5 tagged articles #Bonus

BONUS (sms) 26/09/2014

 
 
 
 
 

 

Deux anges insoumis voudraient changer de vie,
Alors ils rêvent qu'un jour ils s'en iront, 
Ils rêvent, loin de tout ce béton qui crève.

 
 


✉ SMS de "Zorro" à "Mon ange" 
16h10. Tu me manques..
 
✉ SMS de "Mon ange" à "Zorro" 
16h12. On vient de se quitter ;) 
 
✉ SMS de "Zorro" à "Mon ange" 
16h12. J'anticipe le manque. 
 
✉ SMS de "Mon ange" à "Zorro"
16h12. Ne dis pas ça. 
 
✉ SMS de "Zorro" à "Mon ange"
16h13. Quand va-t-on se revoir mon amour ? 
 
✉ SMS de "Mon ange" à "Zorro"
16h13. Je ne sais pas.. Tu sais que c'est compliqué avec ma famille. 
 
✉ SMS de "Zorro" à "Mon ange"
16h14. Qu'est ce que je devrais dire avec la mienne ? Mes cousins et mon frère me tueraient si ils savaient que je te vois encore.. 
=
✉ SMS de "Mon ange" à "Zorro"
16h14. Sommes-nous des amants maudits ? :O 
=
✉ SMS de "Zorro" à "Mon ange"
16h15. T'aimer ne sera jamais une malédiction. Ma famille l'est. Pas toi. 
 
 
 
 
 
Ils rêvent que peut-être un jour, un jour se lève
Comme un soleil sur la trêve
Et qu'un jour l'amour les enlève
Loin de leurs pauvres vies ils rêvent...




 

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BONUS (sms) 27/02/2015

 
 
BONUS (sms)



 
      19 juillet
 
 
✉ SMS de « WTF » à « L »
08h10. Ne me dites pas que vous avez osé faire ça ?
09h02. Bande de cons.
 
✉ SMS de « L » à « WTF »
20h12. Désolé. Il ne pouvait pas y aller.
 
✉ SMS de « WTF » à « L »
20h14. Je ne les aurais jamais laissé l'emmener. C'est con d'être partis. Ça va foutre une putain de merde.
21h07. Vous êtes où ?
22h10. Réponds moi putain !
 
✉ SMS de « L » à « WTF »
22h11. Il est en sécurité avec moi.
22h14. Je te le promets.
 
✉ SMS de « WTF » à « L »
22h16. Dis moi juste où vous êtes.
 
✉ SMS de « L » à « WTF »
23h45. Barcelone.
 
✉ SMS de « WTF » à « L »
23h45. Bande de cons.  
 
 
        20 juillet
 
 
✉ SMS de « WTF » à « L »
16h10. Il va bien ?
 
✉ SMS de « L » à « WTF »
18h02. Oui.
 
 
        21 juillet
 
 
✉ SMS de « WTF » à « L »
19h04. Mon père est en train de péter un plomb, il veut appeler les flics. Rentrez.
20h10. Harry ne répond pas non plus à ses messages.
20h24. Réponds-moi.
20h32. Je veux savoir si mon frère va bien. 
21h02. Louis ?
 
✉ SMS de « L » à « WTF »
21h05. Tu connais mon prénom ?
 
✉ SMS de « WTF » à « L »
21h05. Tu te fous de ma gueule à me répondre ça après tous mes messages ????!!!
21h07. Mais RÉPONDS !
21h13. Je te jure que quand vous allez rentrer je vous défonce.
 
✉ SMS de « L » à « WTF »
21h14. Calme toi, il va bien.
 
✉ SMS de « WTF » à « L »
21h16. Pas après ce que je viens d'apprendre.
 
✉ SMS de « L » à « WTF »
21h16. Qu'est ce que tu viens d'apprendre ?
21h16. ???
 
✉ SMS de « WTF » à « L »
21h16. Passe le moi. Tout de suite.
21h20. LOUIS ????
22h03. Je m'inquiètes, putain, passe le moi.
22h15. C'est urgent !
22h16. BORDEL !!
 
 
        22 juillet
 
 
✉ SMS de « WTF » à « L »
09h10. Ne me fais pas regretter de t'avoir fait confiance.
 
 
 
        23 juillet
 
 
✉ SMS de « WTF » à « L »
14h15. Je vous déteste tellement, tous les deux.
16h10. Ce que vous faites est complètement égoïste.. 
 
 
        24 juillet
 
 
SMS de « L » à « WTF »
15h12. Il va bien. Désolé de t'inquiéter, j'ai dû éteindre mon portable. On avait besoin d'être tous les deux.
 
✉ SMS de « WTF » à « L »
15h16. Y a pas que toi qui a besoin de lui. Ramène-le.
15h24. S'il te plaît.
 
 
        25 juillet
 
 
✉ SMS de « L » à « WTF »
02h10. On rentre cette nuit. Harry. 
 
✉ SMS de « WTF » à « L »
02h15. Je te serre dans mes bras et après je te défonce triple con. 
 
 
 
BONUS (sms)

 
 

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5 years later... 29/06/2016

 
 
5 years later...

 


Louis 
 
 
_Papa.
_Oh ta gueule, je soupire, On a compris.
_Mais il est papa ! Explose Stan.
_Et toi, un adorable tonton, se fout de sa gueule Isaac.
_Tonton, il murmure, cette fois, en s'arrêtant sur le trottoir.
 
Je me retourne vers lui, hésitant entre rire et le claquer. Stan répète encore une fois « tonton », comme pour s'habituer au mot, alors que ça fait déjà trois jours qu'il s'étrangle avec celui de « papa ».
 
