry. Je hais ce type. Je veux détruire ce type.
 
Le portable vibre dans ma main.
 
 
✉ SMS de « WTF » à « L »
01h47. Garrett Jackson.
 .
.
.
Chapitre sept.
                                                                                                 Montage par @_nouisalmighty
____________________
 
Voila, j'espère que ça vous a plu malgré la longue attente
et le fait qu'il n'y ait pas vraiment de larry dans ce chapitre.
Pour l'attente, je m'excuse, chaque chapitre met toujours un peu plus 
de temps que l'autre à sortir car je suis dans une période importante
de mes études et je suis vraiment occupée en ce moment.
Pour le larry, j'imagine que vous êtes un peu déçues mais il reste encore
quelques chapitres avant la fin, no worries :)
Donc voila un chapitre un peu plus "familial"avec une confrontation Styles / Tomlinson, 
parce que ça faisait longtemps ahah 
Je vous fait pleins de baisers, merci pour tout le soutien ♥
 
 
 
 

Tags : #RunUpfic - #Acte4

Leave a comment

We need to verify that you are not a robot generating spam.

See legal mentions

Don't forget that insults, racism, etc. are forbidden by Skyrock's 'General Terms of Use' and that you can be identified by your IP address (54.234.190.237) if someone makes a complaint.

Comments :

  • Visiteur

    03/04/2017

    J'espérais trop l'alliance Gemma/Louis pour buter la gueule du violeur *-* !!!

  • RunningUp

    23/12/2016

    Visiteuse wrote: "Wow. Quand je disais que tu avais un don, j'étais encore à mille lieues d'imaginer ce dont tu étais réellement capable.
    L'arrivée du corps de Zayn m'a bouleversée. Ou peut-être surtout la réaction d'Isaac, qui est légitime dans le fond. L'amour fraternel est tellement puissant au sein de ta fiction, c'est beau. Voir le déchirement une nouvelle fois d'Isaac à propos du décès de son frère, ça m'a moi aussi rendue triste. Mais encore une fois, tout ce que tu écris est beau, tu trouves toujours un petit truc pour rendre ça sublime, même si c'est dramatique, et ce que j'aime ça bordel ! Ta fiction me fait chavirer intégralement, mais même là, je me dis que c'est humainement pas possible de rendre ça aussi beau. Chaque moment, même les plus tragiques, est écrit avec tant de subtilité et d'aisance qu'on ne peut s'empêcher de pleurer et esquisser un sourire en même temps tellement tout ce que tu construis est magnifique. Chaque mot me tue un peu plus je crois.
    Au fond je pense que la plupart des personnages ont une part de responsabilité dans le conflit, certains l'ont façonné, d'autres le poursuivent, et d'autres encore y semblent plutôt extérieurs contrairement aux précédents. Et la scène Louis/Isaac est vraiment poétique je trouve, parce qu'ils se rendent compte de beaucoup de choses et surtout prennent conscience du fait que le conflit Tomlinson/Styles n'aurait jamais dû exister. Bon, d'un autre côté, s'il n'y avait pas eu de conflit, il n'y aurait pas eu d'histoire non plus, alors je crois qu'on ne peut pas trop t'en vouloir d'avoir envenimé les choses dès le début. Et là j'ai comme une lueur d'espoir qui me dit que ça va finalement finir par se tasser, j'y crois vu la tournure que prennent les événements.
    Puis la scène Gemma/Harry, elle aussi qui déborde d'amour, parce qu'au fond si Gemma veut à tout prix se venger et détruire le violeur d'Harry, c'est parce qu'elle veut que justice soit faite, d'une part parce qu'elle aime son frère plus que tout, et d'autre part parce que la vengeance est en quelque sorte son moteur de vie. C'est ce qui l'anime et la maintient en vie. Mais une fois de plus l'amour fraternel transcende tout et mène vers une preuve d'amour considérable, ce qui est incroyablement beau à lire et à imaginer.
    Tu m'as littéralement scotchée avec la confrontation entre Gemma et Eleanor, elle est poignante à souhait. Elles se balancent mutuellement des injures, mais au final leur conversation conduit à une profonde réflexion et c'est dingue de se rendre compte du pouvoir de tes mots quoi. Quelques passages en particulier ont retenu mon attention : - "La vérité, pour moi, c'est juste qu'elle se croit montée tellement haut qu'elle n'a plus aucune considération pour ce qui se passe à ses pieds" - "Et c'est triste parce que ça à l'air de lui convenir, tout ça, sa solitude. Ça lui convient que personne ne vienne la chercher. Tout ça pour se prouver à elle-même qu'elle peut se débrouiller toute seule." - "Ton frère s'est jeté d'un pont. Je pense que ça résume plutôt bien la considération qu'il te porte.
    Elle encaisse le coup en silence. Je sais que c'est violent et qu'elle prétend ne pas être atteinte. Mais c'est ce qui arrive, quand on refuse de se retourner sur son chemin, on ne voit plus ceux qui s'en écartent, on ne voient plus ceux qui s'en échappent, par tous les moyens. Alors est-ce que c'est de ma faute, à moi, s'il a fallu que son frère tente de se tuer pour la faire se retourner en arrière ?"
    Mais y'en a tellement d'autres ! Et je crois que ça remets bien les bases à plat entre les deux familles, même si ce sont deux personnes qui illustrent cette scène très prenante. Et j'avoue que je ne m'attendais pas à une scène comme celle-là, mais il faut croire que ton imagination n'a aucunes limites et moi ça me convient parfaitement puisque j'adore te lire !
    Et les sms entre Louis et Gemma omg je crois fondre...! Parce que tout porte à croire qu'ils vont s'allier dans le but d'une vengeance commune. Et wow quel suspens... J'ai hâte de redécouvrir ce qu'il va se passer par la suite !
    Je suis tellement admirative de tout le travail que tu as accompli jusque lors que les mots me manquent. Je me demande comment tu as pu être aussi inspirée au point d'écrire une histoire si captivante avec sans cesse des rebondissements et des retournements de situation qui lacèrent le coeur un peu plus à chaque chapitre. Mais en tout cas, je ne te remercierai jamais assez de me transporter de cette façon dans ton monde et de parvenir à me faire vivre cette histoire aussi intensément. C'est de la pure magie à ce stade ! Merci mille fois !
    Bisous, je file relire la suite ♥
    "

