Chapitre neuf.

 
 
Harry
 
 
_Fais-moi l'amour avant de partir.
 
Ça fait mal au c½ur, ce genre de phrase. Ça donne envie de partir en courant. Parce qu'il met trop d'espoir dans ces quelques mots. Trop d'attente. Trop d'amour. Et moi, je n'arrive pas à lui donner tout ça. Je n'y arrive plus depuis la mort de Liam. 
 
_Je vais partir.
_Je sais.
_Alors pourquoi ? Je demande.
_Une dernière fois, il murmure, Juste une dernière fois.
 
Je ne réponds pas et il reprend :
 
_On ne fait rien de mal, Harry.
 
Moi, j'ai bien l'impression que si. C'est bien ça, le problème.
 
_Je ne sais pas, je murmure.
_Est-ce que t'en as envie ? Est-ce que t'as envie de moi ?
 
Bien sûr, qu'il est con.
 
_Harry ? Il insiste.
_Comment est-ce que tu peux t'imaginer que je n'ai pas envie de toi ?
_Alors arrête de réfléchir, je t'en prie.
.
.
Louis avance vers moi et pose ses lèvres sur les miennes. Comme ça. Comme si c'était normal. Comme si on ne se l'était pas interdit depuis des semaines. Il m'embrasse comme si on le méritait tous les deux.
Il glisse sa main dans ma nuque, une légère pression pour que j'entrouvre mes lèvres. Sa langue retrouve la mienne, comme avant. C'est chaud et doux à la fois. C'est calme, en fait. Enfin, calme.
Je me rapproche de son corps. Lui aussi. Je le sens tout près de moi, je sens son c½ur qui bat dans sa poitrine et sa peau qui brûle. Sa main dans ma nuque descend jusqu'au bas de mon dos. Je l'encercle de mes bras. Son baiser glisse sur ma joue, puis mon cou. On se serre dans les bras, très fort. Son odeur s'infiltre partout en moi. Ses lèvres se pressent contre la peau de ma nuque. Il y a de la tendresse, dans ce câlin. Ça faisait longtemps que je n'avais pas été aussi bien. J'en oublie presque pourquoi on n'était plus ensemble. J'en oublie presque sa demande.
Ça paraît tellement simple, nous deux, juste nos peaux, nos corps, nos lèvres. Ça paraît tellement évident. Il n'y a que le monde extérieur qui rend nos vies compliquées. Nous, c'est simple, c'est beau, presque. J'oublie Liam. J'oublie Zayn. J'oublie Niall. J'oublie tout. Mon pont, c'est lui, désormais. Ses bras. Son odeur. Son étreinte.
Je le serre encore plus fort contre moi. Je presse mes lèvres dans sa nuque à mon tour. Je remonte le long de sa mâchoire, parsemant sa peau de baisers. J'embrasse le coin de ses lèvres qui se relèvent légèrement en un sourire adorable. Puis les miennes glissent jusqu'aux siennes. On se cherche. On tâtonne. On se taquine. On se murmure des mots qu'on est incapable de comprendre nous-même.
C'est Louis qui craque le premier. Il encercle mes joues de ses deux mains et m'embrasse plus fermement. J'entrouvre mes lèvres de nouveau. Je fonds à mesure qu'il se rapproche, que son corps s'enfonce dans le mien, et que sa langue me caresse avec douceur. J'attrape ses hanches et le pousse en arrière, jusqu'au lit. Il m'attrape au moment de tomber dessus et me retourne contre le matelas. Ça fait un bruit épouvantable.
 
_Chut, je souffle, en riant contre ses lèvres, Chut, ils vont-
 
Je l'embrasse sans même finir ma phrase. Ouais, on sait. Ils vont entendre, ils vont comprendre, ils vont nous arrêter. Mais on les emmerde, après tout. Pas besoin de parler d'eux maintenant.
 
_C'est la deuxième fois que je suis dans ce lit, avec toi, murmure Louis à mon oreille.
_Je sais. Je me rappelle.
 
Mais ça me fait tout drôle de le savoir ici, dans ma chambre d'enfance, dans mon lit, dans mon chez moi, comme s'il y avait toujours eu sa place. Alors je l'embrasse, encore. Louis tire le drap. Il nous recouvre. Dans notre bulle, juste comme avant. J'attrape sa nuque pour le tirer à moi. On n'a pas besoin de parler. Je crois qu'on a tous les deux conscience de ce qui va se passer cette nuit. Et ça me fait peur, un peu.
 
_J'ai confiance en toi, souffle Louis à mon oreille.
 
Étrangement, moi aussi. C'est naturel. Ç'aurait toujours dû l'être. Alors je retire le drap d'au-dessus de nos têtes et on se relève tous les deux pour mieux s'installer.
 
