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26/12/2014

 
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<<          Mes pieds s'emmêlent dans la serviette de coton que j'ai laissée tomber sur le sol en sortant de la douche. Une injure sort de mes lèvres. Je grogne en me rattrapant à l'inox du lavabo. Je passe ma main sur le miroir pour ôter la buée. Je suis en retard pour le lycée. Vraiment en retard. Tomlinson ne veut pas me déposer en voiture, il a un rendez-vous en dehors de la ville et ne part que dans une demi-heure. Je grommelle en récupérant la serviette sur le sol. Je la frictionne dans mes cheveux pour les sécher. Puis, je sors en trombe de la salle de bains, complètement nu. Tomlinson est assis dans le canapé, une tasse de café à la main.


— Putain, je suis trop en retard, tu ne veux pas me déposer quand même ?
— Plutôt crever que de traverser Londres à sept heures un mardi matin.
— T'es chiant.
— Va t'habiller, tu me tentes beaucoup trop.
— T'as un boxer propre ? J'interroge.
— Tu dois te foutre de ma gueule.


Je ne réponds pas, prenant son ton dédaigneux pour un « oui, sers-toi dans ma chambre », et m'y rends. Je prends le premier que je trouve dans le placard et l'enfile. Je crois que j'ai laissé mon uniforme dans le salon. Là où Tomlinson m'a déshabillé hier soir pour me donner une des meilleures fellations de ma vie. Je cours jusqu'au canapé, attrape la chemise que je boutonne maladroitement et me glisse dans mon pantalon noir en toile. Tomlinson continue de me fixer avec une indifférence profonde au fait que je vais encore me taper une heure de colle pour être arrivé en retard. J'attrape ma veste que j'enfile par dessus ma chemise. Je fais un tour sur moi-même, pour être sûr de n'avoir rien oublié.


— J'y vais tout seul, alors ?
— Exactement, confirme Tomlinson qui n'est, en effet, pas prêt de bouger de son canapé.


Quel connard.


— Ok, je soupire, A ce soir ?
— Ouais.


Je me penche vers lui et pose brièvement mes lèvres sur les siennes, exerçant une légère pression, avant de me diriger vers la sortie. J'attrape mon sac de cours à l'entrée et le porte à mon épaule. Je sors de l'appartement. La porte claque derrière moi. Je m'arrête, brutalement. Revivant la scène au ralenti.
P-U-T-A-I-N.
Est-ce que je viens de l'embrasser ? Enfin... De l'embrasser, comme ça ? Je sens des sueurs froides couler le long de mon dos. C'était ça. Exactement ça. Les baisers avec les promesses. Les baisers qui me font peur. Ce ne sont pas les baisers romantiques échangés au milieu de la plage sous un soleil couchant. Ça, c'est du cinéma, c'est pour la frime. Les vrais baisers, ce sont ceux-ci, ceux où on effleure juste les lèvres. C'est une caresse qu'on appelle promesse. Ce sont les baisers que personne ne voit, auxquels personne ne fait attention, et c'est pour ça qu'ils sont aussi importants. Parce qu'ils ne sont pas faits pour être vus, ils sont juste faits pour ceux qui l'échangent. Parce qu'un baiser comme ça, aussi insignifiant, aussi éphémère, on sait qu'il est là pour rester, pour revenir, pour ne jamais s'arrêter. On sait que ça veut dire « Attends-moi ». On sait que ça veut dire « Je reviens, mon amour ».
A cet instant, je me demande pourquoi je viens de lui faire cette promesse. >> 
 
                                                                                                     
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Acte 3 - 
 
<< So much hate for the ones we love >>
 
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Chapitre un. 29/12/2014

 
 
Chapitre un.

 
 
Louis
 
 
_Mais tu ne révises jamais putain ?
 
Ma question résonne dans l'appartement et reste sans réponse. Normal, Styles est abruti par son émission de télé, une série policière à la con. Ses yeux sont rivés à l'écran et sa bouche légèrement entrouverte parce qu'il vient de découvrir que le meurtrier est en faite le meilleur ami de la victime. J'ai à peine suivi l'histoire mais je crois que c'est un truc dans ce genre là. Sans déconner. C'est toujours un truc dans ce genre là.
Je me concentre de nouveau sur mes feuilles de calcul devant moi. J'ai une réunion importante demain et encore pleins de choses à travailler pour avoir l'air crédible devant les investisseurs. J'ai eu mon père au téléphone plus tôt dans la journée. Son état s'est légèrement amélioré depuis qu'il est suivi régulièrement par les médecins mais il n'est pas prêt d'en sortir. Depuis, je suis de mauvaise humeur. Même quand Styles m'a rejoint après sa journée de lycée, j'ai à peine décroché un sourire. Je lui ai juste dis que j'avais du travail et il m'a promis qu'il ne demandait qu'à dormir avec moi. Et ça fait presque deux heures qu'il mange devant la télévision et commente chacun des suspens à la con de sa série.
 
_Tu m'as parlé ? Réagit-il enfin en se retournant vers moi.
_Laisse tomber.
_Tu sais que le tueur est le mec du début, tu sais, le meilleur ami !
_Sans blague.
 
Il ne décèle pas l'ironie dans ma voix et se contente d'un « bah ouais » encore surprit. Et un sourire effleure doucement mes lèvres. Qu'il est con, quand même.
 
_T'es sûr que tu ne veux pas lâcher ton boulot et me rejoindre ?
_J'ai pas le choix Styles.
 
Et ta série est limite plus déprimante que mon job, mec.
 
_Il est vingt deux heures.
 
Je porte un rapide coup d'½il à l'horloge de la cuisine. Le pauvre, ça fait trois heures qu'il est ici et il n'a eu aucune intention de ma part. Faut dire qu'on n'a jamais pris l'habitude de s'embrasser comme ça, sans raison, genre pour se dire « bonjour » ou « au revoir ». Enfin si, il l'a fait, une seule fois. Puis il n'a jamais recommencé. Je pense qu'on s'est accordés sur le fait que ça faisait trop « couple ». Et on en est pas un. Et ça marche plutôt bien, pour l'instant. Ça fait une semaine qu'on est ensemble depuis cette fameuse soirée au « KOKO ».
 
_J'ai bientôt fini, je marmonne.
_L'épisode l'est aussi.
_Et tu révises quand ton A-level ?
_T'es mon père peut-être ?
 
Son ton était légèrement cassant. Je crois qu'il en a marre que je le considère comme un gamin mais il n'a qu'à arrêter de se comporter comme tel et bouger son cul pour réviser. Ce n'est pas avec ses notes qu'il va l'avoir son putain de diplôme. Typique de ce que je déteste chez lui. Il pense que tout va lui tomber dans les mains sans faire d'efforts.
 
_Allez, rejoins moi, soupire-t-il, Je me fais chier.
_Ta série a pourtant l'air passionnante, j'ironise.
_Tomlinson.
 
Je soupire puis repose mes feuilles devant moi. Je suis bon à rien ce soir de toute façon. Je m'installe sur le canapé avec lui, je le touche à peine, et il me regarde. Choqué.
 
_T'es sérieux ?
_Quoi ? Je demande.
_Tu ne veux pas te mettre à l'autre bout de la pièce pendant que tu y es ?
 
Je le regarde avec un sourire en coin avant de le rembarrer direct :
 
_On ne regardera pas la télé en se faisant un câlin.
_Pourquoi ?
_Parce que c'est niais, Styles.
 
Il ne répond pas, se contentant d'attraper la télécommande sur la table basse et d'augmenter le son. Il se replonge dans sa série. Je crois que je l'ai vexé. Mais je ne sais pas quoi dire pour me rattraper. Alors je me retourne vers la télévision et on regarde la fin de l'épisode. C'est encore plus nul que ce que j'imaginais mais je préfère rester jusqu'au bout, histoire de ne pas m'enfoncer encore plus.
Alors que le générique apparaît sur l'écran, je me retourne vers lui. Il continue de fixer la télévision, l'air de m'ignorer complètement.
 
_Y a un autre épisode, finit-il par rétorquer, répondant à ma question silencieuse.
_Tu ne veux pas aller te coucher plutôt ?
_Non.
 
Je suis blasé. Il me soûle à faire ses scènes pour rien.
 
_Moi j'y vais en tout cas.
 
Je me relève et il ne commente pas. Je me dirige vers ma salle de bain et passe sous la douche. J'adore me réchauffer juste avant d'aller dormir. C'est souvent une mauvaise idée de la faire lorsque Styles dort chez moi car je me retrouve quasi obligé d'en refaire une au milieu de la nuit. Mais, vu comment est parti la soirée, je crois que je n'ai pas à m'inquiéter. Je me lave rapidement et enfile un boxer propre. Je repasse par le salon pour rejoindre ma cuisine. Même si Styles prétend être concentré sur sa série, je vois bien le rapide coup d'½il qu'il me lance. J'attrape une bouteille d'eau dans le frigo et la porte à mes lèvres.
 
_Tu vas bien ?
 
La question de Styles me laisse sans voix. Je repose la bouteille sur la table, essuie mes lèvres du revers de la main, et m'avance vers lui.
 
_Ouais. Pourquoi ?
_T'as pas l'air bien.
_Je suis juste.. Fatigué et soûlé par le boulot. Et toi ça va ?
 
A son tour de rester silencieux. C'est con comme question en plus. C'est le genre de truc qui vient automatiquement quand tu rencontres quelqu'un, si bien que tu réponds tout automatiquement un truc pas forcément vrai mais qui arrange tout le monde. Pas nous. Nous, on ne se le demande jamais. Pas pour lancer la conversation en tout cas. Donc là, je sais que sa question n'était pas une question en l'air. Ni la mienne, d'ailleurs.
 
_Azoff est revenu, me réponds-t-il simplement.
 
Je laisse le temps à mon c½ur de repartir avant de demander, la voix mal assurée :
 
_Quand ?
_Aujourd'hui, il était devant les portes du lycée.
_Qu'est ce qu'il te voulait ?
 
J'essaie de garder une voix calme, prétendant ne pas être anéanti par la colère et la jalousie.
 
_A moi rien. Il vendait sa came.
_Il ne t'a pas parlé ?
_Si, réponds-t-il, et je crois mourir sur place, Il m'a demandé si ça ne me dérangeait pas qu'il revienne ici pour vendre. Mon lycée est un bon réseau pour ses clients.
_Tu lui as dis quoi ?
_Qu'il faisait ce qu'il voulait, je m'en fiche, tant que Gemma n'est pas au courant.
_Et tes autres cousins ne vont pas lui dire ?
_Je leur ai demandé, murmure-t-il, Ils ont accepté tant que je leur promet de ne pas lui adresser la parole.
_Hum, je commente.
 
Je le quitte et me dirige vers ma chambre. J'ai l'impression que mon cerveau va exploser de colère, de frustration, de haine. J'agis sans réfléchir. Instinctivement. Comme si c'était vitale pour que je puisse respirer à nouveau. J'attrape mon portable et écrit rapidement.
 
 
✉ SMS de « Mec d'Harry » à « WTF »
22h15. Azoff est revenu vendre sa came devant le lycée.
 
 
La réponse est automatique.
 
 
✉ SMS de « WTF » à « Mec d'Harry »
22h15. Ok. Je m'en occupe. Merci.
 
 
Je repose mon portable sur ma table de chevet. Je me sens soulagé. Putain, il me tuerait si il savait ça mais je n'arrive même pas à m'en vouloir. Je ne suis pas con. Il pourrait retomber dedans tellement facilement, je suis même pas sûr qu'il en soit sorti d'ailleurs. Je ne lui ai jamais demandé si il avait arrêté depuis qu'on était ensemble. Mais il a l'air clean à chaque fois qu'on se voit. Et on se voit tout le temps, ça me suffit.
Je le rejoins dans le salon, l'observant tandis qu'il est replongé dans le nouvel épisode de sa série.
 
_T'es sûr que tu ne veux pas te coucher maintenant ?
_A la fin de l'épisode.
_Je dormirai déjà.
_Je te réveillerai.
_Non, je l'arrête sèchement, J'ai une réunion demain.
 
Il se retourne finalement vers moi, les sourcils froncés, avant de s'exclamer énervé :
 
_T'es relou putain. Si tu ne voulais pas de moi fallait le dire avant que je me ramène chez toi !
_Ce n'est pas ça.
_Bah quoi alors ?
 
Je reste silencieux. Je ne sais pas, en faite. Je suis juste.. Énervé aujourd'hui. Énervé de savoir mon père à l'hôpital. Énervé de passer mes journées à bosser alors que lui passe son temps à glander. Énervé de savoir qu'Azoff revient dans sa vie et qu'il m'annonce ça comme si de rien n'était. Énervé qu'il cherche à le protéger de sa s½ur. Énervé d'avoir autant besoin de lui. Énervé de ne jamais savoir l'exprimer.
 
_Rien, je finis par murmurer à bout de nerfs, Rejoins moi quand tu veux. Tu pourras me réveiller. Ce n'est pas comme si tu étais discret de toute façon.
 
Je me retourne vers ma chambre et je l'entends murmurer derrière moi :
 
_Tomlinson ?
_Oui ?
_Est ce que tu veux que je vienne avec toi maintenant ? Me demande-t-il, sincèrement.
 
Je le regarde et je lis dans ses yeux qu'il essaie de faire en effort. Alors je réponds tout aussi naturellement :
 
_Oui, s'il te plaît.
 
Styles attrape la télécommande et éteint la télévision. Il se lève, effleure ma hanche doucement en passant à côté de moi, et entre dans ma salle de bain. Moi, je saute dans mon lit. Je glisse dans mes draps. Boucle d'Or me rejoint, dix minutes plus tard, en boxer et sentant la vanille et la noix de coco. Il éteint la lumière de la chambre mais je laisse toujours les volets ouverts donc la lumière de la lune éclaire son torse. Il est cruellement beau. Ses cicatrices sur son avant-bras me font mal à l'âme. 
Styles s'allonge sur le lit, il garde une distance raisonnable entre nous, murmure du bout des lèvres :
 
_Ça ne va pas ? Ton père ?
_Non, je murmure, la voix étranglée.
_Tu lui as parlé aujourd'hui ?
_Ouais, ses collègues lui ont dit que je m'en sortais très bien à la tête de l'entreprise.
_C'est bien, non ?
_Probablement.
 
Styles se glisse sous les draps à son tour. Il n'ose pas me toucher. Moi non plus. Je ne sais pas pourquoi, certaines fois, la pudeur revient entre nous. Comme si on se rappelait soudainement que notre histoire ne sortira jamais de ces quatre murs. Pourtant, j'ai besoin de lui ce soir. J'ai besoin de lui tout le temps. Et ça m'effraie. Je crois que c'est pour ça que je suis autant énervé, en réalité.
 
