Chapitre dix



Chapitre dix


Louis
 
 
Je m'affale sur mon canapé, les yeux rivés au plafond. Stan est en train d'allumer la télévision pour qu'on regarde le match de foot. Ça ne m'intéresse pas, rien ne m'intéresse de tout façon.
 
_Tu as des bières dans le frigo ?
 
Harry est parti à New-York. Non, pas parti. Resté. Il est resté à New-York. Ça fait bientôt un mois, je n'ai presque aucune nouvelle. Je pourrais m'en étrangler de rire. Dire que c'est moi qui lui ai demandé une pause.
 
_La terre appelle Louis Tomlinson ?
 
Ses parents ont compris que je n'étais pas avec lui. Ils ont compris qu'il avait abandonné l'université. Ils ont compris qu'il ne ramènerait pas Gemma. Qu'il ne se ramènerait pas lui-même. Je crois que sa famille m'en veut pour ça. Comme si je ne me suffisais pas déjà.
 
_Louis !
 
Je sursaute, me retournant vers mon cousin.
 
_Tu ne peux pas avoir l'air aussi désespéré pour un mec, il soupire, Il ne veut plus de toi, très bien. Passe à autre chose.
_C'est moi qui lui ai demandé qu'on s'éloigne.
_Et combien de fois tu as tenté de le rappeler pour qu'il revienne ?
 
Je ne sais pas. Trois fois par jour, peut-être.
 
_Harry est un petit con, reprend Stan, Il vit sa vie tranquillement à l'autre bout du monde pendant que toi, tu ressembles de plus en plus à un cadavre.
_Il ne m'a laissé aucune chance de m'expliquer, je murmure, De lui dire que je ne voulais pas de tout ça. De cet éloignement. De cette pause de merde.
_Louis, j'ai dit « non ».
_Pourquoi ?! Je m'exclame.
_Non, tu ne vas pas le chercher ! Il s'emporte, alors qu'on a déjà eu cette discussion mille fois, Tu ne peux pas passer ton temps à lui courir après. Les Styles ont raison sur ce point, il doit revenir tout seul.
_Il ne revient pas ! Je m'énerve à mon tour.
_Il le fera, rétorque Stan, Trêve de discussion.
 
Mon cousin se retourne vers la télévision et regarde les premières images du match qui vient de commencer. Je m'enfonce dans le dossier du canapé, déjà ennuyé par le reste de la journée. C'est fou comme la vie peut-être longue sans certaines personnes à l'intérieur.
 
_Je prends des bières dans le frigo ? Reprend Stan.
_Ouais.
 
Il sort de la pièce pour entrer dans la cuisine et je ferme les yeux pendant un instant. Je sais que Stan a raison. C'est ce que j'ai demandé à Harry, au fond. D'arrêter de se reposer sur moi. Je trouve juste qu'il le fait un peu trop bien.
Je sens mon portable vibrer dans ma poche et le sors d'un air nonchalant. Probablement un collègue qui va me demander de revenir au bureau alors que je suis en putain de congé.
 
Numéro inconnu.
 
_Allô ? Je décroche.
_C'est moi.
 
Je me relève si vite du canapé que je titube en avant.
 
_Harry ? Je balbutie.
_Oui.
_Tu vas bien ? T'es où ? Putain, j'ai tellement essayé de t'appeler, je...
_Louis, il me coupe.
 
Je connais cette voix. Je connais ce ton.
 
_Harry qu'est-ce qu'il se passe ? Tu vas bien ? Haz ?
 
Stan revient presque en courant dans le salon quand il entend son prénom. Il me scrute d'un air interrogateur et je continue, de plus en plus inquiet :
 
_Haz ? Tu es où ? Tu es en sécurité ?
 
J'entends un bourdonnement en fond sonore, ça crie dans tous les sens.
 
_Harry ?
_Je suis en boîte de nuit.
_Est-ce que tu vas bien ?
 
Il met du temps à répondre.
 
_Oui, je finis par entendre, Je vais bien.
 
Je pousse un soupir de soulagement.
 
_Qu'est-ce qui ne va pas alors ?
 
Je croise le regard de Stan. Il murmure « Gemma » du bout des lèvres et je reprends aussitôt :
 
_C'est ta s½ur ? Quelque chose ne va pas avec ta s½ur ?
_Je ne sais pas où elle est, mais non, ce n'est pas ça.
_Pourquoi tu m'appelles ?
_Je te l'avais promis.
 
Quoi ? Je ne comprends rien à ce qu'il me raconte.
 
_Tu m'avais promis quoi ? Je demande.
_Je t'avais promis de t'appeler si j'avais envie de craquer...
 
Notre conversation me revient brusquement en mémoire alors qu'il complète avec une voix étouffée :
 
_... Même si on ne sortait plus ensemble. J'avais promis.
_Harry...
_J'ai tellement envie d'en prendre, je n'y arrive pas. Il y en a partout...
_Surtout pas ! Je m'exclame, ce qui semble inquiéter Stan vu le regard qu'il me lance, Surtout pas Haz ! N'y touche pas !
 
Je crois que mon cousin comprend notre sujet de conversation car il lève les yeux au ciel d'un air blasé.
 
_Je te promets que j'ai résisté, reprend Harry, J'ai vraiment résisté quand j'étais là-bas, mais là... Je... Je ne sais pas. Tu me manques.
_Reviens, je déclare aussitôt, Reviens juste.
_Gemma ne veut pas rentrer. Je ne veux pas la laisser là-bas toute seule.
 
Je m'apprête à répondre, mais les bruits que j'entends à travers le téléphone m'indiquent qu'il est en train de discuter avec quelqu'un. Je pense qu'il se déplace dans une autre pièce. J'appelle son nom, mais rien ne vient.
 
_Louis ? J'entends après quelques secondes.
_Oui.
_J'ai pris le téléphone de quelqu'un, je dois lui rendre.
_Quoi ? Non, attends !
_Il veut partir.
_Mais prends le tien !
_On a jeté notre téléphone avec Gem'. On ne voulait recevoir aucune nouvelle de Londres.
 
Putain, quelle famille d'abrutis. C'est pour ça qu'il ne m'a jamais répondu. Heureusement que lui et sa débile de s½ur ont envoyé des mails à leurs parents de temps en temps, pour qu'on sache qu'ils étaient toujours en vie.
 
_Prends le téléphone d'une autre personne ! Je m'énerve, Je ne vais pas te laisser comme ça. Tu ne peux pas replonger maintenant.
_Je dois retrouver Gemma. Je suis désolé.
 
Je fais les cent pas dans la pièce, retenant l'envie de tout casser autour de moi. Rien ne me rend plus fou que de savoir que je ne peux absolument rien faire pour l'aider, pas à des milliers de kilomètres de lui.
 
_Harry, écoute-moi encore un peu, je...
_Putain ! Passe-le-moi !
 
Je me retourne vers Stan qui me prend brusquement le téléphone des mains. Il le colle à son oreille et déclare, sèchement :
 
_Maintenant tu fermes ta gueule et tu m'écoutes... Oui, c'est Stan. Tu ne touches à rien. Aucune drogue, même pas une cigarette. Tu sors de la boîte... Harry ? Tu sors. Tout de suite. Tu prends le premier taxi que tu trouves et tu récupères ta s½ur. Vous rentrez chez vous.
 
Sa voix est autoritaire, mais calme et posée à la fois. Ce qui donne juste envie d'obéir sans même y réfléchir.
Je l'observe, totalement halluciné par ce qu'il est en train de faire.
 
_Très bien, continue-t-il, toujours aussi sûr de lui, Tu es sorti ? Oui, tu rendras le téléphone au mec quand tu auras un taxi... Ouais, je sais... Non, je ne te passerai pas Louis. Fais ce que je te dis. Oui... Ok, passe-moi le conducteur.
 
Je l'entends dire au chauffeur de taxi de ne s'arrêter sous aucune raison tant qu'Harry ne sera pas rentré dans ce qui ressemble plus ou moins à un endroit sans alcool, ni drogue, ni tabac. Il ajoute – au passage – que s'il pouvait s'arranger pour récupérer une meuf au même sale caractère, ça serait pas mal non plus.
 
_Harry ? Il finit par reprendre, Tu rends le téléphone et tu rentres. Je ne veux rien entendre de plus... Bien. Bonne soirée.
 
Stan raccroche sous mon nez. Je suis tellement hébété qu'aucun mot ne sort de mes lèvres. Il a putain de raccrocher. Il ne m'a même pas laissé une seule chance de lui reparler, de le rassurer, de lui dire qu'on va bientôt se retrouver. Maintenant, je n'ai plus aucun moyen de le contacter.
Je m'apprête réellement à lui sauter à la gorge lorsqu'il se retourne brusquement vers moi et déclare :
 
_Finalement, on va aller les chercher.
 
 
Stan
 
S'il existe quelque chose au monde de plus insupportable que Louis en colère, c'est Louis le stressé. Il fait les cent pas dans l'aéroport, comme si l'avion allait réellement partir sans nous alors qu'on vient de se pointer quatre heures avant le décollage.
J'observe mon cousin de biais. Il a des cernes énormes sous les yeux, je crois qu'il n'a pas fermé l'½il de la nuit à l'idée de retrouver Harry. Cet amour me dégoûte toujours autant, mais Louis était bien trop insupportable ce dernier mois pour ne pas me donner l'envie irrationnelle qu'Harry revienne à Londres, juste pour lui rendre son foutu sourire.
Je lance un regard tout autour de nous.
 
_Tu cherches quelqu'un ? S'intrigue Louis, qui – de toute façon – refuse de se la fermer plus de cinq secondes depuis hier soir.
_Isaac, je réponds.
_Tu lui as dit ?
 
Je me retourne vers lui. Bien sûr que j'en ai parlé à Isaac, je savais que ça ne traverserait pas l'esprit de Louis tant il allait être excité à propos du fait d'aller à New-York, mais que ça ferait des histoires sans fin avec Isaac. Il déteste être mis de côté, surtout par Louis.
 
_Il vient avec nous, je l'informe.
_Pour récupérer Harry et Gemma ? S'étonne mon cousin, en fronçant des sourcils.
_Tu crois que c'est ce que je viens faire avec toi ? Une fois là-bas, tu te démerdes sans moi. Moi, je profite juste du voyage.
 
Il sait pertinemment que c'est faux, mais acquiesce avec un sourire en coin.
 
_Il est en retard, reprend-il la conversation.
_On est en avance, je rectifie, Je ne sais même pas pourquoi je t'ai écouté.
_Isaac est comme moi, il aurait prévu d'être en avance.
 
C'est tellement vrai que je reporte presque immédiatement mon regard vers le reste de l'aéroport, essayant de distinguer sa tête d'abruti parmi la foule.
 
_Merci, en fait, murmure Louis à mes côtés.
_On ne les a pas retrouvés encore, je lui fais remarquer.
_Je sais mais... Je ne suis pas tout seul.
 
On se regarde en souriant avant de réaliser que le moment devient gênant, manquerait plus qu'on devienne comme lui et Isaac. J'en vomis dans ma bouche.
 
_Il est là-bas, déclare Louis.
 
Je bifurque mon regard vers la direction qu'il pointe du doigt, m'étranglant avec ma salive devant la vision qui s'offre à moi.
 
_... Est-ce que ça faisait partie du plan ? Bégaie Louis.
_Pas du tout, je lui assure, alors que notre cousin et deux têtes blondes se plantent devant nous.
_Salut ! S'exclame Perrie, On avait peur d'être en retard.
_On ? Je m'exclame, en me retournant vers Isaac.
_Si tu n'avais pas mis dix ans à finir la valise, on y serait déjà, rétorque Niall à l'attention de sa s½ur.
 
Je continue de fixer Isaac, attendant une explication qui ne semble pas vouloir venir. Il pose sa valise à côté des nôtres avant de passer une main dans sa touffe de cheveux.
 
_C'est quoi ce bordel ? Finit par lâcher Louis.
_Quand j'ai dit à Perrie que j'allais à New-York pour chercher ses cousins, elle a tout de suite voulu se joindre à nous, explique Isaac, tout naturellement, Je ne vois pas pourquoi j'aurais refusé. C'est leur famille.
 
Louis reporte son regard de Perrie à Niall, sans commenter, ce qui revient à tolérer leur présence. J'enfonce les mains dans les poches. J'imagine que c'est ce qu'on attend de moi également.
 
_J'ai aussi prévenu Aiden, enchaîne Isaac, Il était vexé que tu ne l'aies pas tenu au courant, il ajoute à mon attention.
_Ça c'est décidé hier soir, je réponds d'un haussement d'épaules, Je ne pense pas qu'il aurait voulu venir, de toute façon. Il a plus important à gérer avec sa fille.
_Pour ça, tu aurais pu me le demander, résonne la voix de mon frère dans mon dos.
 
