Chapitre dix.

 
Chapitre dix.



 
 
Louis
 
 
              Je crois que je ne me suis jamais réveillé ainsi, aussi heureux et malheureux à la fois. Harry est endormi dans mes bras , sa peau chaude et nue collée à la mienne. Son réveil sonne mais il ne réagit pas, comme s'il n'avait pas vraiment envie d'ouvrir les yeux. Mon c½ur se pince dans ma poitrine lorsqu'il me serre encore plus fort dans ses bras, me prouvant qu'il est bien éveillé, mais refuse de voir la réalité. Alors, je tends la main vers sa table de chevet pour éteindre le portable. Le silence revient dans la pièce et je glisse de nouveau mes bras dans son dos pour le serrer contre moi. Il accueille mon câlin de la même force. C'est presque insensé, la façon dont on s'accroche l'un à l'autre. Je cale mon visage dans son cou, embrassant la peau juste sous l'oreille. Il me serre encore plus fermement dans ses bras et je glisse ma main dans ses boucles brunes. Je joue avec ses cheveux, les faisant tourner autour de mon doigt, tout en inspirant son odeur. C'est tellement calme et violent à la fois. J'ai l'impression que je suis en train de dire au revoir à une partie de moi, comme si on allait bientôt me l'arracher et que je m'y accrochais de toutes mes forces. Je ne peux pas le lâcher. Même si on me forçait, je ne pourrais pas le lâcher. Mon corps me l'interdit.
 
Deux coups distincts tapent contre le battant de sa chambre. Instinctivement, on s'accroche l'un à l'autre encore plus désespérément. Je crois qu'on va presque s'empêcher de respirer. C'est probablement ce qu'il se passera, d'ailleurs, lorsqu'il partira, ça m'empêchera de respirer.
 
_Harry ? Résonne la voix de Gemma, derrière la porte, Il faut que tu te lèves, papa est déjà en bas.
 
Harry est si chaud contre moi que ça me donne envie de lui hurler d'aller se faire foutre. Je sais, pourtant, que je suis injuste. C'est grâce à elle si j'ai passé la nuit avec lui, après tout.
Je sens les bras d'Harry se desserrer lentement et je ne suis tellement pas prêt à ça que je le rapproche de moi, violemment.
 
_Non, je souffle dans son cou, Non.
_Je n'ai pas le choix.
_Encore, je supplie, Encore un peu.
 
Harry me serre dans ses bras, puis m'embrasse dans le cou avant de remonter vers mes lèvres. Les miennes s'entrouvrent automatiquement et sa langue vient rejoindre la mienne. On est encore nus, alors ce rapprochement n'était peut-être pas une très bonne idée.
 
_Harry, insiste Gemma, Je me doute plus ou moins de ce qui se passe à l'intérieur et, crois-moi, tu ne veux pas que papa entre dans ta chambre si tu ne rappliques pas maintenant.
 
Les lèvres d'Harry se détachent des miennes pour répondre à sa s½ur :
 
_Je suis réveillé Gemma. Je serai à l'heure.
 
Mes mains sont toujours dans ses cheveux, je les descends lentement le long de sa nuque, dans son dos, puis la courbe de ses fesses. Il frissonne contre moi, tout en essayant de conserver une voix neutre :
 
_Promis Gem. Je serai là.
_On part dans une heure.
_Je sais, il tente de répondre, sans trembler parce que je balade mes mains sur ses fesses nues.
_Vous n'avez pas le temps.
 
Je vois Harry sourire et je me retiens de rire.
 
_Je serai là, il répète, simplement.
 
On l'entend grommeler derrière la porte puis ses pas s'éloignent. Je m'en veux un peu. Je me dis qu'elle avait probablement envie de profiter de son frère avant qu'il ne parte. Sauf que Harry plonge ses iris verts dans les miens et ma culpabilité s'envole quand ses lèvres touchent les miennes. Je reprends mes caresses tout contre son corps et je nous sens durcir tous les deux. J'entends Harry gémir dans mon oreille et ça me fait comme des décharges électriques.
 
_T'es pas sérieuse Gemma ? J'entends soudainement une voix masculine, dans le couloir, Il peut quand même prendre le petit déjeuner avec nous ! On se lève tous pour lui.
_Non ! S'exclame clairement la voix de sa s½ur.
 
Mais, avant qu'on ait le temps de comprendre ce qui va se passer, Edward fait irruption dans la chambre, allumant la lumière au passage.
 
_Putain ! Hurle Harry, attrapant le drap pour nous recouvrir tous les deux.
 
Je reste focalisé sur le regard d'Edward, ou sur l'absence de regard. Je ne sais pas. Il y a un vide intersidéral dans ses yeux. Gemma arrive derrière lui en courant, ses yeux allant de son cousin à moi, nu, dans le lit de son frère.
 
_T'étais au courant ? Bégaye Edward, toujours sous le choc et visiblement incapable de détacher son regard du mien.
_C'est juste... Murmure Gemma, mal à l'aise, Il est arrivé tard.
_Tu ne m'as rien dit ?
_Ça ne te regardait pas, participe finalement Harry, me cachant un peu plus derrière lui au cas où Edward se décide à mettre fin à ma vie.
_Comment ? Souffle-t-il, les larmes aux yeux, Comment vous pouvez nous faire ça ?
 
Je sens le c½ur d'Harry accélérer dans sa poitrine et le regard de Gemma se voiler. Et moi, je reste comme un con, allongé dans son lit, sans pouvoir bouger parce que je suis complètement nu et que j'imagine que c'est la dernière image qu'ils souhaiteraient voir de moi.
 
_Qu'est-ce qu'il fout là ?
 
De mieux en mieux. Niall débarque dans la chambre, le regard noir et la voix cassée sous la question.
 
_Je peux t'expliquer, murmure Harry, commençant à se relever.
 
Mais lorsque le drap descend sur nos deux corps nus et qu'il voit le regard de Niall se fermer complètement, il le remonte immédiatement sur nous.
 
_Tu me dégoûtes, crache Edward, Tu n'as aucun respect pour nous, ni pour Liam.
 
Je me sens tellement con, tellement tellement tellement con. Je ne suis même pas capable d'intervenir. Je vois les épaules d'Harry trembler, et je les déteste atrocement de le faire souffrir ainsi.
 
_C'était leur dernière nuit, intervient Gemma, On l'a autorisé juste pour ça.
_Dernière nuit, répète Edward d'un air dégoûté, Il n'y aurait même pas dû avoir de première, sérieux !
 
Il tourne des talons, quittant la pièce brusquement.
 
_Edward ! S'exclame Gemma, à sa poursuite.
 
On se retrouve seuls avec Niall. Il ne dit pas un mot et je pense que la honte se lit clairement sur nos deux visages.
 
_Je suis désolé, bafoue Harry, après un temps.
_Tu ne peux pas me parler à moi, mais tu arrives à le ramener à la maison... Il commente, blessé.
_Niall, steuplé...
 
Mais son cousin ne l'écoute pas et sort de la chambre à son tour. Je crois que ça a touché Harry en plein dans le c½ur.
 
_Putain, il souffle, s'enfonçant dans le matelas.
 
Il enfouit sa tête dans l'oreiller, dos à moi. Je glisse ma main sur sa hanche pour venir me coller dans son dos. Je l'embrasse dans la nuque, ne sachant quoi dire pour le consoler. Alors, je me contente de caresser sa hanche avec ma main, la descendant jusqu'à son ventre. Je lui embrasse l'épaule, titillant son nombril avec mon doigt. Il rit, dans l'oreiller, me donnant un coup de coude.
 