_Désolé pour ce soir, je reprends, J'ai été chiant.
_J'avoue, commente Styles, un sourire effleurant ses traits.
_Oh ça va, d'habitude, c'est toi le relou.
_Pas du tout ! S'offusque-t-il, riant et venant embrasser ma mâchoire.
 
Et, putain, je ne le remercierais jamais assez pour ça. J'avais besoin qu'il fasse le premier pas. J'aurais pas trouvé le courage de le franchir ce soir. Alors j'en profite pour l'attraper et le serrer dans mes bras. Je l'embrasse dans le cou. Doucement au début puis je finis par venir sucer sa peau car j'adore entendre ses petits gémissements à mon oreille. On n'a pas couché ensemble, pas encore. Je ne sais pas quand ça arrivera. Quand je l'aurais décidé, je crois, parce que lui me supplie toutes les nuits de le faire. Je ne sais pas vraiment pourquoi je refuse. Enfin si, je sais. J'ai juste peur. De le blesser, un peu, mais de moi, surtout. Peur de trop aimer ça. Peur de le rendre trop important. Peur de rendre ça trop concret.
 
_S'il te plaît, couine Styles contre mon oreille.
 
Je frissonne. Il ne s'imagine pas à quel point j'ai envie de lui. Il ne s'imagine pas que c'est pour cette raison que je refuse.
 
_S'il te plaît, répète-t-il, se durcissant contre ma cuisse.
 
Arrête de flipper Louis. Putain, arrête de flipper.
 
_J'ai envie de toi, continue Styles en glissant sa main sur mon torse nu, Bordel, si tu savais.
_Je sais, je le coupe avant de l'embrasser durement.
 
Mes lèvres se plaquent si fort contre les siennes que nos dents s'entre-choquent. Je le fais basculer sous le matelas, monte sur lui, et m'enfonce dans son corps lorsqu'il écarte les cuisses en soupirant. Je fonds. Il est si chaud, si dur. Je me presse contre lui.. Je ne sais pas pourquoi j'agis comme ça. Aussi brusquement. Aussi rapidement. Comme si je ne pouvais plus me retenir. Je pose mes mains contre sa poitrine. Fort. Presque trop. Ma langue s'enfonce dans sa bouche. Mon bassin se frotte contre le sien. Je vais trop vite, je le sais. Je ne sais pas ce que j'essaie de lui prouver. Peut-être que je le met en garde. Je lui montre que je ne suis pas sûr d'être capable de me contenir. Que je ne suis pas parfait. Je ne veux pas qu'il pense que je suis parfait. Qu'il idéalise notre première fois. Ce mec me rend trop fou pour que je sois tendre. Et c'est ça, bordel, qui me fait peur. De le décevoir. Il a bien trop d'attentes. Je n'y arriverai pas.
 
_Ce soir ? Demande Styles plein d'espoir, écrasé contre mon torse et mes baisers fougueux.
 
Je grogne comme simple réponse. Il est tellement dur. Je suis tellement dur. J'ai du mal à réfléchir. Du mal à me raisonner. Et plus j'attends, plus il demandera ce que je ne peux pas lui offrir. Autant le décevoir maintenant, d'un côté.
 
_Tomlinson ? Me sort-il de mes pensées.
_Hein ?
 
Je relève mon visage vers lui, mes pupilles dans les siennes. Il est tellement beau, ça me brûle partout.
 
_Ce soir ? Répète-t-il, venant caresser mes joues doucement, Tu veux bien ?
_J'sais pas si..
_J'ai envie de toi.
_Moi aussi.
_J'ai envie de plus, insiste-t-il, mouvant son bassin contre le mien.
_Mais moi aussi, je le coupe, embrassant ses lèvres entrouvertes, Moi aussi.. Putain, tu ne comprends pas.
_Je te fais confiance.
_Pas moi.
 
Ses mains sur mes joues descendent le long de ma nuque, puis mon torse, mes hanches. Il glisse mon boxer du bout des doigts. Je me relève légèrement pour l'aider à l'enlever complètement. Le bout de tissu est laissé au bord du lit. Je me rallonge sur lui, doucement.
 
_Fais comme d'habitude, murmure-t-il, sans jamais quitter mon regard.
 
D'habitude ? Il croit que j'ai l'habitude d'avoir un mec comme lui ? Sérieusement ? Je m'en fous des autres. Je me fous de ne pas leur plaire. Je m'en fous de mal faire. Pas avec lui. Surtout pas avec lui.
 
_Promets moi de m'arrêter si ça ne va pas, je rétorque.
_Tomlinson, je te jure que-
_Promets moi, je le coupe, Promets moi. Je.. Juste promets-moi, s'il te plaît.
 
Ses mains remontent le long de mon dos, il les pose sur mes omoplates et me ramène à lui. Ses jambes entourent mon bassin et ses lèvres se posent sur ma clavicule.
 
_Je te le promets.
 
Il m'embrasse, encore, dans le cou, pour me mettre en confiance je suppose. Je me laisse aller à ses caresses, ses mains dans mon dos, ses jambes qui se resserrent, ses lèvres qui sucent ma peau. Il attend que je reprenne le contrôle. Je ne suis même pas sûr d'en avoir envie. Je suis trop bien pour ça.
 
_S'il te plaît, chuchote-t-il à mon oreille, Fais quelque chose.
 
Mes mains se déplacent jusqu'à sa nuque. Je relève son visage et l'embrasse longuement. Mes lèvres ne s'arrêtent plus. Parce que ça colle, en faite, nous deux. Je ne sais pas pourquoi j'avais si peur. Ça colle parfaitement. Mes mains descendent le long de son corps. J'en passe une sur la bosse qui déforme son boxer, soupirant de plaisir. Je me relève pour le lui ôter. Le tissu glisse le long de ses jambes. Il me regarde avec tellement d'envie. Je reste un instant à l'observer, complètement nu face à moi. Sa beauté n'a absolument aucun sens. Il me bouleverse, ce type.
Je me rallonge, emboîtant nos deux corps l'un à l'autre, et je l'embrasse de nouveau. Les mains de Styles viennent agripper mes cheveux. Il soupire à mon oreille. Je ne résiste plus à glisser ma main jusqu'à son sexe, le caressant lentement pour entendre ses gémissements résonner dans la pièce. Je plonge mes lèvres dans sa nuque, suçant la peau doucement.
 
_Tomlinson.
 
Sa voix est saccadée mais je relève l'angoisse dans son ton.
 
_Quoi ? Je m'inquiète de suite, Tu veux que-
_J'ai entendu une clef dans la serrure.
 
Je fronce des sourcils. Qui entendrait ce genre de bruits de toute façon ? Et puis ça n'a pas de sens. Y a que Isaac qui a la clef de chez moi.
 
_Louis ?
 
Je me fige. Styles aussi.
 
_Louis t'es là ? Enchaîne mon cousin.
 
Il me faut deux secondes pour que le sang remonte à mon cerveau et me fasse réagir.
 
_RENTRE PAS DANS MA CHAMBRE !
_Quoi ? S'étonne-t-il du salon, Qu'est ce que-
_RENTRE PAS ! Je répète sèchement, Je suis avec un mec et on est à poil. 
 
J'entends mon cousin pouffer de rire et je reporte mon regard vers Styles. Il est livide.
 
_Je m'en occupe, je chuchote au coin de ses lèvres, Je gère.
 
Je me relève brusquement du lit. Je n'ai jamais débandé aussi vite. J'attrape mon boxer et l'enfile rapidement.
 
_Putain, souffle Styles, remontant le drap sur son corps.
_Bouge pas surtout.
 
Je sors de la chambre et referme la porte derrière moi.
 
_Qu'est ce que tu fous là ? Je m'énerve en pénétrant dans le salon où Isaac s'est installé sur le canapé.
_Tu ne me présentes pas ? Ironise-t-il.
_Sérieux Isaac, t'es lourd.
_Désolé, je t'ai envoyé un message avant de passer mais t'as pas dû voir.
_En effet, j'ironise, Alors qu'est ce que tu fous là ?
_J'étais dans le coin, je buvais un verre avec Matt et Débora, je voulais juste passer te voir vu que tu m'as dis que tu galérais pour la réunion de demain.
_Ouai j'ai laissé tomber, je soupire en jetant un bref coup d'½il aux feuilles de calcul encore étalées sur la table.
 
Isaac ôte sa veste. J'hallucine. Il compte rester ?!
 
_Ton bel étalon va s'habiller pour que je puisse enfin le rencontrer ?
_Non, je réponds, un peu plus sèchement que prévu.
_C'est quoi l'arnaque Lou, putain ?
 
Je soupire, lance un vague coup d'½il autour de moi pour essayer de trouver un mensonge un tant soit peu crédible, puis une idée m'effleure soudainement.
 
_C'est un homme marié Isaac. Il a une femme, des enfants. Il ne veut pas que ça se sache. Il a une certaine réputation dans la ville.
_Et bien ! Souffle mon cousin hébété, Tu te fais pas chier ! Il a quel âge ? Je ne savais pas que tu tapais dans les vieux toi !
_Trente cinq ans, j'improvise, Au pire, ça te regarde pas.
 
Isaac s'adosse dans le canapé, l'air d'enregistrer l'information lentement.
 
_Tu peux nous laisser du coup ? Je reprends, un peu exaspéré.
_Ouais ok je me barre ! S'exclame-t-il en se relevant, Mais tu as intérêt à être à l'heure demain pour la réu. Je ne viens pas pour te remplacer.
_Je ne t'ai pas demandé de venir du tout.
_Arrête, pouffe-t-il, Tu as toujours besoin de moi.
_Bonne nuit Isaac, j'abrège.
_Oh t'es pressé ! Soupire-t-il en se dirigeant vers la sortie, Je vous ai coupé en pleine action ?
_Un peu ouais.
 
Il pouffe de rire, cet abruti, à la place de s'excuser. Alors je le suis jusqu'à la porte, histoire de nous enfermer à double tour une fois qu'il aura passé le seuil de l'appartement, mais Isaac se retourne vers moi une dernière fois. Il sourit en posant ses yeux sur moi puis son regard divague vers le fond de la pièce. Je pense qu'il espère voir une silhouette à travers le vitre de la chambre mais Styles a dû rester allongé sur le lit vu qu'aucune joie ne brille dans ses pupilles. Il abandonne et son regard se baisse vers le sol. Une grimace effleure brusquement ses traits et son regard se voile sans que je comprenne pourquoi. La colère, la rage presque, prend place sur son visage. Alors je suis son regard, posé sur une veste laissée en boule près de la porte. Une veste d'uniforme.
 
_Ton homme marié il est scolarisé dans un lycée du quartier Styles peut-être ?
 
Je n'ai même pas le temps de réagir. Isaac me repousse brutalement. Je recule de deux pas instinctivement. Et il court jusqu'à ma chambre. Un cri s'échappe de ses lèvres.
 
 
 
 
 
Harry
 
 
           Isaac débarque d'un seul coup dans la chambre. Je suis tétanisé. Je ne sais pas quoi faire, quoi dire, je me souviens à peine de comment respirer. Je suis assis dans le lit, le drap remonté sur mon torse, je ne me suis même pas rhabillé. J'avais trop peur de bouger. Donc je me retrouve comme un con devant lui, incapable d'aucun mouvement car je ne veux pas qu'il me voit nu.
Et, d'ailleurs, sa réaction me surprend tellement que je n'aurais pas eu le temps de réagir. Il saute sur le lit, monte sur moi, et son avant-bras vient écraser ma trachée. Je suffoque, les larmes coulant instinctivement le long de mes joues. Ma respiration est totalement bloquée. Je panique. Je m'agite. Mais il est en position de force. Ça me rappelle exactement ce moment où Azoff avait essayé de m'étrangler. Je pouvais appeler à l'aide Gemma à ce moment là. J'ai personne maintenant. Ils sont deux Tomlinson contre moi. Je suis foutu. Et mes larmes coulent. Et son bras se fait plus oppressant. Et l'air me quitte.
Je vois flou mais je suis capable de distinguer deux bras entourer l'épaule et le torse d'Isaac. La seconde d'après, l'oxygène entre si rapidement dans mes poumons que je me met à tousser, bruyamment, comme si je voulais m'assurer d'être toujours vivant.
Tomlinson met un coup de poing dans le visage d'Isaac. Ils gueulent tous les deux des mots que je ne comprends pas. Parce que je tousse et que les sons n'ont plus aucun sens à mon oreille.
Je finis par me retourner vers eux, essayant de m'accrocher à la conversation :
 
_MAIS T'ES MALADE ! Hurle Isaac, les yeux qui convulsent de colère, UN STYLES PUTAIN ! UN PUTAIN DE STYLES !
_FERME LA ISAAC ! LAISSE MOI T'EXPLIQUER !
_Y A RIEN A EXPLIQUER ! T'ES UN PUTAIN DE MALADE !
_FERME LA !
 
Je chiale, encore. Je suis apeuré. J'ai envie de partir en courant mais je suis toujours nu sous les draps. Je cherche mon boxer dans le lit mais je ne trouve rien. Mes mains tremblent trop.
 
_Mais écoute moi bordel ! S'écrie Tomlinson en plaquant son cousin contre le mur brutalement pour le calmer, C'est que du CUL entre nous ! Juste du CUL ! Y a rien d'autre, bordel !
_Mais quoi du cul ? T'es un putain de pervers ! C'est un Styles ! Et il a quel âge ? Quinze ans ?
_Dix-sept, rectifie-t-il, Je te jure que ce n'est que du cul Isaac ! Regarde moi ! Regarde ma vie ! J'ai vingt ans, dans quelques mois je serais à la tête d'une des plus grosse banque du pays, j'ai plus rien. Je sors plus. Je rencontre plus personne. C'est juste... ça m'excite, ok ? Le sexe avec l'ennemi. Le sexe à l'état brute. Ouais, ça m'excite. Alors tu peux me traiter de pervers mais t'as pas le droit de me juger. Je veux juste m'éclater.
_Avec un Styles ? S'étrangle son cousin. 
_Ouais un Styles. Justement, reprend-t-il, On sait tous les deux que ça ne veut rien dire. On ne se promet rien. Y aura jamais rien. Juste du cul. C'est tout ce dont j'ai besoin.
 
Je m'effondre. L'évidence me frappe en plein dans le bide. Ces mots sont des poignards qui s'enfoncent dans ma chaire. Ça paraît tellement sincère. C'est tellement sincère. Comment j'ai pu me voiler la face comme ça ? Comment j'ai pu imaginer autre chose ? Bien-sûr que y aura jamais rien de plus entre nous.
J'ai envie de vomir. J'ai envie de leur vomir dessus à tous les deux. Qu'ils comprennent ce qu'ils méritent. Qu'ils voient le mal qu'ils font autour d'eux. Juste parce qu'ils existent.
 