_J'éteins la lumière ? Demande Louis, en chuchotant.
 
Ça me fait rire qu'on soit aussi discrets, comme deux adolescents qu'on pourrait prendre en train de faire l'erreur de s'aimer. Toute ma famille sait qu'il est avec moi, dans ma chambre, ils ne sont pas dupes. Mais je crois qu'on veut garder ça pour nous, rien que pour nous. Personne ne doit rien voir, rien entendre. C'est notre moment. Juste le nôtre. Alors, je hoche la tête et il sort du lit pour éteindre la lumière. La pièce se plonge dans le noir mais je m'habitue à l'obscurité lorsqu'il revient s'asseoir en face de moi. J'observe les lignes de son torse. Puis mes lèvres se posent sur la peau qui m'est offerte. Je l'entends soupirer alors que j'embrasse chaque recoin de son torse, doucement, pour faire durer le moment, ou peut-être juste parce que je tremble tellement fort que j'essaie de me contenir comme je peux. Mes mains glissent timidement le long de ses flancs. Il frissonne. Je remonte jusqu'à son cou, sa mâchoire, puis ses lèvres, encore. Louis me fait tomber contre le matelas. Je l'observe remonter mon tee-shirt du bout des doigts, un sourire nostalgique aux lèvres. Puis il vient embrasser mon ventre. Une dernière fois. Ça résonne partout en moi tellement ça fait mal. Notre geste. Avant même de s'être embrassés, lui et moi, il y avait ce geste entre nous. Il y avait ses lèvres sur mon ventre. Il y avait cette tendresse qu'on ne m'avait encore jamais donnée. Il y avait cette tendresse qu'il n'avait encore jamais exprimée.  
Je sens les lèvres de Louis trembler tout contre ma peau. Il continue à m'embrasser mais je vois bien ses épaules secouées par la douleur. Il presse sa bouche contre mon nombril puis s'arrête là. Une seconde, puis deux, puis trois. Une larme coule sur mon ventre. 
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_Louis, je souffle, passant une main dans ses cheveux, Ne craque pas maintenant
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Je le vois attraper le drap pour le serrer dans ses poings. 
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_Putain, il grince. 
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Je le sens soupirer tout contre mon ventre, pour se ressaisir, l'air chaud qui sort de ses lèvres me fait frissonner. Je me retiens réellement de ne pas exploser en sanglots à mon tour.
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_Ça va, il reprend, Laisse-moi juste... Putain. 
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Louis se relève, passant les mains sous ses yeux et inspirant un grand coup. Il tremble encore un peu et j'ai envie de pleurer pour ça. Pour oser le rendre aussi triste. 
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_Est-ce qu'on devrait bannir mon estomac de "zone à embrasser" ? Je demande.
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Il rit alors qu'une larme s'échappe encore de son ½il, il se mord la lèvre au passage, ce qui le rend monstrueusement sexy. 
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_Jamais, il répond, Enlève-moi ce foutu tee-shirt
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Je me relève du lit, mes mains dans sa nuque et mes lèvres sur les siennes. Je l'embrasse avec fermeté, peut-être parce que c'est la seule manière que j'ai trouvé pour le consoler. Louis glisse ses mains sur ma peau, tirant sur mon vêtement. Je me décolle de ses lèvres avec regret pour le laisser me l'enlever. Avec un sourire satisfait et les yeux encore humides, Louis plonge ses lèvres dans mon cou puis descend lentement le long de mon torse tandis que je me rallonge. Il embrasse mon nombril, glisse ses lèvres jusqu'à ma taille, expert dans la façon de me rendre totalement fou.
 
_Louis ! Je geins, essoufflé. 
_Chut, il s'esclaffe, remontant immédiatement jusqu'à mes lèvres pour me faire taire, Tais-toi, je ne veux pas me faire tuer par ton père.
 
Il a soufflé ses mots si près de mes lèvres que j'en suis encore plus excité.
 
_Remets le drap, je murmure.
_Ça ne va pas empêcher le bruit, chéri.
_Pour qu'on soit que tous les deux.
 
Louis se relève légèrement pour chercher le drap du bout des doigts. Puis un voile blanc vient nous recouvrir entièrement. Et lui, il est là, juste devant moi, rien que pour moi. Je passe mes pouces au coin de ses yeux pour ôter les dernières traces de larmes. 
 
_Embrasse-moi.
 