_Arrête, ce n'est pas drôle.
_Je ne sais pas quoi dire, je me défends.
_Parce qu'il a raison, il rétorque.
_Je sais, je souffle.
 
J'embrasse son épaule, une deuxième fois, pressant mes lèvres sur sa peau.
 
_Je sais, je répète, amer.
 
Harry finit par se retourner vers moi. Les larmes perlent dans ses yeux. Je passe une main sur sa joue et murmure, tout bas :
 
_Je suis désolé.
_Ce n'est pas de ta faute.
_Si, ça l'est.
 
Il ne répond pas, avalant sa salive avant d'essuyer ses yeux. Puis il se relève du lit, sans rien dire. Il sort du lit, titubant légèrement, et le drap tombe sur le sol de sa chambre.
 
_Je dois aller prendre une douche, il m'informe, enfilant son jogging.
_D'accord.
_Je fais vite. Attends-moi avant de partir.
_Bien sûr.
 
Harry sort de la chambre et je fais semblant de ne pas savoir qu'il part pleurer dans sa salle de bains. Alors, je me relève du lit, cherchant mes fringues. Je les enfile, la gorge serrée et retenant mes mains qui tremblent. Mes mains qui tremblent de tout, de peine, de rage, de peur.
Je m'installe sur son lit, attendant son retour. Mon regard parcourt la chambre trop rangée pour être la sienne, sa valise est posée à côté de son bureau, déjà remplie et ça me donne envie de vomir.
Je glisse mes mains à l'intérieur de mon blouson, sentant un morceau de papier sous mes doigts. Merde. J'avais failli oublier. Je me relève du lit et sors de la chambre. Je suis seul dans le couloir. J'avance doucement, entendant le bruit de la douche. J'observe les prénoms écrits sur chaque porte et m'arrête sur celle de Perrie. Je frappe mais personne ne répond.
J'entends des bruits de vaisselle en bas et suppose qu'elle est avec les autres en train de prendre son petit déjeuner. Tant mieux, je crois que je n'étais pas prêt à l'affronter ce matin. Je pousse la porte lentement et m'engouffre dans la pièce, me dirigeant vers son bureau. Je sors la lettre de mon blouson, observant le prénom de Perrie qu'on déchiffre difficilement de l'écriture tremblante de Zayn. J'ai piqué la lettre à Isaac, hier. Il ne voulait pas la lui donner et je me suis dis que c'était la moindre des choses que je pouvais faire pour eux. J'avais prévu de donner la lettre à Gemma, mais je crois qu'elle sera plus en sécurité dans les mains de sa destinataire. Parce que je ne sais plus très bien à qui je peux faire confiance, désormais. Je dépose la lettre sur le bureau puis quitte sa chambre, rejoignant celle d'Harry. Je m'installe sur son lit.
Il s'engouffre dans la chambre quelques minutes plus tard. Il porte, comme d'habitude, un slim noir avec une chemise à carreaux. Ses cheveux sont encore mouillés et des gouttes coulent le long de son visage. Il a les yeux rouges.
Il ferme la porte derrière lui et se dirige vers sa table de chevet. Sans parler, il attrape son portable, ses écouteurs et son chargeur pour les ranger dans son sac. En fait, il finit sa valise comme si je n'étais pas là et, lorsqu'il réalise qu'il ne trouve plus rien à faire pour m'éviter, il finit par se retourner vers moi.
 
_Je devrais... Il commence, Il faut que je rattrape le coup avec ma famille. Je ne veux pas partir alors qu'ils me détestent.
_Ils ne te détestent pas.
_Mais je dois leur parler, il insiste.
_Je comprends.
 
Je me relève de son lit. Je crois qu'il me fout clairement à la porte et, honnêtement, je ne sais absolument pas comment le retenir. Et puis, moi aussi, je dois rattraper le coup avec ma famille. Je les ai plantés hier soir. J'ai l'impression qu'il est temps pour tous les deux qu'on récupère ce qu'on a perdu.
 
_Ça va aller, toi ? Me demande Harry, L'enterrement.
 
J'acquiesce même si j'ai envie de lui répondre « non », parce que c'est la vérité, ça ne va pas. Ça ne va pas du tout, même. Comment est-ce que ça pourrait aller ?
 
_On descend ? J'enchaîne.
 
Il hoche de la tête et mon c½ur se pince si fort que je retiens une grimace d'apparaître sur mon visage. Harry se dirige vers la porte de sa chambre, je le suis, les mains dans les poches. Il pose la main sur la poignée puis s'arrête quelques secondes.
 
_Haz... Je murmure.
_Si on avait été dans une autre vie, on aurait été tellement heureux, tous les deux.
_Dans une autre vie, on ne se serait peut-être pas rencontrés, je lui fais remarquer.
_Je ne crois pas que j'aurais pu passer à côté de toi.
 
Harry se retourne vers moi, il écrase ses lèvres contre ma bouche et m'empoigne par les hanches. Je lui rends son baiser, le poussant contre le battant de la porte pour l'avoir tout contre moi.
 
_Je ne voudrais pas t'avoir rencontré dans une autre vie, je murmure, me détachant de ses lèvres, Parce que tu as donné du sens à celle que je vis et c'est ça, le plus incroyable. Merci Harry fucking Styles.
_Merci Louis fucking Tomlinson, il me chuchote, tout bas, avant d'embrasser chastement mes lèvres.
 
Je me recule de deux pas et Harry ouvre la porte de sa chambre. Je le suis dans le couloir, descendant les escaliers. Je souris en me rappelant de la nuit où je les avais descendus en douce, après avoir passé la nuit avec lui. Personne ne savait, à cette époque. Pourtant, peu de temps après, on se disait adieu une énième fois.
Je souris de nouveau, on n'a jamais eu le courage de se dire adieu pour de vrai. Excepté cette fois, ça sonne différemment.
On passe devant la cuisine, ils y sont tous. Ses parents, Gemma, Edward, Niall et Perrie. Je croise son regard qu'elle a caché sous de larges traits d'eye-liner, peut-être pour masquer la tristesse dans ses yeux. Je détourne mon regard, mal à l'aise. Les autres me snobent, sauf Gemma qui relève son regard vers moi. Je crois que je lis dans ses yeux qu'elle ne sera pas capable de faire mieux que ce qu'elle a déjà fait. Je ne lui en veux pas. Elle a sûrement fait plus que ce que ma propre famille aurait été capable. Alors, je lui souris, sincèrement, peut-être bien pour la première fois de ma vie.
 
_Je raccompagne Louis dehors et je vous rejoins, annonce Harry.
 
Personne ne lui répond et ça me donne envie de les insulter. Ils refusent de le regarder alors que je donnerai toute ma vie pour rester avec lui plus longtemps. Je les déteste de ne pas réaliser la chance qu'ils ont de l'avoir parmi eux.
 
_D'accord, rétorque Gemma, Mona a préparé des pancakes.
_Cool.
_Harry, les interrompt leur père, Dépêche-toi de dire au revoir. Je veux qu'on parte tôt.
_Oui. Je reviens.
 
Et je me décide enfin à intervenir :
 
_Au revoir. Je m'excuse pour...
 