_C'est n'importe quoi ! S'exclame Isaac en repoussant Tomlinson, C'est du gros délire ! Si ton père l'apprends, il pourrait te retirer la société.
_Il ne l'apprendra pas, le coupe-t-il, Y a rien bordel. Du cul. C'est rien.
_C'est déjà trop.
 
Tomlinson ne répond pas. Il se contente de regarder son cousin. On dirait qu'il a simplement oublié mon existence. Il ne m'a pas regardé une seule fois depuis qu'Isaac m'a découvert. Il ne s'est même pas assuré que j'étais encore vivant après que son taré de cousin ait essayé de me tuer. Tout ça n'a aucun sens. Mais qu'est ce que j'ai cru ? Je ne me suis jamais senti aussi con.
 
_S'il te plaît, murmure Tomlinson, Ne le dis à personne.
_Arrête ça alors, s'étrangle Isaac.
_Essaie de me comprendre.
 
Son cousin se retourne vers moi. Il me regarde avec tout le dégoût du monde dans les pupilles. Et, étrangement, j'arrive à le comprendre. Je me dégoutte aussi. Je me dégoutte d'être dans ce lit. Je me dégoutte d'être nu. Je me dégoutte d'avoir aimé toutes les caresses de Tomlinson sur mon corps, tous ses baisers, tous ses mots, ses gestes. Je me dégoutte d'avoir été si con. Je me dégoutte de lui avoir fait confiance.
 
_Non, finit par lui répondre Isaac, Je ne peux pas.
 
Puis il sort de la chambre. Tomlinson le suit en courant. Il appelle son nom, tente de le rattraper, et moi je reste seul dans le lit. Complètement sonné. Quand je pense qu'on s'apprêtait à faire l'amour, j'ai encore plus envie de chialer.
Ma main qui glisse contre le drap finit par toucher mon caleçon. Je m'en empare immédiatement, l'enfile maladroitement alors que je suis toujours caché sous les draps. La porte d'entrée claque brutalement. Un « PUTAIN » s'échappe des lèvres de Tomlinson et un coup dans le mur. Sûrement son poing. J'en ai plus rien à battre. Qu'il s'explose le poing, le bras, le c½ur, si il en a un, ce connard.
Je me relève rapidement du lit. Je n'ai pas envie de le voir. Pas envie d'être là. Mes jambes tremblent encore. Je cherche mes affaires. J'ai tout laissé dans la salle de bain et je n'ai pas envie d'être en boxer devant lui. Alors j'attrape un jogging et un tee-shirt à lui et je les enfile.
Je sors de la pièce. Tomlinson est avachi contre le mur. Son poing est en sang. Il m'entend passer derrière lui et se retourne vers moi. Il croise mon regard pendant une seconde puis lâche :
 
_Putain. Quelle merde.
 
J'ai le c½ur au bord de l'explosion. Il en a rien à battre. De moi. Tellement rien à battre.
J'essaie de ne rien montrer. Je ne réponds pas et me contente d'enfiler mes chaussures. Je vois ma veste d'uniforme. J'ai bien compris que c'était ce qui m'avait cramé. J'ai envie de la laisser là. Ou de la brûler. De toute façon, dans une semaine, je n'en aurais plus besoin.
 
_Qu'est ce que tu fais ? M'interroge Tomlinson, réalisant enfin que je suis en train de me casser.
_Ça se voit, non ?
_Tu te barres ? Il explose, A cette heure là ? Tu te fous de ma gueule ?
_Je suis plus d'humeur à baiser, je rétorque sèchement, Et c'est bien à ça que je sers. Un vide-couille.
 
Ses yeux se voilent, les muscles de son corps se contractent. Je me dirige vers la porte. Je ne sais pas ce que j'attends mais certainement pas ce silence glaciale. Je pose ma main sur la poignée. Je m'apprête à la baisser mais il m'appelle fermement. Et ça résonne dans tout mon corps, dans toute la pièce, dans toute la ville, dans le monde entier.
 
_HARRY !
 
Je me retourne lentement. Je suis aussi choqué que lui. Que mon prénom ait franchi ses lèvres. On ne s'est jamais appelés par nos prénoms.
Il a détruit la dernière barrière entre nous. Nos noms de familles. C'était comme ça qu'on s'appelait. Pour se rappeler qu'il y aura toujours ça entre nous. Ce ça infranchissable. Ce ça éternel. Et il vient de le détruire.
Je suis hébété. Tellement que je n'arrive même plus à bouger, ni parler.
 
_Ne pars pas, reprend Tomlinson, Reste.
_Tu as dis que-
_Putain tu crois que je le pensais ?! J'ai essayé de sauver notre peau Ducon !
_Mais c'était tellement-
_Sincère ? Il me coupe, la voix étranglée, Putain tu crois que je risquerais mon futur pour du cul ? Tu m'en crois capable ? On n'a même pas couché ensemble ! Arrête tes conneries bordel.
_Peu importe, je finis par me reprendre, Isaac a raison. Ça n'a aucun sens, nous deux.
_Mais ça n'en a jamais eu un ! Et on s'en fout !
 
J'appuie sur la poignée.
 
_Tu as dis que tu voulais essayer ! Et t'attends le premier obstacle pour abandonner ? T'es qu'un lâche, Styles !
 
Je me crispe. Je ne le supporte déjà plus. Qu'il m'appelle de nouveau comme ça.
 
_Mais qu'est ce qu'on va faire pour Isaac ? Je l'interroge, me retournant vers lui.
_Je lui parlerai. Ça ira.
_T'en sais rien.
 
Il reste silencieux. Me fixant tandis que du sang continue de couler de son poing serré.
 
_Ouais, finit-il par me répondre, Ouais j'en sais foutrement rien. Mais ce que je sais s'est ce qui se passera si tu te barres maintenant !
_Ah ouais ? Je m'emporte, me rapprochant de lui, Et il se passera quoi hein ? Il se passera quoi Tomlinson ?
_Tu vas retourner à ta misérable vie, crache-t-il, dédaigneux et hautain, comme le Tomlinson qu'il a toujours été, Tu ne tiendras pas. En sortant du lycée, tu verras Azoff, et tu te diras que ça fait longtemps que tu t'es pas pris un petit rail, longtemps que tu t'es pas échappé de ta vie, juste pour un temps. Mais t'aura pas les couilles d'en prendre tout seul. Tu vas retourner vers lui, parce que t'es qu'un lâche Styles. Au début, il va te promettre qu'il ne te fera plus rien, qu'il a compris la leçon, qu'il t'aime. Tu le croiras parce que t'aura trop besoin de le croire pour t'en sortir. Tu vas te prendre de la poudre dans le nez. Tu vas le baiser. Le baiser lui et pas moi, parce que pour ça aussi, t'as pas le putain de courage. Puis tu te prendras un coup dans quelques mois et tu penseras que c'est normal, que tu l'avais mérité, que tu l'avais bien cherché. T'auras l'impression d'être retourné à ta place. D'avoir retrouvé ta vie.
_C'était ma vie.
_C'était pas une vie, il rectifie, amer.
 


                                                  ♫ Thirty seconds to Mars - Stay (cover)


 
J'avale la boule qui reste coincée dans ma gorge. Mon c½ur se contracte dans ma poitrine. Je le déteste. L'image qu'il a de moi sans lui. Comme si il était mon sauveur ou je ne sais quelle connerie. Il ne se rend même pas compte qu'il me fait couler, plus qu'Azoff, plus que la coke. Si je sombre un jour, ce sera à cause de lui. Et je ne sais pas si je suis prêt à lui donner de l'importance. A lui donner cette importance.
Je sors de l'appartement et je claque la porte. Il ne me retient pas. Ça m'étonne à peine, dans le fond. Je le soûle avec mes comédies, il me le répète assez comme ça. Et je l'ai bien enregistré. Je prends les escaliers. Je dévale les marches une à une. Le hall de l'immeuble est vide. Hormis le vigile. Toujours là. Lui, il est à sa place. Pas moi.
Je sors du bâtiment. Avec l'envie de ne jamais revenir même si je sais pertinemment que je ne respecterai pas cette décision. Parce que c'est tout moi. Péter un plomb. Claquer la porte. Faire un choix. Regretter à l'instant. Changer d'avis. Revenir. Ne jamais faire de choix.
Il fait bon dehors, même si le vent est un peu frais. Je me dirige vers la bouche de métro. Y a presque personne. Le wagon est vide. On est un soir de semaine, d'un côté, y a rien de vraiment étonnant là dedans vu l'heure qu'il est. Je descend à l'arrêt de Westminster. Ça fait longtemps que je n'ai pas été au pont, trop longtemps. Pourquoi il m'a enlevé ça ? Pourquoi je me suis laissé enlever ça ? C'était mon endroit préféré dans Londres. Mon refuge. Mon nid. Ma maison. Et ça me manque.
Je retrouve mon endroit instinctivement. Ma vue. Ma peinture écaillée. Mon c½ur se remplit de soulagement. J'enjambe la rambarde. La tamise sous mes pieds. C'est ici que je me sens à ma place. Ici où personne ne viendra me chercher. Où personne ne venait me chercher.
Je n'ai pas ma musique. D'habitude, j'écoute sur mon téléphone mais comme je l'oublie tout le temps, Tomlinson m'a offert son ancien i-pod. J'ai transféré toute ma playlist dessus, en plus de la sienne. Et bref, je ne l'ai pas pris. Tant pis. De toute façon, c'est le sien.
Alors je me contente d'observer la vue de Londres. C'est beau. Les lumières, les voitures, les gens. Ça grouille de monde. Ça grouille de vie. Et moi je me sens presque au dessus de tout ça. Presque. Parce que dans le fond, j'aimerais juste être comme eux.
Mon portable vibre dans ma poche de jogging.
 
 
✉ SMS de « Grand méchant loup » à « Boucle d'Or »
23h46. T'es au pont ?
 
✉ SMS de « Boucle d'Or » à « Grand méchant loup »
23h46. Oui.
 
✉ SMS de « Grand méchant loup » à « Boucle d'Or »
23h46. Tu veux être seul ?
 
 
Je regarde l'écran de mon portable. Un soupire s'échappe de mes lèvres. Je n'arrive pas à y croire. Qu'il a réussi à rendre cet endroit si vide. J'y étais bien avant. J'y étais heureux. Mais y être sans lui n'a plus aucun sens. Je le déteste.
 
 
✉ SMS de « Boucle d'Or » à « Grand méchant loup »
23h47. J'ai oublié ma musique.
 
✉ SMS de « Grand méchant loup » à « Boucle d'Or »
23h47. Je te l'apporte.
 
 
Je glisse mon portable dans ma poche. Il commence à faire vraiment froid et comme un con j'ai juste enfilé un tee-shirt. Ce n'est même pas le mien, en plus. Je ferme les yeux. Je me fais bercer par le remous de l'eau en dessous de mes pieds. Et j'attends. Longtemps. Putain, encore un truc qu'il m'a pris. La notion du temps. Avant je pouvais passer des heures ici sans les voir défiler. Maintenant, chaque minute est un supplice.
Tomlinson finit par se ramener. Je le vois traverser le pont. Les mains dans les poches de son slim. Sa veste en jean sur les épaules. Il me rejoint. Je fais semblant de m'en foutre. Semblant de ne pas l'attendre depuis bientôt une demi-heure.
Sa main se pose sur la rambarde. Il y dépose mon i-pod, enfin son i-pod. Sans rien dire. J'ai envie de crever. Il ne va quand même pas oser se barrer comme ça ? Il n'a pas fait tout ce putain de trajet pour ma musique ?
Si. Il l'a fait. Sa main replonge dans la poche de son jean et il fait demi-tour.
Un son étranglé s'échappe de mes lèvres.
 
_Reste.
_Pourquoi ? Me demande-t-il en se retournant, Pour que tu me rejettes la semaine prochaine ? Une fois que ta stupide paranoïa aura repris le dessus.
_J'ai flippé.
_Ce n'est pas une excuse.
_Isaac sait putain ! J'explose, Il sait tout ! On est foutus Tomlinson !
_J'ai été lui parler, me coupe-t-il sèchement, C'est pour ça que je suis en retard. Je suis passé chez mes parents pour lui parler.
_Et ?
_Je lui ai dis la vérité.
 
Je sens mon c½ur s'emballer pour aucune raison rationnelle. Parce que j'ai aucune idée de ce que veut dire « vérité » dans sa bouche.
 
_C'est quoi ? Je murmure, La vérité ?
 
Tomlinson me rejoint. Il enjambe la rambarde. Un pied du côté de la route et l'autre dans le vide. Je me met dans la même position pour être face à lui.
 
_Je lui ai dis que je ne savais pas ce qu'il y avait entre nous et que je n'avais pas envie de le savoir de toute façon.
_Qu'est ce qu'il a dit ?
_Que j'étais un connard. D'avoir menti pendant tout ce temps. De faire ça à Eleanor. Il a dit qu'il ne m'aurait jamais cru capable de ça.
 
Je n'arrive pas à me décrocher de son regard. De ses pupilles bleues.
 
_Et donc ? J'interroge.
_Donc rien. Je suis un connard. Il a raison.
 
J'avale ma salive, attrape l'i-pod sur la rambarde, et le glisse dans la poche de mon survêtement.
 
_Tu m'as volé mon jogging, commente Tomlinson.
_Et si j'avais été intelligent j'aurais pensé à te piquer un sweat aussi.
_T'as froid ? Sourit-il.
_Arrêtes.
_Quoi ? S'étonne-t-il.
_On ne va pas se faire un câlin assis sur un pont, ça serait trop niais.
 
Un sourire sincère éclaire son visage. Il se fout de ma gueule, en plus. Alors je continue de le regarder et lui se contente d'avancer vers moi. Il glisse ses mains derrière mes genoux, accroche le tissu du survêtement avec ses doigts, et tire mes jambes pour les monter sur ses cuisses. Instinctivement, mes pieds s'accrochent l'un à l'autre, posés sur la rambarde derrière lui, dans son dos. Ses bras viennent encercler ma taille et il m'attire encore un peu plus près de lui. Et on se fait un putain de câlin. Quel con.
 
_Qu'est ce qu'on va faire bordel ? Je souffle, contre son cou.
_Déjà tu vas arrêter de te barrer en plein milieu de la nuit, me répond Tomlinson, me serrant encore plus fort contre son torse, Parce que j'en ai marre de venir te chercher.
_Tu arrêteras ?
_De quoi tu parles ?
_De venir me chercher, je précise, Tu arrêteras ?
 
Ses mains agrippent mon tee-shirt, enfin son tee-shirt, et ses lèvres se posent dans mon cou.
 
