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26/09/2014

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Chapitre un. 09/10/2014

 
 

 
Chapitre un.

 
 
Louis Tomlinson
 
                Je repose ma fourchette dans mon assiette, observant la nourriture sans grandes convictions. Je n'ai pas faim et l'ambiance à table me coupe l'appétit. On est dimanche soir. Comme toutes les semaines, on partage notre traditionnel repas de famille dans la joie et la bonne humeur. Bien que, aujourd'hui, je n'ai pas envie de faire d'efforts.
Mon père se tient au bout de la table. Il ne m'adresse pas un seul regard, ni même une seule parole. Tout ça parce que je l'ai planté il y a trois jours à ce foutu rendez-vous d'affaires. J'ai prétexté un léger malaise. Bien sûr, il n'a pas gobé un seul putain de mot de ce que j'ai pu lui dire. Je me suis excusé et il a simplement répondu : « Je n'ai pas besoin d'excuses, mais d'un fils compétent. Peux-tu seulement t'excuser d'être toi ? ». Quel connard. Je n'ai rien trouvé à lui rétorquer. Je ne comprends même pas pourquoi je m'apprête à gâcher ma vie pour répondre à ses attentes.
Bref, j'apporte la fourchette à mes lèvres pour avaler la nourriture. Autant me débarrasser au plus vite de ce repas. Mon regard continue de divaguer sur la grande table. En face de moi, Eleanor mastique son morceau de viande d'un air absent. Enfin, son air habituel, en fait. Je détourne rapidement les yeux et observe ma s½ur assise à côté d'elle. L'image est presque pire. Ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu sourire, ma petite Lottie. Mes parents prétendent qu'elle est en crise d'adolescence. Moi, j'ai bien envie de leur rappeler qu'elle a assisté au viol de sa cousine, mais ce n'est pas vraiment le genre de ma famille. De dire les choses telles qu'elles sont, j'entends. Parce que c'est bien plus simple de prétendre qu'elles ne sont pas arrivées. Et puis, elle a un psychologue. Il paraît que ça lui suffit.
Je me retourne ensuite vers Isaac qui m'adresse un sourire timide. Il sait probablement à quoi je pense et, d'ailleurs, ça ne doit pas être difficile à comprendre vu la gueule que je tire.
Zayn, assis à côté de moi, continue de manger sa nourriture avec appétit. L'air de prétendre que tout va bien. Putain, quel égoïste celui-là. Le monde pourrait s'arrêter de tourner qu'il tournerait tout seul, juste pour nous prouver que personne n'aura jamais aucun impact sur sa vie. Et puis je suis sûr qu'il voit encore cette fille. Perrie Styles.
Je déglutis lentement la nourriture que j'ai dans la bouche et n'arrive même pas à en apprécier le goût. Ma mère a dû passer des heures dans la cuisine à nous préparer ce repas.
Tiens, parlons-en d'elle.  Jay Tomlinson. La quarantaine. Chrétienne. Bien sous tous rapports. Chargée de la communication de la boite. Elle sourit. Elle mange en souriant et je la regarde pendant un instant. Je n'ai aucune pensée qui me vient à l'esprit, ça me fait presque peur, comme si je regardais une parfaite inconnue. C'est l'impression que ça me fait, des fois, quand je la regarde. Depuis le viol d'Eleanor, elle ne veut plus rien entendre à propos des Styles. Pas un mot. Alors elle fait comme s'ils n'existaient plus et je me dis souvent qu'elle a réussi. On dirait qu'elle plane dans un autre monde. Dans un monde où tout va bien, un monde où on est une famille heureuse et riche. Un monde où on a tout ce qu'il faut pour être heureux. Un monde où on a envie de l'être.
 
 — Où est Stan ?
 
Je relève mon regard vers Dan, mon oncle. Sans le réaliser, il vient de relancer la conversation et tout le monde semble se réveiller autour de la table.
 
— Chez sa meuf, répond Aiden avec la bouche encore pleine de nourriture.
 
Première nouvelle. Je me demande bien qui pourrait supporter un tel type.
 
— Tu lui diras que ce n'est pas correct de louper un repas de famille, ajoute mon père en reposant son verre d'eau sur la table.
— Est-ce plus correct de prétendre qu'on en est une ?
 
J'aurais pu lâcher ma fourchette de stupeur si seulement je n'étais pas aussi scotché. Ces mots pourraient tellement sortir de mes lèvres que je me demande pendant une seconde si ce n'est pas moi qui aie dit ça, finalement. Mais non. Eleanor se tient toujours droite sur sa chaise. Tout le monde la regarde d'un air ahuri, mais elle s'en fiche. Elle prend une autre bouchée de gratin dans sa fourchette et la porte à ses lèvres.
 
 — Pardon ? Bégaye sa mère.
— Ça fait trois jours que Stan découche pour dormir chez sa copine. Il était peut-être temps de s'en rendre compte, répond-elle tout naturellement.
 
Putain, je me retiens de ne pas lui sauter dessus pour l'embrasser. Ça faisait tellement longtemps que je ne l'avais pas vue comme ça. Je l'adore cette fille. J'adore l'assurance avec laquelle elle parle et j'adore l'incompréhension que je lis dans le regard de nos parents.
 
— Eleanor, chérie, reprend Dan, Tu vas bien ?
 
Ah, mon Dieu, j'ai envie de l'étrangler. Pourquoi il lui pose cette question ? J'ai l'impression que c'est formulé d'une manière à lui faire dire qu'elle ne va pas bien et que, dès qu'un putain de mot sort de ses lèvres, il ne peut être que déformé par tout ce qu'elle a vécu. Comme si son traumatisme devait régler chacune de ses pensées jusqu'à la fin de sa vie. Alors que là, elle dit juste la vérité. Mais, dans ma famille, il n'y a jamais personne pour l'écouter.
 
— Pourquoi elle irait mal ? J'interroge mon oncle, Elle a juste remarqué que son frère était absent depuis quelques temps. Elle te dit que tu aurais pu en faire de même. C'est ton fils après tout.
— Louis ne te mêle pas de ça.
 
Mon père qui intervient, bien sûr.
 
— Tiens, tu me reparles toi ?
— Change de ton tout de suite, me coupe-t-il froidement.
 
Je vois Isaac m'observer d'un air inquiet, conscient que ça va péter d'une minute à l'autre, alors que le regard de ma mère se voile derrière sa question tremblante :
 
— Je vais chercher le dessert peut-être ?
— On s'en fout de ton dessert maman ! Tu ne peux pas nous foutre quelque chose dans la bouche à chaque fois qu'on a envie de l'ouvrir !
 
Elle se tasse dans son siège et le regard de mon père me brûle littéralement. Je crois que sa femme est la seule personne qu'il arrive encore à aimer, alors il ne supporte pas quand on lui crie dessus. Comme si Jay était une pauvre petite chose trop fragile. Ça me fait doucement rigoler. Tout est trop fragile dans cette famille. Faut toujours tout prendre avec des pincettes, faire attention à ce qu'on dit, à ce qu'on fait, à ce qu'on pense. Il ne faut jamais rien bousculer, rien changer, rien perturber. Comme si on était tous enveloppés d'une couche de polystyrène pour éviter qu'on ne se brise. Ce qu'ils ne réalisent pas, c'est que tout est déjà brisé à l'intérieur de la protection. Que les morceaux cassés se recassent entre eux parce que plus personne ne veut les laisser sortir de leur emballage trop serré. Que cette surprotection est ridicule et qu'on se fait encore plus de mal à l'intérieur. Qu'on étouffe. Que j'étouffe. J'ai envie de leur dire, de tout sortir, mais ce repas deviendrait un tel chaos que je préfère me taire.
Je me retourne vers Isaac et il me sourit, l'air de me dire qu'on pourra en parler plus tard. Alors j'abandonne, comme ça, parce que je suis aussi lâche que toutes les personnes autour de cette table.
 
— Désolé maman. Tu as raison, il vaut peut-être mieux passer au dessert maintenant.
— Bien, me répond Mark comme si j'avais donné la bonne réponse.
— J'y vais de suite. C'est une tarte à la pomme... Pour mes petites princesses !
 
Ma mère presse gentiment l'épaule de Félicité, en passant derrière elle. Je regarde ma petite s½ur d'un air absent. La pauvre, elle mange en silence depuis tout à l'heure et ne doit rien comprendre à ce qui se passe. Tant mieux pour elle. Je préfère voir l'innocence dans ses yeux que la peine que je lis dans ceux de Lottie.
 
— Je sais déjà que ça va être excellent Jay, déclare Isaac en observant ma mère rejoindre la cuisine.
 
Il essaie de détendre l'atmosphère. C'est bien le seul qui a encore le courage de le faire. Je lui souris discrètement puis bifurque mon regard vers Eleanor. Son visage est caché par ses longues boucles brunes, mais je crois que je n'ai pas besoin de voir ses yeux pour comprendre qu'elle est déçue. C'est vrai que c'est toujours pareil, qu'on ne va jamais au bout de nos pensées. Et moi aussi, ça me rend malade.
 
— Hum, regardez ce qui sort du four ! Reprend joyeusement ma mère en débarquant avec son plat chaud dans les mains.
 
Et voilà, tout est reparti. Le masque, la comédie, les sourires de faux culs et la famille sur jouée. Je suis fatigué de tout ça. Fatigué de prétendre des choses qui ne le sont pas et fatigué d'ignorer celles qui le sont. Ces choses qui sont devenues importantes pour moi et qui me sont interdites.
 
Ces choses stupides.
 
Cette chose stupide. 
 
 

 
 
 
 
  SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
22h10. Tu fais quoi ce soir ?
 
  SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup
22h13. Heaven avec une pote.
 
✉  SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
22h15. Je passerai vite fait. 

 
 
 


Chapitre un.