... Le dérangement ? Je m'arrête. Je crois que je m'excuse simplement d'exister et de représenter tout ce qu'ils méprisent le plus dans ce monde : les Tomlinson.
 
_Vous n'entendrez plus parler de nous, je reprends.
_Si seulement, soupire Edward avec ironie.
_Viens, rétorque Harry, me prenant par la main.
 
Il me tire à lui et je le suis. On sort de la maison, avançant jusqu'au trottoir. Harry se retourne vers moi et on se regarde, en silence, jusqu'à ce que je commente en riant :
 
_Il faudrait vraiment compter le nombre de fois où on s'est dit au revoir depuis qu'on se connaît.
_Peut-être autant de fois qu'on s'est embrassés, fait remarquer Harry, riant à son tour.
_Alors, je reprends, J'espère qu'on aura l'occasion de se dire au revoir, à nouveau.
_J'espère qu'on aura l'occasion de s'embrasser, à nouveau.
 
Je souris avant de poser mes lèvres sur les siennes. On s'effleure doucement et brièvement, parce qu'on est dans en extérieur et que c'est quelque chose qu'on n'a jamais réussi à surmonter. Assumer pleinement, je veux dire.
 
_Au revoir, Boucle d'or, je souffle.
_Au revoir, Grand méchant loup, il rétorque, avant de froncer des sourcils et d'ajouter, Cela-dit, j'ai toujours détesté ce surnom, c'est ridicule.
_Ferme-là, bordel. Pourquoi tu casses toujours tout comme ça ?
 
Il rit puis dépose un bref baiser sur ma joue, se reculant de deux pas.
 
_Tu m'excuseras, mais j'ai une famille entière remontée contre moi à affronter.
_Bonne chance pour ça.
_Bonne chance à toi aussi.
 
Je tourne des talons définitivement. J'entends la porte se fermer dans mon dos et je crois que j'ai dû mal à bien réaliser ce qu'il se passe. Je plante mes mains dans mes poches, avançant jusqu'à la bouche de métro. J'agis comme un automate. Je monte dans la rame, observe les stations défiler, descend à mon arrêt. Je ressors à la surface, prend le chemin pour rentrer chez moi. Je me dis que si on était dans un film, il pleuvrait à torrents. Sauf qu'il fait beau, aujourd'hui, et que ça ne marche pas comme ça, le temps ne s'adapte pas à mon humeur car le monde ne s'adapte pas à ma vie. Le monde s'en fout de ma vie, de la sienne. Le monde, il tourne comme avant et moi, j'ai l'impression de tourner dans le mauvais sens. Je me prends le vent dans la gueule.
Je m'arrête devant chez moi, quelques secondes, avant de me décider à entrer. Je sens de l'effervescence à l'intérieur. Ma mère est au téléphone et crie quelque chose à propos de fleurs qui ne seront pas livrées à temps, Félicité essaie de préparer les jumelles dans le salon mais Daisy est en train de pleurer.
J'entre dans la pièce, ma mère me jette un coup d'½il. Elle me regarde à peine et retourne à sa conversation, sans un mot pour moi. Je n'ose même pas annoncer ma présence. Je crois qu'ici ou absent, je suis totalement invisible à leurs yeux. Je le mérite, probablement.
Lottie descend les escaliers en trombe. Elle s'arrête devant moi brusquement lorsqu'elle m'aperçoit.
 
_Salut, je murmure.
 
Elle s'apprête à répondre, mais je vois son regard s'arrêter sur les marques, dans mon cou.
 
_Tu fais pitié, Louis.
_Lottie...
_Il faudrait peut-être que tu comprennes qu'il y a plus important que tes amours à la con, comme l'enterrement de ton cousin de dix-sept ans.
 
Elle me plante là, rejoignant Félicité pour aider les petites à s'habiller. Je ne trouve rien à répondre et me dirige vers les escaliers. Je monte les marches une par une, le c½ur un peu plus lourd à chaque pas. Ne craque pas. Première marche. Ne craque pas. Deuxième marche. Ne craque pas. Troisième marche. Ne craque pas. Quatrième-.
Je tombe nez à nez avec Stan. Il sort de la douche vu l'odeur qui émane de lui. Ses cheveux encore mouillés gouttent sur son costume noir. Il me fixe de ses grands yeux marrons et je ne trouve rien d'autre à faire que de bafouiller ces quelques mots :
 
_Je suis désolé, je ne suis pas rentré hier soir.
_Je sais.
 
Je reste silencieux et Stan ajoute :
 
_J'imagine que ce n'est pas Gemma qui t'a fait ces suçons.
_T'es con.
_Toi, tu l'es.
 
Il continue son chemin, m'assenant un coup d'épaule au passage. D'habitude, je ne le laisserai pas me manquer de respect comme ça, mais ce matin, je n'en mérite tellement pas que je ne dis rien.
Je continue de monter l'escalier, honteux. Cinquième marche. Ne craque pas. Sixième marche. Ne craque pas. Septième marche. Ne craque pas.
J'entends Daisy hurler en bas et mes s½urs qui essaient de la consoler. Ma mère s'énerve au téléphone. Stan hurle qu'il faut lui donner à manger mais qu'il n'a pas le temps car il doit aller chercher les fleurs. Huitième marche. Ne craque pas. Neuvième marche. Ne craque pas.
 
_Je m'en occupe ! Crie Isaac.
 
Il vient d'apparaître dans l'escalier et les descend en trombe pour rejoindre ma famille. Pas une seule seconde son regard ne s'arrête sur moi. Je me retourne vers le bas et l'aperçoit attraper Daisy dans ses bras pour la consoler et l'amener à la cuisine. J'entends ma mère le remercier au loin et reprendre sa conversation. Stan quitte la pièce en disant qu'il va tout arranger.
Dixième marche. Ne craque pas. Onzième marche. Ne craque pas.
 
_Stan est parti prendre les fleurs ?
 
Je me retourne vers Aïden qui vient de me poser la question.
 
_Euh oui, je crois, je bafoue, presque surpris qu'on ait remarqué ma présence.
_Tu sais où est Eleanor ?
_Non.
_Dans la chambre de Waliyha, répond Lottie en bas de l'escalier, Elles se préparent.
_Ok je vais leur dire de descendre manger, enchaîne Aïden, remontant l'escalier.
 
Douzième marche. Ne craque pas. Treizième marche. Ne craque pas. Quatorzième marche. Ne craque pas. Quinzième marche. Je m'arrête dans le couloir, inspirant longuement pour me calmer. Pas maintenant, Louis, pas maintenant.
Je rentre dans ma chambre et récupère mes affaires pour l'enterrement, avant d'aller m'enfermer dans la salle de bains. J'ôte tous mes vêtements, les laissant sur le sol. J'entre dans la douche et allume le jet d'eau froide. L'eau coule et mes larmes déferlent sur mes joues. Je tombe, au sol, mes genoux contre le carrelage. Je réalise brusquement ce que j'ai fait. Je réalise que je les ai abandonné au moment où ils avaient le plus besoin de moi. Mes s½urs, ma mère, mes cousins. Je pleure parce que j'ai mal pour eux. J'ai honte de moi. Je suis tellement minable. Un chef de clan en pacotille, c'est tout ce que je suis, tout ce que j'ai été capable d'être. Une pacotille.
Je finis par me relever, essayant d'effacer mes yeux rouges sous le jet d'eau froide. Je dois me dépêcher si je ne veux pas qu'ils partent sans moi. Je sors de la douche, me sèche et enfile mon costume rapidement. Je n'ai pas spécialement envie de voir mon reflet maintenant, mais je me force pour voir les dégâts de mon cou. Le trop plein d'amour qui y apparaît ressemble à de la honte, désormais. Putain, ça fait chier. Je sors de la salle de bains, en trombe, allant frapper à la chambre de Lottie.
 