_Pas tant que tu me demanderas de venir.
_Si je te le demande pas ? J'insiste, Tu viendras quand même ?
_Oui, finit-il par répondre, Et toi si je te demande de rester ? Tu le feras ?
 
J'embrasse sa peau du bout des lèvres. J'ai froid et je le serre dans mes bras. Mes jambes se contractent autour de sa taille.
 
_Styles, murmure-t-il, Tu vas rester ?
 
Mes muscles se crispent. Je suis gelé. Je le serre encore plus fort. Si fort que je dois lui broyer les os. Tout mon corps lui hurle de me prendre dans ses bras. De me tenir plus fort. De me serrer plus fort. Mais c'est des mots qu'il veut, pas des gestes.
 
_Styles, répète-t-il, Tu vas-
_M'appelle plus comme ça, je souffle doucement.
_Alors reste avec moi, Harry.
_Oui.
 
Je me relève légèrement pour lui faire face. Le vent frais s'infiltre entre nos deux torses. C'est insupportable. Mais je veux qu'il l'entende encore.
 
_Oui, je reste.
 
J'embrasse ses lèvres. Il les entrouvre, appelle à plus. Mais je me recule, pose mes deux mains sur ses joues, et murmure :
 
_J'avais une vie avant toi. Et je sais que je n'ai jamais été parfait. Mais n'essaie pas de me sauver.
_Pourquoi ? Tu vas me sortir que je vais perdre mon temps ? Parce que tu es une cause perdue ?
_Quelque chose dans ce genre là.
_Tu es un tel cliché.
_Tu me l'as déjà fais remarquer.
 
Mais ça le fait à peine sourire.
 
_Je sais que tu penses que tu n'es pas assez bien, reprend Tomlinson, Et le truc c'est que... Ouais, c'est vrai, en faite. Tout le monde est trop bien pour toi. Parce que tu ne penses pas te mériter toi-même.
 
Ça aussi, c'est cliché. Sa punchline à l'eau de rose. Son discours moralisateur comme si il avait tout compris à ma vie, non pire, à la vie en générale. Mais c'est la suite, qui me tue :
 
_Mais, tu vois, aussi longtemps que ce sera comme ça, je te mériterai pour deux.
_T'en as, je souffle, estomaqué, Du courage.
_Pour toi, je crois.
 
Je le serre plus fort. J'ai froid mais je ne crois pas que je tremble à cause du vent. Je crois que je tremble à cause de lui. C'est ça, le truc, il fait trembler ma vie. Déjà qu'elle était un peu bancale, il ne m'arrange pas, ce con.
Nos lèvres se rejoignent. Les siennes sont chaudes, humides. Quand je pense que je détestais ça avant, j'en mourrais aujourd'hui. La façon dont il m'embrasse. C'est doux et passionnel à la fois. Je soupire, sous ses baisers, ses caresses et ses gémissements à mon oreille. Et, putain, merde, c'est niais ça aussi.






Chapitre un.

 
 
« Cause when you never see the light, it's hard to know which one of us is caving »


Parce que quand tu ne vois pas la lumière, c'est difficile de savoir lequel de nous deux abandonne.


 
____________________
 
 
BONNE ANNEE A TOUS !
J'espère que vous êtes pas trop malades aujourd'hui :p
Plein de bonnes choses pour 2015,
en espérant que vous continuiez cette fiction
tout au long de cette nouvelle année:)
Bisous xx
 
 
 

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Chapitre deux. 07/01/2015

 


Chapitre deux.


Louis
 
 
            Une comédie. C'est le seul mot qui vient à mes lèvres. Une sale comédie. Sur-jouée, fausse, et surtout sans humour. J'en ai mal à la tête rien que d'entendre ces rires rauques et affreusement mal interprétés. Je suis au restaurant avec ma famille pour fêter l'anniversaire de Félicité et la fin des examens de Zayn. Si tout se passe comme prévu, il ira à la fac l'année prochaine. Médecine. Ce n'est pas son choix. De toute façon, personne ne l'a eu dans ma famille. Moi j'étais destiné à l'économie et au monde des affaires. Isaac de même. Zayn à la médecine. Eleanor au droit. Lottie a l'enseignement. Quant à Stan et Aïden... Ils ne sont pas destinés à grand chose pour l'instant, au grand damne de leur foutus parents.
 
_Comment s'est passée ta dernière épreuve Zaynou ? Interroge Patricia, sa mère, alors qu'il engloutissait goulûment une part de son gâteau au chocolat.
_Maman, se plaint-il la bouche pleine de crème, Arrête de m'appeler comme ça !
 
Elle roule des yeux d'un air attristé. D'un air de réaliser que son petit garçon a grandi trop vite. Ça fait toujours ça le passage aux études supérieures, comme si on passait une étape de vie ou je ne sais pas quoi. Moi, je trouve que c'est l'inverse. On redescends toutes les étapes qu'on a traversé pendant le lycée. Toutes ces années où on a essayé de prouver à nos parents qu'on pouvait se débrouiller sans eux, qu'on pouvait être responsable, qu'on a grandi, qu'on est devenus des adultes. On bosse notre A-level parce qu'on ne veut plus croupir au lycée. On bosse notre permis parce qu'on veut être indépendant. On se met en couple parce que ça fait bien. Puis la fac détruit tout. On arrête de travailler. On boit. On baise. On foire nos vies, quoi. On dit souvent que c'est un passage obligatoire. Échouer pour mieux se retrouver après. Comme si on nous envoyait tous dans la gueule de loup juste pour se marrer, juste pour voir jusqu'où on ira, nous, ces jeunes cons insouciants qui croient toujours avoir tout compris. Je pense qu'ils aiment ça, les adultes, nous regarder se péter les dents contre la dureté de la vie, nous regarder stresser parce qu'on n'a pas une foutu idée de ce qu'on veut faire plus tard et que, de toute façon, quoi qu'on fasse, on ne finira jamais là où on avait prévu d'aller. Alors peut-être que ça les rassure, dans le fond. Qu'on suive le même chemin tordu qu'eux. Je suppose que se perdre en route, c'est prévu d'avance, ça aussi.
Moi je viens de me perdre en route, en tout cas. J'étais sur mon chemin bien tracé. Je suivais les panneaux d'indications comme mon père m'a appris. Ne pas aller trop vite. Faire attention aux virages. Attendre que le feu passe au vert pour foncer. Mais je me suis égaré. J'ai changé de direction. Et je suis sur une route sans indication maintenant. Je ne sais plus à quelle vitesse rouler, je ne sais plus où regarder, je ne sais plus si je fais attention. Parce que je suis stupidement en train de foncer sur cette route, sans regarder autour de moi, et qu'un camion de mille tonnes pourrait bien me percuter violemment.
 
_Ils grandissent tous si vite, murmure ma grand-mère à l'attention de Patricia, Hein ma chérie ? Enchaîne-t-elle à l'attention de Félicité, ma petite-s½ur, Ça fait quoi de grandir ?
 
Elle vient d'avoir dix ans.
 
_Euh.. Je sais pas, répond-t-elle en baissant son regard vers son assiette, Rien.
 
Elle est comme ça ma s½ur. Plus timide qu'elle tu meurs, elle déteste être le centre de l'attention.
 
_Et oui mon exam s'est bien passé maman, reprend Zayn pour venir en aide à Félicité.
 
Ils continuent de parler à propos de son sujet d'histoire et j'en profite pour me retourner vers Isaac. Il n'a pas parlé depuis le début du repas. Il évite mon regard. Je sens qu'il bout de rage à l'intérieur de lui. Il n'a pas supporté que je prenne le parti de Styles l'autre nuit. Et d'un côté, j'arrive à le comprendre.
Le repas continue dans un silence gêné. Mon père n'est pas là. Il est toujours à l'hôpital alors ça foire un peu l'ambiance. Parce que même si c'est cliché et vieux jeu au possible, c'est véritablement lui le chef de famille. Lui qui lance les sujets de conversation. Lui qui les termine. Lui qui occupe l'attraction de la table. Et quand il n'est pas là. On se sent vide. Alors c'est con parce que je détestais quand il faisait ça, attirer l'attention sur lui, mais là ça me manque. Je sens que quelque chose ne va pas. Comme si il était déjà parti.
 
_On prend un café ? Propose ma mère d'une voix enrouée, Les garçons.. Un verre d'alcool ?
 
Elle propose ça comme si c'était un privilège, comme si on ne passait pas déjà nos vies à boire comme des trous.
 
_Avec plaisir, répond Stan d'un ton enjoué, s'affalant sur le dossier de sa chaise, Un petit Whisky pour faire passer le repas.
_La même, déclare son frère en faisant un signe au serveur.
_Les gars ? Interroge ma mère en se tournant vers moi et Isaac.
_Non merci, finit par répondre mon cousin, J'ai déjà un goût amer dans la bouche.
 
Je me retiens de lever les yeux au ciel. Très subtile ça...
 
_Euh.. Murmure ma mère quelque peu abasourdie, D'accord. Lou ?
_Rien non plus.
 
Je tente un regard dans sa direction. Il m'évite de nouveau.
 
_Moi aussi je peux prendre un verre ? Propose Eleanor.
_Hors de question, répondent ses deux frères à l'unisson.
_Mais !
_Non, réplique Aïden d'un ton clairement pas négociable.
 
Ma cousine se renfonce dans son siège en boudant tandis que les autres prennent commande. J'aperçois Isaac se lever de sa chaise. Il informe sa belle-mère qu'il va aux toilettes et je saute sur l'occasion. Je me relève à mon tour, le suit jusqu'aux toilettes pour homme. Il me sent derrière lui donc tente de me claquer la porte au nez mais je pose mon pied en rempart et souffle exaspéré :
 
_Arrête tes conneries bordel !
_Casse toi, grince-t-il entre ses dents tout en s'éloignant de la porte.
 
J'en profite pour entrer à l'intérieur de la pièce et il continue, se dirigeant vers les lavabos pour se passer de l'eau sur le visage :
 
_J'y arrive pas Lou ! T'imaginer avec lui ! Ça me donne envie de crever.
_Arrêtes..
_Mais ! Putain ! Tu ne comprends pas ! S'emporte-t-il en se retournant vers moi, les gouttes d'eau perlant sur son visage furieux, J'ai cette image dans ma tête ! Lui. Nu. Dans ton lit. Il avait ce suçon genre..
 
Il grimace. Je crois qu'il a vraiment envie d'en vomir. Et moi, j'ai les larmes aux yeux. Parce que ce moment avec Styles était tellement beau qu'il n'a pas le droit de me dire ça.
 
_Arrêtes, je répète, parce que je ne sais pas quoi dire d'autres.
_Mais putain Louis ! Explose Isaac, Styles ! Harry Styles ! Ça n'a aucun sens ! Comment tu peux.. Je ne sais pas, comment tu peux même le toucher ? Comment tu peux aimer ça ?
 
Je ne sais pas. Je ne pourrais pas lui répondre. Pourquoi j'aime autant ça, être avec lui. Pourquoi j'ai l'impression d'être accro à ce type. Pourquoi tout ce qu'il me dira ne me fera jamais changer d'avis. Pourquoi. Pourquoi. Pourquoi. J'en sais foutrement rien.
 
_Mais Louis comment tu peux aimer ça ? Répète-t-il au bord des larmes, Ses cousins ont.. Ils ont violé Eleanor, ils ont cassé le bras de Zayn..
 
Je déteste ce « ils ». Ce pronom qui suppose qu'ils sont tous dans le même bateau. Que si Greg a violé Eleanor, et bien tous les Styles ont violé Eleanor, juste parce qu'ils portent le même nom de famille. Et il est trop là, ce « ils », il est dans toutes nos phrases. Et c'est bien lui, la clef de tout ce putain de bordel.
 
_Ils nous pourrissent la vie tous les jours, continue Isaac, Putain merde ils nous ont tabassé à l'anniversaire de Perrie, et aussi dans ce bar avec-
_Stan avait commencé, je le coupe.
 
Il ouvre grand les yeux de stupeur, l'air de ne surtout pas avoir voulu entendre ses mots.
 
_Mais bordel maintenant tu les défends ! S'éc½ure-t-il, Mais Louis t'es passé où putain ?!
_Je ne peux pas t'expliquer Isaac, ce n'est pas rationnel.
_Mais c'est quoi alors ? C'est quoi putain ?! Explique-moi ! Je ne comprends rien ! Je deviens fou !
_Je ne sais pas quoi te dire, je bégaye mal à l'aise, Je te demande juste de garder tout ça pour toi quelque temps. Juste.. Que tout ça se mette en place dans ma tête.
_Que tu t'en débarrasses ? S'assure-t-il.
 
Et non, je n'ai pas envie de répondre à ça.
 
_Que tu t'en débarrasses ? Répète-t-il durement.
_Isaac...
_Tu me dégouttes.
 
Et je crois qu'il a encore un minimum de décence parce que, vu le regard qu'il m'a lancé, il aurait très bien pu me cracher à la figure.
Il se dirige vers la sortie et je tente de le rattraper une dernière fois, m'accrochant à son bras. Il se retourne vers moi et la sonnerie de mon téléphone portable se met à résonner dans la pièce. Je le sors de ma poche et je vois « Boucle d'Or » affiché sur l'écran.
 
_C'est lui ? Ricane Isaac d'un ton amer.
_Laisse moi encore du temps, je demande.
_Avant quoi ?
_Avant de foutre définitivement ma vie en l'air. S'il te plaît.
 
Isaac me regarde d'un air absent, tiraillé entre l'énervement et la pitié.
 
_Tu t'en charges très bien tout seul, Louis, me rembarre-t-il avant de quitter la pièce brusquement.
 
Mon portable continue de vibrer dans le creux de ma main et je finis par décrocher. J'ai besoin d'entendre sa voix pour ne pas craquer.  
 
 

 
 
Chapitre deux.

 
 
Harry
 
 
      J'attrape le quatrième shot qui s'offre à moi. Je le porte à mes lèvres. J'avale. C'est automatique. Je prends le cinquième. Après, c'est fini. Après, j'aurais fais comme les autres. J'avale. C'est immonde. J'ai la tête qui tourne mais je m'en fiche. Liam frappe dans ses mains avant de poser un baiser humide et alcoolisé sur ma joue.
 
_On est libres cousin ! Hurle-t-il à mon oreille.
 