Il s'exécute, éternisant le baiser en une douce caresse avant de reprendre ses baisers le long de mon torse. Arrivé à ma taille, il retire mon jogging, l'unique vêtement qu'il me restait, le faisant glisser le long de mes jambes. Il remonte par des baisers sur mes cuisses. Il mordille la chair et moi, je me retiens de gémir. Parce que je veux que ça reste silencieux. Je veux qu'on s'aime qu'à l'intérieur. Qu'on s'aime que pour nous. Je veux que ça reste dans cette chambre, dans ce lit, que ça ne sorte pas de ces murs. Je veux qu'on soit les seuls à s'entendre, les seuls à savoir ce qu'il se passe.
Ses lèvres se posent sur mon sexe. Il le titille avant de l'englober. J'ai envie de hurler de plaisir mais je garde tout pour moi. Mes muscles se crispent à leur maximum alors qu'il commence à faire des va-et-vient. Je pose mes mains dans ses cheveux, glissant mes doigts à travers les mèches. Je me consume à l'intérieur. Puis Louis s'arrête pour respirer, remonte jusqu'à mon oreille, puis murmure, totalement essoufflé :
 
_Je veux t'entendre, rien que moi, steuplé.
 
Il pose sa main sur mon sexe et moi, je m'accroche à ses épaules comme un forcené. Je colle mes lèvres à son oreille et laisse tout échapper. Je gémis, tout doucement, juste pour lui. Mon souffle est tellement chaud que ça doit le brûler à l'intérieur. Mais il aime ça. Je le sens dans tout son corps. Alors il s'accroche à moi à son tour, lâchant mon sexe pour venir encercler ma taille. Il me serre si fort que j'en perds la tête.
 
_Je te fais confiance, il répète, tout bas, S'il te plaît.
 
Je me retire de l'étreinte pour le regarder dans les yeux, pour m'assurer qu'il en a autant envie que moi. J'embrasse ses lèvres. Il comprend que c'est une réponse positive de ma part et il sourit. Ma main glisse dans sa nuque, initiant le mouvement. On échange de place. Il s'écrase contre le matelas tandis que je monte sur lui. J'embrasse sa bouche, de nouveau, sa mâchoire, son cou, son torse, son ventre. Je déboutonne son jean, lui retire. Je n'ai plus peur. Je n'ai pas peur quand c'est lui. Alors je retire son boxer, libérant son sexe. Louis vient poser ses mains sur mes avant-bras, les massant avec son pouce.
 
_On ne fait pas de bruit, hein ? Je souffle, Il y a ma famille, à côté.
 
« Oui », il me mime avec ses lèvres. Alors je m'allonge sur son corps, nos deux sexes l'un contre l'autre. On s'embrasse, doucement au début, puis de plus en plus fermement. Ma main glisse jusqu'à ses fesses, que je caresse. Il monte une de ses jambes sur ma hanche, pour me laisser l'accès libre.
 
_Je n'ai même pas pris le lubrifiant, je murmure, tout bas.
 
Il m'embrasse pour me faire taire, montant sa jambe encore plus haut pour me faire comprendre qu'il n'en a pas grand chose à faire, là, tout de suite. Je glisse de nouveau ma main sur la courbe de ses fesses, essayant de le détendre au maximum avant d'enfoncer un doigt en lui. Il gémit, brusquement.
 
_Mais chut ! Je m'esclaffe.
_Continue, il râle.
_Si tu te tais parce que-
_Mais Styles ! Il me coupe, franchissant la barrière de mes lèvres, comme pour me rappeler ce qu'on est en train de faire.
 
J'enfonce mon doigt lentement. Je ne veux pas lui faire mal et l'effort a l'air d'être apprécié car ses gémissements sont recouverts par nos baisers. Je me souviens de la fois où il m'a fait l'amour, le temps et la tendresse qu'il a pris. J'essaie d'en faire de même même si le désir me consume de plus en plus. J'ajoute un deuxième doigt mais je le sens se crisper et une grimace recouvre ses traits. Je les retire immédiatement.
 
_Non, il se plaint, Laisse-moi juste-
_C'est ridicule, je le coupe en me relevant, Je vais chercher le lubrifiant.
 
Il soupire en se laissant retomber contre le matelas. Je sens son regard sur moi lorsque je sors du lit. Il fait froid dans la pièce, tout d'un coup, et je frissonne. Je me dirige vers ma commode pour ouvrir le dernier tiroir. Je pars à la recherche du lubrifiant tandis que j'entends Louis s'impatienter.
 
_Deux minutes, je chuchote.
_Fais vite.
_T'es un obsédé du cul, Louis.
_Arrête de parler et trouve ce putain de lubrifiant.
 
Je m'apprête à lui dire de se la fermer, car il est hors de question que quelqu'un de ma famille entende ça, mais ma main tombe à l'instant sur la bouteille en plastique et je rejoins le lit. Je m'arrête devant Louis pour lire l'inscription.
 
_Tu te fous sérieusement de ma gueule ?
_Je regarde s'il y a un goût, je me défend, Je n'aime pas être surpris.
_Harry, je suis excité, bordel !
 