_Oui, j'entends sa voix.
 
Je m'engouffre dans la pièce, même si elle détourne le regard quand elle me voit entrer.
 
_J'ai besoin de ton aide en maquillage, je commence.
_Va te faire foutre, sérieux.
_Lottie, s'il te plaît, j'insiste.
 
Elle soupire et me fait signe de la tête de m'asseoir sur son lit. Je m'empresse de le faire, la remerciant. Ma s½ur se lève et attrape son fond de teint sur sa coiffeuse. Elle s'avance vers moi. Sans parler, elle attrape mon visage pour l'écarter et observer mon cou. Elle prend son pinceau et poudre la zone. Elle évite mon regard. Ses gestes sont si froids et distants que j'en ai mal au c½ur.
 
_Tu l'as rencontré, toi, je murmure, Tu sais.
_Tu aurais dû passer la soirée avec nous, elle rétorque.
_Il part, je me défends, C'était notre dernier moment ensemble.
_Il part où ? Elle enchaîne, en évitant toujours mon regard.
_En cure.
_Donc il reviendra ?
_Je ne sais pas.
 
Elle observe son travail dans mon cou, puis décide de repasser une couche.
 
_Il reviendra, elle répète, sans la forme interrogative, Il t'aime.
_Moi aussi.
_Qu'est-ce qu'il a fait de plus que nous pour avoir cet honneur ?
 
Lottie referme son poudrier, mais c'est comme si elle m'avait mis un coup de poing dans le ventre. Elle s'éloigne pour reposer son fond de teint sur sa coiffeuse, s'installant devant pour continuer son maquillage à elle.
 
_Je vous aime, je bafouille, perplexe.
_J'ai des choses à faire, Louis.
 
Ça me brise encore un peu plus le c½ur, mais il est déjà tellement mal en point que je ne trouve pas la force d'insister. Je me relève de son lit, quittant la pièce d'un pas lent.
Je rejoins ma famille, en bas, personne ne fait attention à moi, alors je me contente de me préparer un café. Je les observe organiser les préparations de dernières minutes, puis finit par suivre le mouvement lorsqu'on part rejoindre le cimetière dans lequel est organisé l'enterrement civil. On a réussi à éviter la presse, cette fois-ci, même si j'aperçois quelques paparazzis dissimulés.
On est en extérieur. Des chaises blanches ont été installées dans le grand parc accolé au cimetière. Le cercueil avec un portrait de Zayn trône sous un grand arbre. Les places de devant nous sont réservées, on s'y installe. L'enterrement est classique, presque trop sobre. J'ai l'impression d'être un fantôme, qu'on l'est tous, comme si le seul être vivant ici, c'était Zayn dans son cercueil.
Je retiens mes larmes lorsque je vois tous mes cousins pleurer. J'ai l'impression d'être une imposture. L'impression de ne pas avoir le droit d'être là. Chaque famille doit passer faire un discours. En premier, ce sont Isaac et Waliyha. Mon cousin la tient par la main, elle tremble et n'arrive pas à prononcer un mot. Isaac tente de dire le discours à sa place, mais ses pleurs dans le micro sont les seuls bruits qui nous parviennent. Ils retournent s'asseoir et c'est au tour d'Aïden, Stan et Eleanor. C'est elle qui prend la parole, parce que je crois que ses deux frères sont incapable de sortir un seul mot. C'est beau, clair, simple, à son image. Elle lui rend hommage d'une si belle façon que j'entends ma mère pleurer à côté. J'observe Stan, les lèvres crispées et le regard dans le vague, comme s'il n'était pas vraiment là. Aïden est juste derrière lui, c'est à peine perceptible mais sa main est posée dans le dos de son frère, pour le retenir au cas où il s'écroule. Eleanor termine son discours. On l'applaudit et ils retournent à leur place, tous les trois.
Je sens mon c½ur se compresser dans ma poitrine. C'est notre tour. Je me lève et me retourne vers Lottie. Elle ne me regarde pas, se contentant d'attraper la main de Félicité. Ma mère nous amène les jumelles. Je prends Phoebe dans mes bras, tandis que Lottie attrape Daisy. On se dirige vers le pupitre. Je serre ma petite-soeur dans mes bras. Elle cache son visage dans mon cou.
Je m'arrête devant le micro. On s'était mis d'accord sur le fait que je parlais pour tout le monde, mais je n'en ai absolument pas la force. Je relève mon regard vers l'assemblée, tout le monde me scrute, et ça me fait me sentir encore plus mal.
Je me racle la gorge, commençant :
 
_Je vous remercie d'être venus pour nous soutenir dans cette difficile épreuve.
 
Je me déteste. Moi, et mes mots clichés. Moi, et mon discours tout fait.
 
_Je... Enfin...
 
Je perds mes mots. Je ne sais même plus la suite. Les larmes me montent aux yeux et ma gorge me brûle.
 
_Zayn est... euh était....
 
Je perds tous mes moyens, je sens Phoebe descendre le long de mon corps et la remonte brusquement jusqu'à moi.
 
_Louis, elle murmure, me serrant dans ses bras.
_Je n'y arrive pas, j'informe Lottie, sauf que je viens de parler dans le micro et que tout le monde me regarde d'un air peiné.
 
Le rouge me monte aux joues. J'ai envie de m'enfoncer sous terre, envie de m'écrouler. Je ne voulais pas que tout ça arrive. Alors, qu'est-ce qu'ils veulent que je leur dise, merde ? Que je suis désolé ? Que j'aurais dû arriver plus tôt ? Que j'aurais dû dire la vérité à Stan et Isaac bien avant que tout ce merdier arrive ? Que je n'aurais jamais dû aimer Harry ? Que je n'aurais jamais dû le rejoindre la nuit dernière même si j'en crevais d'envie ? Que j'ai envie de crever maintenant ? Parce qu'il n'y a plus rien qui m'intéresse, pas même eux. Ouais, pas même eux. Pas cette vie. C'est vrai, Lottie avait raison. Je suis un grand frère horrible. Une personne profondément égoïste et immorale. Je ne peux pas leur dire. Je ne peux pas parler. Je ne peux pas-
 
_Louis, m'interrompt Lottie, posant sa main dans mon dos, Ils sont là.
_Je sais, je vous vois, je réponds, sans comprendre.
_Non, ils sont là. Les Styles sont là.