Je me retourne vivement vers lui, passant mon regard de lui à Leïla, sa fille qu'il tient dans ses bras. Qu'est-ce qu'ils ont tous à débarquer comme ça ?
 
_Vous venez ? Je bégaye, Tous les deux ?
_Non, il m'arrête aussitôt, La petite est trop jeune pour un voyage aussi long.
_Alors qu'est-ce que tu fais là ?
_J'ai fait le chauffeur.
_Pour qui ? Participe Louis, en fronçant des sourcils.
_Les filles arrivent, il rétorque, Elles récupèrent leurs valises dans le coffre.
_Tu es malade de les avoir prises avec toi ! Je m'exclame à l'attention de mon frère, On ne part pas en voyage, on va récupérer les Styles. Les S-T-Y-L-E-S.
_Elles le savent. Elles voulaient venir.
_Pourquoi ? Demande Louis.
_Je croyais que tu voulais que ça change, Louis, répond Aiden, Maintenant, on n'exclut plus personne. On est une famille. Les galères, on les traverse ensemble.
_Perrie et Niall sont là, murmure mon cousin, troublé.
_Il faut un début à tout, hausse-t-il des épaules.
 
Je lance un bref coup d'½il à Louis. Il a l'air sceptique et, pour être honnête, moi aussi. Sauf que je n'ai pas le temps de lui faire part de mes inquiétudes. Eleanor, Lottie, Waliyha et Félicité pénètrent dans l'aéroport.
Je crois que le plan vient d'exploser avant même le décollage.
 
 

Perrie
 
 
C'était le voyage le plus long et déprimant que je n'ai jamais fait. L'ambiance était morose dans l'avion, surtout avec Niall qui a passé son temps à me dire qu'on était en infériorité numérique. On n'est pas dans un calcul mathématique, putain. Malgré la lettre de Zayn, j'ai l'impression qu'ils ne l'ont toujours pas compris. Mais j'ai pris sur moi parce que sa phrase résonne encore dans mon esprit.
 
« Montre-leur, mon ange, qu'ils ne t'ont pas coupé les ailes ».
 
J'ai trouvé presque métaphorique le fait de m'envoler avec les Tomlinson pour récupérer Harry et Gemma. Peut-être que je suis une rêveuse, peut-être que rien ne changera pour nos deux familles, mais j'ai envie d'y croire.
 
_Ce n'est pas une bonne idée.
 
Je me retourne vers Niall, blasé. Mon frère est le pessimisme incarné en un seul corps.
 
_Je suis sûre qu'on va les retrouver et qu'ils rentreront avec nous, je rétorque, continuant de fixer les valises sur le tapis roulant, afin de récupérer la nôtre.
_Tu crois que Gemma va bien prendre le fait qu'on sa ramène avec une demi-douzaine de Tomlinson ?
 
Je pouffe de rire. Il a un problème avec les chiffres, sérieux.
 
_Perrie, il soupire, Et si on forçait trop le destin ? On n'a rien à faire avec eux.
_Après tout ton argumentaire rationnel, tu vas me sortir le destin désormais ?
 
Mon frère me fusille du regard pour simple réponse. Il déteste quand je fais ça. Quand j'évite une discussion sérieuse avec des répliques ironiques. Je sais bien ce qu'il ressent. Il n'est toujours pas à l'aise avec les Tomlinson et ce voyage le stresse. Je suis assez d'accord avec lui. À part Isaac et Louis, je ne connais pas très bien les autres et ils nous le rendent bien. Ils ne nous ont pas adressé la parole de tout le voyage, s'installant à l'opposé de nous dans l'avion. Mais je préfère ne rien montrer. Je ne peux pas douter alors qu'on n'est même pas encore sortis de l'aéroport. Pas déjà.
 
_Je ne suis pas à l'aise, murmure Niall.
_Je sais.
_Il y a Eleanor, il insiste.
_On n'est pas responsable des actes de notre frère.
_Tu sais qu'ils ne pensent pas comme ça.
 
Je me retourne vers Niall, n'ayant aucune réponse à lui donner.
 
_Notre valise, il reprend la parole, Elle arrive.
 
Je bifurque vers le tapis roulant et l'attrape lorsqu'elle nous passe devant. Je repose la valise sur le sol. Je reste un instant interdite. Peut-être que Niall a raison, finalement. Peut-être que notre présence est une souffrance trop importante pour Eleanor et Lottie qui doivent nous associer à notre frère. Peut-être que seul le temps sera capable de panser les blessures. Peut-être même qu'il ne suffira pas. Peut-être que le pardon n'est pas envisageable, pas même souhaitable, dans notre histoire. Peut-être. Je ne sais plus.
 
_Est-ce que tu préfères qu'on se sépare des Tomlinson maintenant ? J'interroge Niall, On ferait nos recherches de notre côté.
 
Mon frère ne me répond pas tout de suite. Je lis dans ses yeux qu'il réfléchit réellement à la question. J'ai foncé tête baissée dans ce voyage à l'instant où Isaac m'a dit que Louis et Stan partaient récupérer nos cousins. Je n'ai pas réfléchi à ce que ça impliquait pour lui, à ce que ça impliquait pour les filles Tomlinson. Comme Zayn, j'ai naïvement eu envie d'y croire.
 
_Peut-être, murmure Niall, Peut-être qu'on devrait se séparer d'eux.
_D'accord, je vais en parler à Isaac.
_Je suis désolé Perrie. Vraiment désolé.
 
Je sens mon c½ur se pincer. Il sait pourquoi j'avais envie d'y croire et il trouve la force de s'en excuser. Parfois, j'ai l'impression de ne pas le mériter.
J'attrape la valise et son fauteuil roulant et nous fais faire demi-tour pour quitter l'aéroport. Je m'arrête brusquement. Eleanor est plantée devant nous deux. Elle nous regarde sans émettre le moindre son pendant quelques secondes, puis finit par balbutier, intimidée :
 
_On vient d'appeler les taxis pour qu'ils nous déposent à l'hôtel... Euh... Il y en a un prévu pour les fauteuils roulants.... Pour... Niall.
 
Ma main est crispée sur la poignée du fauteuil de mon frère, l'autre sur celle de la valise. Je ne suis pas bien sûre de comprendre ce qu'elle est en train de nous dire.
 
_Tu as besoin d'aide ? Enchaîne-t-elle, en passant une main dans ses cheveux d'un air gêné. Je peux... Prendre votre valise.
_Merci, c'est gentil.
 
Je sors de ma torpeur à l'entente de la voix de mon frère. C'est lui qui lui a répondu. Alors Eleanor se rapproche de nous et récupère notre valise. Elle commence à se diriger vers le reste des Tomlinson qui nous attendent, plus loin, dans le hall de l'aéroport.
Je reste sans bouger pendant quelques secondes.
 
_Perrie, m'appelle Niall. Ils nous attendent.
 
Je déplace ma main qui était sur la poignée jusqu'à son épaule, la pressant légèrement.
 
_Qu'est-ce qu'on... Je commence.
_On peut essayer, il me coupe. Avec eux, on peut essayer.
 
 

Félicité
 
 
Je soupire en m'affalant sur mon lit de tout mon long. Je ferme les yeux, encore hallucinée par la tournure que prend ce voyage. Ramener Gemma et Harry Styles à Londres alors qu'on a attendu leur départ pendant des années... On dit souvent que la vie se joue de nous et je crois que c'est le moment parfait pour le réaliser. Je n'en reviens pas d'être ici.
 
_Félicité ! S'exclame Louis en débarquant brusquement dans ma chambre, On n'est pas là pour dormir, on est tous dans ma chambre pour organiser le plan de ce soir.
_Décalage horaire, ça te parle ? Je rétorque, les yeux toujours clos.
_On dormira avant la soirée, il m'assure, Mais, pour le moment, on a besoin d'établir un plan pour être opérationnel.
_Ils n'ont pas de portable, on n'a aucune idée de ce qu'ils font, ni d'où ils vivent. La seule information qu'on ait, c'est qu'ils passent plus ou moins toutes leurs soirées dans des clubs new-yorkais, je résume, À part faire la tournée de ces clubs, je ne vois pas ce que tu veux établir comme plan.
_C'est ça, le plan.
 
Je rouvre les yeux immédiatement, me relevant de ma position allongée.
 
_Tu déconnes ? C'est ça ton plan ?
_Oui.
_Mais Louis ! Je m'exclame. On va y passer des heures et des heures !
_On est venus à plusieurs, il rétorque, Autant que ce soit utile.
_J'hallucine ! Je soupire, exaspérée, en m'affalant de nouveau contre mon matelas, On a interdiction de sortir en boîte quand on est à Londres, mais, ici, pour récupérer ton mec, il n'y a plus de soucis !
_On va faire des groupes, il m'arrête aussitôt, Ne crois pas que je vais te laisser avec Waliyha toute la nuit à New-York.
_La confiance règne, je commente.
_Ne te fous pas de moi, tu viens clairement de m'avouer que tu n'avais pas envie d'aider.
_Va te faire foutre.
_Félicité !
 
Je ne réponds pas, fermant les yeux pour lui faire comprendre que je n'ai pas envie de discuter avec lui.
 
_Très bien, il grince, Moi qui pensais que tu voulais faire des efforts.
 
Il quitte la chambre. Je le sais au bruit de porte qui claque derrière lui. Quel connard. Toujours à retourner le problème pour qu'il passe pour la victime. Il ne me fait pas assez confiance pour me laisser seule dans New-York, par contre, pour retrouver son mec, là je peux être utile.
La déception marche dans les deux sens, Louis.
Je ferme les yeux et me roule en boule sous la couverture. Il m'énerve. Il m'énerve à prendre toutes les décisions. Il m'énerve avec sa manie de dire ce qui est bien ou mal. Il m'énerve à juger. Il m'énerve à prendre la tête. Il m'énerve à faire le mec responsable qui s'est sacrifié pour sa famille. Il m'énerve à jouer l'amoureux éperdu. Il m'énerve à me faire culpabiliser, putain !
Je râle en me relevant brusquement du lit. Je sors de ma chambre et me dirige vers la sienne. J'entre sans frapper. Ils y sont tous. Ils s'arrêtent de parler quand j'arrive.
Louis relève son regard vers moi alors que je m'assois au bout du lit, l'air renfrogné pour lui montrer que je lui fais toujours la gueule.
 
_Bien, reprend-il en esquissant un sourire, Donc on était en train de définir les deux groupes pour les recherches de cette nuit. Ce sera plus simple pour ratisser les différents clubs par quartier... Comment on s'organise ?
 
Tiens, je suis étonné qu'il ne prenne pas la décision lui-même.
 
_Je prends ma s½ur avec moi, déclare aussitôt Stan.
_Hey ! S'offusque Eleanor, J'ai le droit de donner mon avis aussi !
_Moi, je peux faire un autre groupe, propose Isaac.
_On te rejoint avec Niall, annonce Perrie.
 
Ce qui ne surprend personne, vu qu'Isaac est la seule personne de notre famille avec qui elle s'entend.
 
_Très bien, reprend Stan, Donc Eleanor, tu veux vraiment rejoindre le groupe d'Isaac ?
 
Quel abruti. Il suffit de regarder sa s½ur avec cet air arrogant et provocateur pour être sûr qu'elle va accepter, juste pour le contredire.
 
_Oui, déclare-t-elle, sans aucune surprise, Je me mets avec Isaac, Perrie et Niall.
 
La mâchoire de son frère se crispe, mais il ne dit rien. Je crois qu'il essaie de faire des efforts et c'est assez drôle à voir.
 
_D'accord, ajoute Louis, C'était rapide. Le deuxième groupe donc c'est moi, Stan, Waliyha, Lottie et Félicité.
 
Génial. Je me retrouve avec mes frangins et personne ne nous demande notre avis, pour changer.
 
_Est-ce que ça va à tout le monde ?
 
On acquiesce, vaguement, parce que je crois qu'on a juste tous envie d'aller se coucher pour récupérer de l'avion.
 
_Bien. On se retrouve à vingt heures en bas de l'hôtel.
 
 
Eleanor
 
 
On entre dans le troisième bar de la soirée. Même si on a tous fait une sieste avant de sortir, on est clairement crevés. Surtout Niall, je crois. C'est difficile pour lui de circuler dans les clubs, rien n'est vraiment aménagé pour les fauteuils roulants et il insiste pour ne pas qu'on le pousse. Il veut se débrouiller tout seul.
 