Je souris. Oui, on est libres. Finis les exams. Fini le lycée.
D'accord, pour ça, on ne sait pas encore parce qu'on n'a pas eu les résultats. Mais merde, on est en vacance d'été. Bordel, plus de cours, le soleil et Tomlinson. Juste Tomlinson.
On ne s'est pas revus depuis la soirée où Isaac a tout découvert. Normal, mes parents m'ont interdit de sortir le week-end dernier car je devais réviser. On était conciliés dans nos chambres avec Liam. Même Gemma et Edward nous surveillaient. Faut dire que les parents de Liam péteraient un plomb si il foire encore son année celui-là, et puis moi, ça ferait tâche un deuxième Styles qui redouble dans la famille.
Du coup, on a passé toutes nos épreuves cette semaine, la dernière étant ce matin. C'est pour ça qu'on est de sortis, ce soir, au Maddox Club à Mayfair. Moi et les potes de Liam. Pas mes potes à moi. Déjà j'en ai pas beaucoup et, en plus, personne ne les aime. Donc bref, je me contente de l'équipe de foot du lycée dans laquelle Liam est le capitaine. Parce que, ouais, si moi je suis le cliché du gamin de riche raté, luis il est le cliché opposé. A part dans les cours où je pourrais presque le dépasser, parce que -clairement- c'est loin d'être notre truc, ça.
Un rot s'échappe de mes lèvres. Le goût d'alcool remonte à mes lèvres et semble vouloir y rester. J'ai vraiment la tête qui tourne. Ça faisait longtemps que je n'avais pas autant bu.
 
_Alors tu baises qui ce soir ? M'interroge Liam, Je suis sûr que y a plein de gays dans l'équipe.
_A commencer par toi.
_Ta gueule, pouffe-t-il.
 
Je lui lance un regard en biais et une lueur triste apparaît soudainement dans ses yeux.
 
_Tu as revu Jade ?
_Je n'ai pas envie d'en parler, me coupe-t-il instinctivement, Alors.. Tu baises qui ?
_Mais personne, vas-y je ne suis pas un chien !
_Un chien ? Répète-t-il sans comprendre.
_Je ne sais pas pourquoi j'ai dis ça.
 
Il rit. Parce qu'il est bourré. Pas parce qu'il s'amuse. Je le connais bien.
 
_Elle reviendra vers toi, je murmure.
_Ce serait dommage, rétorque-t-il, Parce que c'est moi qui part.
 
Mon c½ur se contracte dans ma poitrine. C'est vrai, c'est lui qui part. En Chine. Putain, en Chine. J'ai envie de chialer. Bordel, je ne veux tellement pas qu'il s'en aille.
 
_Enfin bref, se reprend mon cousin.
 
Classique. Moi et Liam on n'est pas les pro des sentiments. Je ne lui ai jamais dis à quel point ça me détruit que ses putain de parents aient décidé de l'embarquer avec eux en Chine. Mais je crois que je n'ai pas besoin de mots. Parce qu'à cet instant, notre regard à tous les deux expriment ce qu'on ne se dira jamais.
 
_Ça ira Haz, finit-il par murmurer.
_Pas sans toi.
 
Il s'approche et me serre dans ses bras. C'est peut-être la première fois qu'on fait ça. Se tenir dans nos bras.
 
_Je ne suis pas homo hein ? Rétorque-t-il en riant dans mes bras, Ça me fait juste... Chier, tu vois.
_Moi aussi, ça me fait chier.
 
On se détache. La seconde sentimentale est finie. Heureusement, ça ne nous ressemblait pas.
 
_Alors ? Enchaîne Liam, Y a vraiment personne qui te plaît dans l'équipe ?
 
Je lui lance un regard blasé et il s'exclame, l'air de rien :
 
_Quoi ?
_T'es con. Tu sais très bien que j'ai un mec.
_Tant que je ne l'aurai pas rencontré, il n'existera pas pour moi, rétorque mon cousin.
 
Je lève les yeux au ciel, sans répondre.
 
_J'espère juste qu'il est mieux qu'Azoff, reprend-t-il.
_D'ailleurs en parlant de ça, t'as dis à Gemma qu'il était revenu au lycée ?
_Non.
_Perrie ?
_Non, je ne crois pas.
_Niall ?
_Mais je ne sais pas ! S'exclame-t-il, Pourquoi ?
_Il n'est plus devant les grilles. Je trouve ça bizarre.
_Moi je trouve ça bien, perso, réplique Liam, Il n'avait rien à faire ici de toute façon. Chacun son monde.
 
Ça me fait sourire, sa remarque. Parce que ça me fait penser aussi à nous. Styles contre Tomlinson. Chacun son monde, en effet. Mais ce n'est pas de notre faute si aucun des deux ne nous correspond. Alors on en a créé un autre, sans eux à l'intérieur.
 
_On va avec les autres ? Propose Liam après s'être retourné vers la piste de danse où se potes dansent complètement ivres.
_Je vous rejoins, je dois passer un coup de fil.
_Ok !
 
Je me retourne vers la sortie. Tout tourne autour de moi. La musique résonne à fond dans le bar. Ça me fait mal à la tête. Je sors de l'immeuble. J'ai besoin de calme et d'oxygène. Je sors mon portable de ma poche et sélectionne de suite son numéro. « Grand méchant loup ». Il serait peut-être temps que je change. Ça fait grave con, quand même. Quoi que... Je ne sais pas. Je vais peut-être le garder par nostalgie.
 
_Allo ? Réponds-t-il après quelques sonneries dans le vide.
_JE SUIS EN VACANCE !!! Je hurle alors que ce n'était pas du tout ce que j'avais prévu de dire.
 
Bonjour le lycéen immature.
 
_Et tu es complètement torché aussi ? Interroge Tomlinson à l'autre bout du fil.
_C'est possible.
_Pourquoi tu m'appelles ?
_Je sais qu'on devait se voir demain soir mais je ne peux pas venir chez toi après ma soirée ?
_Tu veux dire demain matin ? Ironise-t-il, Je te connais, tu vas te ramener trop tard.
_Steuplé, j'ai trop envie de te voir. Promis, je rentre tôt.
_Genre ? Quelle heure ?
_Trois heures ? Je propose.
_.. Ok. Mais peut-être que je dormirai. Tu m'appelleras avant ?
_Non laisse juste la porte ouverte, je te rejoindrai dans ton lit.
_.. Ouais, ok on fait comme ça.
_Isaac n'a toujours rien dis ? Je m'assure.
_Pas pour l'instant... Dis, je suis encore au resto là. Je dois y aller. A ce soir.
 
Il s'apprête à raccrocher donc je l'arrête de suite, trouvant le courage dans les litres d'alcools que je viens de m'enfiler :
 
_Et Tomlinson !
_Quoi encore ?
_Ce soir. On baise.
 
Je coupe la communication. Je crois que je n'ai pas envie d'attendre sa réponse... Mais, mon Dieu. Je regarde mon téléphone horrifié. Qu'est ce que je viens de dire ? On baise. Sérieux ? Je n'ai pas plus romantique encore ? Le beauf par excellence. Je me foutrais des baffes monumentales des fois.
Je m'apprête à ranger mon portable dans ma poche lorsque je le sens vibrer dans ma main.
 
 
✉ SMS de « Grand méchant loup » à « Boucle d'Or »
23h10. Je viens de te dire que j'étais au resto. Ça ne va pas de me dire un truc pareil ! A ce soir couillon xx
 
 
Je souris avant de ranger le téléphone dans ma poche. Je m'apprête à rentrer dans le bar lorsque je percute un homme qui en sort. Je pose mon regard sur lui. Sur ses yeux. Et je m'effondre. Genre, comme si j'avais reçu un coup de poignard dans l'estomac. Comme si la lame restait enfoncée et tournait sur elle-même alors que l'homme ne me lâche pas du regard. Je revois ses yeux sombres. Ses yeux, putain. Et j'ai l'impression de tout revivre une deuxième fois. Encore plus brutalement.
 
 
 
 
                 Deux ans plus tôt
 
          L'alcool me brûle. Les triples, le foi, l'âme. J'essaie de rallumer la flamme en moi mais elle est éteinte. Il est paraplégique. Je les hais tellement. Tous les Tomlinson, un par un. Je voudrais qu'ils crèvent. Ils n'avaient pas le droit de lui faire ça. Pas le droit de lui voler une vie entière. Il a quinze ans. J'ai quinze ans. Ils ont tout détruit. L'âme même de ma famille. Volée en éclat. Brisée. Anéantie. Je sais que plus rien ne sera jamais pareil désormais. Je sais que je vais détester cette vie jusqu'à sa fin.
Je chiale. Mes larmes me brûlent les joues. Je suis paumé, perdu, détruit. Je viens de prendre de la coke, tout à l'heure. J'en avais jamais pris avant. Ça ne me soulage même pas. Je ne sais même plus ce que je veux.
Je regarde l'homme qui me toise depuis tout à l'heure. Il a des yeux sombres. Des rides. Il est moche, vieux, riche. Tout ce que je déteste. Mais je m'en fous. J'ai besoin d'oublier. J'ai besoin de vivre ce que lui ne vivra jamais. J'ai besoin de compenser ma douleur par une autre.
« Ça ne lui rendra pas ses jambes ». Ouais, peut-être, mais je vous emmerde. Rien ne lui rendra ses jambes de toute façon.
Je finis mon verre sans trop réaliser ce que je fais. Je fais un signe à l'homme. Je me dirige vers la sortie du bar. Je voudrais parler mais il se colle à moi. Dans mon dos. Me plaque contre un mur. Je chiale encore plus fort. Il ne m'entend même pas car il est en train de gémir. Il se masturbe derrière moi. C'est immonde. Dégueulasse. Je voudrais crever. Je ne sais pas pourquoi je reste ainsi. Pourquoi je me laisse subir. Pourquoi j'attends.
J'ai froid d'un coup. Je comprends qu'il a baissé mon jean et mon caleçon jusqu'à mes genoux. Il me touche les fesses, de ses mains sales. Je pleure. J'ai honte. Je me retiens de hurler. J'ai quinze ans. J'ai que quinze ans. J'ai envie d'appeler à l'aide. Je veux que Gemma vienne me chercher. Mais elle est en train de consoler Niall. Parce qu'elle est forte. Parce qu'elle ne fuit pas la tristesse. Moi, je la provoque.
Un cri s'échappe de mes lèvres lorsqu'il passe sa main sur mon sexe. Il dit « t'aime ça hein » alors que je veux juste crever. J'en peux plus. Je plante mes dents dans ma main pour camoufler la douleur.
Il n'a pas le droit de me toucher. Personne ne m'a touché encore. Ça ne lui appartient pas. Tout ça ne lui appartient pas. Il me manipule comme si j'étais un simple objet. Un objet sans âme. Sa main me fait mal. Il croit me branler mais il est juste en train de me déchirer de l'intérieur. En train de détruire les dernières secondes de vie en moi. Après ça, tout sera mort. A l'extérieur comme à l'intérieur.
J'ai tellement honte. Je n'ose plus bouger. Je pleure si fort. Ça n'a aucun sens. Mes doigts s'agrippent au mur de pierre contre lequel il me colle. Je me griffe en essayant de m'accrocher à quelque chose.
Et puis ça arrive. Brutalement. Une douleur atroce. A m'en tordre les entrailles. Ça restera gravé à vie. Une douleur aussi forte, aussi intense. Je me sens comme écartelé. Et ça ne s'arrête plus. Chaque mouvement est pire que le précédent. Je hurle et chiale en même temps. Il croit que je suis excité, il répète « T'aime ça hein ? T'aime ça, pédé ».
Un coup plus fort qu'un autre et je m'effondre. Ma tête part vers l'avant et je vomis. Ça gicle partout. Sur moi, surtout, et lui aussi. Sur ses chaussures à deux milles balles. Il se retire brutalement en m'insultant. « Débauché », commente-t-il alors que je m'effondre au sol, dans mon propre vomi, le pantalon toujours baissé au niveau des genoux. « Pathétique » dit-il avant de disparaître dans la boite.
Débauché. Pathétique. Ça déchire mon âme. J'ai tellement mal. J'ai tellement honte.
Mes genoux trempent dans mon vomi. Je me relève en titubant. La douleur est atroce. Je remonte mon pantalon jusqu'à mes hanches. Je chiale encore. Je chiale et je me promets que plus personne ne me touchera jamais.
 
 
 
      J'ouvre la porte de l'appartement. La pièce est sombre. Je m'étale par terre. Je suis défoncé. Complètement défoncé. Où est ce que j'ai trouvé la coke ? Je ne m'en souviens plus. J'ai juste erré dans Londres. Je me suis défoncé. Je ne sais pas quelle heure il est. Je ne sais même pas comment j'ai retrouvé le chemin. Je suis toujours par terre.
 
Débauché. Pathétique.
 
La lumière s'allume. Ça me brûle les yeux. J'essaie de me relever mais je retombe.
 
_Styles ! Putain mais qu'est ce que tu fous par terre ?
 
Tomlinson s'approche, il me relève, je tombe dans ses bras.
 
_T'es tellement bourré que tu ne tiens plus debout, t'es pas sér-
 
Il s'arrête dans sa phrase. Il voit mes yeux. Mes yeux, non. Ce ne sont pas mes yeux ça. Mes yeux défoncés ne sont pas mes yeux. C'est mon autre moi, celui d'avant, celui qu'il n'a jamais vraiment connu. Et j'aimerais lui dire que ce n'est pas moi. Mais mes mots restent coincés dans ma gorge.
Et il me relâche. Je retombe sur le sol, brusquement.
 
Débauché. Pathétique.
 
Je suis tombé de quelques centimètres mais j'ai l'impression de m'écrouler des tours du World Trade Center, au moment où elles se sont fait percutées, parce que tout s'effondre avec moi. Toute ma vie.
 
Débauché. Pathétique.
 
La lumière s'éteint. Il m'a laissé seul, vautré sur le sol de son appartement. Il est retourné se coucher. J'ai mal à la tête. Je me mets à pleurer.
 
Débauché. Pathétique.
 
Je tente de me relever. J'ai trop mal partout. Avoir revu ses yeux. J'ai eu peur. Tellement peur. J'ai pris la fuite. J'ai prévenu personne. Je me suis juste mis à courir.
J'arrive à attraper mon portable dans ma poche. J'ai pleins de sms et d'appels manqués. Je n'ai rien entendu, rien senti.
 
 
✉ SMS de « Liam » à « Harry »
0h05. Il prend du temps ton coup de fil t'es où ?
0h16. Euh Haz je viens de faire le tour de la boite t'es où ?
0h18. Réponds quand je t'appelle putain !
1h02. T'es sérieusement parti sans nous le dire ?
1h07. T'es vraiment un connard Styles, ça fait une heure qu'on te cherche.
2h03. Bon bah merci d'avoir gâché la soirée. Moi je rentre sans toi du coup.
2h06. Je te jure demain t'es mort.
 
 
✉ SMS de « Grand méchant loup » à « Boucle d'Or ».
02h56. En faite je ne suis toujours pas couché, tu veux que je vienne te chercher ?
3h10. ?
3h20. T'es tellement bourré que tu ne peux pas me répondre ?
3h45. Tu fais chier. Je savais que tu ne serais jamais à l'heure.
4h10. T'as repris de la coke ?
4h23. Pas la peine de te ramener ici, hein.
5h12. T'es vraiment un enculé Styles. Ne viens pas.
 