 
 
Je relève brusquement mon visage vers le parc. Mon c½ur s'arrête de battre. Mes yeux se voilent instantanément. Gemma est devant, une rose blanche dans les mains. Perrie se tient pas loin derrière, elle a une rose, elle aussi. Ils ont tous une rose. Edward, Niall... Harry. Harry est là. Leurs parents sont un peu plus loin, dans le fond du parc.
Je lâche Phoebe, la faisant descendre lentement le long de mon corps alors que je suis incapable de me détacher de la vision que j'ai sous les yeux. Ils sont venus. Ils sont venus à l'enterrement de Zayn. Je descends de l'estrade, titubant légèrement parce que mes jambes ne savent plus très bien pourquoi elles doivent me porter. Je m'avance vers eux, tous les invités nous dévisagent, en silence. Mais personne ne dit rien, ni ma mère, ni Aïden, ni Isaac, ni Stan.
Je m'avance un peu plus dans l'allée, je sens qu'on me dévisage mais je ne peux pas m'empêcher de les regarder eux, les Styles, ici.
Gemma finit par avancer vers moi. On est chacun à notre bout de l'allée. L'image m'éc½ure. Les deux chefs de clans, les deux chefs de rien. Il y a une famille détruite derrière elle, un cercueil dans mon dos. On se rapproche, les yeux dans les yeux. Je ne comprends pas. Je ne comprends plus. Je ne comprends rien. Je m'arrête en arrivant à sa hauteur. Je n'ai toujours pas l'impression que tout ceci soit réel.
 
_Toutes nos condoléances, murmure Gemma.
 
Je me retourne vers sa famille. Ils sont là et moi, je suis incapable d'ouvrir la bouche, ça n'a aucun sens. Ils sont là, putain, devant moi, devant les Tomlinson. Sobres et respectueux. Ils sont venus là pour nous.
 
_Merci, je bafouille.
_Est-ce que vous autorisez Perrie à dire adieu à Zayn ?
 
Je bifurque mon regard vers sa cousine. Son eye-liner de ce matin a coulé sous ses yeux, le noir trace des sillons sur ses joues. Elle a la lettre de Zayn entre les mains, chiffonnée. Elle tremble. Sa rose blanche, elle serre sa rose blanche. Je me rappelle, brusquement. Les roses blanches. Il y en avait partout à son bal d'anniversaire. Elle les avait prévu dans son conte de fée, pas pour enterrer son prince.
 
_Elle aimerait lui dire au revoir, elle aussi, reprend Gemma, attendant toujours ma réponse.
 
Je me retourne vers Isaac. Il s'est avancé vers nous, un air hébété sur le visage. Son regard s'arrête sur la lettre, puis il se retourne vers moi. Je lis dans ses yeux qu'il a honte. Honte de ne pas avoir réussi à la lui donner en main propre. Je crois même qu'il me remercie du regard de l'avoir fait pour lui, enfin, pour Zayn, surtout. Alors, il se contente de hocher la tête.
 
_Bien sûr, je réponds.
_Merci.
 
Perrie essuie ses joues, probablement surprise qu'on lui ait donné notre accord. Elle lâche la main de Niall qu'elle tenait fermement, s'avançant vers sa cousine. Elles se tombent dans les bras, se serrant fermement, et je crois comprendre que Perrie la remercie. Puis Gemma se détache de son corps tremblant de peine, venant embrasser le sommet de son crâne pour la calmer.
Perrie souffle un grand coup, sa lettre encore dans les mains et finit par avancer dans l'allée. Je n'arrive pas à détacher mon regard. Elle est là. Une Styles, traversant le clan Tomlinson pour rejoindre le cercueil de la personne qu'elle aime. Qu'elle aime malgré notre passé, qu'elle aime malgré la mort de Liam, qu'elle aime malgré tout, malgré nous, malgré elle. Qu'elle aime plus que tout.
Et, seulement à cet instant, je me retourne vers Harry. Mon regard percute le sien, comme ce soir-là, au bal, quand j'étais revenu chercher Zayn, seul au milieu de tous les Styles. Je crois que c'est ce soir-là, que tout a commencé. Parce que j'ai vu dans ses yeux, une micro-seconde, qu'il a eu peur pour moi. Comme maintenant. Dans ses yeux, je vois qu'il a peur.
Je fais un pas vers lui puis m'arrête. Je ne peux pas. Je ne peux pas encore leur faire ça. A ma famille. Je ne peux pas les abandonner. Pas maintenant. Je n'en ai pas le droit.
 
_Retourne là-bas, il me murmure, du bout des lèvres.
 
Je sens mon c½ur se pincer parce qu'il est probablement la seule personne sur cette terre à me comprendre avec un seul regard. La seule foutue personne qui a décidé de partir. J'inspire puis me recule de deux pas pour rejoindre ma famille. Je retourne m'asseoir avec mes cousins, attrape Daisy au passage et la prend sur mes genoux. J'observe Perrie qui avance vers le cercueil, elle s'arrête devant le portrait de Zayn et déplie sa lettre en tremblant.
 
 

 
Harry
 
 
_Mon ange, commence à lire ma cousine, la voix tremblante, Quand tu liras cette lettre, je serais monté au ciel avant toi. Je ne pouvais pas rester ici en ayant pris la vie d'un autre, j'espère que tu le comprendras.
 
Elle s'arrête de lire quelques secondes. Je crois que j'ai mal au ventre autant qu'elle. J'admire son courage, j'admire de la voir là, droite, fière, devant les Tomlinson. J'admire la façon qu'elle a de se foutre de l'incohérence de sa présence. Je sens une bouffée de chaleur en moi, lorsque je réalise, que quand je la regarde ainsi, je vois Gemma. Je vois Gemma la combattante, Gemma l'indestructible. J'ai toujours pensé que les femmes de ma famille étaient les plus fortes de notre groupe. A cet instant, je me dis que je n'ai pas eu tort.
 
_Mais si je n'ai pas eu la force de continuer, toi, je sais que tu y arriveras, reprend Perrie après avoir pris une grande bouffée d'air frais pour calmer le tremblement dans sa voix, Ne laisse pas la peur t'emporter, ne laisse pas la peine t'effacer. Vie et dis-leur de vivre. A ta famille, à la mienne. Que tout ceci ne soit pas arrivé pour rien, que toute cette douleur ne soit pas inutile.
 
Je me mords l'intérieur de la joue pour ne pas exploser en sanglots. Je comprends pourquoi elle a voulu venir ici en découvrant la lettre. Zayn aurait été fier d'elle. Je le suis, moi. Fière qu'elle soit capable de parler en public devant les Tomlinson et puis, surtout, de nous avoir convaincus, nous, de faire demi-tour pour aller à l'enterrement. Ça n'a pas été facile de faire entendre raison à mon père, mais Perrie a tellement pleuré dans la voiture qu'il a fini par faire demi-tour, d'un seul coup, sur la route, alors que personne ne s'y attendait et qu'on avait plus ou moins abandonné l'idée.
On a tous remercié mon père, même Niall, parce que je crois qu'il ne supportait pas de voir sa s½ur dans cet état déplorable. Il n'y a que Edward qui est resté silencieux. Encore maintenant, je ne l'ai pas entendu dire un mot. Mais il est là, pourtant, il tient la rose, comme nous. Peut-être qu'il se dit que Liam l'aurait voulu. Une trêve.
 
_Dis-leur, montre-leur, que tu es encore là, que tu te bats encore, que tu souris encore, récite Perrie avec un peu plus d'assurance à chaque inspiration, Montre-leur, mon ange, qu'ils ne t'ont pas coupé les ailes. Dis-leur, que moi, Tomlinson, je suis tombé fou amoureux d'une Styles. Dis-leur qu'ils ont tort s'ils croient que je le regrette. Je regrette leur guerre, je regrette leurs accidents, je regrette leurs erreurs, je regrette avoir pris l'un des tiens.
 