_On se sépare de nouveau ? Propose Isaac, On va chacun d'un côté et on se retrouve devant l'entrée dans vingt minutes ?
 
J'acquiesce et rejoins l'étage de la boîte. La musique est insupportable. Je me fraie un chemin entre les danseurs, l'odeur d'alcool me retourne l'estomac. Je crois que Louis ne réalise pas très bien tout ce qu'on fait pour lui.
Arrivée à l'étage, je jette un rapide coup d'½il. Je suis à peine étonnée de réaliser que ni Gemma, ni Harry sont présents. Ce plan est une illusion, comme retrouver une aiguille dans une botte de foin. Ils pourraient être n'importe où. New-York est une des plus grosses villes du monde. Il doit y avoir autant de clubs dans les immeubles que de sans-abri sur les trottoirs.
Je me dirige vers le bar, interceptant l'homme qui se tient derrière.
 
_Je vous sers quoi ?
_Rien du tout. Je cherche quelqu'un.
_Vous ne ressemblez pas à une détective.
 
C'est bien un américain, lui. À en faire des tonnes comme si on était dans une série télévisée.
 
_Je cherche juste un mec, il s'appelle Harry Styles.
_Petit-ami ? Il sourit.
 
Le lourd.
 
_Non. Il a vingt-trois ans, les cheveux bouclés. Ça ne vous dit rien ?
_Je ne connais pas, désolé.
 
Je soupire en me reculant du bar, lorsqu'une voix vient m'interpeller :
 
_Tu as dit que tu cherchais Harry Styles ?
 
Je me retourne brusquement vers la personne. Un homme d'une trentaine d'années en costume et au crane rasé.
 
_Oui ! Vous le connaissez ?
_Il était là tout à l'heure.
_Vraiment ?!
_Qu'est-ce que vous lui voulez ? Il m'interroge, suspicieux.
_J'ai besoin de le voir, je réponds, n'ayant pas vraiment l'envie et le temps de m'épancher sur les détails de l'histoire.
_Ne vous emballez pas, il est pris.
_Quoi ?
_Il est pris, répète l'homme, Totalement intouchable. Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayé.
 
Je grimace. Il est sérieux à me raconter ça ?
 
_Je ne suis pas sa copine, je grince.
_Mais vous aimeriez l'être, il rit.
 
Puis il prend un air sérieux et ajoute, comme s'il allait faire effondrer mon monde entier :
 
_Il est gay, mon chou.
_Il est de ma famille ! Je m'énerve définitivement, J'ai besoin de le retrouver. C'est urgent. S'il vous plaît.
_Bien, soupire-t-il, Il a reçu un coup de fil, il y a une heure environ. Il bougeait sur Brooklyn.
 
C'est bien un Styles ça, d'aller traîner dans les quartiers bobos. C'est aussi pour ça qu'ils ont essayé pendant des années d'intégrer le quartier de Shoreditch à Mayfair. Ils n'ont jamais vraiment assumé leur côté bling bling.
 
_Vous avez une adresse en particulier ?
_Non désolée ma jolie.
_D'accord, merci !
 
Je descends les escaliers et envoie aussitôt un message au groupe de Louis. On est du côté d'Harlem, à l'opposé du quartier de Brooklyn. Ils y seront bien avant nous.
Je rejoins l'entrée, mais réalise que la vingtaine de minutes ne s'est pas écoulée. Je serai plus rapide si je les retrouve maintenant. Je me fraie un chemin dans la boite. J'aperçois Perrie en train de discuter près des toilettes. Je lui fais un signe de la main pour qu'elle me rejoigne.
 
_Tu as des nouvelles ? Elle m'interroge aussitôt.
_Apparemment, il serait parti sur Brooklyn.
_Tu as prévenu Louis ?
_Oui.
_D'accord, on doit retrouver les autres.
 
J'acquiesce et la suis à travers la boite. Elle sait où se trouve son frère car on le retrouve en quelques minutes, à côté du bar.
 
_Je vais chercher Isaac, enchaîne Perrie, Attendez-nous ici.
 
Je n'ai même pas le temps de réaliser ce qu'il se passe que je me retrouve seule avec Niall. Je me retourne brièvement vers lui puis détourne mon regard d'un air gêné lorsque je croise le sien.
 
_Pourquoi vous êtes venus ? M'interroge-t-il.
 
Je ne réponds pas tout de suite à sa question, peut-être parce que je cherche encore une réponse. Quand Aiden nous a parlés de ce qu'avait prévu Stan et Louis, l'idée de les accompagner ne nous avait absolument pas traversé l'esprit. C'est mon grand-frère qui a insisté. Il nous a fait comprendre que Louis et Harry s'étaient plus ou moins séparés à cause des tensions qui existaient encore entre nos deux familles. Waliyha et Félicité ont été les plus dures à convaincre, mais on n'a rien lâché avec Lottie. On savait qu'on devait toutes le faire, sinon ça n'aurait pas eu de sens. On devait agir tous ensemble, pour une fois.
 
_Parce que Louis est malheureux sans Harry, je finis par répondre.
_Mais vous ? Vous n'êtes pas plus heureux sans nous ?
_On aurait aimé l'être, je lui avoue.
_...Parce que c'est plus facile d'avoir un coupable, complète-t-il, l'air de savoir de quoi il parle, lui aussi.
_Ouais... Ouais c'était plus facile.
 
 
Waliyha
 
 
_On fonce sur Brooklyn, déclare Louis en rangeant son portable dans sa poche.
_On n'est pas très loin, approuve Stan avec son GPS sous le nez.
 
Il indique la direction à Louis et la voiture prend un virage au dernier moment. Je m'écrase sur les filles installées avec moi à l'arrière.
 
_Hey ! Je m'exclame, On a compris que tu avais envie de le revoir, mais ce n'est pas une raison pour nous tuer !
_Toujours besoin d'en faire des tonnes, commente Louis.
_C'est à moi que tu dis ça alors que tu as littéralement organisé une opération commando pour récupérer ton mec ? Je me fous de sa gueule.
_Je ne t'ai jamais demandé de venir.
_J'ai eu pitié.
_Stop, nous coupe Stan, Ce n'est pas le moment.
_Mais il est chiant aussi ! Je m'énerve en prenant mon cousin à partie, Ce n'est pas notre faute s'il n'est pas capable de garder son copain.
 
La voiture pile et on est tous projetés en avant.
 
_Putain ! Râle Lottie, Fais gaffe.
_Elle casse les couilles, rétorque Louis en profitant de l'arrêt de la voiture pour se retourner vers nous, Tu casses les couilles, putain, il répète à mon attention, cette fois.
_Démerde-toi sans moi alors !
_Pour ce que tu es utile ! Il ironise, Tu ne fais rien de plus que nous ralentir.
_On peut se calmer là ? Propose Stan, On est arrivés, de toute façon.
_Oui, répond Louis, froidement, Mais Waliyha reste dans la voiture.
_Alors là compte sur moi pour crever les pneus si tu me fais ça.
 
Louis claque la portière derrière lui. Il s'allume une cigarette alors qu'on sort du véhicule à notre tour.
 
_Tu t'es garé comme une merde Louis, commente Stan.
_Ta gueule.
 
Je lève les yeux au ciel. Je déteste quand il est comme ça. Ça me fait penser à cette période où il avait des crises d'angoisses. On ne pouvait rien lui dire, rien lui faire. On devait tout lui passer pour que son c½ur ne crève pas de colère. Ce Louis-là me faisait peur. Et, sans Harry à ses côtés, c'est précisément cette personne qui renaît peu à peu. Je crois que c'est l'unique raison qui m'a poussé à monter dans cet avion. Pas pour sauver Harry, mais Louis.
 
_On commence par quoi ? Interroge Stan, après avoir laissé un blanc pour faire redescendre la pression.
_Les clubs gays, murmure Félicité.
 
Louis lui lance un regard noir. Elle a raison. C'est une bonne idée pour débuter, mais ça implique la plus grande crainte de mon cousin : qu'il ait été remplacé.
 
_On peut séparer notre groupe en deux, propose Lottie, On est nombreux et ça irait plus vite.
_Je peux me mettre avec Félicité.
_Tu as vu la vierge ? Rétorque Louis, Il est hors de question que tu ne sois pas accompagnée de moi ou Stan.
 
Je ne sais même plus comment ils font pour que je les déteste davantage de seconde en seconde.
 
_Je vais avec elle, ajoute Stan, Sinon un de vous deux n'y survivra pas.
 
Je parie sur Louis.
 
_On fait comme ça, abrège Lottie en rejoignant son frère, Allez viens.
 
Elle emmène Louis avec elle et Félicité les suit après un dernier regard désolé pour moi. Je fulmine et j'ai envie de fumer moi aussi, mais il est impensable que je demande une clope à Stan sans recevoir une énième leçon de moral dont je me passerai bien.
 
_La colère ne t'aidera pas à aller mieux, murmure mon cousin.
_Je vais me passer de cette discussion, merci.
 
Je m'apprête à prendre une autre direction que celle de Louis et ses s½urs, mais Stan me retient par le bras.
 
_Waliyha, tu es en colère.
_Bien sûr que je suis en colère, tout le monde me traite comme une moins que rien dans cette famille !
_Tu nous inquiètes, c'est pour ça que tu as l'impression qu'on ne te fait pas confiance.
_L'impression ? Je répète, m'étranglant devant son culot, Vous n'avez PAS confiance en moi !
_Tu ne nous aides pas non plus, rétorque mon cousin, Tu nous la fait toujours à l'envers.
_Je n'ai pas envie de vous aider, je crache.
_Pourquoi tu es venue alors ?
_Je le regrette.
 
Stan soupire et m'attrape par le bras. Il me tire à lui en m'obligeant à le suivre.
 
_Fous-moi la paix ! Je m'énerve, en essayant de me dégager.
_Ferme ta gueule Waliyha, j'en ai marre de tes caprices, tu me suis !
 
 
La colère m'emporte. Je ne réfléchis plus et tire sur mon bras pour amener le sien jusqu'à moi. Je mords dans la chaire de son poignet et mon cousin hurle de douleur en lâchant sa poigne. Je détale à toute vitesse. J'entends mon nom résonner dans mon dos. Je ne me retourne pas. Je ne m'arrête pas. Je cours, je me contente de courir entre les voitures, les passants, les lumières de la ville qui se reflètent sur le beau et tout puissant Manhattan.
Je ne sais pas si Stan me suit, je suppose qu'il a essayé, mais il a dû me perdre de vue. Je n'ai jamais couru aussi vite de ma vie.
Je m'arrête, essoufflée, en lançant un coup d'½il derrière moi. Stan n'y est pas. Mon portable vibre dans ma poche. Je le sors. C'est mon cousin. Je raccroche et éteins le téléphone.
Je bifurque mon regard autour de moi tout en reprenant mon souffle. Le pont de Brooklyn me fait face. Il est imposant, presque majestueux. Je m'avance vers lui, les jambes encore tremblantes à cause de ma course. J'inspire l'air frais sur mon visage. Le calme m'entoure soudainement. Les courants d'eau ont souvent cet effet sur les gens. Cet effet reposant.... Jusqu'à ce que l'ironie du sort me tombe dessus.
J'ai le c½ur qui sursaute dans ma poitrine alors que je vois Harry, avachi sur la rambarde, le regard fixé vers l'eau sombre. Bordel, j'étais celle qui voulait le moins le retrouver. J'étais celle que ne voulait pas le retrouver.
J'avale ma salive et avance d'un pas vers lui. Son regard reste fixé sur l'eau, il n'a pas remarqué ma présence. J'hésite. Je me dis que je pourrais tout aussi bien faire demi-tour, prétendre que rien ne s'est produit, et ils continueraient de le chercher jusqu'à ce qu'ils s'en épuisent et l'abandonnent. Comme ils ont abandonné mon frère. La boucle est bouclée.
Je fais un pas en arrière. Harry n'entend rien, probablement perdu dans ses pensées. Je continue de l'observer, faisant un deuxième pas pour m'éloigner. Harry pose ses deux mains sur la rambarde. Il se penche en avant pour mieux observer l'eau sous ses pieds. Je ne crois pas qu'il survivrait à une chute de cette hauteur.
Mes yeux se remplissent de larmes. Je repense à Zayn, je repense à Isaac, à Stan, à ma famille. Je repense à tout ça et mon c½ur se remplit de haine et de culpabilité à la fois.
Je fais brusquement demi-tour, je lui tourne le dos, je quitte le pont. Je fais plusieurs pas alors que mes larmes dévalent mes joues.
Je m'arrête, suffoquant. Je ne sais plus ce que je dois faire. Je me retourne vers lui. Harry est assis par terre, le dos contre la rambarde et la tête entre ses genoux remontés contre son corps. Je crois qu'il pleure aux soubresauts de ses épaules. Qu'est-ce que Zayn aurait fait ? Qu'est-ce que Zayn aurait pensé s'il m'avait vu le laisser là-bas, seul et gelé ?
J'essuie mes larmes sur mes joues et m'avance vers Harry. Je m'assois à côté de lui.
 