Harry Styles
 
         Je fulmine, intérieurement. Pire, je bous de rage. J'ai envie de tuer tout le monde. Kendall, à côté de moi, qui s'aligne les shots de vodka depuis tout à l'heure, son abruti de copain au bord de l'overdose et Tomlinson avec sa pute pour la nuit. Quel connard. Il m'envoie un message pour me dire qu'il va venir me voir au club et passe sa soirée avec un pauvre type sorti de nulle part. Il essaie de faire quoi, au juste ? Me provoquer ? Me rendre jaloux ? Je ne lui ai jamais demandé de venir. Je ne sais même pas ce qu'il fout ici.
Et je ne sais pas non plus pourquoi ça me met autant en colère. On est au Heaven, un bar gay dans le quartier de Westminster, donc une zone libre. On a tous les deux le droit d'y être et, pourtant, j'ai l'impression qu'un de nous est de trop. L'atmosphère est lourde et j'ai envie de tout fracasser.
Tomlinson continue de danser avec le type. Non, ils sont presque en train de baiser sur la piste de danse et ça me sort littéralement de mes gonds. Il est en manque ?
Et puis, je suis sûr qu'il le fait exprès. Il me rappelle sans cesse que je ne suis qu'un gamin de lycéen. Et là, il se tape un vieux. Je ne sais pas, on dirait que ce type a au moins quarante ans. Je ne tiens vraiment plus en place. J'ai envie de tout péter.


— Putain, tu n'es pas drôle, ce soir.


Je me retourne vers Kendall. La fille est complètement défoncée. Je ne sais même pas comment elle a capté que j'étais encore là, vu le silence dédaigneux que je lui réserve depuis déjà une heure.


— Azoff  te vend toujours ta came ? Je demande.
— Bah oui... Pas toi ?


Putain, elle est complètement à côté de la plaque.


— Je sais que tu ne regardes que toi, trésor, mais tu aurais quand même pu remarquer que je ne vois plus Azoff .
— Depuis quand ? S'exclame-t-elle, ouvrant ses grands yeux de biche.
— Depuis ta soirée... Genre, il y a trois semaines.
— Putain je suis aussi défoncée que ça ? M'interroge-t-elle d'un air inquiet.


Son petit-ami répond à ma place puisqu'il se contente d'un rire rauque et cette conne se joint à lui. Ok. Je laisse tomber cette soirée. Ce n'est pas en traînant avec des abrutis que je vais prouver à Tomlinson que je ne suis pas un gamin. D'ailleurs, il est où ce con ?
Je me retourne brusquement vers la piste de danse, mais ils n'y sont plus. J'ai une sale impression de déjà-vu. Putain, mais où ils sont partis ?
Je me relève de mon sofa et traverse la piste. Je regarde partout. Je vois des mecs se galocher devant mes yeux et ça me donne envie de vomir. Les baisers, ça m'éc½ure. Au cinéma, ça a toujours l'air magnifique et romantique. Dans la réalité, c'est juste dégueulasse et baveux. Et puis, même, je n'aime pas ça. Les gens mettent trop de promesses dans leur baiser. Et les trucs avec les promesses, ça me fait peur, c'est plus fort que moi. Je ne veux même pas en entendre parler.
C'était plutôt cool parce que Azoff  était de mon avis. D'accord, je le laissais m'embrasser quelques fois parce que, lui, il aimait bien, mais il savait que ça ne voulait rien dire pour moi. Il savait que ça ne voulait pas dire « Je serai toujours là demain », ni même « Je serai toujours là dans une heure ». Bref, je suis en train de m'égarer en repensant à lui. Il ne veut plus rien avoir à faire avec moi et il ne peut que mieux s'en porter. Et, le plus important maintenant, c'est que j'ai vraiment autre chose à foutre.
Je bouscule quelques danseurs en essayant de me frayer un chemin. Putain. Mais où ils sont ? Il ne l'a quand même pas emmené chez lui pour le baiser ? Il ne va pas...
Je m'arrête. Ils sont juste devant mes yeux, au bar. Le mec plus vieux est accoudé sur le comptoir tandis que Tomlinson est installé sur un des tabourets. Une jambe sur le sol et l'autre reposant sur l'appuie-pied. Ce sale type est en train de glisser ses doigts le long de sa cuisse.
Je ne sais pas pourquoi, mais ça me rend fou. Totalement fou. Et, quand je suis énervé, j'agis à l'instinct. Alors, sans réfléchir davantage au pourquoi du comment, je traverse les derniers mètres qui me séparent d'eux et me plante devant Tomlinson.


— Faut qu'on parle, je déclare brusquement. 


Il ouvre des yeux ronds en me regardant. Je sais, c'est la première fois que je lui parle dans un lieu public. Mais là, j'en ai tellement rien à faire. De toute façon, je ne connais personne ici, à part Kendall et son copain, mais ils sont trop défoncés pour réaliser quoi que ce soit. Et lui, je sais qu'il est venu seul. Pas d'Isaac. Pas d'Aiden. Pas de Stan. Alors merde, pas besoin de me regarder comme si je venais de commettre un crime impardonnable.


— Qu'est-ce qu'elle a la bouclette ?


Je me retourne brusquement vers l'autre type tandis que Tomlinson pouffe de rire avant de rectifier :


— « Boucle d'or » lui va mieux.
— Pas faux. Mais il est l'heure d'aller au lit, maintenant, mon garçon.


Putain, j'hallucine. Ils sont vraiment en train de se foutre de ma gueule ? Et ils pensent que je vais laisser passer ça ? On ne me traite pas de gamin. Personne ne me traite de gamin. Pas après toutes les merdes que j'ai vécues.
Je ne prends même pas la peine de répondre à l'autre connard et attrape le bras d'Tomlinson. Je le tire brusquement pour le faire se lever de sa chaise et l'emmène avec moi. Bien sûr, l'autre crétin est en train de gueuler dans le fond. Je sens que Tomlinson me suit alors je ne me retourne pas. D'ailleurs, je suis même étonné qu'il soit aussi docile. Il est probablement juste curieux. Moi aussi. Je ne sais même pas ce que je suis en train de foutre et j'aimerais bien demander une explication à mon cerveau. Mais là, je sens bien que c'est une autre partie de mon anatomie qui est en train d'agir à ma place.
Je l'embarque avec moi dans les toilettes pour homme et prends la première porte ouverte que je trouve. Je nous enferme à l'intérieur et je l'entends grommeler lorsque je le pousse contre la paroi dégueulasse. 
        
 
 
— Qu'est-ce que tu fous Rosen-bach ???


Je viens de poser ma main sur son entrejambe. Juste comme ça, sans réfléchir. Je sens une bosse sous mes doigts et mets plus de deux secondes à réaliser la portée de mon geste.
 
— Dégage ta main de là. Je ne fais pas dans la pédophilie.
 
Putain, qu'il m'énerve. Je relâche un peu mes doigts pour mieux étendre ma main et le sens gémir à contrec½ur. Les muscles de son corps sont totalement contractés et je vois bien qu'il résiste à l'envie de se frotter contre ma main. Mon Dieu, il doit vraiment être en manque.
 
— Styles, enlève ça tout de suite.
— T'aimes pas ça ? Je murmure, en la faisant doucement frotter le long de son jean.
 
Je sens son sexe gonfler sous mes doigts donc je sais que ma question est rhétorique, mais je ne peux pas m'en empêcher.
 
— Styles. T'es qu'un gamin, putain, arrête ça.
 
J'exerce une pression un peu plus forte tandis que son pénis continue de se durcir à mon toucher. Je sens que son jean devient de plus en plus encombrant.
 
 — Un gamin te ferait cet effet ?
— Arrête tes putains de conneries.
— Je n'ai pas l'impression que tu veuilles que j'arrête.
 
Il se mord les lèvres et il a les joues rouges. Son être entier me supplie de ne pas arrêter, mais il me regarde et lâche, sèchement :
 
 — J'ai une main pour ça, merci.
 
Putain, quel enfoiré. Je relève mon regard vers lui et on se percute brutalement, violemment même. Je crois qu'on hésite entre s'étrangler ou se jeter dessus. Il a un air provocant et un sourire crispé aux lèvres. Et il est tellement beau que la suite n'a pas plus de sens.
 
— Moi aussi. J'ai une main pour ça.
 
J'enlève la boucle de sa ceinture sous son regard perplexe. Sans lui laisser le temps de m'interrompre, je glisse ma main à l'intérieur du vêtement desserré au niveau de la taille alors qu'il étouffe un juron entre ses lèvres. Mes doigts frôlent le tissu de son boxer et je masse doucement son sexe tandis qu'il est incapable de retenir plus longtemps ses gémissements de plaisir. Mon Dieu, je commence à être excité, moi aussi. Ma main finit par s'immiscer sous le tissu parce que je n'arrive plus à me retenir, je n'arrive plus à me contrôler, je me demande même pourquoi j'ai fait ça, à la base. Un frisson me parcoure en même temps que je sens son corps secoué par un spasme. Je ne pensais pas que ça me ferait autant d'effet, tout à coup, de toucher son sexe. C'est clair que ce n'est pas le premier mais... Il grommelle quelque chose que je ne comprends pas et m'arrête un instant, effleurant son gland avec mon pouce. Mais qu'est-ce que je suis en train de putain de foutre ? C'est Tomlinson. Bordel de merde. Louis Tomlinson.
 
— Continue, souffle-t-il, ondulant du bassin contre ma main, Putain t'arrête pas maintenant.
— Je croyais que tu voulais...
— Continue, me coupe t-il en se mordant la lèvres inférieure, S'il-te-plait. 
 
Je souris doucement tout en reprenant mes caresses. Je ne sais pas vraiment ce que j'essaie de lui prouver à cet instant précis. Que je ne suis pas un gamin ? Qu'il éprouve plus de désir pour moi que pour l'autre tache au bar ? 
 
— Hmm, putain, grince-t-il entre ses dents, tandis que j'accélère mes mouvements de va-et-vient. 
 
Tomlinson ouvre la bouche pour ajouter quelque chose puis se ravise. Il se contente de me regarder avec ses yeux bleus qui me font chavirer. Son regard se pose sur mes lèvres légèrement entrouvertes par l'excitation et il avance doucement vers moi. Non.
Je me crispe et arrête mes caresses, ce qui le fait réagir aussitôt : 
 
— Quoi ?
— Ne m'embrasse pas.
— Tu me branles et je ne peux pas t'embrasser ? M'interroge-t-il, hébété, T'as un problème d'échelle dans l'intimité, mon gars.
— Ne m'embrasse pas, je répète, Ou alors j'arrête tout.
— Tu joues à quoi là ? Pretty Woman ?
— Va te faire foutre.
— Je ne suis pas ton client, Styles, déclare-t-il en m'attrapant le menton pour me faire relever le visage vers lui, Et moi, j'embrasse les mecs que je baise.
— Sauf que tu ne me baises pas, Tomlinson. 
 