Mon c½ur s'émiette un peu plus à chaque mot, au sens de chaque phrase. Ce n'est pas Zayn qui parle, c'est le bon sens, la raison, l'évidence. Alors, je n'arrive plus à me retenir et explose en sanglots. Gemma attrape ma main de suite et je vois Louis se retourner brusquement. Il hésite à me rejoindre, je le lis dans ses yeux. Puis son regard s'arrête sur ma main entrelacée à celle de ma s½ur et je le vois se rasseoir dans son siège, un air torturé sur le visage. Mais c'est mieux ainsi.
 
_Je regrette Perrie, continue ma cousine, contenant ses larmes parce que je sais qu'elle m'a entendu, Je regrette et je refuse de faire comme eux. Je refuse de vivre avec ce regret. C'est pour ça que je préfère partir. Alors, dis-leur. Dis-leur de vivre sans ces regrets ou de mourir avec s'ils en ont le courage. Mais qu'ils arrêtent de vivre comme ça, les tiens ou les miens. Non, je retire, même ça, ça n'existe pas. On n'est pas sacrés. Dis-leur, ça aussi, qu'ils ne sont pas sacrés. Ce n'est pas de l'or qui coule dans nos veines, c'est juste du sang, comme tout le monde. Alors, leurs histoires de clan, de rang, de pouvoir, ça aussi, c'est du vent. Cette lettre, je l'écris à toi mais elle est pour eux. Parce que tu sais déjà tout ça, parce que je sais que tu seras la seule à avoir le courage de la lire. Et ça, ça te rend différente d'eux. Toi, tu es sacrée. Ne l'oublie jamais. Je-
 
Elle s'arrête dans sa lecture, je crois qu'elle préfère garder la fin pour elle, même si on a tous deviné la suite. Perrie replie la lettre, de ses mains tremblantes, avant de fixer le portrait de Zayn. Il y a un silence gênant, tout autour, jusqu'à ce qu'on entende de nouveau sa voix :
 
_Si j'étais ton ange, Zayn, je t'aurais ramené à la maison.
 
L'ambiance retombe brusquement. Tout devient lourd, pesant, presque froid. On s'entend juste respirer.
 
_J'aurais ramené Liam à la maison, elle continue.
 
Gemma sert ma main si fort dans la sienne, que je ne sais plus très bien qui soutient l'autre, à présent.
 
_Si j'étais un ange, j'aurais empêché mon frère de violer Eleanor, cette nuit-là. Je l'aurais empêché de finir sa vie en prison.
 
Je sens ma s½ur se crisper et me retourne vers elle. Elle a l'air inquiète, je crois qu'elle a compris que quelque chose n'allait pas avec Perrie.
 
_Si j'étais un ange, j'aurais empêché la bagarre qui a coûté les jambes de Niall.
 
Ma cousine s'approche du cercueil, glissant sa main sur le bois brillant, avant de déposer sa rose blanche sur le dessus.
 
_Je ne suis pas un ange, Zayn, et je n'ai pas d'ailes. Tu t'es peut-être envolé, mais moi, je suis restée à terre.
 
Sa voix n'est pas comme d'habitude. J'ai envie de la rejoindre maintenant, mais j'ai peur de gâcher son moment. Peut-être qu'elle a juste besoin de mettre des mots sur sa colère. Peut-être qu'elle a juste besoin de se libérer.
 
_Et c'est égoïste, elle ajoute, De s'envoler tout seul.
 
On se crispe instantanément avec Gemma. Parce qu'on connaît trop bien le tremblement qu'on a entendu dans sa voix. Elle va craquer. Maintenant. Sauf qu'on n'a pas le temps de réagir et que j'entends déjà ma cousine s'emporter brusquement :
 
_Putain !
 
Perrie fait valser le portrait de Zayn d'un coup de bras et un cri d'indignation s'échappe de la foule. Gemma réagit immédiatement, je crois même qu'elle avait commencé à courir avant même que Perrie ne casse le cadre. J'essaie de la suivre. Les chaises se bousculent devant moi et il y a un mouvement de foule, je ne vois plus rien. Je me sens bousculé alors qu'un cri d'effroi me stoppe littéralement dans mon élan. Un cri qui résonne jusque dans mes os. Ce cri. Le même que j'ai entendu cette nuit-là, le même qui est sorti des lèvres d'Edward. La douleur du souvenir me cloue sur place. Je me sens projeté des semaines en arrière.
 
_NON ! Hurle Gemma, encore plus distinctement.
 
La vision d'horreur me frappe en plein dans le c½ur. La peur me tord le ventre. Ma cousine tient un morceau cassé du verre dans sa main. Il brille au rayon du soleil et je suis pris d'une soudaine envie de vomir.
 
_Lâche ça, Perrie.
 
Je titube de deux pas en arrière tant le coup que je viens de recevoir est trop lourd à porter. Elle avait tout gardé pour elle, depuis le début. Le viol de Greg, l'accident de Niall, la folie de sa mère, l'absence de son père, la mort de Liam, la fuite de Zayn, son overdose, ma tentative de suicide. Elle avait tout gardé et, comme des cons, on pensait qu'elle le surmonterait. Putain, mais qui surmonterait ça ? Ce n'est pas humain de surmonter ça. De voir les gens qu'on aime disparaître les uns après les autres. Et elle, elle est humaine, comme tout le monde. Je crois qu'on avait juste fini par l'oublier. Je crois même qu'on n'a jamais changé, que toutes ces morts ne nous ont jamais changés, qu'on continue d'avancer les yeux fermés, qu'on ne regarde pas si les autres nous suivent, tant que nous, on arrive à mettre un pas devant l'autre.
Je suis incapable de parler, incapable de bouger. Ma vue se brouille et je ne sens plus mes jambes. Je suis prêt de m'écrouler lorsqu'un bras vient se poser sur mon ventre. Brusquement, je suis entraîné en arrière et m'enfonce dans le torse de Louis. Je le reconnais de suite. Par son odeur et la façon qu'il a de me toucher. Avec fermeté et douceur à la fois, je ne sais même pas comment c'est possible.
 
_Je suis là, il dit, tout bas.
 
Ou alors il le crie, mais je n'entends pas bien les sons. J'ai comme un flou autour de moi, je n'entends plus mes cousins crier, je ne vois pas la scène, tout est brouillé. Mon c½ur s'emballe dans ma poitrine. Je me demande pourquoi je suis toujours aussi inexistant dans ce genre de moment crucial. J'aimerais hurler, pleurer, courir. J'aimerais être là, mais je n'y arrive pas. Je suis absent. Totalement absent.
 
_Respire, Harry, murmure Louis.
 
Mais, même ça, je ne peux pas.
 
_Ça va aller, il continue, passant une main dans mes cheveux, Respire, s'il te plaît.
 
Je me fiche de respirer, bordel.
 
_Calme-toi, regarde Stan.
 
Qu'est-ce que j'en ai à foutre, sérieux ?
 
_Regarde, Harry.
 
Mes yeux sont brouillés de larmes, je ne sais pas de quoi il me parle. Je ne sais même plus lequel de ses cousins est Stan. Et j'en ai rien à foutre, surtout. J'essaie de me débattre, dans ses bras, suffocant.
 
_Regarde, il insiste.
 