_Tonton, je suis tonton, il souffle.
_Et clairement pas un cadeau du ciel, j'ajoute, Le pauvre gosse.
_Le pauvre gosse ? S'exclame Stan, hébété, Mais mon pauvre frère, il rectifie, Il est père ! Sa vie est foutue, finie, anéantie.
 
Isaac lève les yeux au ciel, blasé par son dramatisme, même si, pour le coup, je suis plutôt d'accord avec Stan. J'ai assez de la banque et de mon copain pour avoir un bébé dans les pattes en plus de ça. Je ne voudrais clairement pas être à la place d'Aiden. Enfin, il a l'air heureux, c'est déjà ça.
 
_On peut continuer d'avancer ? Enchaîne Isaac, Il fait froid dehors.
_Remercie-moi de congeler tes spermatozoïdes avant qu'il ne t'arrive la même merde qu'Aiden, rétorque Stan en reprenant sa marche pour nous rejoindre.
_Ce que tu dis n'a jamais aucun sens.
_Un bébé n'a aucun sens. Ça inonde l'espèce humaine de niaiseries monumentales. Les gens sont déjà assez cons comme ça.
 
Je souris, je ne peux pas m'en empêcher. Il me fait rire à détester inlassablement ce qui l'entoure, en particulier l'humanité toute entière.
 
_Dépêchez-vous, grogne Isaac, On va louper le début du match.
 
Il a raison, alors on accélère le pas pour rejoindre mon immeuble. On s'engouffre rapidement à l'intérieur du bâtiment pour se réchauffer, puis on rejoint mon étage.
 
_Harry est là ? M'interroge Isaac.
_Je pense, je murmure, avant d'entrer dans la pièce.
 
Harry a emménagé à l'appartement il y a un an, à peu près. Il nous a fallu du temps avant de convaincre Gemma de laisser son frère partir dans un quartier Tomlinson. Enfin, un ancien quartier Tomlinson. Disons qu'on ne le qualifie plus comme ça, désormais, même si je vois très rarement des Styles par chez nous, hormis Harry, bien sûr, et Perrie, parfois.
 
_Je vais me changer, j'informe mes cousins, Je vous laisse mettre le match.
 
J'entends Stan s'affaler dans le canapé et me dirige vers ma chambre, j'entre dans la pièce. Harry est allongé sur le lit, son portable dans les mains. Il a l'air complètement sonné.
 
_Ça va ? Je m'inquiète, aussitôt.
 
Il sursaute, relevant son regard vers moi. Manifestement, il ne nous a pas entendu arriver. Son sourire se crispe tout d'un coup et il repose son téléphone sur le lit. Il ne répond pas à ma question, se contentant de me sourire. Et c'est clairement raté s'il tentait de me rassurer.
 
_Haz, qu'est-ce qu'il se passe ?
_Rien.
_Mes cousins sont là pour regarder le match de foot.
_Ok.
_T'es sûr que ça va, toi ?
_Ouais, il marmonne, les lèvres pincées.
 
Je connais ce regard, ce ton, ces mimiques. Cinq ans d'Harry Styles comme petit-ami, on finit par être rodé sur le personnage. Je retire ma veste de costard que je laisse choir sur le sol et je le rejoins. Il s'assoit sur le bord du lit et je m'arrête devant lui.
 
_Tu veux que je leur dise de partir et qu'on se fasse une soirée rien que tous les deux ? Je l'interroge, commençant à déboutonner ma chemise.
_Non, souffle Harry, Ça va, je te dis.
 
Il attrape le bas de mon vêtement pour m'aider à retirer mes boutons, alors je le laisse faire. Mes mains retombent de part et d'autre de mon corps et je l'observe. Il a l'air concentré. Conneries. Juste une excuse pour éviter mon regard. Je sais comment il fonctionne, si je le brusque, il ne me parlera pas. Je me contente de glisser mes mains dans ses boucles brunes, alors qu'il continue de déboutonner ma chemise, laissant apparaître la peau de mon torse peu à peu. Ses lèvres se posent presque instinctivement sur mon ventre. Je ferme les yeux. Même le temps n'a pas su effacer ça, ce geste entre nous. J'en oublie presque mes cousins dans la pièce d'à côté. Les lèvres d'Harry sont douces contre ma peau, il se contente de m'effleurer doucement, avant de se retirer pour ôter les derniers boutons de la chemise. Il relève son regard vers moi. Mes mains sont toujours dans ses cheveux et je les retiens en arrière. J'aime tellement la couleur de ses yeux.
 
_Je vais passer la soirée avec ma famille, il murmure.
_Tu détestes le foot à ce point ?
_Non, ce n'est pas ça, il m'assure, Je dois vraiment y aller.
_Qu'est-ce qu'il se passe ?
_Problème de famille.
 
C'est tout. Il me dit ça, sans d'autres explications. Ça m'énerve quand il fait ça, quand il prétend qu'il y a encore une barrière entre nous. Comme si on ne pouvait pas tout se dire.
Je me recule du lit, ôtant ma chemise. Je prends un tee-shirt dans mon placard, puis retire mon pantalon de smoking. J'attrape un de mes jogging qui traîne par terre et l'enfile rapidement. Je me sens bien mieux comme ça.
 
_Tu es sûr que tu ne veux pas rester avec nous ?
_Je dois vraiment y aller, Louis.
_C'est grave ?
_Juste... Perrie qui m'a appelé, il répond, Elle ne va pas très bien ce soir, j'ai envie de passer la soirée avec elle.
 