Je ris alors qu'il me tire à lui pour me ramener dans le lit. Je tombe contre son corps et il m'encercle fermement, pour que je ne reparte pas à l'autre bout de la pièce.
 
_Je ne peux pas bouger mes mains, je lui fais remarquer.
_Attends un peu.
 
Ça me va parfaitement car je me réchauffe, tout contre son corps. Il glisse sa main le long de ma colonne vertébrale en embrassant ma nuque tout doucement.
 
_C'est pour quoi ? Je m'informe, Cet élan de tendresse.
_Tu viens d'oser lire les inscriptions sur ta putain de bouteille, juste devant moi.
_Et ?
_J'aime bien, il murmure, Quand tu restes ce mec insupportablement chiant que j'ai rencontré.
 
Je décale mon visage pour qu'il m'embrasse sur les lèvres, car c'est quand même là, le meilleur endroit. Louis pose sa main sur ma joue, pour rendre l'échange plus intime. Je viens chercher le drap avec la mienne. Et alors, on est dans notre bulle de nouveau, bien au chaud.
Je parsème son visage de baisers alors que mes mains caressent son corps. Sa jambe remonte de nouveau contre ma hanche, comme si j'avais pu oublier ce qu'il voulait. Je ris en embrassant son épaule nu puis ouvre la bouteille pour lubrifier mes doigts. Je viens chercher son orifice, caressant l'entrée du bout de mon doigt. Le corps de Louis se crispe à ce contact. Il gémit de plaisir alors que je l'enfonce tout doucement à l'intérieur de lui.
 
_C'est plus agréable, non ? Je m'assure.
 
Il hoche la tête en même temps que de se mordre les lèvres pour retenir ses gémissements. Je l'embrasse et en profite pour enfoncer un deuxième doigt. Il halète contre mes lèvres, fébrile et avide de plus d'attention. Alors, je colle encore un peu plus nos bassins, laissant nos sexes se toucher. On continue de se donner du plaisir, comme ça, en essayant de rester le plus silencieux possible, en avalant nos gémissements. Puis, je glisse mes lèvres jusqu'à son oreille.
 
_Retourne-toi.
 
 

Chapitre neuf.
 
 
Louis
 
 
          Je m'exécute aussitôt, trop excité pour protester contre quoi que ce soit, de toute manière. Harry retire lentement ses doigts et je me mets dos à lui. Dans un même geste, il se colle à moi par derrière et sa main se pose sur mon sexe. Je ne retiens plus un cri de plaisir de s'échapper de mes lèvres.
 
_Oreiller, il souffle, tout bas.
 
J'enfonce ma tête dans le coussin, libérant mon souffle dans le tissu. Mes doigts viennent agripper le drap du lit. J'essaie de me contenir comme je peux alors que sa main qui vient le long de mon sexe me brûle de désir et de frustration. Mais pourquoi on n'a pas été chez moi ? Pourquoi on est dans sa chambre, à quelques mètres de sa famille ? Pourquoi on doit se taire alors que j'ai juste envie de hurler de plaisir ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?
Une douleur chaude me prend aux tripes et je suffoque littéralement, le cri camouflé dans l'oreiller, alors que les lèvres d'Harry s'écrasent contre la peau de ma nuque. Un souffle brûlant glisse jusqu'à mon cou. Lui aussi, il étouffe un cri de plaisir alors qu'il vient juste de commencer à me pénétrer. Il suce la peau de mon cou, visiblement pour occuper sa bouche alors qu'il s'enfonce encore un peu plus en moi. Bon Dieu. Je suis tiraillé entre la douleur et l'excitation. Le pire dans tout ça, c'est que je dois le garder pour moi. Cette peur. Ce plaisir. Mes doigts se resserrent de plus en plus fort contre le drap. Je meurs de ce nouveau contact, de cette nouvelle sensation. Je meurs des lèvres d'Harry, également, qui me dévorent le cou pour contenir tout ce plaisir qui l'envahit. Et je meurs de sa main, qui continue de glisser le long de mon sexe, ce qui me détend au point qu'il entre tout à fait en moi en quelques secondes.
 
_Lou, il s'arrête, T'étouffe pas, hein ?
 
Il passe une main dans mes cheveux pour relever les mèches collées à mon front. Je retourne ma tête vers lui, l'air s'infiltre si rapidement dans mes poumons que je réalise seulement maintenant que je ne respirais plus.
 
_Ça va ? Il s'assure, son torse parfaitement collé à mon dos.
_J'ai envie de faire du bruits, je réponds, totalement essoufflé et troublé par la vision de son visage recouvert de sueur.
_Moi aussi.
 
Il embrasse ma nuque doucement et vient glisser son visage dans mon cou, me serrant encore plus fort contre lui.
 