_J'ai brisé ma promesse, il souffle.
 
Il ne s'est même pas retourné vers moi. Je ne crois pas qu'il sache qui je suis, je ne crois pas qu'il soit en état de me reconnaître. Il a l'air complètement défoncé. C'est probablement pour ça qu'il dit avoir brisé sa promesse.
 
_Viens avec moi.
 
Cette fois, il relève son regard vers moi. Il a les yeux défoncés, plus que la normale selon mon expérience. Aucune expression ne traverse son visage. Je suis certaine que sa vision est trouble au point qu'il ne sait pas qui se trouve devant lui.
 
_Où ça ? Il balbutie.
_Viens, je rétorque en me relevant, l'incitant à suivre mon mouvement.
 
Harry reste assis, les yeux dans le vide.
 
_Fais-moi confiance, j'ajoute.
_D'accord, il murmure.
 
J'ai un pincement au c½ur lorsqu'il se relève. Il me fait confiance à moi, une inconnue, alors que je n'inspire ce sentiment chez personne de ma famille.
Il titube devant moi et j'essaie de le rattraper. Son poids me fait tomber en arrière et il s'écroule sur moi.
 
_Pardon, il soupire.
 
On entend les sanglots jusque dans sa voix.
 
_Pardon, il répète, Je ne voulais pas te faire mal.
 
Je n'ai rien du tout, mais je suis en mauvaise posture. Je n'y arriverai pas. Pas toute seule, en tout cas. Je m'extirpe de sous son corps et l'aide à se rasseoir, le dos contre la rambarde.
 
_Harry, je vais chercher de l'aide, ne bouge pas. D'accord ?
_D'accord.
 
Je repars en courant. Je dois absolument retrouver Stan. S'il est assez intelligent, il m'aura attendu à la voiture en espérant que je revienne. Je refais la route à l'envers. J'ai la chance de me repérer assez facilement, peut-être parce que j'ai assez fugué dans ma vie pour savoir qu'il faut toujours savoir retrouvé son chemin.
J'arrive à la voiture. Mon cousin est adossé contre la carrosserie, le visage creusé par l'inquiétude.
 
_Stan !
 
Il sursaute, se retourne vers moi et explose brusquement en sanglots.
 
_Stan, je balbutie.
_Putain Waliyha ! Il explose en me serrant contre lui, Ne pars plus comme ça !
_Mais je...
_On a tous perdu Zayn, putain, on l'a tous perdu Waliyha, il pleure, dans mes bras, Et quand tu pars comme ça, quand tu pars comme lui est parti, ça fait mal exactement de la même façon. Alors ne pars plus.
_Je l'ai retrouvé.
 
Stan se fige dans mes bras.
 
_Je l'ai retrouvé, je répète, J'ai retrouvé Harry.
 
Je m'éloigne de lui et attrape sa main.
 
_J'ai besoin de ton aide. Viens avec moi.
 
Il me suit, sans réfléchir, sans d'autres questions, sans reproche. Il se contente d'attraper ma main, de la serrer dans la sienne, et de me suivre en courant à travers la nuit.
 
 

Gemma
 
 
Et merde.
Harry vient de partir, furieux. Il m'a planté au milieu de la boite. Je crois qu'on vient d'avoir la dispute du siècle. Toujours la même rengaine, le même refrain depuis quelques jours. Il veut qu'on rentre à Londres et je refuse. On part sur ça puis on finit par se reprocher de long en large tout ce qu'on aurait aimé que l'autre soit, de l'enfance à nos jours. Forcément, avec notre passé et une famille comme la nôtre, la liste est longue.
J'avale ma salive en retenant mes larmes. Cette dispute était plus violente que les autres. Plus violente parce que cet abruti a replongé dans sa foutue coke. Il avait tenu jusque là. Il avait réussi à refuser, réussi à sourire et à continuer de danser. Pas ce soir. Ce soir, il a craqué. Je n'étais pas là pour l'arrêter. Pas là pour le raisonner. Pas là pour le rassurer. Il me l'a reproché, d'ailleurs. Il a finit par me dire que si on était rentrés à Londres plus tôt, il n'aurait pas craqué, et que tout était ma faute, comme d'habitude. Je n'ai même pas été étonnée, juste déçue.
Je soupire et me dirige vers le bar. Je devrais aller le retrouver car il était vraiment dans un sale état, mais je n'en ai pas la force. Je suis trop en colère contre lui.
Je commande un Whisky au barman. Je trempe mes lèvres dans le liquide. C'est fort, mais ça me fait du bien. J'avale l'intégralité de mon verre en un cliché remarquable. Jeune fille solitaire qui se saoule dans un club à la recherche d'une quête qui donnera un sens à sa vie. J'ai toujours passé ma vie à chercher quelque chose. Avant, c'était la perfection. Maintenant, c'est du bon-sens.
Je me dirige vers la piste de danse. Je suis ivre. Je le suis presque tous les soirs. L'ivresse m'apaise, m'empêche de réfléchir, de douter, de regretter d'avoir quitté la vie londonienne. L'ivresse me rassure, elle m'enveloppe d'un cocon réconfortant toutes les nuits. L'ivresse m'offre un souffle nouveau qui me fait relativiser chacun de mes choix, chacune de mes erreurs, chacun de mes échecs. L'ivresse réconforte et protège. Elle me fait oublier la veille et le lendemain, le passé et le futur. L'ivresse se partage en apparence, mais elle est égoïste. Elle se vit pour soi tout seul.
Les lumières vives de la boite dansent devant mes yeux, probablement mieux que moi. Je ne réfléchis plus à mes gestes, à mes pas. Je me laisse emporter. Et j'oublie. J'oublie les mails de mes parents qui me supplient de revenir. J'oublie que mon frère vient de prendre de la coke après avoir été clean pendant cinq ans, j'oublie Aaron que j'ai laissé à Londres. Je danse et j'oublie.
La musique est assourdissante, elle résonne partout en moi, jusque dans le sol. Je sens mes jambes trembler au même rythme que les basses.
Mes pieds s'emmêlent, je titube, je me sens brassée de tous les côtés, je n'ai plus aucun repère, je ferme les yeux, je sens des mains, des lèvres, des cheveux, je sens la vie. Je me sens décollée, je sens du mouvement. Je danse. J'oublie. Je me sens tomber, quelqu'un me remonte. Je repars. Je rouvre les yeux. La lumière est la même. La musique est la même. Moi, je suis ailleurs. Totalement ailleurs.
Je continue de danser, mes jambes sont lourdes, ma tête tourne. Mes paupières clignes. Je divague, tangue, balbutie sur mes pieds. Une main se pose dans le creux de mon dos et m'amène à un corps d'homme. L'odeur m'électrise sur le champ et mes yeux se relèvent vers ceux de Louis Tomlinson. Je mets quelques secondes à réaliser qu'il est bien là, devant moi. Son visage est proche, son souffle balaie mon visage, son bras est dans mon dos, me maintenant contre lui, mais surtout debout, sur mes jambes.
 
_Je te tiens.
 
Ce sont ses trois mots qui me parviennent. Je ne réalise toujours pas. Pourquoi ? Comment ?
Sa main dans mon dos effleure ma hanche pour finir par attraper mon poignet, il me tire hors de la piste de danse. Je le suis en titubant. Il me fait passer devant lui pour m'aider à avancer. On s'éloigne du tumulte de la foule de danseurs. Il m'amène vers un sofa, m'installe dessus alors que deux jeunes filles se plantent devant moi. Ses s½urs ? Oui, je reconnais Lottie. L'autre m'est plus étrangère, mais j'imagine qu'il s'agit de Félicité. Qu'est-ce qu'ils foutent tous à New-York ?
Louis repart aussi vite qu'il est apparu.
 
_Il va où ? Je balbutie à ses s½urs.
_Chercher ton frère.
_Il n'est plus là, on s'est disputés, il est parti du club.
 
Lottie part en courant, probablement pour prévenir Louis, tandis que Félicité me fixe longuement. Je dois être un piteux modèle pour une fille de son âge.
 
_Tu sais ce que tu dois faire désormais, je murmure.
_Pour ?
_Ne pas me ressembler, je souris.
 
Félicité s'assoit à côté de moi en soupirant.
 
_Aucun de vous n'est un modèle, de toute façon.
_Je sais.
 
Elle ne me répond pas, ses jambes se balancent alors qu'elle scrute la piste de danse pour attendre son frère et sa s½ur.
 
_Alors Louis a traversé tout le globe pour récupérer Harry ? Je lance la conversation.
_Et toi, elle ajoute.
_Moi ?
_Harry ne repartira pas sans toi, non ?
_Vous me récupérez par défaut donc ? Ça ne donne pas très envie de revenir, je l'informe.
 
Elle sourit, peut-être pour se foutre de ma gueule. Je suppose que je l'ai mérité.
Louis et Lottie reviennent tous les deux, d'un pas rapide.
 
_Tu sais où est parti ton frère ? M'interroge-t-il aussitôt.
_Je n'en ai aucune idée.
_Pourquoi vous vous êtes disputés ?
_Il voulait rentrer... Pour toi.
_Tu l'en empêchais ?
_Jamais de la vie, je rétorque, choquée qu'il m'en croit capable, Je ne ferai jamais ça.
_Il ne veut pas partir sans toi, comprend-il.
 
J'acquiesce.
 
_Il faut qu'on le retrouve, enchaîne-t-il, Tu peux nous aider ?
_Je ne suis pas au meilleure de ma forme, mais qui serais-je si je n'aidais pas mon petit-frère à retrouver l'amour de sa vie ?
 
Il me regarde, l'air de se demander si c'est de l'ironie. J'avoue n'en avoir aucune idée.
 
_On y va.
 
Cette fois, il s'adresse à ses s½urs. Je les suis sans trop réaliser ce qu'il se passe jusqu'à ce que le vent frais de la nuit souffle brusquement sur mon visage.
 
_Qu'est-ce qu'on fait ? Demande Lottie.
_Vous vivez loin d'ici ? M'interroge Louis, Tu penses qu'il aurait pu rentrer chez vous ?
 
Je hausse les épaules, même si j'ai bien peur que non. Harry n'est pas du genre à rentrer s'enfermer quand ça ne va pas, mais plutôt du genre à traverser la ville à pied de long en large.
 
_Le pont, je murmure, Il aime aller au pont.
_Pourquoi ça ne m'étonne pas, soupire Louis.
 
On commence à se diriger vers le pont de Brooklyn lorsque le téléphone de Louis se met à sonner. Il décroche en déclarant :
 
_C'est Stan.
_Stan ? Je répète, alors qu'il s'éloigne pour lui parler, Vous êtes venus à combien au juste ?
_Si tu savais, commente Lottie.
_Quoi ?
_Tous, murmure Félicité, On est tous là.
 
Je fronce des sourcils. Comment ça « tous » ? 
 
_Perrie et Niall sont avec nous, répond Lottie à ma question silencieuse.
 
Je reste totalement interdite face à elles.
 
_Tu vois, enchaîne Félicité, Tu n'es pas qu'un choix par défaut visiblement.
 
 

Lottie
 
 
_Ils ont retrouvé Harry ! S'exclame Louis en revenant vers nous, Stan et Waliyha ont retrouvé Harry. Il était bien au pont.
 
Gemma esquisse un sourire discret.
 
_Où est-ce qu'on les retrouve ? J'interroge mon frère.
_Ils nous attendent à la voiture.
 
Connaissant Louis, je parie qu'il voudrait y aller en courant. Il se retient parce qu'il sait que Gemma ne tiendrait pas le coup, elle avance à peine droit et raconte n'importe quoi.
Quand on arrive au bout de la rue, j'aperçois la voiture au loin et trois personnes qui attendent. Je reconnais Harry, assis à même le sol. Je suis sûre que Louis le voit aussi car une lueur se met à briller dans son regard au moment où je bifurque dans sa direction. Il s'apprête à partir en courant lorsqu'un raclement de gorge nous ramène brusquement à la réalité.
Gemma est repliée contre elle-même, vomissant toute sa soirée sur la bordure de la route. On se précipite sur elle pour qu'elle ne s'écroule pas dans son propre vomi. Je lui retiens les cheveux en arrière, Félicité attrape son sac qui tangue dangereusement au-dessus de la flaque et Louis dépose sa main sur ses omoplates.
 