Je retiens un rire. Je connais son regard, son ton, ses mimiques, et ses putains de mensonges. Je me referme. Je n'aime pas quand il joue à ça.
 
_Ok, je finis par soupirer, Je vais rejoindre les gars.
 
Je m'apprête à sortir de la chambre, mais il m'arrête en appelant mon prénom :
 
_Louis ?
_Oui ?
_Je peux peut-être passer plus tard, mais je dois vraiment aller les voir, là.
 
Je crois que lire la culpabilité sur son visage m'inquiète encore plus.
 
_Fais ce que tu as à faire, je réplique.
_Je ferai une soirée avec tes cousins une autre fois.
_Ne t'inquiète pas pour ça, tu rentres à l'appartement dormir ?
_Je ne sais pas, je verrais.
_D'accord.
 
Je sors de la pièce et me dirige vers ma cuisine pour me prendre une bière, les gars sont déjà installés dans le canapé, commentant les publicités à la télévision. Je prends une canette dans le frigidaire et les rejoins. Harry sort de la chambre à ce moment-là.
 
_Salut Isaac. Stan, je ne te dis pas bonjour.
_Je ne te dis pas au revoir, réplique le concerner.
 
Je lève les yeux au ciel. Il n'y a rien de plus insupportable au monde que Stan et Harry dans une même pièce.
Harry s'avance vers moi, il m'embrasse du bout des lèvres, car on n'est toujours pas à l'aise avec ça lorsque mes cousins sont là.
 
_Passe une bonne soirée.
_Toi aussi. Et appelle-moi si quelque chose ne va pas.
_Oui, il m'assure, m'embrassant une deuxième fois, avec un peu plus d'insistance.
 
Sauf qu'il a à peine dévié son regard que je vois son sourire crispé réapparaître sur ses lèvres. Je ne commente pas et le laisse partir, m'installant avec mes cousins sur le canapé.
 
_Il ne veut pas rester avec nous ? Interroge Isaac, alors que la porte claque après son départ.
_Il devait voir Perrie, je marmonne, sans être spécialement convaincu.
_Moi, ça me va parfaitement.
 
Je me retourne vers Stan, n'ayant pas spécialement envie de répondre à sa provocation.
 
_Tonton Stan aurait-il des problèmes de sociabilité ? Lance Isaac.
_Je t'en prie, ne m'appelle pas comme ça, il grimace.
_Tonton Stan, c'est mignon, je commente.
_Fermez-la les gars, putain.
 
Sa nuque tombe sur le dossier du canapé, il pousse un long soupir, un trop long soupir pour être juste une plaisanterie.
 
_Attends, je murmure, T'es sérieux à propos de tout ça ? Ça te fait vraiment chier que ton frère ait un enfant ?
_Je ne sais pas, il hausse des épaules, C'est juste... Une page qui se tourne. J'ai du mal à me faire à l'idée, je crois.
_Ça va le changer, intervient Isaac, En bien.
 
Stan esquisse un sourire. Je crois que, dans le fond, c'est ça qui lui fait peur. Que son frère change au point de le laisser tout seul. J'ai Harry dans ma vie, Isaac vient d'avoir un poste important dans l'entreprise, Aiden a eu son premier enfant avec sa copine. Et il y a Stan, au milieu de tout ça, qui se cherche encore une place dans cette nouvelle vie bien trop rangée pour lui. La stabilité lui fait peur. Le calme lui fait peur. La normalité lui fait peur. Je pense, qu'inconsciemment, il refuse de construire quelque chose, parce qu'il est terrifié à l'idée que tout ça nous explose de nouveau à la gueule. Et lui, plus que tous les autres, redoute ce moment-là.
 
 
 
 
Harry 
 
 
      Je claque la porte derrière moi, je ne l'ai même pas contrôlé. Quelle merde. Je dévale les escaliers rapidement, mes jambes me portent sans réfléchir et mon c½ur est comme écrasé dans ma poitrine. Je ne retiens plus mes tremblements. Ça m'arrive souvent, de trembler, lorsque je ne sais plus comment gérer une situation.
Je déteste mentir à Louis, je n'ai pas vraiment eu le choix. Enfin, j'ai à peine menti. C'est bien Perrie qui m'a appelé.
Je sors de son immeuble, courant presque jusqu'au métro. Les stations mettent du temps à défiler, pourtant, je n'ai que Hyde Park à traverser pour rejoindre Mayfair. J'essaie de contenir le tremblement de mes mains en les enfonçant dans les poches arrière de mon slim.
Le wagon se stoppe à mon arrêt, je saute littéralement sur le quai, remontant à la surface rapidement. Je cours jusqu'à chez moi, j'ai encore la voix de Perrie qui résonne dans mes oreilles. Je n'arrive toujours pas à y croire.
J'arrive devant ma maison, ouvrant la porte brusquement pour me jeter dans le salon. Je suis essoufflé. Tout le monde sursaute. Gemma se relève, un air paniqué sur le visage. Il y a mes parents, Gemma, Perrie, Niall et... Putain. Dan Suarez et sa sale face d'avocat de la famille.
 
_C'est une blague ?! Je m'exclame.
_Qui l'a appelé ? S'énerve ma s½ur, se retournant vers nos cousins.
_Tu déconnes Gemma ? Je m'emporte, Dis-moi que tu déconnes !
_Qui te l'a dit ?!
_Parce que tu comptais vraiment me le cacher ? J'hallucine.
_C'est moi, murmure Perrie, Je l'ai appelé.
_Merci du soutien, souffle ma s½ur en levant les yeux au ciel.
 