_Je suis désolé. J'ai dévoré ton cou.
_J'ai niqué ton oreiller.
 
Le rire qui le secoue me fait frissonner de bas en haut.
 
_Reprends, je murmure.
_A vos ordres, il rit.
 
Harry se retire lentement, glissant presque à cause de nos peaux mouillées par la sueur. Puis, il me pénètre à nouveau et je plonge mon visage dans l'oreiller pour crier. Ses lèvres ne tardent pas à rejoindre mon cou, ma mâchoire, mon oreille. Mais, même comme ça, je l'entends gémir contre ma peau. Mon Dieu. Et si sa famille nous trouvait comme ça, le visage rouge et essoufflé de garder tout cet amour pour nous ?
Harry vient chercher mon sexe de sa main, alignant ses mouvements de bassin à celle-ci. Je me relève de l'oreiller pour quémander ses lèvres. Il s'empresse de rejoindre sa bouche à la mienne. Nos langues se mélangent et on gémit. Parce qu'on ne peut concrètement plus contenir grand-chose à ce niveau-là. Je sens qu'Harry se laisse emporter par le désir, il tremble et ses muscles se contractent. Il relâche sa main le long de mon sexe, gémissant dans ma bouche.
 
_Resserre, je supplie.
_Pardon, il murmure, reprenant ses mouvements de va-et-vient avec plus de fermeté. 
 
Le désir, à-coup par à-coup. Ça me transporte, littéralement. Je plonge mon visage dans l'oreiller. Les lèvres d'Harry dans mon cou et la libération m'arrache un crie. Je viens, sur sa main, alors qu'il continue ses mouvements de bassin. C'est quelques secondes plus tard que Harry se lâche en moi, s'écroulant sur mon corps. Je sens une de ses larmes qui coule dans ma nuque. Et moi, je suis concrètement incapable d'ouvrir les yeux, ni même de me retourner. J'attends que mon c½ur ralentisse, là, écrasé entre lui et le matelas.
Avec tous les efforts du monde, je sens Harry se retirer alors je me retourne sur le dos pour lui faire face. Il s'écroule la seconde d'après dans mes bras, nichant son visage dans mon cou. Je le serre fermement contre moi.
Je glisse ma main le long de son dos. Sa peau est chaude, encore humide. Il soupire alors que son c½ur se remet à battre normalement, après cinq minutes de silence le plus complet. Alors, il vient embrasser ma mâchoire et remonte lentement sur ses bras pour me faire face.
 
_Ça va ? Il demande, Tu as trouvé ça bien ?
 
Je viens encadrer son visage avec mes mains, essuyant le coin de ses yeux encore humides avec mes pouces.
 
_Mieux que ça, je lui assure.
_Je ne t'ai pas fait mal ?
_Pas du tout.
 
Il me regarde longuement, en silence, et j'espère qu'il médite sérieusement sur cette idée impensable de quitter la ville, de me quitter. Alors que je m'apprête à lui poser la question, je vois son regard s'assombrir soudainement.
 
_Quoi ? Je m'inquiète.
_Oh putain ! Ton cou !
_T'es sérieux ?
 
Harry vient poser sa main sur ma joue, de manière à tirer ma tête pour mieux voir l'étendu de sa connerie.
 
_Oh mon dieu, mais on dirait que je t'ai bouffé !
_Quoi ? Qu'est-ce que j'ai ? Je demande, portant la main à mon cou comme si ça allait changer quelque chose.
_T'as pleins de suçons, il murmure, les yeux exorbités, Mais ils sont énormes, je n'avais jamais vu ça !
 
Il s'écroule dans le lit, juste à côté de moi, avant de soupirer :
 
_Je suis un putain de vampire.
 
Je me relève du lit, même si je suis sûr qu'il exagère encore. Je m'emmêle les pieds dans le drap qui a décidé de me suivre, puis me dirige vers l'interrupteur. La lumière est vite aveuglante mais j'arrive à traîner mon corps jusqu'au miroir, accroché au-dessus de sa commode. Je suis prêt à engueuler Harry pour m'avoir forcé à me lever pour rien. Sauf que je m'arrête, hébété, face à mon reflet.
 
_Putain, je lâche sourdement, Tu m'as littéralement bouffé.
_Je n'avais pas d'oreiller, moi, je l'entends se défendre, penaud.
_Mais bordel Harry, comment je vais cacher ça ? Ça remonte jusqu'à mon oreille et on est en plein été !
 
Je me rapproche du miroir, observant les dégâts avec encore plus d'attention. J'ai des tâches énormes violacées, sur une seule partie de mon cou. Et dire qu'elles vont foncer avec le temps.
 