_Vas-y, je souffle.
_Quoi ?
_Va retrouver Harry. Je peux m'occuper d'elle.
_Mais...
_Tu en crèves d'envie, je le coupe, Alors vas-y.
 
Louis frictionne le dos de Gemma alors qu'une nouvelle secousse la prend, puis il relève son regard vers moi en me souriant.
 
_Je reviens, il souffle du bout des lèvres.
_C'est bon, je l'encourage, Je gère.
 
Mon frère s'éloigne de Gemma et rejoint la voiture d'un pas rapide. Je ne peux m'empêcher d'observer la scène de loin, Félicité aussi. Même s'il est pour la plupart du temps insupportable, c'est notre frère et on n'assiste pas si souvent à ses moments de joie. Alors on le regarde courir et s'arrêter devant la voiture. Il se baisse pour se mettre à la hauteur d'Harry, caressant ses avant-bras pour qu'il relève sa tête vers lui. Ce qu'il fait après quelques secondes de caresses.
Harry reste immobile. On entend presque le silence jusqu'ici. Ils se regardent et Harry vomit. Comme ça. Sa tête replonge entre ses deux jambes et il gerbe sur le trottoir. Louis dépose aussitôt sa main sur son front pour dégager quelques mèches, mais Stan et Waliyha se sont reculés d'un bond mètre en grimaçant.
 
_Il n'a pas fait ça ? Soupire Félicité.
_Il a osé, je constate.
_Ce mec est un raté depuis le début.
 
On pouffe de rire alors qu'un raclement de gorge nous ramène à notre vomi à nous. Quelle famille de bras cassés.
 
_Ça va mieux ? Je demande à Gemma.
 
Elle acquiesce en se relevant. De la bave coule de son menton et ses cils sont tous collés à cause de ses larmes.
 
_Attends, je déclare en sortant un paquet de mouchoirs de mon manteau.
 
Je lui en tends un et elle s'essuie les lèvres en grimaçant.
 
_Tu te sens de marcher ? Ajoute Félicité, On est tout près de la voiture.
_Où sont Perrie et Niall ?
_Dans l'autre groupe, on va appeler Isaac, je lui assure.
 
Gemma acquiesce et fait un pas vers nous pour essayer d'avancer. Elle titube et soupire avant d'ôter ses talons. Ses pieds nus glissent sur le béton froid de la rue.
 
_C'est bon, elle murmure, Je peux marcher.
_Les filles !
 
Je me retourne vers Stan qui vient d'accourir dans notre direction. Il s'arrête devant nous et fixe Gemma pendant quelques secondes, avant de rétorquer à son attention :
 
_Je croyais t'avoir demandé de prendre soin de toi.
 
Un sourire apparaît sur ses lèvres alors qu'elle avance vers lui pour lui répondre :
 
_Dans mes souvenirs, tu l'avais retiré.
_Tu ne fais jamais comme tout le monde, hein ? Il l'interroge, Il n'y avait jamais rien qui dépassait chez toi quand nos familles partaient en fumée. Et, maintenant que tout le monde se reconstruit, toi, tu pars en vrille. Toute seule. Juste dans ta tête.
_Chacun son rythme.
 
Il esquisse un sourire à son tour et je trouve leur discussion bien trop étrange pour la suivre. Je me retourne vers la voiture. Louis essaie de remettre Harry sur ses jambes. Il passe son bras autour de sa taille.
 
_On devrait les rejoindre, je reprends la parole, Je crois qu'Harry a vraiment besoin d'aller dormir.
 
Forcément, je savais qu'évoquer l'état de son frère allait faire réagir Gemma. Elle redevient sérieuse brusquement, avançant vers la voiture avec ses chaussures à la main.
 
_Elle va marcher sur un bout de verre, soupire Félicité.
_Ou pire, je commente en repensant aux flaques de vomi des deux frangins.
 
On se retourne toutes les deux vers Stan. Il nous regarde sans comprendre puis percute soudainement :
 
_Hors de question.
_On n'a pas que ça à faire d'aller à l'hôpital si elle se blesse, je lui fais remarquer.
_C'est Gemma, elle préférerait ramper au sol que de monter sur mon dos.
 
Il a raison. Du coup, on la laisse partir devant en suivant ses pas. On les rejoint rapidement. Gemma s'assure que son frère va bien et l'aide à monter en voiture avec Louis. Mon frère s'installe à son tour à l'arrière, donnant ses clefs à Stan.
 
_On ne va pas tous rentrés, souffle Waliyha lorsqu'on arrive à leur hauteur.
_Vous allez vous serrer derrière, rétorque mon cousin en prenant place côté conducteur.
_Quelqu'un appelle Isaac pour leur donner l'adresse d'où on va ? J'entends Louis gueuler.
_Et où on va exactement ? Rétorque ma s½ur.
 
Stan s'arrête, les mains fixées sur son volant.
 
_Oui c'est vrai, où est-ce qu'on va ?
_Gemma n'a qu'à monter à l'avant pour nous indiquer le chemin, lui répond mon frère.
 
Gemma acquiesce et s'installe à côté de Stan alors que je me retourne vers les filles. Waliyha soupire et je m'apprête à ce qu'elle incendie la terre entière de devoir se coller à Louis et son mec, mais elle se contente d'entrer dans la voiture en silence. Je regarde Félicité d'un air étonné et ma s½ur hausse des épaules avant de s'engouffrer à son tour dans le véhicule.
 
 

Niall
 
On est les premiers à arriver à l'appartement. Lottie a envoyé un message à Isaac et, comme on n'était pas très loin de leur location, on se retrouve à devoir les attendre devant la porte de chez eux. Heureusement que Gemma nous a donné le code d'entrée du hall pour ne pas qu'on poirote comme des cons, dans la rue, en plein milieu de la nuit.
Eleanor s'affale dans le couloir, son dos contre le mur. Perrie s'installe à côté d'elle. Je connais ma s½ur. Je sais qu'elle aimerait parler, mais qu'elle ne sait pas par quel bout commencer.
Alors je me décide à lui donner un coup de main :
 
_Merci.
 
Eleanor relève brusquement son regard vers moi, hébétée.
 
_Pourquoi ? Balbutie-t-elle.
_C'est grâce à toi qu'on les a retrouvés, je réponds, Tu as trouvé ce mec qui nous a dit d'aller voir à Brooklyn.
_Ce n'est rien, elle murmure, C'était du hasard. Ça aurait pu être n'importe lequel d'entre nous.
_Tu as tort, rétorque Perrie, les yeux rivés vers ses pieds, Après ce que notre frère t'a fait subir... N'importe qui ne nous aurait pas aidé, et encore moins pour ramener la fille qui veut le sortir de taule.
 
Je sais que ça coûte à ma s½ur de dire ses mots, parce que ça me coûte à moi aussi. Ça fait mal de traiter Greg de cette manière. Même si je crois, qu'au fond, on pense tous les deux qu'il le mérite. Je sais que lui aussi le pense. C'est ce qui m'aide à penser que ce n'est pas totalement un monstre.
 
_Alors, merci, termine Perrie.
_Vous n'êtes pas responsable pour votre frère, elle murmure, Gemma ne l'est pas non plus.
 
Un blanc s'installe dans le couloir. Mais ce n'est pas gênant comme en début de soirée, c'est presque apaisant. Je m'autorise même à fermer les yeux quelques minutes, juste pour profiter du fait que tout s'est bien terminé et qu'on les a retrouvés.
 
_Toi non plus Isaac.
 
Je rouvre les yeux à l'entente de la voix d'Eleanor et observe Isaac relever son regard vers sa cousine. Elle continue :
 
_Pour Zayn. Tu n'es pas responsable.
_Je l'ai aidé à s'enfuir, il rétorque.
_Pas pour ça. Pour la mort de Liam. Tu n'étais pas responsable.
 
Le regard d'Isaac se brise et je bifurque vers Perrie. Ma s½ur a les larmes aux yeux, comme à chaque fois qu'on prononce le nom de notre cousin.
 
_Tu parles toujours du fait que tu l'as aidé à s'enfuir et qu'il est mort à cause de ça. Mais tu ne trompes personne, enchaîne Eleanor, On sait tous que ce qui te ronge le plus, c'est la raison pour laquelle il s'est suicidé. C'est la mort de Liam. Tu y étais, mais tu n'étais pas le seul. Tu n'es pas plus responsable qu'un autre.
 
Il a l'air blessé. Pas en colère, mais blessé, comme s'il revivait la scène à l'instant.
 
_J'ai envoyé ce message à Perrie de la part de Zayn, il répond, Stan et moi sommes les responsables.
_Harry se sent responsable de mon accident, je participe.
 
Ils bifurquent tous leur regard vers moi, intrigués, y compris Perrie.
 
_On devait être ensemble ce soir-là, j'explique, Mais il m'a planté pour son nouveau mec, Azoff. J'étais en colère contre Harry donc Greg m'a proposé de sortir avec lui et Edward. Il m'a proposé d'inviter Liam aussi. C'était un peu pour se venger d'Harry. Normalement, ils nous emmenaient jamais en soirée comme ça, ils disaient que c'était trop dangereux à cause des Tomlinson... Ils avaient décidé de s'en foutre, ce soir-là.
 
Eleanor me regarde d'un air désolé. Pour elle aussi, c'était un soir comme ça, un soir comme un autre.
 
_C'est con, mais c'est arrivé. Personne ne le voulait. Ni Louis, ni Zayn, ni toi, Isaac.
 
Un silence répond à mon affirmation, parce que je crois qu'il n'y a pas grand-chose à ajouter. Alors on reste comme ça, tous ensemble, dans le couloir, jusqu'à ce qu'on entende une voix hurler et résonner entre les murs :
 
_PUTAIN ! MAIS JE VAIS LE TUER !
_Calme-toi !
_Mais il cherche vraiment à ce que je le déteste ?!
_Il n'a pas fait exprès ! Je reconnais la voix de Louis.
 
On se lève tous alors que leurs pas qui résonnaient dans le couloir s'arrêtent brusquement lorsqu'ils se retrouvent face à nous.
 
_Gemma ! Hurle Perrie en se jetant dans les bras de notre cousine.
_Oh ce n'est pas le moment ! Beugle la fille de tout à l'heure.
 
Je reconnais aussitôt Waliyha. La petite nerveuse des Tomlinson.
 
_Gemma, tu ouvres cette foutue porte que j'aille dans la salle de bains ! Continue-t-elle, furieuse.
 
On se retourne tous vers elle et Isaac commente, dégoûté :
 
_C'est du vomi dans tes cheveux ?
 
Waliyha hurle de rage et je percute enfin qu'Harry est complètement avachi sur Louis.
 
_Il t'a vomi dessus ? Je comprends.
 
Elle me fusille du regard pour simple réponse et hurle le prénom de ma cousine pour qu'elle ouvre la porte de son appartement. Gemma se détache de Perrie, mais seulement pour venir m'enlacer à mon tour. Elle a les yeux rouges, les pieds sales, empeste l'alcool, mais je la serre la plus fort possible contre mon torse. Ça fait tellement du bien de la voir.
 
_Je vais en prendre un pour taper sur l'autre, prévient Waliyha.
_Ça va, j'arrive, soupire Gemma en s'éloignant de mes bras.
_Ton crétin de frère m'a vomi dessus.
_On le sait, ça fait dix minutes que nous casses les couilles avec ça.
 
Waliyha s'apprête à l'insulter, mais comme Gemma a ouvert la porte, elle ne se donne pas cette peine et se rue à l'intérieur de l'appartement. On entend une porte claquer. Probablement celle de la salle de bains.
 
_Rentrez, faites comme chez vous, ironise Gemma en pénétrant à son tour.
 
On la suit alors qu'elle allume toutes les lumières de l'appartement. Clairement, ils se sont fait plaisir. L'endroit est spacieux, lumineux, entouré de grandes baies vitrées avec vue sur les immeubles éclairés de Manhattan. Ils ont un immense balcon. On y aperçoit le pont de Brooklyn au loin.
J'avance jusqu'au milieu du salon. Gemma s'affale sur le canapé, Perrie et Eleanor suivent le mouvement. Lottie et Félicité rejoignent la salle de bains pour venir en aide à Waliyha. Stan et Isaac s'affalent sur les fauteuils en face du canapé. Seul Louis – qui continue de porter Harry à moitié endormi – reste planté au milieu du salon.
 