Je crois que je vais finir par tout casser dans cette maison. Pourquoi personne ne me répond ? Ce n'est pas parce que j'ai déménagé chez Louis que je n'existe plus. Je suis choqué de la façon dont ils m'ont effacé des décisions familiales. Tout ça pour éviter que je ne foire leur plan. Ils sont stupides s'ils croient que ce n'est pas ce que j'ai l'intention de faire.
 
_Gemma, je reprends, C'est sérieux tout ça ?
_Oui, finit-elle par me répondre, plantant ses yeux dans les miens.
 
Et merde. Ça me fait un coup.
 
_Pourquoi ? Je souffle, le c½ur compressé dans ma poitrine.
_Parce que je le lui ai promis, elle répond.
_Il a violé Eleanor, tu ne peux pas le libérer maintenant.
_Il a purgé la moitié de sa peine, elle rétorque, Et je demanderai cette liberté conditionnelle, peu importe ton avis.
_Les Tomlinson ne le supporteront pas, je souffle, Tu vas tout relancer. Ne fais pas ça. Cette guerre était terminée.
_Alors, Greg a le droit d'en profiter également.
 
Non, non, non, il n'a pas le droit. Pas si ça signifie qu'on replonge tous avec lui.
 
_Tu es folle, je souffle, Tu le mets en danger. Stan et Aiden lui feront du mal, tu le sais très bien.
_C'est eux qui finiront en taule.
_Arrête tes conneries.
_Je le protégerai, elle m'arrête.
 
J'ai envie de rire et de pleurer. Rire de sa stupidité et pleurer de son acharnement. Je ne peux pas la raisonner. Personne n'a jamais raisonner Gemma Styles.
Je reporte mon regard vers ma famille, tout le monde la soutient parce que personne ne commente. Et ça me tue, bordel. Ça me tue qu'ils soient tous si cons.
 
_Les Tomlinson vous empêcheront de faire ça, je reprends, Et je les soutiendrai.
_Alors, on y est enfin, ironise Gemma, Tu te ranges définitivement dans l'autre clan ?
 
La rage. Putain. J'ai juste tellement la rage, là.
 
_Il n'y a plus de clans, Gemma ! Je hurle, C'est fini ! Pourquoi tu t'accroches comme ça ? T'as que cette foutue querelle dans ta vie ou quoi ? Ça fait des années que toutes ces conneries sont terminées ! Putain, ne fais pas ça !
_Il n'y a plus de clans ? Elle répète, avec une telle haine dans les yeux que j'en frissonne, Ne sois pas si aveugle.
 
J'avale ma salive, retenant toutes les insultes qui cherchent à se frayer un chemin jusqu'à mes lèvres. Putain, elle ne peut pas tout gâcher maintenant, pas comme ça.
 
_Greg croupit en prison, Edward déprime en Chine, Perrie souffre encore de la mort de Zayn, Niall n'a pas quitté son fauteuil, elle reprend, Et toi, t'es là, dans ta petite bulle, à te foutre des autres.
 
Ta gueule.
 
_Que tu le veuilles ou non, Greg fait partie de notre famille. Il paye pour toutes nos conneries et toi, tu veux le laisser continuer à payer pour garder ton bonheur bien au chaud, pour qu'on ne touche pas à ta petite vie tranquille avec Louis Tomlinson. T'es pas tout seul, Haz. Toi, tu as Louis, et nous, on a quoi, hein ? Ils ont besoin de leur frère, elle continue en désignant Perrie et Niall, J'ai besoin de mon cousin à mes côtés.
 
Ferme-la, putain.
 
_Greg souffre tellement là-bas. Si on ne voulait pas te le dire, Harry, c'est qu'on sait tous dans cette pièce que tu es tellement égoïste que ton petit bonheur passera toujours avant celui de ta famille.... Visiblement, on était loin d'avoir tort.
 
Ça fait mal, c'est clair. Pas seulement ce qu'elle vient de me sortir, mais également tous les regards braqués vers moi, tous ses regards qui me traitent d'égoïste avec deux fois plus de violence que les mots de ma s½ur.
 
_À croire que c'est devenu un crime d'être heureux dans cette famille, je crache, furieux.
_À croire que tout ne tourne pas toujours autour de toi, rectifie Gemma, Greg sortira de prison. Je lui en fais la promesse et je n'ai pas peur des Tomlinson.
 
Je frissonne. C'est revenu. La façon de prononcer leur nom de famille.... Et merde.
 
_Gemma, tu n'as pas conscience de ce que tu fais, je murmure.
_Je ne te demande pas de me soutenir.
_Eleanor, je souffle... Et Lottie, elles se reconstruisent. Si tu te fous de moi et Louis, de Stan et d'Aiden, d'accord, mais pas d'elles... Elles ne méritent pas ça.
_Et si moi, j'ai besoin de lui, Harry ?
_Tu t'en es bien sortie seule pendant tout ce temps !
 
C'est égoïste, ce que je viens de dire. Parce que j'aurais pu répondre quelque chose du style « moi, je suis là, si tu as besoin ». Mais je crois que ça aurait sonné faux dans ma bouche. Je sais bien qu'elle a raison. Je sais bien que je passe plus de temps avec les Tomlinson qu'avec eux. Je sais bien que si la guerre venait à recommencer, je ne serais pas dans leur camp. Je crois qu'elle vient de le comprendre elle aussi, parce que son regard se voile définitivement.
 