    Wow quel commentaire magnifique ! ça me fait tellement plaisir, ça fait des mois que j'ai terminé cette fiction et quand je reviens pour lire des commentaires pareils, ça me chamboule encore ahah. Vraiment merci pour ce joli message, c'est vraiment adorable ! Je suis contente que tu aimes bien les relations familiales, parce que c'est vraiment que ça représente une part très importante de la fiction, presque aussi importantes que les relations amoureuses, donc merci mille fois ♥
    si jamais ça t'intéresse, je commence une nouvelle fiction, elle sera en ligne ce soir :)

  • Visiteuse

    21/12/2016

    Wow. Quand je disais que tu avais un don, j'étais encore à mille lieues d'imaginer ce dont tu étais réellement capable.
    L'arrivée du corps de Zayn m'a bouleversée. Ou peut-être surtout la réaction d'Isaac, qui est légitime dans le fond. L'amour fraternel est tellement puissant au sein de ta fiction, c'est beau. Voir le déchirement une nouvelle fois d'Isaac à propos du décès de son frère, ça m'a moi aussi rendue triste. Mais encore une fois, tout ce que tu écris est beau, tu trouves toujours un petit truc pour rendre ça sublime, même si c'est dramatique, et ce que j'aime ça bordel ! Ta fiction me fait chavirer intégralement, mais même là, je me dis que c'est humainement pas possible de rendre ça aussi beau. Chaque moment, même les plus tragiques, est écrit avec tant de subtilité et d'aisance qu'on ne peut s'empêcher de pleurer et esquisser un sourire en même temps tellement tout ce que tu construis est magnifique. Chaque mot me tue un peu plus je crois.
    Au fond je pense que la plupart des personnages ont une part de responsabilité dans le conflit, certains l'ont façonné, d'autres le poursuivent, et d'autres encore y semblent plutôt extérieurs contrairement aux précédents. Et la scène Louis/Isaac est vraiment poétique je trouve, parce qu'ils se rendent compte de beaucoup de choses et surtout prennent conscience du fait que le conflit Tomlinson/Styles n'aurait jamais dû exister. Bon, d'un autre côté, s'il n'y avait pas eu de conflit, il n'y aurait pas eu d'histoire non plus, alors je crois qu'on ne peut pas trop t'en vouloir d'avoir envenimé les choses dès le début. Et là j'ai comme une lueur d'espoir qui me dit que ça va finalement finir par se tasser, j'y crois vu la tournure que prennent les événements.
    Puis la scène Gemma/Harry, elle aussi qui déborde d'amour, parce qu'au fond si Gemma veut à tout prix se venger et détruire le violeur d'Harry, c'est parce qu'elle veut que justice soit faite, d'une part parce qu'elle aime son frère plus que tout, et d'autre part parce que la vengeance est en quelque sorte son moteur de vie. C'est ce qui l'anime et la maintient en vie. Mais une fois de plus l'amour fraternel transcende tout et mène vers une preuve d'amour considérable, ce qui est incroyablement beau à lire et à imaginer.
    Tu m'as littéralement scotchée avec la confrontation entre Gemma et Eleanor, elle est poignante à souhait. Elles se balancent mutuellement des injures, mais au final leur conversation conduit à une profonde réflexion et c'est dingue de se rendre compte du pouvoir de tes mots quoi. Quelques passages en particulier ont retenu mon attention : - "La vérité, pour moi, c'est juste qu'elle se croit montée tellement haut qu'elle n'a plus aucune considération pour ce qui se passe à ses pieds" - "Et c'est triste parce que ça à l'air de lui convenir, tout ça, sa solitude. Ça lui convient que personne ne vienne la chercher. Tout ça pour se prouver à elle-même qu'elle peut se débrouiller toute seule." - "Ton frère s'est jeté d'un pont. Je pense que ça résume plutôt bien la considération qu'il te porte.
    Elle encaisse le coup en silence. Je sais que c'est violent et qu'elle prétend ne pas être atteinte. Mais c'est ce qui arrive, quand on refuse de se retourner sur son chemin, on ne voit plus ceux qui s'en écartent, on ne voient plus ceux qui s'en échappent, par tous les moyens. Alors est-ce que c'est de ma faute, à moi, s'il a fallu que son frère tente de se tuer pour la faire se retourner en arrière ?"
    Mais y'en a tellement d'autres ! Et je crois que ça remets bien les bases à plat entre les deux familles, même si ce sont deux personnes qui illustrent cette scène très prenante. Et j'avoue que je ne m'attendais pas à une scène comme celle-là, mais il faut croire que ton imagination n'a aucunes limites et moi ça me convient parfaitement puisque j'adore te lire !
    Et les sms entre Louis et Gemma omg je crois fondre...! Parce que tout porte à croire qu'ils vont s'allier dans le but d'une vengeance commune. Et wow quel suspens... J'ai hâte de redécouvrir ce qu'il va se passer par la suite !
    Je suis tellement admirative de tout le travail que tu as accompli jusque lors que les mots me manquent. Je me demande comment tu as pu être aussi inspirée au point d'écrire une histoire si captivante avec sans cesse des rebondissements et des retournements de situation qui lacèrent le coeur un peu plus à chaque chapitre. Mais en tout cas, je ne te remercierai jamais assez de me transporter de cette façon dans ton monde et de parvenir à me faire vivre cette histoire aussi intensément. C'est de la pure magie à ce stade ! Merci mille fois !
    Bisous, je file relire la suite ♥