Alors, j'essaie de me concentrer sur ce qui se passe devant moi. Je vois ma s½ur, elle s'avance lentement, elle est proche de ma cousine. Puis je le vois, enfin, Stan. Il est juste derrière Perrie, mais elle ne l'a pas vu.
Ils se regardent, avec Gemma. Je comprends qu'elle est en train d'occuper notre cousine pendant qu'il s'approche discrètement. Je reste fixé sur eux, sur Gemma qui le supplie du regard d'agir, sur lui qui est prêt à le faire. J'ai peur de fermer les yeux. Peur que ça fasse comme la dernière fois. Peur de les rouvrir et de la voir morte devant moi. Peur de voir du sang, de ne voir plus que ça. Je me force à les garder ouverts malgré mes larmes.
Brusquement, un mouvement de Stan et la main de Louis passe devant mes yeux instinctivement. Je suis plongé dans le noir, m'enfonçant en lui quand je comprends que je viens de m'écrouler dans ses bras. J'entends des cris. Mon c½ur repart à une allure folle. Non, non, non, pas encore.
Je n'y survivrai pas. Pas cette fois.
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.
 
 
« These violent delights have violent ends
And in their triumph die, like fire and powder
Which, as they kiss, consume »
                                                     - Romeo and Juliet, W. Shakespeare
 

*Ces violents plaisirs ont une fin violente. Ils meurent lorsqu'ils triomphent, comme le feu et la poudre explosent en s'embrassant.


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____________________

Un ÉPILOGUE est prévu. 
Ne me tuez pas !!!
Dans tous les cas, j'espère de tout c½ur que vous avez aimez ce chapitre, 
pour moi, il représente beaucoup, surtout la scène de l'enterrement avec les roses blanches, 
j'ai imaginé cette scène au moins dix milles fois dans ma tête ♥ 
Je vous garde pour l'épilogue le petit mot de la fin, 
il devrait sortir dans à peu près deux semaines,
après mon retour de Pologne (coucou @Ellie_lefevre).
Je vous aime et encore merci pour tout ce que vous avez fait ♥
.
.
Annonce pour celles qui ne me suivent pas sur Twitter, 
ou même pour celles qui auraient loupé cette information,
L'acte 1 et 2 de Running Up en version papier est disponible sur Lulu ! 
Le lien pour celles qui sont intéressées : 
.
.
.
Chapitre dix.
 
 

Tags : #RunUpfic

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Comments :

  • HFxckYou

    01/07/2018

    mais putain non
    c'était tellement beau
    fichus Roméo et Juliette

  • RunningUp

    27/02/2016

    lisa-fictions wrote: "Je suis tellement impatiente de lire l'épilogue mais d'un autre côté j'ai peur. Tu me fais vivre une chose très difficile là mdrrr "

    hihi et moi je suis stressée de poster ahhhhh

  • lisa-fictions

    27/02/2016

    Je suis tellement impatiente de lire l'épilogue mais d'un autre côté j'ai peur. Tu me fais vivre une chose très difficile là mdrrr

  • RunningUp

    27/02/2016

    forxeslarry wrote: "Il y'a un truc que j'ai pensé quand j'ai encore relu ta merveilleuse histoire. Quand Eleanor disparait, elle été à la prison ou il y'a Greg et j'aurais beaucoup aimé voir leurs réactions, si elle le voyait, si il la voyait. En face, pour de vrai. Pas pour le mal.
    Malgré cette petite envie de découvrir un passage comme celui-là, tes personnages, ton histoire, le monde que tu as créé dans lequel je suis enfermé depuis que j'ai commencé à lire ton histoire, tout est parfait. Tout a sa place comme il faut, rien n'est en désordre. Je suis tombé amoureuse de cette histoire, je ne pourrai même pas dire le nombre de fois que je l'ai lue et relue. Peut-être 10 fois ou plus. Je connais certaines répliques à l'avance, tu penses que c'est grave ? C'est pas de ma faute si tu m'a rendue accro, c'est ma drogue à moi Running Up. Je te remercierais jamais assez d'écrire cette histoire, de me faire voyager avec quelques mots, d'exister, d'écrire d'écrire et encore écrire. Je te remercie pour tout malgré les larmes, malgré la peine, la rage, la haine, les cris, le désespoir, la tristesse, les larmes et encore les larmes. Cette histoire est une drogue, une addiction, un truc qui rend accro mais qui est néfaste pour notre santé mental, sérieux je crois que tu as torturé beaucoup de pauvres personnes, physiquiment et mentalement, rien qu'en écrivant des putains de mots qui donnes une putain de phrase, une putain de phrase ravageuse. Qui détruit.
    Merci pour tout. ♥

    -Quelqu'un qui se sent avec Liam, avec Zayn, avec Mark, avec tous ceux qui ont perdus la vie, alors qu'ils n'avaient rien fait à part exister dans ce putain de monde égoïste.
    "

    merci pour ton message, il me touche beaucoup, et j'ai un pincement au coeur à terminer cette histoire :(
    je te remercie également pour m'avoir suivi, c'est vous toutes qui m'avez encouragé à terminer cette histoire, ça aurait été impossible sans vous, je suis tellement triste de poster l'épilogue ce soir, mais en même temps j'ai tellement envie de lire vos réactions ! pleins de bisous xx

  • RunningUp

    27/02/2016

    insanefic wrote: "Comment tu veux qu'on ne te frappe pas? J'ai imaginé chaque détail et je vais tellement pas bien que j'ai pris une semaine avant de commenter. J'ai du le lire il y a trois jours et j'avais l'impression d'avoir mal lu ou un truc du genre, d'avoir imaginer ton chapitre et qu'en fait tout aller vraiment bien. C'est con mais j'avais oublié que dans roméo et juliette, les deux mourais. Donc ouais, je suis tomber de très haut quand je m'en suis rappeler. Quand TU me l'as rappelé et j'en suis à un stade ou je voulais pas me rappeler du tout. Je voulais que Perrie leur dise que même si elle est pas un ange, et qu'elle est juste humaine, elle peut essayer de je sais pas ramener la paix on va dire et elle veut juste ramener du sang. Alors déjà tu as tué Zayn (tu te souvient peut-être de moi, Zayn était mon personnage préféré et j'avais laissé un commentaire pour le dire, puis un autre juste après pour te dire que je te détestais de l'avoir tué mdr :(( ) alors s'il te plait, une happy end je veux pas pleureeeeeeeer. Mais bon Running up reste ma fiction préféré parce que chacune de tes phrases a tellement de sens, même chacun des mots en fait, et rien qu'une virgule pourrait me faire pleurer alors voilà, t'as tellement de talent que j'arrive pas à t'en vouloir. Je t'embrasses xxxxxxxx"

    ahah mdr oui je me rappelle du passage des commentaires avec Zayn, encore désolée pour ça ♥
    en tout cas ton message m'a fait plaisir (même si tu veux me tuer, un petit détails), je ne vais pas trop renchérir sur ce que tu as dit, car ça risquerait de spoiler l'épilogue qui sera posté ce soir, donc j'attends ta réaction avec impatience ! bisous xx