Pour lui faire comprendre que c'est moi qui contrôle la situation, je reprends mes mouvements de va-et-vient sur son sexe, encore dur. Je crois qu'il veut protester mais, très vite, le désir reprend le dessus et les seuls sons qui sortent de ses lèvres sont des gémissements de plaisir. Je le sens se gonfler encore et encore sous mes doigts et finis par perdre la raison, moi aussi. Ce mec me rend totalement fou. Ses bruits me rendent fou. Ses yeux brillants de désir me rendent fou. Son souffle chaud sur ma peau me rend fou. Son sexe entre mes doigts me rend fou. Tout son être me rend fou.
Alors, j'ôte ma main de son boxer et un son plaintif sort de ses lèvres. Je m'en fous. Il n'est pas tout seul à vouloir prendre son pied, merde. Je viens me coller à son bassin. Je sens son érection contre ma cuisse. Et la mienne me fait tellement mal que je plonge mon visage dans sa nuque pour m'empêcher de parler. Parce que, là, je pourrais clairement le supplier de me caresser. J'inspire son parfum et la légère odeur de sueur qui émane de sa peau brûlante. Lentement, je sens nos deux bassins se rapprocher peu à peu, se frotter l'un contre l'autre. Malgré nos deux pantalons, je suis envahi d'un désir féroce. J'en oublie presque où on est. Ces chiottes glauques et qui puent la mort. Je mordille son cou tandis que son souffle rauque se répand partout sur mon corps. Il me rend fou. Je ne sais pas comment il fait. Mais il me rend putain de fou.
Tomlinson pose soudainement ses mains sur mes fesses, de manière à coller encore un peu plus nos bassins et il écarte doucement les cuisses. Le con. Je me love à l'intérieur comme si la place avait été faite pour moi et on continue à se donner du plaisir. Mon sexe est pressé contre le sien, si fort que c'en est douloureusement bon. 
 
— Laisse-moi t'embrasser, Styles, murmure-t-il à mon oreille.
— Non, je déclare, catégorique.
— J'ai envie de tes lèvres. 
 
Il passe distraitement un doigt sur ma lèvre inférieure. Je le mordille gentiment et il sourit avant d'ajouter, sûr de lui : 
 
— Je t'embrasserai. Un jour.
— Dans tes rêves, peut-être.
— Déjà fait. 
 
Je veux m'offusquer, mais un petit cri plaintif s'échappe de mes lèvres quand il me fait basculer contre le mur, échangeant nos positions. Il attrape mes poignets et les place au dessus de mon corps, de manière à ce que je sois totalement vulnérable face à lui. Il presse un peu plus son bassin contre le mien, comme si c'était possiblement supportable, et susurre lentement :
 
— Maintenant, c'est moi qui contrôle... Donc on peut le faire à ma manière ?
— Tu ne m'embrasseras pas Tomlinson. Jamais.
— Pourquoi ?
— Parce que. 
 
Il me regarde longuement, essaie de lire une explication dans mon regard, puis finit par lâcher mes poignets. 
 
— D'accord. 
 
D'accord ?! Genre, il n'insiste pas ?! Je n'ai jamais connu un mec qui n'avait pas insisté pour m'embrasser. D'ailleurs, la plupart parvienne à leur fin quand je suis assez excité pour ne plus avoir la force de protester. Alors là, j'avoue, je suis un peu déstabilisé. Presque déçu, je crois. 
 
— Tu me perturbes, Boucle d'or, reprend Tomlinson en collant son front contre le mien, Ma vie n'a plus aucun sens depuis que je t'ai rencontré.
— En a-t-elle seulement eu un ? Je l'interroge. 
 
Il ne répond pas et je vois une lueur de tristesse traverser ses yeux. Sans trop savoir pourquoi, ça me fait mal. Je le serre dans mes bras. Mon sexe frotte encore un peu plus contre son bassin et je suis excité comme un fou, mais il n'y a pas que ça. Il y a plus. Il y a une chaleur qui émane de tout son être et qui me transporte.
Tomlinson glisse de nouveau ses mains sur mes fesses puis s'arrête au niveau de mes cuisses. Presque trop lentement, il les remonte de manière à ce que je sois dans ses bras. J'ai le dos collé contre la paroi des chiottes et j'enroule mes jambes autour de ses hanches. Nos bassins sont collés d'une façon insupportable. Je me mets à trembler sur l'instant. Parce que j'ai trop chaud, trop envie, trop peur et trop de sentiments en même temps. Mes bras viennent chercher son dos et je le serre encore plus fort contre moi. Je suis complètement écrasé contre la paroi, mais j'y suis bien.
Je descends ma main le long de sa colonne vertébrale, elle glisse entre ses omoplates et continue sa course jusqu'à l'élastique de son boxer. Il frissonne à chacune de mes caresses puis plante son visage dans ma nuque, embrasse ma peau du bout des lèvres et je ferme les yeux. Je ferme les yeux pour mieux profiter et arrêter de penser que je ne suis qu'un putain de con pour apprécier ça.
Tomlinson continue de m'embrasser, partout dans le cou et, mon Dieu, je ne devrais pas aimer autant ses lèvres. Je repense à cette histoire de pont. À l'endroit où on s'est rencontrés, la première fois. La fois où il m'a demandé si j'allais sauter. J'ai dit non. Quelle connerie. Bien sûr que j'ai sauté. Il m'a accompagné.
Tomlinson relève doucement son visage vers le mien. Ses lèvres viennent effleurer ma mâchoire puis elles remontent, lentement et douloureusement, vers l'endroit interdit.
Je rectifie. On n'a pas sauté. On s'est jetés dans le vide. Et j'ai peur du moment où on va s'écraser.
 
— Arrête, je murmure alors que le souffle me manque.
— Je ne t'embrasse pas, me taquine-t-il en faisant courir ses lèvres tout au long des miennes. 
 
Je sens son souffle me brûler la peau. Il garde une distance insoutenable entre nos deux bouches entrouvertes par le désir. Il me provoque clairement et je suis incapable de résister. Incapable de le supplier de m'embrasser, incapable de le repousser et d'arrêter ce délire. C'est comme si j'étais un pantin entre ses mains. Comme s'il pouvait faire ce qu'il voulait de moi. Et. Non. Merde. Ce n'était pas ça, mon plan. C'était à moi de le provoquer, à moi de lui prouver que je n'étais pas un gamin et que je pouvais lui faire tourner la tête. Pas l'inverse.
Alors, avec toute la force et le courage que je me trouve, je pose mes deux mains sur sa poitrine et le repousse brusquement. Mes jambes retombent lourdement sur le sol et je tiens à peine debout tant le désir me consume. Mais, par chance, il est trop abasourdi par mon geste pour réaliser quoi que ce soit. Je profite donc de son égarement pour m'éloigner de son corps et déclare sèchement sous ses yeux ébahis : 
 
— Je ne passe jamais en second choix Tomlinson. Si tu veux baiser, retourne voir l'autre clochard au bar. 
 
Je sors des toilettes, sans me retourner vers lui. En fait, je cours presque pour lui échapper parce que je ne suis pas sûr d'avoir la force d'arrêter ça. Je sens que je suis vraiment à deux doigts de faire marche arrière et de recommencer là où on s'est arrêtés. Mais non. Je ne peux pas. Je ne suis pas faible. Je ne suis pas son jouet. Je ne suis le jouet de personne et surtout pas celui d'un Tomlinson. Et je... 
 
— Putain, Harry, tu étais où ? M'interroge Kendall, m'attrapant sauvagement le bras. 
 
Je me retourne vers elle brusquement et je vois son regard se poser sur mon entrejambe. Elle ouvre grand les yeux puis s'exclame ahurie : 
 
— T'es sérieux, mec ?! C'est complètement dégueulasse.
— Pas plus que ce que tu es capable de faire pour avoir ta coke, je déclare sèchement en secouant mon bras pour qu'elle le lâche.
— Et toi, tu ne viens pas de baiser pour avoir ta came peut-être ?
— Ça, c'est une autre sorte de came, tu peux me croire.
— Je veux bien te croire vu l'effet que ça te fait. 
 
Cette conne se permet encore de baisser son regard vers mon jean trop étroit et je lui donne un coup à l'épaule. 
 
— Dégage.
— Va te faire foutre, Harry. Et arrête ce regard dédaigneux, tu ne vaux pas mieux que moi.
 
Comme si je n'étais pas déjà au courant. Mais cette conne continue :
 
— La seule façon que tu aies trouvé pour retenir les mecs c'est ton fric et ta bite... Comme tu as fait avec Azoff  pendant toutes ces années. Alors, ne me regarde pas comme si j'étais la dernière salope de cette ville. Tu me fais pitié.
— Ferme ta...
— Ma gueule ? Me coupe-t-elle, Je ferme ma gueule, c'est ça ? Tu veux que je te dise, j'en ai marre de fermer ma gueule et de jouer à la bonne copine innocente. Bien sûr que j'ai remarqué que vous ne vous parliez plus tous les deux... Et ça me fait chier. Vous étiez mes meilleurs potes. Je ne sais pas quelle pute tu viens de te faire dans ces chiottes pourries, mais tu la laisses tomber et tu vas t'excuser auprès de Azoff  si t'as un minimum de cervelle. 
 
Elle s'arrête puis finit par lâcher les mots en trop : 
 
— Il t'aime. Je ne sais pas comment il fait, mais il t'aime. Alors arrête de tout gâcher.
 
Dommage. C'est ma spécialité depuis dix-sept ans.
Je tourne des talons sans répondre et je me casse. Quitte à ne plus avoir d'amis du tout, autant faire ça bien. 
 
 
 
 


  SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
03h26. Ne recommence jamais ça.
 
  SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup
03h27. Le plaisir a été partagé :)

 
 
 
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Et voila enfiiiin le début de l'acte 2 ! 
Désolée pour tout ce retard,
je suis en Erasmus donc ce n'est pas si évident que ça de trouver du temps pour écrire. 
Mais, ne vous inquiétez pas, la suite est déjà en cours :) 
J'attends vos avis avec impatience ! 
Bisous 
 
 

 
 
 

Tags : #RunUpfic - #Acte2

Chapitre deux. 15/10/2014

 
 
Chapitre deux.

 
Harry Styles
 
— Vous avez conscience d'être lourds, au moins ?