 
Je chiale encore plus. Putain, il est presque six heures du matin. Je me relève en titubant. J'avais pas pris de coke depuis tellement longtemps. Je crois que c'est pour ça que c'est aussi violent. Et je n'ai pas dû acheter de la bonne.
Je tremble et j'avance jusqu'à la salle de bain. J'enlève tous mes vêtements. J'ai l'impression de sentir les mains de cet homme sur mon corps, comme si il m'avait touché il y a deux minutes. Ça fait deux ans. Mais le revoir ce soir à fait remonter tous les souvenirs. Tout ce que j'avais enfoui au plus profond de moi. Tout ce que j'avais voulu oublier.
Le jet d'eau chaude coule sur mon corps. Je frotte ma peau. Fort. Très fort. Comme si je voulais tout enlever. Mais la sensation ne part pas donc je frotte encore plus fort. Ma peau est rouge. Elle me brûle mais je m'en fiche. Je préfère ressentir de la douleur que ses mains froides et rugueuses.
 
Débauché. Pathétique.
 
Je sors de la douche, m'enroule dans une serviette en coton. J'évite mon regard dans le miroir. Je ne veux pas me voir. Pas comme ça. Pas avec ses yeux là.
 
_Mais qu'est ce que tu t'es fais putain ?
 
C'est la voix de Tomlinson. Je me retourne vers lui brusquement. Il est posté devant la porte de la salle de bain. Les yeux écarquillés d'horreur.
 
_Qu'est ce que t'as fais à ta peau ?
_Je me suis lavé, je murmure bêtement.
_Lavé ? Il s'étrangle.
 
Il parcourt la distance qui nous sépare et tire sur ma serviette brusquement. Je me retrouve nu devant lui et un cri d'effroi s'échappe de ses lèvres. Parce que y avait rien sur mes bras et mes jambes. Rien comparé à ce que je me suis fais sur le torse, le sexe, les cuisses.
 
Débauché. Pathétique.
 
_Ma serviette ! Je chiale, Rends mois ma serviette !
 
Il tremble. Les larmes aux yeux. Je crois qu'il vient de comprendre ce que je lui ai dis la dernière fois sur le pont. Que j'étais une cause perdue. Que y a rien à mériter chez moi. Tout est bon à jeter.
Il me tend la serviette sans parler. Je l'attrape et m'enroule avec de nouveau. Pour me cacher à l'intérieur. Et je pleure, encore. Toujours.
 
_Styles, bégaye-t-il mal à l'aise, Tu-
_Je m'en vais, ne t'inquiète pas.
_Tu-
_Laisses-moi, je réplique, Faut que je m'habille.
 
Et il ne bouge pas. Je crois qu'il est totalement déstabilisé, pour la première fois de sa vie. La misère, il la voit tous les jours. Avec sa famille, avec ce conflit, avec notre monde. Là, il ne la voit pas, il la vit, avec moi. Elle lui éclate à la figure, sans crier garde. Toute cette misère. Elle était là depuis le début, entre nous deux, elle était juste cachée quelque part, là où on avait pas envie de la voir.
 
_Laisses-moi, je répète, Je n'ai pas besoin de ta pitié.
_T'as besoin d'aide, pas de pitié.
_C'est la même chose. Et non, je n'en ai pas besoin.
 
Il soupire puis finit par se diriger vers une armoire de la salle de bain. Il en sort un pot de crème et m'attrape par la main. Il nous emmène vers sa chambre, me force à m'asseoir sur son lit.
 
_Je te soigne. Enlève ta serviette.
_Non.
_Styles, je ne te laisse pas le choix.
_Alors éteins la lumière.
 
Je vois les traits de son visage s'adoucir et il se dirige vers l'interrupteur pour éteindre. Dehors, il commence tout juste à faire jour mais la pénombre de la pièce me suffit.
Tomlinson vient s'asseoir sur le lit, il ôte ma serviette doucement, regarde mon corps. Et je murmure des mots que je n'aurais jamais cru capable de supporter :
 
_Je me suis fait violer.
 
Il s'arrête. De bouger. De respirer. Presque de vivre. Il ne me regarde même pas.
Et je précise :
 
_Y a deux ans. Ma première fois. Je me suis fais violer.
_Qu'est ce qui s'est passé ce soir ?
_Je l'ai revu.
_Qui ça ?
_L'homme qui m'a fait ça.
 
La rage déforme ses traits. Mais il tente de se contenir. Il avale sa salive et demande durement :
 
_Pourquoi tu ne m'as pas appelé ?
_Je ne me souviens pas.
_Quoi ?
_Je ne me souviens pas de ce que j'ai fais après l'avoir vu.
_Il t'a retouché ?
_Non ! Je l'arrête de suite, Non non non... Non, je répète, comme si c'était trop insupportable pour que ce soit vrai, Non non non.
_Styles, calme toi.
_Non non non non, m'a pas touché, non non, il ne peut pas, non non, j'ai dû partir, non..
_Harry, s'il te plaît, calme toi.
_Non, il ne m'a pas touché, non il a -
_Harry bordel !
 
Il me coupe en me serrant contre lui. Je m'enfonce dans son torse.
 
_Il ne t'a pas touché Harry, calme toi, me murmure Tomlinson à l'oreille, Il ne t'a pas touché. Personne d'autre que moi ne te touche. Personne. Je ne laisserai personne d'autre te toucher.
 
Je continue de pleurer dans ses bras. Et il attend. Il me serre contre lui, embrasse ma peau du bout des lèvres, caresse mes cheveux, murmure tout bas que personne ne me fera du mal. Et j'ai bien envie de lui répondre que je m'en fais assez tout seul. Mais il continue jusqu'à ce que je me calme.
 
_Tu m'autorises à te toucher ?
 
Je relève ma tête vers lui, pas certain de comprendre la question.
 
_Il faut que je mette de la crème hydratante sur ta peau, précise-t-il.
 
Je hoche la tête. Il me dit de m'allonger et dévisse son pot. Je regarde ma peau. J'ai encore plus honte que tout à l'heure. Elle est tellement rouge, abîmée. Un peu comme moi, en faite.
Tomlinson dépose de la crème sur ses doigts puis fait glisser ses mains sur mon corps. C'est froid mais son contact m'apaise. L'odeur aussi, c'est doux. Comme lui. Comme ses gestes. Comme son regard. Il étale la crème dans tous les endroits de mon corps, minutieusement. D'abord mes coudes, mes épaules, mes aisselles, puis tout mon torse, mes cotes, mes jambes. Il passe plus de temps sur mes cuisses, surtout l'intérieur que j'ai creusé avec mes ongles. Il me masse doucement en même temps. Je n'arrive pas à le quitter des yeux. Je devrais avoir honte qu'il fasse ça pour moi mais je me sens tellement bien que je n'arrive plus à la ressentir. La honte. Enfin. Je ressens enfin autre chose que cette honte qui me ronge depuis deux ans.
Les yeux de Tomlinson parcourent mon corps. Ma peau brille de la crème. Elle s'infiltre, lentement, comme un médicament. Mais moi j'ai l'impression que ce sont ses doigts les médicaments, pas le reste.
Tomlinson me couve du regard puis il s'arrête, fixer sur un point de mon corps.
 
_Harry ?
_Hum ?
_Tu as gratté.. Au niveau de-
_Je sais.
_Tu veux de la crème à cet endroit là aussi ?
_Tu es gêné ?
_Un peu, me répond-t-il sincèrement, Et toi, tu l'es ?
_Aussi.
 
C'est con, en vrai. Ce ne serait pas la première fois qu'il me touche à cet endroit là.
 
_Mais je te fais confiance, je reprends.
 
Il esquisse un sourire puis étale un peu de crème sur ses doigts avant de les passer tendrement sur mon aine puis sur mon sexe. Il fait ça avec application. Y a rien de sexuel dans ses gestes. Aucune tension. Aucun jugement.
Il étale la crème qu'il lui reste sur les doigts contre mes flancs puis vient s'allonger à côté de moi.
 
_Tu n'as pas froid ?
_Non.
 
Tomlinson reste silencieux. Moi aussi. Je me contente de le regarder.
 
_Désolé d'avoir encore merdé, je souffle.
_Désolé de mettre emporté, rétorque-t-il.
 
Je me retourne pour être face à lui. Le mouvement de ma peau sur les draps me fait grimacer et Tomlinson s'exclame de suite :
 
_Mais bouge pas !
_Je veux te voir.
 
Je me positionne, sur le côté, en face de lui. Ma tête tombe sur l'oreille et il suit le mouvement. Nos deux visages sont si prêts qu'on pourrait s'embrasser.
 
_Tu l'as dis à quelqu'un ?
_Azoff et .. Perrie, je murmure, C'est les seuls qui savent. Avec toi maintenant.
_Et Gemma ? S'intrigue-t-il.
_Non. Jamais. Elle serait capable d'engager un tueur à gage pour buter le type.
_Moi aussi j'en serais capable. Je serais même capable de le tuer moi-même.
 
J'ai une boule dans la gorge. Parce que ça me fait peur, justement, toute cette violence, toute cette haine qu'ils ont à l'intérieur.
 
_Ne sois pas comme eux, je murmure.
_Harry. Je suis déjà comme eux.
 
Et oui, c'est vrai. Il est comme eux depuis le début. Le conflit, il ne le subit pas. Il le créé. Comme Gemma, comme Edward. Et je crois que pour la première fois de ma vie, je réalise que moi je suis dans l'autre camp. Avec Niall, avec Lottie, avec Eleanor. Avec tous ceux qu'ils cherchent à protéger à tout prix mais qui finissent pourtant les premiers à terre.
Et je sais qu'il n'est pas responsable de ma lâcheté, de ce qui m'est arrivé cette nuit là, ou même de l'état déplorable dans lequel je me mets pour ne plus y penser. Non, je réalise juste qu'on ne fonctionne pas de la même manière, que moi je suis encore et toujours la petite chose dont il faut prendre soin et que lui il est celui qui dirige, qui frappe, qui ne tombe pas. Et ça me fait mal de réaliser à quel point j'ai besoin de ce genre de personne dans ma vie. Parce que si il n'est pas là pour me rattraper, je m'explose la gueule sur le bitume.
 
_Tu vois que t'avais raison, je murmure finalement, riant à moitié, Je suis un traumatisé du sexe.
_Ce n'est pas drôle Harry.
 
Son ton est sans appel. Je ne sais pas pourquoi j'essaie encore de détendre l'atmosphère, prétendre que je ne suis pas profondément affecté par ce qui vient de se passer, prétendre que ce n'est pas si grave. Tomlinson est bien la seule personne à laquelle je ne peux plus mentir. Alors à quoi bon faire semblant ?
 
_Tu peux me prendre dans tes bras ? Je demande.
_J'ai peur de te faire mal, avec ta peau.
_Viens, je murmure simplement.
 
Tomlinson glisse jusqu'à moi. Son bras encercle ma hanche, son torse se colle au mien, ses jambes se frayent un chemin sous les draps, j'entrouvre mes cuisses pour qu'il glisse une jambe entre les miennes, et ses lèvres se posent dans ma nuque. Il m'embrasse tendrement à cet endroit là.
 
_Ça me tue de savoir qu'on t'a fait ça.
 
Je ne réponds pas. Les sanglots coincés dans ma gorge. C'est pour ça que je ne l'ai dis à pratiquement personne. Parce que sa propre douleur dans les yeux des autres est une des plus insupportable à voir.
 
_Harry ? Reprend-t-il.
_Oui.
_Tu étais à quelle boite ?
 
Et je comprends de suite le sens de sa question.
 
_Non, je souffle, Non s'il te plaît.
_Réponds moi.
_Ne le retrouve pas.
 
Il se relève pour se mettre face à moi. Il est si proche de mon visage que nos lèvres s'effleurent et que son souffle chaud se répand sur ma peau. Et je connais ce regard. Parce que je le vois tous les jours sur le visage de ma s½ur. Et c'est là que je capte qu'ils sont les mêmes. Comme deux copies conformes. Et quoi que je dise, quoi que je fasse, il se vengera. Qu'il ait mon accord ou non. Et je n'ai pas la force de protester. Je veux qu'il me revienne. Alors je glisse ma main le long de sa joue, espérant que mon touché lui ôte les images qu'il a dans la tête.
 
_Tu vas devoir partir ? J'interroge.
 
Et il sort enfin de ses pensées.
 
_Quoi ? Pourquoi ?
_Il est plus de six heures. Tu dois partir au travail.
 
Tomlinson jette un coup d'½il à son réveil avant de se retourner vers moi :
 
_Non. Je n'y vais pas.
_Pourquoi ? Je m'étonne.
_Parce que j'ai envie de rester là.
 
Il replonge son visage dans mon cou et resserre son étreinte. Le contact avec sa peau me fait mal mais je me sens bien.
 
_Tu as besoin d'en parler ? Me demande Tomlinson, De ce qu'il s'est passé cette nuit là ?
_Tu es sûr que tu peux l'entendre ?
_Non. Mais je le ferais.
 
Et je lui ai tout raconté. Comme ça. J'ai déballé mon sac. Tout y est passé. Tous les détails que j'avais refoulé. Tous les endroits où il m'a touché. Tout ce que j'ai ressenti. Je ne pleure même pas. Comme si je racontais la scène en étant une autre personne. Pas la victime. Pas le coupable. Une personne extérieure, neutre, qui raconte avec des mots crus, sans rien cacher, sans rien enjoliver.
Et plus je parle, mieux je me sens, comme si je me débarrassais de mes vieux démons. Le truc c'est qu'ils ne disparaissent pas, ces démons, ils s'infiltrent dans Tomlinson à la place. Ils le bouffent, le dévorent de l'intérieur. Je le sens à ses muscles qui se contractent, à sa respiration qui devient plus brutale, et à ses larmes qui se mettent soudainement à couler le long de ses joues.
 
_Arrêtes, souffle-t-il, torturé, Arrêtes.
_Désolé, je bafoue, Je voulais pas te .. Pas te dégoutter.
 
Et, tout en disant cela, je passe mes mains sur mon corps sale.
 
_Pas toi, s'offusque-t-il alors que je sens son c½ur s'emballer dans sa poitrine, Pas toi putain... C'est.. Juste.. Lui. Je veux le tuer.
 
Ça pourrait sonner comme une provocation à deux balles. Comme un truc qu'on sort tous les quatre matins parce que son meilleur pote a encore oublié de nous ramener notre putain de bouquin de maths. Mais ça ne sonne pas comme ça. Ça sonne crue. Ça sonne vraie.
 