_Et si je n'ai plus envie d'être seule ?
 
Ce n'est même pas une question, c'est un appel à l'aide. Mais je ne veux pas l'entendre, je ne veux pas l'entendre si ça signifie faire exploser l'équilibre précaire qu'on a réussi à ramener dans cette ville.
 
_Et Aaron ? Je demande.
_Je me fous d'Aaron, je ne te parle pas de ça.
_Moi, je te parle de ça. Juste d'avancer dans la vie, avec de nouvelles personnes.
_Greg est notre cousin, elle me rappelle, sèchement, Tu n'avances pas dans la vie en laissant les personnes derrière toi. Je pensais que tout ce qu'il s'est passé ces dernières années te l'avait appris.
 
Ce que j'ai appris, surtout, c'est que la haine est une excuse bien trop facile pour se cacher derrière les vrais problèmes. Si Gemma est seule, aujourd'hui, ce n'est pas parce que Greg est en taule ou parce que Edward est en Chine, mais parce qu'elle est incapable d'aimer qui que ce soit en dehors de ce qu'on lui a autorisé à aimer.
Je crois que je préfère être égoïste que malheureux.
 
_Je ne vous aiderai pas à le sortir de là, je déclare.
_Crois-moi, on a appris se passer de toi il y a longtemps.
 
Je ravale mes larmes et quitte la maison familiale. Ce n'est pas comme si j'avais encore l'impression d'y avoir ma place. Un sentiment partagé puisque personne ne cherche à me retenir.
 
De toute façon, j'ai une soirée foot qui m'attend chez moi.  
 
 
*
 
 
5 years later...


 
 
ACTE 5

 
 
 
 
 
 

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Passé 1 26/07/2016

 
 
Passé 1

 
 
 
Louis
 
 
           Les étoiles. C'est joli. On ne les regarde pas assez souvent, je trouve. Je tire encore un peu plus sur mon cou pour avoir une vue d'ensemble. Elles bougent. Je ne savais pas qu'elles bougeaient.
 
_Tommo, il est défoncé !
 
Le poids d'un abruti s'échoue sur mon dos et je me détache de ma vision nocturne pour réceptionner Stan qui manque de s'écrouler comme une merde, sur le bord de la route.
 
_Ho ! S'exclame son grand-frère qui - pour être honnête - n'est pas dans un meilleur état que lui, Je ne t'emmène pas à l'hôpital cette nuit.
_Je vais bien, rétorque Stan, blasé, Arrête de me considérer comme un gamin de douze ans.
_Douze ? Répète Isaac, lui aussi ivre mort, T'es sympa. Je t'en aurais donné cinq.
_Euh, monsieur-qui-vient-tout-juste-d'avoir-sa-majorité, ferme ta gueule. Moi, ça fait deux ans que j'ai passé le cap.
 
Isaac lui tire la langue pour simple réponse. C'est tellement con comme réaction que ça ne me donne pas envie de le défendre.
 
_On va où maintenant ? Demande Aiden.
 
La question fait rire tout le monde, car on s'est déjà fait virer deux fois des bars précédents. Je nous regarde, en esquissant un sourire. Ce n'était clairement pas la soirée prévue. À la base, on voulait fêter la majorité d'Isaac à Amsterdam. Mais on a loupé l'avion, comme des bouffons. Alors, on a décidé de faire la tournée de bars de Londres, à la place.
On est bourrés et complètement défoncés. Comme on n'a pas pu se rendre à Amsterdam, on a fumé de la beuh pour compenser, peut-être même plus que tout ce qu'on aurait pu trouver dans la capitale hollandaise. Heureusement que Zayn n'est pas venu avec nous.
 
_Je vais gerber, informe Stan.
_Je croyais que tu allais bien, commente son frère.
_Mais je viens de voir la gueule de Louis et ça m'a retourné l'estomac.
_Va te faire mettre, je ris, sans même réussir à trouver la force de me sentir insulté.
_Pourquoi ton mec n'est pas venu avec nous, Tommo ? Reprend Stan, clairement pour m'emmerder.
 
Je lui lance un regard blasé, car il sait très bien la réponse. On se prend toujours la tête avec Daniel à cause de ça. De moi et mes cousins. De mon penchant pour l'alcool et la beuh. De mes soirées interminables et de mes gueules de bois au matin. Des fois, je me demande comment ça se fait qu'on soit toujours ensemble. Lui si parfait, et moi si... Si quoi ? Je ne me définis pas. Je suis loin d'être un raté. Je suis le rejeton d'une des familles les plus riches de la ville, j'ai un avenir en or, une gueule pas trop mal, une majorité assez récente, des cousins géniaux et un mec pire que canon. Je crois que je suis quelqu'un avec de la chance. Alors, c'est ça qui l'énerve, Dani. Il trouve que je ne l'exploite pas assez. Que j'en fous pas une au lycée, que je sors trop, que je flingue ma santé, que j'agis comme un connard avec mon père. Dit comme ça, on a l'impression qu'on passe notre temps à se prendre la tête, mais, en vrai, la plupart du temps, ça se passe bien, nous deux. C'est pour ça que ça me fait chier qu'il n'aime pas ce côté de ma personnalité. Le côté pas soumis au grand Mark Tomlinson.
Un bruit de gerbe me sort de mes pensées et je me retourne vers mon cousin. Stan est en train de vomir dans une poubelle. J'explose de rire avec Isaac alors qu'Aiden se précipite sur lui pour lui frotter le dos. Ça pourrait être mignon s'il n'était pas en train de l'insulter en même temps.
 