Ma question résonne dans la pièce, mais ne reçoit aucune réponse. Normal, Liam et Edward sont trop occupés par leur propre égo pour remarquer ma présence. Les deux frères sont en face du miroir de notre salle de bains commune et se préparent pour leur soirée. Enfin, leur. Blague à part. Ils suivent Perrie et sa bande de copines qui sortent à la Fabric. C'est l'anniversaire d'une des quatre. Je ne sais plus son nom, mais ça ne m'importe pas énormément.
J'aurais pu venir avec eux, moi aussi. Après tout, c'est souvent comme ça que ça se passe. Perrie prévoit une sortie, demande l'autorisation à nos parents, ne la reçoit que si elle est accompagnée par l'un d'entre nous. Il n'y a jamais personne qui est vraiment emballé pour la suivre, elle et ses copines. Alors, généralement, on s'arrange pour y aller tous ensemble. Moi, Liam et son frère. On se marre bien tous les trois de notre côté, mais on la surveille quand même du coin de l'½il.
Ce soir, j'ai refusé de venir. Je ne sais pas. La flemme. On est samedi soir pourtant. Ce n'est pas habituel chez moi de refuser une sortie, mais je ne suis pas motivé. Pour être honnête, j'ai juste envie de m'enfermer dans ma chambre pour sniffer ma coke. C'est mon dernier sachet, ma dernière réserve. Après, j'arrête. Enfin, je vais essayer.
Je crois que le fait que Azoff  ne m'en vende plus va m'aider. Je n'ai pas envie de retenter l'expérience de la dernière fois et me foutre en l'air avec de la merde bon marché. Je ne suis pas très doué. Je ne sais pas où acheter de la bonne came. Mon seul dealer a toujours été Azoff , donc je n'ai jamais eu besoin de chercher plus loin.
Enfin bref, ce soir, je me détends une dernière fois. Je suis tout seul à la maison. Non, pas vraiment d'ailleurs, mais c'est tout comme. Maura et Niall sont enfermés dans leur chambre, comme d'habitude. Mes parents dormiront dans la leur sans rien remarquer, comme d'habitude. Et tous les autres sont de sorties, même Gemma.


— On n'est pas lourds, me répond finalement Liam, On est vigilants.
— Tu parles, je soupire. 


Je ne dis rien parce qu'il y a son frère dans la salle de bains, mais je ne suis pas dupe. Je sais très bien que s'il va à cette soirée, c'est pour voir Jade... Qui n'en a plus grand chose à foutre de lui depuis qu'elle est casée, au passage. 


— Comment je suis ? Il m'interroge.
— Désespéré. 


Il me regarde d'un air blasé et je continue en feintant la surprise : 


— Oh pardon, tu parlais de ta tenue ? Ouais, ça va.
— Va te faire, Harry.
— La ferme vous deux, souffle Edward. 


Je souris, amusé. Nos conversations ressemblent toujours à ça, à une vague succession d'injures. Dans le fond, ce n'est pas méchant. On a juste toujours été comme ça. On préfère un « Va te faire foutre » à un « J'ai besoin de toi ».


— Ouais, allez bonne soirée, je lance avant de sortir de la salle de bains. 


Je plante mes mains dans les poches de mon jogging trop grand pour moi et traverse le couloir. Je passe devant la chambre de Niall et entends le rire de Perrie qui résonne à l'intérieur. Je m'arrête. Je ne peux pas m'en empêcher.
La porte est légèrement entrouverte et je les observe discrètement. Niall est assis dans son fauteuil et sa s½ur est allongée sur son lit. Et elle parle, elle parle, elle parle si vite que je ne comprends pas tout ce qu'elle raconte. Cette fille ne s'arrête jamais de parler. Elle a un débit impressionnant. Ça pourrait être gonflant, mais ça ne l'est pas. Principalement parce que tout le monde déteste parler dans ma famille donc elle comble les blancs, à longueur de journée. Elle nous donne l'impression d'être normaux. Elle lui donne l'impression d'être normal. Niall la regarde avec les yeux brillants. Je sais qu'il aime sa s½ur plus que tout. C'est la seule qui n'a pas changé de comportement avec lui depuis l'accident. Elle lui parle comme avant, elle blague comme avant, elle le taquine comme avant.
Nous, on en est incapables. On a trop peur de sortir le mot de trop, de faire un regard de travers, une insinuation qui ne passe pas. Perrie n'a pas la trouille comme nous. Alors, oui, elle fait des gaffes, mais je crois que Niall aime bien quand ça arrive. Parce qu'il a l'impression qu'au moins une personne dans cette famille ne prétend pas qu'il ne s'est rien passé.
Elle lui raconte sa journée, comme ça, allongée sur son lit et en jouant avec ses jambes. Elle fait ça devant lui, je veux dire, bouger ses jambes. Et elle parle de tout ce qu'il ne peut plus faire. Ça ne me viendrait jamais à l'esprit mais, quand elle le fait, c'est tellement naturel que ça pose à peine un problème. C'est vrai, qu'au fond, elle a raison. Niall est handicapé. Il ne marchera plus jamais de sa vie. Qu'est-ce qu'on peut y faire, maintenant ? Elle l'a accepté et est passée au dessus de ça. Pas nous.
Un grincement de lit me sort soudainement de mes pensées et je vois Perrie se relever. Derechef, je m'éloigne de la porte et fais mine de marcher dans le couloir pour rejoindre ma chambre. Trop tard. Je l'entends murmurer dans mon dos : 


— Pas très poli d'écouter aux portes.
— Je n'écoutais pas. 


En plus, ce n'est même pas un mensonge. Je n'ai absolument rien capté de ce qu'elle racontait.


— Tu voulais connaître les secrets que je partage avec Niall ? Continue-t-elle en me rejoignant.
— Je connais déjà ton secret et je doute que tu aies partagé celui-là avec ton frère, je la coupe, sèchement.


Son doux sourire disparaît derrière ce que je pense être de la culpabilité. Je m'en veux un peu, de lui sortir ça comme ça, surtout après ce que j'ai fait avec Tomlinson, il y a tout juste une semaine. Mais non, ce n'est pas pareil. Moi, c'était juste de la provocation, un peu d'attirance sexuelle certes, mais de la provocation. Elle, c'est de l'amour et c'est éc½urant, interdit, moche, cruel et immoral. Elle n'a pas le droit. Elle devrait avoir honte.


— Pourquoi tu ne viens pas ce soir ? Change-t-elle soudainement de conversation.
— Flemme.
— Tu vas faire quoi ?
— Rien de spécial.


Elle sourit, tout doucement. Et je sens qu'il y a une connerie qui se prépare, mais j'ignore ce qu'elle a derrière la tête.


— Bonne soirée alors, reprend-elle avant de s'éloigner pour rejoindre les gars qui viennent tout juste de sortir de la salle de bains. 


 
.
.
Je leur fais à tous un signe de la main et pars m'enfermer dans ma chambre. Je m'allonge sur mon lit directement, profitant de la sensation de solitude. J'attends d'entendre la porte d'entrée claquer et le rire de Perrie qui continue de résonner partout alors même qu'elle a quitté la maison. Puis la voiture d'Edward démarre et je me sens mieux.
Je reste ainsi, une dizaine de minutes, histoire d'être sûr que je suis bien seul. Je n'ai jamais sniffé chez moi. Ça fait vraiment drogué, je le sais. Mais je ne vois pas l'intérêt de sortir en soirée pour, au final, faire la même chose que ce que je ferais ici.
Je me lève de mon lit et me dirige vers mon placard. J'enlève toutes les baskets et chaussures qui traînent dans le fond et en ressors une boite noire. Ce n'est pas très discret comme cachette, mais mes parents ne sont pas du genre à fouiller nos chambres. J'ouvre l'opercule et je crois, très sincèrement, que mon c½ur s'arrête de battre à cet instant.
Y a pas de sachet. Y a plus de sachet. Juste un mot. Un putain de mot. Mon c½ur s'emballe si fort que j'arrive à peine à ramasser le papier. Mes yeux s'efforcent de lire. «Je suis peut-être la honte de cette famille et je finirai probablement en enfer. Mais toi, je ne te laisserai pas y aller. Arrête cette merde. Perrie.»
Oh la conne ! Elle m'a piqué mon paquet. Mon dernier paquet. C'était pour ça, son sourire... Je... Oh, putain. Je titube et retombe lourdement sur la moquette de ma chambre, juste sur le cul, comme un gamin ramassant sa première gamelle. J'ai l'impression qu'on vient de me couper les jambes.
C'est con, je sais, j'avais prévu d'arrêter. Mais le fait que ça ne vienne pas de moi. Le fait qu'on me prive de mon dernier plaisir, celui que j'ai attendu toute la semaine, ça me rend malade. Littéralement. La nausée me prend et j'ai l'impression d'avoir la tête qui tourne. Mes mains se mettent à trembler brusquement et j'ai la gorge sèche. C'est les syndromes du manque. C'est psychologique plus qu'autre chose, je le sais bien, je ne crois pas être camé à ce point là. Je n'ai même jamais fait de crise de manque.
Mon pouls s'accélère et j'ai du mal à reprendre ma respiration. Non, ça, je connais bien. C'est une crise d'angoisse qui s'installe, qui s'incruste dans chaque fibre de mon corps, qui me broie l'estomac, qui me pourrit la vie. L'angoisse. Ce sentiment d'incertitude qui t'écrase. Parce que tu ne sais plus. Tu ne sais plus où tu vas. Tu ne sais plus ce que tu veux. Ce que tu avais prévu s'écroule et il y a le vide, devant toi. Alors tu angoisses, de tomber dedans, de rester dedans.
Je plonge ma main à l'intérieur de la boite. Je ne sais pas trop pourquoi. Pour m'assurer que ce n'est pas une blague peut-être, qu'elle a oublié d'enlever vraiment le sachet, qu'elle a fait tomber deux grains à l'intérieur. Connerie. Elle est complètement vide cette boite et moi aussi.
Je la balance dans ma chambre et me retiens de ne pas hurler. Je ne veux pas attirer l'attention. Mais il faut que j'extériorise. Je prends tout ce qui me passe par la main et le balance dans ma chambre. Je retourne toute la pièce. À la recherche de quelque chose. À la recherche d'un dernier espoir qui ne me fera pas sombrer complètement. Je fais toutes mes poches de pantalon, mais je suis quelqu'un de vigilant. Je ne laisse jamais rien traîner. Je sais que toute la drogue que j'avais se trouvait dans cette boite.
Mon Dieu. J'ai envie de mourir. Mon c½ur s'emballe de plus en plus. Il me faut ma dose. Il me la faut, maintenant. Elle n'a pas le droit de m'en priver. J'hésite sincèrement à lui courir après, mais je ne veux pas que mes cousins me voient comme ça. Ils me prendraient pour un fou. Même si je suis conscient que c'est ce que je suis.
Fou. Fou. Fou.
Je veux ma came. Je ne peux pas rester comme ça. Je sors en trombe de ma chambre et me rue dans celle de ma cousine. Je me dirige vers son lit et attrape sa couverture que je balance à l'autre bout de la pièce. Je dégage tout ce que je trouve sur mon passage, même si je sais que je ne trouverai pas mon sachet. Elle est loin d'être conne, cette fille. Elle l'a probablement jeté dans les toilettes ou une connerie comme ça. Mon Dieu, je la déteste, je la hais.
Je trébuche sur un coussin que j'ai balancé et étouffe un juron entre mes lèvres. J'ai envie de tout casser, tout péter, tout fracasser, tout...
Les larmes dévalent mes joues. Je vais crever si je ne reçois pas ma dose. Mon c½ur s'emballe. Il n'a jamais battu aussi vite. Il ne m'a jamais fait aussi mal.
Je me relève en titubant. J'ai la tête qui va exploser. Il me faut ma dose. Il faut que j'aille la chercher tout de suite. À n'importe quel mec, dans Londres, je m'en fous. Ce n'est même plus un besoin, mais une question de survie. J'ai l'impression que ce n'est plus mon corps. Il souffre trop, il me démange, il me fait mal, je dois le soulager. Tant pis pour moi. Tant pis pour mon cerveau que je déglingue. Tant pis pour mon âme damnée. Mon corps en a besoin, là, tout de suite.
Je retourne dans ma chambre et m'écroule au sol. Complètement. Comme une merde. Je ne trouverai jamais la force de sortir d'ici.
J'attrape mon portable dans le fond de ma poche et sélectionne le numéro de Azoff . Il ne répond pas. Normal.
Putain. Putain. PUTAIN. Mes doigts tremblent et je l'appelle lui, comme si ce n'était pas ce que je voulais faire depuis le début.
 