_Qu'est-ce tu fous mec ? Soupire Stan, Fous-le au lit.
_Il a du vomi partout sur lui, il faut que je le nettoie, rétorque Louis.
_Waliyha ne te laissera jamais entrer, ajoute Isaac.
_Justement, susurre Louis à son attention, Tu es diplomate, toi.
_Pourquoi c'est moi qui dois me faire défoncer ?
_S'il te plaît, il est lourd.
 
Isaac soupire et se relève du fauteuil pour rejoindre la salle de bains. On entend des voix indignées pendant quelques minutes, puis Waliyha, Lottie et Félicité qui reviennent dans le salon. Waliyha a les cheveux trempés, des gouttes tombent à intervalles irréguliers sur le carrelage au sol malgré la serviette autour de ses épaules.
Louis s'éclipse aussitôt avec Harry sous le bras.
 
_Vous avez faim ? Demande Gemma.
_Trop, répond Stan.
_Alors lève-toi pour faire cuire des pâtes.
_Cette hospitalité, commente-t-il en se relevant.
_Tu t'es invité.
_Va te laver les pieds.
_Aucun rapport.
 
Stan ne répond plus et disparaît dans la cuisine, suivi par Lottie qui annonce qu'il vaut mieux s'assurer que son cousin ne foute pas le feu à l'appartement. Il lui répond d'aller se faire foutre puis leur conversation devient incompréhensible.
Je me retourne vers Gemma. Elle vient de fermer les yeux, la tête avachie sur le dossier du canapé.
 
_Tu rentres à Londres ? Je demande.
 
Elle sait que la question lui est adressée, bien sûr, mais elle garde les yeux clos.
 
_Je ne sais pas.
_Ne me dis pas qu'on a fait tout ce chemin pour rien, ajoute Perrie.
_Je...
_Tu sais qu'il lui a parlé ? Je reprends la conversation, À Greg.
 
Gemma rouvre les yeux à cet instant, se relevant légèrement du canapé. Elle évite le regard d'Eleanor et se retourne vers moi, attendant plus d'explications.
 
_Avant de venir te rejoindre, Harry a été parler à Greg, en prison.
_Il a réussi à lui parler ? Murmure-t-elle, surprise.
_Il l'a fait. Il a surmonté sa peur. Il lui a dit ce qu'il avait à lui dire. Si ton frère en a été capable, tu peux surmonter la tienne.
_Je ne sais même pas de quoi j'ai peur.
_De tout, je réponds, Comme nous. Comme eux. Comme tout le monde. On a passé toute notre vie à haïr les Tomlinson, mais Louis et Harry ont tout foutu en l'air. On est paumés entre continuer à les détester et accepter de passer à autre chose. Je sais que ce n'est pas facile Gem'... Mais... Mais ils ont traversé l'océan Atlantique pour vous retrouver, toi et Harry. Toi aussi, tu peux le faire. Tu peux avoir le courage de rentrer à la maison.
_C'est super touchant tout ça tout ça, nous coupe Stan en débarquant brusquement dans le salon, Mais qui veut des pâtes ? Je dois doser.
_Oh l'abruti, soupire Gemma en s'affalant dans le dossier, Comment tu veux que je rentre avec ce guignol ?
_Je t'emmerde madame la dépressive, donc qui ?
 
Plusieurs mains se lèvent, dont la mienne. Je meurs de faim.
Stan retourne en cuisine après avoir compté et je bifurque mon regard vers ma cousine, attendant quand même une réponse de sa part.
 
_Très bien, elle lâche, Je rentrerai avec vous.
 
Le cri de joie de Perrie résonne dans tout l'appartement.
 
 

Isaac
 
 
Je frappe doucement contre le battant de la porte, pénétrant discrètement dans la salle de bains. Waliyha est assise sur le rebord de la baignoire pendant que Lottie lui passe le pommeau de la douche dans les cheveux. Félicité se tient debout à côté d'elle, une serviette dans les mains.
 
_Les filles, vous avez bientôt fini ? Louis a besoin de la salle de bains pour Harry.
_Il peut crever, rétorquer aussitôt Waliyha.
_Tu sais qu'il n'a pas fait exprès.
_Non, il ne fait jamais exprès. C'est pour ça que je me retrouve pleine de vomi, à New-York, parce qu'il se défonce la tronche depuis un mois.
_Waliyha...
_Il faut arrêter de tout lui passer.
 
Je m'apprête à rétorquer, mais la voix de Félicité me coupe dans mon élan :
 
_Il l'a aussi fait pour nous.
_Ce n'était pas pareil, grince Waliyha.
_Il est venu nous chercher jusque devant la boite, il nous a ramenés chez lui, Perrie t'a fait prendre une douche, elle énumère.
 
Je fronce des sourcils. De quoi elles parlent au juste ?
 
_Ça va, j'ai compris, soupire ma demi-s½ur, On les laisse.
 
Elle attrape la serviette de toilette que lui tend Félicité et la pose sur ses épaules, avant de sortir de la pièce avec ses cousines.
Je reste un instant dans la salle de bains, observant mon reflet dans le miroir au-dessus du lavabo. J'ai un air fatigué sur le visage, un air triste aussi. Je repense à la conversation que j'ai eue avec Eleanor dans le couloir. Elle a raison. Je ne me pardonne pas ce que Zayn n'a pas été capable de se pardonner non plus.
 
_Aide-moi !
 
Je me retourne vers Louis qui vient de faire son apparition dans la pièce. Il tente de tenir Harry, mais il s'affale de plus en plus contre lui. Je me précipite sur eux et attrape son mec, presque au dernier moment.
 
_Fais-le s'asseoir sur le rebord de la baignoire, s'il te plaît, demande Louis alors qu'il fait bouger son bras endoloris en grimaçant.
 
Je force Harry à s'asseoir, mais il n'a aucune résistance.
 
_Est-ce qu'il dort debout ? Je demande, ahuri.
_Ouais, répond Louis en venant me remplacer.
 
Je m'éloigne pour lui laisser de la place et observe mon cousin lui tapoter les joues pour qu'il reste éveillé. Harry ouvre les yeux, mais il a l'air complètement ailleurs.
Louis le déshabille lentement en prenant soin à ce qu'il ne tombe pas la tête en avant ou en arrière. Il le met complètement nu et je détourne mon regard, gêné. Je ne sais même pas ce que je fous encore ici.
Je m'apprête à partir, mais j'entends la voix de Louis dans mon dos :
 
_Vous n'imaginez même pas à quel point je vous suis reconnaissant à tous. Je n'y serai pas parvenu tout seul.
 
Je me retourne vers lui, m'adossant à la porte de la salle de bains. Mon cousin est en train de faire couler un bain chaud pour Harry qui s'est déjà à moitié rendormi, la tête calée contre la main de Louis qui sert de rempart au rebord en faïence. Je trouve qu'il ne mérite pas tant d'attention après la nuit qu'il vient de nous faire vivre.
 
_Tu n'y as jamais cru non plus, je commente après un temps.
_Comment ça ?
_Toutes ces années où tu pensais devoir nous porter. Tu ne t'es jamais dit qu'on pouvait le faire nous aussi, qu'on pouvait être là pour toi.
_C'est vrai, il murmure, Je suis désolé d'avoir été si distant avec vous.
 
J'accepte ses excuses en silence, reportant mon regard vers son copain.
 
_Est-ce qu'il a seulement capté que tu étais là ? J'interroge en riant.
_Je ne crois pas, il esquisse un sourire, Il passe son temps à dire qu'il veut ne voir que moi, même quand je suis devant lui.
 
Je pouffe de rire en reconnaissant bien là le dramatisme d'un Styles.
 
_J'avais tort, je murmure.
_À propos ?
_J'avais tort quand je t'ai dit qu'il y a des choses qu'on ne pardonne pas, je précise, Quand je t'ai dit qu'il n'y avait ni avant, ni après. Il y en a forcément un. Il y a forcément un moment où le pardon est possible, un moment où tu peux avancer dans la vie et arrêter de regarder en arrière, un moment où tu arrêtes de te faire autant de mal... Chacun aura son moment, un jour ou l'autre. Je crois que celui-ci est le vôtre.
 
Louis me sourit et je m'éclipse de la salle de bains pour les laisser tous les deux. Je retourne dans le salon et m'arrête au milieu de la pièce. Ils sont tous là, en train de manger une assiette de pâtes. Gemma s'est endormie sur le canapé. Stan rit avec sa s½ur et Niall. Perrie discute avec Félicité et Waliyha. Lottie somnole sur son portable.
Je reste interdit devant la scène qui se déroule devant mes yeux, puis je me dis que c'est peut-être aussi le nôtre, finalement. C'est peut-être notre moment à tous.
 
 

Harry
 
J'ouvre mes paupières avec difficulté, comme si le poids de la fatigue de ce dernier mois s'était abattu sur mon corps pour ne plus jamais en repartir. Mes articulations me font mal, j'ai la langue pâteuse et un tambour dans ma tête. Pourtant, je ne me suis presque jamais senti aussi bien. Je suis comme enveloppé dans une chaleur familière. Je suis dans une bulle. La bulle que j'avais avec Louis. Tout y est. Son odeur. Son corps. Son souffle. Tout me semble s'y réel que j'essaie de m'accrocher à mon sommeil pour ne pas le laisser disparaître. Je ferme mes paupières et serre son corps contre le mien. Mon délire est puissant. La sensation est tellement réaliste. Je reconnais chacune de ses courbes, je reconnais la douceur de sa peau et la sensation de ses cheveux dans mon cou. Je pose mes lèvres dans sa nuque. Il bouge légèrement. Un soupir de plaisir s'échappe de ses lèvres. Putain. C'est exactement comme ça que je l'imagine.
Stop, non, attends. J'arrête mes caresses sur son corps. C'est impossible. Un rêve ne peut pas être si réel... Je me rends compte qu'il y a vraiment un autre corps accroché au mien et je me recule si brusquement que je tombe du lit. Mes fesses percutent le sol et ça me réveille définitivement. Putain, qu'est-ce que j'ai fait ? J'ai trompé Louis ? J'ai couché avec un inconnu dont je ne me rappelle rien ?
Je réalise soudainement que je n'ai absolument aucun souvenir de la veille. Je regarde mon corps, effaré. Je suis torse-nu avec un short de sport. J'ai l'air d'être lavé alors que je sais pertinemment que mon état de cette nuit ne me l'aurait pas permis.
Je me recroqueville sur moi-même, totalement anéanti... Mais qu'est-ce que j'ai fait ?
 
_Harry, ça va ?
 
Putain. Même sa voix vient me hanter. Je l'ai trompé. J'ai trompé Louis. Je ne me le pardonnerai jamais.
 
_Haz ?
_Arrête, je fais taire la voix dans ma tête.
_Pardon ?
_Tais-toi !
_Hey ! Je l'entends s'énerver, Je n'ai pas fait tout ce trajet pour que tu me parles comme ça !
 
Je relève mon regard vers lui brusquement et reste complètement décontenancé. Louis. Louis est devant moi. Louis est assis sur le lit, le drap recouvrant à peine son torse nu. Je mets quelques secondes à réaliser que je ne suis pas dans un putain de rêve.
 
_Louis ? Je balbutie, sous le choc.
_Tu m'expliques qui tu croyais avoir enlacé toute la nuit ? Il fronce des sourcils.
 
Je suis tiraillé entre l'envie d'éclater en sanglots et d'exploser de rire. Est-ce qu'il est vraiment devant moi ?
 
_Ne réponds pas surtout, il cingle.
 
Je me lève brusquement et saute sur le lit pour le rejoindre. Je fonds dans ses bras en une demi-seconde, je m'accroche si fort à lui qu'il retombe sur le matelas, écrasé tout contre moi.
 
_Je t'aime.
 
Je l'entends rire puis me serrer contre lui de toutes ses forces. Je ne me retiens plus et écrase mes lèvres sur toutes les parties de son visage. Il m'a tellement manqué, c'est presque inhumain d'avoir autant besoin de quelqu'un.
Louis attrape mon visage de ses deux mains pour m'arrêter. Je pensais qu'il voulait me parler, mais il se contente de sceller ses lèvres aux miennes. Je sens mon corps se consumer de l'intérieur alors que sa langue s'immisce entre mes lèvres. Ses mains descendent le long de mes côtes et s'arrête sur mes fesses pour intensifier mes mouvements de bassin contre le sien. Je gémis de plaisir dans sa bouche, ce qui a l'air de lui faire réaliser quelque chose.
Louis se détache lentement de mes lèvres et vient caresser mes joues en murmurant :
 
_Doucement, on n'est pas tout seul.
 