  • RunningUp

    27/02/2016

    AmelieCoeur wrote: "Depuis que tu as annoncé la sortie du dernier chapitre je me suis fait violence pour ne pas craquer. Je voulais absolument relire toute la fiction en entier avant de le découvrir. J'ai du coup redécouvert pleins de détails et de moments clés qu'au fil des mois de la publication des chapitres javais oublié... ton histoire est un véritable chef d’½uvre, et pas seulement sur le point de vue de l'histoire d'amour, c'est une leçon de vie. Me replonger dans cette histoire ces deux derniers jours m'a bouleversée, mais c'est un réel plaisir de te lire, même lorsque notre c½ur se tord tellement on ressent la douleur de tes personnages.J'ai hâte de lire l'épilogue, bien sur, je garde un petit espoir d'une fin heureuse pour nos deux tourtereaux mais je pense que la morale de l'histoire n'est pas forcément basée sur eux, et ça tu nous l'as fait comprendre tout au long de l'histoire. Donc voilà Running Up est fini mais je me console en me disant qu'il reste Blackout et Someone dont je suis aussi complétement accro. Toi et ta s½ur avaient de l'or dans les doigts... ne jamais lâcher votre plume, jamais !! le mot de la fin...MERCI"

    merci énormément pour ton message, je le dirais à Ana, tout ça nous fait tellement plaisir, c'est ouf ce qu'on vit depuis qu'on s'est lancées dans la fanfiction, ça fait vraiment du bien d'écrire et de partager avec vous !
    j'espère que l'épilogue te plaira, il sera posté ce soir ! je commence à stresser ! pleins de bisous xx

  • RunningUp

    27/02/2016

    HELLO its me Again wrote: "Il est vraiment rare que je me mette dans des états pareils lorsque je lis des romans, mais là, je suis une épave, littéralement. Non, je ne m'attendais absolument pas à une fin comme celle-ci. Pour être honnête j'aurais cru à une fin interminable avec des arguments de Louis et de Harry pour rester ou partir. Mais j'aurais dû savoir qu'avec toi, ça n'allait pas être banal. C'est de l'art. Il y a ce genre de fanfiction, genre After et autres, mais toi, ça s'appelle un roman à l'état pur. Un perle rare, un trésor, une oeuvre d'art! Je t'en supplie ne t'arrête jamais d'écrire. Tu as vraiment un don. Je ne sais pas d'où tu sors toute cette créativité, mais tu es sans relâche. J'ai pleuré, lors de chaque chapitres. Tu m'as boulversée, et m'a fait réfléchir sur la vie. Et je crois que ça que moi je cherche quand je lis. J'aime terminer de lire et apprendre de nouvelles leçons sur la vie. C'est ce que tu m'as apporté. Tu m'as fait grandir, d'une certaine façon, et je ne t'en remercierai jamais assez. Tu as cette manière de nous faire ressentir chaque émotion, chaque sentiment, que j'en sens encore mon coeur se serrer. "Nos étoiles contraires" était, jusque-là, le seul roman qui m'ait fait ressentir ça. Mais toi, tu as fais tellement plus. Tu as rendu ma vision des choses tellement plus belle et vivante. Je.. Je n'ai plus de mots, je me remets à pleurer. Je ne comprends pas comment tu arrives à me rendee si vulnérable. Pour moi, tu viens de surpasser John Green. Vous n'êtes pas dans les mêmes registres, tous les deux, mais les frissons que tu m'as donné, je ne les ai jamais connus ailleurs. C'est un roman que tu viens de nous partager. C'est ton chef d'½uvre. Tu pourras être fière de toi toute ta vie. Tu m'as fait voyager comme nulle autre n'a su le faire. Perrie n'était peut-être pas un ange, elle n'avait peut-être pas d'ailes pour voler, mais toi, tu lui as donné ce... Cette chose indescriptible que j'appelle courage. Ça me donne envie de me battre pour que la vie sois meilleure. Tu as rendu ma vie meilleure en mettant des mots sur tes pensées."

    wow c'est moi que tu veux faire pleurer maintenant, c'est ça ? tu te venges ? ;)
    Non je rigole bien entendu, ton message m'a vraiment fait très plaisir, j'ai senti mon coeur se pincer à chacun de tes mots, c'est vraiment adorable et je suis contente que cette histoire t'a apporté, autant que ce qu'elle m'a apporté aussi, je suis tellement triste de la finir, et en même temps ça me fait du bien de me dire que j'ai réussi à tenir ce projet jusqu'au bout, que je n'ai pas abandonné, donc merci à vous toutes, de m'avoir suivi et donné envie d'écrire !
    j'espère que l'épilogue te plaira ♥

  • RunningUp

    27/02/2016

    heyfifou wrote: "Je pleure je suis en larmes effondree MAIS je souris parce que ils font enfin preive de reunion zayn en partant a plus ou moins eu ce qu'ils voulaient que les clans n existent plus vraiment que ils se laissent vivrent en paix et perrie a plus ou moins sauve le truc enfin en voulant voila elle a de nouveau uni les tomlinson et les styles
    Louis ne devrait pas se sentir aussi mal d avoir abandonner sa famille une nuit pour son amour sa famille qui est completement destructrice et detruite tout comme les styles ils ont passes leur derniere nuit avant un bout de temps mais pas leur derniere du moins je l esere et la fin du chapitre avec une forme de reunion styles tomlinson donne bon espoir a nos deux amoureux
    "

    merci de m'avoir laissé un message, je suis désolée de t'avoir fait pleurer ♥ en tout cas, j'espère que l'épilogue te plaira ! je suis stressée de voir vos réactions !!

  • RunningUp

    27/02/2016

    lisa-fictions wrote: "Coucou! Alors comme prévu j'ai adoré ce chapitre. Mais j'attends l'épilogue pour me faire au fait que cette fiction touche déjà à sa fin. Je voulais juste te dire encore une fois, parce que je ne le dirai jamais assez, que cette fiction est une pure merveille. Elle m'a fait découvrir un tas de choses, mûrir même et c'est dingue que de simples écrits peuvent faire ça, mais running up l'a fait, et je t'en suis reconnaissante. Je pense que je vais acheter le livre, juste pour avoir une version papier, réelle, qui ne risque pas de disparaître (parce qu'on ne sait jamais, hein). J'espère de tout c½ur que tu continueras d'écrire, je sais que tu le fais déjà avec tes autres fictions, mais je veux dire vraiment plus tard, quand tu seras, enfin quand toute la génération de "fans" (dans les délire ls, directioner et tout ça) de maintenant sera ridée, quand on se dira "ha je reconnais cette façon d'écrire".Parce que soyons francs, tu le mérites, d'être connue, comme beaucoup d'autres artistes. Si Anna Todd a pu se faire connaitre alors tu le pourras sans aucun doute, et ta s½ur aussi. Enfin bref. Je me demande bien ce qu'il a pu se passer vers la fin. Je suis impatiente de lire l'épilogue! Bisous ♥"

    oh merci pour ton commentaire, il est vraiment adorable ♥ pour le futur, on verra ou tout ça me mène, mais il est clair que j'adorerai continuer à écrire ! en tout cas, je suis vraiment touchée, et je pense que ma soeur le sera aussi, vraiment merci de nous avoir laissé ce message, j'espère que l'épilogue te plaira ! xx

  • RunningUp

    27/02/2016

    Idkwloueh wrote: "Mais c'est horrible ! J'espère qu'il une bonne fin un peu joyeuse si possible parce que la c'est hyper euh...morbide ? C'est trop triste j'ai un n½ud au ventée avec tous ca...
    Vite l'épilogue et potier vie Perrie vie pour lui...
    PS : si Harry meurt je débarque chez toi et je fais un scandale
    Voilà voilà bisous
    "

    ahaha réponse ce soir alors, j'ai hâte ! :D

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