— Boucle d'or ?
 
Seule ma respiration saccadée répond à sa question et je l'entends soupirer :
 
— Oh putain. T'es où encore ?
— Mou-moi.
— Toi ?
— Chez-mm-oi.
— Qu'est-ce que je suis censé faire, au juste ?
— Je... Vais... Crever.
— Oui, c'est habituel chez toi, ça t'arrive tous les week-ends, Styles.
 
Quel con, mon Dieu. Je ne réponds pas donc il continue, d'un air las :
 
— C'est moi qui vais crever si je viens chez toi.
— ...
— Styles ? Tu m'écoutes ?
— ...
— Oh, ducon ! T'es pas sérieux ? Tu veux pas que je me ramène chez toi quand même ?
— ...
— Styles, tu vas vraiment mal ?
— ...
— Oh putain ! Tu fais chier !
— ...
— Ok, j'arrive.
 
Il raccroche et j'ai envie de mourir. Encore plus que tout à l'heure. Je suis tellement pathétique, putain. Est-ce qu'il va vraiment venir ici ? J'avoue que c'est suicidaire. Je n'y ai même pas pensé. Je ne pense qu'à moi, de toute façon, c'est bien connu. Putain, je m'insupporte vraiment des fois.
Des fois ?! N'importe quoi. Je m'insupporte à chaque microseconde de ma vie. Je m'insupporte le matin, le midi, le soir et encore plus la nuit. Ce moment où il n'y a que moi et mes pensées. Et ça tourne là dedans. Niall. Azoff . Perrie. Gemma. Tomlinson. Ça ne s'arrête jamais de tourner. Les cours. La drogue. Le conflit. La solitude. Ça tourne. C'est un cercle infernal. Ça fait mal. Pas comme une pointe qu'on t'enfonce dans le c½ur. Non, moi c'est plus constant, régulier. Comme si on pressait mon c½ur tout doucement, mais sans jamais s'arrêter. Comme pour me rappeler toutes les erreurs que j'ai fait dans le passé, dans le présent et celles que je m'apprête à faire.
Je ne sais pas où j'arrive à trouver le courage, mais je parviens finalement à écrire un dernier message sur mon téléphone.
 
 
 
 
 
 
 
 SMS de Boucle d'or à Grand méchant loup
23h05. Vien pa. Tro riské.
 
 SMS de Grand méchant loup à Boucle d'or
23h06. J'arrive dans 10 minutes. Ouvre-moi la porte de derrière.
 
 
 
 
Chapitre deux.
 
 
Louis Tomlinson
 
                Je m'arrête devant la grande baraque en plein c½ur de Mayfair. J'ai le c½ur qui bat à fond et tout bonnement l'impression de me jeter dans la gueule du loup. C'est ce que je m'apprête à faire, d'ailleurs. Entrer dans la maison principale des Styles. C'est tellement inimaginable que je me demande si ce moment est bien réel.
Quand je repense à ma réaction d'il y a quelques mois quand Stan a proposé l'idée de s'incruster à leur bal, comme si c'était l'idée la plus stupide et dangereuse au monde, je me demande comment j'en suis arrivé là. À hésiter sérieusement à entrer chez eux. Je suis sûr que toute sa famille est à l'intérieur, en plus.
Je regarde une dernière fois derrière moi. J'ai garé ma voiture à quelques pâtés de maison, de peur que quelqu'un ne la reconnaisse. Je plante mes mains dans les poches de ma veste en jean et continue de peser le pour et le contre.
C'est con, en plus. Peut-être que l'autre abruti est en train de crever à l'intérieur et moi, je compte les étoiles. Quoique, non. En réalité, je ne suis pas tellement inquiet pour lui. Je commence à le comprendre. Le fils Styles, il est juste flippé à l'idée de mourir. Je l'ai lu dans ses yeux, la nuit où Isaac lui a brûlé le bras avec sa cigarette. C'est pour ça qu'il fait toutes ces crises de panique, c'est pour ça qu'il avait aussi peur le soir où il s'est mis à saigner du nez. Il sait qu'il n'en est pas si loin, de clamser, je veux dire. Avec toutes les merdes qu'il prend, il en a au moins conscience. Alors, il flippe, il se provoque lui-même pour se prouver qu'il s'en fout, mais je sais que ce n'est pas le cas.
C'est pour ça que je ne suis pas inquiet. S'il était vraiment sur le point de crever, il aurait appelé ses parents. Enfin, quelqu'un dans sa maison. Quelqu'un capable d'agir réellement. 
Moi, je n'entrerai pas dans ses conneries. Je ne lui donnerai pas raison. Il faut qu'il se prenne en main. Il faut qu'il s'assume tout seul. Alors oui, je suis venu, mais ce n'est certainement pas pour jouer au héros. C'est pour lui foutre deux bonnes baffes et qu'il arrête ces coups de pressions ridicules.
Décidé, je me dirige enfin vers la maison. Je prends soin de rester à l'ombre des réverbères et contourne la grande baraque de brique rouge. J'arrive dans le jardin. Tout est silencieux et il y a très peu de lumière à l'intérieur donc je suppose que ses parents dorment.
Putain, j'espère qu'ils n'ont pas de chien. Je n'y avais même pas pensé. Je me retourne brusquement pour m'assurer qu'il n'y a pas de niche ou, potentiellement, quelque chose susceptible de me bouffer. Non, tout est vide. Tout est silencieux. Tout est mort, en quelque sorte.
Je me dirige lentement vers une baie vitrée. Elle est légèrement entrouverte. Je suppose que c'est Styles qui l'a ouverte pour moi. Je la fais glisser doucement et m'engouffre à l'intérieur de la maison.
Je fais quelques pas. Je suis presque en apnée. J'entends mon c½ur battre si fort dans ma poitrine que j'ai peur que ce simple bruit ne réveille tout le quartier. Je rejoins directement l'escalier que j'aperçois dans le salon. J'avoue que je suis dévoré de curiosité et que j'aimerais fouiller chaque recoin de cette maison, observer chaque photographie suspendue au mur et imaginer tout ce qu'il s'y passe, mais je préfère rester en vie.
Je grimpe les escaliers. Les marches font du bruit et j'ai l'impression de me planter un poignard dans le ventre à chaque grincement tellement je suis stressé.
Mais je parviens finalement à l'étage. C'est un long couloir avec plein de chambres. Je ne dois pas me louper. J'avance doucement. J'ai envie d'appeler son nom, mais j'ai trop peur que quelqu'un d'autre m'entende. Je continue d'avancer. Une des portes est légèrement ouverte. Je suppose que s'il n'est pas trop con, il s'agit de la sienne.
Je me plante devant et regarde à l'intérieur. Je ne le vois pas, mais je le sens. Je ne sais pas. C'est indescriptible. Je sens que c'est sa chambre. Peut-être l'odeur qui en ressort, la façon dont elle est faiblement éclairée par une lumière bleutée, les posters sur le mur et le bordel qu'il y a partout.
Je rentre dans la pièce et referme la porte derrière moi. Mes yeux finissent pas s'habituer à l'obscurité et je le vois enfin. Recroquevillé par terre, enroulé de sa couverture. Il n'y a que sa tête bouclée qui ressort de cette boule de nerfs.

— Styles ?
Il relève son regard vers moi en un sursaut.

— Je t'avais dit de ne pas venir.
— Tu m'attendais, je lui fais remarquer.

Il ne répond rien et replonge son visage dans ses genoux qui s'entrechoquent sous la couverture. Je le rejoins et m'agenouille devant lui pour me mettre à sa hauteur.

— Qu'est-ce que t'as ?
— Manque. Crise. Je sais pas.

Bien sûr. Quoi d'autre ?

— Regarde-moi.

Styles plante ses yeux dans les miens, je vois que les siens sont gonflés par les larmes et rouges de sang. Il continue de me regarder sans parler et il grimace de temps à autre.

— Qu'est-ce que tu fais ?
— Rien.
— Qu'est-ce que tu te fais ?