  • RunningUp

    05/12/2015

    Visiteur wrote: "J'ai tellement hâte. "

    hihi ! en espérant que tu sois pas déçue alors ;p

  • Visiteur

    05/12/2015

    J'ai tellement hâte.

  • RunningUp

    05/12/2015

    Visiteur wrote: "Bonsoiir Le chapitre sera la aujourd'hui ? 😍 je vois que tu es connectée j'en profite! J'adore ce que vous faites toi et ta soeur je lis toutes vos fictions et elles sont toutes dans mon top 5 c'est pour te dire la place que vous occupez ahah. Bisous "

    Merci c'est gentil ! :D Oui il sera posté dans trois quart d'heure à peu près ! j'espère qu'il te plaira !

  • Visiteur

    05/12/2015

    Bonsoiir Le chapitre sera la aujourd'hui ? 😍 je vois que tu es connectée j'en profite! J'adore ce que vous faites toi et ta soeur je lis toutes vos fictions et elles sont toutes dans mon top 5 c'est pour te dire la place que vous occupez ahah. Bisous

  • RunningUp

    03/12/2015

    Visiteur wrote: "Ta fiction me manque tellement "

    la suite sera postée ce week-end ! patience ♥

  • Visiteur

    03/12/2015

    Ta fiction me manque tellement

  • RunningUp

    29/11/2015

    Visiteur wrote: "Wowww, juste Woah. Cette fiction me fait pleurer, et mon dieu ce qu’on arrive a s’identifier aux personnages, a s’y croire, a penser qu’une vie comme ca est réelle... J’ai cru comprendre que ca allait prendre du temps avant que tu ne postes un nouveau chapitre, et j’en suis vraiment triste pck j’aimerais tellment connaitre la fin.. Apparemment tu y travailles et je ne sais pas quelle sera ma réaction pck franchement je me suis beaucouo trop accrochée aux personnages... Bref, sache que chaque jour et plusieurs fois par jour je viendrais esperer de voir un nouveau chapitre, mais prends ton temps, ce n’en fera qu’un meilleur <3"

    Coucou ! Merci beaucoup pour ton commentaire, il m'a fait très plaisir ! Le prochain chapitre est toujours en cours, en effet, mais bientot terminé ! j'espère vraiment que la fin de cette histoire va te plaire, même si ça me brise un peu le coeur de terminer cette histoire ! bisous bisous xx

Report abuse