_Et comment je vais faire au boulot ? Je continue, On va me prendre pour un sadomasochiste !
_C'est bon, t'as fini ? Soupire Harry.
 
Je me retourne vers lui. Il est allongé sur le lit, entièrement nu puisque le drap est tombé sur le sol. Il est foutrement trop sexy pour que je ne le rejoigne pas immédiatement. Alors, je me rapproche et il me tend son tee-shirt.
 
_Quoi ?
_Essuie-toi, tu as encore du sperme sur toi.
 
J'attrape le tissu et le frotte sur mon ventre avant de laisser tomber le vêtement au sol. Je me rallonge avec lui, dans le lit, et on se colle instinctivement l'un à l'autre. Blotti dans ses bras, enfermé dans son étreinte.
 
_Louis ? Il reprend la parole.
_Hum.
_Tu n'as pas éteint la lumière.
 
Je m'attendais à un « Je reste avec toi », alors autant dire que j'ai pris une douche froide.
 
_Pas grave, je soupire.
_Non, c'est chiant, je ne peux pas dormir avec la lumière allumée.
_J'ai la flemme de me relever.
_Ça gaspille de l'électricité.
_T'en as rien à foutre, arrête tes conneries.
_Louis, il insiste.
 
Mon Dieu, j'ai envie de le tuer.
 
_Louis, il répète.
_Tu viens avec moi, alors.
_Non, il s'offusque.
_Je ne bougerai pas.
_C'est à littéralement deux mètres du lit, je ne vais pas m'enfuir.
_Avec toi, tout est possible.
 
Il se tait et je crois qu'il a mal pris ma remarque. Je m'en fiche. C'est lui qui se barre, après tout.
 
_Ok, il souffle, On y va.
 
Je le sens bouger sous moi alors je me relève à mon tour. Il suit le mouvement et j'attrape le drap pour nous enrouler tous les deux dedans.
 
_Tu es ridicule, il me fait remarquer.
_Il fait froid.
_On ne va pas pouvoir avancer dans cette position.
_Tu paries ?
 
Il rit en venant m'embrasser dans le cou. Son pied se glisse entre mes jambes et il essaie de nous faire avancer. Sauf qu'entre temps, ses lèvres se sont posées sur les miennes donc, moi, j'ai un peu lâché l'idée qu'on avait une direction, à la base. Nos jambes s'emmêlent dans le drap alors que nos lèvres ne se quittent plus. Mon dos finit par percuter le mur, la main d'Harry sur l'interrupteur. La pièce replonge dans le noir et il pose ses deux mains sur mes joues pour m'embrasser encore plus fermement.
 
_Lit, je murmure, entre ses lèvres.
 
Harry recule d'un pas et j'essaie d'avancer à mon tour. Mon pied se coince dans le drap et je m'écroule sur lui, la seconde d'après. Notre chute fait résonner le plancher mais je ne peux pas m'empêcher de rire, plongeant mon visage dans sa nuque.
 
_Chut, il râle, Mes parents vont remonter voir ce qu'il se passe !
 
Et ce serait vraiment une mauvaise idée vu qu'on est tous les deux allongés nus sur le parquet.
 
_Je t'ai fait mal ? Je demande, redevant plus sérieux.
 
Je me relève légèrement pour lui faire face.
 
_Non, il m'assure alors qu'il fait glisser sa main le long de mon dos.
_On reste ici ? Je propose.
_Tu déconnes ?
_C'est assez confortable.
_Normal, tu es allongé sur moi, je te signale.
 
Je ris avant de l'embrasser au coin des lèvres. Je pose mon front contre le sien, mes yeux ancrés à ses iris verts. On se regarde pendant quelques secondes, sans parler. Enfin, sans utiliser de mots.
Je glisse ma main sur sa joue, peut-être pour m'assurer que tout ceci est bien réel.
 
_Ne le dis pas, il murmure, la gorge nouée.
 
Je ravale mon « Je t'aime » en l'écrasant contre ses lèvres. Puis, je glisse les miennes dans son cou pour m'empêcher de suffoquer, m'empêcher de penser qu'il part, m'empêcher de réaliser qu'il ne souhaite pas que je le retienne. Je presse mes lèvres si fort que je dois lui faire du mal, mais c'est la seule manière que j'ai trouvé pour ne pas m'effondrer en sanglots. Et je crois qu'il le sait parce qu'il me sert de plus en plus fort contre lui.
J'ai peur de l'enfermer comme j'ai peur de le laisser partir.
 
_Viens, il chuchote à mon oreille, On retourne dans le lit.
 
J'acquiesce et me relève pour lui laisser l'espace de le faire à son tour. Je vais m'allonger sur le matelas, remontant le drap sur mon corps. Harry reste debout, nu et dos à moi, les épaules tremblantes. Je crois que j'entends mon c½ur exploser en mille morceaux.
 