Avant d'attendre sa réponse, je retire brusquement la couverture qui le recouvre. Ses ongles sont plantés dans son avant-bras. Il vient de gratter ses brûlures jusqu'à la chair. Elles saignent et c'est complètement dégueulasse.
J'attrape son poignet pour l'empêcher de se torturer davantage et gronde sèchement :

— Arrête-ça.
— Ça m'aide à penser à autre chose.
— Sauf que tu ferais mieux d'y penser justement, je crache, A quel point t'es con. À quel point t'es qu'un gamin immature qui veut juste attirer l'attention sur lui. À quel point t'es égoïste.
— Égoïste ? Répète-t-il, Tu me traites d'égoïste alors que ton père est en train de mourir et que tu ne penses qu'à ta gueule et à la société qui va te retomber dessus. T'en as rien à foutre que ton père disparaisse ! Tu ne penses qu'à toi et ton petit malheur.

Putain, qu'il m'énerve. Il me parle comme s'il me connaissait. Il ne me connaît pas. Il ne connaît pas ma famille. Surtout qu'avec la sienne, il n'a pas vraiment la légitimité de l'ouvrir.

— Ma relation avec mon père ne te regarde pas. Si je ne ressens aucune tristesse, c'est peut-être qu'il ne la mérite pas.
— Pourquoi ? Explose-t-il, Qu'est-ce qu'il t'a fait de mal, à part faire de toi le plus riche héritier de la ville ?
— Il n'y a pas que ça.
— Alors quoi ? Il te frappe ? Il t'a violé quand tu étais petit ? Il est alcoolique ?

Je souris d'un air ironique et Styles reprend de plus en plus furieux :

— Pourquoi tu souris comme ça ? Tu trouves ça drôle ?
— Ouais... Ouais, je trouve ça drôle. J'avais failli oublier, qu'avec toi, il faut des drames à répétitions. Alors non, Styles, il ne m'a jamais fait de mal à proprement parlé. Il n'en a juste rien à foutre de moi. L'indifférence, ça fait mal aussi, tu sais. Et les mots peuvent être plus violents que les coups, quelques fois. Mais toi, tu ne comprends pas. T'as besoin de sang pour justifier ton malheur, t'as besoin de coups, de drames, de larmes. Tu te drogues pour accentuer ton côté dépressif et moi, c'est tout ton cinéma qui me gonfle. Tout ce que tu construis autour de toi pour qu'on te plaigne alors que, crois-moi, on n'a pas besoin de toutes ces conneries surjouées pour ça.

Il se tait et je crois qu'il se retient encore de pleurer. Il tremble de tout son corps et, au fond de moi, je sais que ce n'est pas de la comédie. Je vois bien qu'il souffre. Je sais ce que ça fait les crises de panique, l'angoisse qui te coupe le souffle, le manque partout dans le corps, moi aussi, je passe par là, des fois. C'est juste que moi, je ne le montre pas. Je ne supporte pas qu'on me voit aussi faible, pas même devant Isaac. Mais lui, il me montre sa faiblesse à moi. Il me fait confiance, à moi. Je l'enfonce. Je ne sais plus quoi faire, là, maintenant. Peut-être que j'exagère.

— Alors casse-toi, murmure-t-il.

Non, ça c'est une des dernières choses que j'ai envie de faire.

— Elle est où, ta salle de bains ?

Il ne répond pas.

— Styles. Ta salle de bains.
— La porte à gauche, au fond du couloir.

Je me relève en l'attrapant par le bras et il me suit en faisant semblant de protester. On traverse le couloir rapidement, sans bruit, puis je nous enferme à l'intérieur de la pièce. Je sais pourquoi il m'a appelé. Il veut qu'on s'occupe de lui. Je crois que, si je suis venu, c'est parce que j'ai envie de le faire.

— Déshabille-toi.
— Je ne veux pas être à poil devant toi.
— Tu ne m'as pas demandé mon avis dans les toilettes du Heaven, l'autre soir.

Styles se tait et baisse la tête avant de murmurer du bout des lèvres :

— Tu as couché avec lui ?
— Quoi ?
—Le type, le vieux, il précise, Tu as couché avec lui, après que je sois parti ?
— Non.

Ça me fait rire parce qu'il a vraiment l'air soulagé de l'apprendre.

— Alors tu as fais quoi, après ? 
— J'ai dû finir le boulot tout seul.

Là, il pouffe carrément de rire et j'ai bien envie de le tuer pour ça. Quel con.

— Allez, dépêche.
— Je garde mon caleçon.
— Si tu veux. Tu fais trop pitié pour que je te saute dessus, de toute façon.

Styles enlève son jogging et son débardeur noir d'un air vexé. Je ne sais pas trop pourquoi j'ai dit ça parce qu'il est tellement sexy que je pourrais carrément lui sauter dessus, mais ce n'est pas le sujet.
Il entre dans sa douche puis finit par se retourner vers moi, avec un air curieux sur le visage :

— Tu as prévu de me regarder ?
— Euh... Non, je réponds un peu pris au dépourvu, Je t'attends dans ta chambre. Et nettoie bien l'endroit où tu t'es gratté.

Il me répond un «oui» que je crois à peine et je me fais une note mentale de vérifier qu'il s'est bien soigné. Je retourne dans sa chambre et récupère sa couverture sur le sol. Je la repose sur son lit et en profite pour m'affaler dessus.
Je laisse mon esprit vagabonder. Je réalise peu à peu que je suis allongé dans le lit de Harry Styles et que j'ignore comment ma vie a pu basculer ainsi, en l'espace de quelques mois, juste à cause de lui.
Je rumine mes pensées, je rumine, je rumine. Je suis près de m'endormir lorsque j'entends la porte s'ouvrir.
 
 
Merde. Il est là, debout, devant sa porte. Il a remis son jogging trop grand qui lui tombe délicieusement sur les hanches. Son débardeur large au niveau des aisselles laisse apparaître ses côtes. Ses cheveux sont encore mouillés, dégoulinant le long de ses tempes et glissant jusqu'à sa mâchoire. Une odeur de savon à la vanille envahit la pièce trop petite pour nous deux. Il a pris une douche brûlante. Ça se sent rien qu'avec la chaleur qui est entrée dans la chambre. Ou alors c'est juste moi qui déconne. Je ne sais pas. En tout cas, ça devrait être interdit d'être aussi désirable.
Je déglutis sans réussir à le lâcher du regard et Styles s'approche. Je remarque enfin ce qu'il tient dans les mains. Du désinfectant, des cotons et des pansements.
Sans rien dire, il s'assoit en face de moi sur le lit et pose ses affaires sur la couverture avant de me tendre son bras. J'attrape les différents produits et commence à nettoyer ses brûlures.
Ça me rappelle la première fois où je l'ai soigné. Je refais les mêmes gestes. Sauf que cette fois, il est pleinement conscient et il me regarde faire. J'aimerais bien comprendre ce qui lui passe par la tête, là, tout de suite. Parce que personne ne m'a encore jamais regardé avec ces yeux-là. J'essaie de me concentrer sur ce que je fais. Je nettoie bien le sang séché puis recouvre les blessures avec des pansements.

— Voila, je déclare lorsque j'ai terminé.
— Merci.
— Tu vas mieux ?
— Oui, un peu.
— Ok. 

Je me relève du lit et je le vois bailler. Il doit être épuisé. Quand je faisais des crises de panique, il m'arrivait de dormir toute la journée du lendemain. Ça te pompe toute ton énergie, ces conneries. 

— Dors.
— Tu veux rester un peu ?
— Faire quoi ? Je l'interroge.
— On peut regarder un film.
— Je ne sais pas si tu te rends bien compte de l'endroit où je suis.
— Mes cousins ne sont pas là. Ils vont rentrer tard.
— Tu ferais mieux de dormir, Styles. 

Je vois sa poitrine se soulever un peu plus que la normale et comprends qu'il a peur de rester tout seul. Peur de faire une autre crise. Peur de s'endormir dans cet état-là et de ne pas se réveiller. Oui, oui, je sais tout ça, je l'ai déjà vécu un million de fois. 

— Mais je peux rester un peu.
— Merci. 

Je m'assois sur le bout du lit et il ferme les yeux. Il s'étire de tout son long en balançant ses bras vers l'arrière et son débardeur remonte sur son torse, laissant apparaître son nombril et un fin duvet de poils descendant jusqu'à l'endroit que je ne préfère pas imaginer. Le V de ses hanches est parfaitement dessiné et je me sens presque défaillir à cette vision. J'avoue que c'est un peu mon point faible chez un homme.
Je m'arrête de suite. Mais qu'est-ce qui me prend de le regarder comme ça ? On dirait que je vais le bouffer. Mon regard s'attarde de nouveau sur son nombril, sur sa peau laiteuse et ses muscles étirés. Je crois qu'il s'est endormi. Son souffle remonte sa poitrine à intervalle régulier et laisse apparaître à chaque inspiration toujours un peu plus de peau.
D'accord, je suis en train de devenir complètement fou. Il faut vraiment que je parte d'ici. Je me relève du lit sans faire de bruit pour ne pas le réveiller et me dirige vers la porte.
Je m'arrête. La main sur la poignée. Je peux peut-être regarder une dernière fois, non ? Ça ne fera de mal à personne ?
Je me retourne lentement et l'observe encore, encore et encore. En fait, je n'arrive pas à décrocher mon regard. J'ai l'impression que toute cette peau m'appelle. Que je ne peux pas rester là sans rien faire. J'avance doucement vers le lit. Sans réfléchir davantage, je me penche sur lui et dépose mes lèvres sur son nombril. Ça me fait un bien fou. D'embrasser cette peau. Est-ce que ça peut être considéré comme un attouchement ? C'est moitié de sa faute aussi. Avoir un torse pareil, une peau pareille, une odeur pareille. Je n'arrive plus à m'arrêter. Je dépose mes lèvres juste au dessus de son nombril et je l'embrasse à cet endroit là. Ok. Stop. Maintenant, j'arrête mes conneries, je dois vraiment partir.

— Continue. 

Wow. Oh. Merde. Il vient de me parler ? Il ne dormait pas ?

— Continue, répète-t-il, à moitié endormi, J'aime bien.

Ok, on ralentit. Il va vraiment me faire péter un plomb, ce mec. 

— S'il te plaît, ajoute-t-il, les yeux clos. 