_Bordel, je souffle.
 
Je repense brusquement aux étoiles et relève mon regard vers le ciel. Je suis rassuré de constater qu'elles n'ont pas bougé, mais pas rassuré sur mon état mental. Ça bouge des étoiles ? Je ne crois pas, en fait.
J'entends Isaac s'approcher de moi.
 
_Pourquoi t'as l'air d'un teu-bé comme ça ?
_Je regarde les étoiles.
_Tu te crois dans un film ou comment ça se passe ?
_Ta gueule, c'est juste plus jolie que ta sale tronche.
 
Isaac rit et je réalise brusquement que j'ai oublié quelque chose. Je bifurque mon regard vers lui et murmure du bout des lèvres :
 
_Bon anniversaire, au fait.
_Merci.
 
Il reste silencieux, puis il ajoute finalement :
 
_Zayn est dégoûté de ne pas avoir été invité ce soir.
_Il est encore jeune.
_Ouais, je sais.
 
Je baisse mon visage pour voir où en est mon cousin et aperçois Stan s'essuyer le coin des lèvres. D'accord, Zayn a quatorze ans. Mais lui, il n'a clairement pas l'air mieux avec la vingtaine. J'intercepte le regard d'Aiden et comprends de suite ce qu'il me demande.
 
_Ok, on va rentrer, je reprends, en enfonçant les mains dans les poches de mon jean.
_On prend un taxi ? Propose Isaac.
_Je préfère qu'on rentre à pied, rétorque Aiden, Je le connais et il n'a pas encore fini de vomir, il enchaîne en nous désignant son frère d'un geste de la tête.
_On n'est pas très loin de la maison, je leur accorde.
 
On reprend notre route et j'attrape mon portable dans ma poche pour dire à Daniel que je rentre avec mes cousins. Je n'attends pas spécialement de réponse. Je suppose qu'il doit déjà dormir, mais, au moins, il le verra demain matin et il ne me fera pas chier en inventant une excuse comme quoi il s'inquiétait que je ne sois pas rentré, alors, qu'en fait, il pionçait, comme tout le monde.
J'entends Stan râler parce qu'on marche trop vite et je ralentis le pas.
 
 
_Styles droit devant, grince Isaac.
 
Je relève immédiatement mon regard dans leur direction. Je suis presque soulagé de constater que cette connasse de Gemma n'est pas là. Je reconnais vaguement Edward et Greg, les deux autres qui les suivent me sont encore inconnus, peut-être leurs frères. Quelle imprudence de les avoir sortis.
 
_Manquait plus qu'eux, relève Aiden en s'arrêtant à notre hauteur.
_On fait quoi ? Demande Isaac.
_On contourne ? Je propose, Flemme de me prendre la tête ce soir. Ils ne nous ont pas encore vus.
 
Ils approuvent, mais c'était sans compter sur Stan bourré qui nous pousse brusquement pour avancer jusqu'à eux.
 
_Hey ! Les clochards de Mayfair !
_Fais chier, je soupire, alors qu'Aiden cours déjà dans la direction de son frère.
 
Bien sûr, Stan a gueulé dans toute la rue, donc aucun moyen de passer inaperçus désormais. Les Styles repèrent de suite notre groupe et j'aperçois Edward et Greg se retourner vers les plus jeunes pour leur dire de partir.
J'esquisse un sourire. C'est trop tard. On a reconnu leur visage et on a désormais un avantage sur eux. Je me demande si Harry Styles fait partie du groupe, mais réalise en me rapprochant qu'il n'y a aucune touffe bouclée à l'horizon. Dommage.
On se plante devant eux, tous les quatre. Edward et Greg soutiennent notre regard, mais les deux autres derrière ont l'air mort de trouille.
 
_Vous nous présentez pas ? J'ironise, On serait ravis de rencontrer les petits derniers du troupeau Styles.
_Va te faire, Tomlinson, me répond Greg.
_Quelle incivilité, participe Isaac, Nous, on ne vous a pas insultés, il me semble.
_Qu'est-ce que vous nous voulez ? Crache Edward.
_Discuter, je hausse des épaules, Un beau soir d'été comme celui-ci, c'est agréable.
 
J'aperçois la mâchoire d'Edward se crisper et les veines apparaître sur le front de Greg. J'aime la puissance que ma haine leur procure. J'aime le fait qu'il me haïsse au point que leur propre corps me rejette.
 
_On peut juste laisser tomber ? Demande Greg, d'un air las, On est avec les petits, ce soir. On ne cherche pas d'embrouilles. On veut juste rentrer chez nous.
_Qui serais-je pour oser m'en prendre aux plus jeunes ? Je feins être vexé, Vous me prenez pour qui ?
_Alors bouge de notre chemin, Tomlinson, reprend Edward, qui a l'air de bien moins contrôler sa colère que son cousin, à ses côtés.
_La route est à tout le monde, je rétorque en souriant.
 
Je m'écarte pour les laisser passer. Mes cousins en font de même. D'habitude, ça ne se serait pas passé ainsi. Mais il y a cette espèce d'accord implicite entre nous, ce quelque chose qui fait qu'on ne touche pas aux plus jeunes de chaque famille.
Les Styles passent entre notre groupe divisé en deux. Je vois Stan les observer d'un air mauvais, mais je sais qu'il ne fera rien puisque je n'en ai pas donné l'ordre. Edward et Greg sont les premiers à passer, mais les deux autres ne sont pas loin derrière. Ils évitent notre regard.
 