_Dis pas n'importe quoi, je souffle, tentant de me rassurer.
_Harry... Je vais le tuer.
 
Cette fois, son ton est suppliant, comme si il était à deux doigts de l'évanouissement. Je le regarde se relever du lit en titubant. Il trébuche. Répète qu'il va le tuer. Et moi je reste comme un con assis sur le lit. Je le regarde haleter. Je le regarde lutter contre ses démons qui ont l'air de le ravager de l'intérieur. Ses épaules tremblent. Son souffle se saccade. Il devient rouge. Je ne l'ai jamais vu aussi crispé, aussi mal dans sa peau, comme si il avait envie de l'arracher pour laisser tout ressortir. Et je ne comprends pas comment la situation a pu m'échapper ainsi.
 
_Mais, je bégaye, Mais qu'est ce qui t'arrive ? Tu-
_J'ai des crises de colère, arrive-t-il à m'expliquer entre deux respirations douloureuses, ses mains sur ses côtes, Des crises de.. J'avais des médocs.. J'en prenais plus.. C'était fini... Putain !
 
Ses poings se crispent. Je vois bien qu'il se retient de toutes ses forces de ne pas tout casser autour de lui.
 
_Je ne peux pas... Ça revient.. Haz.. Je veux le tuer... Je respire plus.
 
Je me met à paniquer. Je ne sais pas quoi faire. Bordel. Mais qu'est ce que j'ai été lui raconter aussi ? Ce n'est pas moi qui lui vient en aide, d'habitude. C'est lui le héros. Pas moi.
 
_Harry, grince-t-il, son front commençant à se couvrir d'une fine couche de sueur, Steuplé Harry..
_Qu'est ce que je dois faire ? Je m'empresse de demander, me relevant en un bond du lit pour me planter devant lui, Dis moi.. Qu'est que..
 
Tomlinson attrape ma main. Il la pose sur son c½ur. Et je m'arrête pendant une seconde. Je n'ai jamais senti un c½ur battre aussi vite. Ce n'est pas humain. Il va lâcher si ça continue comme ça.
 
_Qu'est ce que je dois faire ?! Je répète paniqué.
_Ralentir, grimace-t-il, comme pris d'atroces douleurs partout dans le corps, Fais le.. Ralentir.
 
Ralentir ?! Et comment je fais ralentir un c½ur moi ? Je ne suis pas médecin, merde !
 
_Ok, je souffle, tentant de conserver mon calme, Imite ma respiration.
 
Et je commence à inspirer et expirer comme les femmes enceintes, en exagérant bien chaque geste. Mais ce con ne me suit pas du tout. Je ne suis même pas sûr qu'il m'entende vu le bruit qu'il fait en haletant.
 
_Mais arrêtes, je supplie, clairement à court d'idées, Arrêtes, tu me fais peur.
 
Il m'attire brusquement à lui. Mon torse nu collé contre son c½ur qu'il n'arrive plus à contrôler. Et il me serre fort, comme pour canaliser toute la douleur.
 
_Ser-re.. Moi.
 
Et je le fais. Du plus fort que je peux. Je pourrais en chialer parce que les griffures sur mon corps me brûlent partout mais je m'en fiche. Pour une fois, je ne dois pas penser à moi. Je dois penser à lui. A l'aider lui.
Il suffoque contre moi. Je vois bien que ce câlin n'est pas assez. Alors je sors la première chose qui me vient à l'esprit.
 
_Je suis en train de tomber amoureux de toi.
 
Tout s'arrête. Son souffle. Son c½ur. Même le mien, je crois. Est ce que je viens vraiment de dire ça ? Je veux dire, on n'est même pas officiellement un couple.
 
_Que.. Bégaye Tomlinson abasourdi, Qu'est ce que-
 
Et moi, comme un con qui n'a rien compris, je continue, emmitouflé dans ses bras.
 
_En faite je suis déjà amoureux de toi.
 
Cette fois, son corps se détache totalement du mien parce qu'il plonge son regard dans mes yeux. Il est figé. Enregistre chacun de mes mots avec une joie et une peur qui lui dévorent les entrailles. Et il est beau à cet instant, vraiment beau. Les lèvres entrouvertes de stupéfaction, les joues rougies de sa crise, sa respiration encore saccadée, ses cheveux qui lui tombent sur le front. Et son regard perdu. Stupidement perdu.
 
_Bordel, je reprends après avoir repris mon souffle, Je suis tellement amour-
 
Il me coupe d'un baiser. Baiser ? Non. Un baiser, c'est juste un contact avec les lèvres. Là, c'est son être qui entre en contact avec le mien. A l'extérieur comme à l'intérieur. Je le ressens dans chaque fibre de mon corps. Je ressens à quel point son être me hurle désespérément : « Putain je suis autant flippé que toi par ce qu'il vient de se passer ».
Ses mains agrippent mes cheveux, ses lèvres sont partout sur moi. Sur ma bouche, ma mâchoire, mes joues, mon cou. Il me serre contre lui. Je sens la chaleur qui émane de son corps. Je pourrais en pleurer si je n'étais pas aussi paumé. Si je n'étais pas en train de me demander si tout ça c'est vraiment passé. Parce que merde, ce moment, c'est plus fort que tout. Plus fort que l'alcool, la beu, la coke. Plus fort que..
 
_Moi aussi, murmure-t-il à mon oreille, Moi aussi Haz. Tellement.
 
Et, là, c'est mon c½ur à moi qui s'est emballé, complètement emballé. Si bien que je ne savais plus quoi faire d'autre que de l'embrasser. Encore et encore. 
 
 

 
____________________
 
Voila le nouveau chapitre, j'espère qu'il vous a plu ! 
Je m'excuse pour la grosse blague de beauf au début de la partie d'Harry, 
c'était plus fort que moi :p 
Sinon je trouve la musique de la vidéo sublime.
Je ne sais pas, ça me fait penser au Larry, de cette histoire ou même dans la vraie vie.
Bisous xx
 

 
 
 

Tags : #RunUpfic - #Acte3

Extra un. 21/01/2015

 
 
Extra un.

 
 


Perrie
 
 
             C'est faux. Ce qu'on voit dans les films. Ce qu'on lit dans les livres. Ce qu'on entend chez les gens. C'est faux. Ça n'en est pas moins moche mais c'est faux. La première fois. Leur première fois. Ce moment magique, fort, merveilleux, inoubliable. Leur foutue étape dans la vie adulte. La jeune fille qui devient femme. Je refuse de devenir femme pour ça. Je suis devenue une femme le jour où je l'ai décidé, pas le jour où un homme l'a fait pour moi.
Avec Zayn, c'était chaotique, douloureux et un peu raté. Mais c'était réel. Tellement réel. La façon dont il tremblait parce qu'il avait peur de mal faire, la façon dont nos caresses étaient timides, presque honteuses, parce qu'on était bouleversés par tout ça, par ce truc vu et revu mais qu'on ne connaît jamais vraiment. J'ai eu peur et lui aussi. Et on a mal fait les choses. Trop précipités, trop excités et trop perdus à la fois. Et je me retrouve là, devant cette porte, la boule au ventre.
Je sais qu'il va me crier dessus mais je dois lui dire. C'est la seule personne à qui je peux me confier. La seule en qui j'ai confiance. Alors je frappe timidement. Je ne reçois aucune réponse. J'entrouvre la porte et m'engouffre dans la pièce plongée dans le noir. Par chance, Harry n'est pas chez son mec mais blotti dans son lit, profondément endormi.
Je m'immisce sous la couette alors qu'il fait une chaleur à crever dehors. Il est midi. Ça m'étonne à peine qu'il soit encore là puisqu'il a fait une soirée avec Liam hier soir. Ils ont eu leur diplômes, ces cons. Je ne sais pas comment ils ont fait mais ils l'ont eu. Alors ils ont fêté ça entre eux. Zayn aussi l'a eu. Et on a passé la nuit ensemble. Loin de mes cousins trop hallucinés d'avoir réussi leurs examens pour réaliser que je n'étais plus à la soirée avec eux.
Harry grommelle dans son lit car je viens de le réveiller en m'enfonçant dans le matelas. Il ouvre les yeux à demi et les referme quand il voit qu'il ne s'agit que de moi. Son bras glisse jusqu'à ma taille et il me serre contre lui. Je souris dans son étreinte. Harry n'est pas très câlin d'habitude. Il doit être encore ivre de la vieille. Et tant mieux vu ce que je m'apprête à lui dire.
 
_Haz ?
_Hum.
_C'était bien ta soirée ?
_Hum.
_Faut que je te parle d'un truc.
_Hum.
_J'ai vu Zayn hier soir.
 
Il se raidit. Enfonce sa tête dans son oreiller.
 
_Veux' pas savoir.
_S'il te plaît, je murmure, la gorge nouée, On a fait une bêtise.
 
Mon cousin se redresse brutalement, son regard vert plongé dans le mien. Ses sourcils se froncent et il finit par se relever complètement pour m'interroger sèchement :
 
_Qu'est ce que vous avez fais ?
_Promets moi de ne pas crier.
_Qu'est ce que vous avez fais ? Répète-t-il encore plus durement.
_On a couché ensemble.
 
Il reste un instant silencieux, enregistrant l'information avec un léger rictus à la lèvre, et je continue avant qu'il ne me saute à la gorge :
 
_On a oublié d'utiliser un préservatif.
 
Le sang disparaît instantanément de son visage et je voudrais disparaître sous terre tellement j'ai honte. Je ne sais pas ce qui nous a pris ce soir là. On a juste tout mal fais. Trop pris dans l'action et la peur de ce que va penser l'autre. On a juste... Oh mon Dieu.
Mes larmes se mettent à dévaler mes joues. Je ne veux pas qu'il me juge. Qu'il me considère comme une salope ou je ne sais quoi. J'ai juste besoin qu'on me rassure. Qu'on me dise que ça va aller. Que ce n'est pas si grave et que-
 
_Putain Perrie ! Explose mon cousin en m'amenant à lui, me serrant contre son corps malgré toute la tension que je ressens à l'intérieur de lui, Mais bordel ! Pourquoi ?
_Je sais pas, je murmure, tremblante, Je sais pas Haz. C'était... J'en sais rien. J'ai peur. Imagine que je suis-
_Arrêtes, m'interrompt-il sèchement, Tu as pris la pilule du lendemain ?
_Quoi ?
_Putain, ils ne vous ont pas parlé de ça au lycée ?
_On est dans un lycée privé, je te rappelle.
 
Il soupire. Passe une main sur son visage. Puis finit par se relever de son lit. Il court jusqu'à son jean qu'il enfile maladroitement et je l'interroge :
 
_Qu'est ce que tu fous ?
_Je t'emmène à la pharmacie et à l'hôpital.
_Hôpital ? Je répète, blême.
_Test de dépistage, répond-t-il brièvement tout en enfilant un tee-shirt sur son torse nu.
_Non ! Je m'offusque, Zayn n'a rien ! Il m'a promis qu'il ne l'avait fait qu'une fois et il s'était protégé. Je lui fais confiance.
_Pas moi.
 
Mon cousin attrape son portable sur son bureau et le glisse dans sa poche avant de se retourner vers moi :
 
_Dépêche toi, on y va maintenant !
_Mais-
_Pas de « mais » Perrie ! S'emporte-t-il, Suis moi !
 
Je me relève du lit à mon tour, en titubant. J'ai laissé Zayn en plan ce matin. Je suis partie avant qu'il ne se soit réveillé. Avant qu'il n'ait réalisé à son tour l'énorme connerie qui nous a pris hier soir. Je suis partie comme une lâche et j'entends mon portable vibrer dans mon sac depuis tout à l'heure.
Peu importe. Je suis mon cousin qui dévale les marches des escalier quatre à quatre. Je ne l'avais jamais vu se réveiller aussi vite. Il débarque dans la cuisine et attrape une pomme sur le comptoir. Mona le sermonne car il ferait mieux de s'installer tranquillement pour déjeuner mais il se contente de l'embrasser sur la joue et de sortir de la cuisine pour récupérer ses chaussures qui traînent dans le hall. J'en profite pour me retourner vers Liam, avachi sur une chaise, et qui fixe sa tasse de café d'un air totalement absent.
 
_Gueule de bois ? Je l'interroge.
 
Il se retourne lentement vers moi. Le regard dans le vide et le c½ur en miettes.
 
_Qu'est ce que t'as ?
_Je pars à la fin de l'été.
 
Merde. Je savais que ça l'avait toujours fais chier cette histoire de déménagement en Chine. Mais Liam est trop fier pour le reconnaître. Je veux dire, qu'on lui manquera, nous, sa famille. Alors ça me fait un coup de le voir comme ça.
 
_Je sais, je murmure gênée, Mais tu reviendras souvent.
_C'est à l'autre bout du globe Perrie.
_Je traverserai le monde pour toi.
 
Un sourire effleure ses traits. Parce que ça sonne ridiculement romantique.
 
_T'es conne.
_Vas te faire foutre. Bouffeur de riz.
_Oh quelle insulte ! S'exclame-t-il en portant sa main à son c½ur, Tu viens de me briser.
_Espèce de-
_Bon les gros lourds, débarque soudainement Harry dans la cuisine, On n'a pas que ça à foutre. Dépêche toi, ajoute-t-il à mon attention.
_Je peux savoir où vous allez ? Nous interroge Liam d'un air sceptique, Un dimanche midi ?
_On va se promener, réplique mon cousin, Il fait beau.
 
Je reste sur le cul. Autant que Liam je suppose. Parce que -merde quoi- y a pas moins crédible comme excuse ? Se promener ? Genre on a quarante ans ?
 
_Haz on t'a pas dis d'arrêter ta coke ? Lance Liam cynique.
_J'en prends plus.
_Oui.. Depuis hier soir. C'est déjà pas mal.
 
Le visage de mon cousin se crispe. Comme si il venait sincèrement de se rappeler de ce moment de la soirée.
 
_C'était.. Bégaye-t-il, C'était juste un peu.
 
Liam ne répond pas, se contentant d'un haussement de sourcils. Alors Harry m'attrape par le bras et m'emmène avec lui. On sort de la maison puis on se dirige vers l'arrêt de bus. Je sens mon cousin tendu à côté de moi et j'ignore ce que je peux lui dire. Parce que si il est accro au point de ne plus se rendre compte quand il prend de la coke, il a un plus gros problème que moi.
 
_T'en as parlé à Gemma ? M'interroge-t-il après quelques minutes d'un silence gênant.
_De Zayn ?! J'hallucine.
_Mais non, soupire-t-il blasé en levant les yeux au ciel, De ta première fois. Elle sera meilleure conseil que moi.
_Peut-être pas, je murmure, Tu aimes les hommes.
_J'aime un homme.
 