_Ne m'en veux pas, il souffle.
 
Je reste tétanisé dans le lit. Je le vois pleurer devant moi mais je suis incapable de parler, incapable de bouger.
 
_Ne m'en veux pas, Louis.
_Pourquoi je t'en voudrais ?
_Parce que je pars.
_Est-ce que je dois venir te chercher ?
 
Ma question s'est étranglée dans un sanglot. Il ne répond pas, les épaules encore tremblantes.
 
_Harry, j'insiste, Est-ce que je dois venir te chercher ?
_Non.
 
« Je préfère qu'il soit retrouvé avant qu'il ne pense ne plus valoir le coup d'être cherché ».
 
_Je peux le faire, Harry, je peux venir te chercher.
_Non, il répète.
_Pourquoi ? Pourquoi t'abandonnes ? Je m'emporte, Pourquoi t'abandonnes comme ça ?
_Arrête.
_Pourquoi tu n'es même pas foutu de me regarder ?
 
Il se retourne, essuyant ses larmes au coin des yeux.
 
_Louis, tu as promis à mon père. Que quelques heures. C'est tout.
_A toi, j'ai promis beaucoup plus. J'ai promis de venir te chercher.
_Tu as brisé cette promesse, il me rappelle.
_Je peux me rattraper, j'insiste, On peut se rattraper. On peut peut-être y arriver.
_On n'est pas les héros de l'histoire, Louis, il me coupe, Arrête.
_Ça n'existe pas, les héros. Pas dans la réalité.
_Oui, il m'accorde, Les fins heureuses non plus.
 
Cette fois, il soutient mon regard, parce qu'il pense vraiment ce qu'il dit. On n'a pas le droit à une fin heureuse. Et je n'ai pas le droit non plus de le retenir, parce qu'il s'est privé pendant trop longtemps de quitter cette ville. Peut-être que c'est comme ça que ça devait se terminer, depuis le début. Le sauver ne m'interdit pas de le laisser partir.
Je l'embrasse au coin des lèvres, le serrant dans mes bras.
 
_Je ne t'en veux pas.
_Merci.
_On va se coucher ?
 
Il acquiesce et on retourne tous les deux dans le lit, il se blottit contre moi et je referme mes bras autour de son corps. Demain, il sera parti. On est enveloppés dans un silence qui fait froid dans le dos. Je ne lui en veux pas à lui. J'en veux à moi, d'avoir laissé ce bordel inexplicable arriver. Je déteste cette dernière nuit. Je déteste frôler l'espoir du bout des doigts pour le voir s'échapper de nouveau. Je déteste la nuit parce qu'elle annonce la journée suivante, et que je n'ai pas envie de la vivre, ni celle-ci, ni toutes les autres. Je crois que je comprends Stan. Je comprends pourquoi il a bu autant ce soir, pour oublier cette nuit, pour ne plus penser à demain.
 
Demain, Harry quitte Londres.
Demain, on enterre mon cousin de dix-huit ans.
Demain, chaque famille sera restée de son côté de la rive. Et le pont de Westminster n'aura pas servi à rendre le chemin plus accessible. Il nous aura simplement rappelé que la distance qu'il reste à parcourir est infinie.
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Parce qu'un pont n'efface pas un fleuve. 
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Chapitre neuf.
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"You end up like this ?"
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Voici l'avant dernier chapitre de cette fiction, 
alors très honnêtement je ne sais pas trop quoi écrire, 
parce que je crois que ça me fait autant de peine qu'à vous
de terminer cette histoire avec tous ces personnages auxquels je tiens...
J'espère que ça vous a plu en tout cas :) 


Et comme cette histoire est bientôt terminée, 
je vous conseille très très fortement la nouvelle fiction de @Ellie_Lefevre
qui est pour moi LA fiction larry la plus originale : 
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Chapitre neuf.

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« Je les connais, moi, les intellectuels de ton genre. Les petits bourgeois qui veulent changer le monde. Qui croient rendre tout le monde beau, tout le monde gentil. Que tout peut se résoudre grâce à eux, leurs beaux discours et leurs romans dont tout le monde se fout. Ils pensent pouvoir tout révolutionner. Ils oublient juste une chose: Ce monde qu'ils veulent tant changer, ils n'en font pas partie. »
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JOYEUX NOËL
&
Larry Christmas  ♥ 


 
 
 

Tags : #RunUpfic

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Comments :

  • Evie

    05/04/2016

    Ah mince :( Bah je sais pas, moi j'ai tout lu page par page (pas chapitre par chapitre) et je n'ai pas eu de problème. Quand je clique sur le lien du chapitre 10 de l'acte 3 je n'ai pas non plus de problème.
    Et ça y est je vois le lien du chapitre 10 de l'acte 4 et l'épilogue qui fonctionne tous les deux très bien quand je clique dessus à partir du sommaire. J'imagine que tu as du trouver la solution entre temps ^^.