_Avec un peu de politesse, tout est possible, j'ironise lorsqu'ils ont traversé.
_Tu pousses à bout, Tomlinson, soupire Edward en se retournant vers moi, T'as besoin de parler autant ?
_Ne me cherche pas, je réponds, Suffit d'un rien pour faire disparaître mes bonnes résolutions.
_Suffit d'un cancer pour faire disparaître ton connard de père.
 
L'enfoiré. Ma réaction est immédiate.
 
_Louis ! Non ! J'entends hurler Isaac.
 
Trop tard, mon poing s'abat contre la joue d'Edward. Il tombe à la renverse et Greg crie aux deux derniers de s'éloigner. Je suis tellement en rage que je ne capte pas trop ce qu'il se passe après ça. Je vois Stan et Aiden foncer sur Greg. Je n'ai pas le temps de voir ce qu'ils lui font qu'Edward me saute dessus. Je tombe, écrasé entre lui et le sol. Son poing frappe ma joue alors qu'il hurle :
 
_Et tu mérites de crever comme ton père.
 
Isaac l'attrape par derrière pour le faire reculer et je crache le sang dans ma bouche. Les putains d'enfoirés. Deux contre quatre. Ils ne s'en sortiront jamais. C'est bien une sale fierté de Styles, ça.
Edward projette Isaac au sol. C'est vrai qu'il doit bien faire le double du poids de mon cousin. Je m'apprête à intervenir lorsqu'une tornade blonde me passe devant. Je suis de nouveau projeté au sol. Le pied du mec s'écrase contre mes côtes. Je hurle de douleur.
 
_Niall ! J'entends, Reste en dehors de ça ! Casse-toi !
_Mais je...
 
Je profite de son moment d'inattention pour me relever. Je suis bien plus grand que lui et l'attrape au niveau des épaules, le propulsant plusieurs mètres derrière lui. Je l'aperçois tituber, puis chuter. Mais pas de sa propre hauteur, non. Il tombe en arrière, d'un seul coup. Genre, il disparaît de ma vision. Je mets plusieurs secondes à comprendre qu'il y avait un muret. Il tombe de plusieurs mètres en un bruit sourd. Je reste totalement interloqué par mon geste.
 
_Niall !
 
La réaction de son frère est immédiate. Greg se met à courir et saute le muret. Un deuxième bruit sourd me confirme qu'il est arrivé au sol.
 
_On se casse ! Me crie Aiden.
 
Je sors de mon état de stupeur et suis mes cousins, en courant. Je cours vite, mais je l'entends quand même. J'entends quand même Greg hurler. Je ne me retourne pas, même si j'en crève d'envie. Je continue de courir, courir, courir. J'essaie d'échapper à ce quelque chose qui vient d'arriver, mais j'ai le sentiment que ma course ne sera pas assez, que ça me rattrapera un jour ou l'autre, que ça me reviendra en plein dans la gueule.
Je continue de courir et réalise, qu'avant ce jour, j'étais quelqu'un avec de la chance.
 
 
 
Harry
 
 
           Je me réveille en sursaut. Des cries viennent de résonner dans la maison. Je me relève de mon lit, un mauvais pressentiment me tord les entrailles. Je glisse hors de mes draps et sors de ma chambre. Les bruits sont en provenance de celles de Gemma, mais je ne reconnais pas sa voix. Elle doit être avec quelqu'un d'autre. Je me retrouve dans le couloir et tombe sur mon cousin.
 
_Qu'est-ce qu'il se passe ? M'interroge Liam, une trace d'oreiller encore sur la joue.
_Aucune idée, je réponds, inquiet.
_Viens, on va voir.
 
Je le suis, la boule au ventre. À croire que la poisse nous suit, jusqu'en plein milieu de la nuit. Liam est le premier à entrer dans la chambre de ma s½ur. Je me glisse à l'intérieur à mon tour. Greg est au milieu de la pièce, en larmes. Ils sont tellement occupés à crier qu'ils ne nous entendent pas.
 
_Mais je ne comprends rien ! Explose Gemma, Qu'est-ce que tu racontes ?
_J'ai fait une putain de connerie ! Il chiale, Je suis foutu, foutu, foutu, PUTAIN !
 
Greg fait valser son pied dans la poubelle de ma s½ur et on sursaute tous les deux. Ils remarquent notre présence et se retournent brusquement vers nous.
 
_Dans votre chambre ! Hurle Gemma.
_Ils vont arriver, ils vont venir me chercher, reprend Greg, en pleine crise de panique.
_Mais qui, bordel ? S'emporte ma s½ur en se retournant vers lui, Qui va venir te chercher ? Je ne comprends rien à ce que tu racontes !
_Oh putain sors moi de là, sors moi de là.
_De quoi tu parles ?
 
Greg tombe au sol, sa tête échoue dans ses mains. Ses épaules tremblent tellement que chaque respiration a l'air d'être une souffrance atroce.
 
_Qu'est-ce qu'il a ? Je bégaye.
_Je n'en sais rien, Haz ! Crie Gemma, Retourne dans ta chambre.
 
Mais je suis dans l'incapacité de bouger. Liam aussi, il reste dans la même position. Je n'avais jamais vu Greg aussi mal. Enfin, si, après qu'on ait appris ce qui était arrivé à Niall. Mais là, on dirait que c'est presque pire.
 
_Je suis foutu, je suis foutu, il répète.
_Explique-moi, reprend Gemma en tombant sur ses genoux pour se mettre à sa hauteur, Je t'en prie, explique-moi.
 