Et ça me fait sourire. Parce qu'il est tellement amoureux qu'il n'essaie même plus de le cacher. De toute façon, il en était incapable. Tout son être hurle au monde entier qu'il est fou d'amour pour ce type qu'on n'a jamais vu.
 
_Ouais, j'approuve, Et sûrement plus que ce qu'elle sera capable d'aimer un jour.
 
Le sourire d'Harry se crispe et il glisse ses mains dans les poches de son slim.
 
_C'est juste une carapace, finit-il par murmurer.
_Et elle est en train d'oublier ce qu'il y a à l'intérieur.
_Quelqu'un arrivera à creuser, un jour.
_Et ce jour ça risque de faire des dégâts, j'ajoute.
 
Harry a un léger mouvement de tête, comme pour confirmer ce que tout le monde craint. Gemma n'est pas prête à laisser entrer quelqu'un dans sa vie. Et je la comprends. Parce que je crois que ce quelqu'un n'existe pas. Personne ne serait capable d'assumer tout ça. Toute cette haine, cette violence, cette arrogance, ce dédain qu'elle a pour les autres, pour la vie, pour sa propre vie.
Cette fille ne fait jamais rien pour elle. Toute sa vie est réglée par rapport aux autres. Par rapport à ce qu'elle doit leur apporter : soutien, protection. Par rapport à ce qu'elle doit faire : commander, gérer. Et j'avoue que si parfois je l'envie d'avoir cette force de caractère, le plus souvent, je la plains. Parce que j'ai le sentiment qu'elle ne sera jamais vraiment heureuse ainsi.
 
_Alors, reprend mon cousin, Qu'est ce qu'il t'a dit ?
_Qui ça ?
_Zayn, grince-t-il entre ses dents, Il s'est excusé ou-
_Je ne sais pas, je réponds, Je suis partie avant qu'il ne se réveille.
_Classe, commente-t-il simplement.
_Pourquoi tu dis ça ?
_Rien, sourit-il, Tu es bien une Styles. C'est tout.
_Parce que je suis partie ? J'interroge.
_Parce que tu as fuis, il rectifie.
 
Je reste silencieuse. D'ailleurs, je garde le silence tout du long. Jusqu'à ce qu'on prenne le bus, jusqu'à ce qu'on s'arrête à la pharmacie et que mon cousin achète cette foutue pilule, jusqu'à ce qu'on rejoigne l'hôpital. Parce que ce qu'il m'a dit tourne en boucle dans ma tête.
Fuir.
Est ce que c'est ce que je viens de faire ? Pourtant, on est deux coupables dans cette histoire. Lui et moi. J'aurais pu y penser aussi. J'aurais pu demander à prendre la pilule. J'aurais pu m'assurer qu'il avait ce qu'il fallait. Moi aussi, j'aurais pu. Mais je rejette toute la faute sur lui.
Alors, oui, vu comme ça, j'imagine que je suis bien une Styles.
 
_A quoi tu penses ? Finit par m'interroger Harry alors qu'on est installés dans la salle d'attente depuis bientôt cinq minutes.
_A ce que j'ai fais.
_Tomber enceinte ? Me nargue-t-il.
 
Je lui lance un regard noir avant d'ajouter :
 
_Fuir.
_Oh.
_Pourquoi est ce qu'on le fait toujours ? Je l'interroge, Il nous manque un gêne pour le courage ou je ne sais pas quoi ?
 
Mon cousin pouffe de rire, l'air de s'être posé la question lui aussi.
 
_Parce que c'est plus facile, répond-t-il.
 
Plus lâche, surtout.
 
_Réponds lui, enchaîne-t-il.
_Pardon ? Je m'étonne, Comment tu sais que-
_Ton portable fait que de vibrer. Je ne suis pas con.
_Est ce que c'est une sorte d'approbation de ma relation ? J'hallucine.
_Tu ne l'attendais pas de toute façon. Mon approbation.
 
Je souris avant qu'il enchaîne :
 
_Appelle le. J'ai un coup de fil à passer moi aussi.
_Ton copain ? J'interroge.
_Oh que oui.
 
Il se lève de sa chaise et part appeler plus loin. Donc j'en profite pour sortir mon téléphone de mon sac. Vingt appels en absence et une dizaine de messages. Je ne prends même pas la peine de les lire et l'appelle directement. Bien-sûr, il décroche cinq secondes plus tard.
 
_Perrie ??
_Oui, c'est moi.
_Putain mais tu m'as fais peur ! Où est ce que tu es partie ? Je suis tellement désolée, je t'en prie, pardonne-moi. Je sais que je n'ai pas géré. Je ne voulais pas te faire de mal. Bon sang, je m'en veux tellement, je suis-
_Calme toi, je le coupe, Je vais bien. J'avais juste besoin de...
_Prendre l'air ?
 
Fuir.
 
_Oui, je réponds, Mais ça va.
_Je.. Reprend-t-il mal à l'aise, Pour hier soir... J'aurais dû penser. Enfin, putain je suis tellement un boulet.
_C'est autant de ta faute que la mienne.
_Tu veux que je t'accompagne à la pharmacie ?
_Non ne t'inquiètes pas. J'y suis déjà allée.
_Toute seule ? M'interroge-t-il inquiet.
_Non. Jade.
_Oh d'accord, souffle-t-il rassuré, J'aurais pu venir aussi tu sais, je ne t'aurai jamais laissé tomber.
_Je sais Zayn.
 
Je m'apprête à répondre autre chose mais je vois mon cousin revenir dans la salle d'attente, visiblement furieux.
 
_Écoute je dois y aller, je reprends, Je t'appelle ce soir.
_Tu ne m'en veux pas ? Je te jure que je suis désolé. Vraiment.
_C'est bon, ne t'inquiètes pas. Je t'aime.
 
Harry grimace avant de se laisser tomber sur le siège à côté de moi.
 
_Je t'aime aussi, répond Zayn avant de raccrocher.
 
Je lance un coup d'½il à mon cousin. Il a l'air épuisé.
 
_Ça va ? J'interroge d'un air inquiet.
_Ouais, souffle-t-il, On s'est juste engueulés.
_Sérieux ? Pourquoi ?
 
Il me regarde avec un sourire en coin, l'air de se dire que si je savais la réponse je fermerai ma gueule.
 
_Rien d'important, finit-il par lâcher.
 
Puis il se retourne vers l'accueil en soupirant.
 
_Putain il leur en faut du temps pour des saletés d'analyse.
_Elles ne sont pas nécessaire, je réplique, Je t'ai dis que Zayn n'avait rien et-
_Tu les fais, me coupe-t-il d'un ton clairement pas négociable, Je te signale que les maladies infectieuses...
 
Et je l'arrête de l'écouter. Pas que ça ne m'intéresse pas -enfin si un peu quand même- mais parce que je viens de recevoir un sms de Zayn. Alors j'ouvre le message discrètement.
 
 
✉ SMS de « Zorro » à « Mon ange »
14h02. Euh.. Louis vient de débarquer dans ma chambre en me balançant une boite de préservatif à la gueule. Tu crois que Jade en a parlé à Stan ??? Genre ils se voient encore ?!
 
 
_Et ces putains de microbes, tu sais, ils s'infiltrent partout dans ton corps, comme un- continue Harry sans réaliser que je ne l'écoute pas du tout, trop choquée par ce que je viens de lire. 
 
 
✉ SMS de « Mon ange » à « Zorro »
14h02. Je t'ai menti, j'en ai pas parlé à Jade. Je ne sais pas du tout comment il a pu le savoir.
 
 
_Comme ce foutu sida, je veux dire, ça va vite ces conneries. Mais je ne dis pas que t'as le sida. C'est juste un exemple, tu sais, enfin je ne voudrais pas-
 
 
✉ SMS de « Zorro » à « Mon ange »
14h02. Mais tu as dû en parler à quelqu'un ? Il n'a pas pu deviner tout seul !
 
 
_Tu sais j'avais une pote au lycée, enfin Kendall, et elle s'est chopée une fois ce truc dégueu, c'était-
 
 
✉ SMS de « Mon ange » à « Zorro »
14h02. Juste Harry. Mon cousin.
 
 
_Bon ça s'est soigné vite en vrai parce qu'elle avait des traitements, mais quand même, c'était vraiment-
 
Je me retourne vers Harry, lentement. « Juste Harry ». Et ça m'explose à la gueule comme une évidence. Tout. Depuis le début. Et ce coup de fil. Bordel, comment j'ai pu être aussi aveugle ? Ça me brouille la vue. Ça me brûle le sang. Je le sens battre dans mes tempes à une allure folle. Ma gorge se sèche. Mes muscles se crispent. Et mon portable vibre de nouveau.
 
 
✉ SMS de « Zorro » à « Mon ange »
14h03. Bordel de merde.
 
 
_En attendant, je veux juste te protéger et toi tu-
_Tu sors avec Louis Tomlinson, je le coupe.
 
Il s'arrête complètement. De parler. De respirer. Et c'est la confirmation que j'attendais. Putain. Je me relève brusquement de ma chaise. Les pieds grincent sur le parquet. Et toute la salle d'attente se retourne vers nous. Parce qu'on les dérange de faire autant de bruits. Mais moi je les emmerde. Parce que là, je pourrais avoir toutes les maladies du monde que j'en aurais toujours rien à foutre. Louis Tomlinson. J'ai envie de vomir.
 
_Mais.. Bégaye Harry en se relevant à son tour, Qu'est ce que tu racontes enfin ?
_Tu.. Je reprends, le souffle court, Tu... Putain. Mais Niall !
_Mais arrêtes tu délires !
_Oh que non ! J'explose, Putain mais c'est évident depuis le début ! Tu te fous de ma gueule ? Après tout ce que tu m'as dis sur Zayn ! Que j'étais la honte de cette famille ! Mais vas te faire foutre putain ! Vas te faire foutre Harry !
_Calme toi ! S'emporte-t-il à son tour, Calme toi putain tu nous fais honte là !
_Honte ??? Je répète abasourdie, Mais moi je ne sors pas avec le mec qui a foutu mon frère en fauteuil !
_C'était un accident.
 
Le coup est violent. Tellement que je sens mon ventre se briser en deux parties distinctes. Un accident. Il ose me parler d'un putain d'accident. Je le hais. Je le méprise. Je voudrais qu'il meurt pour ce qu'il ait osé dire.
 
_T'es un bel enculé Haz.
_Perrie ! S'exclame-t-il alors que je quitte la pièce, Reviens ! T'as pas fais tes analyses !
_Et pour que je découvre quoi ?! J'explose, Que mes gênes sont pourries de l'intérieur ? Elles ne seront jamais pires que les tiennes !
 
Je quitte la salle, sous le regard d'une dizaine de gens qui se réjouissent du spectacle. D'un côté, je les comprends, ça leur fait oublier cinq secondes qu'ils se sont peut-être chopés une MST.
 
_T'as pas le droit de me dire ça ! S'emporte Harry en me suivant jusque dans les escaliers, Toi aussi t'es avec un Tomlinson !
_MAIS PAS LOUIS ! Je hurle, Louis ! Louis ! Louis ! Je répète incrédule en dévalant les marches.
_Arrêtes.
_Mais qu'est ce que va dire Gemma ? Mon Dieu, ça va la tuer !
 
Brusquement, il me plaque contre un mur. On manque de peu de se ramasser la gueule par terre. De toute façon, ça n'aurait rien changé. Je crois que je suis déjà brisée de partout.
 
_Je t'interdis de lui dire, grince-t-il froidement, J'ai gardé le secret pour toi et Zayn je te rappelle.
_Mais elle doit savoir ! Enfin Haz t'es con ou quoi ? Il ne t'aime pas ! Il veut te détruire ! T'atteindre, c'est sa vengeance ! Enfin comment tu peux être aussi con ?
_Parce que Zayn c'est le prince charmant peut-être ?
_Oui ! Enfin non, mais... Lui il est différent d'eux. Mon Dieu, comment tu peux te faire avoir comme ça ? Réfléchis ! Te toucher toi. C'est la meilleure façon de détruire Gemma ! Haz ouvre les yeux ! Je dois lui en parler !
_Non, continue-t-il sèchement.
 
Et, pourtant, je vois bien dans ses yeux qu'il se met à douter parce qu'ils finissent par se recouvrir d'un liquide transparent.
 
_Non, murmure-t-il plus faiblement, Non.. Tu dis n'importe quoi.
_Haz, je reprends plus calmement, Zayn m'a parlé d'eux. Louis, Isaac, Stan, Aïden... Ce sont les mêmes. Des monstres. Ils vous haïssent. Si fort. Tu n'imagines même pas à quel point. Louis va te détruire.
_Non.
_Il ne peut pas t'aimer. Pas réellement. Regarde à quel point Gemma le hait. Il est le même.
_Non.
_Ouvre les yeux, je t'en prie. Tu vas tellement souffrir. Mon Dieu, s'il te plaît, ouvre les yeux.
_Arrêtes. Il m'aime.
 
Je le regarde et, pour la première fois de ma vie, je vois dans ses yeux à quel point il est fragile. A quel point je viens de tout foutre en l'air. Mais je ne pouvais pas rester silencieuse. Je ne pouvais pas ne rien dire après tout ce que m'a raconté Zayn sur sa famille. Et je m'en veux. Je m'en veux de lui infliger cette souffrance. Je m'en veux de lui avoir enlevé son bonheur. Mais c'est mon rôle. Protéger ma famille.
 
_On va en parler à Gemma, je reprends, Elle va te venger.
_Non, souffle-t-il, en lutte contre ses propres démons, Non arrêtes de parler, je t'en supplie.
_Haz, je ne te laisserai pas tomber. Il va payer.
_Il m'aime, il répète, l'air perdu.
 
Et ça me fait mal de l'entendre. A quel point il a besoin d'être aimé. A quel point il s'est accroché à ce type. Je pourrais lui tordre le cou à ce pauvre con.
 
_Je te jure que je te protégerai Haz. Toi et moi. Ça marche dans les deux sens. Il ne t'aura pas. Personne ne laissera ça arriver. 
 
 
 
Extra un.

 
 
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Premier extra de l'Acte 3, j'espère que ça vous a plu, 
ça commence à devenir chaud pour nos deux chouchous ♥ 
Pour celles qui me suivent sur Twitter (@Noa_Kane) vous savez que je pars à NY 
(gros coup de folie, on a acheté nos billets 4 jours avant de partir!!) 
Donc je suis désolée je voulais poster un chapitre en plus de cet extra avant le départ
mais je ne vais pas avoir le temps ! 
J'espère que ceci saura vous compter jusqu'à mon retour (début février) 
En attendant je vous tiendrai au courant de mon voyage via Twitter ! 
Bisous à tous ♥ ♥ ♥ 
 
 

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