  • RunningUp

    05/04/2016

    Evie wrote: "Par rapport au visiteur qui te demande quand sort le prochain chapitre, ma s½ur m'a sortit la même réaction il y a quelques jours. Elle disait que pour elle il manquait des chapitres. Je pense que c'est parce que dans ton sommaire de l'acte 4, il n'y a pas le lien pour le chapitre 10 :) Donc pour ceux qui ne "tournent" pas les pages du site et qui naviguent à travers le sommaire, il pense que la fiction est postée jusqu'au chapitre 9.
    Enfin je crois.
    "

    Je crois même que c'est encore plus compliqué que ça, car apparemment l'article n’apparaîtrait que lorsque l'on met "chapitre suivant" à partir du 9, sinon le lien ne marche pas... C'est vraiment bizarre ! je ne sais pas trop pourquoi ça bloque, ça fait la même chose pour l'acte 3 :/

  • Evie

    04/04/2016

    Par rapport au visiteur qui te demande quand sort le prochain chapitre, ma s½ur m'a sortit la même réaction il y a quelques jours. Elle disait que pour elle il manquait des chapitres. Je pense que c'est parce que dans ton sommaire de l'acte 4, il n'y a pas le lien pour le chapitre 10 :) Donc pour ceux qui ne "tournent" pas les pages du site et qui naviguent à travers le sommaire, il pense que la fiction est postée jusqu'au chapitre 9.
    Enfin je crois.

  • RunningUp

    04/04/2016

    Visiteur wrote: "??? la fiction est terminée ??? mais ou est le chapitre 10 ? tu ne peux pas nous laisser comme ça"

    mais il y a un chapitre 10, je comprends pas, avec un épilogue et tout ça !

  • Visiteur

    04/04/2016

    ??? la fiction est terminée ??? mais ou est le chapitre 10 ? tu ne peux pas nous laisser comme ça

  • RunningUp

    04/04/2016

    Visiteur wrote: "TU POSTES QUAND SRX?????"

    baaaahhh la fiction est terminée depuis deux mois o.O

  • Visiteur

    01/04/2016

    TU POSTES QUAND SRX?????

  • RunningUp

    28/03/2016

    Visiteur wrote: "Bien sûr que les bourgeois font partis du monde, je dirais même que leur emprise dessus est particulièrement forte. C'est un peu populiste de dire le contraire."

    Tu n'as pas du tout compris le sens de la phrase, c'est une citation d'une fiction, pour la comprendre, il faut donc un minimum connaitre l'histoire. Le personnage qui parle estime qu'il y a deux mondes, les bourgeois et les démunis. Un des deux est un intellectuel bourgeois qui cherche à améliorer le monde des "démunis", or l'autre personnage lui fait remarquer qu'il ne fera jamais partie de ce monde-ci.
    De plus, le "populisme" consiste à dire que les bourgeois détiennent trop de pouvoir dans le monde et exploitent les démunis, ils pensent justement que les bourgeois ont trop d'emprise sur le monde.
    Ton commentaire n'a donc aucun sens ;)

  • Visiteur

    25/03/2016

    Bien sûr que les bourgeois font partis du monde, je dirais même que leur emprise dessus est particulièrement forte. C'est un peu populiste de dire le contraire.

  • loudeb

    04/03/2016

    Cher auteur de RunningUp, quelle histoire ! j'ai commencé il y a trois jours et je n'ai pas su me décoller de ton histoire. Elle est merveilleusement triste. L'Acte 4, le dernier a mon plus grand damne, était vraiment sombre mais tu avais prévenue. Tu as un sérieux talent, j'ai lu un livre, une réadaptation de Romeo et Juliette qui m'avait marqué, mais ton histoire est si poignante qu'elle la effacer et pris sa place. Je suis d'accord avec toi sur le fait que la rupture du lien fraternel est bien plus atroce que celle du lien amoureux. Je me suis tellement accrochée a tout tes personnages durant ma lecture que j'ai versé une petite larme quand Perrie à pété les plombs et lors des conversations entre Isaac et Louis. Tu as réussi a créer une vrai ambiance, un vrai décors et de vrais liens entre chacun des personnages, en plus elle est remarquablement bien écrite et ce n'est pas donné à toutes les fictions. Pour le bien mental de tes fans, je t'en prie offre nous une fin heureuse, Louis et Harry le méritent bien, ils le méritent tous je crois non ?
    Mon premier commentaire Skyrock est pour toi, parce que ta fiction est extraordinaire.
    Merci pour tout
    XXX

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