Mon cousin relève son regard plein de larmes vers elle.
 
_Je lui ai fait du mal.
_Ce n'est pas ta faute, elle murmure en venant encadrer son visage de ses deux mains, Écoute-moi, Greg, ce n'est pas ta putain de faute.
_Pas à Niall, il pleure, Pas à Niall.
_Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes ?
_Je lui ai fait du mal, il répète, le visage déchiré par la culpabilité.
_Mais qui ?
_Eleanor, il souffle, avant de s'écrouler dans les bras de ma s½ur.
 
Gemma le serre contre lui, instinctivement. Elle se retourne vers moi et Liam et nous observe d'un air interdit, on n'a pas plus compris qu'elle.
 
_Putain ! Débarque brusquement Edward dans la pièce, Il y a les flics dehors !
_Quoi ? S'exclame ma s½ur en se détachant de son étreinte, Greg... Qu'est-ce que t'as foutu ?
_Ils vont m'emmener, il continue de pleurer.
_ « Ils » ? Répète Gemma en se relevant, « Ils », les flics ?! Elle comprend brusquement, Mais pourquoi tu ne l'as pas dit avant ?!
 
Elle a l'air affolée, tout à coup. Et moi, je ne sais clairement pas où me mettre. J'ai l'impression que la scène se déroule sans moi, ni Liam.
 
_Edward, occupe-les ! Hurle Gemma, Vite, on sort par derrière.
_Non ! S'exclame Greg, Laisse-les m'emmener.
_Hors de question.
_Ils me rattraperont, il rétorque, Eux ou les Tomlinson. Je ne m'en sortirai pas.
_Occupe-les, répète simplement Gemma à notre cousin.
 
Edward s'apprête à partir, mais Greg se relève brusquement.
 
_Non ! Je suis foutu.
_Ne dis pas ça.
_Gemma, tu ne sais pas ce que j'ai fait. Tu ne peux pas me sauver.
 
On entend la sonnette d'entrée. Tout le monde se tait brusquement, on arrête presque de respirer. Un silence si lourd et pesant qu'on entend la porte s'ouvrir quelques secondes plus tard. Probablement par nos parents. On est tous figés, dans la chambre de ma s½ur. Je reporte mon regard vers elle. Gemma ne sait pas quoi faire, elle est complètement dépassée par la situation. C'est bien la première fois que ça lui arrive. Tout le monde la regarde, tout le monde attend sa réaction, son ordre, sa solution miracle pour nous sortir de ce merdier.
 
_Vous ne pouvez rien faire, murmure Greg.
_Mais qu'est-ce que tu as fait ? Bégaye ma s½ur, les lèvres tremblantes et craignant d'avoir probablement déjà compris.
 
Ça ne dure que quelques secondes. Quelques secondes de silence avant le déluge, avant le tsunami qui va ravager nos vies définitivement.
Les flics entrent dans la pièce. Mes parents les suivent, un air d'incompréhension sur leur visage.
 
_Qui est Greg Horan ? Interroge l'un d'entre eux.
 
Mon cousin avance vers eux, la tête baissée.
 
_Vous êtes en état d'arrestation pour agression sexuelle sur mineur. Vous avez le droit de garder le silence ou tout ce que vous direz pourra et sera retenu contre vous.
 
La vague. Immensément trop grande et trop violente pour l'avoir vu arriver. On est tous tellement sonnés qu'aucun de nous ne sort un seul mot. Le flic met les menottes à Greg et ils sortent de la pièce. Je suis absorbé par la vague, je me noie à l'intérieur, j'étouffe dans les flots.
 
_Attendez ! S'exclame Gemma, la première à sortir la tête de l'eau, comme d'habitude, Attendez ! Qu'est-ce que vous faites ! Vous faites erreur ! Il était avec nous tout la soirée ! Je veux témoigner ! Qui l'a accusé ? Qui l'a accusé ?
 
Gemma qui se bat contre l'évidence, contre l'inévitable. Ma s½ur dans toute sa splendeur.
 
_Un faux témoignage est passible d'une peine de prison, l'arrête le policier.
_Il était avec moi, elle confirme.
_Gemma, arrête, la coupe sèchement Greg, Elle m'a vue.
_Qui ?
_La s½ur de Louis.
 
Puis les policiers l'embarquent définitivement. J'entends ma mère éclater en sanglots, Edward vient retenir son frère qui tombe en arrière sous le poids de la nouvelle, et moi, je rejoins Gemma, toujours plantée au milieu du couloir. Dans ses yeux, aucune larme, aucune émotion. Comme si son cerveau était déjà en fonctionnement pour nous sortir de cette situation. Mais je crois qu'on est tous bien trop dépassés pour s'en sortir, cette fois-ci.
Je finis par réaliser ce qu'il s'est vraiment passé et titube de deux pas en arrière. Ça fait réagir aussitôt Gemma qui se retourne vers moi et attrape ma main. Ses doigts enlacent les miens. Je sens de la colère et de la peine dans son geste.
 
_Ça va aller, Haz, elle souffle, dans un non-sens total.
_Non, comment ça pourrait aller ?
_Ça va aller, je te dis, retourne te coucher.
_Gemma...
_Ils le paieront, elle répond, bien que ce ne soit pas particulièrement ce que j'attendais pour me rassurer, Ils le paieront tellement cher, Haz, je te le jure.
 
Je la crois. Je la crois si fort que c'est pour cette raison que je sais que non, ça ne va pas aller. Ça ne va plus aller, putain.
 
 
Passé 1
 
 
 

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