Gemma. Je me demande si elle sait qu'il est à New-York. Probablement d'ailleurs, je vois mal comment il aurait pu entrer dans l'appartement sans elle. En fait, je réalise que je ne sais absolument pas ce qu'il fout ici et comment il m'a trouvé.
 
_Tu es venu me chercher ? Je souffle, tout proche de lui car je ne veux plus m'éloigner de ses lèvres.
_C'était une vieille promesse.
_Tu as fait tout ce chemin tout seul ?
 
Cette fois, un sourire espiègle se dessine sur son visage avant qu'il ne me réponde :
 
_Pas exactement.
 
Je fronce des sourcils.
 
_Comment ça ?
_Lève-toi, il me murmure tout bas.
.
.
Je n'en ai absolument aucune envie, vu la façon dont il me dévisage, mais la curiosité est trop forte. Je m'éloigne de son corps, mais attrape aussitôt sa main pour qu'il vienne avec moi. Louis se lève à son tour du lit et on sort de ma chambre. Il fait encore nuit, mais les lumières de la ville éclairent l'appartement grâce aux baies vitrés. Je m'avance jusque dans le salon, retenant un cri de surprise de s'échapper de mes lèvres.
Stan est allongé sur le tapis du salon. Sa s½ur Eleanor utilise son torse comme d'un oreiller et il a posé sa main sur son ventre. Gemma est endormie sur notre canapé, Isaac et Lottie sur les deux fauteuils en cuir.
Je suis tellement choqué qu'aucun mot ne sort de mes lèvres. Je sens la main de Louis venir chercher la mienne et me tirer vers lui, m'amenant dans une autre pièce. On avance jusque dans la chambre de Gemma et il ouvre légèrement la porte. J'aperçois Waliyha et Félicité, couchées à même le sol sur une tonne de couvertures. Mon regard bifurque vers le lit de ma s½ur et je sens mes pieds se dérober lorsque je reconnais Perrie et Niall, endormis eux aussi.
J'ai envie de crier, mais ils ont tous l'air si fatigués que je me retiens. Peut-être que j'ai peur de sortir de ce rêve définitivement.
 
_Ils sont tous venus avec toi ? Je chuchote à Louis.
_Oui, il me confirme.
_Mais... Comment...
 
Il pose ses lèvres brièvement sur les miennes pour me faire taire, puis chuchote à son tour en se reculant :
 
_Viens, on va parler sur le balcon.
Je hoche la tête et le suis de nouveau à travers l'appartement. On s'engouffre tous les deux à l'extérieur et Louis referme la baie vitrée derrière nous. Je le regarde faire puis il s'avance pour sceller nos lèvres. Je passe mes mains dans sa nuque pour le maintenir tout contre moi.
Les événements de la veille me reviennent en mémoire peu à peu. Il doit le sentir car il se recule tout doucement pour m'observer.
 
_Tu as tenu ta promesse, mais pas moi. J'ai craqué hier soir.
_Je sais, il murmure, Mais je suis là désormais.
_Tu ne m'en veux pas ?
_Si je t'en veux, mais je n'ai pas fait tout ce trajet pour rompre avec toi. Cette pause était une erreur, Haz. Je suis vraiment désolé de nous l'avoir infligée.
_Je n'en reviens pas que tu sois venu avec notre famille.
 
Un sourire déforme presque son visage et je l'interroge du regard.
 
_Notre famille, répète-t-il, Je n'aurais jamais cru entendre ça un jour.
_Je n'aurais jamais cru les voir entassés tous ensemble dans le même appartement, je rétorque.
 
Il rit et vient glisser ses mains sur mes hanches.
 
_Tu n'imagines même pas la nuit qu'on vient de vivre.
_Qu'est-ce que j'ai fait ? Je m'inquiète.
_Tu as vomi dans les cheveux de Waliyha.
 
Je me pince les lèvres, terriblement gêné. Déjà qu'elle me détestait, ça ne va pas s'arranger.
 
_Je ne leur ai rien demandé Haz, il murmure, Ils ont voulu venir te chercher. Toi et Gemma.
 
Je ressens comme une vague de chaleur à l'intérieur, au plus profond de mon âme. Ça porte le goût du soulagement, presque un apaisement. Je me sens tellement bien soudainement.
 
_Alors on rentre à la maison, tous ensemble ?
_Si tu le veux bien.
_Bien sûr que je le veux.
 
Un coup de vent frais vient balayer nos corps et on frissonne tous les deux. Je me retourne vers la vue de Manhattan et Louis vient m'encercler par derrière. Il y a le pont, juste devant nous. Plus entre nous. Ça aussi, ça me procure une sensation indescriptible.
Les doigts de Louis glissent doucement sur mes avant-bras, avant de descendre pour se nouer avec les miens. Je me repose contre son dos, soutenu dans tous les sens du terme.
 
_Il nous aura fallu des années pour y arriver vraiment, je murmure, Pour ne plus culpabiliser d'être ensemble.
_Mais on a réussi.
_On a inventé l'espoir juste en s'aimant, je le cite.
_Putain, c'que j'étais niais à cette époque, il commente en me serrant contre lui.
 
Je ris et Louis dépose un baiser dans ma nuque. Puis deux. Puis trois.
 
_Alors si c'est trop niais, je reprends, Qu'est-ce que tu citerais de mieux ?
 
Louis pose son menton contre mon épaule, réfléchissant à ma question.
 
_« Aimons modérément » ?
_Qui a bien pu sortir cette connerie ? Je l'interroge, Je ne t'aimerai jamais modérément, je ne serai pas capable de le faire. Malgré tout ce qu'il s'est passé, je t'aimerai toujours de la même façon... Beaucoup trop fort. 
 
Le rire de Louis résonne partout en moi et il chuchote à mon oreille :
 
_C'était du Shakespeare, mon amour.
 
Alors, je crois que ce fou n'avait rien compris.
 
 
 
 
 
 Trailer fait par @banew00d ♥
 
 

Tags : #RunUpfic - #Acte5

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Comments :

  • Visiteur

    22/12/2017

    Salut,
    Je ne suis pas très douée pour les messages alors je vais essayer de ne pas m'égarer... Mais je voulais juste dire que j'ai commencé à lire Runup il y a 4 jours seulement et me voilà définitivement à la fin de cette histoire. Je ne sais pas si je suis triste ou heureuse, heureuse parce que tout s'arrange petit à petit pour les deux familles, pour le couple, et triste parce que leur aventure se termine et que j'aurai aimé en lire plus. Je t'avoue que j'aurai adoré voir les péripéties entre Stan et Gemma, ce duo était ma merveille. Mais ça n'aurai pas collé avec le charme de l'histoire je pense. Le fait qu'un autre couple maudit se ramène, je veux dire que peut-être ça aurait été "trop" (Même si pour moi il n'y en a jamais assez, j'avoue, ahah!) Alors je suis contente que tu te sois arrêtée là, même si je suis triste parce que bon j'aurai voulu quand même avoir genre des bonus sur Stan et Gemma (je sais, je suis assez paradoxale... Mais ces deux-là c'est juste *coeur dans les yeux*). J'ai découvert ton livre grâce à une conversation dans une histoire de Wattpad (oui j'adore lire les commentaires des lecteurs, car c'est tellement fou que ça pigmente la FanFiction, limite parfois je pleure de rire grâce à eux alors que le moment dans l'histoire est censé être triste.. Bref je m'égare) et franchement je suis tellement bien tombée que j'aurai pu m'envoler jusqu'à la lune, voir plus, car tout simplement tu m'auras fait planer jusqu'à la fin. Depuis lundi, tous les soirs jusqu'à 3h du matin même 4h, encore ce soir. C'est juste wow, je n'ai pas de mot pour dire à quel point tu as un talent impressionnant. A quel point ton histoire est réaliste et tient la route jusqu'au bout. A quel point je n'ai pas pu m'en détacher... jusqu'à celui, final, de l'acte 5.
    Tu es extraordinaire et tu mérites d'aller très très très loin dans le monde de l'écriture. Je te souhaite tout mon courage et une excellente continuation. J'espère un jour avoir dans ma bibliothèque plusieurs de tes livres, et ça commence avec Running up that hill.
    Merci pour cette aventure magique, merci pour m'avoir fait rêver.

  • Visiteur

    24/04/2017

    GEMMA + STAN WILL RISE

  • RunningUp

    10/04/2017

    poussy013 wrote: "je viens de finir ta fiction. Je l'ai adoré vraiment. C'est très bien écrit on ressent les émotions de chacun. J'ai pris bcp de temps à la lire car je savourais chaque mot. C'est triste de laisser tous les personnages auxquels on s'est attaché. En tout cas bravo pour cette fiction merveilleuse. Et à bientôt sur tes autres fictions."

    merci beaucoup ça me fait très plaisir :)

  • poussy013

    07/04/2017

    je viens de finir ta fiction. Je l'ai adoré vraiment. C'est très bien écrit on ressent les émotions de chacun. J'ai pris bcp de temps à la lire car je savourais chaque mot. C'est triste de laisser tous les personnages auxquels on s'est attaché. En tout cas bravo pour cette fiction merveilleuse. Et à bientôt sur tes autres fictions.

  • RunningUp

    23/12/2016

    Emily wrote: "Pour la troisième fois que je l'a lis, j'adore cette fiction !!! Je m'en lasserais jamais (ni de pleurer visiblement)... Wow, je trouve toujours pas les mots, en tout cas merci encore, grâce à toi tu me permet de m'évader, aller dans un univers rassurant et qui nous fait tout oublier. Alors merci, merci de me donner cette évasion, ce moment de bonheur que je reçoit en lisant Running up.
    J'aimerais tellement croire en un amour tellement puissant qu'il te fait faire le tour du monde,croire que le pardon est possible malgré tout, croire que rien n'est perdu. Merci de me faire croire tout simplement haha.
    En tout cas, histoire sublime, toujours...
    Et à très bientôt, quand j'aurais encore besoin de m'évader et de croire.
    "

    Merci beaucoup émily, ça me fait toujours plaisir de recevoir des messages sur cette fiction, même si elle est terminée, c'est mon petit bébé quoi ahah ♥

  • Emily

    07/12/2016

    Pour la troisième fois que je l'a lis, j'adore cette fiction !!! Je m'en lasserais jamais (ni de pleurer visiblement)... Wow, je trouve toujours pas les mots, en tout cas merci encore, grâce à toi tu me permet de m'évader, aller dans un univers rassurant et qui nous fait tout oublier. Alors merci, merci de me donner cette évasion, ce moment de bonheur que je reçoit en lisant Running up.
    J'aimerais tellement croire en un amour tellement puissant qu'il te fait faire le tour du monde,croire que le pardon est possible malgré tout, croire que rien n'est perdu. Merci de me faire croire tout simplement haha.
    En tout cas, histoire sublime, toujours...
    Et à très bientôt, quand j'aurais encore besoin de m'évader et de croire.