Je rends l'âme. Je n'en peux plus. Je repose mes lèvres sur son nombril et l'embrasse un peu plus fort que la dernière fois. Mon Dieu, ce que j'aime ça. Mes mains viennent chercher son débardeur et je le relève un peu plus haut. Je glisse mes lèvres le long de ses côtes, sur sa poitrine, ses tétons. J'embrasse chaque recoin de peau comme si j'en avais besoin. Je crois qu'il bande, mais je n'ai pas envie de vérifier. Ce n'est pas sexuel là. C'est juste... Je ne sais pas, différent de d'habitude. C'est juste... Agréable. Je souffle doucement contre sa peau et il frissonne. Alors, je l'embrasse encore. Je joue comme ça, pendant peut-être dix minutes. Parce que je ne m'en lasse pas. Je ne m'en lasserai jamais. J'avoue que j'ai envie d'aller plus loin. J'avoue que mon regard s'est perdu plusieurs fois sur la bosse qui déforme son jogging et j'avoue, plus que tout, que je meurs d'envie de le toucher, de le caresser, mais je ne veux pas avoir l'air de profiter de la situation. Je sais qu'il n'est pas vraiment en état de réfléchir correctement. Mais, après ce qu'il m'a fait au Heaven, je crois que j'ai quand même le droit à ma petite vengeance.
De temps en temps, je glisse ma main sur son torse pour caresser sa peau. Mais ce que je préfère, c'est l'embrasser, parce qu'il réagit à chacun de mes baisers et que ça me rend fou. Il couine doucement, se tortille un peu quand je le chatouille. Je sens que sa peau devient de plus en plus brûlante et qu'il commence à être vraiment excité lui aussi. Je prends conscience que je dois me calmer. Qu'on ne peut pas aller plus loin. Qu'on a déjà été trop loin. Je me relève doucement et je redescends son débardeur sur son ventre. 

— Je devrais te laisser. 

Il ne répond pas alors j'en conclus qu'il s'est peut-être endormi entre-temps. Je le regarde. C'est la première fois que je vois son visage aussi paisible. Une part de moi se dit que j'y suis peut-être pour quelque chose.
Je tourne des talons et rejoins la porte de sa chambre jusqu'à ce que sa voix me murmure doucement : 

— Reste. 

Je me retiens de sourire. Je me retiens de penser que ce n'était pas ce que je voulais entendre depuis le début. 

— C'est trop risqué, Styles. 

Je me retourne vers son lit où j'aperçois qu'il a ouvert les yeux. Il continue : 

— Si tes parents ou tes cousins me voient ici, je suis mort.
— Je te protégerai.
— Tu es incapable de te protéger toi-même.
— Mais certaines personnes en valent plus la peine que d'autres. 

Le martyre.

C'est l'image qui me saute aux yeux, tout d'un coup. Ce mec est un véritable martyre. Il continuera de se faire souffrir juste pour la beauté du geste. Mais moi, je trouve ça moche. Tout ce qu'il pense de lui. Tout ce qu'il fait de lui. Il n'a rien d'héroïque, ce gars. Il est juste désespéré. Désespéré de trouver une place dans ce monde. Désespéré de justifier son existence. Alors, il s'en invente une. Une facile à remplir. Une facile à respecter. Il prend tous les malheurs du monde et les porte sur son dos pour s'en sentir coupable. Comme une sorte de rédemption.

— Tu n'as pas le droit de me demander de rester, je murmure.
— Je sais.
— Alors pourquoi tu le fais ?
— Parce que j'ai envie que tu restes.

C'est sincère. Pourtant, ça ne lui arrive pas souvent, j'ai l'impression. De dire les choses telles qu'elles lui viennent.

 — Et toi ? Tu veux rester ? M'interroge-t-il.

Je sens qu'on est en train de franchir l'étape de trop. Celle de l'acceptation. Parce qu'il n'y a plus rien qui justifie le fait qu'on reste ensemble, excepté qu'on en crève d'envie tous les deux.

— Oui, je souffle, Oui, j'ai envie de rester.

Il sourit et s'écarte légèrement du lit, comme pour m'inviter à le rejoindre. Je sens mes jambes défaillir. Je ne sais même pas comment j'arrive à trouver la force d'enlever ma veste en jean, mes baskets et de me blottir avec lui dans son lit.
Styles relève la couverture sur nous deux. Il nous recouvre jusqu'au milieu du visage. Comme si la seule façon de supporter la situation était de se cacher, de créer un endroit où il n'y a que nous deux, comme sur la plage. On n'est pas dans le monde des Tomlinson, on n'est pas dans le monde des Styles. On est dans notre monde à nous.

— Merci d'être venu, murmure-t-il.
— Tu as conscience qu'on est tous les deux morts demain ? Je m'assure avant qu'il ne ferme les paupières.
— Au moins, je me serais senti vivant avant que ça n'arrive. Je n'ai pas à me plaindre.

Il s'endort, en me laissant avec sa déclaration à la con et mon estomac en état de troisième guerre mondiale. Putain, je le déteste, lui et ses phrases qui ne veulent rien dire, enfin ses phrases qui disent ce qu'elles ne devraient pas dire.
Et puis, merde. J'en ai marre de trop penser.
Je glisse une main dans ses boucles brunes qui lui tombent sur le front et dépose un baiser sur son front avant de glisser mon bras vers le sien.

— Bonne nuit, Boucle d'or.

Je ferme les yeux et il me semble mettre moins de cinq secondes avant de m'endormir complètement, ma main dans la sienne. Paisible.

 
Du moins, jusqu'à ce qu'une voix résonne jusque dans mes entrailles :

— PUTAIN MAIS C'EST QUOI CE BORDEL ?! 
____________________

La suite de l'Acte 2 ! 
J'espère que ce nouveau chapitre vous a plus,
je vous laisse sur une fin suspens en plus, 
ce n'est pas sympa ;) 
Hâte d'avoir vos avis ! 
 
 


Tags : #RunUpfic - #Acte2

Extra un. 18/10/2014

 
 
Extra un.
        
 
 
 Perrie Styles
 
                Je repose mon verre sur la table, jetant un coup d'½il tout autour de moi. Jess est en train de danser avec trois mecs sur la piste. Anna discute avec son copain au bar. Et Jade, ma meilleure amie, est assise à côté de moi. Elle passe son temps à regarder son téléphone en soupirant. Elle attend son mec. Elle veut nous le présenter, ce soir. C'est un peu pour ça qu'on est toutes sorties, d'ailleurs. Et également parce que c'est samedi soir et que c'est ce que font les jeunes de notre âge.
 
— Il va venir, arrête de stresser pour rien.
— Et toi quand est-ce que tu comptes nous présenter Zayn ? Réplique-t-elle en lâchant enfin son téléphone portable.
 
Jade le repose sur la table et en profite pour prendre son verre à la place. On trinque tous les deux avec notre Whisky-Coca et je réponds :
 
— Quand les deux autres abrutis qui nous surveillent dans le fond ne seront pas là.
 
Ma meilleure amie reporte son regard vers Liam et Edward, installés à une table plus loin, et pousse un léger soupir. 
 
— Autrement dit, jamais ?
— C'est à peu près ça, je réponds en riant. 
 
Même si je ne trouve pas ça drôle, du tout. Ce n'est pas de l'ironie. Mes cousins me suivent au moindre de mes faits et gestes. Heureusement, avec Zayn, on a réussi à trouver quelques stratagèmes. On se voit à la fin des cours, généralement. Comme ça, je peux prétendre rentrer plus tard à la maison parce que je suis restée travailler à la bibliothèque du lycée. Harry et Liam ne mettent jamais les pieds là-bas, ils ne peuvent pas me démentir. 
 
— Enfin, reprend Jade, On peut voir le bon côté des choses.
 
Elle me montre son verre de Whisky-Coca en souriant. Oui, c'est vrai. On est mineures donc on n'a pas le droit de boire d'alcool, ni même d'être ici, d'ailleurs, à la Fabric. C'est Edward qui nous a fait passer et nous a payé nos verres. « Juste un, bien sûr », a-t-il précisé.
Je me retourne vers la boîte et observe Jess en riant. Elle est toujours en train de danser avec ces trois mecs. Son copain l'a larguée, il y a quelques semaines, donc maintenant elle se venge sur tout ce qui bouge. Elle n'a que seize ans, comme moi, et je sais que les gens collent souvent des étiquettes : salope serait la sienne, j'imagine. Moi, je ne la juge pas. 
D'ailleurs, de quel droit pourrais-je la juger ? Je leur ai tout raconté à propos de Zayn. Elles ont trouvé ça mignon, enfin, romantique. Cette histoire d'amants maudits, de secret, de familles ennemies. C'est vrai que de loin, ça peut faire rêver une histoire comme la mienne. Mais de près, au quotidien, c'est un cauchemar. Je suis tout le temps stressée que les Styles découvrent quelque chose, on ne se voit presque jamais avec Zayn, ou alors, pas plus d'une heure. Et, pire que tout, on n'a jamais passé une nuit ensemble. 
Enfin si, on en a passé une. Celle où on a semé Harry, après la boite de nuit. Zayn m'a emmené dans un hôtel et on y a dormi. Vraiment dormi. Dans les bras l'un de l'autre. C'était notre premier rendez-vous et, d'un côté, je le remercie de ne pas avoir été plus loin parce que ça m'a prouvé qu'il tenait vraiment à moi. Sauf que, depuis cette soirée, on n'a jamais réussi à repasser une nuit ensemble. Et c'est... 
 
— A quoi tu penses ? Me coupe soudainement Jade, On dirait que tu vas commettre un meurtre.
— Je n'ai toujours pas couché avec Zayn, je lâche, brusquement. 
 
Merde. En fait, je n'avais pas prévu d'en parler à la base. Surtout pas à Jade qui est "la meuf incapable de tenir un secret". 
 
— QUOI ? Mais ça fait plusieurs mois que vous êtes ensembles !
— Deux, presque trois.
— Mais qu'est-ce que vous attendez ?!
— De l'intimité ? Je propose, ironique. 
 
Elle me lance un regard blasé et ajoute à demi-mots : 
 
— Tu es sûre ? 
 
Elle me connaît trop bien, cette fille. Je me dis que c'est probablement à ça, que cela sert, une meilleure amie. 
 
— Tu flippes encore à cause de ta famille ? Enchaîne Jade en reposant son verre sur la table, Putain Perrie, réveille-toi ! On s'en fout de ce qu'ils pensent !
— Pas Niall.
— C'est Louis qui a fait ça ! Zayn n'était même pas là le jour de la bagarre !
— Pour ma famille, ça ne change rien, je murmure, J'ai l'impression que coucher avec lui... Ce serait aller trop loin.
— Tu es complètement amoureuse de ce type ! Explose Jade, Bien sûr que tu es déjà allée trop loin, chérie. 
 