  • RunningUp

    27/11/2016

    PrettyLittleBlog-3 wrote: "Hey coucou!
    Je ne sais pas si tu as pu lire mes précédents commentaires sur différents chapitres mais en tout cas sache que ça doit faire un bon mois que j'ai commencée à lire ta fiction et je l'ai malheureusement déjà fini.
    Alors comment te dire à quel point j'ai aimée ta fiction!? Je vais essayer de structuré mon commentaire en procédant point par point tu m'excusera si c'est un peu confus.
    Tout d'abords tes personnages sont justes incroyables! Vraiment, ils sont magnifiques! Ils sont très attachants avec une réel personnalité et ça fait du bien de voir des personnages qu'on pourrait croire réel. Leurs problèmes, leurs peurs, leurs démons sont magistralement décris et ça rend tout les personnages encore plus touchant. Même tes personnages secondaire ont un réel caractère et ont comprend ou plutôt on devine assez clairement leurs émotions, dans la mesure où on peut comprendre un sentiment, je dirai plus qu'on arrive à le percevoir avec une finesse qui en fait sa particularité et sa beauté.
    L'évolution des personnages est impressionnante. Quand on compare le premier acte et le cinquième on voit réellement une évolution qui est extrêmement intéressante. On sent très bien qu'ils ont tous pris de la maturité, qu'ils ont grandi et que leur mentalités ont commencé à changer. C'est extrêmement bien écrit de fait que l'évolution est présente sans être grotesque ou exagéré.
    Ce qui est également remarquable c'est qu'on ressent (enfin je parle plus personnellement, en grande sensible que je suis) réellement la détresse et les troubles qu'agitent ou subissent tes personnages. Et c'est passionnent de voir leur souffrance et comment ils arrivent à surmonter cela. Ca nous donne une réel leçon de vie et je trouve ça fabuleux.
    Ce que j'ai particulièrement aimé dans ta fiction est que tu as pris le temps de réfléchir à l'influence majeur que influe la haine et la vengeance respective des deux familles. La façon dont toute cette colère et se conflit est très présent dans les deux familles et comment il guide leurs pas est vraiment très enrichissant à lire. Ce qui est très intéressant aussi c'est de voir la façon dont ce conflit est entré dans les mentalités et comment il en ressort peu à peu. Cette réflexion de ta part rend ton récit encore plus réaliste et donc très bien écrit.
    Ton histoire est très réfléchis, très bien ficelé, il n'y a pas d'incohérence ni de lourdeur. Au contraire tes chapitres sont extrêmement agréable à lire, d'une longueur très convenable. Les descriptions sont très bien faite, précise et avec assez de détails pour qu'on comprenne tout sans que ça en devienne barbant. Ton style d'écriture est également fluide, riche en vocabulaire et franchement très agréable à lire. J'ai adoré, non même plus, lire ta fiction.
    La société que tu décris est assez sombre, mais le cadre est parfaitement en rapport avec l'histoire de ces deux familles. Ce qui rend le tout majestueux, puissant et d'un certain côté cruel, je vais m'expliquer plus tard pour le cruel.
    Parlons du couple Larry! Alors la, en découvrant tes personnages et leur amour j'était complètement subjuguer! Je suis tomber complètement en adoration et j'ai eu mes crises de folie grâce à ses deux merveilleux amants maudits! Leur histoire est tellement (si on enlève le cinquième acte) triste et déchirante que j'ai fini en pleure à de très nombreuse reprise! C'est horrible ce qui leur arrive. Un coup ils sont ensemble et ils s'aiment puis au final il y a tel drame qui fait qu'ils se séparent! Mais mon petit c½ur c'est déchirer trop de fois! Il y a des moments à la fin de chapitre déchirant ou je ne pouvais pas lire la suite dans la soirée puisque j'avais trop mal, que c'était trop injuste! Et au contraire quand ils se retrouvaient et qu'ils étaient heureux (et leur moment de retrouvailles sont tellement extraordinaire que j'en est eu des papillons dans le ventre et j'admet avoir pleurer tellement c'était beau, fort et indescriptible, surtout que ces scènes là sont décrite à merveille) que je m'arrêtait de lire pour me coucher sur cette note positive parce que je savais qu'au chapitre suivant ça ne durerait pas! Pour te dire seulement à quel point ta fiction à eu un réel effet sur moi et mon petit c½ur sensible!
    Leur amour est franchement (pour moi, e, tant que grande romantique) la plus belle preuve que par amour on peut tout faire, que l'amour résiste à tout malgré que toutes les conditions étaient contre eux! Et se genre de messages me donne tellement envie de croire à cette magie, à ces instants de paradis que rien que pour ça je t'en suis infiniment reconnaissante!
    Tes limons sont très bien écrit. Ils sont d'une part magnifique mais d'une autre ils représentent leur amour respectif sans mots. A travers leur gestes on voit leur amour et c'est tellement puissant que j'ai l'impression de mourir et de revivre à chaque fois.
    Et enfin je vais finir la dessus tu as su par ta fiction, au fil de tes chapitres faire passer tellement d'émotion extrêmement forte(la encore je parle pour mon cas parce que je suis assez sensible à ça). Je pouvais passer à travers le même chapitre par le rire, les larmes ou la colère face à une injustice. Tu as su trouver les mots pour toucher directement ton lecteur en son c½ur. Je suis une passionnée de lecture d'où ce pavé et mes propos qui paresse exagéré mais que je pense dans sa totalité pourtant et d'où cette sensibilité excessive aussi, tu as réussi à me toucher en plein dans mon âme. Et, bien que je sois assez bon publique, tu as un talent incroyable. Et rien que pour m'avoir fait vivre une aventure comme celle la, rien que pour m'avoir fait voyager, rien que pour m'avoir fait vibrer avec tes mots je t'en suis extrêmement reconnaissante. Car quand je lis c'est se que je recherche être brisé, réconforté, mourir par tant de beauté ou de douleur, sentir mon c½ur se serré ou mes larmes dévaler mes joues. Parce que je pense qu'un auteur qui réussit à mettre un passionné dans cette état à réussi sa mission. Qu'en plus d'avoir fait vivre des personnages fait de lettre et de mots il a réussi a les faire vivre dans le lecteur. Et c'est la plus belle chose que tu pouvais m'offrir. Alors merci pour tout. Merci de m'avoir fait vivre. Merci de m'avoir rendu heureuse.
    "

    Waouh mais quel commentaire, c'est plutôt moi qui devrais te remercier pour toutes ces belles choses que tu m'as dites. Vraiment, ça me fait tellement plaisir de recevoir ce genre de message car j'adore écrire, même si j'avais aucun lecteur j'adorerai toujours le faire, mais là de savoir que mon histoire a plu autant, a fait vivre des émotions comme moi je les ai vécues en les écrivant, ça fait vraiment chaud au c½ur. C'est ce que j'aime dans la fanfiction, le fait de pouvoir partager avec les lecteurs, de répondre aux commentaires, de vivre l'histoire avec eux presque. Tu n'imagines même pas le nombre de fois où j'étais tellement stressée de poster parce c'est trop important pour moi que l'histoire plaise, qu'elle ne paraisse pas trop lourde (et elle le peut vu le nombre de drames qui s'enchainent), trop surréaliste ou niaise, ou je ne sais quoi. Donc voilà tout ça pour te dire que ça m'a fait vraiment très plaisir de lire ce beau commentaire ! J'espère que je te retrouverai sur d'autres de mes écrits (peut-être), en attendant encore merci à toi pour ce message positif, ça me donne vraiment envie de continuer d'écrire :D bisous, florie

  • PrettyLittleBlog-3

    23/11/2016

    Hey coucou!
    Je ne sais pas si tu as pu lire mes précédents commentaires sur différents chapitres mais en tout cas sache que ça doit faire un bon mois que j'ai commencée à lire ta fiction et je l'ai malheureusement déjà fini.
    Alors comment te dire à quel point j'ai aimée ta fiction!? Je vais essayer de structuré mon commentaire en procédant point par point tu m'excusera si c'est un peu confus.
    Tout d'abords tes personnages sont justes incroyables! Vraiment, ils sont magnifiques! Ils sont très attachants avec une réel personnalité et ça fait du bien de voir des personnages qu'on pourrait croire réel. Leurs problèmes, leurs peurs, leurs démons sont magistralement décris et ça rend tout les personnages encore plus touchant. Même tes personnages secondaire ont un réel caractère et ont comprend ou plutôt on devine assez clairement leurs émotions, dans la mesure où on peut comprendre un sentiment, je dirai plus qu'on arrive à le percevoir avec une finesse qui en fait sa particularité et sa beauté.
    L'évolution des personnages est impressionnante. Quand on compare le premier acte et le cinquième on voit réellement une évolution qui est extrêmement intéressante. On sent très bien qu'ils ont tous pris de la maturité, qu'ils ont grandi et que leur mentalités ont commencé à changer. C'est extrêmement bien écrit de fait que l'évolution est présente sans être grotesque ou exagéré.
    Ce qui est également remarquable c'est qu'on ressent (enfin je parle plus personnellement, en grande sensible que je suis) réellement la détresse et les troubles qu'agitent ou subissent tes personnages. Et c'est passionnent de voir leur souffrance et comment ils arrivent à surmonter cela. Ca nous donne une réel leçon de vie et je trouve ça fabuleux.
    Ce que j'ai particulièrement aimé dans ta fiction est que tu as pris le temps de réfléchir à l'influence majeur que influe la haine et la vengeance respective des deux familles. La façon dont toute cette colère et se conflit est très présent dans les deux familles et comment il guide leurs pas est vraiment très enrichissant à lire. Ce qui est très intéressant aussi c'est de voir la façon dont ce conflit est entré dans les mentalités et comment il en ressort peu à peu. Cette réflexion de ta part rend ton récit encore plus réaliste et donc très bien écrit.
    Ton histoire est très réfléchis, très bien ficelé, il n'y a pas d'incohérence ni de lourdeur. Au contraire tes chapitres sont extrêmement agréable à lire, d'une longueur très convenable. Les descriptions sont très bien faite, précise et avec assez de détails pour qu'on comprenne tout sans que ça en devienne barbant. Ton style d'écriture est également fluide, riche en vocabulaire et franchement très agréable à lire. J'ai adoré, non même plus, lire ta fiction.
    La société que tu décris est assez sombre, mais le cadre est parfaitement en rapport avec l'histoire de ces deux familles. Ce qui rend le tout majestueux, puissant et d'un certain côté cruel, je vais m'expliquer plus tard pour le cruel.
    Parlons du couple Larry! Alors la, en découvrant tes personnages et leur amour j'était complètement subjuguer! Je suis tomber complètement en adoration et j'ai eu mes crises de folie grâce à ses deux merveilleux amants maudits! Leur histoire est tellement (si on enlève le cinquième acte) triste et déchirante que j'ai fini en pleure à de très nombreuse reprise! C'est horrible ce qui leur arrive. Un coup ils sont ensemble et ils s'aiment puis au final il y a tel drame qui fait qu'ils se séparent! Mais mon petit c½ur c'est déchirer trop de fois! Il y a des moments à la fin de chapitre déchirant ou je ne pouvais pas lire la suite dans la soirée puisque j'avais trop mal, que c'était trop injuste! Et au contraire quand ils se retrouvaient et qu'ils étaient heureux (et leur moment de retrouvailles sont tellement extraordinaire que j'en est eu des papillons dans le ventre et j'admet avoir pleurer tellement c'était beau, fort et indescriptible, surtout que ces scènes là sont décrite à merveille) que je m'arrêtait de lire pour me coucher sur cette note positive parce que je savais qu'au chapitre suivant ça ne durerait pas! Pour te dire seulement à quel point ta fiction à eu un réel effet sur moi et mon petit c½ur sensible!
    Leur amour est franchement (pour moi, e, tant que grande romantique) la plus belle preuve que par amour on peut tout faire, que l'amour résiste à tout malgré que toutes les conditions étaient contre eux! Et se genre de messages me donne tellement envie de croire à cette magie, à ces instants de paradis que rien que pour ça je t'en suis infiniment reconnaissante!
    Tes limons sont très bien écrit. Ils sont d'une part magnifique mais d'une autre ils représentent leur amour respectif sans mots. A travers leur gestes on voit leur amour et c'est tellement puissant que j'ai l'impression de mourir et de revivre à chaque fois.
    Et enfin je vais finir la dessus tu as su par ta fiction, au fil de tes chapitres faire passer tellement d'émotion extrêmement forte(la encore je parle pour mon cas parce que je suis assez sensible à ça). Je pouvais passer à travers le même chapitre par le rire, les larmes ou la colère face à une injustice. Tu as su trouver les mots pour toucher directement ton lecteur en son c½ur. Je suis une passionnée de lecture d'où ce pavé et mes propos qui paresse exagéré mais que je pense dans sa totalité pourtant et d'où cette sensibilité excessive aussi, tu as réussi à me toucher en plein dans mon âme. Et, bien que je sois assez bon publique, tu as un talent incroyable. Et rien que pour m'avoir fait vivre une aventure comme celle la, rien que pour m'avoir fait voyager, rien que pour m'avoir fait vibrer avec tes mots je t'en suis extrêmement reconnaissante. Car quand je lis c'est se que je recherche être brisé, réconforté, mourir par tant de beauté ou de douleur, sentir mon c½ur se serré ou mes larmes dévaler mes joues. Parce que je pense qu'un auteur qui réussit à mettre un passionné dans cette état à réussi sa mission. Qu'en plus d'avoir fait vivre des personnages fait de lettre et de mots il a réussi a les faire vivre dans le lecteur. Et c'est la plus belle chose que tu pouvais m'offrir. Alors merci pour tout. Merci de m'avoir fait vivre. Merci de m'avoir rendu heureuse.

  • RunningUp

    17/11/2016

    spencer33 wrote: "De rien oui j'ai vu ça en tournant la page. 😭😭😱
    Vu que t'as pas mis fin. C'était pas clair. Je suis triste 😭😭
    "

    ahah désolée, je communique beaucoup sur twitter donc c'est pour ça, je pensais que c'était évident, mais tu as raison oui :)

  • spencer33

    17/11/2016

    De rien oui j'ai vu ça en tournant la page. 😭😭😱
    Vu que t'as pas mis fin. C'était pas clair. Je suis triste 😭😭

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