Je soupire et je vois Jess s'installer avec nous à la table. Visiblement, elle s'est débarrassée de ses bouche-trous. 
 
— Qui est amoureuse ? Interroge-t-elle les yeux pétillants de curiosité.
— Perrie, réplique Jade.
— De Zayn, complète Jess, Qui n'était pas déjà au courant ?
— Elle a peur de baiser avec lui à cause de ce que va penser sa famille. 
 
Tiens. Qu'est-ce que je disais ? Incapable de garder un secret. 
 
— Parce que vous n'avez toujours pas baisé ? S'exclame soudainement Anna en nous rejoignant, suivie par Léo, son copain de trois ans de plus qu'elle. 
 
Génial. Ma vie sexuelle n'est plus un secret pour personne. Mais l'a-t-elle seulement été ? Je suis toujours vierge et j'ai l'impression que c'est écrit sur mon front. 
 
— Merci de le crier encore plus fort, j'ironise, Pour que mes cousins l'entendent comme ça on est sûres de ne jamais ressortir.
— Ne nous met pas dans le « on », réplique Anna avec un froncement de sourcil à mon égard, Nous, on peut sortir comme on en a envie. Et c'est plutôt cool de notre part qu'on accepte tes chaperons à chacune de nos soirées. 
 
Wow. Changement de ton d'un seul coup. Je sens le reproche dans sa voix et, même si je savais qu'elles n'étaient toujours pas d'accord avec la présence de mes cousins, je ne pensais pas qu'elles le vivaient aussi mal. 
 
— Je ne te force pas à rester avec moi, je réplique, feignant de ne pas être vexée.
— Oh putain, tu ne comprends rien, soupire-t-elle, Je dis ça pour ton bien Perrie. Jusqu'à quand tu vas te faire bouffer par ta famille ? Regarde-nous ! On a seize ans ! Nos parents nous laissent sortir comme on en a envie. On peut avoir des copains. On peut dormir chez eux. On a le droit de se promener partout dans Londres. Sérieusement, c'est quoi ta vie ? Jusqu'à quand tu vas prétendre que c'est normal tout ça ?
— Mais je...
— T'es pas flippée de ce que ta famille va penser Perrie, me coupe-t-elle de nouveau, T'es flippée toi. Juste toi. Ils t'ont tellement foutu dans le crâne que c'était dangereux que tu es une putain de poule mouillée maintenant. Qu'est-ce qui t'empêche de te rebeller sérieux ? Tous les ados passent par là. Pourquoi tu leur obéis ?
— Ma famille est différente des vôtres, elle est plus...
— Elle est différente parce que vous la rendez différente. Vous êtes tous plus tarés les uns que les autres. Gemma la première ! Bordel, ouvre les yeux ! 
 
Je sais qu'elle a raison. J'ai toujours pensé ça de ma famille. Mais, de l'entendre de la bouche de quelqu'un d'autre, ça m'énerve. Je crois que c'est ma fierté Styles qui se réveille. Je ne supporte pas qu'elle les insulte comme ça, sans rien connaître, sans rien savoir. Alors oui, le conflit avec les Tomlinson, il est tout ce qu'il y a de plus con dans cette ville, mais il existe et elle n'a pas le droit de prétendre que ce n'est rien. Pas lorsqu'il a foutu Niall en fauteuil, pas lorsque Greg est en prison, pas lorsque Harry est un drogué moitié dépressif, pas lorsque Gemma n'est plus que l'ombre d'elle-même, pas lorsqu'Liam et Edward sont devenus violents et impulsifs.
Et là, je ne sais plus quoi penser. J'ai passé mon temps à défendre Zayn, mais je réalise brusquement que Harry n'avait peut-être pas tort, finalement. C'est honteux et irrespectueux ce que je fais. 
 
— HEY ! S'exclame soudainement Jade à côté de moi, Je suis là, mon c½ur ! 
 
Cool, son copain. On va pouvoir changer de conversation et je connais assez bien les filles pour savoir que le premier petit-ami de Jade est une rencontre assez importante pour leur faire oublier cette dispute, du moins pour la soirée.
Je me retourner vers le mec qu'elle est en train d'appeler et aperçois vaguement un garçon s'approcher de notre table. 
 
— Il est trop beau, hein ? Piaille Jade en tapant dans ses main, toute excitée. 
 
J'ai dû mal à le voir à travers la lumière de la boîte mais, au moment où il se plante devant nous, je ne pense pas à sa beauté. Je ne pense plus à rien, en fait. À part juste MERDE, MERDE, MERDE.
Avant que le type n'ait le temps d'ouvrir la bouche, Liam le percute brutalement. Ils tombent tous les deux sur le sol, dans un brouhaha épouvantable. Jade se met à hurler sur mon cousin, prête à se jeter sur lui pour l'empêcher d'abattre son poing sur le visage de son petit-ami, mais je la retiens par le bras : 
 
— Non !
— Mais lâche-moi ! Explose-t-elle, Il est malade !
— C'est Stan ! Je hurle en resserrant ma poigne sur son bras.
— Oui je sais, mon copain !
— Stan TOMLINSON !
 
Son visage se fige instantanément et ses bras retombent lourdement le long de son corps. Non, on sait toutes les deux que ce n'est pas un hasard.
Edward débarque d'un seul coup, l'air encore hébété par la rapidité de son petit-frère.
 
— Barrez-vous les filles, on s'en occupe.
— C'est impossible, murmure Jade, Il ne savait pas...
 
Je me retourne vers Stan et Liam qui sont toujours en train de se battre dans la boite. Un cercle est en train de se former autour d'eux. Brusquement, j'aperçois Isaac et Aiden s'immiscer dans le groupe. Et Edward ne met pas plus de deux secondes avant d'interférer à son tour, juste après nous avoir hurlé de dégager d'ici.
Sauf qu'on reste là, à les regarder se battre comme des animaux, tandis que la sécurité essaie de se frayer un chemin. Je regarde Stan, la lueur d'amusement dans ses yeux, la fierté sur son visage et son sourire. Son faux sourire. Il savait. Il savait précisément ce qu'il faisait. Il savait qu'il allait me rencontrer, ce soir.
Mais quand est-ce qu'ils vont arrêter ? Quand vont-ils enfin arrêter de nous faire autant de mal ? De nous vouloir autant de mal ? Ce sont eux qui ont mis Niall dans un fauteuil. Eux qui ont tout commencé. Je les hais. Je les hais tellement. Chacun d'entre eux. Chaque membre de cette famille. Pourquoi ils s'en sont pris à Jade ? Pourquoi à ma meilleure amie ? Mais qu'est-ce qu'ils cherchent, à la fin ? A rendre tout le monde fou ? Mais ils n'ont toujours pas réalisé que c'était déjà le cas ? Qu'on était déjà tous à moitié bancals. Ils ont quoi dans les yeux ? De la merde ? Leur merde ? Putain. Je les hais. Je les hais si fort que des larmes de rage coulent sur mes joues tremblantes. Je veux partir d'ici. Je ne veux plus jamais voir toute cette violence. Toute cette haine. Tout ces cris. Tout ce sang. Je les hais et je les haïrai jusqu'à mon dernier souffle.
 
 
 
 
 
 
 SMS de Zorro à Mon ange
2h31. Putain Perrie, je viens juste d'apprendre ce qu'il s'est passé ce soir. Tu vas bien ???
2h33. Chérie ??
2h35. Je t'appelle...
2h36. Pourquoi tu ne me réponds pas ? Je sais que tu n'es pas déjà couchée.
2h38. S'il te plaît, je m'inquiète.
2h38. Ils t'ont fait du mal ?
2h38. Je suis désolé pour ta copine.
2h39. Je ne savais pas ce que faisait Stan, je te jure que je te l'aurais dit.
2h40. Bébé putain réponds moi !
2h41. Pourquoi tu m'associes à ça ? Tu sais que je n'ai rien à voir la dedans. Je ne te ferai jamais de mal à toi.
 
 SMS de Mon ange à Zorro
2h41. Et aux autres ?
 
 SMS de Zorro à Mon ange
2h41. Aux autres ? De qui tu parles ?
 
 SMS de Mon ange à Zorro
2h42. À mes cousins, tu ne leur feras pas de mal ? Si tu les avais en face de toi ? Si tu croisais Greg qui a violé ta cousine ? Liam qui t'a cassé le bras ? Edward qui rêve de te massacrer ? Harry qui me fait du chantage vis à vis de toi ? Tu ne leur feras pas de mal à eux ? 
 
 SMS de Zorro à Mon ange
2h43. Tu n'es pas eux. 
 
 SMS de Mon ange à Zorro
2h43. Donc tu serais capable de leur faire du mal à eux ?
 
 SMS de Zorro à Mon ange
2h43. Je ne sais pas.
2h44. Ne me lâche pas Perrie. T'as pas le droit.
2h45. T'as pas le droit de me reprocher quoi que ce soit. Ce conflit marche dans les deux sens. Tes cousins ne sont pas parfaits non plus.
2h50. ?? 
 
 SMS de Mon ange à Zorro
2h53. Je n'ai pas le temps de parler. Je dois réconforter ma meilleure amie que ton cousin a utilisée contre moi. 
 
 SMS de Zorro à Mon ange
2h54. Ne fais pas ça. 
 
 SMS de Mon ange à Zorro
2h54. Faire quoi ?
 
 SMS de Zorro à Mon ange
2h54. M'accuser.
3h10. Perrie ??
3h15. Putain tu me gonfles. 
 
 SMS de Mon ange à Zorro
3h16. Tant mieux, c'est réciproque.
 
 SMS de Zorro à Mon ange
3h20. Ok on joue à ça si tu veux. Mais n'oublie pas que tu n'es pas moins coupable que moi. 
 
 
 
.
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Extra un.
.
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<< It's two hearts living
In two separate worlds >>
 
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Désolée, ce n'est pas la suite de la nuit de Louis et Harry, 
Mais vous aurez besoin de ce chapitre pour comprendre le prochain donc ne me tuez pas :) 
J'espère que ça vous aura plu quand même.
Pleins de bisous ! 
Je préviens des chapitres sur Twitter (@Noa_Kane) 
 
 
 

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